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Full text of "Journal de botanique"

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JOURNAL 



DE 



BOTANIQUE 



JOURNAL 



DE 



BOTANIQUE 



Directeur : M. Louis MOROT 

Docteur es sciences, assistant au Muséum d'Histoire Naturelle. 



Tome IXLI. — J.SQT 



PRIX DE L'ABONNEMENT 

12 francs par an pour la France 
15 francs par an pour l'Étranger 



Les abonnements sont reçus 

AUX BUREAUX DU JOURNAL 

9, rue du Regard, 9 

et à la Librairie J. LECHEVALIEE, 23, rue Racine 

PARIS 



il" ANNEE. N» i. i" JANVIER 1897. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

Directeur: M. Louis MOROT 



NOTE SUR LES ARALIEES 

DES ILES DE L'AFRIQUE ORIENTALE 

Par M. E. DRAKE DEL CASTILLO. 

(PI. Mil.) 

L'analogie de la flore de Madagascar et des îles voisines 
avec celle des régions indo-malaises a été souvent signalée ; 
mais, parmi les groupes de plantes dont l'étude peut mettre ce 
point en lumière, il y en a peu, sans doute, qui le fassent mieux 
que la tribu des Araliées. On sait en effet que, dans l'Ancien 
Monde, l'immense majorité des plantes de cette tribu est ré- 
pandue dans l'Asie et dans l'Océanie tropicales : la Malaisie 
surtout paraît être un centre de répartition très important. Il 
est assez curieux, comme M. Harms le fait remarquer (in En- 
gler und Prantl, Natùrl. Pflanzenf. III, 8, p. 15), qu'un si petit 
nombre d'espèces habite le continent africain : on en citerait, 
en effet, avec peine, beaucoup plus d'une vingtaine, réparties 
entre les genres Schefflera, Panax et Cussonia. Les îles de 
l'Afrique orientale en comptent, au contraire, un nombre bien 
plus considérable : l'énumération suivante, faite seulement 
d'après les descriptions publiées jusqu'à ce jour, ou d'après les 
collections du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, porte leur 
chiffre à 45. Sur ce nombre, 33 appartiennent à Madagascar, 
10 aux îles Mascareignes, 2 aux Comores, dont une commune à 
ces îles et à Madagascar, et 2 aux Seychelles, dont une se re- 
trouve aussi aux îles Mascareignes. La présence d'aucune de 
ces espèces n'a, jusqu'à présent, été constatée ailleurs. Les 
genres dans lesquels elles sont réparties sont au nombre de 
quatre ; on verra plus bas quelles sont les limites qui ont été 
données ici à chacun d'eux; ce sont : i° les Schefflera, qui 
comptent 2 espèces à Madagascar, dont une se retrouve aux 
Comores; 2 les Gastoiiia, avec une (ou 2) espèce à Mada- 



2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

gascar, 2 aux îles Mascareignes, dont une s'étend aussi aux 
Seychelles, et une spéciale à ce dernier groupe d'îles ; 3 les 
Panax, qui comprennent 26 espèces propres à Madagascar 
et 7 particulières aux îles Mascareignes ; 4 les Cussonia, avec 
4 espèces à Madagascar et une aux Comores. On notera avec 
intérêt la disproportion du chiffre des espèces dans chacun des 
genres Schefflera et Panax, si richement représentés l'un et 
l'autre dans l'Ancien Monde. 

Il y a peu à dire des Schef fiera des îles de l'Afrique orien- 
tale, très distincts les uns des autres par leur feuillage, mais 
voisins par leur inflorescence. Les espèces malgaches se rap- 
prochent de certaines formes des groupes Agalma et Paratro- 
pia de la Malaisie. 

Les Panax des îles de l'Afrique orientale comprendront ici, 
d'après l'opinion de M. Bâillon (Hist. des PL, VII, 164 et 251), 
non seulement les vrais Panax (sauf la section 1 du Pro- 
drome, IV, 252), et par conséquent les espèces dout on avait 
fait les genres Maralia, Oligoscias et Sciadopanax, mais encore 
les genres Polyscias et Cîiphocarpus, regardés comme distincts 
par Bentham et Hooker. Cette série d'espèces montre, on le 
verra, presque toutes les différences de caractères que l'on peut 
trouver dans le genre ; elle sera divisée ici en cinq sections : 
Polyscias, Marah'a, Oligoscias, Sciadopanax et Caphocarpus. 

Dans la section Polyscias sont comprises une partie des es- 
pèces rangées sous ce nom générique par M. Harms (/. c, 43) et 
par M. Baker {Flora of Maur. and Seych., 126) ; des espèces 
décrites comme Polyscias dans ce dernier ouvrage, il faut ex- 
cepter les P. cutispongia Baker, et P. Seychellaruin Baker, 
dont la place paraît mieux indiquée dans le genre Gastonia. 
Les espèces de cette section ont surtout des analogies avec les 
espèces asiatiques ou océaniennes. 

Les sections Maralia et Oligoscias renferment des espèces 
propres à Madagascar : il en est de même des Sciadopanax, 
réunis aux Panax par Bentham et Hooker, et considérés 
comme distincts par M. Harms, et du CnpJiocarpus séparé des 
Panax par Bentham et Hooker, et au contraire réuni à eux par 
M. Harms. Les Sciadopanax se distinguent facilement à leurs 
styles unis en cône et, fait extrêment rare chez les Araliées, par 
la prt'ssnce de bandelettes dans le fruit. Le Cuphocarpus est 



Dkake del Castillo. — Note sur les Araliées. 3 

caractérisé par son ovaire uniloculaire par avortement. A ce 
propos, on verra que, dans le tableau synoptique ci-dessous 
des Panax, il a peu été tenu compte du nombre des loges ova- 
riennes. Quelle importance, en effet, peut avoir un caractère 
qui est variable dans une même espèce? 

Les Gastonia, si l'on comprend dans ce genre les Trevesia 
et Reynoldsia, n'ont de congénères que dans l'Asie et l'Océanie 
tropicales, tandis que les Cussonia n'en ont que dans l'Afrique 
australe : c'est donc à peu près le seul trait qui unisse la flore 
de Madagascar à celle du continent africain. 



*&' 



Synopsis des genres. 

Ovaire à deux ou plusieurs loges. Albumen lisse ou à côtes, mais non 
ruminé. 
Pédicelles non articulés. 

Cinq pétales; cinq étamines I. Schef/lera. 

Plus de cinq pétales et de cinq étamines. IL Gastonia. 

Pédicelles articulés III. Panax. 

Ovaire à deux loges. Albumen ruminé.. . . IV. Cussonia. 



& 



I. — Schefflera. 

Synopsis des espèces énumêrêes. 

Feuilles digitées. 

Folioles ovales 5". myriantha. 

Folioles linéaires-lancéolées. 5". Humblotiana sp. nov. 

Feuilles pinnées 5". revoluta sp. nov. 

1. S. myriantha. — Cussonia myriantha Baker, in 
Journ. Linn. Soc, XX, 157; 6\ Humbloli Harms, in Engler 
und Prantl, Dienatûrl. Pjîanzenf., III, 8, p. 38. 

Madagascar : Diego Suarès (Boivini) ; sans indication de 
localité (Baron 2017 !). — Iles Comores {Humblot 1469!). 

2. S. Humblotiana, sp. nov. 

Frutex glaberrimus. Folia digitata, petiolo (5-7 cent, longo) 
sulcato, foliolis 7 coriaceis linearibus-lanceolatis (superiore 
30-40 cent, longo, 3 lato, intermediis brevioribus, inferis 
12-15 cent, longis, 2,5 latis) falcatis acuminatis basi obtusis 
subtus revolutis crebre nervatis breviter (1-2 cent.) petiolu- 
latis. Umbellae compositae ad apicem ramorum fasciculatae (ra- 
diis primariis 2-3 cent, longis, secundariis 1-2, pedicellis 



4 JOURNAL DR BOTANIQUE 

5-7 mill.). Calycistubus ovoideus, limbus fere obsoletus. Petala 
oblonga acuta. Styli 5 brèves. Ovarii loculi 5. 
Madagascar [Humblot 640!). 

3. S. revoluta, sp. nov. — Gastonia revoluta Richard, 
Herb. 

Frutexglaberrimus, foliis imparipinnatis (ad 20 cent, longis), 
foliolis 5 coriaceis obovatis (5-8 cent, longis, 4-5 latis, impare 
ceteris majore) obtusis basi acutis inaequilateris leviter revolutis, 
nervis utrinque ad 20. Florum umbellulse secus racemi umbelli- 
formis (ad 20 cent, longi) decompositi ramos dispositae ; pedi- 
cellis (circiter 1 cent, longis) flores duplo superantibus. Calycis 
limbus brevis subinteger. Petala 5 oblonga acuta. Stamina, 
styli et ovarii loculi totidem. Fructus ovoideus. 

Ile Maurice (RichardX). 

II. — Gastonia. 
Synopsis des espèces énumérées . 

Feuilles digitées ï. G. Heptapleurum H. Bn. 

Feuilles pinnées. 

Ombellules en grappe simple. 
Folioles oblongues, quelque- 
fois verticillées 2. G. duplicata H. Bn. 

Folioles ovales 3. G. cutispongia Lamk. 

Ombellules en grappes compo- 
sées 4. G. Seychellarum Harms. 

1. G. Heptapleurum H. Bn., in Adansonia, XII, 166. 
Ile de la Réunion (Boivinl). 

Sans doute faut-il rapporter ici le G. pleiccarpa H. Bn., trouvé par 
Boivin à Sainte-Marie de Madagascar, et dont on ne connaît pas les 
feuilles, mais dont l'inflorescence a une certaine analogie avec celle de 
l'espèce ci-dessus. 

2. G. duplicata H. Bn., /. c. — G. emirnensis Baker, in 
Journ. H,inn. Soc, XXI, 351. 

Madagascar (Dnpetit-Tlwiiars ! CJiapelier\ Baron 2747 !). 

3. G. cutispongia Lamk., Dict., II, 610; DC, Prodr., 
IV, 256; J. de Cordemoy, Flore de l'Ile de la Réunion, 436. — 
G. spongiosa Pers., EncJi., II, 20; Polyscias cutispongia Baker, 
FI. Maurit., 127. 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Phéosporées. 5 

Ile de la Réunion (CommersoiiX Cordemoy). — Ile Maurice 
(Sieber 197 !). — Iles Seychelles (teste Baker). 

4. G. Seychellarum Harms, in Engler und Prantl, Die 11a- 

turl. Pflanzenf., III, 8, p. 43. — Poly scias Seychellarum 

Baker, /. c, 128. 

Ile Seychelles (Home; Gordon). 

(A suivre.) 

■ »OOQo« 

OBSERVATIONS RELATIVES 
A LA SEXUALITÉ DES PHÉOSPORÉES 

{Suite.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

III. — Ectocarpus Lebelii. 

U 1 Ectocarpus Lebelii Crouan a été décrit dans les termes 
suivants : « Fronde en petite touffe d'un centimètre, ramassée dès 
la base, à rameaux alternes, rarement opposés, articles infé- 
rieurs trois fois plus longs que larges, dans les rameaux deux 
fois. Sporanges pédicellés, siliquiformes, obtus. — Sur Cysto- 
seira ericoides (1). » Depuis, M. Bornet, qui l'a récolté à Biar- 
ritz, a fait remarquer la parenté de cette espèce avec les autres 
Ectocarpus cespiteux : E. si/uplex, E.globifer {insignis Crouan), 
E. paradoxus {E. cœspitulus J. Ag.), et y a signalé la présence 
d'anthéridies pluriloculaires. 

On trouve rarement son nom cité dans les listes d'Algues 
marines publiées par les auteurs (2), mais il me paraît fort pro- 
bable que cela tient plus à l'insuffisance de la diagnose donnée 
par les frères Crouan qu'à la rareté même de la plante. Je l'ai 
récoltée en effet à Guéthary, à San Vicente de la Barquera, à 
Gijon, à La Corogne, et quand elle existe, loin d'être isolée, 
elle garnit généralement les rameaux de plusieurs touffes voi- 
sines du Cystoseira ericoides. Comme elle présente désormais 
un grand intérêt à cause de ses anthéridies, je donnerai à son 
sujet quelques détails morphologiques pour la faire mieux 
connaître. 

1. Crouan, Florule du Finistère, 1867. 

2. Au sud de l'Angleterre, par MM. Holmes et Batters in A Revised List of 
tke Britisk Marine Algx ; au Maroc, par M. Bornet, in Les Algues de 
Schousboe ; en Algérie, par M. Debray, in Liste des Algues marines et d'eau 
dotice récoltées jusqu'à ce jour en Algérie, 1893. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



l 



UE. Lebeh'i for- 
me de petites touf- 
fes isolées de quel- 
ques millimètres à 
un centimètre de 
longueur, et ne se 
présente point en 
gazon , car il se 
développe dans les 
cryptes pilifères du 
Cystoseira ericoides 
sans s'étendre au 
delà; souvent, ces 
cryptes sont simul- 
tanément occupées 
par un Elachistea. 
Il n'y est pas réelle- 
ment parasite, mais 
les cellules de la 
crypte, un peu al- 
longées sur le bord, 
le sont beaucoup 
plus dans le fond 
et se mêlent inti- 
mement aux cellules 
profondes de VEc- 
tocarpas ; le même 
fait se produit d'ail- 
leurs quand la cryp- 
te est envahie par 
X Elachistea pulvi- 
nata, comme on le 
voit sur la figure 2 
de la planche VII 
des Etudes phyco- 

Fig. 2. — Eciocar/us Lcbclii. — Fragments d'une jeune touffe lOgiqilCS. L) ailleurs, 
montrant les organes reproducteurs mass<?s à la base et les ç*\ l 'oïl racle léo*è- 
filaments simples. (Gross. 120.) to 

rement la tige du 
Cystoseira avec le dos d'une lame de scalpel, les touffes 




C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Phéosporées. 7 

de YBctocarpus se détachent facilement et tout d'une pièce ; 
la partie profonde, formant une sorte de clou, est générale- 
ment colorée en brun foncé. Cette base, non sans ressem- 
blance avee celle d'un Elachistea, est due aux parties infé- 
rieures des filaments, abondamment ramifiées et garnies de 
nombreuses et courtes rhizines, le tout étant extrêmement serré. 
Les rhizines ne se développent guère au-dessus de cette portion 
cachée de V Ectocarpus , à moins toutefois qu'une cellule d'un 
filament dressé étant mortifiée par une cause quelconque, la 
cellule, située immédiatement au-dessus, développe un ou plu- 
sieurs longs rhizoïdes qui s'appuient çà et là sur d'autres fila- 





Fig. 3. — Eclocarfus Lebelii. — Dessins pris indifféremment sur des anthéridies ou sur 
des sporanges pour montrer les variations de forme et de dimension de ces organes. Sur 
le desain de gauche, la même branche porte un sporange et deux anthéridies. 
(Gross. 120 ) 



ments et transforment ainsi toute la partie supérieure en une 
bouture. 

Je n'ai pas vu les premiers états du développement dans la 
crypte. Mais on trouve fréquemment un état jeune qui se com- 
pose, au-dessus du Cystoseira, de filaments simples ou ne por- 
tant d'autres ramifications que les pédicelles des organes repro- 
ducteurs massés à la base (fig. 2). Ces filaments sont cylindriques 
ou légèrement atténués ; ils comprennent une région inférieure 
à cellules cylindriques ou doliiformes de 20-25 V- ^ e largeur, de 
longueur 3-4 fois plus grande, à chromatophores en disques, 
puis une région d'accroissement plus ou moins importante, se 
cloisonnant dans les deux directions, et enfin un pseudo-poil à 
cellules souvent six fois plus longues que larges et d'autant plus 



8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

pauvres en chromatophores qu'elles sont plus éloignées de la 
zone d'accroissement. 

Les organes reproducteurs, sporanges pluriloculaires ou 
anthéridies, réunis à la base, sont portés par un pédicelle géné- 
ralement unicellulaire et recourbé de manière que leur longueur 
soit à peu près parallèle à celle des filaments. Certaines touffes 
portent presque uniquement l'une ou l'autre sorte d'organes ; 
sur d'autres touffes, ils sont à peu près également répartis. Il 
est très rare qu'on les trouve réunis sur un même filament (fig. 3). 
Absolument semblables dans leur forme et leurs dimensions, les 
sporanges et les anthéridies sont faciles à distinguer, car les 
premiers sont d'un brun très foncé, ont des logettes au moins 
deux fois plus hautes (6-7 y.) et plus larges que les anthéridies 
dont la teinte rappelle d'ailleurs celle des anthéridies de YE. se- 
cundîis (1). Leur forme, généralement ovoïde-cylindrique, à 
sommet obtus (fig. 2) est cependant assez variable dans une 
même touffe, comme le montrent les dessins de la figure 3 ; ils 
peuvent être nettement ovoïdes ou longuement cylindriques, 
leur largeur ne dépassant alors guère celle du pédicelle. J'ai 
mesuré comme dimensions extrêmes 70 et 180 y- de long, 26 et 
70 [x de large, mais les plus fréquentes sont 100-135 r 1 sur 40-50 u-. 
Les traces des logettes sont assez nettement visibles sur les spo- 
ranges quelque temps après la déhiscence ; sur les anthéridies 
vidées, il est souvent possible de reconnaître, entre chaque paire 
des stries précédentes, une autre strie plus fine, correspondant 
à des logettes plus petites. Un sporange ou une anthéridie 
vidé est remplacé par un autre sporange ou une autre anthéridie 
ou par un filament végétatif. 

L'état précédent est fréquent, mais seulement transitoire. 
De nouveaux organes reproducteurs se développent plus haut, 
mais toujours au-dessous de la zone d'accroissement (fig. 4, B) ; 
la cellule qui porte le pédicelle est très généralement, mais 
non constamment, plus courte que les autres, paraît presque 
carrée ; o-énéralement aussi elle est fertile d'un seul côté, mais 
parfois elle porte deux pédicelles ou un pédicelle et un rameau. 

t. Les points rouges qui donnent la teinte générale à l'anthéridie n'étant pas 
disposés dans une orientation constante pour les différents anthérozoïdes, elle 
semble uniloculaire, mais on se rend compte de l'existence des logettes, soit en 
contractant le contenu, soit en attendant la déhiscence. 




Fig. 4. — Ectocarpus Lebelii. — A, Fragment d'une touffe jeune, surtout végétative, pour 
montrer la forme et la position des rameaux. — B, Fragment d'une touffe de même 
âge que le précédent, portant peu de rameaux et de nombreux organes reproducteurs 
{A et B, Gross. 80). — C, Base de la figure B, plus grossie, montrant les rhizoïdes. 
(Gross. 200.} 



IO JOURNAL DE BOTANIQUE 

Des branches remplaçant tôt ou tard ces sporanges vidés, la 
ramification de la plante augmente. Parfois, c'est l'accroissement 
végétatif qui prend le dessus, et dès le début apparaissent de 
nombreux rameaux (fig. \,A) qui, à l'état jeune, sont coniques, 
puis, le pseudo-poil se détruisant à son sommet au fur et à me- 
sure que la zone d'accroissement le régénère, ils deviennent 
cylindriques, identiques aux filaments primaires, et peuvent à 
leur tour porter des organes reproducteurs. Pendant ce temps, 
le méristème des filaments primaires continuant à se cloisonner 
est reporté de plus en plus haut. 

Les plantes vieilles changent d'aspect à tel point que leur 
identification peut présenter quelques difficultés. Les rameaux 
sont tous devenus longs ; leur zone d'accroissement, alors très 
peu active, est sub-terminale ; parfois même, épuisée, elle dispa- 
raît. Si des sporanges continuent à se développer à la base, la 
plante est encore bien reçonnaissable, mais parfois, comme si la 
touffe devenue trop dense empêchait leur complet développe- 
ment, ils avortent totalement ou seulement en partie, les 
logettes restantes passent à l'état végétatif et donnent un fila- 
ment ou un sporange terminal nouveau ou des sporanges laté- 
raux. J'ai vu aussi parfois des sporanges intercalaires. Les 
filaments restent dégarnis d'organes reproducteurs sur une assez 
grande longueur, mais ceux-ci réapparaissent à peu de distance 
de la zone d'accroissement. Ces sporanges, plus ou moins glo- 
buleux (fig. 5), sont beaucoup plus petits que les premiers, 
peuvent même se réduire à quelques logettes, sont sessiles ou 
presque sessiles, au lieu de se dresser parallèlement au filament 
lui sont plus ou moins perpendiculaires, ou même ont leur 
sommet dirigé vers le bas ; les cellules du filament qui les portent 
sont bien encore plus courtes que leurs voisines, mais parfois 
plusieurs cellules successives sont fertiles. Si alors la plante est 
dépourvue de sporanges basilaires, elle n'a qu'une ressemblance 
éloignée avec les figures précédentes, mais on trouve tous les 
états intermédiaires. 

Il n'est pas rare que ces plantes âgées soient envahies par un 
parasite dont je n'ai pas déterminé la nature, et qui en trouble 
encore l'aspect. A première vue, on croirait avoir affaire à des 
sporanges uniloculaires, encore inconnus chez YE. Lebelii. Le 
parasite ne se développe pas dans les cellules mêmes du filament, 



C. Sauvageau. 

mais seulement dans 
les petits sporanges 
pluriloculaires dont il 
vient d'être question 
et dès leur début. Le 
cloisonnement en lo- 
gettes ne se fait pas ; 
le contenu est fine- 
ment granuleux, et la 
déhiscence a lieu par 
une très petite ouver- 
ture terminale et n'est 
pas totale ( i ) . On 
trouve des branches, 
et même des touffes 
avec toutes leurs bran- 
ches , abondamment 
garnies de ces pro- 
ductions dans la ré- 
gion subterminale. Sur 
des plantes récoltées 
à Gijon elles étaient 
globuleuses, presque 
sphériques (fig. 6, A) ; 
sur celles de Guéthary 
elles étaient globuleu- 
ses allongées (fig-. 6, 
B) ; elles étaient pro- 
bablement dues à deux 
parasites différents 
mais voisins. Parfois 
cependant la transfor- 
mation du sporange 
n'est pas totale ; on y 
retrouve une cloison 
transversale séparant 



Sur la sextialité des Phéosporées. 



ii 




F'g- 5- — Ectocarpus Lebelii. — Portions supérieures de 
filaments de plantes âgées, pour montrer les différences 
de taille, de forme et de position entre leurs sporanges 
et ceux de la base des touffes. (Gross. 80.) 



1. J'ai déjà signalé chez YEctoc. confervoides un parasite qui, après sa 
déhiscence, laisse aussi un résidu dans la cavité du sporange envahi. [Journal 
de Botanique, 16 avril 1896.) 



iz IOURNAL DE BOTANIQUE 

deux portions semblables ; ou bien la base de ces productions 
n'est pas modifiée et s'est cloisonnée comme dans un sporange 
pluriloculaire. La partie inférieure des touffes n'est pas indemne 
du parasite, car on le voit parfois aussi, mais plus rarement, 
s'attaquer aux organes reproducteurs basilaires. 

La déhiscence des organes reproducteurs a généralement lieu 
entre 6 et 8 heures du matin ; dans les conditions ou j'étais placé, 
elle était donc intermédiaire entre celle de YE. silîculosus et 
celle de YE. secundus. 

Les anthérozoïdes ont la même forme que ceux de Y Ect. se- 
cundus, mais sont un peu plus volumineux ; ils mesurent souvent 
9-9,5 \l sur 3 \i.\ sur certaines anthéridies je les ai vus plus glo- 
buleux, de 6,5-7 H- sur 5 H 1 » le point rouge est très nettement 
visible. Fixés et arrondis, ils mesurent 4,5 a de diamètre et ne 
tardent pas à se décomposer. 

Les zoospores, très mobiles, sont piriformes, comme celles 
de YE. sectmdus, ou plus allongées comme les méiospores de 
YE. virescens ; par suite, leurs dimensions sont assez variables et 
mesurent 13,5-20 y. de long sur 6, 5-10 p-de large; une taille fré- 
quente est de 16-18 [x sur 6,5-8 p.. Le point rouge est visible; 
elles ont 6-8 chromatophores. La lumière n'a que peu d'in- 
fluence sur elles et sur les anthérozoïdes. 

J'ai établi à bien des reprises des cultures en cellules dans 
l'espoir d'assister à la fécondation, mais sans jamais y réussir, 
et ces recherches ayant été faites à la même époque que celles 
sur les E. siliczilosus et secinidus, si des fécondations s'étaient 
produites, il est probable qu'elles ne m'auraient pas échappé. 
De plus, je n'ai jamais vu de zoospore fixée à deux points 
rouges. Dans la crainte que l'un des deux points rouges soit 
plus difficilement visible par l'observation directe en cellule, et 
pour permettre un examen plus attentif, j'ai plusieurs fois sa- 
crifié, pour en faire de simples préparations, des cellules dans 
lesquelles les zoospores et les anthérozoïdes s'étaient mus simul- 
tanément, mais sans changer le résultat. Je puis donc affirmer 
qne la fécondation ne s'est pas opérée dans mes cultures. D'ail- 
leurs, les éléments reproducteurs paraissent sans affinités les 
uns pour les autres, et l'on ne voit même pas ces tentatives de 
copulation signalées chez les précédentes espèces. 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Phéosporées. 13 

La manière dont se comportent les zoospores n'est pas cons- 
tante. Je n'en ai pas vu éclater, mais il n'est pas rare qu'elles 
émettent un ou deux globules, comme c'était le cas chez X E. se- 
cundtcs, puis périssent. Assez souvent, les zoospores, après avoir 
nagé plus ou moins longtemps, se fixent sur le bord de la goutte, 
le bec vers le dehors, et, si elles sont allongées, conservent à 
peu de chose près la même forme, ré- 
tractant simplement leurs cils; ou bien 
se déforment beaucoup en se fixant, 
changent plusieurs fois leur contour 
par des mouvements amiboïdes et fina- 
lement prennent cette même forme al- 
longée. D'autres fois, mais moins sou- 
vent, elles s'arrondissent en se fixant. 
La germination commence bientôt ; les 
zoospores fixées allongées émettent 
d'abord un tube dans leur prolonge- 
ment par l'extrémité correspondant 
autrefois au bec incolore ; deux ou 
trois chromatophores seulement pas- 
sent dans ce tube rhizoïde qui se cloi- 
sonne transversalement. Les germi- 
nations à cet état ne sont pas sans 
ressemblance avec celles des œufs de 
YE. secundus. Mais quelques jours 
après, l'autre extrémité s'accroît à son 
tour en tube cloisonné qui a toutes les Fi ~- 6 - — Ectocarpus Lcbeiu. — 

1 Fragments de filaments de plan- 

apparences d'un futur tube dressé ; les tes âgées dont les petits s P o- 

. , y-, . , ranges sont envahis par un pa- 

germinatlOnS d E. SeCWldllS n Ont pas ras ite : A, d'après une plante de 

donné Un état aussi avancé. T'ai tOU- Gijon; Z?, d'après une plante de 

J Guethary. (Gross. 120.) 

jours vu les zoospores fixées arron- 
dies donner un seul tube de germination, long, d'apparence 
rhizoïde (1). 

1. La forme des zoospores, à l'état de motilité, ne dépend pas de tel ou tel 
sporange, mais le mode de fixation, allongé ou arrondi, correspond peut-être à 
une différenciation plus profonde, snns que je puisse rien affirmer à cet égard. 
Les touffes à'E. Lcbelii étant inégalement riches en sporanges et en anthéridies, 
j'en plaçais généralement plusieurs à la fois sous le microscope à dissection, 
j'isolais de petites branches munies de beaux organes reproducteurs que je 
plaçais au fur et à mesure dans un verre de montre, d'où je les retirais ensuite 
pour établir des cellules de culture. Je supposais alors, à priori, comme pour 




i 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Ainsi , malgré les conditions bien particulières dans les- 
quelles vit Y Ed. Lebelii dans la nature, les zoospores germent 
aussi rapidement, sur une lamelle de verre, que les œufs et les 
oosphères parthénogénétiques de YE. secundus ; leur germi- 
nation va même plus loin. Ces zoospores, non fécondables en 
juillet et août, sont-elles cependant des oosphères susceptibles 
de fécondation à une autre époque de l'année ? ou sont-elles 
des oosphères qui germent constamment par parthénogenèse, 
en refusant le contact des anthérozoïdes ? ou sont-elles simple- 
ment de vraies zoospores, les oogones encore ignorés étant 
différents des sporanges pluriloculaires que nous connaissons ? 
De nouvelles recherches, seules, permettraient de répondre à 
ces questions. (A suivre.) 

LE HARICOT (PHASEOLUS VULGAR1S L.) 

ÉTAIT-IL CONNU DANS L'ANCIEN MONDE AVANT LA DÉCOUVERTE DE 

L'AMÉRIQUE ? 
Par M. Ed. BONNET. 

M. Georges Gibault a publié récemment (i) sur le Haricot 
commun (PJiaseolus vulgaris L.), une fort curieuse Etude his- 
torique au sujet de laquelle je me permettrai quelques remar- 
ques critiques. 

M. Gibault admet, comme un fait irréfutable, la découverte 
par Schlîemann et Virchow de graines de Haricot, associées à 
des épis de Maïs jaune et rouge, dans les ruines de la Cité Brû- 
lée à Issarlik ; prenant ce point de départ pour base, l'auteur 
de l' Etude historique croit reconnaître notre moderne Phaseolus 
dans les h'Av/oq, (fcuaiôloq, a\u\a.% xY]irouà de l'antiquité grecque et 
dans les Phaseoli, Faseli, Fasioli, etc.. des auteurs latins et des 
écrivains du moyen âge, et il en conclut, contrairement à l'opi- 
nion généralement admise aujourd'hui, que notre Haricot com- 

VE. secundus, que des sporanges d'apparences identiques doivent donner des 
zoospores de propriétés identiques; vers la fin d'août, lorsque j'ai fait mes der- 
nières cultures à E. secundus, je n'ai trouvé que des E. Lebelii en fort mauvais 
état, et je n'ai pas fait d'expériences pour trancher la question. Il serait bon 
d'établir des cultures comparées avec des sporanges pris sur des touffes sans 
anthéridies, et d'autres à anthéridies, et même portés par un filament dont une 
autre ramification profonde porte une anthéridie. 
i. Jour n. Soc. Hort. Fr., juillet 1896. 



Ed. Bonnet. — Le Haricot avant la découverte de l'Amérique. 15 

mun cultivé dans l'Ancien Monde depuis l'époque de la guerre 
de Troie, n'est pas, comme on lavait cru, originaire de l'Amé- 
rique et n'a pas été introduit en Europe au XVI e siècle. 

Dans cette dernière partie de son travail, M. Gibault me 
semble avoir adopté l'opinion des commentateurs qui ont 
identifié la plante des anciens avec l'espèce des modernes par 
simple analogie onomastique; il me paraît, en outre, avoir 
négligé quelques documents d'une réelle importance pour 
le sujet qu'il avait à traiter, notamment la note très étendue 
qu'Asa Gray et Trumbull ont consacrée au Phaseolus vulgaris 
dans leur Revieiv of de Candolle's origin of cullîvated plants (1) 
et le Ueber die Heùnath unserer Garteiibohne de M. Kôr- 
nicke(2). 

En ce qui concerne les quatre variétés de Phaseolus vul- 
garis qui auraient été trouvées, associées à des épis de Maïs dans 
les fouilles d'Issarlik, M. Gibault a été certainement trompé par 
l'obscurité ou l'insuffisance de la traduction française du livre 
de Schliemann : Ilios ville et pays des Troyens (Paris 1885); 
en effet, la liste du contexte (p. 320 de l'éd. anglaise et p. 368 
de la trad. française) dans laquelle on trouve mentionnés le 
Haricot, le Maïs, le Coton et d'autres espèces, est empruntée 
aux Bel t rage zur Landeskuude der Troas de Virchow (3) et, si 
l'on recourt au mémoire original, on voit que ces espèces sont 
citées seulement comme faisant partie des plantes aujourd'hui 
cultivées en Troade et aux environs d'Issarlik, mais nulle part il 
n'est dit qu'elles aient été trouvées dans les ruines de la Cité 
Brûlée; en réalité, les seules graines antiques appartenant à la 
famille des Légumineuses extraites des ruines de la ville que 
Schliemann identifiait avec la Troie d'Homère sont, comme l'a 
dit de Candolle, d'après les travaux de M. Wittmack, la Fève, 
le Pois, l'Ers et probablement la Jarosse. 

Les autres arguments de M. Gibault ne m'ont pas mieux con- 
vaincu et j'avoue qu'après la lecture de son Mémoire je reste, 
comme avant, partisan de l'origine américaine du Haricot. Je 
suis donc en complet désaccord avec lui et, pour mettre à même 



1. American Journ. of se, 3 e sér., XXVI, 130 (1883). 

2. Verhandl. d. naturh. Ver. d. prenss. Rheinl. West/., 4 e slt., XI, 136 
(1885). 

3. Abhandhingen Acad. Berlin, 1879, p. 184. 



i6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

le lecteur de juger impartialement entre deux opinions si diffé- 
rentes, j'exposerai les principales raisons qui me semblent mili- 
ter en faveur de l'origine américaine du Phaseolus vulgaris et 
de son introduction en Europe au XVI siècle. 

Un fait bien constaté, c'est l'absence du Haricot dans les ha- 
bitations lacustres et dans les hypogées égyptiens, aussi bien 
que dans les ruines des cités grecques et romaines; en outre, 
cette plante n'est mentionnée ni dans la Bible, ni dans le Tal- 
mud ; il faut descendre jusqu'aux auteurs grecs de la période 
posthomérique pour trouver sous les noms de ôô/i/o-, çzcYjoXog 
et aussi, mais plus tard, de cjxtla^ xY|7ca£a l'indication d'une légu- 
mineuseàgousses (Xoêoi) et à graines comestibles, que l'on a voulu 
identifier avec notre Haricot à rames. 

On a cru pendant longtemps que le Phaseolus vulgaris était 
originaire de l'Inde et, comme Théophraste, élève d'Aristote, est 
le premier naturaliste qui donne une brève description du Doli- 
chos, plusieurs commentateurs en ont conclu que le Haricot 
avait été introduit en Grèce par Alexandre à son retour d'Asie ; 
mais cette assertion est inadmissible, d'abord parce que le Doli- 
chos est déjà cité dans les écrits Hippocratiques antérieurs aux 
conquêtes d'Alexandre ; en second lieu, le Phaseolus vulgaris 
n'existe dans l'Inde qu'à l'état cultivé et sa culture n'y est même 
pas très ancienne puisqu'on ne connaît aucun mot sanscrit ser- 
vant à désigner cette plante, alors que d'autres espèces, telles 
que les Ph. Muiigo L. et Ph. radiahis L. possèdent chacune 
6 à 7 noms dans la langue des Védas; enfin, l'identification du 
èôlijoq de Théophraste avec notre Haricot ne repose sur aucune 
preuve; nous lisons en effet dans Y Historia plaiiiarum lib. Mil, 
cap. 3 (éd. gréco-latine d'Heisius, 156, et éd. grecque de Wim- 
mer, 273) : « 8ô),i/o<, siliqua nomine appellata speciali, longa, 
si ligna affixeris, ascendet et frugifera fiet, alioquin vitiosa 
atque aeruginosa reddentur. » L'insuffisance de cette phrase ne 
permettrait pas de reconnaître la plante que Théophraste avait 
en vue, si nous ne trouvions des renseignements complémen- 
taires dans les écrivains d'une date postérieure. 

Dans sa Matière médicale (tzioI uX-^ç laxpiy.rj-, lib. II), Diosco- 
ride ne parle pas du Dolichos mais il consacre deux chapitres 
différents à la même plante, ou peut-être à deux formes de la 
même espèce, et son textemérite d'être reproduit, car c'est celui 



Ed. Bonnet. — Le Haricot avant la découverte de l'Amérique. 17 

que copieront, en y ajoutant quelques détails empruntés à 
Galien, à Pline et aux agronomes latins, tous les auteurs du 
moyen âge et de la renaissance qui auront à parler du Pha- 
seolus. 

Cap. 130; wspî cpacioXou, de phaseolo — Phaseolus flatulentus est, 
anhelationes gignit, ac aegre concoquitur. Quod si viridis coquatur, 
in ciboalvum e mollit et vomitibus ciendis favet. (Ed. Sprengel,I, 251.) 

Cap. 175; -trA ff|uXaxoç, de smilace vel phaseolo — Smilax hortensis 
(ayXka£ xY)irata) cujus fructus lobia (Xojiot,) dicuntur, a nonnullis vero 
Asparagus, folia habet ad Hederae accedentia, sed molliora, spirae ad 
instar vicinis fructicibus sese iraplicantes, qui quidem in tantum 
adclescunt, ut et tentoria inumbrent. Fructum fert Fœnigraeci similem 
sed longiorem et carnosiorem, intra quem semina reniformia, non 
sequali colore, sed ex parte rufescentia. Is fructus cum semine, Aspa- 
ragi in modum elixus, oleris instar comeditur. Urinam vero ciet et 
somnos perturbât. (Ed. Sprengel, I, 283.) 

On voit par cette description que les fruits du Smilax hor- 
tensis se nommaient X0601 (siliquae) ; or Galien qui avait voyagé 
en Grèce, vécu à Rome et qui, postérieurement à Dioscoride, 
écrivait en grec, nous apprend (1) que lo&6q, tpacwloç et SàXi^oç 
sont une seule et même espèce, mais que le Dolichos peut être 
volubile et grimpant ou s'étaler à terre à la manière des Ervilia, 
Pisum (arvense) et Cicercula, enfin il établit une distinction 
bien nette entre çaî'/Ao; (phaseolus) et tpaa^Xoç (phaselus) ; plus 
tard encore, au VI e siècle de notre ère, Aetius adopte la synony- 
mie de Galien en y ajoutant un \yù.r\ xercaia qui n'est évidemment 
qu'une transcription fautive du cjjuXaî; de Dioscoride. Quant à 
l'identification de la plante décrite dans le Materia medica , elle 
pourrait être douteuse si nous devions la baser uniquement sur 
le texte ci-dessus reproduit ; mais on conserve à la Bibliothèque 
impériale de Vienne deux manuscrits grecs de Dioscoride con- 
nus sous les noms de Codex caesarcus et Codex neapolitaims, 
datant du V e siècle et ornés de peintures; à la vérité le ayXkaZ 
xr|7ra(a n'y est pas figuré, mais le cpaerfoXoç est représenté dans l'un 
et l'autre de ces manuscrits par une miniature que M. Kôrnicke 
identifie avec le Dolichos melanophihalmus DC. lequel est 
aujourd'hui rattaché avec les D. Lubia Forsk., D. monachalis 
Brot. et D. sesquipedalis L. à titre de forme ou de variété au 
1. De aliment, facult. lib. I, cap. 25 et 28; éd. des Juntes. 



l8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

D. (Vigna) sinensis L. ; AI. Kôrnicke admet que le D. melano- 
phthalmus était cultivé clans l'antiquité sous deux formes, l'une 
naine et non volubile, répondant au tfasloloç, l'autre volubile et 
grimpante, représentant le arfnXai- xiqiraCa, ce qui concorderait en 
effet avec le texte de Galien. A ce propos, l'auteur allemand 
rappelle qu'il existe à la Bibliothèque Nationale de Paris un 
Dioscoride du IX siècle, orné de peintures, et qu'il serait inté- 
ressant d'en étudier les figures du cpowio^oç et du vr. "/.-/'; et de les 
comparer avec celles des deux manuscrits de Vienne ; si M. Kôr- 
nicke eût consulté les descriptions du Codex paris iensis pu- 
bliées au siècle dernier (i), il y aurait vu que le Dioscoride de 
Paris est incomplet de tout le premier livre et de la plus grande 
partie du second qui débute avec la fin du chapitre 204 (Cap- 
paris), c'est-à-dire 29 chapitres après celui du Smilax. 

Quant à la patrie du D. Lubia ou melanophthalmus ce n'est 
certainement point l'Amérique; cette plante parait spontanée, 
ou tout au moins cultivée dès la plus haute antiquité, dans 
l'Afrique centrale et dans la région du Haut-Nil d'où elle se sera 
répandue en Egypte après l'époque pharaonique et de là en 
Grèce ; le Dolique à œil noir est encore aujourd'hui cultivé en 
Grèce et se consomme, comme notre Haricot, vert ou sec, 
suivant la saison. 

Parmi les auteurs latins, Virgile, Pline, Apicius, Columelle, 
Palladius, pour ne citer que les plus connus, mentionnent les 
Faseli et Faseoli, mais aucun ne donne la description de ces lé- 
gumes et la distinction admise par Galien entre cpacifcAoç et 
cpaaï]loç reste souvent assez vague chez les Romains. Voyons 
cependant ce que l'on peut tirer de l'étude des textes. 

Virgile (Georg. lib. I, v. 227) qualifie son Faselus de vilis 
et cette épithète n'a pas été sans embarrasser certains commenta- 
teurs; pour Retzius {Flora Virgil. 47 et Romani. Matwàxt. 1 35), 
qui voulait retrouver le Faselus des Géorgiques dans notre Ha- 
ricot nain (Phaseolus nantis L.), vilis n'était qu'un synonyme 
d'humilis, mais cette interprétation est inadmissible, car Isidore 
de Séville dans ses Etymologies (lib. XVII, cap. 4) dit positive- 
ment : « Faselus vile genus leguminis, quia omne quod abundat 
vile est, hoc autem semen abundanter invenitur. d Nombreux, 
du reste, sont les botanistes qui ont essayé d'interpréter les 

1. Cat. cod. ms. Bibl. Reg., II, 458, et Montfaucon, Palaeogr. grasca, 258. 



Ed. Bonnet. — Le Haricot avant la découverte de l'Amérique. 19 

plantes de Virgile ; l'un des derniers et des plus érudits, Bubani, 
après avoir d'abord identifié (Flora Virgil. 91) les Faselus et 
Faseolus avec notre Haricot nain, rejette cette détermination; 
de même que celle de la Féverolle (Faôa vulgaris Mcench var. 
equina) qui lui avait été proposée par M. Naudin (Illustr. 
ulter. 141), et se décide définitivement {Ultime note 4) pour le 
Pois de champs (Pisum arvense L.); aucune de ces deux der- 
nières assimilations n'est nouvelle, car on les trouve déjà l'une 
et l'autre chez les auteurs du XVI e siècle. 

Dans un important mémoire consacré à l'étude des plantes 
de Pompéi et d'Herculanum {Illustr. délie plante... etc.. 27), 
M. Cornes, professeur à l'École d'agriculture de Portici, croit 
avec M. Naudin que le Faselus des Latins est la Féverolle dont 
les graines ont été souvent recueillies dans les ruines des deux 
cités antiques; notons encore, mais sans en tirer aucune conclu- 
sion, que la Féverolle et la Jarosse {Lathyrus Cicera) sont les 
seules graines de Légumineuses alimentaires trouvées à Pompéi 
et à Herculanum. 

Pline, compilateur sans critique et traducteur infidèle, re- 
commande {Hist. nat. lib. XVIII, cap. 33) de cueillir les légumes 
du Faseolus dès la maturité, parce qu'ils se détachent et tombent 
promptement, puis se cachent dans la terre comme ceux du Lu- 
pin ; il ajoute, d'accord en cela avec Columelle et Palladius, 
qu'il faut semer les faseoli depuis les ides (15) d'octobre jus- 
qu'au calendes (i cr ) de novembre; Palladius reporte même le dé- 
but des semailles jusqu'en septembre; ces dates, comme l'ont 
déjà fait observer Fée {Comm. sur Pline II, 161) et M. Nau- 
din (ap. Bubani, op. laud.), ne peuvent convenir au Haricot, 
même sous le climat de l'Italie, étant donné que les Romains ne 
connaissaient pas nos procédés de culture perfectionnée et 
semaient leur faseolus en plein champ. J'ajouterai, comme 
terme de comparaison, qu'à l'île de Lesbos, patrie de Théo- 
phraste, on sème, d'après M. Candargy, le Phaseolus vulgaris 
seulement dans les premiers jours de mars et qu'à Casablanca, 
localité la plus favorisée de la côte occidentale du Maroc, 
M. Mellerio n'a jamais obtenu de germination lorsqu'il a semé 
le Haricot avant le i er février. 

Une autre objection que j'opposerai à l'identité du Faseolus 
latin avec notre Haricot, c'est que les Romains ne l'utilisaient 



20 JOURNAL DE BOTANIQUE 

pas comme légume sec; on peut consulter sur ce point d'his- 
toire culinaire le traité d'Apicius, De re coquinaria : on y trou- 
vera des recettes pour accommoder les pois, les fèves, leslentilles, 
les lupins, etc., voire même la formule de certains mets dans 
la composition desquels entraient des fruits sauvages que les 
enfants de nos campagnes dédaignent aujourd'hui, comme les 
baies de Sureau ou les drupes de Gattilier, mais il n'y est point 
question des faseoli en grains; ce légume n'était consommé qu'à 
l'état de conserve, c'est-à-dire avec sa cosse après avoir été 
macéré dans la saumure avec des condiments variés. 

Un dernier argument qui doit, à mon avis, faire rejeter toute 
assimilation entre Faselus ou Faseolus des anciens et Phaseolus 
des modernes, c'est que notre Haricot, comme je vais le démon- 
trer, n'a pas été connu pendant tout le moyen âge et jusqu'à la 
fin du XV e siècle ; or il est inadmissible qu'un légume commun 
à l'époque romaine, ait pu tomber ensuite dans l'oubli, pendant 
plusieurs siècles, pour ne reparaître, avec tous les caractères 
d'une nouveauté, qu'après la découverte de l'Amérique. 

(A suivre.) 

CHRONIQUE. 



La Société mycolog-ique de France, dans sa séance du 3 décembre, a 
élu comme président M. Roze et comme vice-présidents MM. Dumée et 
de Seynes. 

La Société botanique de France a procédé à ses élections annuelles 
dans sa séance du 18 décembre. Ont été nommés : président, M. M. Cornu; 
1 e1 ' vice-président, M. Franchet; vice-présidents, MM. Daguillon, Mau- 

GERET et MOUILLEFARINE. 

Parmi les prix décernés par l'Académie des sciences dans sa séance 
solennelle du 21 décembre, nous relevons les suivants : prix Desmazières, 
à M. Emile Bescherelle, le bryologue universellement connu, pour son 
travail sur le Calymperes ; prix Saintour, à M. B. Renault, pour ses im- 
portantes recherches sur les Bactériacées fossiles. En outre, un encoura- 
(rement prélevé sur le prix Montagne a été accordé à M. C. Flagey, auteur 
d'une Flore des Lichens de la Franche- Comté et d'un Catalogue des Lichens 
de l'Algérie, complété par un bel exsiccata de Lichens algériens en cours 

de publication. 

Le Gérant : Louis Morot. 



Paris. — J.Mersch iai] ., l 4 ",Av.deCMtillon. 



n e ANNÉE. N° 2. 16 JANVIER 1897. 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



COMPOSIT/E NOV^E E FLORA SINENSI 

(Fin.) 
Par M. A. FRANCHET. 

Gnicus Souliei, sp. nov. 

(Lophiolepis Cass.). Perennis ; acaulis vel subacaulis ; folia 
haud decurrentia, viridia vel glaucescentia, utraque facie parce 
strigillosa , ambitu anguste lanceolata , in petiolum alato-lo- 
batum spinulosum longe attenuata, pinnatifida, lobis latis basi 
confluentibus, lobulatis, crispatis, dense ciliato-spinulosis ; ca- 
pitula ovato-subglobosa, 20 25 mm. lata, sessilia vel subsessilia, 
foliis contigua sed non vere involucrata ; involucri squamae 
omnes rectae, lanceolato-lineares in spinulam rectam reliquis 
validiorem desinentes, margine nunc e medio, nunc fere e basi 
crebre spinulosae ; squamae intimas apice molles; flores rubri, 
pappus albus, setis pro maxima parte longe plumosis, apice 
tantum scabris, acutis. 

Folia semi-pedalia vel fere pedalia, 3-4 cent, longa. 

Se-tchuen occident., circa Tongolo (R. P. Soulié, n. 276) ; 
prov. Kansu, terra Tangutorum (Przewalski, n. 405 sub : Cnicus 
acaulis Wild.). 

Port du Cn. acaulis et surtout du Cn. rhizocephalus C. A. Mey., 
mais déjà bien distinct par les écailles de l'involucre ciliées de petites 
épines très rapprochées ; la plante du Kansu est d'un vert très pâle, les 
écailles de l'iuvolucre sont un peu plus larges et ciliées seulement dans 
leur moitié supérieure. 

Cn. Henryi, sp. nov. 

(Lop/n'o/cpis). Biennis} ; caulis 8-10 dec.,sulcato-striatus, gla- 
brescens, totus foliatus ; folia glabrescentia, subtus pallidiora, 
inferiora et infima e basi attenuata late lanceolata, pinnatifida, 
segmentis latis sinuatis, apice lobatis ; caulina média et supe- 
riora stricte sessilia, e basi rotundata semi amplectante lanceo- 
lata, sinuato-lobata, lobis ovato-deltoideis integris ; folia omnia 
spinulis parvis inaequalibus ciliata; capitula racemoso-panicu- 



22 JOURNAL DE BOTANIQUE 

lata, ad apicem ramulorum solitaria, cernua vel potius horizon- 
talia, basi nuda ; capitula subrotunda ; involucri squamae 
lineares, omnes aequales, exteriores et raediae dense pectinato- 
spinulosae, spinulis geminis vel potius e basi bipartitis ; squamae 
magis interiores decrescentim pectinatae , intimis mollibus, 
muticis ; flores rubri ; pappus sordide albus, pilis plumosis 
praeter apicem levem, acutum. 

Folia inferiora 20-25 cent - i0n g a > 6-10 cent, lata, média 
10 cent, longa ; capitula 20-25 m ' 1 ^- l ata - 

China centralis; prov. Hupeh, circa Ichang (D r Henry, 
n. 6764). 

Voisin du Cn. Souliei, avec une tige très développée, des feuilles 
molles, bordées de spinules plus petites et plus rares : écailles de l'in- 
volucre plus longues, plus étroites, ciliées de spinules plus rapprochées. 

Cn. Farg-esii, sp. nov. 

(Eriolepis). Caulis elatus striato-sulcatus, parce (praesertim 
superne) araneosus, plus minus fastigiato-ramosus, totus folia- 
tus ; folia membranacea, subtus tenuiter araneosa vel glabra, 
caulina sessilia amplexicaulia, omnia lanceolata vel late lanceo- 
lata, pinnatifida, lobis ovato-lanceolatis acutis, sinu rotundato 
discretis, lobis et lobulis spina vulnerante terminatis et prae- 
terea spinulis tenuissimis ciliolatis; capitula nuda vel foliis 
2-3 parvis suffulta, nucis majoris crassitie ; squamae involucri 
fere omnes aequales 20-25 mm - longae, lanceolato-lineares, ri- 
gidae, induratae, complicato-carinatae, pungentes, praesertim 
inferne laxe ciliato-spinulosae, plus minus arachnoideae, exte- 
riores mox reflexas, interiores patentes, intimas erectae, apice 
acuminato pallido vel colorato molliores ; flosculi albidi ?; pappus 
sordide albus, pilis plumosis apice acutis. 

Caulis 8-10 decim. ; folia inferiora et média 30-20 cent, longa, 
8-7 mm. lata. 

Se-tchuen, circa Tchen-keou-tin (R. P. Farges, n. 351), 
prov. Hupeh, ad Ichang (D r Henry, n. 6189), forma foliis supra 
scabriusculis. 

Le Cn. Fargesii a de l'analogie surtout avec le Cn. dipsacolepis 
Maxim. ; mais il est plus robuste ; ses feuilles sont plus profondément 
divisées et ressemblent à celles du Cn. Erisythales ; il est surtout ca- 
ractérisé par ses écailles dures et carénées, les extérieures promptement 
réfléchies, les intérieures étalées. 



A. Franchet. — Compositas novse. 23 

Gn. Provosti, sp. nov. 

(Eriolepis). Caulis 8-10 decira., striato-sulcatus, glabrescens, 
;jpice tantum parce arachnoideus ; folia membranacea, glabra, 
utraque facie viridia, omnia (praeter inferiora) sessilia, minime 
amplexicaulia, pinnatifida, lobis lanceolatis patentibus vel le- 
viter arcuatis, sursum lobulatis, lobis et lobulis spinula pungente 
terminatis et prseterea margine spinulis ciliolatis ; inflorescentia 
laxe paniculata ; capitula solitaria, ramulos foliatos terminantia, 
globosa, umbilicata, erecta, nucis parvae crassitie ; involucri 
squamae glabrescentes vel parce araneosae e basi anguste lan- 
ceolata lineari-subulatae, praeter intimas magis scariosas muticas 
in spinulam rigidam desinentes, exteriores 4-plo breviores inte- 
rioresque plus minus patentes vel etiam apice recurvas, intimae 
floribus aequilongae erectae, flosculos sub anthesi aequantes ; 
flosculi sordide rubescentes, tubo tenui filiformi quam limbus 
semiquinquefidus plus duplo breviore ; pappus sordide albus, 
pilis longe plumosis apice paulo incrassato clavellatis. 

Folia caulina 30-15 cent, longa, 10-6 cent, lata ; capitula 
20-25 mm. diam. 

China sept., ditionis Pekinensis e monte Po-suashan (R. P. 
Provost, n. 1468). 

La plante a été élevée de graines envoyées à M. Maurice de Vilmo- 
rin; semée au commencement d'avril 1896, elle a fleuri dès le mois 
d'août de la même année. Le Cn. Provosti & beaucoup d'affinités avec 
le Cn. kcimtschaticus Maxim. ; mais il en est bien nettement différen- 
cié par ses feuilles sessiles, à base arrondie, mais nullement amplexi- 
caules, incisées dans le type de celles du Cn.lanceolatus. Les feuilles 
du Cn. kamtschaticus sont décurrentes en une aile étroite, spinuleuse, 
et rappellent beaucoup par leur forme et leurs découpures celles du 
Cn. oie race us. 

Gn. Leduci, sp. nov. 

(Onotrophè). Repens?; fibrae radicales oblongae, obtusae, na- 
piformes ; caulis erectus, gracilis, ramosus, arachnoideo-albi- 
cans, dense foliosus ; folia e basi attenuata lanceolata, crebra, 
supra viridia crebre spinulosa, spinulis adpressis, margine spi- 
nulis inaequalibus ciliata, subtus albo-tomentosa ; rami saepius 
elongati, monocephali ; capitula e basi rotundata nec umbilicata 
ovato-globosa; squamae multiseriatas, sensim ab exterioribus ad 
interiores crescentes, lanceolatae, acutae cum mucrone rigido, 



24 JOURNAL DE BOTANIQUE 

scariosae, pallidae, dorso superne sub mucrone glandula nigra 
oblonga resinifera notatac ; squamae intimae longiores appen- 
dice acuta tenuiter scariosa auctas; flosculi purpurascentes, tubo 
quam limbus ad basim usque 5-partitus tantum paulo longiorc ; 
achaenium fusco-rubescens ; pappus sordide albus, pilis longe 
phimosis, apice acutis. 

Yun-nan merid., in montibus ad occidentem urbis Mongtzé 
ait. 1500 m. (Leduc, 1S91). 

La plante est évidemment très voisine du Cn. chinensis et surtout 
du Cn. linearis, à cause de ses fibres radicales épaisses, napiformes ; 
mais elle en diffère par ses feuilles qui sont couvertes sur leur face su- 
périeure de petites épines apprimées, un peu vulnérantes, analogues à 
celles qu'on voit sur les bords. Les feuilles du Cn. Leduci présentent 
ainsi le même caractère que celles des Cnicus du groupe Eriophorum ; 
le fait n'a, je crois, été signalé jusqu'ici pour aucun Cnicus du groupe 
Onotrophe. Et pourtant, malgré l'importance spécifique qui semble 
devoir être accordée à ce caractère, je conserve des doutes sur la légiti- 
mité de l'espèce qui, pour tout le reste, ressemble au Cn. chinensis ; 
dans ce dernier, la face supérieure des feuilles est ordinairement glabre, 
mais chez certains individus, on peut aussi observer quelques aspérités 
de l'épiderme, ou même des poils pluricellulés, établissant peut-être le 
passage aux nombreuses spinules des feuilles du Cn. Leduci. 

En 1888, Y Index Jloree Sinensis enregistrait dans la flore de Chine 
seulement 6 Cnicus ; aujourd'hui on en connaît au moins 9 en plus; 
outre les 5 espèces précédemment décrites, je puis citer le Cn. arven- 
sis, du Kwei-tchéou (M.Perny) ; Cn. involucratus Ilook. fil., du Yun- 
nan (Delavay, n. 3647); Cn. argyracanthus Hook. f., du Se-tchuen 
(R. P. Soulié) ; Cn. suffultus, var. pexus Maxim., qui parait répandu 
sur le littoral de la Chine. 

C'est un total de 15 espèces qui sera sans doute augmenté lorsque 
les parties orientale et centrale de la Chine seront mieux connues. 



•©o-oo*»— 



OBSERVATIONS RELATIVES 
A LA SEXUALITÉ DES PHÉOSPORÉES 

{S ni le.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

IV. Ectocarpus Padinae (Giffordia Buflfh.) 

Buffham a décrit, en 1893, une nouvelle espèce à' Ectocarpus, 
sous le nom de Giffordia Padinœ. La plante, formée de fila- 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Phéosporées. 25 

ments simples, porte des anthéridies et des sporanges. La des- 
cription de l'auteur est empreinte d'une grande hésitation; il se 
demande si cette nouvelle plante est bien une espèce distincte 
ou seulement la forme sexuée de VEct. pusilhis , car, sur le 
même Padina, sont des filaments semblables aux précédents et 
dont les sporanges rappellent ceux de VEct. pusilhis par la 
dimension des logettes; il n'a vu ni les anthérozoïdes ni les 
zoospores. 

Pendant les mois de juillet et août des années 1895 et 1896, j'ai 
recueilli VEct. Padïnse à Guéthary, et, grâce à l'obligeance de 
M. Bornet, j'ai pu le comparer à des préparations authentiques 
de Buffham. Je me suis rendu compte, sur mes exemplaires, 
qu'il n'y a pas mélange des deux espèces, mais que la plante en 
question possède trois sortes d'organes pluriloculaires. Jus- 
qu'ici, elle est la seule Ectocarpée dans ce cas; aussi ne sera-t-il 
pas inutile de la décrire avec quelques détails. 

ViEct. Padinae forme sur l'une ou l'autre face de Padiua 
pavonia âgés, un court duvet, qui ne dépasse guère trois milli- 
mètres; il n'est pas toujours en état satisfaisant pour l'étude, 
car la plante hospitalière est souvent plus ou moins couverte 
simultanément par d'autres plantes, en particulier par VEct. vi- 
rescens. Mais tandis que celui-ci est épiphyte, VEct. Padinœ 
est profondément endophyte. 

Il habite les parois des cellules de l'hôte et, tout au moins 
au début, particulièrement celles qui séparent les rangées 
radiales des cellules, de telle sorte qu'un thalle du Padina récem- 
ment infesté, vu de dessus, paraît formé de rangées de cellules 
larges qui lui appartiennent et de rangées étroites, intercalées, 
moins régulières, qui appartiennent au parasite et circulent dans 
les parois radiales. Les parois tangentielles sont à leur tour 
envahies, généralement un peu plus tard; parfois môme, 
mais rarement, le parasite entre un peu dans la paroi superfi- 
cielle comme le ferait VEct. Battersii. Même dans les points 
les plus infestés, je n'ai pas observé qu'il amenât une désagré- 
gation des cellules hospitalières. 

Des sections transversales tangentielles (1) coupent les files 
de cellules du parasite. On voit sur la figure 7, A, que ces cel- 

1. La disposition des spores du Padina, rangées suivant des portions de cir- 
conférence, explique les mots tangentiel et radial employés ici. 



26 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Iules, très irrégulières, ne pénètrent jamais dans l'intérieur 
même de celles du Padina, et restent dans la paroi ; elles peu- 
vent émettre sur une face ou sur l'autre des filaments dressés. 
Des sections transversales radiales (fig. 7, B, C) montrent la 
forme du thalle du parasite; c'est un filament irrégulier, à cel- 
lules bosselées, émettant des branches semblables à lui. Il est 
fort probable qu'au moment où l'envahissement débute, le tube 
de germination traverse une paroi du Padina, se dirige vers 
l'intérieur, puis, arrivé au contact de la couche moyenne du 
Padina, change de direction, s'insinue dans les parois radiales 
des cellules de la couche extérieure en rampant contre cette 
couche moyenne comme plancher, et pénètre plus lentement 
vers la paroi superficielle. On voit, en effet, sur la figure 7, B, 
que la face des cellules parasites qui regarde l'extérieur, par 
opposition à la face profonde, est irrégulière, ondulée, comme si 
elle avançait plus péniblement. Cette particularité de structure 
se retrouve très fréquemment, mais on rencontre aussi des fila- 
ments beaucoup plus réguliers. Les cellules qui s'avancent à la 
surface pour produire les parties externes sont encore plus irré- 
gulières, mais ne sortent pas du thalle du Padina; elles suppor- 
tent une, deux, ou même trois cellules qui sont les bases des 
filaments dressés ou des pédicelles des organes reproducteurs. 

Les filaments dressés (fig. 8, A), toujours rétrécis à leur 
insertion, ont 17 à 25 ^ de largeur dans leur portion inférieure, 
et leurs cellules sont 1 1/2 à 3 fois plus longues. La zone d'ac- 
croissement est courte, surmontée d'un pseudo-poil pauvre en 
chromatophores. Celui-ci, plus long que la portion inférieure, 
n'a guère que 13-14 n de largeur et ses cellules sont 5-7 fois 
plus longues ; d'abord conique, il devient cylindrique par la 
chute et le renouvellement des cellules terminales. Les chroma- 
tophores sont des disques, mais, dans la partie supérieure du 
filament, ils s'allongent et peuvent être 2-3 fois plus longs que 
larges. 

Je n'ai pas rencontré de filaments normalement ramifiés, 
mais les filaments tronqués produisent un rameau vigoureux 
semblable; ce cas a été représenté sur la figure 8, A, où le fila- 
ment tronqué se termine accidentellement par un sporange. Les 
cellules qui portent les organes reproducteurs sont parfois plus 
courtes que leurs voisines. 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Phéosporées. 27 

Les organes reproducteurs sont sessiles sur les filaments 
dressés, mais un plus grand nombre selèvent directement du 
thalle endophyte, portés par un pédicelle uni ou pluricellulaire. 
A la base du Padina, où celui-ci est recouvert d'une couche 




Fig. 7. — Ectocarpus Padinse. — Coupes dans le thalle du Padina envahi par le parasite; 
A, coupe tangentielle; B, C, coupes radiales (Gross. 200). 

plus ou moins épaisse de rhizines, lespédicelles plus longs, con- 
tournés, circulent entre les rhizines. Quelle que soit leur nature, 
les organes reproducteurs ont sensiblement la même forme et 
les mêmes dimensions; ils sont ovales, lancéolés, dressés quand 
ils s'élèvent du Padina, un peu courbés vers le haut quand ils 



28 JOURNAL DE BOTANIQUE 

naissent sur les filaments; j'ai vu leur longueur varier de 76 à 
130 [a et leur largeur de 30 à 57 p.; les dimensions les plus fré- 
quentes oscillent autour de 100 p. sur 40 \j-. (fig. 8, B , C, D). 
Lorsqu'un sporange croît dans l'intérieur d'un sporange vidé, il 
peut être plus petit et j'en ai déjà rencontré mesurant seulement 
50 [J- sur 20 ]}.. 

Les anthéridies, parfois sur les filaments dressés, sont bien 
plus souvent au pied de ceux-ci, ou en des points isolés, nais- 
sant directement du thalle profond. Elles sont partagées en 
fines logettes d'environ 4 \t. de hauteur, comme celles de 
YB. Lebelii, bien apparentes seulement après la contraction du 
contenu, par exemple à l'aide d'une goutte de glycérine. En 
1895, J' a ^ vu l es anthéridies uniquement sur les exemplaires con- 
servés dans l'alcool, mais en 1896, j'ai eu fréquemment l'occa- 
sion de les voir vivantes. Or, quel que soit leur âge, elles ne 
m'ont jamais présenté la teinte brune orangée caractéristique; 
elles conservent la teinte grise que possèdent dans leur jeune 
âge les anthéridies de YB. Lebelii. Ceci est d'autant plus sur- 
prenant que Buffham dit précisément que leur teinte orange a 
arrêté son attention sur cette minuscule plante. 

Les sporanges sont des méiosporanges et des mégaspo- 
ranges. Dans certains cas, la différence dans le cloisonnement 
en logettes de l'une et de l'autre sorte, aussi nettement mar- 
quée que dans YB. virescens, laisse prévoir quelles seront les 
dimensions des éléments inclus. Il n'en est pas toujours ainsi, et 
lorsque les mégasporanges sont plus larges et les logettes plus 
aplaties, lorsque les méiosporanges sont plus étroits et les lo- 
gettes plus hautes, la distinction peut laisser quelque embarras. 
Les mégasporanges, très ressemblants à ceux de YB. pusillus, 
naissent plus souvent sur le Padina que sur les filaments dressés. 
Les méiosporanges, plus abondants, s'élèvent aussi directement 
du Padina, mais c'est eux surtout que l'on trouve sur les fila- 
ments dressés. 

La culture en cellules de YB. Padinœ présente des difficultés 
particulières, car on ne le trouve guère dans l'état de propreté 
voulue. Le fin duvet qu'il forme sur les parties âgées du Padina, 
joint aux rhizines ou aux débris des sporanges de celui-ci, 
retient des poussières, des Diatomées..., etc., de sorte que si 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Phéosporées. 



29 




Fig. 8. — Ectocarpus Padinae. — A, filaments drossés et sporanges pédicellés- s'élevant 
directement du thalle endophyte ; à gauche est un filament portant à la fois une anthé- 
ridie et des méiosporanges; à droite est un filament tronqué ramifié (Gross. 120)'; 
B, méiosporanges; C, mégasporanges; D, anthéridies (Gross. 200). 

l'on met en cellule de petits fragments de la plante hospitalière, 



3 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

même disséqués avec soin, la culture court grand risque d'être 
envahie par des Bactéries ou des Chytridinées. Si l'on racle la 
surface du Padina pour isoler des filaments de XEctocarpus, 
ceux-ci souffrent visiblement de ce changement d'existence; 
certains filaments meurent, d'autres résistent vigoureusement. 
J'ai gardé ces cultures cellulaires, au maximum, quatre jours ; la 
cellule intacte la plus inférieure du filament s'allonge pour pro- 
duire un rhizoïde comme je l'ai indiqué à propos des E. vires- 
cens et fulvescens, mais avec moins de rapidité que chez ces 
espèces (i); seuls, les sporanges bien mûrs subissent la déhis- 
cence ; ceux qui sont voisins de la maturité donnent des ger- 
minations internes, et les plus jeunes reprennent l'état végétatif, 
soit par quelques-unes de leurs logettes qui poussent latérale- 
ment, soit dans leur ensemble, en s'allongeant pour donner un 
rameau (fig. 9). Les sporanges non mûrs commencent parfois à 
changer de caractère un jour après qu'ils ont été séparés de la 
plante hospitalière. Il est remarquable de voir une plante net- 
tement parasite réagir avec une telle facilité. 

On trouve sur le Padina des anthéridies complètement 
vidées, mais la déhiscence totale ne s'est effectuée que rare- 
ment dans mes cellules de culture. Plus souvent, elles ne se vi- 
dent pas ou se vident partiellement ; je n'ai d'ailleurs pas assisté 
au moment précis de la déhiscence. Plusieurs fois, j'ai vu les 
anthérozoïdes sortis, fixés tout près de l'ouverture de l'anthé- 
ridie sous la forme de petites boules grisâtres de 4-5 [/. de dia- 
mètre, sans point rouge, mais avec un point plus sombre sur le 
bord, ayant l'apparence d'une vacuole. Sur d'autres cellules, 
où une ou deux anthéridies s'étaient vidées partiellement, j'ai 
observé, soit près de l'anthéridie, soit sur le bord de la goutte 
d'eau, des anthérozoïdes piriformes-globuleux avec deux cils 
latéraux relativement courts, se déplaçant lentement, bien 
qu'ils fussent sortis depuis peu de temps. Ils ont pris, en se 
fixant, la forme dite plus haut, puis ont rapidement péri. 

Mes observations sur ce point sont donc insuffisantes et au- 
raient besoin d'être répétées, mais, bien que les parasites des 
organes reproducteurs aient déjà occasionné plus d'une méprise, 
je ne crois pas que, dans le cas présent, on puisse leur attri- 

1. Cette transformation de branches détachées en boutures est d'ailleurs fré- 
quente chez les différentes espèces à.'Ectocarpns que j'ai étudiées. 



C. Salvageau. — Sur la sexualité des Pkéosporées. 31 

buer l'aspect surprenant des anthéridies et des anthérozoïdes. 
L'année dernière, j'avais vu les éléments sortis des spo- 
ranges rester à une faible distance de l'ouverture de déhiscence, 
et j'en avais conclu que les mégaspores, et peut-être aussi les 
méiospores, pourraient bien être des aplanospores. Pendant 
l'été de 1896, j'ai vu les unes et les autres en mouvement, mais 
on observe sous ce rapport tous les passages, et cela sur les 
différents sporanges d'une même culture. Tantôt, en effet, la 
déhiscence est totale, les zoospores sortent lentement, sont 




F'g- 9- — Ectocarpus Padiitx. — Portion des filaments restés en culture cellulaire pendant 
quatre jours, pour montrer les germinations internes des sporanges, et le passage 
d'autres sporanges à l'état végétatif (Gross. 120). 

toutes mobiles, coniques piriformes, dépourvues de point rouge, 
fortement colorées dans leur partie postérieure par une dizaine 
de chromatophores ; des deux cils insérés dans une petite 
échancrure près du bec, l'intérieur, relativement court, est seul 
visible durant la motilité. Le mouvement des zoospores, lent, 
varié et inégal, peut durer près de deux heures pour certaines 
d'entre elles et beaucoup moins pour d'autres, puis elles vont 
se cacher sous les fragments du Padina, ou se fixer en un point 
quelconque, ou, plus souvent, à la périphérie de la goutte ; à ce 
moment, on voit parfois très nettement les deux cils dirigés en 
avant onduler en zigzags. Tantôt, au contraire, la déhiscence 
est seulement partielle ; les zoospores du fond du sporange y 




32 JOURNAL DE BOTANIQUE 

restent en s'arrondissant ; d'autres, qui ne déroulent même pas 
leurs cils, s'arrêtent à l'extérieur tout près de l'ouverture du 
sporange, et d'autres enfin se meuvent comme il a été dit précé- 
demment. La déhiscence se fait plutôt dès le matin, mais peut 
s'observer à toutes les heures du jour. 

Les méiospores, assez constantes dans leur forme, sont plus 
variables dans leur taille. Leurs dimensions les plus fréquentes 
sont 20 p. sur 10 p. à l'état de mouvement, et quand elles sont 
fixées et arrondies, mesurent 13,5-14 p. de diamètre; la partie 
antérieure disparaît alors et les chromatophores se répartissent 
uniformément, mais parfois elles ne s'arrondissent pas, et restent 
piriformes, avec le bec vers la périphérie si elles sont au bord 
de la goutte. J'en ai mesuré aussi qui, tout en ayant à peu près 
la même largeur, ont 13,5 p., 16 p- ou 23,5 p. de longueur, et 
quand elles sont arrondies, ont 11, 12, 16 p- de diamètre 
(fig. 10, C). 

Les mégaspores ont la même forme et peuvent arriver aussi 
jusqu'au bord de la goutte; fixées, elles mesurent 20 p. de dia- 
mètre, comme celles de YE. pusillus (1). 

Les zoospores germent très régulièrement sans présenter les 
phénomènes décrits pour YE. secîcndîis et YE. Lebelii. Les ger- 
minations de méio- et de mégaspores sont faciles à distinguer. 
Les dessins des figures 10, A et B, présentent les germinations 
dans une culture qui a duré du 20 au 24 août. Les méiospores 
ont émis un rhizoïde irrégulier, assez souvent élargi vers son 
extrémité libre, parfois bifurqué ; il est à remarquer que la 
spore même n'a conservé que peu de ses chromatophores, abso- 
lument comme si elle ne devait pas produire une branche ulté- 
rieure de germination. Les mégaspores émettent un rhizoïde 
plus large, plus fortement coloré, et gardent un bon nombre de 
chromatophores ; on voit d'ailleurs sur certaines germinations 
un nouveau tube se produire. Si l'on trouvait des Padùia en- 
vahis par Y Ectocarpus en état de propreté permettant une culture 
suffisamment longue, il serait intéressant de suivre plus loin la 
germination de ces mégaspores en dehors de la plante hospita- 



I. Lorsque j'ai vu ces mégaspores à l'état de motilité, leur mouvement les 
montrait plus ou moins obliquement, et plusieurs fois, pour se fixer, elles se sont 
cachées sous le fragment du Padina. Pour prendre les mesures, il eût fallu 
sacrifier les cellules de culture. 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Phéosporées. 33 

lière, et la chose serait facile, car les germinations sont rapides 
et vigoureuses. 

Nous avons donc constaté, pour les zoospores de XE. Padinse, 
comme pour les mégaspores de XE. virescens, tous les intermé- 
diaires entre l'état de planospores et d'aplanospores. Or, le 
même fait se présente chez X Ectocarpus pusillus. On sait que 
M. Bornet, qui a étudié cette espèce à plusieurs reprises, lui 
a toujours vu des spores immobiles, que celles-ci germent à 
l'intérieur du sporange ou après déhiscence ; il en a conclu que 




Fig. 10. — Ectocarpus Padinx. — A, germination des mégaspores; B, germination des 
méiospores restées en cellules du 20 au 24 août (Gto=s. 200); C, deux anthérozoïdes et 
méiospores en mouvement et aux différents états de la fixation (Groas. 440). 

les spores sont des aplanospores. M. Askenasy a fait des 
observations identiques (Ect. osteudensis). Les exemplaires 
de la variété riparia que j'ai récoltés à Biarritz, pendant l'hiver 
de 1894, ont montré très peu de sporanges vidés et beaucoup 
de sporanges à germinations internés sans que, malgré des 
observations répétées, j'aie réussi à voir de déhiscence ou même 
des germinations extérieures. La conclusion de M. Bornet pa- 
raissait donc rigoureuse. Or, M. Kuckuck m'a écrit qu'il a sou- 
vent recueilli XE. pusillus à Rovigno, en mai 1895, et qu'il a vu 
les spores munies de cils et animées de mouvements lents qui 
cessent bientôt. Le 10 septembre dernier, j'ai recueilli au cap 
Hoyambre, près de San Vicente de la Barquera, de très beaux 



34 JOURNAL DE BOTANIQUE 

exemplaires de la variété typica de cette espèce, sur Corallîna 
■méditer ranea. J'ai pu l'étudier sur plusieurs cellules de culture. 
Certains sporanges ne se vident pas et la germination est 
interne. D'autres se vident incomplètement; les spores restées 
dans le sporange y germent normalement sans que les cils 
soient visibles ; les autres sont motiles, mais peu, tournent sur 
elles-mêmes sans beaucoup se déplacer, et ne s'éloignent guère; 
elles se tiennent le plus souvent dans l'épaisseur de la goutte 
suspendue ou même tombent contre sa surface inférieure, ce qui 
gêne beaucoup l'observation. Cependant, dans une cellule de 
culture où je n'ai pas assisté à la déhiscence, mais où plusieurs 
sporanges se sont totalement vidés, une centaine de zoospores 
étaient plus ou moins rassemblées vers le milieu de la goutte 
d'eau et sept seulement étaient réparties à sa périphérie. La dé- 
hiscence se fait surtout de grand matin, mais aussi à des heures 
quelconques; les zoospores sont très globuleuses, de 22 p sur 
20 p, ou plus allongées, de 26 p sur 17p.; les chromatophores 
sont nombreux ; il n'y a pas de point rouge ; pendant le mouve- 
ment, le cil antérieur inséré près du sommet est seul apparent. 
En se fixant, elles s'arrondissent avec un diamètre de 20 p géné- 
ralement, parfois jusqu'à 22 p; leur germination commence rapi- 
dement. 

Les spores de YE. pusîlhis ne sont donc pas nécessairement 
des aplanospores comme on le croyait jusqu'ici ; elles deviennent 
étroitement comparables aux mégaspores de YE. virescens et 
de YE. Padinœ ; leur plus ou moins de motilité dépend peut- 
être de la saison, et aussi des conditions d'observation, de l'in- 
dividu étudié, et même du sporange étudié. 

Je dois ajouter qu'en juillet et août 1896, j'ai recueilli très 
souvent YE. virescens soit à mégasporanges, soit à méiospo- 
ranges, et que j'en ai fait de nombreuses préparations sans 
jamais rencontrer d'autres organes reproducteurs. 

On remarque enfin que les zoospores des Ectocarptis sont 
d'autant plus mobiles, et sont pourvues de cils d'autant plus visi- 
bles et relativement plus longs, qu'elles sont déplus petite taille. 
Le point rouge, très petit chez le Pylaiellaftilvescens, n'existe 
plus sur les mégaspores des E. pusillus, virescens et Padinse. 

(A suivre.) 



Ed. Bonnet. — Le Haricot avant la découverte de l'Amérique. 35 

LE HARICOT (PHASEOLUS VULGAR1S L.) 

ÉTAIT-IL CONNU DANS L'AN'CIEN MONDE AVANT LA DÉCOUVERTE DE 

L'AMÉRIQUE? 

{Suite.) 

Par M. Ed. BONNET. 

Avant d'étudier les principaux documents que nous a trans- 
mis le moyen âge sur la question très limitée qui nous occupe, 
constatons tout d'abord qu'il n'est pas fait mention du Faseolus 
dans trois traités versifiés qui ont joui d'une grande vogue jus- 
que vers le milieu du XVI siècle ; ce sont : le De virltitibus her- 
baruni du Pseudo-Macer, V Hortulus de W. Strabo et enfin les 
règles diététiques connues sous le nom de Regimen sam'tatis 
Scholœ Sa 1er ni. 

Parmi les plantes que Charlemagne recommande de cultiver 
dans ses fermes impériales, figure un Fasiolus identifié par la 
plupart des botanistes avec notre Phaseolus; mais M. Rosta- 
finski, dans sa magistrale étude sur le Capitulaire de villis et 
curtis (1), a démontré que la Légumineuse citée par Charle- 
magne ne pouvait être notre Haricot et qu'il s'agissait tout sim- 
plement du Lathyrus sativus L. ; c'est également à la Gesse 
que M. Rostafinski rapporte le Faseolus cultivé, vers la même 
époque, par les moines de Saint-Gall dans les jardins de leur 
monastère. 

Sainte Hildegarde, abbesse de Saint-Rupert près Bingen, 
dans ses Libri Physicœ écrits au XII e siècle pour l'instruction 
des nonnes de son couvent, désigne sous le nom de Viebona 
ou Vichbona, une Légumineuse que l'on a déterminée Phaseo- 
lus vulgaris par simple analogie avec la dénomination allemande 
du Haricot : Welschbohne, tandis que M. Descemet, dans son 
travail sur la nomenclature botanique de Sainte Hildegarde, 
réunit (2) le Vigbona de la célèbre abbesse au Lupin blanc (Lu- 
pinus albus L.) des modernes. 

Il n'est pas possible de savoir exactement quel est le Faselus 
dont parle, probablement sans l'avoir vu, Vincent de Beauvais 
dans son Spéculum naturelle, la description qu'il en donne 

1. De plantis quœ in Gapitulari Caroli Magni commémorant ur, dans les 
Ment, de l'Acad. polonaise de Cracovie, XI, 1885. 

2. In Nuovi Lincei, I, 1884. 



36 JOURNAL DE BOTANIQUE 

n'étant qu'une mauvaise compilation empruntée à quatre auteurs 
différents : Isidore de Séville, Palladius, Isaac Judaeus et Avi- 
cenne. 

Albert le Grand, contemporain de Vincent de Beauvais et 
comme lui moine dominicain, a écrit un traité De vegetabilibus 
qui possède le mérite, rare à cette époque, de ne pas être une 
copie servile des anciens et de contenir quelques observations 
personnelles ; aussi reconnaît-on facilement le Dolique à œil 
noir dans le Faseolus dont Albert le Grand décrit ainsi les 
graines : « Sunt faseoli multorum colorum sed quod libet gra- 
norum habet maculam nigram in loco coiyledonis. » 

M. Kôrnicke cite {pp. laud.) un manuscrit du XII e siècle con- 
tenant l'Histoire naturelle de Pline dans lequel le mot Fasiolus 
est suivi du synonyme : « arwiz » ; c'est l'erweyssen de Fuchsius, 
de Tragus et des vieux botanistes allemands, ou en d'autres 
termes le Pois, Erbse, des modernes. Le même auteur nous 
apprend encore que le Dolichos melanophthalmus est repré- 
senté (fol. 305), sous la dénomination de Phaseolus, dans le Liber 
de simfilicibus de Benedetto Rinio, enluminé par Andréa Ama- 
glio en 1415, et conservé, comme l'on sait, à la Bibliothèque 
Saint-Marc de Venise. 

Avant la fin du XIV e siècle, les traités d'histoire naturelle 
ornés de miniatures sont assez rares, mais à partir de cette 
époque et surtout pendant le XV e siècle, ils deviennent plus 
communs ; le texte qui paraît avoir été le plus souvent reproduit 
et enluminé, en raison du crédit dont il jouissait alors, porte le 
titre de Livre des simples médecines ou des Secrets de Saleme, 
c'est une traduction française du Circa instans, traité de matière 
médicale dont l'original latin est attribué à Platearius ; ce traité 
est divisé en chapitres classés par ordre alphabétique et illustrés 
de miniatures représentant les objets décrits ; il en existe une 
douzaine de copies à la Bibliothèque nationale, une autre est 
conservée à l'Arsenal et on en connaît aussi quelques exem- 
plaires dans les grandes bibliothèques de la province et de 
l'étranger (1) ; tous ces manuscrits lorsqu'ils sont complets, 
contiennent un chapitre, toujours identique dans le fond, sauf 

1. L'un de ces manuscrits, conservé à Modène, dans la bibliothèque d'Esté, 
a été l'objet d'un important mémoire publié en 1886 par mon excellent ami, M. le 
prof. J. Camus {R. Acad. se. lett. cd artî di Modena, sér. 2, IV); le chapitre 



Ed. Boxn-et. — Le Haricot avant la découverte de l'Amérique. 37 

quelques variantes accessoires, consacré à la description et 
aux propriétés des Faseoli ; je reproduis ci-après, à titre de 
curiosité, le chapitre des Faseoli d'après un manuscrit sur par- 
chemin ayant appartenu à Louis de Bruges (Bibl. Xat. ms. fr. 
n° 9136, fol. 124), j'en modifie seulement un peu l'orthographe 
pour le rendre plus compréhensible à ceux de mes lecteurs qui 
ne sont pas familiarisés avec les anciens textes. 

De l'herbe nommée Faiseulz — Faseoli : ce sont grains ainsi appeliez 
que une herbe produist et- s'estend par terre. Faiseulz sont chaulz au 
milieu du second degré et moites en la fin d'icelui ; et que ils soient 
moites ce cognoist-on parce que ils ne peuvent pas séchier comme 
font les aultres grains et parce qu'ils ne sèchent on ne les peut gaider 
longtemps et pour ce ils engendrent grosses humeurs et aus.-à vento- 
sités qui enflent et qui souvent emplissent la teste et font songier 
songes terribles et faulz songes. H en est de deux manières, c'est à 
savoir blanches et rousses, et sont les blanches plus moites et moins 
chauldes et pourtant est leur nourrissement gros et dur à digérer et 
engendre grosses humeurs et fleumatiques (flegmes) ; qui les veult 
adélier (atténuer, sous-entendu leurs mauvaises qualités) si les cuise 
en eau et puis après les nettoie de. leur escorce et adonc soient cuiles 
en ung pot de terre à tout eau et huile d'olive et que l'on y mette du 
cumin et du poivre estampé (pulvérisé) et ainsi soient pris et mengiés. 
Les blanches quant elles sont verdes doibvent être purgiées de leurs 
escorces puis après soient mengiées avec sel, sénevé, origant ou 
calament, cumin et poivre et aussi avec soit bû vin pur et bon. 
Les cosses et grains des faiseulz ont moins de humidité l'un que 
l'autre et pourtant sont les rouz de bien plus forte opération; l'eau où 
les rouz faiseulz auront cuit si l'on en prend trois onces où l'on mette 
de l'huile nardine jusqu'à cinq dragmes et de galbanum une et que Ton 
la boive tout chault, ce provoque les fleurs. 

Cette description contient à peu près tout ce que les auteurs 

Faseolus est accompagné dans l'original d'une miniature qui diffère à peine de 
celles que l'on trouve dans plusieurs de nos manuscrits de Paris — notamment 
dans les n" s 28^8 de l'Arsenal et 9136 de la Nationale — ainsi que j'ai pu m'en 
assurer, grâce aux reproductions que M. Camus a eu l'obligeance de me faire 
parvenir. Un autre manuscrit de la bibliothèque d'Esté, contenant le texte latin 
du Circa instans, donne du Faseolus une figure aussi défectueuse que la pré- 
cédente, dont elle diffère surtout par la forme des feuilles, qui rappellent un peu 
celle du Lierre (folia habet ad Ilederae accedentia Diosc.) ; à propos de ces 
deux miniatures, M. Camus m'écrivait récemment : « A dire vrai, il n'y a rien 
qui puisse confirmer la détermination que j'en ai donnée (op. laud., 66), et je 
doute fort qu'il existe, avant la seconde moitié du xvi e siècle, des figures dans 
lesquelles on puisse distinguer avec certitude le genre Phaseolus; la figure des 
Heures d'Anne de Bretagne me parait elle-même peu concluante. » 



38 JOURNAL DE BOTANIQUE 

grecs et romains ont dit de leur Smilax ou Faseolus ; mais, tandis 
queDioscoride, Pline, Columelle, Apicius connaissaient surtout 
le Faseolus consommé entier avec sa gousse, Platearius recom- 
mande au contraire de dépouiller ce légume de sa cosse. Quant 
aux miniatures qui accompagnent ce chapitre dans les différents 
manuscrits, elles dérivent toutes, à peu de chose près, d'un 




Fig. i. 



Fig. 2. 



même type ; je reproduis réduites de moitié les deux plus carac- 
téristiques ; l'une (lig. i), est empruntée à un manuscrit prove- 
nant de la bibliothèque des ducs de Bourgogne (Bib. Nat. ms. 
fr. n° 9137) ; l'autre (fig. 2), à un manuscrit dont l'origine pre- 
mière est inconnue et qui a fait partie des collections de Gaston 
d'Orléans avant d'entrer dans la Bibliothèque du Roi (Bibl. Nat. 
ms. fr. n° 623); d'autres figures du Faseolus, par l'absence de 
vrilles et l'étroitesse des légumes en forme de siliques, prennent, 
assez exactement, l'aspect d'une Moutarde. 



E. Malinvaud. — Nouvelles florisliques. 39 

La Bibliothèque Nationale a récemment acquis un Tacuin (1) 
exécuté en Italie au commencement du XV e siècle ; à la vérité, le 
texte de ce manuel d'hygiène est sans intérêt pour l'étude que 
je poursuis en ce moment et le manuscrit de la Bibliothèque 
Nationale se recommande surtout par les grandes miniatures 
(25 cent, de haut sur 20 cent, de large) dont il est orné ; le 
tableau peint au folio-verso 44 représente la récolte des Faxiola 
{sic) ou Fasioli ; j'avoue qu'il m'est impossible de reconnaître 
le Haricot dans la plante à tige robuste, dressée, non volubile, 
à feuilles simples, obovales, dont l'artiste a décoré son paysage, 
la présence de longues gousses géminées et étalées fait seule 
penser à une légumineuse ; il est assez étonnant que ce manuscrit, 
dans lequel on trouve représentés outre les Faxiola, la Fève, le 
Pois chiche, la Cicerchia (Lathyrus sativus L.), la Lentille et le 
Lupin, ne fasse aucune mention des Pois (Pisum sativum L. et 
P. arvense L.), si communément cultivés en Italie depuis les 
temps les plus reculés. 

{A suivre.) 
1 » i 

NOUVELLES FLORISTIQUES (2) 

Par M. Ernest MALINVAUD. 
IjB Botrychium simplex Ilitch, signale en France par JI. Franeliet. 

Il y a plus de trente ans, la découverte de V Hymenophyllum 
Wilsoni aux environs de Cherbourg ajoutait une Fougère des 
plus rares à notre flore nationale (3). Près de vingt ans après, à 
l'extrémité opposée de notre occident, dans les Basses-Pyré- 
nées, un autre représentant, encore plus inattendu de la même 
famille, le Tvichomancs radicans, était trouvé pour la pre- 
mière fois sur notre territoire (4). Dans une communication que 
nous avons présentée, au nom de M. Franchet, à la dernière 
séance de la Société botanique (5), c'est au centre même de 

1. Tacuinunt sanitatis in medicina. Sur ce manuscrit, cf. L. Delisle, in 
Joum. des Savants, septembre 1896, p. 518. 

2. Suite aux articles publiés sous cette rubrique dans le Journal de Botanique 
en 1896. — Nous reprendrons prochainement nos études sur les questions de 
nomenclature. 

3. Bull. Soc. bot. de Fr., t. X (1863), p. 474. 

4. Id., t. XXVII (1880), sess. de Bayonne, p. lxxxi. 

5. Id., t. XLIV (1897), séance du 8 janvier. 



4 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

notre pays, à la localité de Malesherbes, depuis longtemps 
célèbre dans les fastes des herborisations, qu'est signalée une 
autre Fougère nouvelle pour la France, récoltée en 1845 P ar 
W. de Schœnefeld, qui l'avait prise pour le Botrychium Luna- 
ria, et elle était restée sous ce nom dans l'herbier Hennecart, 
avec lequel elle était passée dans les collections du Muséum. Un 
heureux hasard, ayant placé cette plante méconnue sous les 
yeux de M. Franchet, a permis à ce savant botaniste de lui 
rendre son nom véritable. 

Le Botrychium simplex (Hitch., in Sillim. Journ., vol. VI, 
p. 103, ann. 1823) a pour synonymes : B . KanuenbergiiYAmsm. 
Bot. Zeit. (1852) et B. Lunaria var. cordatum Fries Summa 
( 1 846) . Les états variés qu'offre cette curieuse espèce avant d'ar- 
river à son entier développement, et la difficulté d'en réunir toutes 
les formes pour en saisir l'enchaînement, l'ont fait souvent con- 
fondre avec le B. Lunaria, dont Fries {Summa, 251) la consi- 
dérait comme une simple variété ; on la trouve quelquefois 
aussi, dans les herbiers, sous ce dernier nom. Cependant elle 
appartient à la section des Tematœ, caractérisée suivant Milde 
par : Lamina sterilis semper peliolaia, basilaris, in statu maxi- 
me evohiio certe ternata, segmenta secundaria catadroma. Le 
B. Lunaria est, au contraire, dans la section des Oblojigse ; 
Lamina sterilis oblonga l. ovaia, in média planta posila (1). 

Ce B. simplex n'était connu qu'aux Etats-Unis et, ça et là, 
dans le nord de l'Europe, Etats Scandinaves et Allemagne. Les 
recherches que provoquera sans doute l'observation due à 
M. Franchet ajouteront probablement, pour cette intéressante 
Fougère, surtout dans les départements du nord, d'autres loca- 
lités françaises à celle de Malesherbes. 

1. Milde, Filices Europas, pp. 197-199. 

CHRONIQUE. 

Nous apprenons la mort de M. Thollon, chef d'exploration au Congo 
français, décédé le mois dernier à Libreville. Son séjour de plusieurs an- 
nées en divers points de la côte occidentale d'Afrique lui avait permis d'y 
faire des récoltes qui ont largement contribué à étendre nos connaissances 

sur la flore de ces régions. 

Le Gérant : Louis Morot. 



Paris. — J. Mersch, imp., 4 1 "', Av. deChùtillon. 



il 6 ANNEE. N° 3. 1" FÉVRIER 1897. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



ORIGINE EXODERMIQUK 

DES POILS POST-STAMINAUX DES SÉPALES 

CHEZ LES SANTALACÉES 

Par M. Ph. VAN TIEGHEM. 

Prenant ici les Santalacécs clans un sens plus restreint que 
MM. Bentham et Hooker (1), on en sépare d'abord la tribu des 
Anthobolées et celle des Grubbiées, qui doivent constituer 
deux familles distinctes, puis les diverses espèces rapportées 
jusqu'ici au genre Myzodendrum et qui se répartissent entre 
quatre genres formant ensemble une famille autonome, lesMy- 
zodendracées, enfin les deux genres Arjona et Quinchamaliitm, 
composant aussi une famille à part, les Arionacées (2). 

Ainsi limitées, les Santalacées ont toutes, comme on sait, un 
calice gamosépale concrescent avec le pistil dans une plus ou 
moins grande longueur, ce qui rend l'ovaire plus ou moins 
complètement infère. Après sa séparation, le tube du calice est 
tapissé par un disque, qui se prolonge souvent entre les sépales 
en autant de lobes alternes. Il n'y a pas de corolle. L'androcée 
se compose d'autant d'étamines que de sépales, superposées 
aux sépales et concrescentes avec eux dans une plus ou moins 
grande longueur. L'ovaire est uniloculaire dans toute sa hau- 
teur, avec un placente central libre portant au-dessous du 
sommet autant d'ovules pendants qu'il y a de carpelles, ordi- 
nairement trois. Chaque ovule, dépourvu à la fois de nucelle et 
de tégument, se réduit à la foliole ovulaire, non différenciée ici 
en pétiole et limbe, tournant sa face dorsale en haut et en 
dehors, sa face ventrale en bas et en dedans. En un mot, ces 
plantes appartiennent au groupe des Innucellées, dont elles 
forment, pour ainsi dire, le noyau (2). 

Ceci rappelé, la grande majorité des Santalacées produisent 

1. Bentham et Hooker, Gênera plant., III, p. 217, 1883. 

2. Ph. Van Tieghem : Sur les Phanérogames à ovules sans nucelle formant 
le groupe des Innucellées (Bull, de la Soc. bot., séance du 23 novembre 1896). 



42 JOURNAL DE BOTANIQUE 

sur la face interne de chaque sépale, au-dessus du point où s'en 
sépare le filet staminal, derrière l'anthère par conséquent, un 
pinceau de longs poils dirigés de bas en haut et appliqués tout 
d'abord les uns contre les autres et tous ensemble contre la 
région supérieure du sépale. Ces poils post-staminaux des 
sépales sont bien connus des botanistes descripteurs. A. deCan- 
dolle, notamment, dans sa monographie des Santalacées insérée 
au Prodromîis en 1857, n'a pas manqué d'en signaler l'exis- 
tence chez la plupart des genres de la famille (1). Ce qui a passé 
inaperçu jusqu'ici, c'est leur singulière origine, que la présente 
petite Note a pour objet de signaler à l'attention des anato- 
mistes. 

Tous les poils actuellement connus qui se développent sur la 
tige, sur la feuille et sur les diverses parties de la fleur, lesquelles 
ne sont, comme on sait, que des feuilles différenciées, ont une 
origine toujours la même et facile à constater. Ils naissent d'au- 
tant de cellules de l'épiderme, qui sortent du rang en s'accrois- 
sant vers l'extérieur; en un mot, ils sont épidermiques et 
exogènes. 

Il n'en est pas tout à fait de même des poils qui se dévelop- 
pent sur la racine et dont le rôle est si considérable, comme on 
sait, dans l'absorption de l'eau et des substances dissoutes. Il y 
a ici, à ne considérer que les Phanérogames, deux groupes à 
distinguer. Chez les Climacorhizes, c'est-à-dire chez les Gym- 
nospermes et les Dicotylédones, à l'exception des Nymphéacées, 
l'assise la plus interne de l'épiderme reste, après la chute des 
autres assises dans la coiffe, adhérente à l'écorce de la racine et 
développe ensuite ses cellules en poils ; ceux-ci sont donc encore 
épidermiques. Chez les Liorhizes, c'est-à-dire chez les Monoco- 
tylédones et les Nymphéacées, l'épiderme tombe tout entier 
dans la coiffe, en mettant à nu l'assise la plus externe de l'écorce, 
c'est-à-dire l'exoderme, qui développe ensuite ses cellules en 
poils; ceux-ci sont donc d'origine exodermique. Mais dans les 
deux cas, puisque, plus ou moins profonde au début, l'assise 
qui les produit se trouve devenue superficielle au moment où 
elle les forme, l'origine des poils de la racine peut être dite 
exogène, tout aussi bien que celle des poils de la tige et de la 
feuille. 

1. Prodromus, XIV, p. 619, 1857. 



Ph. Van Tieghem. — Les poils fiost-staminaux des Santalacées. 43 

Si donc, comme nous allons le montrer, les poils post-stami- 
naux des sépales des Santalacées se trouvent avoir une origine 
endogène, il faudra convenir qu'ils diffèrent parla de tous les 
poils connus et qu'ils offrent, par conséquent, au point de vue 
de la Science générale, un certain intérêt. 

Prenons pour exemple une de nos Santalacées indigènes les 
plus communes, le Thesium humifusum, plante sur laquelle il 
est facile de suivre une aune, aux divers âges de la fleur, toutes 
les phases du phénomène. 

Une coupe longitudinale médiane du sépale, pratiquée dans 
le jeune bouton, montre 1'épiderme de la face interne continu 
depuis le départ du fdet staminal jusqu'au sommet. Dans la plage 
située immédiatement au-dessus de l'insertion du fdet, il est 
formé de cellules larges et plates; plus haut et jusqu'à l'extré- 
mité, il est constitué par des cellules étroites, prolongées en 
autant de papilles coniques. L'assise la plus externe de l'écorce, 
c'est-à-dire l'exoderme, offre aussi, dans ces deux régions, deux 
aspects différents. Sous 1'épiderme hérissé de papilles qui re- 
couvre presque tout le sépale, elle est formée de cellules étroites, 
allongées perpendiculairement à la surface, en forme de palis- 
sade. Sous l'épiderme plat et lisse qui revêt la plage post-sta- 
minale, ses cellules sont tout aussi hautes, mais beaucoup 
plus larges, ayant jusqu'à cinq ou six fois le diamètre des pré- 
cédentes. Ce sont ces grosses cellules exodermiques qui se 
développent un peu plus tard en autant de poils. 

A cet effet, sur sa face externe et sous la cloison supérieure, 
chacune d'elles pousse d'abord un prolongement. Ensemble, 
tous ces prolongements pressent sur l'épiderme, le soulèvent et 
en dissocient les cellules, qui tombent séparément ou par lam- 
beaux. Après quoi, devenus extérieurs, ils s'allongent rapide- 
ment vers le haut en s'appliquant les uns contre les autres et se 
couchant ensemble sur l'épidémie papilleux et persistant de la 
région supérieure du sépale. Ils deviennent ainsi tout autant de 
poils, simples et unicellulaires, pleins d'un protoplasme abon- 
dant et granuleux, dont les bases renflées demeurent insérées 
côte à côte dans l'exoderme, et qui finalement se séparent, se 
rabattent et divergent en forme de pinceau derrière chaque 
anthère. 

On a étudié, à ce point de vue, la plupart des genres de la 



4 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

famille; partout, les poils post-staminaux des sépales ont la 
même forme, la même structure et aussi la même origine que 
dans les Thesium. 

Les pinceaux de poils post-staminaux du calice des Santala- 
cées sont donc d'origine endogène. Ils naissent dans l'exoderme 
et, pour paraître au dehors, exfolient l'épidémie dans toute la 
région où ils se développent. 

Par la position de leur disque, qui forme un bourrelet libre 
autour de la base du style, et par leur ovaire pluriloculaire dans 
sa région inférieure, les deux genres chiliens Qiiinchamalium 
et Arjona s'éloignent de toutes les Santalacées et doivent, 
comme il a été dit au début, former à côté d'elles une petite 
famille distincte, les Arionacées. Or les Arjona produisent sur 
la face interne de chacun de leurs sépales, au-dessus du départ 
de l'étamine et derrière l'anthère, un bouquet de gros poils, 
simples et unicellulaires, riches en protoplasme granuleux, tout 
semblables par leur forme et par leur position à ceux des Santa- 
lacées. Mais pourtant l'origine en est bien différente. Comme 
les poils scléreux qui hérissent toute la face inférieure des 
sépales', les poils post-starajnaux de Y Arjona tubei'osa, par 
exemple, procèdent, en effet, du développement vers l'extérieur 
d'autant de cellules épidermiques plus larges que les autres. Ils 
sont donc exogènes, comme partout ailleurs. Cette différence 
s'ajoute à celle qu'on vient de signaler pour éloigner les Ario- 
nacées des Santalacées. 

On sait aussi que les diverses espèces rattachées jusqu'ici au 
genre Schœpfia et qu'il convient maintenant de répartir entre 
les trois genres Codonium , Schœpjia et Schœpjîopsis pour 
en former la famille des Schœpfiacées (i), possèdent sur la 
face interne de leurs sépales, au-dessus du départ de l'étamine 
et derrière l'anthère, un bouquet de gros poils, simples et uni- 
cellulaires, semblables de forme, de structure et de position à 
ceux des Santalacées et des Arionacées. Il est facile de s'assurer 
que l'origine de ces poils est ici épidermique, comme dans les 
Arjona, et non pas exodermique, comme dans les Santalacées. 

L'origine exodermique des bouquets de poils post-stami- 
naux du calice des Santalacées n'est donc pas en relation directe 

i. Voir le travail cité plus haut. 



A. de Coincy. — Plantes nouvelles de la flore d'Espagne. 45 

et nécessaire avec leur forme, leur structure, leur localisation et 
leur fonction, puisque, dans les deux familles voisines des Ario- 
nacées et des Schœpfiacées, des pinceaux de poils tout sem- 
blables ont l'origine épidermique normale. Elle est bien plutôt 
en rapport avec le groupe naturel où on la rencontre et doit, 
à ce titre, entrer désormais dans la définition même de la 
famille. 



PLANTES NOUVELLES DE LA FLORE D'ESPAGNE 

5 e noti: 
Par M. Auguste DE COINCY. 

Gentaurea saxifraga sp. n. 

Souche vivace, rameuse, s'échappant à travers les fentes des 
rochers et formant des touffes puissantes de tiges monocéphales 
plus ou moins développées, mais portant en général 3 à 4 feuil- 
les. Feuilles la plupart rapprochées à la base des tiges, nom- 
breuses, pétiolées, pennatipartites à partitions lancéolées, mu- 
cronées, alternativement plus petites et plus grandes, la terminale 
moins étroite et dentée-pinnatifide k la base ; les feuilles cauli- 
naires sont semblables, mais moins développées et presque 
sessiles ; les supérieures, quelquefois entières, atteignent la cala- 
thide. Toutes sont plus ou moins couvertes du duvet aranéeux 
qui revêt presque toute la plante. Calathides ovales-globuleuses, 
de grosseur moyenne, de 15 millim. environ de diamètre. Ecailles 
du péricline lisses, d'abord aranéeuses ; les extérieures et les 
moyennes munies d'une large bande décurrente portant de longs 
cils blancs, flexueux, et terminées par un mucron assez court 
dans les écailles extérieures, mais devenant dans les écailles 
moyennes très long, vulnérant, divergeant, spinuleux à sa partie 
inférieure; ce mucron, ordinairement jaune, est quelquefois 
teinté de brun-violet à la base; écailles internes lancéolées, ter- 
minées par un appendice brun-violet élégamment pectine. Fleu- 
rons d'une belle couleur safranée, non glanduleux. Achaines 
comprimés, blanchâtres, de 5 millim., pubescents, à ombilic 
barbu très profondément échancré. L'aigrette persistante, peu 
développée (1 millim.), se compose de squamelles ciliées crois- 
sant à partir de la circonférence, sans coronule interne. 



46 JOURNAL DR BOTANIQUE 

Ce Centaurea doit se classer dans la section des Acrocentron 
de Cassini, mais ses affinités sont assez obscures : à première 
vue on le placerait près du C. orna ta, non loin du C. Grana- 
tensis ; mais sa végétation et son mode de croissance en touffes 
très fournies l'en éloignent, ainsi que la forme de l'aigrette qui 
surmonte ses achaines ; par cette même aigrette, il se rappro- 
cherait des C. macrorrhiza, Amblensis , etc.; mais sa tige, en gé- 
néral bien développée (quoiqu'on rencontre certains exemplaires 
isolés, presque acaules), et ses longues épines vulnérantes, em- 
pêchent de le mettre dans ce groupe, dont il détruirait l'homo- 
généité. 

Je ne saurais trop appeler l'attention des botanistes collec- 
teurs sur ce Centaurea si curieux ; il croît dans les fentes des ro- 
chers abrupts du Jabalcon, montagne de formation jurassique 
qui émerge d'une façon pittoresque au-dessus de la plaine qua- 
ternaire formant la Hoya de Baza ; on la trouvera près de la 
station du Saxifraga Camposii et du Pœonia Broteri, que con- 
naissent tous les habitants des environs, au-dessus de la Hacienda 
dite Cortijo del Pavero, dont le propriétaire pratique l'hospita- 
lité avec une générosité parfaite, et qui est heureux de mettre un 
de ses gardes à la disposition des voyageurs. 

Nous l'avons découvert le 5 juin 1896 ; ses fleurs n'étaient pas 
pas encore épanouies. 

Au pied de cette même montagne, mais du côté opposé, j'ai 
trouvé un Linaria qui paraît constituer une espèce nouvelle : 
nous allons en donner une courte description. 

Linaria Zujarensis sp. n. 

Petite plante annuelle, de 5 à 7 cent., dressée, glabre infé- 
rieurement, glanduleuse dans la partie supérieure ; de la racine 
grêle, pivotante, s'élèvent une à plusieurs tiges simples ou ra- 
meuses, filiformes, à rameaux divariqués. Feuilles d'un vert ten- 
dre, linéaires, obtuses, de 3 à 4 millim., exceptionnellement de 
6 à 7, subverticillées par 4 clans le bas, alternes et très espacées 
dans le haut. Fleurs de 1 à 4, disposées le long des rameaux. 
Bractées linéaires, déjetées, souvent plus courtes que les pédon- 
cules ; ceux-ci sont eux-mêmes plus courts que les calices. Calice 
à divisions linéaires-oblongues, inégales. Corolle jaune, glabre 
excepté à la gorge, le palais portant deux protubérances oran- 



A. de Coincy. — Plantes nouvel/es de la flore d'Espagne. 47 

gées ; la lèvre supérieure à lobes courts, obtus ; la lèvre infé- 
rieure à 3 lobes subégaux; éperon grêle, aigu, droit, de 6 à 
7 millim., la corolle mesurant en tout 10 à 12 millim. Etamines à 
filets glabres ; anthères bordées d'une bande noirâtre ; staminode 
difficilement visible. Capsule globuleuse, déprimée au sommet, 
glabre, de 4 millim. environ, dépassant à peine les divisions du 
calice. Placentas hémisphériques à l'état frais, persistants. 
Graines bien typiques, petites, brillantes, noires, lisses, rénifor- 
mes, entourées d'une large membrane blanche-argentée, con- 
cave, de 2 millim. de diamètre, la graine proprement dite ayant 
1/2 millim. sur 3/4 de millim. 

J'ai observé une pélorie de ce Liiiarïa à deux éperons iné- 
gaux. 

Cette petite miniature a un peu le port des exemplaires ap- 
pauvris du L. Aragoiiensî's (Willk. III. II, pag. 34, Tab. CXI 
et Rêver. Plant. d'Esp., 1895?); mais elle en diffère par 
la gracilité de toutes ses parties, ses feuilles beaucoup plus 
courtes, sa fleur plus petite et de forme différente, son éperon 
plus grêle, plus allongé, très aigu, le rebord membraneux des 
graines plus développé et d'un blanc argenté à la maturité, la 
graine elle-même plus petite, d'un noir très vif et non pas d'une 
couleur enfumée, son inflorescence constamment glanduleuse, etc. 
Elle s'éloig-ne davantage du L. Hœnseleri, qui a les tiges cou- 
chées, rarement rameuses, longuement nues au sommet, à inflo- 
rescence d'abord capitée, à feuilles glauques, à graines plus 
grosses portant une membrane proportionnellement moins large. 
J'ai sous les yeux l'ensemble des exemplaires qui ont servi à 
MM. Boissier et Reuter à établir leur L. Hteiiselcri, et ma 
plante est bien distincte de toutes les formes de cette dernière 
espèce, même des exemplaires grêles cueillis par Haenseler dans 
la Sierra de Tolox, et sur lesquels Boissier avait d'abord établi 
son L. Sîipina var. minima. Le L. Mumbyana est bien différent 
par ses graines à aile fortement incrassée aux bords et à disque 
tuberculeux; mêmes observations pour les L. ametliystca, bi- 
pwictata, Broussonetii ', espèces si affines entre elles. Le L. atlan- 
ti'ca, dont le port rappelle notre Linaria , a les graines angu- 
leuses. 

Quant au L. glauca (tel que je l'ai récolté au lieu classique 
d ' Aranjuez) , il a, entre autres caractères, l'aile des graines noi- 



4 8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

râtre, l'éperon gros et relativement court, l'inflorescence très 
glabre, et une apparence générale très glauque. Le L. satnre- 
joides rappelle par ses graines le L. Zujarensis , mais c'est du 
reste une plante toute différente. 

Hab. Le Linaria Zujarensis était abondant dans les champs 
en friche de Zujar, près Baza, le 7 juin 1896. Cette description 
a été faite sur trente exemplaires que j'avais récoltés parmi les 
plus développés, ce qui indique une plante de proportions très 



exiguës. 



Dans un champ voisin, j'ai trouvé le Cephalavia Syriaca ; 
sans être précisément commune en Espagne, cette plante se ren- 
contre dans d'autres provinces, notamment dans les environs 
de Salamanque ! Si j'en parle ici, c'est pour noter un caractère 
assez fréquent dans cette espèce, et que je ne trouve pas indi- 
qué dans les descriptions des auteurs. Les feuilles du Cephalarîa 
Syriaca sont très souvent munies à la base de deux paires de 
lobes lancéolés qui embrassent plus ou moins la partie de la tige 
opposée au pétiole. Cette division inférieure des feuilles me pa- 
raît être la forme normale en Espagne, et j'ajouterai en Orient, 
d'après ce que j'ai pu voir dans les herbiers que j'ai consultés. 



LE HARICOT {PHASEOLUS VULGAR1S L.) 

ÉTAIT-IL CONNU DANS L'ANCIEN MONDE AVANT LA DÉCOUVERTE DE 

L'AMÉRIQUE ? 

{Fin.) 

Par M. Ed. BONNET. 

Que conclure de l'examen impartial de ces miniatures? 
sinon que les botanistes du XV e siècle ne connaissaient pas notre 
Haricot et que, copistes respectueux de l'antiquité, ils admet- 
taient dans leurs ouvrages, sur l'autorité des Grecs et des Latins, 
un Faseolus dont la tradition était depuis longtemps perdue. A 
ce point de vue, l'étude du Livre des simples médecines est par- 
ticulièrement instructive, car les chapitres qui traitent des 
plantes indigènes ou communément cultivées sont accompagnés 
de figures suffisamment exactes et facilement reconnaissables; 
telles sont celles du Fraisier, de la Fumeterre, de la Rave, du 



Ed. Bonnet. — Le Haricot avant la découverte de l'Amérique. 49 

Figuier, de la Rose de Provins à fleurs doubles, du grand Plan- 
tain et de l'Herbe aux puces, du Poireau, de la Vigne, de 
l'Avoine, du Pain de coucou, de la Bourache, de l'Iris germa- 
nique et de beaucoup d'autres. Il en est tout autrement lorsque 
l'artiste a eu à peindre des espèces étrangères dont on ne con- 
naissait que les produits ; ainsi, la Canne à sucre, l'Astragale à 
gomme, le Narthex asa-fœtida, le Myrobalan emblic, pour n'en 
citer que quelques-unes, sont représentées d'une façon tout à 
fait conventionnelle et d'après l'idée qu'une description fort 
incomplète pouvait donner de la plante ; quant au Giroflier, c'est , 
dans le Livre des simples, un arbuste sans caractères bien 
définis, portant à l'extrémité de ses rameaux des fleurs brunes 
qui ne sont que les clous de girofle du commerce. 

Le mot Lottbiâ, dans l'arabe moderne, désigne les races 
cultivées du Vigna sinensis L. (Dolichos LubiaForsk., D. ses- 
quipedalis L. etc.); le D. Lablab L. et assez souvent le Pha- 
seolus vulgaris ; toutefois ce dernier est plus spécialement connu, 
au moins en Egypte, sous la dénomination de Loubià frengy 
(franc ou français) qui dénote l'origine étrangère de cette plante 
et fait soupçonner son introduction par les Européens. Que le 
nom de Loubià dérive, comme on l'a dit, du libyen (?) loubieh, 
ou du grec ).oêoç par l'intermédiaire du byzantin Xo-jêiov, cela n'a 
qu'un intérêt secondaire; il est beaucoup plus important de dé- 
terminer à quelle espèce se rapporte le loubiâ des auteurs 
arabes du moyen âge. 

Au XII siècle, Ibn-el-Aouam a consacré un chapitre de 
son Livre de l'Agriculture (1) au loubiâ; sans décrire la 
plante qu'il jugeait, sans doute, suffisamment connue, il se 
borne à indiquer divers procédés de culture et il énumère 
une douzaine de races et de variétés dont l'une, affirme-t-il, a les 
grains de la grosseur d'un œuf de pigeon ; je n'ai pas une foi 
assez robuste pour accepter cette assertion d'Ibn-el-Aouam et, 
dans le texte de cet auteur, je ne vois qu'un renseignement à 
retenir, c'est que le loubià était cultivé aux environs de Séville ; 
or, suivant don Miguel Colmeiro, qui a soigneusement étudié 
toutes les sources historiques de la flore hispano-portugaise (2), 
le Phaseolus vulgaris n'apparaît dans la Péninsule Ibérique qu'au 

1. Trad. Clément-Mullet, II, 62; Paris, 1864-67. 

2. Examen historico-critico... etc.; Madrid, 1870. 



5 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

XVI siècle, tandis que le nom arabe du Dolique s'est conservé en 
castillan, après l'expulsion des Maures, sous la forme alubia; et, 
de fait, le D. Lablab aussi bien que quelques races de D. sinensis 
sont encore cultivés dans plusieurs provinces de la Péninsule. 

Ibn-el-Beïthar, un siècle environ après Ibn-el-Aouam, écrit 
un Traité des simples (i) pour lequel il met largement à contri- 
bution la Matière médicale de Dioscoride ; sa description du 
loubia (chap. 2042) qu'il identifie avec le cjjuXaÇ xr^xix est une 
reproduction du texte de l'auteur grec lequel, je l'ai déjà dit, 
désigne un Dolique et non un Phaseolus ; le manuscrit arabe 
n° 4947 de la Bibliothèque Nationale dissipe du reste tous les 
doutes que l'on pourrait conserver à ce sujet ; c'est une traduc- 
tion abrégée de la Matière médicale de Dioscoride, avec figures 
peintes, exécutée en Orient, peut-être en Egypte, vers le 
VI e siècle de l'hégire (XII e siècle de notre ère) ; la miniature au- 
dessus de laquelle on lit le mot : « el lotibiâ » n'a aucune ressem- 
blrnce avec le Phaseolus vulgaris et je n'hésite pas à y recon- 
naître la forme à tige basse et non volubile, à fleurs violacées et 
à graines noires du Dolichos Lablad, encore aujourd'hui cultivée 
en Egypte où elle remplace souvent comme légume, avec le 
D. sesquipedalis, notre Haricot commun. 

J'ignore si, comme on le lui a reproché, A. de Candolle a 
négligé de consulter les anciens traités d'histoire naturelle : 
Herbarius , Arbolayre , Or tus sanitatis , Grant Herbier et 
autres publications de l'imprimerie à ses débuts ; je crois que la 
lecture de ces incunables, répétant avec une monotonie fati- 
gante un texte assez semblable à celui du Livre des simples mé- 
decines, n'eût rien appris à l'auteur de l'Origine des plantes 
cultivées ; je suis même persuadé que l'examen des figures qui 
accompagnent, dans quelques-uns de ces traités, la description 
du Faseolus n'aurait pu que confirmer A. de Candolle dans l'idée 
que le Haricot était inconnu en Europe avant la découverte de 
l'Amérique. Les trois gravures sur bois dont je donne des repro- 
ductions, d'après les originaux (2), permettront au lecteur de 
juger en toute connaissance de cause. 

1. Trad. L. Leclerc, in Notices et Extraits, XXIII-XXVI. 

2. Je dois les clichés photographiques de ces figures à l'obligeance de 
M. G. Dethan, lauréat de l'École supérieure de Pharmacie de Paris, qui les a 
exécutés sur les précieuses éditions que m'a communiquées mon confrère et ami, 
M. le docteur Dorveaux, bibliothécaire de la même école. 



Ed. Bonxet. — Le Haricot avant la découverte de l'Amérique. 51 

La figure 3 est empruntée à VOrtus sanitatis translaté de 
latin en françoi s (Paris, Ant. Vérard s. d., vers 1499), elle est 
identique à celle que l'on trouve dans les éditions antérieures, 
notamment dans les éditions latines n os 8941 et 8944 du Reper- 
toritim de Hain ; les fruits en forme de gousses donnent seuls 
l'idée d'une Légumineuse, mais pour tout le reste la plante est 
fictive et n'a aucun rapport avec le Haricot. 

La figure 4 représente le Faseolus dans une édition sans date, 
mais des dernières années du XV e siècle, de VOpus ruralium 





Fig. 3. 



Fig. 4. 



commodorum de l'agronome italien Pietro de Crescenzi ; je ne 
comprends pas comment Asa-Gray et Trumbull ont pu dire 
{pp. laud., 136) de cette figure : « has little ressemblance to the 
Phaseolus of moderne botany » ; elle me paraît rappeler bien 
mieux une Dipsacée, la Cardère (Dipsacus Fullonum L.), sur- 
tout si on la rapproche de la petite gravure sur bois (fig. 5) qui 
orne, sous le nom de Phasioli, la marge inférieure (p. 49) d'un 
Tacuin imprimé à Strasbourg en 1531 et qui représente à n'en 
pas douter le Dipsacus sylveslris L. 

Quelle que soit la valeur artistique des miniatures du Livre 
d'heures d'Anne de Bretagne, je crois qu'il serait téméraire 
d'affirmer que la plante représentée à la page 389 est notre 
Haricot commun ; M. J. Camus lui-même reconnaît aujourd'hui 
que cette figure n'est pas concluante ; j'ajouterai que, par ses 



't : 



52 JOURNAL DE BOTANIQUE 

fleurs d'un jaune serin et par quelques autres caractères, elle 
rappelle assez bien un Vigna, peut-être une des nombreuses 
formes du V. sinensis L. ; même si l'on démontrait l'identité des 
Faverolles du Livre d'Anne de Bretagne avec le Phaseolus, cela 
ne constituerait pas une preuve contre l'origine américaine de 
ce dernier, attendu qu'il s'était écoulé quinze ans entre la décou- 
verte du Nouveau-Monde et l'époque à laquelle le manuscrit de 
la duchesse fut terminé et, qu'entre ces deux dates, le Haricot, 
rapporté en Europe parles navigateurs espagnols, pouvait avoir 
été envoyé à titre de curiosité au jardin royal de Blois. Nous 
savons en effet, par les témoignages des historiens et des bio- 
graphes, que, dès son premier débarquement à Cuba, Christophe 
Colomb y avait observé des champs plantés de Faxones et de 
Habas (fabas) très différentes de celles d'Espagne et, en consul- 
tant les récits des voyageurs qui, après Colomb, visitèrent le 
Nouveau-Monde, on reconnaît sans peine dans ces Faxones ou 
Habas dont les Indiens cultivaient de nombreuses variétés, le 
Haricot que les auteurs espagnols de la première moitié du 
XVI e siècle mentionnent comme apporté des pays nouvellement 
découverts, sous les noms de Frijol ou Judias encore usités de 
nos jours. 

D'Espagne, le Haricot passe de bonne heure dans les Flandres 
par suite du régime politique qui unissait alors les deux pays ; 
de là, il se répand en Allemagne, en Italie et en France; il ne 
paraît pas avoir été introduit en Angleterre avant l'année 1594; 
du reste, au milieu du XVI e siècle, le Phaseolus vulgaris commence 
à être assez bien connu sans faire cependant l'objet d'une grande 
culture et les botanistes de ce temps, dont la préoccupation do- 
minante était de retrouver les plantes des anciens, l'identifient, 
pour la plupart sans hésitation, avec le Smilax hortensis de 
Dioscoride ou avec le Phaseolus des Grecs et des Latins. 

Suivant M. Wittmack, le Phaseolus vulgaris aurait été décrit 
et figuré pour la première fois, par les botanistes allemands, en 
1536; il est certain qu'à la date de 1542, Fuchs en a donné 
(Hist. stirp., 707) une très bonne gravure sur bois; la même 
année Tragus décrit et figure (Stirp. comni., 615) notre Haricot 
commun sous le nom de Smilax hortensis, JVelsch Bonen, 
Welsche Fàselen, hoc est italicas fabas seu Phaseolos italicos, 
et un peu plus loin (p. 652) il explique, à propos du Maïs (Welsch 



Ed. Bonnet. — Le Haricot avant la découverte de l'Amérique. 53 

Korn), cette qualification de welsch, italicus : « germani ita 

enim omnia peregrina et prius nostro orbi incognita appellare 
soient » ; enfin, il ajoute que ces sortes de fèves sont étrangères, 
qu'elles ont été apportées des pays chauds et que les gelées 
tardives du printemps aussi bien que les premiers froids de l'au- 
tomne leur sont funestes. Neuf ans plus tard, un autre allemand, 
Lonitzer, appelle de même {Natural. ht st., Francfort 1551) le 
Haricot un légume étranger, cultivé seulement dans les jardins 
de quelques curieux, et Valerius Cordus reproduit cette opinion 
dans ses Annotationes (p. 43; Strasbourg 1561). 

En Italie, Mattioli publie ses Commentaires sur Dioscoride, 
dont les éditions se succèdent de 1554 a 1598; au chapitre Smilax 




Mefch. 



Phafîoli. 



Lrnte, 



F>g- 5- 

hortensis il décrit et figure le Phaseolus vulgaris auquel il 
attribue, en dernier lieu, une origine étrangère, tandis que dans 
son Phasiolus, il est facile de reconnaître le Dolichos melano- 
phthalmus DC, d'abord à la forme des gousses, et ensuite à la 
couleur des graines blanches <r praeter umbilicum qui tantum 
in iis nigricat » (1) ; c'est le Dolique et non comme on l'a cru (2) 
le Haricot, qui formait la base de cette eau de beauté dont Mat- 
tioli conseille l'emploi aux dames italiennes de son temps pour 
conserver la fraîcheur de leur teint. 

Cesalpino réunit (Lib. de planh's ,VI, cap. 14; Florence 1583) 
dans un même chapitre, sous le nom de Phaselus, le Dolique et 

1. Gesner (Hort. Germ., 272) et C. Bauhin {Pinax, 330), qui connaissaient 
mal les cultures de l'Italie méridionale, ont avancé, sans raison, que Mattioli 
avait décrit et. figuré une seule et même plante sous les noms de Phasiolus et 
de Smilax; Gilibert {Hist.pl. Europe, II, 421) s'est également trompé en rap- 
portant le Phasiolus de Mattioli au Ph. nanus L. 

2. Cf. Ch. Estienne : Maison rustique, et Gibault, op. laud., 11. 



54 JOURNAL DE BOTANIQUE 

le Haricot; il caractérise nettement le premier par la tache noire 
de ses semences, imitant la pupille de l'œil ; quant au second il 
le qualifie de « genus peregrinum apud nos seritur in hortis ope 
topiaro... Phaselos turci'cos vocant ». 

Dodoens, botaniste flamand, a donné une assez bonne figure 
du Phaseolus vulgaris qu'il a reproduite dans ses différents ou- 
vrages {Cruydeboeck , Historia frumentortim et leguminum, 
Pemptades) ; son texte n'est qu'une paraphrase des anciens au- 
teurs et ce qu'il rapporte de l'usage du Haricot dans l'alimen- 
tation, comme légume vert, est emprunté à Dioscoride : « sili- 

qua, uti Dioscorides ait, cum seminibus estur » {Hi'st. 

frument. et legum ., 1 06) . 

Avec Dodoens seul, nous ne serions qu'imparfaitement ren- 
seignés sur l'histoire du Phaseolus dans les Flandres, si nous 
ne trouvions, dans un botaniste du même pays et de la même 
époque, des détails beaucoup plus précis; en effet, Charles de 
l'Ecluse donne (Par. pi. ht'st., II, 223) la même gravure sur bois 
que Dodoens, mais avec un texte nouveau ; il appelle tous les 
Phaseolus des plantes étrangères et, en ce qui concerne le Ph. 
vulgaris, il dit positivement en avoir reçu les graines d'Espagne, 
avec celles d'autres espèces du même genre, sous le nom 
commun de Alubias de Indias. 

En France, Jean Ruel aurait, croit-on, le premier parlé du 
Haricot ; à la vérité le De naiurâ stirpium, imprimé à Paris 
en 1536, consacre (p. 542) un chapitre au Phaseolus et un autre 
au Smilax hortensis (p. 520); mais l'ouvrage de Ruel n'est 
qu'une traduction latine, avec commentaires, de la Matière mé- 
dicale de Dioscoride et l'absence de figures ne permet de pré- 
ciser ni les espèces, ni même les genres dont l'auteur parle dans 
ces deux chapitres. 

En 1554, Ch. Estienne, médecin parisien et imprimeur, qui 
composait et éditait des livres pour l'instruction des écoliers 
de son temps, ne connaissait certainement pas notre Haricot ; la 
description qu'il donne [Prssd. rus tic, 440) du Phaseolus est 
une réédition de Dioscoride et il recommande, avec Columelle, 
de semer ce légume depuis le 15 octobre jusqu'au i 01 ' novembre 
ce qui est impossible sous le climat de Paris ; dans l'édition 
française publiée après la mort d'Estienne, sous le titre de 
Maison rustique, le traducteur ajoute cependant qu'on peut 



Ed. Bonnet. — Le Haricot avant la découverte de l'Amérique. 55 

aussi semer les Phaséols en mars, ce qui est plus exact. 

Un autre médecin français, Jacques Daléchamps , auteur 
d'une Historia generalis plantarum (Lyon 158 1) dans laquelle 
il y a beaucoup de compilation, connaissait probablement le 
Haricot qu'il décrit et représente assez exactement, mais il y a 
lieu de remarquer que sa figure n'est, comme son texte, qu'une 
contrefaçon de Mattioli. 

Parmi les agronomes, Giovanni Tatti, au rapport de Bubani, 
aurait le premier en Italie, à la date de 1560, recommandé la 
culture du Haricot; en France, aucun agriculteur, à ma connais- 
sance, n'en a parlé avant Olivier de Serres qui ne donne cepen- 
dant à ce légume qu'une place bien minime dans son Théâtre de 
l'agriculture et mesnage des champs (Paris 1600) (1); en tout 
cas, ce n'est vraisemblablement pas avant l'année 1560, au plus 
tôt, que le Haricot dut sortir des jardins des curieux et des ama- 
teurs pour entrer dans la culture maraîchère et paraître sur les 
marchés de Paris et des grandes villes de la province, car, en 
1558, André Thevet cite parmi Les singularilez de la France 
antarctique autrement nommée Amérique (septentrionale) « les 
fèves plates et blanches comme neige, que plantent les indigènes 
du Canada, lesquelles sont fort bonnes » ; il ajoute pour complé- 
ter ces renseignements « qu'il s'en trouve de cette espèce en 
l'Amérique (méridionale) et au Pérou ». 

Je ne dirai rien de l'étymologie du mot Haricot (2) sur laquelle 
on a tant discuté, cette question de pure philologie n'éclairant 
en rien l'origine de la plante elle-même ; mais il n'est pas sans 
intérêt de rappeler, qu'indépendamment du nom vernaculaire 
de Welschbohne donné au Haricot à rames par les botanistes 
allemands du XVI'' siècle, on trouve encore, dans quelques 
auteurs, les dénominations de Fagiuolo iurchesco, Faba tur- 
cica, Tûrkische Bohne qui rappellent celles deFrumentum turci- 
cum, Blé de Turquie, Granturco, appliquées au Maïs dont l'ori- 
gine américaine n'est pas douteuse; les langues primitives des 
indigènes du Nouveau-Monde possédaient, au dire des philo- 

1. Les poix et fèves, entre les légumes, sont ceux de plus de réputation es 
beaux jardinages; ils seront accompagnés des chiches, faziols et autres de 
mérite. » 

2. Je rappellerai seulement qu'Oudin est le premier lexicographe qui ait 
admis, dans ses Curiosités françoises (1640), le mot haricot avec la signifi- 
cation de légume que nous lui donnons aujourd'hui. 



5 6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

logues, des mots spéciaux pour désigner les Phaseolus de même 
que le Maïs, et l'on sait que l'on a trouvé des épis de l'un et des 
graines de l'autre dans quelques tombeaux péruviens antérieurs 
à la conquête espagnole. Il ne faut pas oublier que Mattioli 
réunit, dans un même genre, le Dolique à œil noir et les Pois 
(Pisum sativum et P. arvense) qu'il nomme simplement Fagiuoli, 
tandis qu'il appelle plus spécialement notre Haricot Faginolo 
turchesco; à la même époque, Calepino, dans son grand Diction- 
naire, donne comme synonyme de Phaseolus : « Circercula 
(Lathyrus sativus L.) quae etiam hodiè Fasillorum nomen apud 
vulgus retinet » ; chez les vieux botanistes français, on ren- 
contre les noms defebves peinctes et fèves violées appliqués aux 
variétés à graines colorées du Phaseolus vulgaris, mais dans 
aucun je n'ai trouvé le synonyme de Pois blanc donné au Haricot 
à grains blancs, lequel était alors moins estimé que les races à 
graines plus ou moins foncées ; ceci me confirme dans l'opinion 
que les pois blancs des redevances du moyen âge n'étaient pas, 
comme on l'a supposé, nos modernes Haricots blancs, mais bien 
le Pisum sativum dont les graines diffèrent, par leur couleur 
blanchâtre, de celles du P. arvense qui servaient à la nourriture 
du bas peuple et des paysans, comme à l'époque romaine elles 
avaient servi à la nourriture des classes inférieures et des 
esclaves. 

Tels sont les principaux documents sur lesquels je m'appuie 
pour résoudre, dans le sens négatif, la question posée au début 
de cette étude ; je crois en effet pouvoir tirer des arguments ci- 
dessus développés les conclusions suivantes : 

i° Aucune graine de Haricot n'a jamais été trouvée dans les 
tombeaux ou dans les ruines des cités de l' Ancien-Monde. 

2° Il est impossible de reconnaître, avec certitude, le Pha- 
seolus vulgaris dans les écrits des médecins-naturalistes de 
l'antiquité et du moyen âg'e; les textes que la plupart des com- 
mentateurs rapportaient à cette espèce, désignent d'autres 
Légumineuses : Dolique, Pois ou Gesse. 

3° Dans quelques traités de la fin du moyen âge et du com- 
mencement de la renaissance, le Phaseolus n'est plus cité 
que sur l'autorité des écrivains grecs et latins et les figures 
qu'on en donne sont fictives ou erronées. 

4° Plusieurs races ou variétés de Phaseolus vulgaris étaient 



Drake del Castillo. — Note sur les Araliées. 57 

très anciennement cultivées, en Amérique, au moment de 
l'arrivée des Européens et les premiers voyageurs en parlent 
comme d'une nouveauté. 

5 Au milieu du XVI e siècle, le Phaseolus vulgaris est très 
exactement décrit et figuré par la plupart des botanistes qui 
l'identifient avec le Smilax hortensis ou avec le Phaseolus de 
Dioscoride; aucun n'affirme, cependant, que la plante soit 
depuis longtemps cultivée en Europe et plusieurs, au contraire, 
disent positivement que cette Légumineuse est d'origine étran- 
gère et qu'elle a été récemment introduite. 



NOTE SUR LES ARALIEES 
DES ILES DE L'AFRIQUE ORIENTALE 

{Suite.) 

Par M. E. DRAKE DEL CASTILLO. 

(PI. Mil.) 

III. — Panax. 

Synopsis des espèces cuumérées. 

Section I. Polyscias. Ovaire à deux ou plusieurs loges. Styles 
libres. Fleurs en ombellules ou eu épis réunis en grappes plus ou moins 
serrées, mais généralement longues ou amples, et multijlores. 

A. Fleurs en ombellules dont les pédoncules dépassent en lon- 
gueur le dixième du rachis de la grappe, mais n'en atteignent au plus 
que le cinquième. Pédicelles longs relativement à la fleur. 

Feuilles bipinnées 1. P.amplifolia Baker. 

Feuilles pinnées. 

Pédoncule des ombellules attei- 
gnant le cinquième de la lon- 
gueur du rachis commun.. . 2. P. orni folio, Baker. 
Pédoncule des ombellules ne dé- 
passant guère le dixième de la 
longueur du rachis commun. 
Articulation des pédicelles nue. 3. P.fraxinifolia. 
Articulation des pédicelles mu- 
nie d'un anneau de poils. 
Ombellules nues. 

Pédicelleslongsde7-8mill. 4. P. repanda Cordemoy. 
Pédicelles longsde3-4mill. 5. P. Bakeriana sp. nov. 



58 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Ombellules naissant à l'ais- 
selle de bractées, oblon- 
gues G. P. Berm'ert'sp. nov. 

B. Fleurs en ombellules dont les pédoncules n'atteignent guère 
que le quinzième de la longueur du rachis de la grappe. Pédicelles 
longs relativement à la lleur. 

Feuilles concolores. 
Folioles opposées. 

Ombellules espacées 7. P. nossiàiensis sp. nov. 

Ombellules serrées S. P. Hildebrandti sp.nov. 

Folioles ternées g. P. lokobensis sp. nov. 

Feuilles discolores 10. P. floccosa sp. nov. 

C. Pédicelles courts relativement à la fleur, quelquefois presque 
sessile. 

Pédicelles non dilatés à l'articulation. 

Ovaire biloculaire 

Ovaire pluriloculaire 

Pédicelles montrant à l'articulation 
une dilatation en forme de cupule. 
Grappes subspiciformes. . . . 
Branches de la panicule spici- 
formes. 
Epis munis de bractées . . . 
Epis dépourvus de bractées. 
Feuilles largement ovales 

ou obovales 

Feuilles oblono[ues. . . . 
Branches de la panicule formant 



n. 

12. 



P. cussonioides sp. nov, 
P. dichroostachya. 



13. P. paniculaia. 



14. P. Neraudiana sp. nov. 



15- 

16. 



P. Commersoni sp. nov. 
P. racemosa sp. nov. 



grappes, et réunies en om- 
belle au sommet. 

Environ 14 pétales et éta- 

mines 17. 

De 6 à 8 pétales et éta- 
mines 18. 



P. cupularis. 
P. Ayresii. 



Section II. Maralia. Ovaire à deux ou plusieurs loges. Styles 
libres. Fleurs en ombellules peu nombreuses, dont les pédoncules, bien 
plus longs que les pédicelles floraux, sont lâchement espacés sur le 
rachis d'une grappe très allongée. 
Folioles pétiolulées. 

Folioles assez brusquement atténuées à la base. 

Folioles entières 19. P. Maralia Decne. 



Drake del Castillo. — Noie sur les Araliées. 5g 

Folioles denticulées 20. P. tafondroensis sp. n. 

Folioles assez longuement atté- 
nuées à la base 21. P. Cha pelieri sp. nov. 

Folioles sessiles 22. P. multibracteata Bak. 

Section III. Oligoscias. Ovaire à deux ou plusieurs loges. Styles 
libres. Fleurs en ombellules pauc/flores, peu nombreuses, disposées en 
grappes lâches, mais courtes ; pédoncules assez longs relativement au 
rachis de la grappe. 

Feuilles tripinnées ou quadripinnées. 23. P. tripinnala Baker. 
Feuilles bipinnées. 

Feuilles moyennes ou petites. 
Folioles lancéolées. 
Folioles denticulées. 

Folioles petites? pédoncu- 
les grêles 24. P. Oligoscias. 

Folioles moyennes ; pédon- 
cules assez robustes. . 25. P. cissijlora Baker. 

Folioles entières 26. P. pentamera Baker. 

Folioles obovales 27. P. zanthoxyloides Bak. 

Feuilles très grandes 28. P. gomphophylla Baker. 

Feuilles pinnées. 

Folioles longues de 3-5 cent. . . 29. P. conferlifolia Baker. 
Folioles longues de 7-12 cent. 

Folioles oblongues 30. P. lancifolia sp. nov. 

Folioles ovales-lancéolées. . . 31. P. Lan tsii sp. nov. 

Section IV. Sciadopaxax. Ovaire biloculaire. Styles unis en cône. 
Feuilles brusquement et brièvement 

acuminées 32. P. BoiviniDcne. 

Feuilles assez longuement atténuées 

au sommet 33- P- Grevez sp. nov. 

Section V. Cuphocarpus. Ovaire 
uniloculaire par avortement 34. P. Cuphocarpus. 

1 . P. amplifolia Baker, mjourn, Linn. Soc, Bol.,XX.l, 351 . 
Madagascar : forêt d'Andrangaloaka (Le Myre de Vilers ?) ; 

sans indication de localité (Baron 3233). 

2. P. ornifolia Baker, /. c, XX, 155. 

Madagascar : Fort Dauphin (Scoll Elliot 2636!); sans indi- 
cation de localité (Baron 1 187 ! 1248 !). 

3. P.fraxinifolia. — Cussom'afraximYo/mBaker, Le, 157. 



6o JOURNAL DE BOTANIQUE 

Madagascar central : entre Tankay et la côte Est {Baron 
i-579 0- 

4. P. repanda J. de Cordemoy, Flore de l'île de la Réu- 
nion, 436. — Giliberiia repanda DC, Prodr., IV, 256; Poly- 
scias repanda Baker, Flora of Maur. and Seych., 128. 

Ile de la Réunion ; Ile Maurice ; Ile Rodrigues. 

AI. de Cordemoy décrit sous le nom de P. affine une espèce voi- 
sine de la précédente et qui n'en est peut-être qu'une variété : elle en 
diffère par ses folioles entières et acuminées, et par ses pédicelles de- 
moitié plus courts. Le même auteur décrit encore, sous le nom de 
P. Hermanni, une espèce dont on ne saurait déterminer le genre avec 
certitude, puisqu'on ne connaît ni ses fleurs ni ses fruits. 

5. P. Bakeriana sp. nov. 

Arbuscula fere glaberrima, foliis pinnatis (30 40 cent, lon- 
gis), foliolis 21-23 distantibus oblongis acutis (5-7 cent, longis, 
20-25 mill. latis) basi constrictis laxe dentatis. Umbellulae (ad 
15 mill. longae) secus ramos racemi compositi ampli folio sub- 
brevioris laxiuscule dispositae. Pedicelli (2-3 mill. longi) ad arti- 
culatîonem annulo pilorum instructi. Flores pedicello breviores, 
calyce quinquedentato, ovario triloculari, stylis 3 distinctis. 

Madagascar (Baron 2087! 2430!). 

Cette espèce diffère du P. fraxinifolia par ses pédicelles moins 
grêles, entourés d'un anneau de poils à l'articulation, et par ses folioles 
lâchement dentées. 

6. P. Bernieri sp. nov. — Gastonia Bemieri Boivin, Herb. 

(PI- I). 

Frutex glaber, foliis (30-40 cent, longis) pinnatis, foliolis 11 

ovatis-oblongis obtusis (10 cent, longis, 6 latis) basi subcordatis, 
nervis utrinque 12. Flores médiocres (4-5 mill. longi) umbellati, 
pedicellis quam flores duplo longioribus, umbellularum pedun- 
culis (4-5 cent, longis) secus racemi folium subaequantis rachin 
verticillatis et apice umbellatis, basi bractea oblonga (2 cent.) 
suffultis. Calycis ovoideo-turbinati limbus integer brevissimus. 
Petala 6; stamina, styli et germinis loculi totidem. 
Ile Maurice (Boivin !). 

Espèce très reconnaissable aux grandes bractées dont son inflores- 
cence est munie. 

Le Gérant : Louis Morot. {A suivre.) 



Paris. — J. Merschj imp., 4°'-, Av. du CMttilon. 



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n e ANNÉE. N° 4. 16 FÉVRIER 1897. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



NOTE SUR LES ARALIEES 
DES ILES DE L'AFRIQUE ORIENTALE 

[Suite.) 

Par M. E. DRAKE DEL CASTILLO. 

(PI. Mil.) 

7. P. nossibiensis sp. nov. 

Arbuscula glabra, foliis (80-90 cent, longis) pinnatis, foliolis 
15-17 coriaceis oblongis-lanceolatis (15-20 cent, longis, 4-5 latis) 
acuminatis basi constrictis. Umbellulae breviter (1 cent.) pedun- 
culatae, in racemos ad apicem ramorum confertos dispositae. 
Flores parvi (2-3 mill.) pedicellis gracilibus breviores, penta- 
meri. Germen quinqueloculare, stylis 5 distinctis erectis. 

Madagascar : Nossi-bé (Boi'vml) 

8. P. Hildebrandti sp. nov. 
Madagascar : Nossi-bé (Hildebrandt 3303 d). 

Cette espèce diffère de la précédente par ses folioles obovales (lon- 
gues de 15 cent., larges de 8), et par ses grappes plus florifères, à ora- 
bellules plus rapprochées. 

9. P. lokobensis sp. nov. 

Arbor (4-5 m. alta), stipite simplice crista foliorum instructo. 
Folia ampla (50-60 longa), foliolis verticillatis plurijugis coria- 
ceis lanceolatis (9-15 cent, longis, 3-5 latis) acutis petiolulatis. 
Racemi (ad 25 cent, longi) simplices, ad apicem stipitis conferti 
umbellulis breviter (1 cent.) pedunculatis secus racemi rachin 
disposais, pedicellis gracilibus (3-4 mill.). Flores pentameri. 
Calycis lobi rotundati. Styli et germinis loculi 5. 

Madagascar : Nossi-bé, ravines boisées de Nossi-Cumba, et 
au pied du Lokobé (Boz'm'n 2108 !) 

Cette espèce se distingue facilement des précédentes par son port 
et son feuillage. 

Il y a dans l'Herbier du Muséum des fragments d'échantillon d'un 
Panax, trop incomplets sans doute pour qu'on puisse établir d'après 
eux une espèce nouvelle; mais ce Panax, recueilli par M. Baron (2469) 



62 JOURNAL DR BOTANIQUE 

à Madagascar, semble devoir être énuméré dans le voisinage des deux 
précédents : ses folioles sont oblongues-lancéolées (environ 9 cent. 
sur 3), crénelées; les fleurs sont réunies en « grappes d'ombelles » ; ces 
dernières sont brièvement (1 cent.) pédonculées ; le fruit, ovoïde 
(2-3 mill.), est quinquéloculaire et couronné par cinq styles réfléchis. 

10. P. floccosa sp. nov. — P. discolor Boivin, Herb. 
Arbuscula foliis (10-15 cen t. longis) pinnatis ; foliolis (7-9) 

ovatis acutis (circiter 3 cent, longis, 2 latis) basi cordatis fere 
sessilibus supra glabris subtus albido-floccosis. Umbellularum 
pedunculi brevissimi crassiusculi leviter floccosi in racemum 
(15-20 cent, long-uni) laxe dispositi, pedicellis brevibus (2 mill.). 
Germinis loculi 2 ; styli 2. Bacca oblonga costis 10 prominulis. 
Madagascar : baie de Rigny {Boivin 2542 !). 

Cette espèce est très caractérisée par ses folioles couvertes en des- 
sous d'une pubescence blanchâtre. 

11. P. cussonioid.es sp. nov. 

Arbuscula glaberrima, foliis pinnatis, foliolis 7-9 oblongis- 
obovatis (4-5 cent, longis, 2 latis) obtusis basi attenuatis. Spicae 
in racemum terminalem (15-20 cent, longum) dispositae, brac- 
teolis minutis dentiformibus, pedicellis brevissimis. Flores par- 
vuli (2 mill.). Calyx minute quinquedentatus. Petala et stamina 
5. Germen biloculare, stylis 2 distinctis brevibus. 

Madagascar (Chapelier X). 

L'inflorescence de cette espèce la fait ressembler à certains Cusso- 
nia de Madagascar; mais les pédicelles, quoique très courts, sont arti- 
culés comme dans tous les Panax. 

12. P. dichroostachya. — Gilibertia dichroostachya Bojer, 
Hort. Maur., 162 ; Poly scias dichroostachya Baker, /. c. 

Ile Maurice [Boivin ?). 

13. P. paniculata. — Gilibertia paniculata DC, Prodr., 
IV, 255; Grotefendia panictilata et cuneata Seem.,Pev. Heder., 
13 ; Poly scias paniculata Baker, FI, Mater it., 127. 

Ile Maurice (teste Baker). 

14. P. Neraudiana sp. nov. — Gastonia Neraudiana Rich. 
Herb. 

Frutex glaber, foliis (30-40 cent, longis) pinnatis, foliolis 
4-6 coriaceis oblongo-obovatis (circiter 12 cent, longis, 6 latis) 
obtusis basi acutis leviter inœquilateris, margine revoluto, nervis 



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Drake bel Castillo. - Note sur les Araliées. 6 , 

utrinque ad 7, petiolo brevi. Flores (6-7 mill. longi) in spicam 
crassam (an racemi ramum ?) conferti, bracteis linearibus lan- 
ceolatis, pedicellis brevissimis crassis in cupulam sub articula 
tione dilatatis. Calycis tubus ovoideo-turbinatus, limbo breviter 
et minute quinquedentato. Petala 10 oblonga acuta. Stamina 
totidem, filamentis inflexis. Germinis loculi 5 ; styli totidera 
Ile Maurice (Herb. Richard). 

15. P. Gommersoni sp. nov. (PI. II). 

Frutex glaber, foliis (40-50 cent, longis) pinnatis, foliolis 
late ovatis vel obovatis basi breviter attenuatis (12-20 cent Ion 
gis, 8-12 lads), nervis utrinque ad 12. Flores subsessiles laxe 
spicati, pedicellis in cupulam dilatatis, spicis in racemum am- 
plum fohum œquantem disposas, inflorescentiœ rachi crassa 
Calycis tubus ovoideo-turbinatus, limbus cupularis. Petala et 
stamina 7 ; styli erecti totidem; germen septemloculare. Bacca 
ovoidea, apice depressa, costata, stylis incrassatis demum re- 
curvis coronata. 

Ile Maurice {Commersôn ! Dupetit- Thouars ! Boivm !). 

16. P. racemosa sp. nov. - Gaston/a racemosa Richard 
Herb. ' 

Frutex glaber, foliis (40 cent, et ultra longîs) pinnatis, fo- 
liolis 5-9 conaceis oblongis obtusis (ad 16 cent, longîs 6 latis) 
basi acutis leviter inœquilateris breviter petiolulaW, nervis 
utrinque ad 9 . Flores (6-7 mill. longi) in spicam crassam ebrac 
teatam conferti, spicis 2 vel pluribus in racemum folium œqU an- 
tem vel eo breviorem sublaxe dispositi ; pedicelli brevissimi 
sut > articulatione in cupulam dilatati. Calycis tubus ovoideo- 
turbinatus, limbus brevis crenulatus. Petala 10 oblonga acuta 
stamina totidem, filamentis apice inflexis. Styli 6-7 ; germinis 
loculi totidem. & 

Ile Maurice (Herb. Richard). 

17. P. cupularis. - Polyscias cupularis Baker, Flora 

x \laiir. and Seych ., 127. 

Ile Maurice (teste Baker). 

18. P. Ayresii. — Polyscias Ayresii Baker, /. c . 
Ile Maurice (Ayres). 

19- P. Maralia Decne et PI., in. Rev. hortïc. (1854), 105. _ 



6 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Aralia Maralia Schult., Syst. V, 704; Maralia Madagasca- 
riensis DC, Prodr., IV, 255 (non Seem. in Journ. Bot., VI 
(1868), 161). 

Madagascar : Sainte-Marie (Boïvz'nl); sans indication de lo- 
calité [Dupetit-Thouars !). 

20. P. tafondroensis sp. nov. 

Sarmentosa, glabra. Folia pinnata vel bipinnata (circiter 
20 cent, longa), foliolis 5-7 coriaceis laete viridibus oblongis vel 
oblongo-obovatis (4-8 cent, longis, 2-3 latis) superne laxe cre- 
nato-denticulatis apice acurainatis basi in petiolum gracilem 
canaliculatum attenuatis, utrinque 5-6 nerviis, parum conspicue 
reticulatis. Racerai nutantes laxi (4-5 dec. longi), umbellulis 12- 
15 distantibus (pedunculis circiter 15 mill. longis), pedicellis sub 
articulatione dilatatis. Flores ignoti. Baccse ovoideae, quinque- 
loculares, stylis totidem. 

Madagascar : Tafondro (BoivinY). 

Cette espèce diffère de la précédente par ses folioles moins coriaces, 
ses pétiolules plus grêles, ses pédicelles renflés à l'articulation, ses 
fruits plus obtus à la base. 

21. P. Ghapelieri sp. nov. 

Arbuscula glabra. Folia ampla (ad 4 dec. longa), pinnata 
vel bipinnata, foliolis coriaceis oblongis (circiter 12 cent, lon- 
gis, 4 latis) acuminatis in petiolum brevera (1-2 cent.) attenuatis 
sat crebre pinnatim nerviis conspicue reticulatis. Racemi laxi, 
elongati, folium subaequantes, umbellulas 12-15 simplices vel 
compositas gerentes, pedunculo gTacili. Bacca ovoidea, loculis 
3-4; styli totidem. 

Madagascar [Chapelier !). 

Voisine des deux précédentes, cette espèce en diffère principale- 
ment par ses folioles plus grandes et à nervures plus serrées et plus 
saillantes. 

22. P. multibracteata Baker, m Journ. Linn. Soc, XXI, 

35 1 - 

Madagascar {Baron 2469) . 

23. P. tripinnata Baker, /. c, XX, 153. 
Madagascar [Baron ! 1935 !). 

24. P. Oligoscias. — Oligoscias madagascariensis Seem., 
m. Journ. Bot., III (1865), 179; Maralia madagascariensis 



Drake del Castillo. — Note sur les Araliées. 65 

Seem., /. c, VI (1868), 161, t. LXXX (exclus, syn. Schult. et 
Decne, non M. madagascar?enszsT)C). 

Madagascar : Tamatave, Tananarive [Me lier, Lyall) ; forêt 
d'Anamalasoatra {Le Myre de Vïlers\) ; sans indication de loca- 
lité (Baron 1388 !). 

25. P. cissiflora Baker, în Journ. Lïiin. Soc, XX, 154; 
Hook., Icon., t. 1574. 

Madagascar {Baron 1775!) 

26. P. pentamera Baker, /. c, XXI, 352. 
Madagascar {Baron 2255 ! 2719 ! 3233 !). 

27. P. zanthoxyloid.es Baker, /. c, XX, 154. 
Madagascar : Imerina {Baron 1080 ! 1300! 1351 !). 

28. P. gomphophylla Baker, /. c, XXII, 480. 
Madagascar {Baron 3793 !). 

29. P. confertifolià Baker, /. c, XXI, 351. 

Madagascar {Baron 1905!). 

30. P. lancifolia sp. nov. 

Arbuscula glabra. Folia (20-25 cent - longa) pinnata, foliolis 
5-7 oblongo-lanceolatis (ad 12 cent, longis, 2,5 latis) acumina- 
tis basi attenuatis laxe dentato-serratis. Umbella terminalis 
composita (4-5 cent, longa), pauciflora, radiis 3-4 (1 cent, longis), 
urabellulis 3-4 floris, pedicellis quam umbellae radii paulo bre- 
vioribus. Flores ignoti. B.iccae globosae (ad 7 mill. latae), loculis 
et costis 5, stylis totidem coronatae. 

Madagascar : Manakana, forêt intérieure, à 900-1000 m. 
d'altitude {Lantz\). 

31. P. Lantziisp. nov. 

Frutex (ad 1 m. 50 altus) glaber. Folia (2-3 dec. longa) pin- 
nata, foliolis 7 chartaceis laete viridibus ovato-lanceolatis (8-12 
cent, longis, 3-5 latis) longe acuminatisbasiconstrictis, margine 
apicem versus dentibus minutis callosis saepe caducis instructis, 
nervis utrinque 6-7 haud conspicue reticulatis, petiolulo elongato. 
Racemi brèves (5-6 cent.) ad apicem ramorum fasciculati, um- 
bellulis parum distantibus breviter (1 cent.) pedunculatis, brac- 
teolatis. Flores ignoti. Baccae ovoideae, loculis et stylis 4. 

Madagascar : forêt d'Ambakobé {Lantz !). 

Cette espèce et la précédente, quoique bien différentes l'une de 



66 JOURNAL DE BOTANIQUE 

l'autre par leur feuillage et leur inflorescence, semblent devoir appar- 
tenir au même groupe que le P. Oligoscias et espèces voisines. Le 
P. lancifolia se distingue de tout le groupe par la forme oblongue- 
lancéolée de ses folioles, et par ses ombelles composées ; le P. Lantzii 
est caractérisé surtout par ses folioles ovales -acuminées, et par ses 
ombellules brièvement pédonculées. 

32. P. Boivini Decne mss. ; H. Bn., Hist. PL, VII, 464. — 
Sciadopanax Bozvùiz'Seem.^ \x\Joum. Bot., III, 73, t. 27. 

Madagascar (Boz'vùz !) 

33. P. Grevei sp. nov. 

Arbuscula ad apicem ramorum, in petiolis et inflorescentiis 
tomento levi fulvo obsita. Folia (ad 30 cent, longa) pinnata, 
foliolis 15-17 ovatis-lanceolatis (ad 5 cent, longis, 2 latis) apice 
longiuscule attenuatis basi constrictis, utrinque 5-7 nerviis, supra 
dense viridibus subtus glaucis. Umbellulae 20-25 ^ n racemos fas- 
ciculatos dispositae, longiuscule (2-3 cent.) pedunculatae ; flores 
in umbellis 10-12, breviter (3-4 mill.) pedicellatae. Calycis tubus 
turbinatus, limbus integer. Petala 5 oblonga. Stamina totidem. 
Styli in conum coaliti ; germen biloculare. Fructus ignotus. 

Madagascar (Grevé 268). 

Voisine de la précédente, dont on ne connaît pas les fleurs, cette 
espèce s'en distingue par la forme de ses folioles. 

34. P. Cuphocarpus. — Cuphocarpzzs aculeatus Decne, in 
Revue horticole (1854), 189 ; C. inermis Baker, in Journ. Lz'nn. 
Soc, XXI, 350 ; C. emirnensis Baker ; P. Thuarsiï Decne. 

Madagascar : Sainte-Marie (Bernier 150!) Fort Dauphin 
(Scott Ellzott 2145!); sans indication de localité (Richard \\ 
Humblot 184! ; Baron 2478 !). 

(A suivre.') 



OBSERVATIONS RELATIVES 
A LA SEXUALITÉ DES PHÉOSPORÉES 

(Fin.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

X. — Ectocarpus Hincksiae. 

\JE. Hmcksi.-e Harv. forme avec les E. sccuudus et gra- 
nulosus un petit groupe dans lequel on retrouve le même aspect 
extérieur, des rhizines abondantes et corticantes dans les par- 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Phéosporées. 67 

ties inférieures du thalle, des chromatophores en disques, et 
des sporanges sessiles de forme ovoïde- ou conique-inéquilaté- 
rale. Jusqu'à présent on l'a rencontré seulement dans l'Océan et 
sur le Saccorhïza bitlbosa (1). Je l'ai vu sur cette plante à Gué- 
thary, où il est souvent mélangé aux R. fasciculatus , secundus 
et silicîilosiLS ; en outre, je l'ai récolté en septembre, à San 
Vicente de la Barquera, sur le Laminaria Cloîistoni, en no- 
vembre, à La Corogne, sur X Himanthalia et enfin en février et 
mars 1894, à Guéthary et à Biarritz, sur de vieux Cystoseira 
(probablement C. fibrosa), où il formait, mélangé aux E. gra- 
milostis et fascictdatiis , de courts panaches au sommet des 
branches. Il est bien reconnaissable à sa ramification unilaté- 
rale et à ses rameaux et sporanges pectines. Harvey, qui l'a 
décrit le premier, n'en connaissait que les sporanges plurilocu- 
laires (2), et je ne crois pas que d'autres organes reproducteurs 
aient été signalés depuis. J'ai rencontré, en outre, des spo- 
ranges uniloculaires et d'autres organes qui sont peut-être des 
anthéridies. 

La ramification, sur les branches importantes, n'est pas 
strictement mais plutôt fréquemment unilatérale; elle le devient 
sur les petits rameaux. Sur certains individus, les rameaux 
sont terminés par un poil court; sur d'autres, le sommet ne se 
développe pas en poil et se recourbe en crochet. Ce n'est que 
pendant très peu de temps que leur accroissement semble tri- 
chothallique, et bientôt plusieurs cellules, inégalement répar- 
ties, se divisent pour produire autant de petites zones d'ac- 
croissement intercalaire, parfois difficiles à distinguer, car les 
cellules des rameaux fertiles sont assez généralement moins 
hautes que larges. Aussi, bien que chaque cellule, à part les 
plus rapprochées du sommet ou du pseudo-poil, puisse pro- 
duire un sporange, il en résulte que les sporanges ne sont pas 
disposés par rang de taille suivant une série unique. Les pre- 
mières protubérances cellulaires que l'on voit se séparer sur un 



1. D'après Bornet, Les Algues de P. K. A. Schousboe, p. 247.— D'après le 
Sylloge Algarum de M. de Toni (t. III, p. 545), YE. HincksisB habite seule- 
ment la Grande-Bretagne, mais M. Le Jolis le cite à Cherbourg, les frères 
Crouan à Brest, M. Flahault au Croisic, M. Padrao à Buarcos (Portugal), 
M. Bornet au Maroc, et Thuret, d'après son herbier, l'aurait récolté à Biarritz. 

2. Harvey, Phycologia britamiica,\o\. I, pi. XXII; de même Kùtzing, Tabulas 
fikycologicse, V, tab. 52, fig. 11, 



6 8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

jeune rameau, par une cloison en verre de montre, s'allongent 
généralement en un ramule, puis les cellules, en nombre va- 
riable, qui séparent ces ramules, produisent chacune un spo- 



range. 



Les sporanges pluriloculaires sont coniques-piriformes 
sessiles, généralement courbés vers le haut, ce qui les rend 
inéquilatéraux ; leur base est souvent aussi large que la hau- 
teur de la cellule mère. Parfois, ils sont portés par un pédicelle 
unicellulaire, très déprimé, peu distinct. Généralement rangés 
eh dents de peigne, ils sont parfois isolés sur les grosses 
branches (fig. n, C, b). On en trouve aussi sur les rhizines cor- 
ticantes, petits, sessiles, de même forme, et isolés çà et là. 
Leurs dimensions varient de 40-70 p- sur 25-45 [*; leur largeur 
dépend beaucoup de la position qu'ils occupent. Après la 
déhiscence, les logettes sont irrégulières comme chez YE. se- 
cundus ; un nouveau sporange pousse souvent dans la cavité de 
l'ancien. 

Les zoospores piriformes, un peu globuleuses, mesurent 
seulement 6,5-7 p- sur 5 ja; elles présentent un point rouge et 
un seul chromatophore. Sur les quelques cultures en cellules 
que j'ai suivies, je n'ai constaté ni zygote à deux points rouges, 
ni aucune affinité entre les zoospores. Elles se dirigent surtout 
du côté opposé à la source lumineuse, et quand elles se fixent, 
elles s'arrondissent sans s'aplatir ; leur diamètre est alors de 
5-6 p.. Sur une cellule faite le 12 août, la déhiscence eut lieu le 
lendemain; le germination n'avait pas encore commencé 
le 17; on ne voyait plus alors le point rouge, mais le chroma- 
tophore était plus net, et le diamètre des spores avait atteint 
6,5-7 H*> I e 2 ° aout i elles commençaient à émettre un tube de 
W germination égal, pour quelques-unes, à plusieurs fois le dia- 
mètre; puis j'ai sacrifié cette cellule que les Bactéries envahis- 
saient. 

Sur tous les exemplaires que j'ai recueillis, et sur ceux de 
l'herbier Thuret que j'ai étudiés, les sporanges pluriloculaires 
étaient ainsi à très petites logettes et les zoospores auraient eu 
les dimensions dites précédemment. Cependant, à cause de 
l'évidente affinité qui existe entre les E. secwidus et HincksisB, 
on aurait pu s'attendre à retrouver, dans les sporanges plurilo- 
culaires de celui-ci, des éléments de même taille que dans les 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Phéosporées. 6g 

oogones du premier. Ils sont, au contraire, beaucoup plus 




Fig. it. — Eclocarpiis Hincksiee recueilli sur le Cysloseira; A. rameau portant des 
.sporanges uniloculaires munis d'un Involucre; B, rameau portant des sporanges unllocu- 
laires à différents états de développement; un seul sporange est muni d'un involucre; 
C, rameaux portant des anthéridies (?), c, à différents stades de développement; a, un 
sporange uniloculaire intercalé avec son involucre; £, deux sporanges pluriloculaires 
[A, B t C, Gross 200). 

petits et plus comparables sous ce rapport à ceux de YE. sih 
culosus. 



\ 



7 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

Les exemplaires recueillis en hiver sur le Cystoseira ne pos- 
sédaient qu'un petit nombre de sporanges pluriloculaires 
(fig. 1 1 , C) ; les sporanges uniloculaires étaient, au contraire, fré- 
quents sur les axes ou les rameaux, comme le sont habituelle- 
ment les pluriloculaires (fig. n,^ B). Ils débutent par une 
cloison en verre de montre ne prenant pas toute la hauteur de 
la cellule mère ; si leurs voisins ne les gênent pas dans leur 
développement, ils deviennent sphériques ou presque sphé- 
riques, à base tronquée; s'ils sont pressés l'un contre l'autre, les 
faces de contact sont planes. Leur couleur est moins foncée que 
celle des sporanges pluriloculaires, et leurs dimensions varient 
de 45-55 y- sur 35-50 u. Je n'ai malheureusement pas pris les 
dimensions des zoospores; j'ai seulement noté qu'elles sont très 
petites, de la forme ordinaire, s'agitent longtemps et vivement 
avant de se fixer, et ne se fusionnent pas entre elles. Un spo- 
range vidé peut être remplacé par un sporange nouveau qui 
s'élève dans sa cavité. 

Parfois, les cellules mères des sporanges uniloculaires ne 
subissent pas d'autre modification (fig. 11, B), mais, plus sou- 
vent (fig. 11, A), chacune d'elles produit une sorte d'involucre 
formé par deux petits rameaux de quelques cellules seulement, 
nés à droite et à gauche du sporange, légèrement recourbés en 
arrière et au-dessus de lui, et qui ne s'accroissent pas davantage. 
Parfois, ces rameaux involucraux débutent en même temps que 
la cloison en verre de montre, d'autres fois plus tardivement. 
A ma connaissance, des formations de ce genre n'avaient pas 
encore été signalées chez les Ectocarpées. Les sporanges plu- 
riloculaires des mêmes individus en sont toujours dépourvus; 
les plantes que j'ai récoltées en 1895 et 1896, uniquement à spo- 
ranges pluriloculaires, en manquaient également. Cependant, 
sur des exemplaires conservés dans l'Herbier Thuret, recueillis 
à Biarritz en juin 1868, j'ai vu quelques-unes de ces paires de 
rameaux, mais toujours exceptionnelles, isolées dans les séries 
de sporanges ; elles sont donc caractéristiques des sporanges 
uniloculaires. 

Enfin, les mêmes individus d'ZT. Hincksise récoltés sur le 
Cystoseira m'ont présenté une troisième sorte d'organes, bien 
différents par leur forme, leur coloration et leur contenu des 
vrais sporanges, et qui sont peut-être des anthéridies. Malheu- 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Phéosporées. 71 

reusement, je les ai étudiés seulement sur des exemplaires 
rapportés dans l'alcool. Ils sont à peu près cylindriques, 
arrondis au sommet, souvent un peu rétrécis en leur milieu, ou 
plus irréguliers s'ils sont gênés dans leur développement. 
Comme les sporanges, ils se développent en séries pectinées et 
débutent par une cloison en verre de montre (fig. 11, C) ; j'en ai 
compté souvent plus de vingt, contigus ou séparés par des 
ramules ou des sporanges uni- ou pluriloculaires intercalés ; des 
rameaux successifs en sont garnis ; ils sont toujours dépourvus 
d'involucre. Leur largeur, habituellement de 23-27 [i, peut 
atteindre 35 [*.; leur hauteur, à peu près double de la largeur, 
varie de 40-57 y-. Au début du développement, on y reconnaît 
bien les chromatophores et quelques vacuoles ; quand ils sont 
âgés, leur contenu est dense, finement granuleux, plus clair que 
celui des sporanges. Je n'en ai vu aucun de vidé (1). Si l'obser- 
vation ultérieure établit définitivement que ces organes de 
YE. Hincksïée sont bien des anthéridies et non des sporanges 
déformés par un parasite, ils seraient plus différenciés morpho- 
logiquement que les anthéridies des Ectocarpus précédents, 
car leur forme cylindrique ou en borne est toute particulière. 

VI. — Sporanges uniloculaires. 

On sait que les auteurs s'accordent à considérer les spo- 
ranges uniloculaires, par opposition aux sporanges plurilocu- 
laires, comme des organes de reproduction asexuée. La manière 
dont se comportent leurs zoospores ne semble d'ailleurs pas 
avoir beaucoup attiré l'attention des observateurs depuis 
Thuret. On sait aussi que, d'après Thuret, ces zoospores sont 
de plus petite taille que celle des sporanges pluriloculaires et 
le fait a été vérifié par M. Bornet pour Y Elachistea pulv incita 
et par Mlle Karsakoff pour les Myriotrichia clavseformis et 
jîliformis. J'ai même fait remarquer à ce sujet qu'étant données 
des zoospores, semblables dans leur forme, et différentes seule- 
ment par leur taille, il pouvait paraître surprenant que les plus 
petites fussent asexuées et les plus grosses des gamètes. Enfin, 
chez le Pylaiella fulvescens et chez YE. tomentosus , les zoo- 

1. Il est à remarquer que, sur ces mêmes exemplaires récoltés en hiver, aucun 
des sporanges pluriloculaires ne s'est vidé, tandis que j'ai assisté à la déhiscence 
des sporanges uniloculaires. 



?2 JOURNAL DR BOTANIQUE 

spores des sporanges uniloculaires sont au contraire volumi- 
neuses. 

Il est très possible que ces zoospores soient simplement 
asexuées, mais elles méritent cependant plus d'attention qu'on 
ne leur en a accordé jusqu'ici, car j'ai observé, sur deux cas 
étudiés, qu'elles se comportent à la germination d'une manière 
toute différente des zoospores des organes pluriloculaires. 

Le Litosiphon Laminariœ n'est pas rare à Guéthary sur les 
frondes du Sacc. bulbosa (i). Le 31 juillet, j'ai suivi la déhiscence 
des sporanges pluriloculaires; les zoospores ont un point rouge, 
plusieurs chromatophores et sont relativement volumineuses; 
je n'en ai pas pris les dimensions et j'ai seulement noté qu'elles 
sont sensiblement de la même taille que les oosphères de 
YE. secundîis. Elles germent très rapidement en une plantule 
vigoureuse. La figure 12, A, montre ces plantules après cul- 
ture cellulaire qui a duré du 31 juillet au 5 août ; les plus avan- 
cées se terminent en un poil hyalin p. Sur les mêmes individus 
de Litosiphon, la déhiscence des sporanges uniloculaires s'est 
produite simultanément ; leurs zoospores sont piriformes, avec 
deux cils latéraux, un point rouge et un chromatophore unique ; 
elles sont bien plus petites que les précédentes et mesurent seu- 
lement 6,5-7 H- de long sur 3,5 |x environ de large ; elles se rendent 
sur les bords le plus éclairé et le moins éclairé de la goutte sus- 
pendue, et très peu sur les côtés latéraux. Elles s'y arrondissent 
et s'entourent d'une membrane, mais germent très lentement. 
La figure 12, B, montre les germinations obtenues dans la même 
cellule que les germinations A, et l'on voit combien elles en sont 
différentes. Durant le mois d'août, j'ai fait de nouvelles cultures 
à plusieurs reprises, mais j'ai seulement obtenu les déhiscences 
des sporanges uniloculaires abondantes, et les zoospores et les 
germinations se sont toujours comportées comme précédem- 
ment. J'ai dit plus haut (vol. X, p. 360) que les malformations 
de ces zoospores sont fréquentes. 

La seconde espèce sur laquelle j'ai fait de semblables obser- 

1. Les sporanges pluriloculaires du L. Laminari.v ont été décrits récemment, 
et pour la première fois, par M. Johnson; on les trouve sur les mêmes thalles 
que les sporanges uniloculaires (T. Johnson, Pogotrichum hibernicum sp. iiov., 
in Scientific Proceedings of the Royal Dublin Society, vol. VIII, 1893, et Two 
Irish Brown Algœ : Pogotrichum aud Litosiphon, Annals of Botany, vol. VIII, 
181)4. 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Pkéosporées. 73 

vations est le Myrionema vîilgare Thur., qui fera l'objet d'un 
prochain Mémoire; il croissait sur les Ulva lactuca et Ente- 
romorpha. Cette espèce, d'après les livres, possède seule- 
ment des sporanges uniloculaires, globuleux, bien appa- 
rents. Mais j'ai trouvé en plus, en juillet et août à Guéthary, et 
en septembre à San Vicente de la Barquera, des sporanges 
pluriloculaires. Ils sont petits, peu apparents, portés sur les 
mêmes thalles ou sur des thalles distincts (1). La déhiscence se 
fait à des heures quelconques. Les zoospores des sporanges 




Fig. 12. — Litosiphon Laminarix ; A, germinations des [zoospores des sporanges plurilo- 
culaires, /, poil; S, germinations des zoospores des sporanges uniloculaires. — A et B 
ont été dessinés d'après une même culture restée en cellule du 31 juillet au 5 août 
(Gross. 445). 

pluriloculaires sont assez volumineuses, piriformes, à plusieurs 
chromatophores, et mesurent 14-15 y- de long sur 8-8,5 V- de 
large. En se fixant à la lamelle, elles se déforment, changent 
plusieurs fois leur contour par des mouvements amiboïdes, 
s'aplatissent, puis prennent une forme polygonale ou en étoile 
irrégulière; plus tard, les branches de l'étoile s'allongent en 
filaments ; on prévoit facilement que les germinations obtenues 
en cultures, poussées plus loin, donneraient un thalle rampant 

1. M. Bornet, à qui j'ai communiqué mes observations, m'a dit avoir observé 
en Normandie et en Bretagne les deux sortes de sporanges et il m'a montré des 
dessins qu'il avait pris des deux sortes de germination, correspondant absolu- 
ment aux miens. 



7+ JOURNAL DE BOTANIQUE 

de Myrionema. Les zoospores des sporanges uniloculaires sont 
plus petites, un peu globuleuses, de 6,5-7 \ J - ^ e longueur; en se 
fixant, elles s'arrondissent régulièrement comme dans le cas 
ordinaire des zoospores et prennent un diamètre de 6-6,5 1 J - P ar " 
fois, leur germination se réduit à une augmentation dans le 
diamètre, d'autres fois, après avoir commencé rapidement, elle 
s'arrête lorsque le tube ainsi produit est égal à plusieurs fois le 
diamètre de la spore. J'ai recommencé ces cultures à maintes 
reprises, sans jamais obtenir d'autre résultat. Rien dans ces 
germinations ne paraît indiquer que leur forme ultérieure res- 
semblera à un thalle rampant de Myrionema. 






En résumé : 

L'E. siliculosus m'a montré une copulation entre gamètes 
égaux, l'un mobile et l'autre devenu immobile, comme l'a décrit 
M. Berthold. La fusion se fait sans contraction. Tandis que cette 
copulation est, d'après M. Berthold, un phénomène fréquent, 
je l'ai observée comme un phénomène pour ainsi dire excep- 
tionnel. Il y aurait donc lieu de rechercher si cette sexualité, 
très peu différenciée, ne varie pas suivant les localités et suivant 
les saisons. 

Chez YE. secundus, il y a nettement hétérogamie; des anthé- 
rozoïdes nés dans des anthéridies fécondent des oosphères mo- 
biles nées dans des oogones identiques à des sporanges pluri- 
loculaires. Souvent, les oosphères qui ne sont pas fécondées 
périssent au lieu de germer par parthénogenèse. Cependant, 
quand la saison s'avance, les anthéridies diminuent de nombre 
et même disparaissent, et les oosphères semblent perdre leur 
sexualité pour prendre le caractère de zoospores. 

L'is. Lebelii possède aussi des anthéridies et des sporanges 
pluriloculaires qui sont probablement des oogones, mais je n'ai 
jamais vu de fécondation ni de zygote laissant supposer l'exis- 
tence d'une fécondation. Cependant, tandis que certaines 
zoospores germent directement, d'autres se détruisent comme 
les oosphères non fécondées de VE. secundus ; on en pourrait 
conclure que leur caractère sexuel n'est pas complètement 
perdu et que la copulation doit s'effectuer en une autre saison. 

\JE. Padinœ possède trois sortes d'organes pluriloculaires. 



C. Sauvageau. — Sur la sexualité des Pheosporées. 75 

Les anthéridies, bien que nettement différenciées comme telles, 
m'ont présenté seulement des anthérozoïdes sans point rouge, 
par opposition à ce qu'a vu Buffham ; il y a donc là un point à 
vérifier. Les sporanges sont de deux sortes, méiosporanges et 
mégasporanges un peu moins nettement distincts que ceux de 
YE. vîrescens. Dans le cas où la fécondation se produirait, on ne 
peut prévoir si elle s'exercerait sur les méiospores ou sur les 
mégaspores. 

Les spores des sporanges pluriloculaires de YE. pusillus ne 
sont pas nécessairement des aplanospores comme on l'a cru 
jusqu'ici. Elles peuvent aussi se mouvoir par des cils et durant 
un temps variable ; elles sont donc absolument comparables sous 
ce rapport aux mégaspores des E. viresceus et Padinœ. Il est à 
remarquer que Y E. pusillus, en outre des mégasporanges, pos- 
sède des sporanges uniloculaires, vus seulement par M. Bornet 
et M. Kuckuck, tandis que ces organes sont encore inconnus 
chez les E. vîrescens et Padinse. 

Il est à remarquer aussi que YE. Hincksite, bien que voisin 
de YE. secuudus par plusieurs caractères, renferme dans des 
sporanges pluriloculaires des éléments de taille beaucoup plus 
faible que ceux de YE. secundus. 

M. de Janczewski fait remarquer que les Pheosporées forment 
« un groupe de familles nettement caractérisées ; le nombre des 
représentants de chaque famille est quelquefois réduit au mini- 
mum possible, à une seule espèce, ce qui indiquerait l'existence 
très ancienne de cette classe dont les représentants auraient été 
conservés jusqu'à l'époque actuelle en petit nombre seule- 
ment (1). » Cette supposition est peut-être aussi l'explication de 
la variété que nous observons dans la manière dont se compor- 
tent les éléments reproducteurs. 

Enfin, et d'une manière générale, la germination des zoo- 
spores des sporanges uniloculaires mérite l'attention des obser- 
vateurs, car chez le Litosiphon Laminarise , et bien plus nette- 
ment encore chez le Myrionema vulgare, elle est différente de 
celle des zoospores des sporanges pluriloculaires. 

Je ferai une dernière remarque, bien qu'elle se rattache seu- 

1. Ed. de Janczewski, Observations sur l'accroissement du thalle des 
Pheosporées, p. 116 (Mémoires de la Soc. nat. des sciences naturelles de Cher- 
bourg, t. XIX, 1875). 



7 6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

lement d'une façon indirecte à la question traitée ici. S'il paraît 
difficile, en l'état actuel de nos connaissances, de diviser d'une 
façon sérieuse et définitive le genre Ectocarpus en d'autres 
genres d'après la manière dont se comporte l'appareil repro- 
ducteur, il est tout à fait impossible d'établir ces coupures 
d'après l'indépendance ou le parasitisme du thalle inférieur. 
J'ai décrit, en 1892, un certain nombre d' * Ectocarpus parasites 
dans le thalle d'autres Algues, et, depuis, plusieurs auteurs, en 
ont augmenté la liste. Mais M. de Toni, dans son Sylloge 
Algarum (p. 570), n'a pas cru devoir conserver le nom dEclo- 
carpus à ces parasites et les a rangés dans le genre Streblonema , 
probablement sous le prétexte que les Streblonema décrits par 
les auteurs plus anciens rampent dans le thalle d'autres Algues. 
On ne voit pas pourquoi YE. Battersii, si nettement parasite, 
est conservé parmi les Ectocarpus plutôt qu'intercalé parmi les 
Streblonema, ni pourquoi YE. fasciculaUis ne serait pas placé 
à la fois dans les deux genres. Enfin, certaines espèces, telles 
que les E. pîisillus, E. simplex, E. virescens, etc., qui s'ap- 
pliquent à la surface des substratum résistants, s'enfoncent au 
contraire profondément, et tout autant que les vrais Stre- 
blonema, quand ils croissent sur une Algue spongieuse, comme 
un Codium ou un Nemalïon. La division des Ectocarpus , telle 
qu'elle est proposée par M. de Toni, ne peut donc être admise. 



Une lettre d'Alphonse de Candolle a M. Emile Burnat 

Par M. John BRIQUET. 

r 

M. Emile Burnat, actuellement en convalescence et absent de chez 
lui, nous prie de répondre pour lui à un article dans lequel il est mis 
en cause par M. Ernest Malinvaud (1). Notre honorable confrère ré- 
clame la publication intégrale d'une lettre d'Alph. de Candolle, lettre 
défavorable à ses idées en matière de nomenclature qui n'avait été 
reproduite qu'en partie, et dont M. Malinvaud pense que « les parties 
omises modifient singulièrement, comme il arrive souvent, la significa- 
tion apparente du fragment reproduit isolément ». La seule réponse 
que M. Burnat puisse faire au reproche tendancieux d'avoir tronqué 
une lettre dans un but intéressé est la publication de cette lettre même. 
La voici : 

1. Voyez E. Malinvaud, dans le Journal de Botanique, X, n° 23. 



J. Briquet. — Une lettre d'Alphonse de Candolle. 77 

Genève, 22 octobre 1888. 

Mon cher Monsieur, 

Je vous remercie de m'avoir communiqué votre correspon- 
dance avec M. Malinvaud au sujet de questions de nomenclature. 
Vous mettez dur prix à savoir mon opinion sur les points qui vous 
embarrassent, mais je dois énoncer d'abord une distinction qui 
rend mon opinion personnelle assez indifférente dans certains cas. 

(1) Il y a des questions de principes et des questions d'appli- 
cation ou interprétation de règles admises. En droit civil, les 
premières sont du ressort des autorités législatives et les autres 
sont soumises aux tribunaux. Dans la science, nous n'avons pas 
ces deux sortes de juridiction. Cependant, on peut dire que les 
principes sont discutés dans les congrès internationaux et dans 
les ouvrages d'hommes qui ont réfléchi aux questions générales 
de nomenclature et en ont expérimenté la pratique dans des 
monographies. J'ose bien reconnaître chez moi ces dernières 
conditions, mais quant aux applications ou interprétations, les 
circonstances de chaque cas particulier sont souvent la chose 
essentielle et je n'ai alors aucune compétence à moins d'avoir 
étudié spécialement les plantes qui donnent lieu à une discussion. 

(2) Ceci se présente pour le Ranunculus chœrophyllos L. 
Non seulement je n'ai pas examiné de près cette espèce et les 
formes voisines, mais il se trouve aussi que le volume de X Oester- 
reich. Zeitschrift contenant l'article de Freyn manque à ma 
bibliothèque. Les doutes portent sur ce que Linné entendait sous 
le nom de R. cluerophyllos. Le premier moyen pour les lever 
serait de consulter son herbier. L'a-t-on fait? Vous n'en dites 
rien. Après l'herbier, c'est à la phrase que je donnerais le plus 
d'importance (1), et, en dernier lieu, — tout dernier — je ferais 
attention aux synonymes. Linné citait souvent les anciens auteurs 
sans affirmer beaucoup l'identité avec ses plantes. J'ai consulté 
mon exemplaire du Species, édit. 1 , qui a appartenu à Boissier 
de Sauvages et dans lequel ce savant, ami de Linné, a laissé 
beaucoup de notes. Je n'ai rien vu sur l'espèce. En définitive, je 
ne saurais quel avis vous donner, à moins de plus amples infor- 
mations. 

(3) Quant au nom spécifique alba dans les Nymphéacées, il me 
paraît impossible de ne pas le conserver, quel que soit le nom 
générique, Castalia ou autre. Alba est dans Linné. Il était dans 

1. Sur ce point de détail, nous ne partageons pas l'avis d'Alph. de Candolle. 
La phrase a la première piace dans l'interprétation des espèces linnéennes, car 
son herbier contient des erreurs et des confusions notoires. 



7 8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

beaucoup d'ouvrages plus anciens et il est excellent en lui- 
même. Voilà un de ces exemples qui montrent l'avantage de la 
loi de priorité, car, avec le nom alba, le premier botaniste venu 
comprend de quelle Nymphéacée il est question. Si Link a fait 
Castalia alba, je ne sais où, il a eu parfaitement raison. Ceux 
qui ont fait d'autres noms pour l'espèce ont eu une idée baroque 
et n'ont produit que des morts-nés. 

(4) Votre correspondance avec M. Malinvaud touche à deux 
questions de principes : i° l'usage, et 2° la rétroactivité des lois 
de la nomenclature aujourd'hui admises. 

Je n'ai rien à ajouter aux arguments de mes Nouvelles re- 
marques, p. 9, sur l'usage ou plutôt contre la valeur qu'on lui 
attribue quelquefois. Malgré la force de ces arguments, on m'a 
consulté de temps en temps sur des noms très usités qu'on répu- 
gnait à changer. J'ai répondu alors par un nouvel argument ad 
hominem. Si vous ne faites pas le changement, quelqu'un le fera 
après vous, tôt ou tard, et alors vos noms passeront à l'état de 
synonymes. Les auteurs se décident alors à suivre la loi de 
priorité. L'obstacle causé par un nom habituel contraire aux 
règles est un peu comme ces tambours de papier que les che- 
vaux ou les hommes traversent dans les hippodromes. Il ne s'agit 
que de passer. 

(5) Vous me demandez si les lois de la nomenclature peuvent 
avoir un effet rétroactif sur les noms des auteurs qui ne les sui- 
vaient pas. 

On a tottjours admis cet effet rétroactif, et l'on ne pouvait 
pas faire autrement (1). Ainsi, depuis la nomenclature binomi- 
nale introduite systématiquement par Linné, on a classé dans les 
synonymes les noms construits partial 1er selon l'ancienne forme 
et les espèces nouvelles de cet auteur ont reçu des noms bino- 
minaux qui sont les seuls admis. Les noms d'espèce changés ar- 
bitrairement dans le transport d'un genre à un autre sont 
rétablis, à moins de raison péremptoire contraire. C'est l'iu/é; -et 
de la science qui l'exige et toute considération de personne doit 
céder devant ce motif d'ordre supérieur. Il n'en est pas de même 
dans la législation civile qui est faite dans l'intérêt direct ou 
indirect des personnes. En outre, les règles de la nomenclature 
se sont introduites et généralisées successivement ; elles n'ont 
pas de dates précises comme les lois civiles. Excepté pour la 
forme binominale qui remonte exactement à un ouvrage de 

1. C'est nous qui soulignons; il en est de même dans les phrases soulignées 
ci-dessous. 



f. Briquet. — Une lettre d'Alphonse de Candolle. 74 

Linné, on ne saurait à quel auteur et quelle année faire commen- 
cer le régime de la plupart des règles d'aujourd'hui. 

Recevez, etc. Alph. DE CANDOLLE. 

Cette lettre à laquelle M. Burnat et nous même adhérons en tout 
point est une déclaration de principes, dont la netteté ne laisse rien à 
désirer. On peut en résumer les diverses parties comme suit : 

i° Il faut distinguer entre le principe et l'application, parce que le 

principe est formulé eu dehors de toute considération de circonstances 

particulières, tandis que l'application varie beaucoup avec ces dernières. 

2° Conformément à la phrase ci-dessus, Alph. de Candolle se récuse 

pour la question du Ranunculus chserophyllos qu'il n'a pas étudiée (1). 

3 Dans la question des genres Nymphasa ou Castalia, Alph. de 
Candolle ne se montre pas opposé à ce que l'on adopte Castalia, s'il 
est bien établi que ce nom a la priorité ! Mais il exige en revanche que 
l'on conserve le nom spécifique alba, conformément aux Lots, art. 57 (2). 

4 M. Malinvaud peut voir que les arguments donnés par lui comme 
obstacles à l'action de la loi de priorité sont facétieusement comparés 
par Alph. de Candolle à des tambours de papier. Nous aurions mau- 
vaise grâce à renchérir sur ce jugement! 

5 Alph. de Candolle montre très justement en quoi la comparaison 
faite par M. Malinvaud des lois civiles avec les lois de la nomenclature 
botanique est boiteuse et pourquoi ces dernières doivent avoir le « pri- 
vilège exorbitant » de la rétroactivité qui est refusé aux premières. Un 
des exemples de rétroactivité cités est précisément celui qui nous est 
le plus contesté par un autre botaniste français, M. G. Rouy ! (3). 

Commenter davantage serait superflu. Nous pensons que les lignes 
ci-dessus suffisent. La publication de cette lettre montre que l'insinua- 
tion peu bienveillante d'après laquelle M. Burnat aurait tronqué une 
lettre d'Alph. de Candolle, dans un but plus ou moins intéressé, est 
dénuée de tout fondement. 

1. M. Burnat s'est prononcé pour que l'on conserve à ce terme son sens tra- 
ditionnel {FI. des Alpes nia rit., I, p. 36). 

2. Nous attirons sur ce point l'attention de M. Rouy, qui a soutenu dans un 
article récent que notre interprétation de l'art. 57 était contraire à la pensée de 
son auteur. 

3. Voyez Rouy, in Bull, de l'Herb. Boiss., vol. V, n° 1, 1897. — Notre hono- 
rable contradicteur voudra bien remarquer qu'Alph. de Candolle qualifie les ter- 
mes qui jouissent seulement de 1' « antériorité de la dénomination binaire », mais 
qui sont contraires aux art. 57 et 58, de noms morts-nés. Selon lui, les auteurs 
qui ont fait ces noms ont eu « une idée baroque ». Nous n'aurions pas osé nous 
exprimer avec autant de vigueur, mais nous partageons l'avis d'Alph. de Can- 
dolle ainsi qu'un très grand nombre de monographes. 

Nous saisissons cette occasion pour corriger une erreur qui s'est glissée dans 
notre réponse à M. Rouy, insérée dans le numéro de janvier 1897 du Bulletin de 
l'Herbier Boissier. Nous avons cité M. Beck v. Mannagetta parmi les floristes 
qui appliquent les articles 57 et 58 des Lois de la Nomenclature. Or, on sait 
que cet auteur n'admet pas la légitimité des articles en question. Son nom ne peut 
donc être associé, comme nous l'avons fait à ceux de MM. Ascherson, Garcke, 
Burnat, etc. 



80 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Nous recevons de M. Malinvaud la lettre suivante, à l'occasion de la note 
ci-dessus de M. Briquet dont nous lui avions donné communication. 

A Monsieur le Directeur du « Journal de Botanique ». 

Monsieur le Directeur, 

Je vous remercie d'avoir bien voulu me communiquer ce qui me con- 
cerne dans la nouvelle Note de M. Briquet ; elle appelle une rectification 
immédiate par laquelle je vous prie de remplacer la nouvelle étude sur les 
questions de nomenclature qui devait prendre place dans ce numéro. 

Je proteste, avec toute l'énergie que donne la certitude d'une conscience 
sans reproche, contre le grief, absolument gratuit, formulé contre moi par 
M. Briquet. C'est vraiment imiter Don Quichotte qui se battait contre les 
moulins à vent que de partir en guerre, comme le fait notre confrère, 
contre un fantôme d 'insinuation, peu bienveillante ou non, tout à fait ima- 
ginaire. 

Le débat actuel, dont on sait que l'origine ne m'est pas imputable, 
repose principalement sur des divergences d'interprétation. Nous recon- 
naissons tous l'autorité des Lois de nomenclature rédigées par Alphonse 
de Candolle, mais nous tirons de certains articles des conséquences diffé- 
rentes, voire même opposées, et ce regrettable malentendu s'étend aux 
citations épistolaires empruntées à la correspondance de l'auteur des Lois 
et portant sur le même sujet. Le sens d'un pissage pris isolément dans un 
document quelconque est souvent modifié ou expliqué par ce qui précède 
ou ce qui suit; il vaut donc mieux, quand on s'appuie sur des textes dis- 
cutés, les reproduire autant que possible sans coupure ou du moins élargir 
suffisamment la citation. On a vu qu'après l'aveu d'avoir fait moi-même à 
tort une sélection dans une lettre d'A. de Candolle, j'avais publié celle-ci 
spontanément in extenso (i), et la signification que je lui attribuais a été 
alors contestée (2) ; un débat analogue était inévitable à propos de la lettre 
d'A. de Candolle mentionnée brièvement par M. Briquet (3) et dont j'avais 
eu naguère communication. A mon avis, les conclusions qui se dégagent 
de l'ensemble de cet écrit, ainsi que je le montrerai, modifient le sens 
qu'offrait isolément le fragment cité; il n'y avait rien d'offensant à émettre 
cette appréciation, non plus qu'à formuler le vœu, ainsi motivé, d'une pu- 
blication intégrale, dont je venais, dans un cas analogue, de donner l'exemple. 
Je m'exprimais d'ailleurs sous une forme très discrète et je ne pense pas 
qu'on y puisse relever un mot désobligeant. Il est vrai que, lorsqu'on 
s'évertue à lire entre les lignes dans un esprit peu amical, on y trouve tout 
ce qu'on veut. 

J'ai toujours rendu hommage, mes analyses bibliographiques en font foi, 
aux mérites des travaux de M. Emile Burnat. Dans la suite déjà longue de 
mes relations avec ce digne et excellent confrère, je n'ai jamais eu qu'à me 
louer de son inépuisable obligeance, de son extrême courtoisie; les senti- 
ments, souvent et hautement déclarés, de profonde estime et il me sera 
permis d'ajouter d'inaltérable sympathie qu'il m'a toujours inspirés sont à 
l'abri de toute suspicion et au-dessus de stériles controverses sur des ques- 
tions de vocabulaire. 

M. Briquet peut disséquer et qualifier comme il lui plaira mes opinions 
et ma prose, je le prie seulement de ne pas dénaturer mes intentions. 

Veuillez agréez, Monsieur le Directeur, l'assurance de mes sentiments 
reconnaissants et dévoués. E. Malinvaud. 

1. Voy. le Journal de Botanique, n° du 1" décembre 1896. 

2. Voy. le Journal de Botanique, n" du 16 décembre 1896, p. 427. 

3. Voy. Observ. prélim., p. ix, in Burnat FI. Alp. mar., t. 2. 

Le Gérant : Louis Mokot. 



Paris. — J. Mersch, unp.,4 ", Av. d< 



il" ANNEE:. N° 5. i w MARS 1897. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



OBSERVATIONS SUR QUELQUES MALVACEES 

Par M. G. ROUY. 

En examinant les Malvacées de mon herbier pour l'élabora- 
tion de cette famille dans le tome IV de la Flore de France, j'ai 
noté quelques remarques que je crois intéressant de publier dès 
maintenant. 

I. Malva ribifolia Viv. FL Cors. app.,p. 5. —Le M. ribi- 

folia est une forme du M. Alcea très peu répandue dans les 
herbiers et confondue avec la forme M. fastigiata Cav. Elle 
en est distincte par les caractères soulignés dans la diagnose 
ci-dessous. 

Plante pourvue d'une pîibescence éfoilée moins abondante; 
jetiillcs radicales profondément en cœur à la base, superficielle- 
ment 5-lobées, les caulinaires 5-pinnatifides, les ultimes U bipar- 
tites, toutes à lobes crénelés-dentés ; calicule à folioles lancéo- 
lées ; pétales d'un rose lilacé, oblongs-cunéif ormes, profondément 
émarginés ou bilobés; carpelles mûrs à peine pubérulents ou 
presque glabres . 

Hab. — CORSE : Bonifacio ( Viviaui); Corté (Kralik in herb. 
Rouy); Bergerie du Dragone (de Marsilly). 

II. Malva fastigiata Cav. Dissert., 2, t. 23, f. 2 =M. Mo- 
RENii Pollini FI. Veron., 2, p. 137, t. 3, f. 61, non Reichb.l nec 
auct. plur. — La diagnose et l'excellente figure du Flora Vero- 
nensis, de Pollini, ne permettent aucune erreur, et il est inexpli- 
cable que Reichenbach ait pu attribuer le nom de M. Morenii 
Poil, à la plante qu'il a figurée sous le n° 4844 du Detitschlands 
Flora, et qu'il ait été suivi dans cette voie par plusieurs auteurs, 
un peu à la façon des moutons de Panurge et sans remonter aux 
sources. J'ajouterai que le M. Morenii de Reichenbach est le 
vrai M. Italica de Pollini, celui-ci attribuant à sa plante (FI. Ve- 
ron., 2, p. 138) des feuilles supérieures divisées seulement jus- 



82 JOURNAL DE MOTANIO.UE 

qu'au milieu, et que le M. Italica de Reichenbach est la var. 
multideniata Koch du M. Alcea, c'est-à-dire le M. cannabina 
Serres, dont le M. excisa Reichb. n'est qu'une variété à pétales 
profondément bilobés. Toutes ces confusions auraient pu être 
évitées si Reichenbach et les auteurs qui l'ont suivi s'en étaient 
tenus au texte même de Pollini. 

III. Malva Gretica Cav. Dissert., 2, t. 138, f . 2 = M. AL- 
THjEOIDES Gren. et Godr. FI. Fr., 1, p. 129. — *LeM. althasoi- 
des Cav. diffère du M. Creiica par les fleurs bien plus grandes, 
à corolle 1-2 fois plus longue que le calice, les pédicelles très 
allongés, les fructifères 4-6 fois plus longs que la feuille. 

La plante de Corse est le M. Cretica Cav., non al. 

IV. Malva Vivianiana Rouy ; M. hirsuta Viv. FI. Corsica 
(1824), p. 12; Presl FI. Sicula (1836), p. 175; Guss. FI. Sic. 
syn., 2, p. 227; non Ten. ; Malva silveslris var. hirsuta Gillot 
in Bull. Soc. bot. Fr., 24, p. XLV. — Forme du M. silveslris 
dont elle diffère par la pubescence plus grande de toutes les 
parties de la plante; les feuilles inférieures grandes, orbicu- 
laires, superficiellement lobées, les supérieures 3-5 lobées, à 
lobes peu profonds, aigus; le calicule à folioles plus larges, 
oblongues-obtuses; les fleurs plus petites à corolle seulement 
2-3 fois plus longue que le calice; les carpelles mûrs presque 
hérissés. 

Hab. — CORSE méridionale (Viviaui); Bonifacio [Kralik in 
herb. Rouy); Grijione prèsBastia {Gillot). 
Aire géogr. — Sicile, Algérie. 

V. Malva rotundifoliaL. — M. jieglec la WAlv. — M.pu- 
.?///« Wi th. — La très brève diagnose de Linné pour son M. ro- 
lundifolia (« M. caule prostrato , fol . cordato-orbiculatis obsolète 
quinquelobis ; pednnculis fructiferis déclina lis ») et sa seule re- 
marque sur cette espèce (« Apud nos flores conimunitcr minores , 
cor. omuino alba. Slockholmia? an1em cor. majore purpurasceute 
obvia planta, uti apud exteros ») démontre qu'il a confondu 
sous le nom de M. rolundifolia les deux espèces séparées, 
depuis lui, sous les noms de M. neglecta Wallr. [AI. vulgaris 
|TragusJ Fries, non Ten.) et de M. borealis Wallm. {M. paivi- 



G. Rouy. — Observations sur quelques Malvacées. 83 

flora Huds., non L. ; M. rolundifolia var. pusilla Sm. ; M. Heu- 
ninghiï Goldb . ) 

Est-il bien nécessaire pourtant de rejeter absolument le nom 
de M. rolundifolia L., ou de l'appliquer exclusivement au 
M. borealis} — Je ne le pense pas et voici pourquoi : 

i° Les synonymes cités par Linné, aussi bien ceux deFuchs, 
TObel, Dodoëns, Dalechamps, Bauhin, Morison, Tournefort et 
Boërhave que ceux de Royen, Haller, Gronovius et Dalibard 
se rapportent au M. neglecta Wallr. 

2 Si Linné ne dit pas, contrairement à ce qu'ont affirmé 
Boreau et Des Moulins, que les carpelles de sa plante sont lisses 
(non ridés), il le fait sous-entendre en spécifiant que son M.par- 
viflora diffère du M. rolundifolia par «... arillis supra rugosis ». 

3 Les feuilles du M. neglecta Wallr. ne sont pas toujours 
nettement lobées, comme l'assure Fries, et on les trouve parfois 
presque superficiellement lobées (Saône-et-Loire, Aveyron, 
Finlande, Caucase, in herb. Rotty). 

Dois-je ajouter encore, à l'appui de ces éléments d'apprécia- 
tion, que, dans la très grande majorité des ouvrages généraux 
de floristique, le nom de M. rolundifolia L. est d'un usage cou- 
rant pour désigner le M. neglecta Wallr., et ne s'en suit-il pas 
qu'on peut, sans crainte de grossière erreur, conserver le nom 
linnéen? 

Obs. — Je ne cite ici le M. pusilla de Withering {Syst. ar» 
rang. Brit. pi., éd. 3, p. 612) que pour mémoire, parce que sa 
diagnose est très ambiguë (« Stem declining; leaves roundish- 
Jieart-shaped, decidedly S-lobed; flowers on fruit-sialks, petals 
only tlie lenght of the calyx »), puisqu'il décrit là une plante à 
feuilles nettement 5-lobées avec des fleurs à pétales égalant le 
calice et qu'il ne dit rien des carpelles (lisses ou ridés?). Toute- 
fois, comme Withering cite pour sa plante la figure de X English 
Botauy (tab. 241), représentant le M. borealis, et que les au- 
teurs anglais contemporains, l'ayant retrouvée à ses localités, 
la nomment M. borealis, il y aurait peut-être lieu de la consi- 
dérer, d'après l'écriture même, comme une variété, rare, du 
M. borealis Wallm., variété que j'ai, du reste, en herbier, prove- 
nant, non d'Angleterre, mais des environs de Saint-Pétersbourg 
et de Songarie (var. ambigua 'Nob.), et distincte du X M- adul- 
tevina Wallr. in Linnasa, XIV (1840), p. 611 {M. hy brida 



84 JOURNAL DR BOTANIQUE 

Celak. Prodr. fl. Boehm., p. 515), par la petitesse des fleurs 
et les carpelles plus fortement ridés. 

VI. Lavatera ambigua Coss., non DC. — C'est à la var. 
Bismalva Nob. du M. fastigiata Cav. (M. Bismalva Bernh., 
M, Alcea var. Bismalva Crép.) qu'il convient de rapporter la 
plante de Pignans (Var) que Cossona indiquée {Notes, p. 53-54) 
sous le nom de Lavatera Thuringiaca L., avec le synonyme 
de L. ambigua DC, indication qui a autorisé Nyman {Consp. 
fl. Europ., p. 128) à inscrire le L. ambigua DC. parmi les 
plantes de la France méridionale. 

J'ai en herbier la plante de Pignans avec l'étiquette de Cosson 
portant la détermination de Lavatera T/mringiacaL. etj' ai reçu, 
en 1896, de M. Legré, de Marseille, la même plante de la même 
localité avec la mention « M. Alcea L. var...? » — C'est bien 
îine forme du M. Alcea, et je ne puis m'expliquer l'erreur de 
Cosson, malgré les longs détails dans lesquels il entre {loc. cit.), 
que par la ressemblance de faciès des Malva Bismalva et Lava- 
tera ambigîia, espèces qui ont en effet un port presque iden- 
tique, mais étant cependant assez dissemblables par le calicule 
et les stigmates pour être classées dans deux genres différents, 
en admettant toutefois que les Lavatera et les Malva consti- 
tuent réellement deux genres, car, ainsi que l'a fait remarquer 
Visiani (Fl. Daim., 3, p. 205), certains Lavatera, tels que 
L. arborea L. et L. pallescens Moris, par exemple, présentent 
un calicule à folioles parfois non soudées à la base, caractère 
qui avait déjà incité Webb {Phylogr. Can., p. 29-30) à ne pas 
accepter le genre Lavatera et à créer la section Pseudolavatera 
dans le genre Malva, en nommant M. pseudolavatera Webb le 
Lavatera Cretica L., que Visiani a appelé par la suite {loc. cit., 
p. 205) M. hedersefolia, et M. arborea Webb le Lavatera 
arborea L. 

VII. Lavatera arborea L. — Cette espèce des rochers 
maritimes de la Méditerranée est complètement naturalisée çà et 
là sur les bords de l'Océan et de la Manche, depuis la Charente- 
Inférieure jusqu'au Calvados. Ce Lavatera est également natu- 
ralisé dans la Grande-Bretagne, les îles Canaries, les îles Ma- 
dère, etc. 



G. Rouy. — Observations sur quelques Malvacées. 85 

Il y a là un cas absolument analogue à celui du Cislus 
hirsuttis L., bien que, pour certains botanistes de l'Ouest, le 
Lava fera arborea soit spontané dans ces régions. C'est une 
erreur : la plante commence à y acquérir sa grande naturali- 
sation, mais elle n'y est nullement spontanée, pas plus que dans 
la Grande-Bretagne, et son aire géographique est toute médi- 
terranéenne. La même observation s'applique d'ailleurs au 
L. Creiica L., çà et là subspontané ou naturalisé dans l'Ouest. 
D'ailleurs, pour parler utilement de l'habitat naturel d'une 
espèce, il faut, au préalable, avoir étudié son aire entière et 
savoir à quelle région géographique cette espèce appartient en 
réalité. Faute de cela, on s'expose, comme certain confrère 
peu habitué à « sortir de ses frontières habituelles », à supposer 
spontanée {Journal de Botanique , X, p. 269) une plante à peine 
en voie de naturalisation, telle que le Cislus hirsutus L., par 
exemple, croissant naturellement dans le Portugal et l'Espagne 
occidentale, mais appelé à s'étendre et à se naturaliser dans 
l'ouest de la France, comme l'ont fait et le font encore les La- 
vatera arborea et Cretica. 

VIII. Lavatera Cretica L. = L. silvestris Brot.! — 
L'examen de nombreux exemplaires de L. Cretica de toutes 
provenances et notamment de Portugal (L. silvestris Brot. vera), 
m'a démontré l'impossibilité d'adopter l'opinion de Lowe (Mau. 
fl. of Madeira, p. 64) voulant distinguer comme espèce le 
L. silvestris Brot., en s'appuyant sur la taille, la villosité et la 
forme des lobes des feuilles. Ces caractères, soi-disant distinctifs, 
ne peuvent même prêter, d'après mon étude, à la création de 
variétés. J'ajouterai que les botanistes portugais contemporains 
eux-mêmes (Coutinho in Bol. Soc. Brot., 10, p. 123) considèrent 
simplement le L. silvestris comme synonyme du L. Cretica L. 
— Une seule variété paraît acceptable, la var. aciitiloba Bail 
{Spicileg.fl. Marocc, p. 377), à feuilles inférieures à lobes aigus 
et à sinus aigus ou rectangulaires, finement dentées, les supé- 
rieures plus étroites, parfois presque hastées ; cette variété, 
que je possède du Maroc et du Portugal, est également moins 
pubescente, presque glabre. — Quant auL. STENOPHYLLA Rouy 
(pro forma) = Malva Willkommiana Scheele in Linmea, XI, 
p. 570; Lavatera Cretica! p stenophylla Willk. et Lge. Prodr. 



86 JOURNAL DE BOTANIQUE 

fl.Hisp., 3, p. 581, de Malaga, et que j'ai aussi en herbier du 
Maroc et de la Basse-Egypte, il se distingue du type par les 
fleurs 2-3 seulement ou solitaires à l'aisselle des feuilles, les di- 
visions du calicule ovales-lancéolées, acuminées, plus longues 
que le calice, la corolle plus petite et les carpelles plus faible- 
ment ridés. — On peut rechercher ces deux plantes en France, 
et surtout en Corse. 

IX. Lavaterabicolor (Shuttlew. ? ined. ?) Rouy {pro subspe- 
cie\^. maritimae). — Diffère du L. maritima Gouan par : feuilles 
2-3 fois plus grandes , bien moins tomenteuses,^'?/;/ beau vert en 
dessus, d'wi blanc grisâtre en dessous, longuement pétiolées 
(pétiole = 2,5-3 centimètres); pédicelles inférieurs solitaires, 
allongés (3-3,5 centimètres), les supérieurs réunis par 2-3 à 
l'aisselle des feuilles, très inégaux; divisions du calice plus 
longuement acuminées ; carpelles plus lisses ; carpophore tronqué 
au sommet aplati. — Corolle de même grandeur que celle du 
type. 

Hab. — Alpes-Maritimes : Pont-Saint-Louis, près Menton 
{de Coincy in herb . Rouy) . 

Aire géogr. — Italie : San-Remo, si la plante de Shuttle- 
worth est identique à celle de Pont-Saint-Louis. 



SUR LES ANTHERIDIES DU TAONIA ATO MARIA 

Par M. Camille SAUVAGEAU. 

,e Taonia atomaria J. Ag. n'est rare ni sur les côtes de 
l'Océan ni sur celles de la Méditerranée, et cependant tout ce 
que nous savons de ses anthéridies tient dans cette phrase de 
Derbès (1), qu'elles « présentent la plus grande analogie avec 
celles du Dictyota dichotoma ; seulement les sores sont plus 
étendus transversalement, et rappellent la disposition des spo- 
res. » [loc. cit. p. 216), et dans la remarque de M. Bornet (2) 
qu' « elles naissent sur des individus distincts » {loc cit. p. 55). 
Derbès les a observées à Marseille. Je tiens de M. Bornet qu'il les 

1. Derbès, Description d'une nouvelle espèce de Ftoridée devant fornier 
tin nouveau genre, et observations sur quelques Algues (Ann. Se. nat. Bot., 
4" sér., t. V, 1856). 

2. Bornet et Thuret, Études phycologiques, 1878. 



C. Sauvageau. — Sur les anthéridies du Taonia atomaria. 87 

a vues sur des exemplaires de l'herbier Bory récoltés à San 
Lucar de Barameda en septembre 1827 et sur des exemplaires 
de l'herbier Thuret récoltés à Tanger par Schousboe, sans indi- 
cation d'époque. 

M. Reinke (1) dit, dans sa monographie des Dictyotées, 
qu'il les a vainement cherchées à Naples, pendant l'hiver de 
1875-76, et il s'est trouvé réduit, pour donner une idée de 
leur structure vraisemblable, à reproduire le dessin des anthé- 
ridies du Spatoglossum Solierii figuré par Derbès. Récemment, 
M. Agardh (2) a décrit des portions du thalle du Taonia qu'il 
rapporte, avec doute d'ailleurs, à des anthéridies, mais il me 
semble difficile que ses dessins, et en particulier les figures gô 
et 9 c, appartiennent en réalité à ces organes. 

J'ai recueilli le Taonia atomaria en anthéridies en août 1895 
et août 1896 à Guéthary, et en septembre 1895 au Cap Torres 
près de Gijon (Espagne). Comme les tétraspores, les anthéridies 
sont disposées, au-dessus et au-dessous des poils, suivant des 
bandes discontinues et en zigzags, mais qui, au lieu d'être d'un 
brun très foncé ont une teinte laiteuse tellement caractéristique, 
que l'on distingue bien, même à une certaine distance, les indi- 
vidus mâles des individus à tétraspores. 

Les anthéridies apparaissent à une faible distance du sommet 
de la fronde, mais toujours après les poils; on en trouve d'ail- 
leurs d aofe fort différent sur une même bande transversale. Les 
sores sont d'étendue très inégale ; leur contour, très irrégulier, 
dépend du nombre et de la position respective des cellules épi- 
dermiques qui les constituent. Les cellules épidermiques, possè- 
dent des chromatophores pariétaux, en disques bien distincts; 
celles qui vont devenir des anthéridies commencent à faire 
saillie au-dessus de la surface, puis se cloisonnent en quatre par 
deux cloisons à angle droit, parfois seulement en trois si l'une 
de leurs parois est oblique ; les cellules ainsi divisées ont un 
protoplasme très dense, elles possèdent encore les chromato- 



1. Reinke, Eutivicklungsgeschichtliche Untersuchungen i'iber die Dictyo- 
taceen des Golfs von Neapel (Nova Acta der Akademie der Naturforscher, 
vol. XL, 187S). 

2. J. Agardh, Analccla Al gologica, continuatio I, Lund. 1894 ( ex Actis Soc. 
physiographicae lundensis, t. XXIX). — Je ferai remarquer en même temps que 
je n'ai jamais observé sur le Taonia, et lui appartenant, des filaments semblables 
à ceux représentés par M. Agardh sur les figures 10 a, 10 b, 10 c. 



88 JOURNAL DE BOTANIQUE 

phores bien nets mais plus petits et moins colorés que les pré- 
cédents ; ce stade marque un certain temps d'arrêt et se retrouve 
fréquemment. Ces cellules mères se diviseront encore deux fois 
de suite en quatre si elles sont de section carrée, en moins ou 
plus de quatre si leur contour est irrégulier. Après le premier 
de ces deux cloisonnements, les chromatophores continuent à 
rester visibles, mais ils sont encore plus petits et moins teintés 
que précédemment. Sur les anthéridies voisines de la maturité 
on n'en voit plus trace. On assiste donc non pas à une dispari- 
tion brusque, mais à une sorte de pulvérisation des chromato- 
phores (i). Finalement, les sores anthéridiens sont des plages 
laiteuses, grisâtres, où les cellules mères, dont le contour reste 
distinct, sont partagées en petits compartiments rectangulaires 
d'environ 3 [>■ de côté. 

Dès le début, ces plages sont très nettement limitées. Tout 
d'abord, les cellules épidermiques qui leur sont contigues ne 
diffèrent pas de leurs voisines. Mais bientôt elles s'élèvent vers 
l'extérieur, dépassent même parfois les cellules mâles, s'élargis- 
sent dans leur partie libre ; leur contenu protoplasmique est 
plus jaune que celui des cellules végétatives. Après la déhiscence, 
elles persistent longtemps et entourent la dépression due à la 
disparition des anthéridies. Ces cellules involucrales correspon- 
dent à celles des anthéridies du Dictyota (2), mais elles sont 
beaucoup moins régulières; elles manquent çà et là; parfois 
aussi on les trouve isolées à l'intérieur d'un sore. 

La structure et l'origine des anthéridies concorde bien avec 
celles du Dictyota. Par des sections dans le thalle, on voit que 
les cellules anthéridiennes s'allongent vers l'extérieur et sépa- 
rent à leur base une cellule stérile ou pédicelle, que j'ai vu 
cependant parfois renfermer des anthérozoïdes. Parfois, les cel- 
lules involucrales séparent aussi un pédicelle. La portion su- 
périeure, ou cellule fertile, prend une cloison longitudinale 
(fig. 1 , A) ; chacune des deux moitiés se divise alors par quel- 
ques cloisons transversales. On remarquera sur la figure 1, A, 

1. M. Reinke dit à propos du D. dichotoma (/oc. cit., p. 10) qu'au moment où 
les cellules épidermiques s'allongent, et avant même leur cloisonnement, les 
chromatophores se désorganisent, les cellules se décolorent. 

2. Thuret, Recherches sur la fécondation des Fucacées et les anthéridies 
des Algîies, f 2" partie, p. 2S et pi. II (Ann. Se. nat. Bot., 4 e série, t. III, 1855). — 
Bornet, in Etudes phycologiqnes, p. 55 et 56. 



C. Sauvageau. — Sur les anthéridies du Taonia atomaria. 



8 9 



que ces premières divisions donnent un nombre pair ou impair 
de cellules superposées. En même temps que la cellule anthéri- 
dienne s'accroît, les cloisonnements longitudinaux et transver- 
saux continuent. Le rouge de Ruthénium qui, comme on sait, 





Fig. i. — Sections longitudinales dans un thalle mâle du Taonia atomaria. — A, les cel- 
lules anthéridiennes ont séparé leur pédicelle et la portion fertile commence à se cloi- 
sonner; B, anthéridies mûres; C, anthéridies vidées; à droite sont des anthéridies non 
arrivées à maturité; D, un sore après la déhiscence (Gross. 200). 



colore bien les Phéosporées (i) se fixe également fort bien sur les 
minces parois ainsi formées et les rend plus visibles. Dans cer- 
tains cas, on peut affirmer que chaque anthérozoïde est dans une 

1. C. Sauvageau, Sur /'Ectocarpus (Pylaiella) fulvescens Thuret (Journ. de 
Bot., t. X, 1896). 



çq JOURNAL PB BOTANIQUE 

logette close ; cependant, quand on dissout partiellement le con- 
tenu protoplasmique, on ne trouve qu'exceptionnellement ces 
très petites divisions, mais plus souvent quatre anthérozoïdes 
dans chacune. Ceci est d'ailleurs de faible importance : plus les 
cloisons sont anciennes, plus elles sout nettes et résistantes, et 
celles qui isolent les anthérozoïdes peuvent fort bien manquer 
ou du moins rester à l'état gélatineux, car elles devront pro- 
chainement disparaître (i). 

En effet, la déhiscence se produit par la dissolution totale 
des parois internes, puis de la paroi générale externe. Sur les 
coupes, et contre les parties vidées, on trouve souvent des cel- 
lules anthéridiennes encore aux premiers stades, soit qu'elles 
aient commencé plus tard à se cloisonner, soit qu'elles se soient 
arrêtées dans leur développement (fig. i, C). 

En examinant au microscope des fragments frais des plantes 
récoltées au Cap Torres, on constatait que les parties végéta- 
tives étaient parfaitement propres; au contraire, les surfaces 
correspondant aux anthéridies âgées étaient toujours couvertes 
de nombreuses bactéries de différentes sortes, mélang-ées aux 
anthérozoïdes. Ceux-ci étaient des globules grisâtres de 3,5 à 
4,5 p. de diamètre avec une ou quelques granulations protoplas- 
miques à la périphérie ; leur aspect était tout à fait celui des 
anthérozoïdes du D. dïchoioma représentés par Thuret (/oc. cit. 
pi. II, fig. 4). 

A Guéthary, au contraire, les anthéridies étaient ou pleines 
ou totalement vidées, et c'est seulement sur des sections que 
j'ai trouvé quelques globules protoplasmiques semblables aux 
précédents. Le temps m'a manqué pour faire des cultures. Je ne 
puis donc donner aucune indication sur le rôle des anthéro- 
zoïdes qui, comme on sait, n'a encore été observé chez aucune 
Dictyotée. 

1. Thuret (/oc. cit., p. 28), parle de cloisons transversales et longitudinales 
dans les anthéridies du Dictyota dichotoma, mais d'après M. Reinke, dans cette 
plante (loc. cit., p. 10) et dans le Padina (toc. cit., p. 25) il y aurait seulement 
de délicates lamelles g-élatineuses et non de vraies membranes. Je me suis rendu 
compte qu'il existe dans le Dictyota dicâotoiiia de vraies cloisons comme dans 
le Taonia. 



L. Lutz. — Recherches sur la gommose de /'Aralia spinosa. 9i 

RECHERCHES SUR LA GOMMOSE DE VÂRÂLIA SPINOSA 

Par M. L. LUTZ. 

Au cours d'un travail précédent (i) sur la gommose chez les 
Acacias, j'ai constaté, ainsi que l'avait du reste annoncé M. Man- 
gin (2), que les procédés de coloration employés par cet auteur 
pour la recherche histologique des composés pectiques s'appli- 
quaient également bien à celle des gommes et des mucilages. 

Cependant j'ai, à cette époque, apporté quelques modifica- 
tions aux procédés de recherche indiqués par M. Mangin. C'est 
ainsi qu'au bleu de naphtylène R cristallisé, j'ai substitué le 
rouge de Cassella qui permet d'obtenir plus de netteté dans les 
différenciations ; j'ai substitué également l'alcool à l'acétate de 
plomb pour la coagulation des gommes, et, comme conséquence, 
j'opère mes colorations dans des milieux hydro-alcooliques; 
enfin, au lieu de réunir en un seul bain colorant mes deux réac- 
tifs, j'en fais deux solutions séparées dans lesquelles j'immerge 
successivement mes coupes. 

Voici les formules de colorants (3) que j'avais proposées au- 
trefois et dont je me suis servi à nouveau pour mes recherches 
sur la gomme & Aralia : 

i° Matière colorante se fixant sur la gomme : 

Rouge nature de Cassella °- 2 5 

Alcool à 90 20 

Eau distillée 30 

2 Matière colorante se fixant sur les tissus non gommijères. 

Vert acide JEEE (Poirrier) 0.10 

Alcool à 90 20 

Eau distillée 30 

Les coupes sont immergées successivement dans ces liquides 
pendant quelques minutes, lavées à l'eau alcoolisée, puis montées 
dans de la glycérine rigoureusement neutre. 

1. Voir Bull. Soc. bot. de Fr., t. XLII, p. 467, tijuill. 18^5, et Contribution 
à l'étude chimique et botanique des Gommes (Thèse de l'Ecole supérieure de 
Pharmacie, 1895). 

2. Mangin. — Etude sur les composés pectiques dans les végétaux (Journal 
de Botanique, 1891, p. 400 et 440; 1892, p. 211). 

3. Je dois à l'obligeance de M. Mangin les substances colorantes dont je me 
suis servi pour ces études. 



92 JOURNAL DE BOTANIQUE 

J'ai utilisé également, dans mes recherches sur la gomme 
ÛAralm, la coloration obtenue par l'emploi de l'hématoxyline 
glycérique d'Ehrlich. Dans un verre de montre, on fait un mélange 
à parties égales d'eau distillée, d'alcool à 90 et de glycérine. 
On y ajoute cinq à six gouttes d'hématoxyline d'Ehrlich. Les 
coupes seront immergées pendant quinze à vingt minutes dans 
ce colorant, après quoi on les lave dans un mélange à parties 
égales d'eau, d'alcool à 90 et de glycérine, et on les monte dans 
de la glycérine neutre. 




Fig. 1. 

Ce procédé de coloration ne permet pas de différencier les 
tissus en voie de modification gomraeuse, mais il est d'un excel- 
lent usage pour la coloration des revêtements et des amas gom- 
meux dont il permet de faire l'étude sans qu'ils se gonflent, c'est- 
à-dire dans d'excellentes conditions. 

Si l'on veut étudier les phases de début de la gommose chez 
Y Ara lia spiuosa, on constatera que cette étude est à peu près 
impossible. En faisant des coupes au voisinage du bourgeon 
terminal, alors que la tige est encore en structure primaire, on 
peut voir que toutes les parties molles de cette tige se colorent 
en rouge sous l'action combinée du rouge de Cassella et du vert 
acide. De plus, bien avant que l'anneau libéro-ligneux soit fermé, 
on peut remarquer, dans un grand nombre de cellules du paren- 



L. Lutz. — Recherches sur la gommose de ^'Aralia spinosa. 93 

chyme cortical et dans quelques cellules de la moelle et des 
rayons médullaires, des formations analogues à celles que l'on 
observe dans la production du mucilage, c'est-à-dire la produc- 
tion, dans l'intérieur de ces cellules, de couches d'épaisissement 
de consistance molle qui se développent rapidement, refoulant 
vers le centre les éléments figurés de la cellule qu'elles finissent 
par englober. 

On le voit, ces premiers phénomènes semblent rapprocher 
la gomme & Aralia des mucilages : la coloration rouge des 




Fi.r. a. 



tissus jeunes, sans modification dans la forme des parois cellu- 
laires, fait penser à une imprégnation de la membrane par des 
composés pectiques, ou à sa transformation partielle en ces 
mêmes composés ; les autres phénomènes sont ceux, devenus 
classiques, de la production des cellules à mucilage. 

D'autre part, on voit apparaître dans les vaisseaux du bois 
des revêtements gommeux analogues à ceux que M. Prillieux a 
signalés dans les arbres fruitiers indigènes producteurs de 
gommes nostras, et que j'ai retrouvés dans les Acacias. Il paraît 
évident que cette apparition de gomme dans les vaisseaux est 
liée à des phénomènes d'osmose, car ils ne s'accompagnent 
d'aucune altération des parois vasculaires. 

Une légère altération se manifeste peu après dans les parois 



„ 4 JOURNAL DP: BOTANIQUE 

des fibres ligneuses : leur paroi primitive se colore en rouge sous 
l'action du rouge de Cassella et vert acide. Elle est donc en voie 
de transformation gommeuse. Les couches de lignine qui se 
sont déposées dans l'intérieur des fibres participent à cette alté- 
ration dans une faible mesure : elles se colorent en effet de teintes 
dégradées, les plus rapprochées du lumen présentant la colora- 
tion la plus voisine du vert. 

Le péricycle reste intact ; la moelle meurt. Quant au paren- 
chyme cortical, il ne présente pas de modifications sensibles. 
Tout au plus quelques parois cellulaires se gonflent-elles, de 
place en place, en prenant l'aspect de la gomme ; mais cette géli- 
fication est toujours très limitée et il ne se forme pas de lacunes 
véritables. 

Il faut attendre plusieurs années avant que ce phénomène se 
produise ; il se manifeste alors dans le liber. 

On observe, dans chaque faisceau libérien, l'apparition de 
plages de cellules dont le volume a notablement diminué et dont 
les parois se sont rapprochées en se plissant. Il en résulte la for- 
mation de traînées irrégulières de cellules plissées, très allongées 
tangentiellement (fig. i). Les parois de ces cellules se colorent 
énergiquement en rouge sous l'action des réactifs. 

En continuant à suivre le développement de la gommose, 
on voit ces plages de cellules augmenter d'étendue ; les cavités 
cellulaires se rétrécissent de plus en plus, sans cependant qu'il 
se produise de gonflement des parois cellulaires. Peu à peu ces 
parois s'accolent et finissent par former une masse irrégulière 
interrompue par de larges méats et présentant tous les carac- 
tères de la gomme. Le phénomène s'étend progressivement à 
tout le liber, qui prend alors la disposition représentée par la fig. 2 . 
Pendant ce temps, on n'observe aucune modification sensible 
dans l'écorce, le péricycle, le bois et la moelle. 

Lorsque la gommose est arrivée à ce point, la nutrition du 
rameau attaqué ne s'effectue plus que d'une façon tout à fait 
insuffisante ; aussi meurt-il très rapidement. 

Les mêmes suites de modifications s'observent dans toutes 
les parties du végétal : tiges, racines, feuilles. Dans celles-ci on 
les observe avec un degré d'intensité qu'elles n'atteignent pas 
dans les autres plantes susceptibles de devenir gommifères. Les 
formations mucilagineuses que j'ai signalées au début de la 



E. Malinvaud. — Un Stachys hybride. i>5 

gommose s'y rencontrent avec une grande fréquence et à un 
haut degré de développement. 

On voit donc que les phénomènes de gommose chez Y Aralta 
spiiwsa comprennent deux phases bien distinctes : une première, 
à manifestation rapide, rappelant la formation des mucilages: 
une seconde, à manifestation tardive, rappelant celle des gom- 
mes vraies. 

Il convient aussi d'observer la position des lacunes, libé- 
riennes chez Y Aralia, alors que chez les autres végétaux gom- 
mifères elles ont des sièges différents et spéciaux pour chaque 
espèce de gomme. 

UN STACHYS HYBRIDE 

Par M. Ernest MALINVAUD. 

Les Stachys alpina et germanica, sans jamais être très abondants, 
se rencontrent sur divers points du territoire et des environs de la 
commune de Thémines, dans l'arrondissement de Figeac (Lot) ; le 
premier v habite les bois et les lieux couverts, le second les champs 
pierreux et le bord des chemins. N'étant presque jamais en société, ils 
se croisent rarement, et nous ne fûmes pas peu surpris, le 2 septembre 
dernier, en apercevant, sur le côté d'une route conduisant de Thémines 
à Albiac, deux pieds en pleine floraison qui représentaient un type 
d'hybridation de ces deux espèces parfaitement caractérisé, rappelant 
le Stachys germanica par les nombreux verticilles espacés à tomentum 
blanc de l'inflorescence, et le 5. alpi?ta par les feuilles molles et larges, 
vertes en dessus. Toutes les fleurs examinées étaient stériles. 

Cette plante nous paraît être une forme à floraison tardive du Sta- 
chys digenea (germanica X alpina) ainsi nommé et décrit par M. Légué 
d'après deux individus observés avec les parents, au mois de juil- 
let 1892, sur la levée d'un ancien étang, près de Mondoubleau (Loir- 
et-Cher). On trouvera de plus amples détails sur la découverte due à 
notre confrère dans la communication qu'il a faite à ce sujet, le 
24 mars 1893, à la Société botanique de France (1). 

Nous avons vainement recherché, dans le voisinage de notre plante 
hybride, ses parents présumés ; elle leur avait sans doute survécu, leur 
floraison étant beaucoup moins tardive. 

D'après le lieu de la découverte, il est assez probable que le Sta- 
chys germanica a été le porte-graine. Si cette hypothèse était fondée, 

1. Voy. Bull. Soc. dot. de France, t. XL (1893), P- 2I 3- 



96 JOURNAL DE BOTANIQUE 

l'hybride se rapprocherait du père principalement par les caractères de 
l'appareil végétatif, et de la mère par ceux des organes de reproduc- 
tion. 



NOTE SUR LE LEUCOBRYUM MINUS 

Par M. Emile BESCHERELLE. 

r 

Dans un article très documenté (i), Mme Elisabeth Britton 
cherche à établir que le Leucobryum minusH.pe a été confondu 
jusqu'ici avec le Leticobryum albidum (Brid.), tant par Sulli- 
vant que parles botanistes européens, tels que MM. Braithwaite 
et Limpricht. 

Ainsi le L. minus du lac Majeur, mentionné par M. Lim- 
pricht (2), la Mousse distribuée par Sullivant dans ses Musci 
Alleghanienses , n° 169, de la Géorgie, de TAlabama et de la 
Louisiane, celle qui a été donnée par Austin dans ses Musci 
appalachiani, n° 477, sous le nom de L. vulgare var. minus 
[L. minus Hpe) appartiennent au Dicranum albidum Brid. et 
non au L. minus Hpe, dont le spécimen type a été trouvé par 
Beyrich et décrit par Hampe comme var. minus duZ. vulgare. 

D'un autre côté, la Mousse publiée par Sullivant dans ses 
Musçi Boreali-americani, sous le n° 98, contient un mélange de 
L. minus Hpe et de L. albidum (Brid.). Les spécimens prove- 
nant de Lancaster et de l'Ohio et ceux que renfermait le propre 
herbier de Sullivant, tous des Etats-Unis du Nord, se rappor- 
tent au L. albidum (Brid.) et non au L. minus Hpe. De même, 
dans le Manuel de James et Lesquereux, le L. sediforme est le 
L. minus Hpe, et le L. minus Sull. est le Dicranum albidum 
(Brid.). (A suivre.) 

1. Cf. Bullet. of the Torrey bot. Club, Vol. XIX (1892), p. 189. 

2. Rabenhorst's Kryptog. Flora, Lebermoose I p. 421. 



Le Gérant : Louis Morot. 



i'ui'i3. — J. Aio;ïci!,i;i,|'., -:•'•, Av. de CiuuUon. 



il 8 ANNEE. N° 6. 16 MARS 1897. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



NOTE SUR LE LEUCOBRYUM MINUS 

(Fin.) 
Par M. Emile BESCHERELLE. 

La Mousse que Michaux a décrite (1) sous le nom de Dicra- 
num glaucum... pumilum, de la Caroline, étant distincte du 
L. minus et semblable à tous les échantillons de Dicranum 
albidum provenant de la Floride et des Etats-Unis du Sud, 
Mme Britton propose de nommer celle-ci Leucobryum pumihim 
(Mich. 1803) non L. minus Hpe (1839) et de donner le nom de 
Leucobrytim albidum (Brid.) Lindb. (2) aux échantillons de 
l'Ohio, des Etats-Unis du Nord et de l'Europe. 

Après un examen minutieux des échantillons de l'Amérique 
septentrionale, je ne crois pas devoir admettre l'opinion de 
Mme Britton, et je ne vois pas pourquoi, même dans le cas où 
l'on aurait ici deux espèces distinctes, on donnerait à la der- 
nière le nom de L. albidum (Brid.), car ce n'est pas Bridel qui 
a créé cette épithète & albidum. 

Dans le Muscologia recentiorum (3), de même que dans le 
Species Muscorum (4), Bridel admet le Dicranum albidum 
comme espèce distincte du D . glaucum et lui donne comme 
synonyme « Bryum albidum glaucum.. . minus Dillen », mais 
dans le Bryologia univers a (5), qui est la dernière expression de 
l'auteur, l'espèce disparaît et devient le Dicranum glaucum 
(Linn.) var. (3 albidum Web. et Mohr (6), toujours avec la 
phrase diagnostique de Dillen comme synonyme. Ainsi, pour 
Bridel, le D. albidum et le D. glaucum var. albidtim sont iden- 
tiques à l'espèce de Dillen. 

1. Cf. Michaux, Flora boréal. Amer. II p. 297 (1803). 

2. Je ne sais pourquoi Mme Britton associe le nom de Lindberg à celui de 
Bridel, car si Lindberg a adopté le nom de Leucobryum albidum, en 1863, 
comme synonyme du Bryum... minus de Dillen, il l'a remplacé par celui de 
Leucobryum minus Hpe, en 1883, dans sa Révision des Mousses de Dillen. 

3. Cf. Bridel, Muscol. récent. (1798) II, P. I. p. 167. 

4. Bridel, Species Muscorum (1806) P. I. p. 205. 

5. Bridel, Bryol. universa (1826) p. 409. 

6. Weber et Mohr, Botan. Taschenb. (1807) p. 166. 



9 8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Or Dillen (i) considère que le Bryum albidum forme deux 
espèces qu'il désigne ainsi : 

i° Bryum albidiim et glaucum fragile majus, p. 362, 
tab. xlvi. 

2 Bryum albidum et glaucum fragile minus, Appendix 
p. 546, tab. LXXXIII. 

Les épithètes de majus et de minus sont donc les seules 
qui lui ont servi à distinguer les deux espèces. L'adjectif glau- 
cum a été pris à tort par Linné pour former son Dicranum 
glaucum, alors que ce nom était commun aux deux espèces. 
C'est pour cette raison que Hampe (2), en décrivant le genre 
Leucobryum, remplace le nom de Linné par celui de vul- 
gaire. M. Charles Mùller, ainsi que James et Lesquereux, ont 
suivi son exemple. 

S'il était incorrect de prendre le nom de glaucum dans la 
phrase de Dillen pour l'appliquer à une seule des deux espèces 
décrites sous ce nom, on ne saurait, par le même motif, re- 
prendre le nom à! albidum, qui se trouve dans le même cas que 
celui de glaucum. Reste l'épithète de minus qui, chez l'auteur 
de V Historia Mus cor uni , caractérise seule la Mousse dont nous 
nous occupons, et qui doit, par application des règles de la prio- 
rité, être maintenue pour désigner les L. minus Hpe et L. mi- 
nus Sull. 

On doit donc écrire Leucobryum minus (Dill.) Sull., et non 
L. albidum (Brid.) Lindb., comme le proposent Lindberg (3) et 
Mme Britton. D'ailleurs Hampe n'a jamais employé dans ses 
descriptions le nom de L. minus. La première fois qu'il se sert 
de cette épithète, il la donne comme var. $ minus de son 
L. vulgare (4) et ajoute : non species propria videtur. Il s'agit là 
d'une forme que Mme Britton range dans son L. pumiliun. C'est 
M. C. Mùller (5) qui désigne ainsi cette Mousse : L. vulgare Hpe, 
var. p, L. minus Hpe (Lijiu. 1839, P- 4 2 )> ce °l u ^ nest P as tout 
à fait exact après l'observation que nous venons de citer. 

Ceci posé, passons à l'examen des échantillons types. Si l'on 
s'en tenait à l'étude des feuilles supérieures d'une tige fructifère, 

1. Ilislot'ia Muscoraiii, 1741. 

2. Linuasa, XIII, p. 42 (1839). 

3. Cf. Lindberg-, Bidrag- till Mossornas synonymi (1863; p. 21. 

4. Linnsea XIII (1839), p. 42. 

5. Linnxa XVIII, p. 687 et Syn. Musc. I p. 75. 



E. Bescherëlle. — Sur le Leucobryum minus. 



99 



on serait tenté de croire qu'on a affaire à deux espèces diffé- 
rentes. Comme le remarque Mme Britton, le L. albidum (Brid.), 
que nous appelons L. minus (Dill.), a les feuilles plus longues, 
plus longuement acuminées, à marge hyaline cle la base plus 
étroite, tandis que le L. pumilum (Mich.) a les feuilles plus 






// 





Leucobryum minus, d'après divers échantillons. — fi, feuilles inférieures; fs, feuilles 
supérieures. — Gross. 16/1. 

I. Ohio : Sullivant, 1850. — II. Ohio : Sullivant n° 98. — III. Caroline : Michaux. — 
IV. Floride : Lighthipe. 

courtes, plus épaisses et incurvées-cucullées au sommet. Mais 
ces différences sont-elles bien constantes? Nous ne le pensons 
pas et on va voir pourquoi. 

Mme Britton dit que la Mousse de l'Ohio distribuée par 
Sullivant sous le n° 98 est « a niixed spécimen, distribued as 
L. minus Hpe, but coutaining L. minus audD. albidum». 

J'ai examiné divers échantillons du dit n° 98 et j'ai pu cons- 
tater qu'il n'y avait pas le mélange dont parle Mme Britton. Si 



ioo JOURNAL DE BOTANIQUE 

l'on prend, sur une tige fertile, les feuilles inférieures, on a 
devant soi le Dicranum albidum Brid., dans toute sa pureté; 
c'est-à-dire que les feuilles sont étroites à la base, ovales-lan- 
céolées, comme le représente à peu près la figure de Dillen. 
Mais si l'on détache seulement de la même tige les feuilles supé- 
rieures placées au-dessous du périchèse, on se trouve en pré- 
sence du Dicranum pumiltim Mich., c'est-à-dire que les feuilles 
sont largement ovales à la base et très brièvement et brusque- 
ment lancéolées, telles qu'on les voit sur les échantillons de la 
Floride. Il en est de même de l'échantillon de l'Ohio distribué 
par Sullivant sous le n° 77, et c'est ce qui explique l'erreur dans 
laquelle est tombée Mme Britton, car il est impossible de sup- 
poser que Sullivant avait distribué sous le même numéro et 
dans la même touffe une Mousse que l'on indique comme spéciale 
à l'Ohio et aux États du Nord des Etats-Unis, mélangée à une 
autre qui serait spéciale à la Floride et aux Etats du Sud. 

Les échantillons de Ravenel, provenant de la Caroline du 
Sud, se rapprochent davantage de la forme de la Floride ; tou- 
tefois les feuilles supérieures sont plus grandes, quoique ayant 
toujours, comme celles de cette dernière, la partie supérieure 
du limbe moins longue que la partie basilaire. Et même dans la 
Mousse de Michaux, les feuilles inférieures sont parfois plus 
allongées et se rapprochent ainsi de celles du D. albidum. 

Nous nous trouvons donc en présence d'une seule espèce, 
qui subit dans ses feuilles, comme dans la longueur des tiges et la 
compacité des touffes, des arrêts de développement causés par- 
le substratum, la plupart des échantillons ayant été recueillis 
sur des troncs pourris, condition peu favorable pour le déve- 
loppement d'une plante très avide d'humidité. Ce qui me con- 
firme dans cette opinion, c'est que, dans un échantillon de 
l'Ohio qui paraît avoir poussé sur la terre, les touffes sont plus 
grêles, ont de 4 à 5 cent, de hauteur, et sont garnies de feuilles 
plus espacées entre elles, de même forme et d'égale longueur. 

La Mousse des États du Nord de l'Amérique septentrionale 
serait donc le type de l'espèce. Les échantillons de la Caroline 
établissent un intermédiaire entre ceux de l'Ohio et ceux de la 
Floride, mais on ne saurait en conclure qu'il y a là trois 
espèces : il y a seulement des états intermédiaires. D'où il suit 
que tous les échantillons qu'on trouve dans les herbiers sous les 



E. Bescherelle. — Sur le Leucobryum minus. 101 

noms de D '/cran u m albidum Brid., D. glaucum var. albidum 
Web. et Mohr, Leucobryum vulgare var. minus Hampe, 
L. glaucum var. minus Hpe, L. minus Hpe, L. minus Sull., ne 
sont que des formes plus ou moins différenciées du Brytim 
albidum, glaucum, mimes Dill., et, pour nous placer au cou- 
rant de la nomenclature, du Leucobryum minus (Dill.) Sull., 
dont nous croyons devoir donner la diagnose suivante : 

Leucobryum minus (Dill.) Sull. — Plante dioïque, en 
touffes compactes, à tiges plus ou moins longues, variant sui- 
vant le substraUim de 2 à 4 cent, et au delà, émettant une inno- 
vation sous le périchèse. Feuilles inférieures d'un blanc rous- 
sàtre, glauque, dressées-étalées, les supérieures un peu arquées, 
ovales-lancéolées, longues de 2 à 3 mill. , à base concave égalant 
presque la partie supérieure du limbe dont les marges sont 
brusquement incurvées en forme de tube, largement acuminées 
aiguës, entières, ou présentant quelquefois au sommet 2-3 den- 
ticules souvent peu distinctes; réseau foliaire formé dans les 
feuilles inférieures de deux couches de cellules superposées, 
carrées hyalines (vues en coupe transversale) et à la marge 
d'une seule couche de cellules au nombre de 5-8, les deux 
extrêmes plus étroites et plus longues; cellules chlorophyl- 
leuses carrées, souvent vides. Dans les feuilles supérieures et 
dans celles des jeunes innovations le réseau est composé de 3 à 
5 étages de cellules près des marges et de 2 seulement au milieu 
de la base. Le périchèse, pseudo-latéral par la production d'une 
innovation, dépasse les feuilles comales; elles sont dressées., 
plus longues d'un tiers que les feuilles caulinaires, à base con- 
cave plus allongée, rétrécies en une pointe large lancéolée, 
plane et entière ; la marge est composée de 15-17 séries de cel- 
lules hyalines unistratifiées. La capsule est petite, ovale, tron- 
quée, oblique, d'un roux noirâtre, longue d'un millimètre, 
régulière ou marquée au-dessus du col d'un goitre très peu pro- 
noncé. Le pédicelle varie beaucoup : on en trouve de 2 centi- 
mètres de longueur et quelquefois, dans la même touffe, il ne 
dépasse pas 8 à 10 millimètres. — Le reste comme pour le 
L. glaucum (Linn.). 

Distribution géographique. Europe : Italie, lac Majeur 
(Klein, fide Dom* Britton) ; Amérique septentrionale : Ohio 




102 JOURNAL DR BOTANIQUE 

(Sullivant nn. 77! et 98!); Pensylvanie (Torrey, fide Britton) ; 
Amérique centrale : Mexique (Galeotti! n° 6871). 

Synonymes : Bryum albidum et glaucum, fragile, mi- 
nus Dillen Historia Musçorum, 1741 , Appendix, p. 546, 
tab. LXXXIII. 

Dicramim albidum Bricl. Muscol. récent. (1798) P. I, 
p. 167; Species Musçorum (1806) P. I, p. 205. 

Dicranum glaucum var. albidum Web. et Mohr Bot. Tasch. 
(1807) p. i66; Bridel Bryologia tiniversa (1826) I, p. 409. 

Leucobryum vulgare Hpe var. minus C. Mûll. Linnœa XVIII, 
p. 687 (1844) ; Syn. Musc. I, p. 75 (1849). 

Leucobryum mimes Hpe Mss. in Sull. Moss of U. S. 
p. 24 (1856). 

Leticobryum albidum (Brid.) Lindb. in Mossor. Synon. 
p. 21 (1863). 

Leucobryum minus Hpe, fide Lindb. in Mossorna uti Dil- 
lenii Historia Musçorum p. 35 (1883). 

Leucobryum minus Sull, inLesquereux et James Manual... 
p. 91 (1884). 

Forma pumila. — Tiges ne dépassant guère 2 cent. Feuilles 
caulinaires plus courtes (2 mm. de long, sur 1 de larg.), à base 
plus largement ovale que la partie supérieure, à acumen cucullé, 
incurvé, court, à marge composée d'un plus grand nombre de 
cellules hyalines unistratitiées ; feuilles périchétiales moins 
longues et plus étroites. Périchèse terminal ; pas d'innovations. 

Ces caractères ne sont pas constants, car on trouve souvent 
les feuilles caulinaires inférieures plus allongées et semblables 
à celles du type. 

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. Amérique septentrionale : 
Caroline (Michaux!), Alleghani (Sullivant n° 169), M ts Appa- 
laches (Austin n° 477, fide D œ Britton), Floride (Donnel Smith, 
déc. 1859!), Monticello (L. H. Lighthipe!). 

Synonymes : Bryum {Dicranum?) minus f. pumilum Mich. 
(in Herb. Mus. Par.!). 

Dicranum glaucuih ' : pumilum M\c\\. m Flora bor. Amer. 
II, p. (1803). 

Leucobryum vulgare var. minus Hpe in Linu/ra XIII 
p. 42 (1839) fide D" Britton. 



Nadsaud. — Sur quelques phntes rares de Tahiti. 10-5 

Leucobryum sedi forme Lesq. et James Manual... p. 91 
(1884) fide Britton. 

Leucobryum pumilum (Mich.) Britton, in Bull, of the 
Torrey botan. Club, Vol. XIX (1892) p. 189. 

Forma intermedia. — Feuilles caulinaires inférieures sem- 
blables à celles du type ; feuilles supérieures aussi larges à la 
base et aussi courtes que celles de la forme pumila. 

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. Amérique septentrionale : 
Ohio (Sullivant nn. 77 ! et 98 !), Caroline du Sud (Ravenel! Hb. 
Mus. Par.), Floride (Elias Durand, Hb. Mus. Par. !). 



NOTE SUR QUELQUES PLANTES RARES ou PEU CONNUES 

DE TAHITI 

Par M. le Docteur NADEAUD. 

BlXACÉES. 

Xylosma suaveolens Forster. — Cet arbre est bien connu 
au point de vue botanique depuis que Forster en a donné les 
caractères spécifiques. Je tiens cependant à en parler pour 
rappeler ses qualités tout à fait oubliées depuis le temps de 
Cook. 

Pendant mon premier séjour à Tahiti (1856-1859), un de 
mes guides de montagne, avec lequel j'ai fait trois explorations 
botaniques dans la vallée d'Orofero à Paea, m'avait indiqué le 
nom de Pi'né, comme étant celui sous lequel les Tahitiens con- 
naissaient l'arbre en question, le Xylosma suaveolens. C'est le 
nom que j'ai consigné dans ma brochure Piaules tisuelles des 
Tahitiens (1864). A cette époque les propriétés odoriférantes du 
bois de cet arbre étaient tout à fait inconnues des indigènes. 
Moi-même je ne les ai apprises qu'en compulsant l'ouvrage des 
Forster « Characleres geucium, etc. » à la bibliothèque impé- 
riale de Rio-de-Janeiro en 1860. A l'article 63, après avoir 
indiqué les caractères botaniques du Myroxylon [Xylosma] sua- 
veolens, l'auteur ajoute : « Incolœ hoc ligno oleum Cocos 
nuciferœ odore fragrante inficiunt, eoque capillos inungunt. » 

Aussitôt mon arrivée à Tahiti en 1896, je me suis empressé 



io 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

de vérifier la Note de Forster, et j'ai pu me convaincre que 
l'usage et les propriétés de cet arbre étaient depuis longtemps 
perdus pour les indigènes actuels, ce qui est vraiment surpre- 
nant pour un arbre aussi remarquable que le bois de Santal 
lui-même. Quant au nom de Piné, était-il le vrai nom des an- 
ciens Tahitiens? C'est très probable. En effet, si on consulte le 
dictionnaire tahitien-anglais publié, en 1851, par les Mission- 
naires anglais avec des documents rassemblés plus de vingt- 
cinq années avant la publication, on voit que le mot piné est le 
nom d'un arbre sans autre indication, puis après on lit que le 
mot de piné désigne une coutume barbare qui consistait à frapper 
et à maltraiter les corps de ceux qui étaient morts dans un com- 
bat. D'un autre côté, j'ai vu que le Xylosma, quand on le coupe, 
donne une section d'un rouge sanglant après quelques heures 
d'exposition à l'air, que les feuilles jeunes étaient souvent 
toutes rouges comme le sang, et enfin, que le bois, une fois 
sec, avait la couleur de la chair. C'est donc bien le Xylosma ou 
Myroxylon snaveolens qui est le sanglant, le meurtri, piné. 

Le bois n'a aucune odeur aussitôt coupé, mais en séchant, il 
développe une forte odeur spéciale, que les anciens Tahitiens 
utilisaient pour faire un de leurs monoï ou huile parfumée. 

TlLIACÉES. 

Berrya Tahitensis Drake, Flore de la Polynésie fran- 
çaise. — Grand arbre de 15 m. et plus, bois dur, rougeâtre. 
Feuilles larges, ovales-cordées, à 7 nervures à la base. Jeunes 
rameaux, pédoncules, pétioles et feuilles parsemés de poils 
étoiles. Grappes de fruits de 7 à 8 cent, de long, axillaires, un 
peu plus longues que le pétiole. Fruits au nombre de 1 à 10. Cap- 
sule tomenteuse à poils étoiles, déprimée, à 5 paires de côtes 
saillantes et par avortement 1 à 4; mais même réduites en 
nombre, on y retrouve toujours les traces des 5 loges. Epais- 
seur de la capsule, 12 mm. ; largeur, 22 mm. Chaque loge con- 
tient une seule graine, du volume d'un petit pois, à fond blanc 
parsemé de taches rousses ; funicule entourant la moitié de la 
graine et couvert de poils soyeux, la graine étant tout à fait 
lisse. 

Individu femelle, en fruits, à Tétaraa, vallée de Punaruu, 
20 mai 1896. 



Nadeaud. — Sur quelques plantes rares de Tahiti. 105 

Myrtacées. 

Metrosideros collina Asa Gray. — Il existe au moins 
quatre variétés de cet arbre : 

i° Tomentosa. Variété commune des premières collines. 

2 Glaberrima. Fréquente aussi sur les premières collines. 

3 Obovata. Variété répandue sur les montagnes des envi- 
rons de Mareiati au fond de la vallée de Papenoo. 

4 Myrtiformïs . Feuilles petites, presque orbiculaires, gla- 
bres, mais tomenteuses étant jeunes, ainsi que les rameaux. 
Habite sur les flancs élevés de l'Orohena, au fond delà vallée de 
Punaruu, au lieu dit Vairua. 

ARALIACÉES. 

i° Meryta macrophylla Seeman. — Rencontré sur les 
montagnes des environs de Mareiati, vallée de Papenoo, et à la 
base du mont Orohena. Arbrisseau ou petit arbre de 3 à 4 m. 
Feuilles rassemblées au sommet des rameaux au nombre de 
15 à 20, obovales-aiguës. Pétiole très gros à sa base, long de 
10 à 12 cent., à insertion d'un centimètre de large. Limbe de la 
feuille épais, coriace, opaque, long de 33 à 43 cent., large 
de 14 a 16 cent., à bord sinué-crénelé, à crénelures éloignées. 
Nervure médiane très forte. Fruits disposés par groupes sur un 
pédoncule de 7 cent, en une grappe de 22 cent, de long. 

La longueur totale des feuilles, pétiole compris, est de 47 à 
53 cent. ; certaines sont courtes, elles ont 38 cent. 

2 Meryta Drakeana sp. nov. — Petit arbre à rameaux 
dressés ; feuilles ramassées au sommet des rameaux en plus 
grand nombre que dans les autres espèces tahitiennes, ovales 
lancéolées très longues, ondulées sur le bord. Elles sont presque 
sessiles, le pétiole ne mesurant qu'un centimètre à 17 mm. au 
plus. Leur longueur est de 65 à 75 cent., la largeur de 13 cent, 
et demi. Le limbe est mucroné, lâchement crénelé vers le 
sommet, atténué à la base, de consistance papyracée, trans- 
lucide. 

La nervure médiane est très grosse et très saillante en des- 
sous, canaliculée en dessus dans sa portion inférieure. 

Cette espèce, distincte de tous les Meryta de Tahiti, a été 



io6 IOURNAL DE BOTANIQUE 

trouvée à l'endroit appelé Putè au fond de la vallée de Temarua, 
district de Papara : 29 juillet 1896. 

3 Meryta Mauruensis sp. nov. — Petit arbre à feuilles 
souvent courtes, obovales, presque sessiles, à sommet large, 
brièvement apiculé, opaques. Limbe sub-crénelé à la portion 
supérieure. 

Longueur totale de la feuille, pétiole compris : 17 cent., 
pétiole un centimètre; largeur, 6 cent, vers le sommet et 2 cent. 
à la base. Une grande feuille a donné les dimensions suivantes : 
longueur totale, pétiole compris, 38 cent., largeur vers le 
sommet, 7 cent., à la base, 2 cent, et demi. 

Nervure principale large d'un demi-centimètre, côtes secon- 
daires presque opposées et perpendiculaires à la nervure médiane. 

Habite le Mont Mauru, district de Hitiaa vers 1.200 m. Ré- 
colté le 5 novembre 1896, par M. Temarii. 

Ces trois nouvelles espèces portent à quatre le nombre des 
Meryta de Tahiti, en y comprenant le Meryta lanceolata Fors- 
ter. Tous ces petits arbres possèdent une particularité ; c'est 
la présence de renflements ou nœuds oblongs situés sur la 
nervure médiane des feuilles et quelquefois sur le pétiole lui- 
même. Ces nœuds sont généralement au nombre de 3 ou 4, rare- 
ment 5, et distants les uns des autres de plusieurs centimètres. 

RUBIACÉES. 

Ixora Orohenensis sp. nov. — Arbre de 6 m., tronc à 
côtes saillantes en hélice. Feuilles opposées, ovales aiguës, à 
base arrondie, sub-cordées. Pétiole, 1 cent, et demi ; limbe long 
de 14 à 16 cent., large de 7 à 9 cent, et demi. Stipules de 7 mm. 
ovales aiguës, finement subulées, carénées dans la portion supé- 
rieure, ordinairement croisées en ciseaux. Les stipules et la 
base des jeunes feuilles sont colorées en rouge. Les feuilles du 
sommet des rameaux sont plus petites, souvent cordi formes. 
Fleurs inconnues. Fruits situés sur des pédoncules de 2 et demi 
à 4 cent, à l'extrémité des rameaux. Pédicelles, 3 à 4 en tète, 
longs de 3 mm. Drupe peu charnue, sub-globuleuse, formée de 
deux graines aplaties sur la face intérieure, rugueuses tubercu- 
leuses extérieurement. Cotylédons foliacés parfaitement cordés, 
radicule longue. Episperme blanc semé de points roses. Cica- 



Nadeaud. — Sur quelques plantes rares de TahUi. 107 

trice du calice nue. Les drupes sont toujours irrégulières, 
légèrement inclinées avec une face convexe, et la cicatrice du 
calice rejetée sur le côté. Les fruits sont donc inéquilatéraux. 

En fruit le 21 mai 1896, à la base de l'Orohena. 

Par ses fruits, cette espèce diffère des deux variétés blanche 
et rose de YIxora fragrans. 

Composées. 

Fitchia Temariiana sp. nov. — Petit arbre de 3 à 5 m. 
Feuilles opposées à pétiole jaune embrassant, ovales acuminées 
au sommet, atténuées à la base. Limbe de 9 cent, de long sur 
4 à 4 cent, et demi de large, longuement pétiole, légèrement 
sub-crénelé; pétiole de 5 cent. Pédoncules très longs, de 5 a 
6 cent., réunis quelquefois par deux, souvent munis d'une à 
3 bractées, un peu renflés sous les capitules. Les fleurs sont 
semblables à celles du F. Tahitensis . 

Variété à pétioles rouges : limbe de la feuille obovale acu- 
miné, long de 9 cent, et demi, large de 5 cent. 3 mm., presque 
cordiforme à la base, lâchement denté, sub-crénelé, pétiole long 
de 5 à 6 cent. 

Chez le F. Tahitensis, les pétioles sont longs de 2 cent. ; le 
limbe de 6 cent., avec une largeur de 1 cent, et demi à 2 cent, 
au maximum. 

Les indigènes nomment cet arbre Vaipiirau à cause de la 
couleur jaune des pétioles dont la couleur rappelle celle de la 
sève àwpurau, Hibiscus tiliaceus. Ce n'est que tous les quinze 
ou vingt ans que les gens de Hitiaa vont à la recherche du Vai- 
purau, dont les feuilles odorantes, à odeur plus douce que celle 
du Toromeho {Fitchia Tahitensis) , servent à faire une de leurs 
huiles parfumées dites monoï. Ce n'est qu'après trois jours de 
marche dans les montagnes, souvent sous la pluie, qu'on arrive 
à la station du Fitchia Ten/ariiana, à la base du Mont Mauru, 
vers 1.200 m. et au-dessus. 

Récolté en fleurs le 5 novembre 1896 par M. Temarii. 

GOODÉNIACÉES. 

Temminckia Tahitensis sp. nov. — Petit arbre de 
5 m. de haut, à bois mou. Rameaux un peu pubescents ; feuilles 
alternes, oblongues acuminées au sommet, atténuées à la base, 



io8 JOURNAL DR BOTANIQUE 

sessiles, à insertion demi-amplexicaule, entières dans leur por- 
tion inférieure, lâchement serrées dans la partie supérieure ; 
chaque serrature est marquée d'une petite glande; elles sont 
tout à fait glabres; longueur de la feuille, 10 à 15 cent.; lar- 
geur, 2 à 3 cent., celles de l'extrémité des rameaux, un centi- 
mètre. Les aisselles des feuilles sont munies d'un faisceau de 
poils blancs. 

Inflorescences axillaires, pédonculées, en cymesdichotomes, 
ne dépassant pas le tiers de la longueur des feuilles. Les pédon- 
cules sont courts, pubescents, non comprimés, longs d'un cen- 
timètre et demi, pourvus de deux faisceaux de poils blancs à 
leur base; les pédicelles sont aussi pubescents, grêles et munis 
de deux bractées à la base. 

Les fleurs, longues d'un centimètre et demi, sont jaunâtres, 
très odorantes. 

Calice adhérent, tout à fait glabre, à 5 dents oblongues 
aiguës, glabres extérieurement, de 2 mm. de long, pourvues à 
leur base d'un faisceau de poils blancs intérieurement. 

Corolle à tube long de 12 mm., glabre au dehors ; seules les 
divisions ou lobes de la corolle sont légèrement pubescentes à 
l'extérieur, ainsi que le sillon qui indique la fissure qui doit se 
faire au tube après l'ouverture de la fleur. La corolle est donc 
fendue dans toute sa longueur et les cinq lobes sont rejetés d'un 
même côté. Tout le tube de la corolle est pubescent à l'intérieur 
et les cinq dents sont légèrement ailées. 

Les cinq étamines ont leurs filets glabres et absolument 
libres; les anthères sont aplaties. 

Le style est pubescent, couvert de la base au sommet de 
longs poils blancs ; le stigmate est incliné vers le limbe de la 
corolle et muni d'une indusie très accentuée bordée de lonsrs 
cils blancs. 

Ovaire turbiné, glabre, à deux loges. Le fruit est une drupe 
charnue, noire, aplatie à l'état sec, longue de 12 mm., large de 
7 mm., épaisse de 4 mm., ovoïde, couronnée par les dents du 
calice, atténuée à la base, à 10 côtes, à deux loges mono- 
spermes. 

En fleurs et en fruits le 4 novembre 1896, à Temamaumaa 
vers la base du MontMauru, à 1.200 m., district de Hitiaa. Ré- 
colté par M. Temarii. 



Nadeaud. — Sur quelques plantes rares de Tahiti. 109 

Myrsinéacées. 

Myrsine longifolia Nadeaud. — Petits arbres de 5 à 8 m., 
tronc à diamètre de 5 à 8 cent. Rameaux dressés, peu nombreux. 
Feuilles disposées en un ou deux verticilles vers le sommet des 
rameaux et distants l'un de l'autre d'un à deux décimètres, toutes 
sessiles; les deux inférieures petites, de 7 à 9 cent., les supé- 
rieures longues de 25 à 50 cent., lancéolées aiguës, larges de 
7 à 10 cent., atténuées à la base. Nervure médiane large, sail- 
lante ; nervures secondaires très apparentes sur les deux faces 
du limbe. 

Les fleurs n'ont pas été vues. Fruits très nombreux, situés 
quelquefois entre les verticilles des feuilles, plus souvent au- 
dessous, à 30 ou 40 cent, des rosettes. Les pédicelles sont par 
groupes d'un à cinq, d'un centimètre de long, situés sur des 
pédoncules courts à 2 ou 5 branches. 

Les fruits sont pyriformes, longs de 13 mm., larges de 9 mm., 
verts, semés de points rouges dessus et non dans l'intérieur du 
péricarpe comme chez le Myrsine Tahitensis Asa Gray, dont 
les fruits sont globuleux, déprimés sur les deux extrémités. 
Graines, une à deux. En séchant, les fruits sont cannelés exté- 
rieurement. 

Tous les rameaux qui ont porté des fleurs sont remarquables 
par la présence constante de cinq faisceaux ligneux, composés 
d'un à trois faisceaux secondaires, disposés k égale distance les 
uns des autres en spirale autour de la tige, et faisant saillie sous 
l'écorce, les pédoncules floraux occupant les sillons intermé- 
diaires à ces lignes saillantes. Ces faisceaux ou cordes ligneuses 
sont situés sous l'écorce et tout à fait indépendants du rameau 
lui-même. 

Le port de ce petit arbre, le fruit, les feuilles et la présence 
de ces faisceaux ligneux disposés en spirale et visibles à dis- 
tance, sont suffisants pour distinguer cette remarquable espèce 
de tous les Myrsine Tahitiens. 

Ces petits arbres sont assez rares ; je les ai rencontrés surtout 
à la base du Mont Ereereaoe ou montagne verte au-dessus de 
Papeete, à 1. 100 m., ainsi qu'à Tearapau au delà duMamano. En 
fruits en mai et août 1896. 



no JOURNAL DE BOTANIQUE 

SAPOTACÉES. 

Palaquium? Nadeaudi Drake. — Arbre de iom., écorce 
rouge intérieurement ; bois un peu rouge, très dur. Rameaux 
dressés, tuberculeux en dessous des feuilles sur les points où 
sont insérées les fleurs. Feuilles elliptiques, longues de 8 à 
12 cent., larges de 3 à 5 cent., pétiole de 2 cent, et demi à 4 cent. 
Elles sont atténuées aux deux extrémités, penninerviées à 12 à 
14 nervures de chaque côté, finement réticulées, coriaces, 
luisantes. Pédicelles groupés par 2 à 4, d'un centimètre de 
long, couverts d'un tomentum blanc rougeàtre, coniques, à 
grosse extrémité sous la fleur un peu évasée. Fleurs ouvertes 
larges de 12 mm., d'un blanc verdàtre. Calice à 5 sépales ovales 
aigus, 3 larges et 2 petits, persistant sous le fruit, les 3 exté- 
rieurs pubescents. 

Corolle à 5-6 grands pétales, larges et arrondis, alternant 
avec 5 à 6 pétales plus petits, fimbriés, à 3 dents dont la mé- 
diane plus large. Les grands pétales ont une portion épaisse 
au milieu et sont veinés de lignes blanches, ils sont ovales-obtus 

r 

à sommet élargi et à bords amincis. Etamines, 10 à 12 ; quelques 
filets sont soudés entre eux. Elles sont situées sur deux rangées; 
la rangée interne étant opposée aux petits pétales; elles dépas- 
sent la corolle. Quelques fleurs ont des anthères pétaloïdes, à 
filet large et plat, surmonté de deux anthères et d'un petit 
appendice membraneux. Pollen à grains lisses, allongés et par- 
courus par une ligne obscure au milieu. Style conique, aigu, 
à sommet ponctiforme, légèrement courbé, incliné, un peu 
rosé, n'arrivant pas au niveau des anthères dans la fleur ou- 
verte. 

Ovaire lisse, portant à sa base des crénelures en nombre 
égal aux etamines ; chaque crénelure se termine par un pinceau 
de poils rosés très distincts. Ovules au nombre de 6, correspon- 
dant à autant de loges de l'ovaire. 

Le fruit est une drupe pomiforme, apiculée, de 2 cent. 1/2 
de long, d'un vert tendre, parsemé dans le sens de sa longueur 
de lignes blanches ; il est lisse et la pulpe est gorgée de suc 
lactescent très visqueux, comme chez les autres arbres à gutta. 
La queue du fruit est renflée vers le milieu et se rétrécit sous le 
calfce persistant. Ce fruit est rarement régulier, mais ordinaire- 



Nadeaud. — Sur quelques plantes rares de Tahiti. m 

ment à ventre un peu développé à la base, bossu en arrière et 
en haut. 

La graine, dépouillée de son enveloppe charnue, est adhé- 
rente par sa base à une sorte de réceptacle; elle se présente 
sous la forme d'une noix lisse, couleur havane, ovoïde, irrégu- 
lière, dont l'aspect est celui d'un casque parcouru du haut au 
bas par cinq lignes ou dépressions. Sa base est dérasée, excavée 
et pourvue d'une sorte d'ombilic proéminent. Elle se rompt 
obliquement de la base vers le sommet, en laissant intacte la 
portion adhérente au pédoncule. Cette noix est longue d'un cen- 
timètre et demi et large d'un centimètre. 

Cet arbre est très rare. Dans mon premier séjour à Tahiti, je 
n'avais rencontré qu'un seul pied que j'ai visité bien souvent 
sans pouvoir examiner les fleurs et les fruits. Dans mon dernier 
séjour en 1896, je n'ai pu trouver que deux arbres, dont un sans 
fleurs ni fruits, il habite vers 800 m., dans les ravins du Pinai. 
En fleurs et en fruits, 24 avril et 12 juin 1896. 

Sideroxylon Tahitense sp. nov. — Arbre de 25 à 40 m. ; 
bois blanc jaunâtre, très dur et compact étant vert, devenant 
léger par la dessiccation, à suc lactescent. 

Rameaux dressés, d'un blanc cendré. Feuilles jeunes et 
jeunes rameaux couverts d'un tomentum blanc. Cependant les 
bourgeons et les glomérules où sont insérés les pédicellcs sont 
revêtus d'un tomentum roux. 

Feuilles alternes, coriaces, souvent ondulées, avec un pétiole 
de 1/2 à 2 1/2 cent, de long-. Le limbe décurrent sur le pétiole, 
plus bas d'un côté que de l'autre, est ovale ou obovale, à som- 
met arrondi, mousse, long de 10 à 1 1 cent, et large de 3 à 4 cent., 
avec le bord blanchâtre, de couleur vert foncé, à 10 et 12 ner- 
vures secondaires plus marquées en dessus. 

Les fleurs sont au nombre de 4 à 7 à l'aisselle des feuilles ou 
sur les points OÙ elles ont existé. 

Les pédicelles ont un centimètre de long, sont arqués, in- 
clinés en bas quand ils sont fleuris, et sont couverts d'un tomen- 
tum blanc. 

Calice à 5 sépales ovales, sériceux en dehors, à bord arrondi, 
ciliés légèrement. 

Corolle à 5 grands pétales soudés dans leur moitié inférieure 



ii2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

dépassant les sépales, d'un blanc verdâtre, portant à chaque 
angle un petit pétale étroit soudé au tube de la corolle ; on dirait 
5 filets d'étamines, crochus à leur extrémité. 

Cinq étamines opposées aux grands pétales, soudées à la co- 
rolle. Les anthères sont jaunes, penchées sur le stigmate. 

Ovaire tomenteux, large à la base, à 5 angles arrondis, à 
5 loges uniovulées. Style court, stigmate capité, ponctiforme. 
Fruits inconnus. 

Le 25 avril 1896, j'ai rencontré l'arbre en fleurs jeunes, qui 
sont ouvertes le 8 mai; le 12 juin, une nouvelle visite constate 
que les fleurs sont tombées sans donner de fruits. 

Cet arbre, dont je ne connaissais pas les fleurs dans mon pre- 
mier séjour à Tahiti, se rencontre dans les vallées hautes, vers 
800 à 1.000 m., vallée de Pirae, Arue, Haaripo, Tipaearui, 
Punaruu. 

Apocynacées. 

Geniostoma rupestre Forster. — Je ne mentionne ce 
petit arbre que pour signaler une particularité remarquable de 
son bois. A l'état frais, quand on le coupe, on constate qu'il est 
blanc avec des taches noires disséminées; en séchant, ces taches 
persistent et paraissent disposées sur des rayons concentriques. 

(A suivre.) 



CHRONIQUE. 



M. Gaston Bonnier, professeur de Botanique à la Sorbonne, vient 
d'être élu membre de l 1 Académie des sciences, en remplacement de 
M. Trécul. 

M. Georges Ville, professeur de Physique végétale au Muséum, est 
mort le 22 février, à l'âge de soixante-treize ans. 

M. le D r Paul Taubert est mort de la fièvre jaune à Manaos, le 
i cr janvier, au cours d'un voyage d'exploration dans la région de 
l'Amazone. 

M. le D 1 ' C. von Ettingshausen, professeur de Botanique à l'Univer- 
sité de Graz, bien connu par ses travaux de Paléontologie végétale, est 
mort le 1 e1 ' février, à l'âge de soixante et onze ans. 

Le Gérant : Louis Morot. 



Paris. — J. Merscli, imp., 4"", Av. de Chàtillon. 



il' ANNEE. N° 7. 1" AVRIL 1897. 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



NOTE SUR QUELQUES PLANTES RARES ou PEU CONNUES 

DE TAHITI 

{Fin.) 

Par M. le Docteur NADEAUD. 

Gesneracées. 

Cyrtandra geminiflora sp. nov. — Arbrisseau de 2 à 4 m. ; 
rameaux 4-angulaires, à sommet couvert d'un tomentum noir, 
ainsi que les bourgeons, jeunes feuilles et pédoncules. 

Feuilles oblongues-aiguës. Limbe long de 13 cent, et large 
de 4 à 5 cent. 1/2, entier, vert dessus et blanchâtre en dessous. 
Pétiole de 2 cent. 1/2. 

Deux fleurs axillaires stipevposées. Pédoncule de 17 mm., 
pédicelle d'un centimètre. Corolle blanche, longue de 5 c. 4 mm., 
large de 4 cent., à tube courbé. Disque égal, lisse ou sub-cré- 
nelé, haut de 3 mm. 

Chaque pédoncule porte un seul pédicelle et une seule 
fleur. 

Fruit : baie oblongue-ovale, longue de 2 cent., large de 
8 mm. 

Dans toutes les espèces tahitiennes, les pédoncules sont bi- 
ou pluriflores, jamais géminés. 

En fleurs et en fruits près la grotte d'Anaura, vallée de Te- 
marua, district de Papara, 28 juillet 1896. 

VERBENACÉES. 

Myoporum tenuifolium Forster. — Naiô des Tahitiens, 
ngaio des habitants de Raivavae. Ma collection renferme un 
échantillon de ce petit arbre, qui semble étranger au sol de 
Tahiti, bien que son bois odorant y soit bien connu. Mes échan- 
tillons provenaient de l'île Raivavae, qui est quelquefois dési- 
gnée sous le nom de Vavitu, et qui fait partie des îles australes 
de nos possessions françaises de l'Océanie. Le nom de Naio veut 



„ 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

dire petit et semble la traduction du nom de tenuifolium donné 
à l'arbre parForster. En fleurs et fruits le 15 juin 1896. 

LAURACÉES. 

Hernandia Temarii sp. nov. — Arbre de 15 m., se divi- 
sant très haut, à rameaux dressés. 

Feuilles alternes, dressées le long- des rameaux, sub-coriaces, 
longues de 5 à 8 cent. 1/2 ; larges de 2 à 3 cent. ; pétiole 1 1/2 
à 2 cent. 1/2 ; limbe sinué sub-crénelé dans sa moitié supérieure, 
tout à fait glabre en dessus, à peine pubescent en dessous à l'ori- 
gine des 3 nervures, ainsi que les jeunes rameaux et le dessous 
du pétiole. Ces feuilles sont vertes en dessus et un peu pâles en 
dessous, obovales ou lancéolées, à sommet acuminé arrondi, 
retourné en dessous, nullement peltées. 

Nervures très saillantes, toujours au nombre de 3 à la base 
de la feuille, pétiole légèrement renflé au sommet ; les autres 
nervures, au nombre de 3 à 4, sont alternes, quelquefois oppo- 
sées, et s'anastomosent en grands arcs avant d'atteindre le bord 
du limbe. 

Fleurs en corymbes axillaires. Pédoncule de 3 à 8 cent, de 
long, un peu aplati; pédicelles en général au nombre de 5, avec 
une bractée à la base de chacun d'eux. Le pédoncule est vert 
et les pédicelles d'un blanc grisâtre, tomenteux, longs de 

1 à 1 cent 1/2. Involucre à 4 bractées opposées, 2 ovales d'un 
demi-centimètre, et 2 plus petites oblongues de 3 mm. sur 7 mm. 
Ces bractées plus larges ont deux lignes saillantes sur la face 
supérieure, et les plus petites une seule ligne. 

Fleurs 3 dans chaque involucre, 2 mâles plus grosses, ses- 
siles, et une femelle pédicellée plus petite, rarement 2 mâles et 

2 femelles. 

Fleurs mâles : périanthe à 4 divisions extérieures, larges, 
ovales-aiguës, 4 à 5 intérieures plus courtes et plus étroites; 
4 à 5 étamines à filet claviforme, chaque filet muni d'une glande 
de chaque côté. 

Fleurs femelles : 4 à 5 divisions extérieures plus larges, gri- 
sâtres, tomenteuses, ovales-oblongues, larges de 4 mm., longues 
de 8 mm. Les 4 à 5 divisions intérieures sont longues de 6 mm. 
et larges de 2 1/2 à 3 mm. ; deux d'entre elles un peu crochues. 
Style gros, incliné, à tube poilu extérieurement, stigmate ca- 



Nadeaud. — Sîir quelques plantes rares de Tahiti. 115 

pité, infunciibuliforme, obscurément 4-lobé, fendu sur le côté 
jusqu'au centre, blanc, très lisse, à bords retournés. 

Calicule tomenteux, long de 4 à 5 mm., pédicule, campa- 
nule. Rudiments des étamines (staminodes), 4 à 5, globuleux, 
très lisses. 

Fruit pédicule, longueur du pédicule, 4 mm. ; calicule long 
de 1 à 1 cent. 1/2 au plus, large de 1 cent., campanule, à rebord 
évasé, retourné en dehors, à base arrondie avec un rétrécisse- 
ment qui précède le bord ou ouverture, celle-ci large d'un cen- 
timètre, de couleur vert-blanchâtre, parcouru par des lignes ou 
nervures verdàtres se divisant et s'anastomosant un peu avant 
d'arriver au bord. 

Graine incluse dans le calicule, noire, couronnée par la cica- 
trice du calice caduc, pédiculée très brièvement, à peine longue 
d'un centimètre, ovoïde, à grosse extrémité inférieure lisse ; le 
sommet, moins gros que la base, est précédé d'un rétrécissement 
et présente une série de tubercules irréguliers au nombre 
de 6 à 8. 

En fleurs le 8 mai et le 12 juin ; fruits mûrs le 12 août 1896. 
Habite les ravins et les précipices du Pinai, à 800 m. 

EUPHORBIACÉES. 

Acalypha Lepinei Mûll. — Variété à rameaux noirs, rou- 
geâtres; feuilles, inflorescences mâles, nervures et limbe tout à 
fait rouges. Pétiole long de 6 cent, et limbe de 16 à 20 cent. 

Petits arbres des vallées hautes de l'Orohena, en fleurs le 
21 mai 1896. 

Macarang-a Harveyana Mûll. — J'ai constaté la présence 
de ce petit arbre sur les montagnes de Mareiati, au fond de la 
vallée de Papenoo; il était sans fleurs ni fruits : 13 mai 1896. 

LlLIACÉES. 

Gordyline terminalis Kunth. — D'après la Flore des 
Fidji, page 311, Solander a signalé à Tahiti 6 variétés du Ti des 
habitants. 

En résumé, deux sont à retenir, une blanche et une rouge. 
La blanche, plus commune, se voit dans toutes les vallées et sur 
toutes les montagnes ; elle est souvent cultivée dans les enclos 
de la plage. Le variété rouge est beaucoup plus rare; je l'ai vue 



n6 JOURNAL DE- BOTANIQUE 

dans les montagnes de Hitiaa, dans la grande vallées de Vahi et 
dans les vallées hautes de Maioro à Tevaoraa, où, après bien des 
recherches, j'ai pu enfin rencontrer un fruit presque mûr, de 
forme triangulaire, d'un rouge noir surtout sur l'une des faces. 
Les pétioles dressés, ailés, sont rouge vineux sur les bords, 
ainsi que la feuille qui est lancéolée et non élargie, obovale vers 
le sommet, ainsi que cela se voit dans le Ti ordinaire. J'ai ren- 
contré aussi cette variété rouge dans les montagnes du fond de 
la vallée de Temarua à Papara. 

Une troisième variété est indiquée dans la presqu'île de 
Taiarapu au lieu dit Tepari ; elle a les feuilles frisées. 

Il est à remarquer que le Cordyline terminalis ne donne pas 
de fruits à Tahiti. Avant ma dernière visite dans cette île, j'avais 
chargé plusieurs habitants de rechercher ces fruits ; ce fut en 
vain. Pendant mon séjour, j'ai examiné un grand nombre de Ti 
en fleurs et je n'ai pas vu un fruit. 

Pandanacées. 

Freycinetia demissa R. Br. et Benn. — Variété violette. 
Je ne mentionne cette espèce que pour indiquer la coloration 
violette des tiges et de la base des feuilles, qui se rencontre 
chez un grand nombre de plantes dans l'intérieur, spécialement 
au fond de la vallée du Punaruu, dans les montagnes de Hitiaa, 
et même en certaines vallées du mont Ereereaoe, au-dessus de 
Papeete. 

ARACÉES. 

Gyrtosperma Merkusii Schott, Variété gigantea. — 
Plante acaule, feuilles dressées, souche tubéreuse très volumi- 
neuse. 

Feuilles très longues, de 4 m. 15 cent, de long et souvent 
plus; pétiole, 3 m. 30 cent., lobe médian, o m. 85 cent., hastées- 
sagittées. Le pétiole estgéniculéà 12 cent, au-dessous du limbe ; 
il porte à sa base quelques aiguillons peu nombreux; sa circon- 
férence à la base est de 30 cent. Les nervures sont très larges et 
aplaties sur la face supérieure du limbe et très saillantes sous 
forme de lames en dessous de la feuille. 

Les pédoncules radicaux ou hampes, au nombre de deux, 
sont longs de 1 m. 85 cent., fleurs comprises, la longueur de la 



Nadeaud. — Sur quelques plantes rares de Tahiti. 117 

spathe étant de 35 cent., la circonférence des pédoncules est de 
8 cent, et demi. 

Spathe longue de 35 cent, avec une circonférence de 22 cent., 
ouverte sur une longueur de 25 cent., fermée quoique fendue 
dans sa portion acuminée, longue de 10 cent. Elle est de couleur 
violette parcourue par des lignes blanches à l'extérieur, et 
blanche intérieurement. 

Spadice porté sur un support de 2 cent, et demi en avant et 
1 cent, et demi en arrière, vert violacé à la base. Ce spadice est 
cylindrique, long de 15 cent, dans sa portion florifère, avec 
une circonférence de 7 cent, et demi. 

Le périanthe est formé de 6 écailles épaisses au sommet, 
minces à la base, d'un rose violacé, formant une mosaïque. 

Etamines 6, formées d'un filet blanc, aplati et large, ter- 
miné par un léger connectif rouge qui porte les deux anthères. 
Ces dernières, jaunes, cylindriques, distinctes à leur sommet, 
ouvertes obliquement de dedans en dehors par une fente ou 
pore ovoïde. Filet long de 4 à 5 mm., large de 2 mm. Ovaire 
uniloculaire à trois ovules allongés. 

En fleurs le 23 juillet 1896, dans les marais du littoral de 
Hitiaa. 

Très répandue dans la vallée de Papeiha au lieu dit 
Manenu. 

J'ai examiné des Cyrtospcrma Merkusii provenant de vallées 
sèches; les dimensions étaient beaucoup moindres et les prtioles 
plus garnis d'aiguillons. Les habitants de Tahiti désignent 
cette plante sous le nom de Mao/a. A Raiatea et dans les autres 
îles de la Société, le nom indigène est Apeveo. 

Les souches se mangent malgré la difficulté de les faire 
cuire, et les pétioles servent à préparer une paille pour les cha- 
peaux. 

Fougères. 

Les arbres Fougères de Tahiti. Les arbres Fougères sont 
très fréquents sur les hauts sommets de toute l'île. Ils sont re- 
présentés par trois espèces bien distinctes : 

i° Gyathea Societarum Baker. — Tronc très gros ; 
frondes à rachis d'un vert blanc très rugueux, garni d'aspérités 
tuberculeuses en dessous. Au-dessus, ce rachis et ses divisions 



n8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

sont couverts de poils roux un peu jaunes. Souvent les pétioles 
ont 2 à 3 m. et l'ensemble de la fronde atteint 6 à 7 m., avec des 
pinnes de 55 cent., les pinnules ont 11 à 12 cent, de long et 
3 cent, et demi de large. (Ces mesures prises sur un sujet des 
crêtes, moins fort que ceux des hautes vallées.) Segments ayant 
2 cent, de long et 3 mm. de large, les stériles, un demi centi- 
mètre. Les segments s'entrecroisent sur le rachis secondaire de 
manière à le couvrir complètement ; de plus ils sont redressés et 
donnent à la fronde un aspect frisé d'un vert clair. 

Les sores sont couverts d'une indusie complète et occupent 
à peine la moitié de la longueur des segments. Dans la portion 
inférieure des pinnules, les segments sont tout à fait séparés et 
quelquefois, auprès du rachis, ils sont crénelés et auriculés. 

Le bourgeon terminal est constitué par cinq grandes frondes 
séparées par cinq petites, couvertes de poils roux clair, absolu- 
ment de la couleur du poil de bœuf. La section du pétiole 
montre les lio-nes des faisceaux vasculaires différentes de celles 
du Cyathca affinis. Enfin la vernation des frondes est articulée, 
c'est-à-dire que le pétiole se détache nettement du tronc. 

2° Gyathea affinis Backer. — Tronc très élevé, moins 
gros que dans l'espèce précédente. Les frondes et les pinnes 
moins grandes ; rachis lisse, de couleur noir acajou ou rouge 
noir. Le dessus des frondes est presque noir, les pinnes et pin- 
nules sont couvertes de poils d'un rouge noir ; les divisions des 
frondes sont plus petites dans toutes leurs dimensions que chez 
l'espèce précédente. 

Les sores occupent les deux tiers des segments. 

La vernation des frondes est adhérente, c'est-à-dire que les 
pétioles des frondes sont persistants dans leur portion inférieure 
et constituent sur le tronc un revêtement très caractéristique, 
étant superposés et disposés en six lignes très régulières. 

Le bourgeon terminal est composé de trois grosses frondes 
alternant avec trois petites et couvertes de poils ou écailles très 
noirs. 

3 Hemitelia Tahitensis Baker. — Cette espèce est bien 
distincte des Cyathca ; le tronc est moins gros, ordinairement de 
6 cent, et demi de diamètre, souvent aussi élevé que celui des 
Cyalhea. Les frondes sont légères et délicates, le bourgeon ter- 



Nadeaud. — Sur quelques plantes rares de Tahiti. 119 

minai est dépourvu de poils, quelques écailles larges et plates 
se voient seulement sur les jeunes frondes et constituent le 
bourgeon. 

Bulbes des arbres Fougères. Pendant mon dernier séjour à 
Tahiti, j'ai fait des recherches sur les bulbes des arbres Fou- 
gères. La présence de ces bulbes n'est pas une exception, c'est 
la règle dans les trois espèces tahitîennes. 

Chez le Cyathea Societartim et YHemitelia Tahiïensis, ces 
bulbes très volumineux poussent au-dessous de la couronne des 
frondes ; chez le Cyathea affinis, au contraire, jamais on ne les 
rencontre en ce point; ils poussent sur la portion inférieure du 
tronc près de la terre, s'élèvent quelquefois jusqu'au milieu du 
tronc, mais n'arrivent jamais plus haut que 1 à 2 m. au-dessous 
de la couronne et encore en ce point sont-ils très petits. 

Il y a donc chez ces trois espèces tahitiennes un mode de re- 
production spécial et rapide autre que la germination des 
spores et qui fait penser à ce qui devait se passer à l'époque de 
la houille chez les grandes espèces des arbres Fougères dont la 
race a disparu. 

Voici quelques mesures qui peuvent donner une idée de ces 
bulbes. 

i° Cyathea Societarum . Bulbes gros et courts, couverts de 
poils roux-clair, à pédoncule très court, presque sessiles, brus- 
quement apiculés, au nombre de 3 à 7, quelquefois de 10 à 12 sur 
un seul tronc. Ces bulbes émettent des frondes et tombent quand 
le vent agite les troncs ; à terre, ils prennent racine et se déve- 
loppent rapidement. 

Longueur des bulbes, 16 à 17 cent. ; circonférence, 27 cent. 

2 Cyathea affinis. Bulbes cylindriques pas très gros, fixés 
au tronc par un pédoncule très petit et très dur, de 2 à 3 mm. 
Circonférence, 5-8-15 cent., longueur, 4-9-22 cent, et plus. Ils 
sont tout à fait ligneux. La base adhérente des petites frondes 
prend une forme arrondie, très saillante. La direction de ces 
bulbes par rapport au tronc est d'abord inclinée vers la terre, 
puis se relève à leur extrémité. Leur nombre est très grand, mais 
on doit les rechercher près de terre plutôt que sur le tronc, et 
jamais ils ne se rencontrent au-dessous de la couronne des 
frondes. Les bulbes que j'ai rapportés donnent l'idée d'un épi 



i2o JOURNAL DE BOTANIQUE 

de Maïs dont la base des pétioles représenterait les grains sé- 
parés les uns des autres. 

3° Hemitelia Tahitensis. Dans cette espèce, les bulbes sont 
toujours nombreux, souvent 6,7 et même 10,12. lis sont plus 
longuement pédoncules que ceux du Cyathea Socieiarum, de 
forme oblongue, la grosse extrémité attenant au tronc par un 
pédoncule de 1 cent, à 1 cent, et demi, de couleur noire et sans 
poils, sans écailles, tout à fait nus. 

Longueur, 26 à 32 cent. ; circonférence, 18 à 22 cent, pour 
la grosse extrémité, et 8 cent, pour la petite. 

Les bulbes du Cyathea a/finis sont ligneux et coriaces, très 
durs. Ceux des Cyathea Societarum et Hemitelia Tahitensis 
sont au contraire charnus, ayant la consistance de la Pomme de 
terre. Aussi ces derniers étaient-ils mangés jadis par les vaincus, 
les titi, qui, fuyant pour échapper à leurs vainqueurs dans les 
refuges inaccessibles des montagnes, n'avaient pas le temps de 
faire cuire leurs aliments. Ils mangeaient donc les huareru; c'est 
le nom que les anciens Tahitiens donnaient aux bulbes des 
arbres Fougères ou Maman , terme qui désigne les trois espèces. 

Angiopteris alata sp. nov. — Dans mon Enumération des 
plantes indigènes de Tahiti, n° 202, j'avais indiqué cette espèce 
sous le nom à 1 A. longifolia Hook et Grev. 

Pendant mon dernier séjour à Tahiti, j'ai vu de nombreux et 
très beaux sujets de cette Fougère qu'il m'a été facile de com- 
parer à l'espèce ordinaire sur place, dans la même vallée. Mon 
avis est qu'il y a là une espèce ou variété distincte de VA. evecta. 

Frondes très grandes, dressées, moins étalées que dans l'es- 
pèce vulgaire, pétiole plus grêle. 

Rachis secondaires ailés ou marginés ; pinnules secondaires 
oblongues, acuminées comme dans l'espèce ordinaire, mais plus 
étroites en général, caractérisées par des sporanges tout à fait 
rapprochés du bord et moins nombreux en même temps que 
moins volumineux, 7 à 9 au lieu de 13-15 et plus. Les souches 
sont moins volumineuses. 

Vallées de Puaa, à 1.000 m. Mai 1896. 



L. Gaucher. — Sur l'ovaire du Punica Granatum. 121 

SUR LE DÉVELOPPEMENT 

DE L'OVAIRE DU PUNICA GRANATUM 

Par M. Louis GAUCHER. 

La structure singulière de l'ovaire du Grenadier (Punica 
Granatum L.) est décrite dans tous les ouvrages élémentaires 
de Botanique, sans y être expliquée. Quant aux données orga- 
nogéniques que l'on trouve à cet égard, éparses dans divers 
traités, elles m'ont paru assez obscures pour que j'aie cru utile 
de les résumer d'une manière aussi concise et aussi claire que 
possible, en les confirmant par quelques observations person- 
nelles, et en en facilitant l'intelligence par quelques dessins 
demi-schématiques. 

L'ovaire des Granatées est, comme on sait, un ovaire infère 
contenant deux étages déloges, l'un, l'étage supérieur, compre- 
nant 5 loges avec des placentas pariétaux, l'autre, l'étage infé- 
rieur, renfermant 3 loges seulement avec une placentation axile 

(%• 5 et 7)- 

Tour à tour, Lemaout (1), Payer (2), Berg (3), F. Nie- 

denzu (4), Eichler (5) ont expliqué cette anomalie. Mais les 

indications de Payer, basées sur l'étude du développement de 

cet ovaire, m'ont paru les plus complètes à cet égard. 

Si, comme il l'a fait, on observe un jeune bouton de Grena- 
dier ayant à peine 3 à 4 millimètres de hauteur, on voit (fig. 1), 
au centre de la fleur, le réceptacle se creuser d'une cavité fi, 
autour de laquelle se montrent bientôt cinq petits mamelons s, 
soudés les uns aux autres. Ce sont les rudiments des stigmates. 
Sur la paroi de cette cavité qui devient de plus en plus profonde, 
et sous chaque mamelon, se produisent cinq dépressions qui 
donneront autant de cavités nouvelles /au-dessous de la pre- 
mière. C'est là la première indication des loges ovariennes supé- 
rieures. 

Un canal stylaire (fig. 2, si) se développe ensuite, surmonté 

1. Lemaout, Leçons élémentaires de Botanique, t. I, pp. 358-360. 

2. Payer, Traité d'organo génie comparée de la fleur, pp. 465-460. 

3. Berg-, Myrtacearum /loris explicationis historia (in Flora brasiliensis, 
Vol. XIV, pars I, p. 6). 

4. F. Niedenzu, in Entier et Prantl, Die natiïrlichen Pflanscnfamilieti, 
fasc. 72, p. 22, Punicées. 

5. Eichler, Bli'ttheudiagramme, T. 2, pp. 488-489, Granatées. 



122 JOURNAL DE BOTANIQUE 

par les stigmates ^ qui se recouvrent de papilles. Pendant ce 
temps, les loges de l'ovaire se garnissent d'ovules o sur leur 
paroi interne. A ce moment, la placentation est donc axile 

(%• 3,/)- 

Bientôt le tissu périphérique du réceptacle floral, s'accrois- 

sant d'une façon exagérée, gagne surtout dans le sens de la 
hauteur et entraîne avec lui, dans cette sorte de mouvement, 
les loges ovariennes qui deviennent d'abord horizontales, tandis 
que leurs placentas sont basilaires (fig. 4). Puis, cet accroisse- 
ment s'accentuant davantage, les loges viennent à nouveau se 
placer dans une position oblique par rapport à Taxe floral, 
ayant ainsi décrit un angle d'un peu moins de 180°. Dans ce 
mouvement, les placentas, d'axillaires qu'ils étaient, sont deve- 
nus pariétaux (fig. 5). Toutefois cette placentation pariétale 
n'est qu'apparente : les phénomènes organogéniques que l'on 
vient de suivre montrent suffisamment qu'en réalité ces pla- 
centas ont bien la valeur de placentas axiles. 

Les premières phases de ce processus se retrouvent dans le 
développement du second étage de loges. A peine les loges de 
l'étage supérieur sont-elles indiquées, que la cavité centrale qui 
a été leur point de départ se creuse plus profondément, au-des- 
sous d'elles (fig. 6, fi), et donne naissance à trois cavités nou- 
velles /' qui, en se garnissant d'ovules sur leur paroi interne, 
vont constituer l'étage inférieur des loges de l'ovaire (fig. 3, /'). 

Mais ici, on ne constate pas ce mouvement de bascule, 
mouvement apparent en somme, que nous avons décrit à propos 
de l'étage supérieur ; l'hypertrophie des tissus externes paraît 
s'arrêter au-dessus de l'étage inférieur, dont les loges restent 
dès lors en place, conservant toujours leur placentation axile. 

Toutes ces phases peuvent assez facilement être suivies en 
examinant des coupes longitudinales faites dans des fleurs d'âges 
différents (1). 

L'ovaire se développe d'une façon analogue chez le plus 
grand nombre des Ficoïdes et chez les Mélastomacées appar- 
tenant aux genres Kibessia et Pternaridra. Toutefois, il n'y a 
chez ces plantes qu'un seul étage de carpelles, et ces carpelles 

1. Dans une variété connue sous le nom de Punica Granatum ftavum, il y 
a trois étages de loges au lieu de deux. L'étage moyen, comme l'étage supérieur, 
change la direction de ses loges; seul l'étage inférieur reste en place. 



L. Gaucher. — Sur l'ovaire dit Punica Granatum. 



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Lt- Qûiicliet dd. 




Fig. i, 2, 4, 5, 6. — Coupes longitudinales de boutons de la fleur du Grenadier à différents 
âges: cal, calice; cor, corolle ; et, étamines; s, stigmates; st, canal stylaire ; o, ovules 
/, loges ovariennes de l'étage supérieur; /', loges ovariennes de l'étage inférieur; p, ca- 
vité creusée dans le réceptacle. 

Fig. 3. — Diagramme de l'ovaire, correspondant aux fig. 2 et 6. La flèche indique le sens 
suivant lequel la coupe a été faite dans la fig. 6; dans la figure 2, plus schématique, 
de même que dans les fig. 4 et 5, les loges ovariennes ont été représentées de part et 
d'autre de l'axe médian, bien qu'en réalité une seule loge dût y figurer, ces loges étant 
en nombre impair. 

Fig. 7. — Diagramme complet de la fleur adulte. 



124 JOURNAL DE BOTANIQUE: 

se retournent comme ceux de l'étage supérieur du Punica 
Granatum. 

J'ai suivi le développement du Mesembryanthemum violacé um 
où, en même temps que le retournement des placentas, j'ai pu 
constater l'écartement des faisceaux libéro-ligneuxqui, d'abord 
voisins de l'axe floral pour se rendre vers le milieu du placenta, 
suivent ce dernier dans son mouvement et se rapprochent de la 
périphérie de la fleur. 

Il ne m'a pas été possible de faire la même observation dans 
la fleur du Grenadier; les faisceaux libéro-ligneux y forment 
un réseau très serré, dans lequel il est bien difficile de distin- 
guer les faisceaux principaux qui se rendent aux placentas. 



NOTE SUR LES ARALIEES 
DES ILES DE L'AFRIQUE ORIENTALE 

(Fin.) 

Par M. E. DRAKE DEL CASTILLO. 

(PI. MIL) 

IV. — Cussonia. 
Synopsis des espèces émimérées. 

Fleurs en ombellules réunies en grappe ou en ombelle. 

Feuilles digitées. ...... i. C. Bojeri Seem. 

Feuilles unifoliées 2. C. monophylla Baker. 

Fleurs en épis réunis en grappe. 

Folioles cunéiformes 3. C. Vantsilana Baker. 

Folioles linéaires-oblongues. . 4. C. racemosa Baker. 

Fleurs en épi simple, cylindrique. 5. C. Boivini sp. nov. 

1. G. Bojeri Seem., vnjourn. Bot. (1866), 298. 
Madagascar {Boj'er ! Baron ! Le Myre de Vilers ! ) . 

2. C. monophylla Baker, in Jouru. Liiin. Soc, XX, 155. 
Madagascar (Baro/i 1279 !). 

3. G. Vantsilana Baker, /. c, 156. 
Madagascar {Baron 10 16 !). 

4. G. racemosa Baker, /. c. 

Madagascar : forêt d'Andrangaloaka {Hildebrand 3681 !) ; 
sans indication de localité {Baron 2015). 



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E. Malinvaud. — Nouvelles florisiiques. 125 

5. G. Boivini sp. nov. (PL III). 

Frutex glaber, foliis digitatis, foliolis 7, inferis (5 cent. Ion- 
gis) lanceolatis incisis, ceteris multo (ad 20 cent.) longioribus, 
pinnatisectis vel pinnatis, segmentis vel pinnis lanceolatis inci- 
sis, rachi inter segmenta vel pinnas alis superne truncatis inferne 
decurrentibus instructa. Spicae simplices, cylindricse, peduncu- 
latae (ad 20 cent, longse), versus apicem ramorum axillares,basi 
bracteis 2 vaginantibus sufFultae. Flores numerosi, sessiles. Ca- 
lycis tubus oblongus inferne attenuatus 5-costatus, limbus bre- 
viter et obscure 5-lobus. Discus crassus. Staminum filamenta 
valdeinflexa. Styli brèves. Bacca turbinata obscure 5-gona su- 
perne in medio convexa. 

Iles Comores [Boivin ! Humblot 179). 

Voisine du C. spicata Thunb., cette espèce s'en distingue par ses 
feuilles plus incisées, et par ses épis simples et non réunis en ombelle. 

Rectification. 

Une légère confusion qui s'est glissée dans les collections 
de Boivin m'a fait décrire inexactement les feuilles du Pana» 
Bernieri. Les folioles sont non pas ovales-oblongues, large- 
ment cordées, mais obovales-oblongues, atténuées inférieure- 
ment et faiblement émarginées au sommet; elles sont un peu 
coriaces ; à la partie inférieure du pétiole sont adnées de larges 
stipules semi-lancéolées, engainantes à la base. 

Malheureusement l'unique échantillon sur lequel on puisse 
observer des feuilles ne semble pas avoir atteint un développe- 
ment normal : ces feuilles sont courtes et ne portent que 
cinq folioles. 

En outre, le P. Bernieri 'a été trouvé à l'île de la Réunion 

et non à l'île Maurice. 



NOUVELLES FLORISTIQUES 

Par M. Ernest MALINVAUD. 

Un Gagea nouveau pour la flore française. 

A la séance du 12 mars dernier, le Gagea foliosa Rœm. 
et Sch., récolté aux environs de Béziers et nouveau pour la 



i zô JOURNAL DE BOTANIQUE 

France, a été présenté à la Société botanique au nom du Frère 
Sennen, directeur de l'Ecole des Frères à Prades, sagace obser- 
vateur et l'un des botanistes herborisants les plus zélés de notre 
région méridionale. 

Voici la diagnose de cette petite Liliacée : 

Deux bulbes enveloppés dans une tunique commune. Feuilles 
radicales deux, linéaires lancéolées ou filiformes canaliculées ; 
les florales alternes et assez écartées, ou rarement subopposées, 
glabres ou ciliées, lancéolées acuminées, l'inférieure plus longue. 
Ordinairement i à 3 fleurs, à pédicelles grêles, simples ou ra- 
raeux, munis de bractéoles très étroites, assez souvent velus. 
Divisions périgonales jaunes, linéaires oblongues subobtuses, 
glabres ou un peu velues à la base. Anthères ovales, fdaments 
plus courts que le tiers du périgone. Capsule obcordée, près de 
deux fois plus courte que le périgone. 

Le Gagea folïosa est très voisin du G. arvensis, dont il se 
distingue surtout par son ombelle pauciflore, par ses feuilles 
caulinaires le plus souvent alternes et écartées, par son périgone 
à divisions moins aiguës. Cependant, quand on examine de nom- 
breux individus, on en trouve qui semblent établir le passage 
entre les deux espèces, et il est possible que la première ne soit 
qu'une race austro-orientale de la seconde. On la connaissait en 
Grèce et en Sicile, et l'observation du Frère Sennen agrandit 
notablement au nord-ouest l'aire géographique de cette plante. 
On l'a rencontrée, depuis sa découverte, dans plusieurs localités 
de l'Hérault. L'exemplaire présenté à la Société botanique pro- 
venait des garigues situées entre Poussan, Bayssan et le Nègre, 
campagnes des environs de Béziers. 

Il est vraisemblable qu'on retrouvera le Gagea foliosa sur 
d'autres points du midi de la France, où peut-être on ne l'a pas 
distingué du G. arvensis. 

Le Gérant : Louis Morox. 



Paris.— J.Merscn J imp.,4***,Av,deChâtillon. 



n e ANNÉE. N° 8. 16 AVRIL 1897. 

JOURNAL DE BOTANIQUE 

SUR LES CARACTÈRES 
ET LES AFFINITÉS DES GRUBBIACÉES 

Par M. Ph. VAN TIEGHEM. 

La petite famille des Grubbiacées ne comprend que les deux 
genres Grubbia et Ophira, qui sont des arbustes originaires du 
Cap. Créé par Berg en 1767 (1), le genre Grubbia a pour type 
le G. rosmarinifolia Berg, auquel se rattachent le G. hirsuta 
E. Meyer et le G. piiu'folia Sonder, toutes plantes qui ont les 
fleurs disposées en une triade sessiie à l'aisselle des feuilles. 
Donné d'abord par Burmann en 1771 au Grubbia de Berg (2), le 
nom & Ophira a été attribué par Lamarck en 1793 (3) à une 
plante bien différente, MO. stricto, Lam., où les fleurs sont dis- 
posées à l'aisselle des feuilles en épis de triades, et où les brac- 
tées mères s'accroissent, s'épaississent, se lignifient et se sou- 
dent, de manière que le fruit composé qui en résulte ressemble 
à un cône globuleux de Cyprès. 

Ces deux genres ont été confondus en un seul, sous le nom 
de Grtibbia, par tous les botanistes, à l'exception de Decaisne 
qui, dès 1839, les déclarait bien distincts, et de Klotzsch qui, la 
même année, séparait de nouveau le second du premier en le 
désignant, bien inutilement, sous le nom de Strobiiocarpus (4). 

Dans l'appréciation de leurs caractères et de leurs affinités, 
ces plantes ont eu à subir toute une série de vicissitudes, que l'on 
peut rattacher à trois époques. 

Dans la première, on leur attribuait un ovaire uniloculaire à 
placente central libre portant deux ovules pendants. Par suite, 
on les incorporait plus ou moins intimement aux Santalacées, 
tantôt en les intercalant directement aux autres <renres de la 
famille (Bartling, 1830) (5), tantôt en les regardant comme une 

1. Berg, Plant. Cap., p. 90, t. 2, 1767. 

2. Burmann in Linné, Mantiss., p. 229, 1771. 

3. Lamarck, Encyclopédie, Bot., II, p. 432, pi. 293, 1793. 

4. Klotzsch, Bemerkungen sur Gattung Grubbia (Linnaea, 1839, p. 380). 

5. Bartling, Ordines nat. plantarum, p. 113, 1830. 



128 JOURNAL DE BOTANIQUE. 

tribu distincte, les Ophirées (Reichenbach, 1828) (1), tantôt en 
les considérant comme une famille autonome, placée tout à côté 
des Santalacées (Endlicher, 1837) ( 2 )- 

La seconde période commence avec Decaisne. Cet éminent 
botaniste a remarqué, dès 1839, que l'ovaire de ces plantes est 
biloculaire et renferme dans chaque loge, attaché au sommet de 
la cloison, un ovule pendant anatrope. En conséquence, il les a 
d'abord retirées de la famille des Santalacées ou de son voisi- 
nage. Puis, cherchant à en fixer les véritables affinités, c'est 
parmi les Dialypétales inférovariées, à côté des Hamamélidacées 
et des Bruniacées, mais plus près de la seconde famille que de la 
première, qu'il a été conduit à les placer (3). 

A la suite de cette importante observation, les botanistes 
qui ont suivi ont donc d'abord classé ces genres, les uns parmi les 
Bruniacées (Arnott [1840], Endlicher [1841], Lindley [ 1847'j, 
Agardh [1858], etc.), les autres parmi les Hamamélidacées 
(Gardner [1849], Sonder [1861], etc.). 

Puis, il s'est fait une réaction, inaugurée par A. de Candolle. 
Dans sa monographie du Prodrome, publiée en 1857 (4), ce savant 
botaniste, tout en admettant sur l'autorité de Decaisne la bi- 
locularité primitive de l'ovaire, que, faute de fleurs jeunes, il n'a 
pu observer lui-même, n'en regarde pas moins cet ovaire comme 
devenant plus tard uniloculaire avec une sorte de placente cen- 
tral libre. Aussi classe-t-il de nouveau les Grubbiacées à côté 
des Santalacées, en ajoutant, il est vrai, ce qui peut paraître 
étrange, qu'elles tiennent le milieu entre les Santalacées et les 
Bruniacées. 

Les auteurs qui ont suivi ont été plus loin dans cette voie 
et, sans plus parler de la bilocularité de l'ovaire que si elle 
n'avait jamais été constatée, ils se sont tous accordés à dire que 
l'ovaire de ces plantes est, en définitive, uniloculaire avec un 
placente central libre, portant au sommet deux ovules pendants, 
que l'un d'eux, M. Hieronymus, déclare même être orthotropes 
et dépourvus de tégument. Aussi, sans plus s'inquiéter ni des 
Hamamélidacées, ni des Bruniacées, rattachent-ils de nouveau 

1. Reichenbach, Couspcctus regni vegei., I, p. 79, 1828. 

2. Endlicher, Gênera plantarum, p. 327, 1837. 

3. Decaisne, Sur les affinités des genres Pseudanthus et Grubbia (Ann. des 
Se. nat., 2 e série, XII, p. 157, 1830). 

4. A. de Candolle, Prodromus, XIV, p. 017, 1857. 



Ph. Van Tieghem. — Sur les caractères des Grubbiacées. 129 

ces plantes aux Santalacées, soit comme tribu distincte dans 
cette famille (Bentham et Hooker, 1883) (1), soit comme tribu 
des Loranthacées à côté des Santalacées, considérées aussi 
comme une tribu de cette famille (Bâillon, 1892) (2), soit comme 
famille autonome à côté des Santalacées (M. Hieronymus, 
1889) (3). En sorte que cette troisième période remet les choses 
tout simplement dans le même état que la première, et marque 
ainsi sur la seconde un progrès à rebours. 

Aussi profonde que persistante, cette divergence de vues au 
sujet des caractères floraux, et par suite au sujet des affinités 
de ces plantes, rendait nécessaire un nouvel examen de la ques- 
tion. C'est cette étude qui fait l'objet de la présente Note. 

Considérons donc successivement la structure du corps 
végétatif, l'organisation de la fleur et la conformation du fruit 
des Grubbiacées. Après quoi, nous essaierons de fixer la place 
que ces plantes doivent occuper dans la classification. 

Structure de la tige. — La tige jeune du Grubbia rosmari- 
uifolia a un épiderme fortement cutinisé, pourvu çà et là de 
poils simples et unicellulaires, à membrane épaisse et cutinisée. 
L'écorce, dépourvue d'éléments scléreux, offre trois zones assez 
distinctes : l'externe, à cellules plus étroites et à membranes 
plus épaisses, comme collenchymateuses ; la moyenne, à cellules 
plus larges et à membranes plus minces, renfermant çà et là des 
màcles sphériques d'oxalate de calcium ; l'interne, souvent réduite 
à une seule assise, qui est l'endoderme, semblable à l'externe 
par la dimension de ses cellules et l'épaisseur de leurs membra- 
nes. La stèle a un péricycle mince, différencié çà et là en fibres 
à membranes très épaisses et lignifiées, formant de petits paquets 
ou même des éléments isolés, séparés par du parenchyme 
ordinaire. Le liber secondaire est dépourvu d'éléments sclé- 
reux. Le bois secondaire offre la structure normale, avec grande 
prédominance des fibres et rayons unisériés. La moelle est for- 
mée de cellules à membranes assez épaisses et lignifiées. 

1. Bentham et Hooker, Gênera plant., III, p. 231, 18S3. 

2. Bâillon, Histoire des plantes, X, p. 430, 1892. — Il est difficile de s'ex- 
pliquer comment Bâillon a pu se rattacher, en définitive, à cette opinion, lui qui, 
dans un travail antérieur (Adansonia, III, p. 331, 1863), avait parfaitement re- 
marqué que l'ovaire des Grubbia est biloculaire, que les deux ovules pendants 
y sont fixés au sommet de la cloison, et qu'ils sont anatropes à raphé ventral. 

3. Hieronymus, Natïcrl. PJlamenfam. de Engler, III, 1, p. 228, 1889. 



i 3 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

Plus tard, la tige acquiert un périderme, qui prend naissance 
dans l'épiderme même, sous l'épaisse cuticule, et dont le liège 
est formé de cellules plates à parois minces. Mais, même à un 
âge assez avancé, les fibres péricycliques demeurent en paquets 
séparés, et le liber secondaire reste dépourvu d'éléments sclé- 
reux. 

La tige de XOphira stricta diffère de celle des Grubbia, 
d'abord par une cuticule épidermique beaucoup plus épaisse, et 
par une écorce sensiblement homogène, un peu collenchyma- 
teuse dans toute son épaisseur, dépourvue de mâcles cristallines 
et qui prend plus tard quelques cellules scléreuses. Puis, les pa- 
quets de fibres péricycliques, qui sont plus larges et plus épais, 
comptant quatre à cinq assises, s'unissent plus tard par la sclé- 
rose et la lignification des cellules intermédiaires, en un anneau 
scléreux continu, quoique toujours hétérogène. Enfin le liber 
secondaire acquiert d'assez nombreuses fibres isolées et dissé- 
minées, à membrane très épaisse et fortement lignifiée. 

Il y a donc de notables différences de structure entre la tige 
de ces deux genres. 

Structure de la feuille. — Les feuilles des Grubbiacées sont 
opposées, sessiles ou brièvement pétiolées, sans stipules, à 
limbe entier et étroit, paraissant même plus étroit qu'il n'est en 
réalité, parce que les bords sont recourbés vers le bas. Chacune 
d'elles prend à la stèle de la tige trois méristèles, une médiane 
plus grosse, deux latérales plus minces. 

Dans le Grubbia rosuiarinifolia, l'épiderme, fortement cuti- 
nisé, est lisse sur toute la face supérieure et sur la nervure mé- 
diane saillante de la face inférieure, mais hérissé de poils et 
percé de stomates sur les deux côtés de cette face. L'écorce, 
dépourvue d'éléments scléreux, est palissadique unisériée en 
haut, lacuneuse en bas, avec çà et là des cellules à mâcles sphé- 
riques. La méristèle médiane a un arc fibreux péridesmique au- 
dessous et au-dessus de son faisceau libéroligneux ; les méristèles 
latérales en sont dépourvues. Sous l'assise palissadique, rampent 
de petits fascicules de vaisseaux corticaux, anastomosés çà et là 
entre eux et avec le bois des méristèles. 

Dans le G. hirsuta, il y a des poils aussi sur la face supé- 
rieure du limbe et sur la nervure médiane de la face inférieure. 



Ph. Van Tieghem. — Stir les caractères des Grubbiacées. 131 

La méristèle médiane n'a pas d'arc fibreux inférieur, et les méri- 
stèles latérales possèdent, comme elles, un arc fibreux supérieur. 

La feuille de YOphira stricto, diffère de celle des Grubbia, 
d'abord parce que l'épiderme supérieur est plus fortement cuti- 
nisé et que l'assise palissadique renferme çà et là, sous l'épi- 
derme, une cellule ovoïde remplie par un gros cristal prismati- 
que d'oxalate de calcium. Ensuite, la méristèle médiane a dans 
son bois, en dehors des vaisseaux et contre le liber, un ou deux 
rangs de fibres d'origine secondaire, à membranes très épaisses 
et lignifiées, fibres qui se retrouvent dans les méristèles latérales. 

La structure delà feuille permet donc aussi de distinguer les 
deux genres de cette famille. 

Organisation florale. — A l'aisselle de la feuille fertile des 
Grubbia naît une fleur sessile, accompagnée de deux bractées 
latérales très larges, engainantes, tronquées et même émarginées 
au sommet, à l'aisselle de chacune desquelles naît une fleur secon- 
daire également sessile, mais sans bractées. Dans le capitule 
triflore ainsi formé, les fleurs sont conformées et orientées de la 
même manière. 

Chacune d'elles commence par quatre pièces libres, diag"o- 
nalement situées, à face dorsale toute couverte de longs poils 
simples et unicellulaires, renflés en massue à l'extrémité, à 
membrane épaisse et cutinisée ; ces quatre pièces forment un 
périanthe dialyphylle. Remarquons qu'en dehors de la base 
amincie de ces pièces, se trouve un bourrelet annulaire couvert 
de poils. Nous aurons à revenir plus tard sur la signification 
qu'il convient d'attribuer à ce bourrelet. 

L'androcée a huit étamines libres, quatre alternes avec les 
pièces du périanthe et quatre superposées à ces pièces et con- 
crescentes avec elles tout à fait à la base ; ces dernières sont 
logées chacune dans un pli médian de la pièce correspondante. 
L'anthère, qui est basifixe, n'a sur sa face interne que deux sacs 
polliniques. L'assise sous-épidermique est munie sur les faces 
latérales et transversales de bandes d'épaississement, qui conver- 
gent en étoile sur la face interne, et demeurent séparées par une 
membrane mince sur la face externe, en formant des sortes de 
griffes ouvertes en dehors. Cette assise mécanique s'étend sans 
discontinuité d'un sac pollinique à l'autre sur la face interne de 



, 3 a JOURNAL DE BOTANIQUE 

l'anthère; elle cesse brusqviement en dehors le long de la ligne, 
marquée d'un étroit sillon, où le sac s'unit au connectif, pour 
reprendre aussitôt et revêtir tout le dos du connectif. C'est sui- 
vant la ligne longitudinale marquée par ce sillon et par cette 
interruption de l'assise mécanique que le sac se fend à l'épa- 
nouissement. Après quoi, la paroi se développe vers l'intérieur 
en forme de valve, sous l'influence du raccourcissement des 
faces externes demeurées minces des cellules de l'exoderme, 
agrandissant ainsi progressivement l'ouverture, par laquelle 
s'échappent les grains de pollen. On peut conclure de là que les 
deux sacs de cette anthère correspondent aux deux sacs médians 
des anthères ordinaires, qui en ont quatre. 

Le pistil est concrescent avec les trois verticilles externes 
dans toute la longueur de l'ovaire, qui est infère et de forme 
carrée sur la section transversale. Rapprochées au contact dans 
le jeune âge, les trois fleurs de la triade ne tardent pas à entrer 
en concrescence par leur base, et cette concrescence s'étend à 
toute la longueur des ovaires infères, qui forment ensemble une 
seule masse rectangulaire, allongée transversalement. Les faces 
libres des trois ovaires infères sont hérissées de poils pareils à 
ceux du périanthe. Le pistil est composé de deux carpelles fer- 
més dans toute la longueur de l'ovaire, qui est complètement 
biloculaire. Dans les trois fleurs de la triade, les deux carpelles 
sont également antéropostérieurs, par rapport à la feuille 
mère, et la cloison qui les sépare également transversale. Cette 
cloison est mince et fragile, de sorte que si l'on étudie sans 
précautions suffisantes des fleurs âgées, on peut la trouver 
déchirée et détachée de la paroi soit d'un côté, soit de l'autre, 
soit même des deux à la fois, de manière à faire croire à l'exis- 
tence d'un placente central libre. Mais ce n'est là qu'un accident 
de préparation, qu'avec un peu de soin il est toujours facile 
d'éviter. 

La cloison est munie en son milieu d'un cordon libéroli- 
gneux. Sous le sommet, ce cordon se divise en deux faisceaux, 
qui entrent chacun dans un ovule pendant, anatrope, à raphé 
interne, c'est-à-dire contigu à la cloison, à micropyle externe. 
Cet ovule hyponaste, qui a la forme d'un cône renversé, est 
composé d'un nucelle très étroit et d'un seul tégument épais, 
offrant sa plus grande épaisseur autour du micropyle du côté 



Ph. Van Tieghem. — Sur les caractères des Grubbiacées. 133 

externe. Sous l'épidémie, le nucelle n'a qu'une seule file de 
cellules, dont la terminale est la cellule mère de l'endosperme. 

Le style est simple, conique, à stigmate bilobé, et sa moitié 
inférieure est couverte de poils pareils à ceux du calice. Il est 
entouré à sa base d'un bourrelet annulaire, provenant du relève- 
ment de l'écorce externe des deux carpelles en dedans de l'in- 
sertion du périanthe et de l'androcée; ce bourrelet est un 
disque nectarifère. 

La paroi de l'ovaire infère est traversée par huit faisceaux 
libéroligneux : quatre diagonaux, deux antéropostérieurs et 
deux latéraux. Les premiers ne se dédoublent radialement 
qu'après la séparation du périanthe pour donner les deux fais- 
ceaux qui entrent immédiatement, l'un dans la pièce correspon- 
dante du périanthe, l'autre dans l'étamine superposée. Les deux 
latéraux passent tout entiers dans les deux étamines latérales. 
Les deux antéropostérieurs, enfin, se dédoublent au sommet de 
l'ovaire infère pour donner les faisceaux qui entrent dans les 
deux étamines antéropostérieures, et les deux très minces 
fascicules qui pénètrent dans le style. 

La même organisation florale se retrouve de tout point clans 
X Ophira, avec cette différence que les triades de fleurs sont ici 
axillaires des bractées mères de l'épi, et que les bractées laté- 
rales sont plus courtes et moins larges. L'ovaire, notamment, y 
a la même structure biloculaire à placentation axile; l'ovule 
anatrope hyponaste a aussi la même forme conique renversée, 
avec le même nucelle étroit enveloppé d'un tégument unique, 
qui a sa plus grande épaisseur au niveau du micropyle du côté 
externe. 

Il reste encore un point important à éclaircir dans l'organi- 
sation florale de ces deux genres. On a vu que les quatre pièces 
du périanthe sont placées diagonalement par rapport à la feuille 
mère pour la fleur médiane de la triade, par rapport aux bractées 
mères pour les fleurs latérales. Pour être conforme à la règle, 
cette situation exige la présence, en dehors de ce verticille, soit 
d'une seule paire de feuilles, qui serait antéropostérieure dans 
la fleur médiane qui porte deux bractées, latérale dans les fleurs 
latérales qui sont dépourvues de bractées, soit de deux paires 
de feuilles successives formant ensemble un verticille tétramère, 
la première dans la situation qu'on vient de dire, la seconde 



i 3 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

latérale dans la fleur médiane, antéropostérieure dans les fleurs 
latérales. Ces deux ou ces quatre feuilles seraient des sépales 
et l'ensemble formerait un calice, le périanthe bien développé 
et diagonalement situé étant une corolle. 

Ce calice est-il de quelque manière représenté et, s'il l'est, 
compte-t-il deux ou quatre sépales? C'est le moment de se rap- 
peler l'existence, signalée plus haut, d'un bourrelet entourant 
la base amincie des folioles du périanthe. Ce bourrelet doit 
être considéré comme la partie supérieure libre d'un calice 
concrescent avec les verticilles internes dans presque toute sa 
longueur, et comme il est annulaire, on est porté à croire 
qu'il comprend quatre sépales alternes aux folioles du pé- 
rianthe et non pas seulement deux. Il est vrai que, ni dans la 
zone externe de l'ovaire infère, ni à plus forte raison dans le 
bourrelet qui la prolonge, on ne trouve aucun faisceau libéroli- 
gneux destiné à ce calice. Mais on sait aujourd'hui qu'il entre 
dans la constitution de la fleur d'un bon nombre de plantes des 
feuilles, des sépales notamment, entièrement dépourvues de mé- 
ristèles, et que, d'une façon générale, l'absence de système 
libéroligneux dans un membre quelconque du corps de la plante 
ne peut plus être invoquée comme une raison suffisante pour 
dénier à ce membre la valeur morphologique d'une feuille (i). 

Il faut donc admettre que le diagramme de la fleur des Grub- 
biacées comporte : quatre sépales, deux antéropostérieurs et 
deux latéraux, concrescents avec les verticilles internes dans 
presque toute leur longueur, la partie libre étant réduite à un 
petit bourrelet; quatre pétales alternes, libres; quatre étamines 
alternipétales libres ; quatre étamines épipétales concrescentes 
avec les pétales^ à la base; enfin deux carpelles superposés à la 
première paire de sépales, antéropostérieurs par conséquent 
dans la fleur médiane, latéraux dans les fleurs latérales par rap- 
port à la bractée mère. 

Structure du fruit et de la graine. — Dans les Grubbia, 
l'un des ovules de chaque ovaire se développe seul en graine. En 
s'accroissant, l'albumen digère d'abord l'épidémie du nucelle, 

i. Ph. Van Tieghem, Sur l'existence de feuilles sans méristèles dans la 
fleur de certaines Phanérogames (Revue générale de Botanique, vin, p. 481, 
1896). 



Ph. Van Tieghem. — Sur les caractères des Grubbiacées. 135 

puis de dedans en dehors toutes les assises du tégument, à 
l'exception de 1 epiderme externe, qui persiste et forme autour 
de lui une enveloppe de couleur rougeàtre, très mince, mais ce- 
pendant suffisante pour conserver à l'ovule son autonomie et le 
caractériser comme graine dans le fruit mûr. L'albumen et 
l'embryon y sont exclusivement oléagineux. 

Pendant ce temps, la paroi de l'ovaire infère devient ligneuse 
dans sa zone interne et constitue un péricarpe sec et indé- 
hiscent. Le fruit est donc un achaine. Comme les trois ovaires 
étaient concrescents, les trois achaines sont aussi et demeurent 
unis entre eux par leurs faces latérales en contact. 

Dansl' Ophira, le fruit a la même structure, mais ici, pendant 
que les bractées mères des triades florales qui constituaient 
l'épi, au nombre de six paires ordinairement, s'accroissent, 
élargissent leurs extrémités en forme de losange, les durcissent 
et les soudent bord à bord pour former un cône globuleux, tous 
les fruits avortent, à l'exception d'un seul, de sorte que le cône 
mûr ne contient en définitive qu'une seule graine bien conformée. 
Aussi reste-t-il fermé, au lieu d'écarter ses écailles et de s'ouvrir 
pour mettre les graines en liberté, comme fait à sa maturité un 
cône de Pin ou de Cyprès. 

Les deux genres de la famille se distinguent donc à la fois 
par la tige, la feuille, l'inflorescence et le fruit. 

Affinités. — Les caractères du corps végétatif, de la fleur, 
du fruit et de la graine des Grubbiacées étant de la sorte exac- 
tement connus, il devient possible de chercher à préciser les 
affinités de ces plantes. 

Sans qu'il soit nécessaire d'y insister, il est évident que, par 
leur ovaire biloculaire à placentation axile et par leur ovule 
anatrope unitegminé, elles diffèrent beaucoup non seulement 
desSantalacées, mais encore de toutes les familles du groupe 
des Santalinées. Bien plus, leur fruit, puisqu'il est pourvu d'une 
graine, les exclut du vaste ensemble des Inséminées (1). 

Ce sont des Séminées, unitegminées, dialypétales et inféro- 
variées. C'est donc parmi les Phanérogames, d'ailleurs peu 

1. Voir à ce sujet Ph. Van Tieghem, Sur les Phanérogames sans graines 
formant la division des Inséminées (Comptes rendus, séance du 22 mars 1897 
et Bull, de la Soc. bot. de France, séance du 26 ,février 1897). 



136 JOURNAL DE BOTANIQUE 

nombreuses, qui possèdent simultanément ces quatre caractères, 
qu'il y a lieu de les classer. Elles sont représentées jusqu'ici par 
les Ombellifères et les Araliacées, par les Loasacées, par les 
Hydnoracées et par les Escalloniacées. Il faut y rattacher aussi 
les Bruniacées. Les ovules de ces plantes sont, comme on sait, 
anatropes pendants à raphé dorsal, mais les auteurs, même les 
plus récents, n'en disent pas davantage au sujet de leur struc- 
ture. Je me suis assuré que dans les Brunïa, Berzelïa, etc., 
l'ovule est constitué par un nucelle étroit, déjà complètement 
résorbé par l'endosperme dans ses deux tiers supérieurs au mo- 
ment de l'épanouissement de la fleur, enveloppé par un unique 
et épais tégument. 

Dans le groupe supérieur ainsi composé, c'est près des 
Bruniacées, comme elles originaires du Cap, que les Grubbia- 
cées viennent prendre place, et nous sommes ramenés ainsi 
à l'opinion émise à ce sujet par Decaisne dès 1839, comme il a 
été dit plus haut. 

Il faut bien se garder pourtant d'incorporer ces plantes à la 
famille des Bruniacées, comme l'ont fait plusieurs auteurs. Par 
une foule de caractères, elles s'en montrent bien distinctes. 

Les feuilles y sont opposées, sans stipules, à exoderme 
palissadique en haut, avec stomates localisés sur la face infé- 
rieure, et prennent à la tige trois méristèles; elles sont isolées, 
stipulées, à exoderme palissadique tout autour, avec stomates 
sur les deux faces, et ne reçoivent de la tige qu'une seule 
méristèle dans les Bruniacées. 

La tige a son bois secondaire entrecoupé par des rayons 
unisériés et le périderme y est épidermique ; les rayons du bois 
sont plurisériés et le périderme est exodermique chez les Bru- 
niacées. 

La fleur y est tétramère, avec calice avorté dans sa région 
supérieure libre, avec androcée diplostémone à anthères mu- 
nies de deux sacs polliniques; elle est pentamère, avec calice 
bien développé dans sa région supérieure libre, avec androcée 
isostémone épisépale à anthères munies de quatre sacs pollini- 
ques dans les Bruniacées. 

Le pistil y est biloculaire dans toute sa longueur et renferme 
dans chaque loge, attaché au sommet de la cloison, en placen- 
tation axile, par conséquent, un seul ovule anatrope pendant à 



Ph. Van Tieghem. — Sur les caractères des Grubbiacées. 137 

raphé ventral, c'est-à-dire hyponaste ; il n'est biloculaire que 
dans la plus grande partie de sa hauteur, mais uniloculaire au 
sommet, où il porte, sur chacun des deux placentes devenus 
pariétaux, ordinairement deux ovules anatropes pendants à 
raphé dorsal, c'est-à-dire épinastes, qui descendent dans les 
deux loges sous-jacentes, chez les Bruniacées. 

Toutes ces différences, et l'on pourrait en invoquer d'autres 
encore, suffisent à établir que les Grubbiacées forment bien, à 
côté des Bruniacées, une famille autonome. 

Puisque Decaisne a rapproché aussi les Grubbiacées des Ha- 
mamélidacées et que Sonder les a même incorporées à cette 
famille (1), comme on l'a vu plus haut, il me paraît nécessaire de 
ne pas terminer ce petit travail sans avoir comparé l'un à l'autre 
ces deux groupes. 

Les Hamamélidacées ont, comme on sait, leurs ovules munis 
de deux téguments. C'est donc parmi les Séminéesbitegminées, 
dialypétales et inférovariées, à côté des Saxifragacées, qu'il 
convient de les classer. Par là, elles diffèrent déjà profondément 
des Grubbiacées et tout autant des Bruniacées. 

Elles en diffèrent encore par leurs feuilles isolées et stipu- 
lées, par leur calice bien développé dans sa région supérieure 
libre, par leur pistil à deux styles divergents, dont l'ovaire, 
biloculaire seulement dans sa partie inférieure, est uniloculaire 
dans sa portion supérieure, où il porte, sur chacun des deux 
placentes pariétaux, ordinairement un seul ovule anatrope pen- 
dant à raphé dorsal, épinaste par conséquent, enfin par leur fruit 
où les deux ovules se développent en graines et qui s'ouvre 
dans sa région supérieure par deux fentes dorsales, avec sépa- 
ration simultanée des deux placentes pariétaux. 

Il y a pourtant dans cette famille, si éloignée, comme on 
voit, des Grubbiacées, un genre qui, par un caractère singulier, 
leur ressemble beaucoup : c'est le genre Hamamelïs. Tandis 
que toutes les autres Hamamélidacées ont des anthères à quatre 
sacs polliniques, les Hamamelis , en effet, ne forment, sur cha- 
cune des anthères de leurs étamines fertiles, que deux sacs 
polliniques et ces sacs s'ouvrent chacun par une fente posté- 
rieure en développant leurs deux valves vers l'intérieur. En 

1. Harvey et Sonder, Flora capensis, 11, p. 325, 1861. 



138 JOURNAL DR BOTANIQUE 

un mot, l'anthère de ces plantes a exactement la même structure 
et le même mode de déhiscence que celle des Grubbiacées. 
Mais c'est là une ressemblance toute particulière et fortuite, qui 
se retrouve aussi dans d'autres familles, et d'où il n'est pas 
permis de conclure quoi que ce soit au point de vue des affinités. 



REVISION DU GENRE OCHROBRYUM 

Par M. Emile BESCHERELLE. 

M. Ch. Mûller a décrit en 1845 (1), sous la dénomination de 
Leucophanes Gardneri, une espèce de Mousse stérile trouvée au 
Brésil par Gardner. M. Mitten, ayant cru reconnaître cette 
espèce en parfait état de fructification parmi les Mousses récol- 
tées en Birmanie (Asie) par le R. Parish, l'identifia avec celle 
du Brésil et la décrivit (2) sous le nom de Schistomitrium 
Gardneri anum , dénomination qu'elle conserve dans les Musez 
Indice Orientales (1859, p. 26). Plus tard, l'auteur créa pour 
elle le genre Ochrobryum et rattacha à ce genre, quoique avec 
doute, le Leucobryum obtusifolium C. Mùll., que Hampe avait 
placé dans le genre Schistomitrium {$). M. Ch. Mûller a, depuis, 
complété ce genre par deux nouvelles espèces, l'une Y Ochro- 
bryum Polakowkyi '(4) de l'Amérique centrale, l'autre YO. Ru- 
tenbergiiàe Madagascar. Trois autres espèces circulent dans les 
herbiers à l'état de nomina mtda: ce sont les O. Nietneri, de 
Ceylan, O. Kurzianum Hpe et O. subulatum Hpe, de la Bir- 
manie. Ce genre comprend donc jusqu'ici sept espèces, en 
admettant que YO. Gardnerianum de l'Amérique australe soit 
identique à YO. Gardnerianum de l'Asie, ce que nous examine- 
rons au cours de cette Note. 

La diagnose du genre publiée (5) par M. Mitten se réduit à 
ces trois mots « Thecae parvae, immersse », mais c'est dans la 
description du Schistomitrium Gardnerianum (6), devenu plus 



1. Cf. Botau. Zeituug, 1845, p. 108, et Syuops. Musc, 1849, p. 85. 

2. Cf. Kew Journ. of Botany, VI, 1856, p. 356. 

3. Triana et Planchon, Prod.flor. Nov. Granat. in Ann. se. nnt. (1866-1867). 

4. Journ. of Botany, VI, Liste des Mousses de Costa-Rica. 

5. Cf. Musci austro-americani, 1869, p. 108. 

(>. Cf. Mitten, in Kew Journ. of Botany, Vol. VIII, 1856 et Musci Indias 
Orienta lis m Journ. of ike Procccdings of the Linncan Society, 1859, p. 26. 



E. Bescherelle. — Révision du genre Ochrobryum. 139 

tard le type du genre Ochrobryum, qu'il faut en chercher une 
diagnose plus détaillée. Ces caractères sont les suivants : 

« Theca in pedunculo brevissimo iiumersa hemisphasrica 
a. cyathiformis, operculo e basi coinça longe subulato rostrato, 
« peristomio mdlo, calyptra longissime auguste subttlata basi 
« lacera laciniis br éviter fimbriatis . » 

Ces caractères ne se retrouvent dans aucun autre genre de la 
famille des Leucobryacées et ils sont amplement suffisants pour 
constituer un genre distinct qui a d'ailleurs été admis par tous 
les bryologues. Nous n'insisterons donc pas davantage sur son 
importance. Mais comme trois espèces seulement ont été dé- 
crites jusqu'ici d'une manière plus ou moins détaillée, nous avons 
pensé qu'il ne serait pas inutile de faire une étude aussi complète 
que possible de ce petit genre, en passant en revue toutes les 
espèces qui y ont été rattachées. 

1. Ochrobryum Gardnerianum (C. Mûll.) Mitten (fig. i). 

M. Ch. Mùller a indiqué en 1844 (1), sans diagnose, sous le 
nom de Leucophanes Gardneri , une Mousse que Gardner avait 
recueillie au Brésil et distribuée sous le n° 94. Dans le même 
recueil de 1845, ^ a donné de cette Mousse la diagnose sui- 
vante : 

« Dense cespitosum humile, caulis siinplex,folia basi latiori- 
« oblonga cava auguste lanceolata mucronata integerrima stricte 
« patentia canaliculata . Cetera désuni. » 

Dans son Synopsis (1849, I, p. 85), il a ajouté à cette dia- 
gnose : 

« (Folio) glauca enervia basi submarginata subrigida », 
et il a placé l'espèce en question à la suite de son genre Lezico- 
phaues, comme species dtibia, sous le nom de L. Gardnerianum 
C. Mûll. 

En 1856, comme nous l'avons dit plus haut, M. Mitten a 
rattaché à cette espèce la Mousse trouvée par Parish en Birma- 
nie, qui se rapprochait par sa forme et la structure des organes 
végétatifs du Leucophanes Gardnerianum C. Mûll., du Brésil, 
et il a donné à cette dernière espèce les caractères tirés des 
organes de reproduction de la première, c'est-à-dire : capstile 

1. Cf. Botan. Zeituug, 1844, p. 741, et 1845, p. 108. 



i 4 o JOURNAL DE BOTANIQUE. 

eu coupe cachée dans les feuilles, gymnostome , et coiffe mitri- 
forme, longuement subulée, lacïniée à la base. Il est vrai qu'il 
était autorisé à agir ainsi par la raison qu'il avait trouvé dans 
l'échantillon de la Mousse de Gardner un old fruit, alors que 
l'échantillon reçu par M. Ch. Mûller était complètement stérile. 
Mais était-ce une preuve suffisante pour identifier la Mousse de 
Moulmein avec celle du Brésil? Car il est extrêmement rare qu'une 
espèce de Mousse, jusqu'ici propre au Brésil, se rencontre 
sans transition aucune dans la presqu'île Malaise. D'ailleurs 
S. Kurz a trouvé également à Moulmein, à Pegu-Yomah et à 
Martabon, une Mousse (O. Kurzianum Hpe) qui se rapproche 
beaucoup, par le tissu des feuilles, ainsi que par la forme de la 
capsule et de la coiffe, de la Mousse récoltée à Moulmein par 
Parish, mais qui en diffère par la forme des feuilles. Une autre 
espèce affine [O. subulalum Hpe) se trouve aussi en Birmanie 
et pourrait revendiquer, au même titre que la Mousse de Moul- 
mein (Parish n° 3), sa parenté avec la Mousse du Brésil. 

Voici donc trois espèces de la Birmanie qui présentent, sur- 
tout les deux premières, des feuilles analogues, comme forme 
et comme structure, aux feuilles de YO. Gardiierianum du 
Brésil. Pourquoi attribuer à cette dernière les caractères de 
l'une ou l'autre des trois premières, alors que les organes de 
fructification ne sont pas ou sont insuffisamment connus chez 
celle-ci? D'ailleurs la Mousse de Gardner (fig. 1) présente par 
rapport à celle de Parish (fig. 2) les différences suivantes : 
feuilles plus courtes, presque planes, plus étroites à la base, 
acuminées-aiguës, non obtusiuscules au sommet ; la marge, vers 
la base infime, est aussi plus étroite et n'est composée que de 
4 séries de cellules au lieu de 10. Il y a donc, même dans 
les organes végétatifs, des différences sensibles. Elle offre aussi 
quelques variations dans la longueur des feuilles. La Mousse de 
Caldas (Lindberg) et celle de l'Amazone (Spruce n° 73) ont des 
feuilles plus courtes et plus étroites à la base que dans le type 
de Gardner. Celles de Rio-Janeiro (Glaziou n° 3309 e p.) sont 
plus longues et plus étroitement acuminées. 

La Mousse distribuée par Spruce sous le n° 73 et sous 
la dénomination cYOcàrobryum Gardiierianum [ad flumen 
Amazone) renferme des échantillons qui appartiennent à des 
espèces différentes et même à des genres différents. Ainsi, 



E. Bescherelle. — Révision du genre Ochrobryum. 141 

clans l'Herbier du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, on 
trouve sous ce numéro un Leucobryum voisin du L. cla- 
vatum Hpe et une espèce du genre Ochrobryum qui repré- 
sente la variété microphyllum de YO. Gardneriauum. Dans 
l'Herbier du Jardin botanique de l'Etat belge, on rencontre 
sous le même numéro quatre touffes distinctes : deux sont iden- 
tiques à la variété microphyllum ci -dessus indiquée. Une troi- 
sième constitue notre . parvulum 
et la quatrième enfin, dont les feuilles 
sont semblables à celles de YO. snbu- 
lahim de la Birmanie, forme notre 
. stenophyllum. Tous ces échantil- 
lons, rapportés par Spruce à YO. Gar- 
dneriaiium, ne sont évidemment pas 
de la même localité, car on ne peut 
considérer comme une localité bien 
précise la désignation « ad flumeu 
Amazone », ce fleuve ayant un cours 
de plus de 6.000 kilomètres. Spruce 
aura probablement rencontré souvent 
le long de l'Amazone des échantil- 
lons qui lui auront paru identiques 
au premier qu'il avait vu et il aura 
fait masse de tous ces échantillons 
en les distribuant sous le même nu- 
méro. 

Par suite, la synonymie de Y0- 
chrobryum Gardneriaiium se trouve 
fixée de la manière suivante : 

Leucophanes Gardneri C. Mûll. 

1844. P- 74 r > et l8 45> P- Io8 - 

Leucophanes Gardneri an um C. 

1849, p. 85. 

Ochrobryum Gardnerianum Mitt., Musa' Austro-Americ, 
1869, p. 108. 

Leucobryum phyllanthum S. O. Lindbg. in Herb. 

Quant à son aire d'expansion, elle se trouve ainsi limitée : 

Amérique australe : Brésil, bassin de l'Amazone (Gardner, 
n° 94!); même région (Spruce n" 73!); environs de Caldas, 




Fig. 1. 
Ochrobryum Cardnerianuni. 

in Botanische Zeitung, 
Mûll., Synopsis Mît se, 



I4 2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

juillet 1854 (G. A. Lindberg! sub nomine Leucobryo phyllantho 
S. O. Lindberg); province de Rio-Janeiro (Glaziou n° 3309 
ep.!). 

Var. microphyllum . 

A typo differt : foliis fere duplo minoribus raarginibus apice valde 
incurvis cucullatis mucronatis, cellulis bistratosis quadratis haud rec- 
tangulis. 

Brésil, sur les troncs d'arbres le long du fleuve Amazone 
(Spruce n° 73 e p. ! in Herb. Mus. Par. et Herb. Jard. bot. 
Bruxelles). 

2. Ochrobryum Parishii Besch. (fig. 2). 

Schistomitrium GarduerianumMxtt. \nYLev; Jouru. of Bot. 
Vol. VIII (1856), p. 356, tab. XII, fig. C. et in Musez Indue 
Orientalis, 1859, p. 26 (pro parte). 

HABITAT : Asie, Birmanie [Moulmein] (Parish n° 2 !) 
Dans le Recueil où la diagnose du Schistomitrium Gardnc- 
l'iamwi de Moulmein (Birmanie) est publiée pour la première 
fois, l'auteur décrit ainsi la coiffe : calyptra longissime subulata 
laciniis fîmbriatis. La figure qu'il donne (C. 3) la représente en 
effet avec des laciniures arrondies et ne descendant pas au-des- 
sous de l'orifice de la capsule. Dans les Musci Indiœ Orientalis, 
il modifie légèrement la diagnose en mettant : calyptra... bas i 
lacera laciniis br éviter fîmbriatis \ Enfin, dans les Musez Ausiro- 
Américain ', l'auteur, serrant de plus près la question, dit : ca- 
lyptra angusta, ad basin operculi descendais , bi r eviter multifida , 
laciniis breviter fîmbriatis ; et quoiqu'il cite des localités di- 
verses des Indes Orientales et de l'Amérique australe, il n'a en 
vue que la plante de l'Asie, puisque celle de l'Amérique du Sud 

n'a pas encore été trouvée avec sa coiffe. 

(A suivre.) 

Le Gérant : Louis Mokot. 



Paris. — J. Merscti, imp., 4"-, Av. de Chàtillon. 



il» ANNEE. 



N° q. 



i" MAI 1897. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



REVISION DU GENRE OCHROBRYUM 

{Fin.) 
Par M. Emile BESCHERELLE. 

Cette insistance de l'auteur à revenir dans chacun de ses 
ouvrages sur la forme de la coiffe m'a conduit à rechercher si 
elle avait été décrite et figurée d'une manière exacte. J'ai été 
assez heureux pour ren- 
contrer dans les échan- 
tillons qui m'ont été com- 
muniqués une tige en 
parfait état de fructifi- 
cation. La coiffe n'était 
point laciniée-fimbriée, 
mais bordée à la base 
de nombreux cils courts, 
et semblable en tout à 
celles de YO. Kurzia- 
num, de Moulmein (fig. 
4), de YO. ncpalense, 
du Népaul (fig. 3) et de 
YO. obtustfolïum, de la 
Nouvelle -Grenade (fig. 

5). 

L ' O . Paris hù' di f - 

fère d'ailleurs de YO. 
Gardnerianum du Bré- 
sil par les caractères que nous avons indiqués plus haut. 

M. Mitten indique comme habitat de la plante de Moulmein, 
indépendamment du Brésil : Népal? (Wallich), Madras (Wight), 
M l Khasia (J. D. H. et T. T. n° 1274), Hong-Kong (Bowring) 
et Mexico (Galeotti n° 6871). 

La plante du Népaul nous a paru devoir constituer une 
espèce distincte sous le nom d'O. nepalense ; celle de Madras se 
trouve dans le même cas et nous l'appelons O. Wightn. La 




Fig-. 



Ochrobryum Parishii. 



I44 TOURNAI. DE BOTANIQUE 

Mousse du MontKhasia (Hook. et Thoms. n° 1274), par la struc- 
ture de ses feuilles, appartient au genre Leucobrytun et nous en 
avons formé le L. Mitteuiï. La Mousse du Mexique (Galeotti), 
que nous avons trouvée, comme l'indique M. Mitten, associée 
à YOctoblepharum albidum, offre de vieilles capsules détruites 
et portées sur des pédicelles longs de plus d'un centimètre ; elle 
ne saurait, par suite, entrer dans le genre Ochrobryum; c'est 
le Leucobryum minus (Dill.) Sull. ou une espèce affine. Quant 

à la Mousse de Hong-Kong, je 
n'ai pu m'en procurer d'échan- 
tillons et ne puis dire si elle ap- 
partient ou non à YO. Parishiï. 
La diagnose de cette der- 
nière étant faite (/. c.) d'après 
des types asiatiques et améri- 
cains que nous avons dû sépa- 
rer, nous croyons utile d'en don- 
ner une nouvelle. 

Planta dioica, feminea rufula, 
brevis, fasciculate ramosa. Folia 
caulina erecto-patentia, basi longe 
ovata, oblonga, sublinguata, e me- 
dio ad apicem marginibus incurvis 
ssepe contorta, apice obtusiuscula 
et obtusa subcucullata, integerrima, 
rete inter margines bistratoso, cel- 
lulis marginalibus hyalinis 10-se- 
riatis angustioribus longe rectangu- 
lis. Folia perichaetialia capsulam 
superantia, caulinis breviora, basi 
ampliora, acute acuminata, apice pellucida. Capsula in pedicello recto 
rufescente 1 millim. longo minutissima, cupularis, immersa, gymnos- 
toma, exannulata, ore incrassato rubiginoso; operculo recto longe 
subulato laevi. Calyptra longissima (circitcr 6 mill.) subulata, laevis, 
cdauca capsulae infra orificium haud descendens, basi ciliata, ciliis 
multis brevibus. 

Planta mascula albida, glauca, fasciculate ramosa. Folia caulina 
densius imbricata, breviora, plcrumque acuta, interdum obtusula ; cel- 
lulis intra margines bistratosis, marginalibus folii basi 7-10 seiiatis, 
apicem versus subnullis. Perigonia minute gemmacea in axillis folio- 
rum obsita, foliis brevissimis late ovato-oblongis fere subito acuminato- 




Fig. 3- -- Ochrobryum népalaise. 



E. Bescherelle. — Révision du genre Ochrobryum. 



H5 

cuspidatis, re:e simpliciter stratoso cellulis ad margines rectangulis 
ceteris 5-6 gonis bryaceis. Antheridia plurima pro planta maxima 
archegoniis longioribus cincta. 

3. Ochrobryum nepalense Besch. sp. nova (fig. 3). 

Schislomitrium Gardneriau?(mM\tt. I. c. {pro parle). 
Habitat : Asie, Népaul (Wallich n° 30!) 

O. Parishii simile, sed brevius, foliis ançrustioribus basi lonoius 
ovatis marginibus supra médium in cylindrum involutis semper acutis, 
cellulis raarginalibus 7-seriatis. 

Nous n'avons pu voir la coiffe de cette espèce, mais Wilson 
la représente, dans un dessin manuscrit, comme étant garnie à la 
base de cils nombreux et plus longs que ceux de la coiffe de 
YO. Parishii. Nous en donnons un fac-similé. 

4. Ochrobryum Kurzianum Hpe mss. (fig. 4). 

Habitat : Asie, 
Birmanie, montagnes 
de Moulmein (Stolicz- 
ka, S. Kurz n os 4434! 
et 4438); Pegu-Yo- 
mah (S. Kurz n° 2890) ; 
Martabon ( S . Kurz 
n° 2842). 

Des échantillons de 
cette Mousse circulent 
dans les herbiers à l'é- 
tat de nomina mtda. 
L ' Index bryologicus 
en fait mention. La 
diagnose n'en ayant 
jamais été publiée, 
nous croyons devoir 
la donner ici en trans- 
crivant celle que Ham- 
pe avait rédigée. 

« Cespitosumexpan- — * 

« sum humile. Caulis 
« brevis erectus. Folia Fig. 4. — Ockrobryum Kurzianum. 




146 JOURNAL DR BOTANIQUE 

« concava humida patentia lineari-lanceolata, limbo 4-seriato 
« e cellulis parallelogrammis formate» ad apicem folii attenuato 
« evanescente, cellulis anguste rectangulis versus apicem folii 
« densioribus interstitiis crassioribus interruptis minus conspi- 
« cuis. Seta brevis crocata erecta. Theca parva cupularis rubra 
« operculo longe subulato. Calyptra longissima tubulosa conico- 
« subulata basi ciliata. Theca p-ymnostoma subsessilis. Genus 
« perbelle Leucobryacearum ! Herba humida ochracea. O. Gard- 
« nerianum Mitt. ex parte. » 

Cette Mousse ne diffère de ÏO. Parishii que par ses feuilles 
plus larges, aiguës au sommet et non obtusiuscules, par la marge 
plus grande composée de 10 à 12 séries de cellules allongées. 

5. Ochrobryum obtusifolium Mitten (fig. 5). 

Scliistomitrium Gard ne - 
rianum Mitt. in Kew Journal 
of Boiany, 1856, in fine p.p. 

Leucobryum obtusifolium 
C. Mûll. in Bolan. Zeiiung, 

l8 57>P-577- 

Schisiomitrium obtusifo - 

lium C. Mùll. in Prodrom. 
Florœ Nov. Grau. (Ann. se. 
natur. 1866-1867. Musci, cx- 
posuit Hampe). 

Oc h robryum obtusifolium 
Mitt. in Musez Austro-Amer. 
1869, p. 108. 

Habitat : Nouvelle -Gre- 
nade, Minca, prov. de Santa 
Martha, sur les troncs d'arbres 
dans les forêts, à 1300 m. 
d'altitude (Funch et Schlim, 
coll"" Linden ^913!). 
La diagnose donnée par M. Ch. Mùller, recopiée par Hampe 
et par Mitten (/. c), donne peu de renseignements sur la struc- 
ture des feuilles et de la coiffe de cette Mousse, ce qui a fait 
dire à ce dernier auteur (/. c), après avoir décrit ÏO. Gardne- 
rianum, a the follozving, second species has been described by 




Fig. 5. — Ochrobryum obtusifolium. 



E. Bescherelle. — Révision du genre Ochrohryum. 147 

M/Mer; but the description affords no disiinctive character. » 
Nous croyons donc devoir en donner une plus complète. 

Caules 2 centim. longi, ramosi, curvati. Folia caulina madore 
secunda, sicca suberecta, oblongo-linearia, basi angustiora, ligulata, 
integerrima, novella late et obtusiuscule acuminata, seniora obtu- 
sissima, e medio marginibus conniventibus apice cucullata ; rete 
intra margines bistratoso, cellulis marginalibus folii basin versus 
3-4 seriatis apice subnullis. Folia perichaetialia caulinis similia sed 
longiora, obtusa. Capsula in pedicello rufescente 2 mm. longo in foliis 
perichœtialibus immersa, cupularis (diam. 1 mm.) gymnostoma, oper- 
culo 1 mm. 1/2 longo apice obtuso. Calyptra 4 mm. longa, glauca, 
mitriformis basi ciliata. 

Cette Mousse diffère au premier abord de YO. Gardneria- 
num du Brésil par un port plus robuste et par des feuilles obtuses 
non aiguës au sommet. 

6. Ochrobryum parvulum Besch. sp. nova. 

HABITAT : Amérique australe, Brésil, ad flumen Amazone 
(Spruce n° 73, e. p.). 

Planta parvula. Folia minuta vix 1 mi 11. 1/2 longa basi breviter 
ovata brevitcrque lanceolata obtusissima mucronulata, marginibus e 
medio apieem usquevalde incurvis; cellulis marginalibus S-seriatis rec- 
tangulis. Cetera ignota. 

Cette Mousse diffère de toutes ses congénères par la petitesse 
de ses feuilles. Elle se rapproche de YO. obtusifolium par la 
partie arrondie cuculliforme du sommet de la feuille, mais elle 
s'en éloigne au premier abord, non seulement par le port, mais 
aussi par les marges beaucoup plus larges. 

7. Ochrobryum (?) Rutenbergii C. Mûll. in Abhandl. d. 
Natunuiss. Ve reine s su Bremen, VII (1881), p. 204. 

Habitat : Afrique, Madagascar, foret de Ambatondrazaha, 
6 déc. 1877 (Rutenberg). Stérile. 

« Humile, folia brevia dense imbricata, exacte lanceolata, 
« rotundato-obtusa, integerrima, ultra médium tenero-margi- 
« nata. » 

M. Ch. Mùller, dans la note qui accompagne la diagnose 
ci-dessus, fait connaître qu'il n'a trouvé qu'un petit fragment de 
cette Mousse, au milieu d'une touffe & Octoblepharum albidum, 



148 JOURNAL DE BOTANIQUE 

et que la dite Mousse peut appartenir, en l'absence de fructifi- 
cation, soit au genre Ochrobryum, soit au genre Leucobryuw , 
mais que, par son port, elle se rapproche davantage du premier. 

8. Ochrobryum ceylanicum Besch. sp. nova. 

Habitat : Asie, Ceylan (Thwaites n° 81 !). 

Planta humilis vix i cent, longa, glauca. Foliaerecto-patentia, basi 
ovata latiuscula dein ob margines valde involutas lanceolato-tubulosa, 
arcuatula, apice cucullata, acuta, integerrima, margine e seriebus 
8-10 cellularum composita, cellulis extremis biseriatis angustioribus et 
longioribus, sequentibus 8-seriatis quadratis minoribus. Folia in sec- 
tione transversa e binis vel raro tribus stratis cellularum intra margines 
composita. Cetera desunt. 

Diffère des O. nepalense et O. Parishii par les feuilles plus 
courtes et plus larges à la base, cucullées au sommet, et du der- 
nier, en outre, par les feuilles aiguës non obtusiuscules. Il con- 
vient aussi de remarquer que les feuilles de ces deux dernières 
Mousses n'offrent que deux assises de cellules, tandis que, dans 
la Mousse de Ceylan, l'assise dorsale se dédouble souvent de 
manière à présenter trois assises en coupe transversale. 

Nous avons de Ceylan deux autres espèces inédites que 
M. Ch. Mûller a bien voulu nous communiquer; ce sont les 
O. Nietneri et O. MïttenuQ. Mùll., qui diffèrent de YO. ceyla- 
nicum Nobis par la petitesse des feuilles ; la première, par ses 
feuilles longuement cuspidées, se rapproche de YO. subulalnm 
de la Birmanie. 

9. Ochrobryum Mittenii C. Mûll. in Herb. 

HABITAT : Asie, île de Ceylan (John Nietner 1862! in Hb. 
C. Mûller). 

Folia minuta, cavissima, anguste ovato-linearia, marginibus fere e 
basi incurvis, apice rotundata cucullata subito in mucronem desinentia ; 
cellulis intra margines minutis quadratis et hexagono-parcnchvmatieis, 
marginalibus longioribus angustioribus rectangulis 3-4 seriatis ; folia 
medio et supra e duplici strato cellularum in arcu subcirculari dispo- 
sitarum cfformata. Cetera desunt. 

Cette petite espèce diffère de ses congénères par les feuilles 
beaucoup plus petites et plus étroites, sublinéaires à réseau 
composé de cellules hexagonales parenchymateuses. 



E. Bescherelle. — Révision du genre Ochrobryum. 



149 



10. Ochrobryum Boivinii Besch. sp. nova. 

HABITAT : Afrique, île de Mayotte (Boivin 1850!) associé à 
Octoblephamm albidum. 

Dioicum ; cespites hutniles fuscescentes. Caulis 1-2 ceutim. longus 
breviter raraosus. Folia auguste ovato-lanceolata, erecto-patentia, su- 
periora subsecunda dense imbricata, apice acuta, novella cuspidata, 
marginibus e medio ad apicem incurvis ; cellulis intra margines qua- 
dratis breviter rectangulis, vel parenchvmaticis in sectione transversa 
bistratosis, marginalibus rainoribus quadratis externis angustissime 
linearibus. Cetera desunt. 

Cette espèce se rapproche, par le port et la couleur, de 
YO. Polakowkyi , mais elle en diffère entièrement parla struc- 
ture de ses feuilles. 



6). 



1 1 . Ochrobryum Wig-htii Besch. sp. nova, (fi 

Ochrobryum Gardnerianum 
Mitt. in Musez Ind. Orient. 
p. 28, pro parte. 

Habitat : Asie, Madras 
(Wight! in Herb. Kew). 

Planta humillima O. Parts//// 
similis, vix 1 cent. alta. Folia eau- 
lina erecto-patentia glauco-rufes- 
centia, breviora, cucullata, acute 
apiculata, marginibus incurvis sed 
ad apicem planiusculis ; cellulis in- 
tra margines brevibus hexagonis 
parenchvmaticis, marginalibus rec- 
tangulis et quadratis 4-5 seriatis. 
Cetera ignota. 

Diffère de YO. Par/s/in'Nob. 
(fig. 2) par ses feuilles cucullées 
plus courtes, terminées par un 
apicule aigu, à marges incur- 
vées des deux côtés, mais planes 
au-dessous du sommet; les cel- 

du milieu entre les marges sont hexagonales-parenchyma- 
teuses. 




Fig-. 6. — Ochrobryum Wightii. 



i5o 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



12. Ochrobryum subulatum Hpe mss. (fig. 7). 

HABITAT : Asie, Birmanie, Birma, Plumadue, sur les écorces 
d'arbres, 3.400 pieds (S. Kurz n° 2833 !). 

Cette espèce, comme YO. Kurzianum , figure dans les her- 
biers parmi les nomina nuda . Nous croyons, comme pour celle- 
là, devoir donner ici la diagnose 
que Hampe avait rédigée : 

« O. Kurziani differt : foliis 
« prorsus convolutis e basi angus- 
« tiore lineari-lanceolatis apice at- 
« tenuatis subulatis pungentibus 
« cellulis angustioribus interstitiis 
« laevioribus reticulatis. » 

Cette Mousse diffère de YO. 
Parishii et de YO. Kurzianum 
par les feuilles beaucoup plus 
courtes, ténues, très étroites à la 
base, cuspidées au sommet, par la 
marge également plus étroite, par 
la capsule exserte faisant saillie en 
dehors des feuilles périchétiales 
par suite de la courbure du pédicelle. Hampe paraît ne pas en 
avoir vu la coiffe, puisqu'il n'en parle pas. Je n'en ai pas trouvé 
dans les échantillons que j'ai examinés. 




Fig. 7. — Ochrobryum subulatum. 



13. Ochrobryum stenophyllum Besch. sp. nova. 

Habitat : Amérique australe, ad fluraen Amazone (Spruce 
n" 73 e p. ! Herb. Mus. Par. et Herb. Jard. bot. de Bruxelles!). 

Pusillum ; folia sicca patentia flexuosa apicalia erecta (3 mill. longa) , 
basi anguste ovata lanceolata longe attenuata apice piano intégra sed 
nodosa latiuscule acuta, marginibus e mcdio involulis ; cellulis longe 
rectangulis, marginalibus rectangnlis 6-seriatis. Cetera ignota. 

Se rapproche par la forme des feuilles des O. Nietnerï de 
Ceylan et O. subulatum de la Birmanie; diffère des deux par la 
longueur plus grande de ses feuilles, lesquelles ne sont pas su- 
bulées, mais longuement atténuées et planes au sommet. 



E. Bescherelle. — Révision du genre Ochrobryum. 151 

14. Ochrobryum Nietneri C. Mûll. in Herb. 

Habitat : Asie, Ceylan (John Nietner 1862! in Herb. 
C. Mûller). 

Humillimum; folia minuta, tenella, basi anguste ovata, lanceolata, 
integerrima, longe cuspidata, marginibus fere e basi ad apicem anguste 
incurvis, cellulis rectangulis marginalibus longioribus paucis. Cetera 
desunt. 

Je n'ai pu examiner que quelques feuilles de cette petite 
espèce, qui diffère de toutes ses congénères par la forme subulée 
de ses feuilles, ce qui la rapproche de YO. subulatum de la Bir- 
manie ; mais, dans cette dernière, la pointe est surtout formée par 
l'incurvation des marges, tandis que, dansl'(9. Nietneri, l'incur- 
vation cesse au-dessous du[sommet. 

SPECIES DUBLE. 

15. Ochrobryum (?) Polakowkyi C. Mûll. (nomen nudum). 
Jotirnal of Botany , VI (1877), pp. 227-230 pro memoria. 

HABITAT : Amérique centrale, Costa-Rica, Cartago, lieux 
humides (Polakowky 1875!) 

Caulis longus (2-3 cent.) fasciculato-ramosus, rigidus, rufescens. 
Folia erecta, brevia, basi longe ovato-lanceolata, marginibus e medio 
ad apicem planum vix denticulatum versus involutis ; cellulis longe rec- 
tangulis in sectione transversa folii medio e stratis 2 intra margines 
3-4 dispositis ; cellulis marginalibus angustioribus 8-seriatis rectangu- 
lis, externis longioribus angustioribus. Cetera desunt. 

Cette espèce, qui est la plus grande de toutes, et qui n'est 
connue qu'à l'état stérile, diffère de ses congénères par la struc- 
ture de ses feuilles qui la rapproche du genre Leucobryum . Ces 
feuilles ont en effet 2 assises de cellules au milieu sur 10 à 12 sé- 
ries, puis, de chaque côté, la lame s'épaissit et offre 3 puis 
4 assises de cellules sur 10 à 12 séries, jusqu'à la marge qui est 
unistratifiée. Par le port elle est voisine du L. minus (Dill.) 
Sull. de l'Amérique septentrionale. 

16. Ochrobryum (?) japonicum Besch. sp. nova. 

HABITAT : Asie; Japon, forêt de Mimmaya, 9 juill. 1894 
(Faurie n° 14045! stérile). 



i 5 2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Planta humilis, vix i centira. longa, glauco-fuscescens, basi fasci- 
culato-ramosa. Folia minuta, erecto patentia superiora erecta, 3-4 raill. 
longa, basi brevi ovata marginibus supra basin valde involutis subtu- 
bulosa, apice acuta obsolète denticulata ; cellulis marginalibus basin 
versus 15-16, supra 12-seriatis, ceteris folii medio e quadruplo strato, 
versus margines 3, ad basin 2 plerumque dispositis. Cetera desunt. 

Cette nouvelle espèce se rapproche par le port de ses con- 
génères asiatiques, mais elle diffère de toutes par ses feuilles à 
base très courte et à marges involutées sur les deux tiers de la 
longueur ; leur structure est aussi différente dans la partie supé- 
rieure de la base où les cellules sont disposées sur 3-4 assises, 
2 dorsales et 2 ventrales, la chlorophylle occupant le milieu 
aux angles des cellules de la deuxième assise ventrale et de 
celles de l'assise dorsale qui lui est contiguë. 

CONSPECTUS GENERIS. 

i° Folia apice acuminata vel acuta. 

O. Gardnerianum. — Amérique australe. 

O. nepalense. — Asie, Indes Orientales. . 

O. Kurzianum. — Asie, Birmanie. 

O. Wightii. — Asie, Madras. 

O. ceylam'cum. — Asie, Ceylan. 

O. Boivinianum. — Afrique, Mayotte. 

2 Folia apice subulata. 

O. Nietneri. — Asie, Ceylan. 

O. subulatum. — Asie, Birmanie. 

O. stenophyllum. — Amérique australe. 

3 Û Folia apice obtusa subito apiculata. 

O. Mitteniï. — Asie, Ceylan. 

O . parvîdum. — Amérique australe. 

4 Folia apice obtusa vel obtusiuscula. 

O. Parishii. — Asie, Birmanie. 

O. obtusifolnim. — Amérique australe, Colombie. 

O. RtUenbergii '. — Afrique, Madagascar. 

vSpecies dubiae. 

O. Polakoiokyi. — Amérique centrale, Costa-Rica. 
O. japonïatm. — Asie, Japon. 



F. Kraenzlin. — Mystacidium Hariotianum Kr2l. 153 

Species DELENDvE. 

Ochrobryum Gardnerianum Mitt. Musez Indise Orïentalis , 
quoad plantam Khasianam (J. D. Hooker et Thomsen 
n° 1274) = Leucobryum Mil te uii Besch. 

Ochrobryum Gardnerianum Besch. Nouv. docum. p. la flore 
bryologique du Japon, 1893, p. 333 (Japon, Kominato [Faurie 
n° 60]) = Leucobryum altiusculum Besch. 

Ochrobryum Gardnerianum Ren. et Carcl. Musci costaricenses 
in Bull. Soc. roy. de Belgique, t. XXXI (1892), p. 152 (Costa- 
Rica [Pottier n° 5520]) = Leucobryum costaricense Besch. 



MYSTACIDIUM HARIOTIANUM KRZL. n. sp. 

Par M. F. KRAENZLIN. 

Caulibus ascendentibus abbreviatis ; foliis oblongis apice bilobis, 
apicibus non divergentibus obtusis, ad 7 cm. longis, ad 3 cm. latis, 
crassiusculis; racemis quam folia subduplo longioribus tenuibus secun- 
difloris ; bracteis ochreatis apiculatis, quam ovaria multo brevioribus ; 
sepalis e basi ovata triangulis acuminatis; petalis subbrevioribus ovatis 
obtusis; labello subaequali leviter excavato, calcari ipso paullulum in- 
crassato ; gynostemio brevissimo ; anthera plana antice obtuse acutata 
infra obscure biloculari (diaphragmate vix evoluto) polliniis globosis, 
caudicula brevi lineari, glandula lata angusta. — Flores minutissimi 
2 mm. diam. aurantiaci. 

Insula madagascariensis. (In caldariis horti « Luxembourg » Pari- 
siorum.) 

Cette plante se rapproche beaucoup des AerantJius ery- 
thropollinius Rchb. f. et xanthopollinius Rchb. f. (Mystaci- 
dium erythropollinitim et xanthopollinûim mihi) publiés dans 
le « Flora », 1865, p. 196. Elle diffère du Mystacidium xautho- 
pollinium par ses grappes plus longues que les feuilles, par les 
sépales plus allongés, par son labelle ovale-oblong et non 
transversalement triangulaire, par son éperon obtus et non 
pointu, égalant mais ne dépassant pas l'ovaire, par son rostel- 
lum court et non prolongé en bec d'oiseau. Elle se rapproche 
du Mystacidium erythropollinitim, tout en en différant par ses 
feuilles simplement bilobées et obtuses non divergentes-bilo- 



i 5 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

bées, et surtout par son labelle ovale à sommet non divisé en 
trois petits lobes. 

Les autres caractères, et surtout l'aspect des grappes flo- 
rales, sont tellement voisins de ceux qui appartiennent aux 
deux autres plantes ci-dessus mentionnées qu'il serait difficile 
d'en distinguer le M. Harïotianum . Les feuilles du M. erythro- 
pollinùim sont plus nettement obovales ou cunéiformes; dans 
le M. xanthopollim'um les grappes sont plus courtes que les 
feuilles. Si ce n'étaient les caractères propres à la fleur du 
M. Harïotianum, on pourrait faire de cette dernière plante une 
forme à grappes allongées du M. xaiilhopolh'iiïum. 



ISO PY RU M ET COPTIS; 

LEUR DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE 

Par A. FRANCHET. 

I. — ISOPYRUM. 

Cette Note est un nouveau chapitre ajouté aux recherches 
que j'ai depuis longtemps entreprises sur le caractère géogra- 
phique de la flore de l'Asie orientale et plus particulièrement 
de la Chine. J'ai pensé que, pour parvenir à une connaissance 
aussi précise que possible de ce caractère, il ne suffisait pas d'en 
étudier les causes déterminantes, c'est-à-dire les conditions du 
climat, la direction des grands courants aériens, le régime par- 
ticulier des eaux, pluies ou grands fleuves, la nature du sol, etc. ; 
on sait maintenant que ces divers facteurs apportent des élé- 
ments variés qui se complètent, se contrebalancent de mille 
façons, de sorte qu'il faut bien reconnaître que, dans la plupart 
des cas, il est presque impossible d'assigner la part exacte de 
chacun d'eux dans le caractère revêtu par la végétation. Lais- 
sant donc de côté les causes, provisoirement du moins, je me 
suis borné à un rôle plus modeste, celui de rechercher les effets 
et de les apprécier comparativement avec ce que nous voyons 
sur d'autres parties du globe. Prenant donc un à un les genres 
les plus remarquables possédés en commun par ces diverses ré- 
gions, j'ai dû étudier d'abord leurs multiples formes spécifiques, 
puis la proportion dans laquelle ces formes se trouvaient ré- 
parties dans chaque pays. Le premier avantage a été de rendre 



A. Franchet. — Isopyrum et Coptis. 155 

possible, d'une façon incontestable, l'appréciation des divers 
degrés d'intensité dans la manifestation d'un genre sur toute 
son aire de dispersion, c'est-à-dire d'indiquer le lieu où, à 
l'époque actuelle, il atteint son maximum de développement, 
soit comme nombre d'espèces, soit comme diversité de formes; 
de là, il était facile de suivre sa décroissance graduelle jusqu'au 
point où il disparaissait tout à fait. 

On peut se demander quelle est la signification du point où, 
dans la flore actuelle, un genre acquiert son maximum de déve- 
loppement. Je ne crois pas qu'on puisse encore hasarder une 
réponse satisfaisante à cette question. L'intensité actuelle de 
production spécifique doit-elle être considérée comme un indice 
d'origine pour le genre, comme un centre de départ dans sa dis- 
sémination, ou transport de ses espèces à travers le monde? 
Ou bien faut-il tout simplement y voir une station d'élite, c'est- 
à-dire présentant actuellement les conditions les plus favo- 
rables à son existence et à son développement? 

Ce qui paraît bien certain, c'est que tous les genres, quel que 
soit leur degré de richesse en espèces, se conduisent de la 
même façon; tous présentent un centre d'évolution particulière- 
ment développé, quelquefois excessif, et projettent de ce centre 
un ou plusieurs rayonnements, souvent irréguliers, mais qui se 
terminent toujours dans une production spécifique extrêmement 
réduite à leur point limite. 

Un autre enseignement ressort de l'étude de la dispersion 
des genres : c'est la démonstration, pour la plupart d'entre eux, 
du caractère des groupements de leurs espèces ; on voit que ces 
groupements ne se font point seulement au hasard de modifi- 
cations morphologiques, mais qu'ils sont en même temps géo- 
graphiques ; c'est du reste un fait connu depuis longtemps, mais 
qui n'a pas, peut être, été suffisamment mis en relief. 

Ainsi, pour ne parler que des Isopyrum, on peut dire qu'ils 
forment trois groupes d'espèces très naturels : l'un n'a pas de 
pétales; l'autre a des pétales très petits, nectariformes; dans le 
troisième, les pétales sont normalement développés, de même 
forme que les sépales et aussi grands qu'eux. Or, les premiers 
ne se rencontrent que dans la partie orientale de l'aire de dis- 
persion du genre (Mandshurie, Japon et surtout Amérique sep- 
tentrionale); le second groupe, le plus important des trois, est 



i 5 6 IOUKNAL DE BOTANIQUE 

spécial à l'Europe et à l'Asie; le troisième se manifeste dans la 
Chine occidentale, à son contact avec le Thibet. 

Il n'est presque pas de genres qui ne donnent lieu à des 
observations semblables, à la condition cependant de négliger 
les groupes peu caractérisés; j'ajouterai que la convenance 
géographique est souvent un excellent critérium pour recon- 
naître l'opportunité de certains groupements d'espèces, ou 
sections de genre. 

La distribution géographique des Isopyrtun mérite d'être 
étudiée non seulement à cause de l'intérêt qui s'attache au mode 
de répartition de leurs espèces, mais aussi et surtout en raison 
des relations étroites qu'elle présente avec la distribution 
d'autres genres appartenant aussi à la famille des Renoncu- 
lacées, tels que les Deiphinium et les Adonis vivaces. 

Pour le premier de ces deux genres, je crois avoir démontré 
dans un précédent travail, publié dans le Bulletin de la Société 
pliilomatliiqîie de Paris, 1893, que le centre actuel des espèces 
vivaces qu'il renferme est l'Asie centrale et orientale, centre d'où 
partent deux ramifications, dont l'une se dirige vers l'Ouest, 
présentant un degré d'affaiblissement numérique d'autant plus 
sensible que l'on se rapproche davantage du point terminal, 
c'est-à-dire du S.-O. de l'Europe; l'autre, qui s'étend vers l'Est, 
passe par dessus le Japon, sans y laisser de représentant, et pé- 
nètre dans l'Amérique du Nord, où il occupe un large terri- 
toire. Là, il subit aussi un appauvrissement spécifique très 
accentué, mais toutefois moins considérable que dans le rameau 
occidental. 

Les Adonis vivaces ont donné lieu à des observations dont 
les conclusions sont analogues, avec cette légère différence que 
leur rameau oriental ne se prolonge pas jusqu'en Amérique mais 
se termine au Japon, avec deux espèces. 

On va voir que les Isopyrum se prêtent à des recherches 
dont les résultats se traduisent par une dispersion toute sem- 
blable; j'aurai prochainement à établir que les Clematis et 
les Thalictrum se comportent d'une façon absolument compa- 
rable. 

Maximowicz a donné, en 1883, Mél. biol. XI, p. 623, une 
véritable monographie des Isopyrum. A cette époque on ne 
connaissait dans le genre que dix-huit espèces, que l'auteur a 



A. Fkanchet. — Isopyrum et Coptis. 157 

décrites et dont il donne la répartition géographique, en indi- 
quant les régions qui pouvaient alors être considérées comme 
les plus riches en espèces; c'était : l'Amérique septentrionale 
occidentale avec 3 espèces ; le Japon avec 6 espèces ; l'Himalaya 
avec 4 espèces. 

La connaissance de la flore de Chine a modifié ces données, 
en montrant que c'était dans l'Asie occidentale continentale 
qu'il fallait placer le centre actuel des Isopyrum, non pas seu- 
lement au point de vue du nombre des espèces, mais aussi parce 
que les trois groupes de types spécifiques que possède aujour- 
d'hui le genre s'y trouvent représentés. 

Toutes les espèces américaines, au nombre de quatre, 
appartiennent au groupe Enemion, et sont, comme il est dit 
plus haut, absolument dépourvues de pétales; une cinquième 
espèce de ce groupe a pourtant pénétré en Asie, sans doute 
grâce au voisinage du continent Américain et par l'intermé- 
diaire de l'archipel Japonais, qu'on peut raisonnablement consi- 
dérer comme ayant mis en contact, à une période géologique 
peu éloignée de la nôtre, la flore de l'Asie orientale et celle de 
l'Amérique septentrionale. 

Le genre tout entier n'est connu jusqu'ici que dans l'hémis- 
phère boréal; sa limite Nord se trouve en Europe, aux environs 
de Kœnisberg, par 54 environ; sa limite Sud parait être dans 
la Chine occidentale, aux environs de Tali, par 26". Entre ces 
deux points extrêmes, on trouve un grand nombre de stations 
intermédiaires, réglées par les conditions les plus diverses 
d'altitude et de climat. Mais en thèse générale, on peut dire 
que les Isopyrum sont plutôt des plantes des régions tem- 
pérées. 

Leur distribution peut être répartie en huit régions, indé- 
pendantes, du reste, de toute limite politique; ce sont : 

i° L'Europe, qui ne fournit qu'une seule espèce, lui appar- 
tenant d'ailleurs en propre, 1. thalictroides , qui occupe, très 
irrégulièrement disséminée, toute la région centrale, depuis 
l'ouest de la France, jusque dans la Chersonèse et la Thrace, 
où elle s'arrête brusquement, sans pénétrer dans la Russie 
orientale d'une part et dans l'Asie Mineure de l'autre. 

2 L'Asie occidentale (Perse et Affghanistan) ; 3 espèces, 
dont une, /. grandi florum , lui est commune avec l'Asie cen- 



158 JOURNAL DE BOTANIQUE 

traie, la Chine occidentale et l'Himalaya; les 2 autres, /. uui- 
florum et /. cespitosttm, sont localisées. 

3 L'Asie centrale (Turkcskan, Songarie, Altai, Baical, etc.), 
avec 5 espèces, dont aucune ne lui appartient en propre : /. mi- 
crophyllum, I. grandiflorum, I. anemonoides , I. fumarioidcs, 
cette dernière annuelle; c'est la seule du genre qui soit dans ce 
cas. 

4 La région himalayenne, qui ne comprend que l'Himalaya 
et les régions thibétaines adjacentes; 4 espèces, dont une seule, 
/. adiantifolium, ne se retrouve pas ailleurs ; les 3 autres sont : 
/. microphyllum, I. grandiflorum,, I. anemonoides. 

5 Asie orientale (toute la Chine et le Thibet oriental, la 
Corée et la Mandshurie, terme septentrional du genre en Asie) ; 
12 espèces, parmi lesquelles 7 n'ont point encore été rencontrées 
dans les autres régions : /. peliatum, I. Henryi, I . Delavayi, 
I. Fargesii, 1. sulchuenense, 1. auriculatum, I. vagiuatum. 
Les 5 autres appartiennent en même temps, soit à la flore du 
Japon, telles que : /. adoxoides, I. Raddeanum , soit à celle de 
l'Asie centrale : /. fiimarioides , soit à la région himalayenne : 
/. microphyllum, I. grandiflorum. 

Avec XI. vaginatum et 1'/. Raddeanum apparaissent deux 
types de groupes nouveaux, le premier spécial au N.-E. du 
Thibet, le second plus particulièrement américain. Le genre se 
trouve ainsi être représenté d'une façon absolument complète 
dans l'Asie orientale. 

6° L'Asie insulaire (Japon) fournit 7 espèces et devient la 
région la plus riche, surtout si l'on tient compte du peu d'étendue 
de son territoire, comparativement à celui de la Chine; mais il 
est d'autre part hors de doute que le Japon n'est qu'une dépen- 
dance du domaine de l'Asie orientale continentale. La similitude 
de la végétation le démontre abondamment. Les 7 espèces japo- 
naises sont : /. adoxoides qui se retrouve en Chine, /. Raddea- 
num, observé en Corée et dans la Mandshurie ; et 5 autres qui 
sont spéciales : /. nipponicum, I. dicarpuui , I. stoloniferum , 
I. trachycarpum, 1. Faurîei. 

(A suivre.) 

Le Gérant : Louis Morot. 



:.,.i; —.1 Mcrscû r.i.r.,i'-,Av.cîc»..!i.'ui;ion. 



n e ANNÉE. N 9 10. 16 MAI 1897. 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



ISO PY RU M ET COPTIS ; 
LEUR DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE 

{Suite.) 
Par A. FRANCHET. 

7 L'Amérique septentrionale occidentale (Montagnes Ro- 
cheuses, Orégon, Californie) ; 3 espèces tout à fait spéciales à la 
région : /. stipitaium, I. Hallii, I. occidentale ; toutes les trois 
sont dépourvues de pétales. 

8° L'Amérique septentrionale orientale (depuis les Grands 
Lacs jusqu'à la Floride); une seule espèce, /. biternatum, ayant 
tout à fait l'aspect de 1'/. ihalictroides, mais sans trace de pé- 
tales, comme toutes les autres espèces américaines. 

Le tableau ci-joint fait bien nettement ressortir le caractère 
de la répartition géographique des Isopyriu/t , en montrant un 
excès d'espèces au centre actuel de leur manifestation, c'est-à- 
dire dans l'Asie orientale, en même temps qu'il permet d'appré- 
cier leur diminution progressive à mesure que l'on s'avance vers 
la limite extrême de leur extension. 

Quand on aura appliqué cette méthode d'exposition géogra- 
phique à tous les genres, et ils sont nombreux dans la période 
actuelle, que l'Asie centrale et occidentale possède en commun 
avec l'Europe, surtout avec sa région alpine, il deviendra évi- 
dent que, dans notre Europe, presque tous les genres mono- 
types ou oligotypes doivent être considérés comme des émana- 
tions d'une autre flore, aujourd'hui encore en pleine vigueur et 
demeurée pour eux un centre de manifestation complète. C'est 
ainsi, par exemple, qu'un type de plantes représenté en Eu- 
rope et dans toute la région boréale par 2 espèces seulement, 
le Senecio (Ligularia) cacaliœfolius et le Senecio Senecillis 
(Senecillis glaucus), fournit, dans l'Asie centrale et orientale, 
plus de 70 espèces; que le genre Swerlia, monotype en Eu- 
rope, est très riche en espèces dans l'Asie, surtout dans la 
Chine occidentale ; que les Saussurea, qui ne possèdent guère 






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A. Franchet. — Isopyrum et Coptis. 161 

que deux types dans nos régions alpines, ont plus de ioo re- 
présentants rien que dans l'Asie orientale. Il en est de même 
pour les Rhododendron, les Clematis, les Thaliclrum, les Epi- 
medium, etc., etc. Il faut encore ajouter que certains genres qui 
font l'ornement et la gloire végétale de notre région alpine, 
aussi bien par leur nombre que par le charme de leurs fleurs, 
tels que le Leontopodium, les Primula, les Gentiana, les Pedi- 
cularis, sembleront relativement pauvres quand on les compa- 
rera aux mêmes genres, si riches en espèces et en formes singu- 
lières, qui se retrouvent dans les grands massifs montagneux 
au travers desquels coulent aux confins de la Chine et du 
Thibet les trois grands fleuves dont les bassins et les vallées 
sont aujourd'hui les dépositaires d'une flore exubérante à la- 
quelle la flore alpine de toute l'Europe a emprunté son caractère. 
Cet enseignement fùt-il le seul à ressortir de l'étude de la 
flore de ces régions explorées depuis si peu d'années, qu'il 
serait déjà suffisant pour en justifier l'importance et l'intérêt. 

II. — Coptis. 

Il n'est guère possible de faire une étude des Isopyrum sans 
parler des Coptis, qui n'en sont, à proprement parler, qu'une 
section faiblement caractérisée par des carpelles stipités, ces 
mêmes carpelles étant sessiles chez les Isopyrum. Tout en con- 
servant le genre, MM. Bentham et Hooker, dans leur Gênera 
plantarum , insistent sur le fait et disent : « Coptis... Genus forte 
melius pro sectione Isopyri habendum. «Bâillon, de son côté, 
réunit les Coptis aux Hellebortis ; mais il avait alors plus spécia- 
lement en vue les C. trifolia et quinquefolia, dont les feuilles 
sont anormales dans le genre et rentrent mieux dans le type de 
celle des Helleborus à nervation palmée. 

On ne voit pas bien en effet pourquoi l'on a conservé les 
Coptis comme genre distinct, sur la seule considération de 
leurs carpelles stipités, alors surtout qu'on n'accorde qu'une 
simple importance de section à la présence ou à l'absence de 
pétales, comme il arrive pour les Eneuiion, privés de pétales, 
et qui sont admis aujourd'hui seulement au titre de section des 
Isopyrum. Il faut voir dans ceci le résultat d'une de ces habi- 
tudes trop fréquentes encore en botanique systématique, qui 



i62 JOURNAL DE BOTANIQUE 

fait que l'on conserve religieusement des genres respectables 
sans cloute par leur ancienneté, mais qui ne supporteraient pas 
la critique. Cette habitude a pourtant un avantage, dont il ne 
faudrait d'ailleurs pas s'exagérer la portée, c'est de mettre un 
frein à de trop fréquentes modifications dans la nomenclature ; 
la suppression d'un genre amène, en effet, dans les dénomi- 
nations d'espèces, un remaniement toujours pénible lorsque ces 
espèces sont en nombre considérable. 

Pourtant, dans le cas présent, on serait presque tenté de 
voir dans le maintien du genre Coptis une véritable inconsé- 
quence, surtout depuis que l'on connaît un Isopyrum, apparte- 
nant au groupe Enemion, que AsaGray a nommé /. stipitatum, 
lui imposant ainsi une dénomination spécifique qui exprime une 
particularité en contradiction évidente avec la notion même des 
Isopyrum. Ne semble-t-il pas qu'il eût été plus logique de con- 
sidérer la plante californienne comme un Coptis dépourvu de 
pétales ? Elle eût alors constitué dans le genre une section paral- 
lèle à celle qu'on trouve chez les Isopyrum. Ce parallélisme 
dans les groupes d'un genre est fréquent dans le règne végé- 
tal ; il y a longtemps qu'on l'a signalé dans les diverses formes 
d'une espèce. 

Plusieurs des genres créés aux dépens des Helleborus sont 
d'ailleurs tout aussi insuffisamment caractérisés. A l'époque où 
l'on a détaché ces genres (souvent pour une seule espèce) ils 
répondaient sans doute à des particularités d'organisation 
facilement appréciables et que l'on pouvait croire constantes; 
mais à mesure que leurs espèces se sont multipliées, les carac- 
tères, admis comme fondamentaux pour le genre, se sont 
atténués, modifiés dans divers sens, se sont fondus, si je puis 
m'exprimer -ainsi. C'est ainsi que les Isopyrum, perdant leurs 
pétales avec les Enemion et gagnant un pédicelle à leurs car- 
pelles avec 1'/. stipitatum, se trouvent ainsi à peu près complè- 
tement à côté de la diagnose originale de Linné. 

En pareil cas, deux méthodes à suivre se présentent : étendre 
les limites du genre de façon à y faire rentrer les espèces récal- 
citrantes ; c'est un procédé qui paraît sage et dont le moindre 
avantage est de conserver d'anciens genres dont les noms sont 
familiers et qui se trouvent ainsi consolidés et mieux assis qu'à 
leur origine. 



A. Frakchet. — Isopyrum et Coptis. 163 

Le deuxième procédé consiste à faire autant de genres qu'on 
trouve de particularités diverses dans les différents organes, 
lors même que ces particularités se trouvent être réduites à une 
seule. Cette méthode a l'inconvénient de surcharger fâcheuse- 
ment une nomenclature qui menace d'écraser à bref délai la 
botanique systématique et qui, en attendant, la discrédite 
auprès de ceux qui ne sont pas initiés aux finesses d'une analyse 
à outrance. 

Ces divergences de méthode montrent bien en même temps 
qu'il ne faut pas considérer le genre comme une entité réelle 
et immuable ; considéré comme un simple moyen mnémotechni- 
que, sa notion perdra de l'importance qu'on lui attribue mal à 
propos et ses limites seront d'autant mieux acceptées qu'elles 
seront plus facilement appréciables et correspondront dans 
beaucoup de cas, il faut bien le reconnaître, à un ensemble de 
caractères extérieurs plus satisfaisant pour l'esprit, qui a besoin 
de grouper, sans trop d'efforts, les êtres pour en bien saisir les 
affinités ; beaucoup des anciens genres correspondaient à ce 
besoin. 

On connaît aujourd'hui dix espèces de Coptis, qu'il faudra 
peut être réduire à huit; leur distribution complète jusqu'à un 
certain point celle des Isopyrum , en ce sens que leurs espèces 
remontent beaucoup plus haut dans le Nord, en même temps 
que leur limite occidentale ne dépasse pas le gouvernement de 
Kasan, dans la Russie orientale; du reste, une seule de leurs 
espèces est européenne, le Coptis trifolia, qui paraît habiter 
surtout au voisinage du pourtour presque entier du cercle 
polaire, tout en projetant quelques rayonnements plus méridio- 
naux, en Asie, jusque dans l'Altaï et l'île de Nippon; en Amé- 
rique, jusque dans le Maine, les Etats de New-York et New- 
Jersey. 

Les neuf autres espèces appartiennent exclusivement à la 
flore de l'Asie orientale et à celle de l'Amérique occidentale, 
dans sa partie septentrionale, entre 40 et 65 lat. N. En Asie, 
leur aire géographique s'étend plus au Sud, c'est-à-dire jusqu'au 
nord de l'Assam, par 26° lat. environ. 

Le tableau suivant fait voir leur répartition, telle qu'on la 
connaît aujourd'hui : 



164 



EUROPE 



JOURNAL DE BOTANIQUE 
ASIE 



Région boréale et occid. 



(Russie or.; Norzvege.) 
Entre 65° et 55° lat. N. 



trifolia (il 



Orientale continentale. 



(Chine; Assaut; 
Ma n ds h u rie; Sibér ie , ) 

Entre 58 et 26 lat. N. 



Orientale insulaire. 



AMÉRIQUE 



Boréale occidentale. 



trifolia. 
laciniata. 
chineiisis. 
Teeta 



(Japon ; Sachaliu.) 
Entre 50° et 32 lat. N 



trifolia. 
qu-inquefolia. 
ancmonifolia. 
orientalis . 
brachypetala. 



[Ue la Californie sept 
à l'Alaska.) 

Entre 65° et 40 lat. N 



trifolia. 
asplenifolia. 
occidentalis. 
laciniata. 



1. Les noms imprimés en italiques désignent les espèces exclusivement propres à la 
région; les espèces sont disposées dans ce tableau dans l'ordre de leurs stations, en allant 
du Nord au Sud. 

On voit, par ce tableau, qu'un seul Coptis se retrouve dans 
toute l'aire de dispersion du genre ; ses stations, pour la plu- 
part assez voisines du cercle polaire, trouvent sans doute dans 
cette circonstance la cause d'une large distribution, dont on 
retrouve des exemples dans d'autres genres de Renonculacées, 
dans les Crucifères, les Saxifragacées, qui végètent dans les 
mêmes conditions. 

Il ne semble pas non plus, contrairement à ce qui arrive 
pour les Isopyrum, que les trois groupes d'espèces, qu'on peut 
raisonnablement admettre chez les Coptis, soient cantonnées 
dans des régions spéciales. Ainsi les Chrysa (C. trifolia) se 
retrouvent partout et à des latitudes très diverses; les Ptero- 
fihyllum (C. asplenifolia , C. chinensis) existent simultanément 
en Asie et en Amérique; les Chrysocoptis (an Nuttall.?), groupe 
formé des espèces dont les pétales sont planes (C. Teeta, C. ane- 
monifolia, etc.), n'existent probablement qu'en Asie et dans 
tous les cas dominent au Japon, à moins toutefois que le C. occi- 
dentalis, pour lequel le nom a été créé, ait réellement les pétales 
de cette forme. Mais il est admis aujourd'hui que l'observation 
de Nuttall, relative aux pétales de cette espèce, a été insuifisante 
et il ne paraît pas que la plante ait été revue depuis avec ses 
fleurs. C'est du moins ce qui semble ressortir du texte de la 



A. Franchet. — Isopyrum et Coptis. 165 

plus récente (1896) flore qui en ait parlé, le Synoptical Flora 0/ 
North America, I, pars 1, p. 41 (continué par M. Robinson), 
où on lit : « Petals... (non sufficienty known) » et plus loin : 
« Chrysocoptis occidentalis Nutt. . . with poor figure of flowers » . 
Je n'ai pu me procurer les pétales de ce Coptis, les spécimens 
en fleurs qui se trouvent dans les herbiers sous le nom de 
C. occidentalis appartenant toujours au C. laciniata A. Gray, 
dont les pétales ont absolument la forme de ceux du C. asple- 
nifolia, c'est-à-dire sont dilatés au milieu où se trouve la fos- 
sette nectarifère, et prolongés au-dessus en longue pointe 
subulée, ce qui est le caractère des Plerophyllum. Ce C. lacï- 
m'ata pourrait bien d'ailleurs n'être qu'une variété du C. occi- 
dentalis. 

Les Coptis, à l'exception du C. trifolia, sont des plantes 
rares dans les herbiers, où les espèces que l'on y trouve sont 
surtout en fruit. Le Muséum de Paris en possède heureusement 
neuf espèces, sur les dix qui sont connues, et d'autre part j'ai 
trouvé d'excellents documents dans les grandes collections de 
M. Drake del Castillo. La distribution de plantes du Japon, faite 
en 1896 par M. Faurie, a répandu assez largement quatre des 
espèces de cette région, dont pourtant il reste une cinquième 
espèce à bien connaître, le C.orientalis, auquel son auteur attri- 
bue des pétales planes et en même temps des feuilles biternées, 
caractères qui sont également ceux d'une forme du C. anemo- 
nifolia, espèce extrêmement variable, à pétales planes lancéolés, 
à peine distinctement canaliculés à leur base et dont les feuilles 
sont aussi souvent biternatiséquées que simplement ternatisé- 
quêes avec toutes les transitions que l'on peut supposer entre 
ces deux états. 

C'est même à cause de cette particularité de variabilité des 
feuilles, qui se retrouve aussi dans le C. asplenifolia, que l'on 
peut supposer que le C. laciniata n'est qu'une forme du C. occi- 
dentalis; M. Huthn'a pas connu le C. laciniata, espèce établie 
après la publication de son travail sur les Coptis ; il admettait 
pourtant un Coptis occidentalis, var. Hoivelii, qui est devenu 
ce C. lacÏ7iïata Asa Gray. Le C. orientalis Maxim., pourrait 
d'autant mieux n'être que la forme à feuilles biternatiséquées 
du C. anemonifolia Sieb. et Zucc, que l'éminent botaniste 
russe n'a vu qu'un seul exemplaire, en fruits, du C. anemoni- 



' 






i66 JOURNAL DE BOTANIQUE 

folia; d'autre part, la description originale des pétales de 
cette dernière espèce n'est pas bien claire et dans tous les 
cas n'autorise guère à mettre la plante dans le groupe des 
Chrysa, dont les pétales ne sont jamais aigus. On peut dès lors 
s'expliquer comment le C. orientalis Maxim, est resté une 
espèce obscure, qu'on n'a pas la certitude d'avoir retrouvée au 
Japon, ce qui doit paraître surprenant, alors que son auteur 
dit qu'elle y est fréquemment cultivée et tenue en grande estime, 
ce qui est aussi certainement le cas du C. anemonifolia . 

{A suivre.) 



NOTE PRELIMINAIRE 
SUR LES ALGUES MARINES DU GOLFE DE GASCOGNE 

Par M. Camille SAUVAGEAU. 



/ 



La végétation algologique du fond du golfe de Gascogne 
présente, comme on sait, un caractère plus méridional que celle 
de Bretagne, caractère rendu surtout sensible par le petit 
nombre des espèces de grandes Algues brunes, Fucacées et La- 
minaires qui y sont représentées (i). Elle a été étudiée par plu- 
sieurs auteurs, en particulier par Thuret et M. Bornet, qui ont 
séjourné à Biarritz et à Guéthary à diverses reprises, pour y pré- 
parer certaines des monographies des Études phycologiqiies et 
des Notes algologiques, et qui en ont fait connaître la flore aux 
algologues par les nombreux exemplaires d'herbier qu'ils ont 
distribués à leurs correspondants. Cependant, la seule liste à 
consulter des Algues qui croissent dans cette région, due à 
Lespinasse (2), et publiée en 1882, après sa mort, est extrêmement 
incomplète et par suite peu utile. Mais on ignorait presque 
complètement si la flore algologique de Biarritz se continue le 
long de la côte Nord de l'Espagne ou si, malgré la différence 
de latitude, cette région nourrit les mêmes Algues que la côte 
bretonne. Parmi les espèces que Durieu de Maisonneuve a re- 

1. Bornet, Les Algues de Schousboe (Mém. de la Soc. nat. des Sciences na- 
turelles de Cherbourg, t. XXVIII, 1802); C. Sauvageau, Observations générales 
sur la distribution des Alçues dans le Golfe de Gascogne (C. R. de l'Acad. 
des Se, t. CXXII, 1896). 

2. Lespinasse, Les Algues du Sud-Ouest de la France (Ann. de la Soc. lin- 
néenne de Bordeaux, vol. XXXVI, 1882). L'auteur cite 41 espèces de Biarritz, 
de Guéthary, et de Saint-Jean-de-Luz; il prévient d'ailleurs le lecteur qu'il donne 
seulement la liste des espèces « les plus intéressantes ». 



C. Sauvageau. — Sur les AI gîtes marines du golfe de Gascogne. 167 

cueillies à Gijon (Asturies) en 1835 et distribuées en exsiccata, 
certaines, comme M Himanthâlia et le Fucus serratus manquent 
à Biarritz et appartiennent à une flore plus septentrionale. Mais 
Durieu n'ayant pas publié de relation de son voyage, rien n'in- 
dique si ces Algues croissent réellement sur la côte asturienne 
ou si elles y sont apportées par les courants et rejetées par le 
flot. La liste publiée en 1867 par M. Colmeiro (1) est une com- 
pilation faite d'après des échantillons d'herbiers qui ne peut 
être consultée avec une pleine sécurité. M. Lazarô é Iviza (2) a 
donné une liste des Algues qu'il a recueillies sur divers points 
de la côte Nord de l'Espagne, où l'on trouve citées la plupart 
des grandes Algues bretonnes, mais au sujet desquelles on 
pouvait faire les mêmes réserves que pour les plantes de Du- 
rieu. De plus, la rareté dans les herbiers d'échantillons prove- 
nant de cette région ne permet pas de vérifier l'exactitude des 
déterminations. Aussi, ces documents n'avaient-ils rencontré que 
peu de créance, et M. Bornet n'en tient pas compte quand il dit, 
dans les considérations générales qui précèdent son étude sur 
les Algues du Maroc : « Ce caractère de la végétation algolo- 
gique de Biarritz et de ses environs rattache cette localité à la 
flore qui s'étend, sans beaucoup de changements, le long des 
côtes d'Espagne, du Portugal et du Maroc, et se lie étroitement, 
malgré certaines différences, aux flores des Canaries et de Ma- 
dère » {Joe. cit., p. 168). 

Dans l'intention de combler cette lacune, j'ai entrepris quel- 
ques excursions sur la Côte du Golfe de Gascogne, de Bayonne 
à La Corogne, et j'en puis conclure que le fond du Golfe a un 
caractère bien à part. Plus loin, en effet, sur la côte d'Espagne, 
à San Vicente de la Barquera, à Gijon, à Rivadeo, le faciès de 
la végétation algologique change de nouveau et rappelle tout 
à fait celui de la Bretagne. Puis, à l'extrémité de la Péninsule, 
à La Corogne, la présence de certaines espèces (Phyliaria pur- 

1. Miguel Colmeiro, Enumeracion de las Cripiogamas de Espaûa y Portu- 
gal, Madrid, 1867. 

2. Lazarô é Iviza, Datos para la Flora algologica del Norte y Noroeste 
de Espaûa (Anales de la Sociedad espanola de Historia natural, t. XVIII, Ma- 
drid, 1889). L'auteur a visité, en diverses excursions faites en été, les localités 
suivantes, que je cite de l'Est à l'Ouest : Santander, Cobreces, Comillas, San 
Vicente de la Barquera, La Franca, Lianes, Gijon, Candas, Le Ferrol, La Co- 
rogne (Coruna), Vigo, Bayona de Galicia; il a recueilli 153 espèces : 4 Myxo- 
phycées, 25 Chlorophycées, 46 Fucoïdées, 78 Rhodophycées. 



i68 JOURNAL DE BOTANIQUE 

fittrascens , Laminaria pallida), l'absence très probable de 
certaines autres {Laminaria flexicatilis , Laminaria Cloustoni) 
rattachent cette région à celle plus méridionale de Cadix, du 
Maroc, des Canaries. 

Je donne ci-dessous la liste des espèces que j'ai recueillies ; 
toutes ont été récoltées en place, sauf quelques-unes qui sont 
mentionnées comme rejetées ; celles-ci sont d'ailleurs très peu 
nombreuses, car le temps a toujours été très calme durant mon 
séjour en Espagne, et les Algues déposées sur le rivage 
n'étaient pas apportées de loin, comme cela arrive souvent après 
une tempête. Je n'ai fait aucun dragage, et toutes les espèces 
citées peuvent être récoltées quand la mer se retire. 

Un certain nombre d'Algues de petite taille, particulièrement 
de Phéosporées, non encore étudiées, seraient à ajouter à cette 
liste préliminaire; je me propose de les citer ou de les décrire 
ultérieurement dans un travail d'ensemble sur les Algues du 
Golfe de Gascogne, où seront mentionnées en même temps les 
espèces signalées dans cette région ou qui figurent dans l'Her- 
bier Thuret. On ne trouvera ci-dessous le nom d'aucune Bacté- 
riacée, ni Diatomée. 






I. — Fond du golfe de Gascogne. 

La région explorée s'étend de l'embouchure de l'Adour à 
Saint-Jean de Luz (i). J'ai séjourné d'abord à Biarritz, comme 
centre d'excursion, du 20 février au 25 mars 1894, et une tem- 
pête qui a sévi en mars a rejeté un nombre considérable d'Al- 
gues, mais qui appartenaient à quelques espèces seulement ; 
puis à Guéthary, du 26 juillet au 27 août 1895, temps pendant 
lequel le flot n'apporta pour ainsi dire aucune Algue, sinon 

1. Elle est en réalité plus restreinte encore et mesure à peine quelques kilo- 
mètres. Je suis allé à l'embouchure de l'Adour seulement pour y constater la 
présence du Fucus ceranoides. La côte, sablonneuse, de l'Adour à la Pointe 
Saint-Martin sur lequel s'élève le phare de Biarritz, puis de là sur toute la Grande 
Plage ou Côte des Fous, jusqu'aux rochers qui forment la pointe de Biarritz, 
est habitée par un très petit nombre d'espèces et mérite à peine d'être explorée. 
Elle reprend le môme caractère sur la Côte des Basques, et jusqu'à Guéthary 
fournit seulement quelques rochers à visiter dont les plus importants sont ceux 
de la Goureppe qui ne sont fructueusement accessibles que les jours de basse mer 
et par un temps calme. Je ne connais pas la côte rocheuse qui précède la baie 
de Saint-Jean-de-Luz et j'ai visité celle-ci une seule fois. 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 169 

quelques banalités faciles à recueillir en place; enfin, à Gué- 
thary encore, du 10 juillet au 30 août 1896; durant ce dernier 
séjour, le rivage fut plusieurs fois encombré par l'accumulation 
des Algues rejetées, parmi lesquelles j'ai trouvé seulement quel- 
ques espèces intéressantes, mais cette récolte eût été probable- 
ment plus fructueuse si des pluies aussi fréquentes qu'abon- 
dantes ne les avaient détruites presque aussitôt après leur dé- 
pôt. Enfin, en passant à Guéthary pour rentrer en France dans 
les derniers jours de septembre 1896, au moment de la tempête 
qui sévit alors sur toutes les côtes de France, j'ai recueilli 
quelques espèces n'ayant point encore été vues dans cette 
région. 

Cette liste ne renferme pas de plantes d'eau saumâtre, car 
mes excursions n'ayant pas été entreprises dans la seule inten- 
tion d'étudier la répartition géographique des Algues, mais 
aussi de recueillir certaines espèces pour les étudier sur le 
vivant, le temps m'a manqué pour visiter l'Adour, la Nivelle et 
les huîtrièresde Saint-Jean-de-Luz où l'on trouverait assurément 
des plantes que je n'ai pu rencontrer ailleurs. 

On n'y trouvera pas non plus d'Algues croissant sur les Zos- 
tères, car celles-ci font défaut dans la région visitée. J'ai vu seu- 
lement quelques rares feuilles de Z. marina rejetées à la côte en 
été ; après la tempête de mars 1894, les rhizomes et les feuilles 
rejetés en nombre considérable étaient dans un état si remar- 
quable de propreté que je n'ai vu aucune Algue à leur 
surface. 

Les Laminaires sont représentées dans cette région par 
le Saccorîn'za bulbosa, partout abondant et bien développé. 
Thuret a récolté en juin 1870, et en quantité, le Phyllaria reni- 
formïs Rostaf. {Laminaria Lamour.) aux Rochers de la Gou- 
reppe, mais je ne l'ai pas rencontré, malgré des recherches 
attentives faites à différentes reprises dans cette même localité. 
Parmi les monceaux d'Algues rejetées après la tempête de fin 
septembre 1896, et abîmées par la pluie, j'ai trouvé une 
vingtaine d'exemplaires bien entiers et de taille moyenne de 
Laminariaflexicaulis et de Z. Clous tout, espèces qui, à ma 
connaissance, n'avaient jamais été recueillies dans cette région, 
même apportées par le flot. 

\J Himanthalia lorea ne croît pas non plus dans cette ré- 






i 7 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

gion (i). Mais après la tempête de mars 1894, et du phare de 
Biarritz jusqu'à Guéthary, le rivage était couvert d'exemplaires 
rejetés à tous les états de développement. Pendant l'été de 1896, 
on trouvait assez rarement des fragments rejetés çà et là. Bien 
que les pêcheurs en retirent souvent en relevant leurs casiers à 
langoustes, il me paraît peu probable que cette espèce croisse 
au large, sur les rochers qui ne découvrent pas à mer basse. Je 
dois mentionner cependant que, le 26 juillet iS95,j'ai trouvé en 
place, sur un rocher situé en avant de la jetée de Guéthary, un 
unique exemplaire <X Hinianthalia encore à l'état végétatif. Le 
même jour, j'ai récolté au même endroit un unique exemplaire 
de Sargassum vulgarc xdx.flavifolium, d'une vingtaine de cen- 
timètres de hauteur ; j'ignore où croît habituellement cette es- 
pèce, mais parfois, même par les temps calmes, on en trouve 
de petits fragments rejetés sur le rivage. Je ne l'ai vue apportée 
en quantité par le flot que du 16 au 18 juillet 1896, dans le 
port de Guéthary, et en fort beaux exemplaires, mais de teinte 
jaunâtre, comme s'ils avaient flotté longtemps à la surface de 
l'eau. A cette Sargasse étaient mélangés, également flottants, le 
Fucus platycar pus, quelques Halidrys siliquosa, dont on voit 
d'ailleurs souvent des fragments sans jamais le trouver en place, 
et le Cystoseira concatenata, espèce méditerranéenne, qui re- 
monte dans l'Atlantique ; il descend au Sud jusqu'au Cap Vert, 
mais n'était pas connue au Nord du Portugal. 

\J Ascophyllum nodosum ne croît pas dans la région de Biar- 
ritz, mais on en trouve parfois çà et là des fragments rejetés. 
Après la tempête de mars 1894, il était aussi abondant que Y Hi- 
manihalia sur la Grande Plage et sur la Côte des Basques ; 
beaucoup d'exemplaires, bordés de réceptacles latéraux, ne me- 
suraient pas moins d'un mètre de longueur, et certains portaient 
le Polysfphonia fastigiata. Il est bien remarquable que YAsco- 
' phyllum, qui n'existe pas sur cette portion de la côte française, 
réapparaît à 12 kilomètres de la frontière, à Passages. La vaste 
baie de Passages, formée par la rivière Oyorzum, ne montre pas 
de Fîicîis (tout au moins le long des quais) ; elle communique 
avec la mer par un couloir étroit, extrêmement pittoresque, 

1. Il est possible cependant qu'il croisse à Saint-Sébastien, où Bory l'a récolté 
(Bornet, Algues de Schousboe, p. 253) ; on verra plus loin qu'il devient très 
abondant sur la côte d'Espagne. 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 171 

qui s'ouvre brusquement dans la baie et serpente jusqu'à son 
embouchure entre des collines abruptes de plus de 100 mètres 
de hauteur. Dès son début, ce défilé présente sur ses parois ver- 
ticales, baignées à marée haute, une bande de Fîicus épaisse et 
continue de 1 mètre à 1 m. 50 de hauteur, constituée à la partie 
supérieure d'une lisière de Fucus plalycarpus et vesicidosus et 
au-dessous de longues lanières pendantes diAscophyllum, qui 
forment à la paroi un revêtement dense et épais. Puis, en avan- 
çant vers la mer, on voit bientôt les Ascophylhun diminuer gra- 
duellement pour disparaître complètement ; les Fucus persistent 
plus longtemps, mais perdent de leur taille, sont plus clairsemés, 
et je doute qu'ils arrivent jusqu'à la mer. Ainsi, VAscophyllum, 
qui en Bretagne et en Normandie ne craint pas le choc des va- 
gues et habite les rochers battus, se réfugie à Passages dans 
un chenal étroit, à l'abri de l'agitation du flot, près d'une baie 
toujours calme; c'est dans des conditions comparables, dans les 
rias, que je l'ai rencontré sur la côte d'Espagne, à San Vicente et 
à Rivadeo, et jamais sur les rochers battus par les vagues. De 
semblables stations n'existent ni à Biarritz ni à Guéthary, mais 
X Ascophyllum n'habite pas davantage la baie de Saint-Jean-de- 
Luz, rocheuse et très abritée du côté de Sainte-Barbe. 

Les Pelvetia canali'culata, Fucus serratus (1), Bifurcarfa 
tubcrculata font totalement défaut dans le fond du Golfe ; je ne 
les ai même jamais vus jetés à la côte. Bien que le Fucus cera- 
uoi'des soit très abondant à l'embouchure de l'Adour, le flot ne 
l'apporte guère au Sud qu'en fragments rares et isolés. Les 
Fucus platycarpus et vesi'culosus présentent dans leur habitat 
des particularités intéressantes à signaler. 

En hiver, les rochers situés en avant du Port- Vieux de 
Biarritz et près de la Villa Belza, présentent quelques touffes de 
F. platycarpus bien fructifiées, mais dont la taille la plus fré- 
quente atteint seulement 5 à 7 centimètres ; ils correspondent à 
la variété limitaneus, élevée autrefois par Montagne au rang 
d'espèce. En été, on les retrouve encore sur ces mêmes rochers, 
mais plus clairsemés, souvent réduits à des moignons sans 
fronde, appliqués sur les rochers ; il est fort possible que la 
chaleur du soleil, renvoyée par la falaise qui domine le Port, ou 

1. Le i^. serra lus est cité à Santander par M. Lazare et M. Colmeiro. 



i 7 2 JOURNAL DE BOTANIQUE. 

par la route du Pont du Diable, entrave alors leur développe- 
ment. En 1896, j'en ai récolté sur un bloc situé en avant du Ca- 
sino, de petits, grêles et bien fructifies, en touffes éparses, de 
2 à 3 centimètres de longueur, et j'étonnerai probablement les 
algologues qui ont exploré seulement les régions plus septen- 
trionales, en disant que j'ai pu faire rentrer dans une boîte d'al- 
lumettes ma récolte, qui se composait d'une dizaine d'exem- 
plaires bien entiers. 

Si nous suivons la côte vers le Sud, nous rencontrons les 
Rochers de la Goureppe qui présentent aussi quelques F .platy- 
carpus , d'un décimètre de long, sur les rochers qui découvrent 
les premiers. Mais plus loin, à Guéthary, il n'en est plus de 
même. A droite et à gauche de la petite plage des bains, les 
F. platycarpus et vesiculosus sont bien développés, bien carac- 
térisés, et d'aussi grande taille qu'en Bretagne ; le F. platycar- 
pus s'avance plus près du rivage, tandis que le F. vesiculosus, 
à vésicules ou sans vésicules, descend à un niveau plus infé- 
rieur ; ceci correspond à ce que l'on sait de l'habitat respectif de 
ces deux espèces. A quelques centaines de mètres plus au Sud, 
à Port-Arotcha, excellente localité à visiter aux époques de 
fortes marées, c'est encore le F. platycarpus que l'on rencontre 
le premier en descendant vers la mer, puis il est mélangé au 
F. vesiculosus, très reconnaissable, mais celui-ci ne tarde pas à 
disparaître, et le F, platycarpus s'avance seul, jusqu'à la limite 
inférieure des Fucus, en exemplaires plus petits, déchiquetés 
par le choc des vagues. Enfin, si nous nous éloignons encore 
jusqu'à Port-Cenitz, où les rochers calcaires, très durs, stratifiés 
comme dans les deux localités précédentes, découvrent sur une 
grande étendue, on trouve déjà vers la limite supérieure de la 
marée des F. platycarpus remarquablement développés ; ils sont 
partout abondants, mais, comme à Port-Arotcha, ils diminuent 
de taille vers leur limite inférieure, deviennent déchiquetés, mi- 
sérables. J'ai parcouru en tous sens l'espace qu'ils recouvrent 
sans voir une seule vésicule, et tous les réceptacles que j'ai exa- 
minés étaient hermaphrodites. Le F. vesiculosus a donc complè- 
tement disparu. Dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, les rochers 
découvrent largement du côté de Sainte-Barbe; au bord, sur 
quelques rochers stratifiés et sur leur face non exposée au choc 
direct des vagues, on trouve encore de grands F. platycarpus, 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 173 

mais sur les pierres et les blocs qui sont plus éloignés du bord, 
je n'ai trouvé, en été, que de mauvais exemplaires déchiquetés, 
souvent réduits à leurs nervures, quelques-uns avec des récep- 
tacles, lesquels sont toujours petits et hermaphrodites. Sur les 
marches de l'escalier de la jetée, on trouve de minuscules 
F. platycarpus entiers de quelques centimètres de longueur. 
C'est donc seulement sur un espace très limité de cette côte, à 
Guéthary, que l'on rencontre le F. vesiculostis , et sans qu'il 
paraisse possible d'expliquer cette répartition par la, nature ou 
l'exposition des rochers. 

A moins d'indications spéciales, les espèces mentionnées 
dans la liste suivante ont été rencontrées dans les différentes 
localités citées précédemment, et aussi bien en hiver qu'en été. 
Dans chaque genre, les espèces sont citées par ordre alphabé- 
tique. 

Myxophycées. 

1. Placoma vesiculosa Schousb. — Jetées de Guéthary et de Saint- 

Jean-de-Luz. 

2. Glceocapsa crepidinum Thur. — La Goureppe. 

3. Dermocarpa biscayensis Sauv. — Sur une Sargasse rejetée en 

hiver au Port- Vieux. (Voy. Journal de Botanique, 1895.) 

4. Dermocarpa prasina Bornet. 

5. Dermocarpa Schoicsboei Bornet. 

6. Der??wcarpa strangulata Sauv. — Sur une Sargasse rejetée en 

hiver au Port-Vieux. (Voy. Journal de Botanique, 1895.) 

7. Dermocarpa violacea Crouan. 

8. Radaisia Gomontiana Sauv. ("V r oy '. Journal de Botanique, 1895.) 

9. Oscillaloria Corallitice Gora. 

10. Phormidium fragile Gom. — A la surface des Balanes, avec 

l'espèce suivante. 

1 1 . Lyngbia lutea Gora. 

12. Lyngbia mafuscula Harv. — Fréquent à mer basse, sur le sable. 

13. Hydrocoleum glutinosum Gom. — Dans les flaques supérieures, 

au niveau du flot. 

14. Calothrix Co?itarenii Born. et Flah. — Sur les Patelles. 

15. Calothrix crustacea Thur. — Sur les Patelles, etc. ; recouvre à 

Guéthary certaines roches lisses d'un enduit vert noirâtre 
très glissant. 

16. Calothrix parasitica Thur. — Dans les Nemalion. 

17. Calothrix scopulorum Ag. 

18. Isaclis plana Thur. — Sur les Fucus et les Patelles. 



f74 JOURNAL DE BOTANIQUE 

19. Rivalaria atra Roth. — Port- Vieux et sur la jetée de Saint- 

Jean-de-Luz. 

20. Rivularia Biassolettiana Menegh. — Sur la falaise près de la 

poiute Saint-Martin à Biarritz. 

21. Rivalaria bullata Berk. — Très abondant partout au niveau des 

Balanes. 

Chlorophycées. 

22. Monostroma obscurum J. Ag. — En hiver et seulement à l'état 

jeune, au Port- Vieux sur le Stypocaulon. 

23. Ulva Lactuca Le Jolis. — Jeune et de petite taille en hiver ; abon- 
C. *o*Uz^io. ihx* xcuQa. C J& nl et bien développé en été. 

(] 24. «Eutepq'morpha clathrata J. Ag. ? — Sur le Corallina mediter- 
ranea aux rochers de la Goureppe. 

25. Enteromorpha compressa Grev. — Commun. 

26. Enteromorpha intestinales Link. — Sur des morceaux de bois 

rejetés en hiver à Biarritz. 

27. Enter omorpha lingulata]. Ag. 

28. Enteromorpha Linza J. Ag. var. crispata J . Ag. — Abondant 

et bien développé en été dans le port de Guéthary. 

29. Enteromorpha micrococca Kûtz. 

30. Enteromorpha ramulosa Hook. — Rare et jeune en hiver; très 

abondant et de grande taille en été. 

31. Chcetomorpha aerea Kûtz. — Guéthary, rare. 

32. Rhisoclonium riparium Harv. — En hiver, au Port- Vieux, mé- 
langé au Rhodochortoji floridulum et à Y Ectocarpus pusillus. 



^. Rhisoclonium tortuosum Kûtz. — Rare. 



34. Cladophora pellucida Kûtz. 

35. Cladophora proliféra Kûtz. — Plus fréquent en été qu'en hiver. 

36. Cladophora repens Harv. 

37. Cladophora utriculosa Kûtz. — Rare. 

38. Pilinia maritima Rosenv. — Rare à Guéthary en été, sur les 

Litto.rines. Cette petite plante n'était connue jusqu'ici que des 
mers froides (Groenland, Spitzberg, Nouvelle-Zemble, Nor- 
vège) ; je l'ai récoltée aussi à San Vicente de la Barquera sur 
des Patelles. 

39. Palmella conferta Kûtz. — Au Port- Vieux, en hiver, sur le 

Rhodochorton floridulum . 

40. Gomontia polyrhiza Boni, et Flah. 

41. Bryopsis plumosa Ag. — A l'état jeune en hiver; rare en été. 

42. Codium adhœrens Ag. — Très abondant à Guéthary et à Saint- 

Jean- de-Luz, où il recouvre de larges surfaces. 

43. Codium tomentosum Kûtz. 

{A suivre.) Le Gércnit : Louis Moeot. 

Paris. — J. Merscb, unp., *"'*,av. deChàtiilon. 



n e ANNÉE. N 6 ii. i" JUIN 1897. 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



NOTE PRELIMINAIRE 
SUR LES ALGUES MARINES DU GOLFE DE GASCOGNE 

{Suite.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

Fucoïdées. 

44. Sargassum vulgare Ag. var. flavifoliicm Kùtz. — Très rare, 

Guéthary. — Rejeté (voy. précédemment). 

45. Cystoseira concatenata. — Rejeté {voy. précédemment). 

46. Cystoseira discors Ag. — Très abondant. 

47. Cystoseira ericoides Ag. — Très abondant dans les flaques à mi- 

marée à un niveau un peu inférieur au C. discors ou mélangé 
à lui. 

48. Cystoseira Jibrosa Ag. — A mi-marée et surtout à basse mer. 

49. Halidrys siliquosa Lyngb. — Rejeté. 

50. Fucus ceranoides L. — Dans l'Adour ; rejeté ailleurs. 

5 1 . Fucus platycarpus Thur. 

52. Fucus platycarpus Thur. var. limitaneus Mont. — Biarritz, 

Saint-Jean-de-Luz. 

53. Fucus vesiculosus L. — Guéthary. 

54. Fucus vesiculosus L. var. evesiculosus. — Guéthary. 

55. Ascophyllum nodosum Le Jolis. — Passages (Espagne); rejeté 

ailleurs. 

56. Himanthalia lorea Lyngb. — Un seul appareil végétatif récolté 

en place à Guéthary ; rejeté ailleurs (voy. plus haut). 

57. Laminaria Cloustoni Edm. — Rejeté {voy. plus haut). 

58. Lamifiaria Jlexicaulis Le Jolis. — Rejeté (voy. plus haut). 

59. Saccorhiza âulôosa La Pylaie. — Très commun. 

60. Phyllitis debilis Kûtz. — N'était pas rare durant l'hiver de 1894 

à mi-marée et à mer basse et surtout sur les coquilles de Mou- 
les ; je ne l'ai pas revu depuis. Thuret ne l'a pas récolté dans 
le Golfe de Gascogne, mais il est indiqué à Guéthary par 
Lespinasse (loc. cit., p. 206), et, d'après une note prise par 
M. Bornet, il en existe un échantillon dans l'Herbier Darracq, 
appartenant maintenant à la ville de Bayonne. 

61 . Scytosiphon Lo?nentaria Endl. — Peu commun en été ; très abon- 



I? 6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

dant en hiver, fixé en apparence sur les rochers et en réalité 
sur de jeunes coquilles de Moules. 

62. Litosipho?i Laminarise Harv. — Fréquent en été sur le Sacc. 

bulbosa. 

63. Asperococcus compressas Griff. — Uniquement en hiver; c'est 

sur quelques-uns des exemplaires recueillis que j'ai observé 
les sporanges pluriloculaires inconnus jusqu'alors. (Voy. Jour- 
nal de Botanique, 1895.) 

64. Ectocarpus Battersii Bornet. — En été sur le Taonia. (Voy. 

Journal de Botanique, 1895.) 

65. Ectocarpus conjervoides Le Jolis. (Voy. Journal de Botanique, 

1896.) 

66. Ectocarpus Jasciculatus Harv. 

67. Ectocarpus globijer Kûtz. — Rare, sur le Cod. adhasrens. 

68. Ectocarpus granulosus Ag. — N'est pas rare en hiver, en touf- 

fes isolées, sur le sable ; en été je l'ai trouvé particulièrement 
sur les Anatifes fixés aux rochers. 

69. Ectocarpus Hincksise Harv. — En été sur le Saccorhiza. J'en ai 

trouvé quelques exemplaires en hiver, sur de vieux Cysloseira. 
On sait que jusqu'ici on l'avait rencontré sur le Saccorhiza. 
(Voy. Journal de Botanique, 1S97.) 

70. Ectocarpus irregularis Kûtz. 

71. Ectocarpus Lebelii Crouan. — En été sur le Cyst. ericoides. 

72. Ectocarpus Padinés Sauv. {Giffordia Buffham). — En été sur le 

Badina. 

73. Ectocarpus pusillus Griff. var. Codii. — En hiver sur le Codiuw. 

— — — var. riparia. — En hiver, mélangé 

au Rhodochort07i Jloridulum. (Voy. Journal de Botanique, 

i3 9 5-) 

74. Ectocarpus secundus Kûtz. — Plus commun en été qu'en hiver. 

75. Ectocarpus siliculosus Lyngb. — Plus commun en été qu'en 

hiver. 

76. Ectocarpus simplex Crouan. — Sur les Codium adhœrens et 

iom eu /os uni . 

77. Ectocarpus lomentosus Lyngb. — Très rare en été; aboudanten 

hiver sur les Fucus. ("V r oy '. Journal de Botanique, 1895.) 

78. Ectocarpus Valiantei Bornet. — En été sur les Cystos. ericoides. 

J'ai décrit naguère le parasitisme de cette espèce (Voy. Jour- 
nal de Botanique, 1892) que j'ai retrouvée très fréquemment 
en 1S95 et 1896. Parfois, sa présence ne semble pas causer 
de dommages à la plante hospitalière, mais souvent elle lui 
est très nuisible, tout au moins sur les branches attaquées. Dans 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 177 

ce cas, celles-ci sont en effet décharnées, pourries, sans feuil- 
les, comme si elles avaient subi un commencement de macé- 
ration, réduites à un cordon mince, flasque, correspondant aux 
files de cellules axiales du Cystoseira, avec les tubérosités dues 
au parasite, plus ou moins volumineuses et plus ou moins 
rapprochées, tandis que les branches non attaquées, ou les 
portions inférieures des branches attaquées, n'ont pas souffert. 
Cette action nocive du parasite ne s'exerce donc qu'à la 
longue. 

79. Ectocarpus virescens Thur. — Dans les flaques, sur les rochers 

ou sur d'autres Algues ; les individus à méiosporanges sont 
de beaucoup les plus fréquents; j'ai trouvé ceux à mégaspo- 
ranges en deux stations seulement, aussi bien en 1S95 qu'en 
1896 : derrière la jetée de Guéthary, au niveau du Pylaiella 
Julvescens, et à mi-chemin entre la jetée et Arotcha. (Vov. 
Journal de Botanique, 1896.) 

Lorsque j'ai publié mes observations sur cette espèce, j'igno- 
rais que M. F. S. Collins eût indiqué sa grande ressemblance 
avec YE. Mitchellse de Harvey {Notes on New England 
Marine Algœ, V, Bull, of the Torrey botanical Club, XVIII, 
1891). Depuis, M. Collins a eu l'obligeance de me commu- 
niquer la plante récoltée à Edgartown (Mass.), et qu'il appelle 
E. Mitchellse. La plus grande ressemblance existe en effet^ 
entre la plante des côtes de France et celle du Massachussetts, 
et elles semblent bien appartenir à une même espèce ; la diffi- 
culté est de savoir si c'est bien cette dernière que Harvey a 
nommée E. Mitchellée. 

80. Pylaiella Julvescens Born. — En été, à Guéthary, dans les fla- 

ques supérieures, derrière la jetée. Les exemplaires qui ont 
servi à la description de M. Bornet ont été recueillis au pied 
de la Pointe Saint-Martin. (Voy. Journal de Botanique, 1896.) 
Si. Cutleria adspersa De Not. — Très abondant en hiver, à basse 
mer, à Port-Arotcha ; je ne l'ai pas revu ailleurs ni depuis cette 
époque. 

82. Aglaosonia non déterminé. — Rochers du Casino de Biarritz. 

83. Sphacelaria cirrosa Ag. — En été sur le Cyst. ericoides. 

84. Sphacelaria tribuloides Menegh. — Quelques rares touffes sur le 

sable à Guéthary, en été. Jusqu'ici on ne l'avait pas cité dans 
l'Océan au sud de l'Angleterre. 

85. Cladostephus spongiosus Ag. — Eté. 

86. Cladostephus verticillatus Ag. — Commun en été ; plus rare en 

hiver et réduit alors à ses parties axiales, sauf en certains 



i 7 8 JOURNAL DR BOTANIQUE 

points où les rameaux et les organes reproducteurs forment 
des bourrelets plus ou moins larges. 

87. Slypocaulon scoparium Kùtz. — Abondant partout, particulière- 

ment en hiver où, à Guéthary et au Port-Vieux, il forme avec 
Y Halopithys pinastroides le fond de la végétation à mi-marée. 

88. Myrionema vulgare Thur. — En été, sur Ulva Lacticca. 

89. Ralfsia. — Plusieurs espèces non encore déterminées. 

90. Elachistea Jlaccida Fries. — Eté, sur Cyst.Jîbrosa. 

91. Elachistea fucicola Fries. — Extrêmement abondant. 

92 . Elachistea pulvinaia Harv. — Sur Cyst. discors. Je me réserve 

de donner ultérieurement quelques détails sur cette espèce qui 
ne correspond pas absolument au type. 

93. Elachistea scutulata Duby. — On sait que cette espèce n'est pas 

rare en Bretagne sur YHimanthalia; or, après la tempête de 
mars 1894, j'ai relevé des centaines & Himanthalia rejetés à 
la côte, parmi lesquels un seul individu, long et âgé, portait 
plusieurs taches noires dues à VElach. scutulata. Je n'ai ren- 
contré, ni à cette époque, ni en été, YEctoc. velutinus qui, 
comme on sait, croît fréquemment sur le même substratum. 
Sur la côte d'Espagne, VElach. scutulata paraît être rare, 
car je l'ai vu seulement à Rivadeo, mais YEctoc. velutinus y 
est au contraire extrêmement fréquent. On pourrait conclure 
de ce fait que les Himanthalia rejetés sur la côte basque ne 
proviennent ni de Bretagne ou de Vendée, ni de la côte nord 
de l'Espagne, tout au moins des rochers accessibles à basse 
mer. 

94. Strepsithalia Li agora? Sauv. — Eté, Guéthary, sur Liagora. 

(Voy. Journal de Botanique, 1896.) 

95. Petrospongium Berkeleyi Nâg. — Rare, en hiver, à basse mer, à 

Arotcha. Cette plante septentrionale n'avait pas encore été 
récoltée dans le Golfe de Gascogne. 

96. Leathesia dijpormis Aresch. — Assez rare en hiver, très com- 

mun en été, surtout sur les rochers élevés. 

97. Castagnea chordariasformis Thur. in herb. (Cladosiphon J. Ag.). 

— Quelques rares exemplaires en été, à mi-chemin entre le 
port de Guéthary et Arotcha. — Cette plante correspond au 
Myriocladia chordarisejormis Crouan. 11 est à noter que les 
échantillons types de cette espèce, qui ont été distribués par 
Crouan et par Lloyd ne peuvent être rapportés au genre Cla- 
dosiphon ou Nemacystus comme l'admettent M. J. Agardh 
(7YII Algemes Systematik, IV, p. 42) et M. de Toni {Sylloge 
Algarum, III, p. 415), car leurs sporanges pluriloculaires se 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarentaise. 179 

développent au sommet des filaments assimilateurs absolument 
comme dans les Castagnea. C'est pourquoi nous lui donnons 
le nom sous lequel Thuret l'a rangé dans son herbier, et qui a 
déjà été employé par M . Flahault {Herborisations algologiques 
au Croisic, Bull. Soc. botan., 1888). J'ai retrouvé celte espèce 
non seulement à Guéthary, où elle est très rare, mais aussi en 
divers points de la côte d'Espagne. 

Le Castagnea csespitosa Thuret (Le Jolis, Algues marines 
de Cherbourg, p. 86; J. Agardh, loc. cit., p. 36; De Toni, 
loc. cit., p. 406) n'est qu'une petite forme du Castagnea chor- 
dariœformis croissant dans les trous des rochers élevés, et ne 
doit pas être séparée comme espèce (Bornet in liti.). Les 
auteurs indiquent la plante de Cherbourg comme stérile; j'y 
ai vu les sporanges caractéristiques. 

98. Desmarestia ligulata Lamour. — A la fin de mon séjour d'hiver, 

j'ai recueilli plusieurs fois cette plante annuelle en beaux 
exemplaires, jeunes, fragiles, d'un brun jaune clair. En été on 
la trouve plus rarement et en exemplaires âgés. 

99. Dictyopteris polypodioides Lamour. — Abondant à basse mer, 

à l'état jeune en hiver, à l'état adulte en été. 

100. Padina Pavonia Gaill. — Cette plante annelle n'était pas encore 
développée à l'époque de mes herborisations d'hiver. J'en ai 
trouvé une seule touffe minuscule parmi les Cutleria; elle est 
au contraire fréquente eu été. 

loi . Taonia atomaria J. Ag. — Commun. L'été dernier je l'ai ré- 
colté plusieurs fois avec anthéridies. (Vax. Journal de Bota- 
nique, 1897.) 

102. Dictyota dichotoma Lamour. 

103. Dictyota ligulata Kutz. — Rencontré seulement en été; com- 

mun à Arotcha, rare ailleurs. (A suivre.) 



EXCURSIONS BRYOLOGIQUES 

DANS LA HAUTE TARENTAISE (Savoie) 

Par MM. J. RÉCHIN et R. SÉBILLE (Août 1805). 

De Sainte-Foy (1.05 1 m.) aux Brévières (1.558 m.). 

Ce n'est pas chose facile d'arriver à Sainte-Foy, petit villag-e 
perché sur un mamelon, rive droite de l'Isère, par 1.051 m. 
d'altitude... Les moyens de communication ne sont pas multi- 
pliés dans cette belle partie de nos Alpes, qui peuvent rivaliser 



ï8o JOURNAL DE BOTANIQUE 

avec la Suisse. Aussi les touristes y font à peu près défaut, et 
les naturalistes connaissent à peine ces riches montagnes. Fort 
heureusement la nature a prodigué des sites enchanteurs sur 
tout le parcours de Moutiers à Bourg- -Saint-Maurice et à Sainte- 
Foy, et ces tableaux grandioses font vite oublier les ennuis du 
voyage. 

C'est à Sainte-Foy que nous commençons nos recherches. 
La route de Sainte-Foy aux Brévières ne le cède en rien à celle 
de Moutiers à Bourg-Saint-Maurice : les grandes Alpes avec 
leurs neiges perpétuelles et leurs innombrables cascades vien- 
nent encore accroître la beauté des paysages que nous traver- 
sons. 

A Sainte-Foy, la vallée se resserre brusquement, de sorte 
que l'on a dû tracer la route à une assez grande hauteur au-des- 
sus de l'Isère, qui se débat furieuse dans son lit profondément 
encaissé. Cette route, à pentes assez raides, traverse de magni- 
fiques bois de Pins ; elle a été creusée dans le terrain houiller 
jusqu'à la Thuille, 1.272 m. De la Thuille au pont de la Gratte, 
on rencontre des schistes divers (terrains cristallisés), formant 
la masse imposante du Mont Pourri ou Mont Thuria, 3.788 m., 
qui se dresse à pic au-dessus des Brévières. Du pont de la 
Gratte aux Brévières, c'est le terrain triasique, schistes et cal- 
caires variés (1). 

Nous ne nous sommes pas éloignés de la route, si ce n'est 
pour jeter un coup d'œil rapide sur les abords d'une belle cas- 
cade formée par le Nant Cruet, qui descend du glacier de la 
Sassière, et dont le bruit se fait entendre au loin. 

Voici la liste des plantes que nous avons récoltées dans cette 
première partie de notre excursion : 

Gymnostomian rapestre Schw. cf. 

— curvirostrum Hedw. cf... et une forme à feuilles très 

papilleuses; mais la dimension des spores, l'adhérence de l'oper- 
cule, les cellules supérieures allongées ne laissent aucun doute. 

Anœctangium compactant Schw. st. 

Dicranozvcisia crispida Hedw. cf. 

Rhabdoweisia fugax Hedw. cf. 

Dicranclla Grevilleana Schp. cf. 

1. Excursions botaniques en Tarcntaise, par le K. P. P. Gave. Chambéry, 
Imprimerie nouvelle. 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarentaise. 181 

Dicranella subulata Schp. cf. 

Dicranum loiîgifolium Hechv. — Dicranum longifolium et Sauteri 
sont deux espèces bien voisines. La largeur relative de la nervure 
par rapport au limbe me semble un caractère facile et constant 
pour distinguer ces deux espèces. 

Dans D. longifolium, la nervure occupe sensiblement le tiers 
du limbe à la base ; tandis que dans D. Sauteri elle n'occupe que 
le cinquième environ. Le nombre des cellules de chaque côté delà 
nervure est variable : ainsi, dans des formes que je considère 
comme appartenant à D. longifolîum, j'ai compté jusqu'à vingt 
séries de cellules. 

Dicranum scoparium Hedw. 

Dicra7îodontium longiroslre B. E. st. 

Ceratodon pur pur eus Brid . 

Leptotrichum flexicaule Hamp. 

Didymodon rubellus B. E. 

Barbula utiguiculata Hedw. 

— tortuosa W. M. cf. 

— subulata P. B. cf. 

— ruralis Hedw. cf. 
Grimmia apocarpa Hedw. 

— elatior B. E. cf. — Cette espèce porte quelquefois des cor- 
puscules arrondis sur le dos des feuilles et la nervure : mais les 
cellules allongées de la base permettent toujours de la distinguer 
de G. Hartmaïuii, chez laquelle les cellules basilaires sont beau- 
coup plus courtes. Le poil de G. elatior est aussi beaucoup plus 
long que celui de G. Harlmanni. Au sommet des feuilles, les cel- 
lules portent sur le dos de grosses papilles arrondies : dans 
G. Hartmanni, les feuilles sont presque lisses. — On pourrait con- 
fondre les petites formes de G. elatior avec G. trichophylla, mais 
dans cette dernière les tiges ne sont jamais dénudées à la base, et le 
tissu est lisse. 

Grimmia alpestris Schl. st. — Feuilles ayant la nervure très proémi- 
nente sur le dos, sans pli à la base, mais présentant une légère on- 
dulation sur une coupe transversale. A partir du tiers inférieur en- 
viron, les feuilles, vues de face, montrent deux plis, et un peu plus 
haut deux plis accessoires. Ces plis sont dus à un épaississement 
du limbe qui, à cet endroit, est formé de deux couches de cellules, 
et vers le sommet tout le limbe est composé de deux plans de cel- 
lules ; celles des bords sont beaucoup plus développées que les 
autres. Sur des coupes transversales pratiquées à différentes hau- 
teurs, il est facile de suivre la formation de ces épaississements. 



i82 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Plante dioïque. — Plusieurs de ces caractères rapprochent cette 
espèce, à l'état stérile, de Coscinodo/i cribosus ; mais dans ce der- 
nier, le poil est denticulé ; les épaississements sont visibles dès la 
base, pas de plis accessoires; tandis que dans G. alpestris le poil 
est lisse ou à peu près, les plis se prolongent beaucoup plus haut ; 
les feuilles sont moins longues, ainsi que les cellules de la base ; 
celles du sommet sont plus franchement carrées. 

Gvimmià commutata Huebm. cf. 

Rhacomitrium sudeticum B. E. st. 

Hedwigia ci Hat a Ehr. 

Amphoridium Mongeoti Schp. st. 

Encalypta rhabdocarpa Schvv. 

— ciliata Hedw. 

F un aria hygrometrica Hedw. 
Leptobryum piriforme Hedw. cf. 
Webera nutans Hedw. cf. 

— cruda Schp. cf. 

— albicans Schp. 

Bryumfaliax Milde. cf. — On trouve quelquefois des cils légèrement 
appendiculés, mais la plupart restent courts; les cils et les lanières 
sont fortement granuleux. 

Bryum pallescens Schl. cf. 

— Câsspilitium L. cf. 

— — v. imbrication B. E. cf. 

— obconicum Hornsch. ? cf. — Feuilles longuement acuminées 
non tordues en spirale à l'état sec, révolutées, à peu près entières 
au sommet ; capsule horizontale. 

Bryum pallens Sw. 

— pseudotriquetrum Schw. cf. 

— turbinatum Schw. cf. 

Zieria julacea Schp. st. — Cascade du Bioley. 
Mnium affine Schw. 

— orthorhy?ichum B. E. cf. 

— pn?ictatum L. cf. 
Aviblyodon dealbafus P. B. cf. 
Bartramia ithyphylla Brid. cf. 

— Halleriana Hedw. cf. 
Philonotis calcarea Schp. cf. 
Timmia megapoliiana Hedw. 

— austriaca Hedw. — Ces deux belles espèces sont très abon- 
dantes le long de la route de Sainte-Foy à Tignes, et ordinaire- 
ment en belles fructifications. Nous les avons trouvées dans toutes 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarcntaise. 183 

nos excursions aux environs de Tignes, toujours assez abondantes 

et souvent en fruits. 
Atrichum undulatum P. B. 
Pogonatum urnigerum P. B. v. humile Brid. cf. 

— alpinum Rôhl. cf. 

Neckera crispa Hedw. st. — Petite forme. 

— complanata B. E. cf. 
Leucodon sciuroides Schw. st. 
Antitrichia curlipe?idula Brid. st. 
Myurella julacea B. E. st. 
Pseudoleskea catenulala B. E. 

Thuidium delicaticlum Lindb. — Ces échantillons sont conformes à 
ceux des M. G. n° 657, la couleur est seulement d'un vert plus 
foncé, le tissu un peu plus serré. Les feuilles sont moins longue- 
ment acuminées que celles de Thuidium recognitum, et les cellules 
beaucoup plus courtes. 

Thuidium abietinum B. E. 

Pterîgynandrum filiforme Hedw. cf. 

Climacium dendroides W. M. st. 

Isothecium myurum Brid. 

Homalothecium sericeum B. E. st. — Très jolie petite forme qui doit 
appartenir à la plante mâle; feuilles très petites : celles de la tige 
1 millim. environ sur un tiers; celles des rameaux 1 millim. 1/2 sur 
un quart, plissées, dentées sur tout le contour, oreillettes formées 
de petites cellules. 

Brachythecium glareosum B. E. st. 

Plagiothecium pulchellum B. E. cf. 

Amblystegium compactant C. Muell., tom. II, page 408, var. Rechini 
Renauld. Touffes moins compactes, déprimées ; tiges couchées ; 
feuilles moins larges à la base, plus serrées, moins étalées, un peu 
subsecondes, moins largement décurrentes. Radicules rouges sur la 
nervure, comme dans la plante américaine. (Renauld in litl.) — 
Nouveau pour la France. Sur la terre humide, vers les rochers qui 
surplombent la route non loin du Bioley. 

Quelques semaines plus tard, M. Renauld ayant eu l'occasion 
d'étudier des Mousses récoltées en Auvergne par le Fr. Héribaud, 
reconnaissait parmi celles-ci le type de cette espèce. Dernièrement, 
le Fr. Héribaud découvrait une seconde station aux portes mêmes 
de Clermont. 

Hypnutn uncinatum Hedw. 

— filicinum L. form. tennis. 

— commutatum Hedw. cf. et une petite forme. 



i,S 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Hypnum irrigatum Zett. — Forme à feuilles accessoires nombreuses. 

La nervure dépasse souvent le sommet de la feuille. 
Hypnum sulcatum Schp. 

— dolomiticum Alilde. 

— mol lus eu m IJedw. 

— Schreberi Willd. — Espèce rare à celte altitude, et dans les 
Alpes calcaires. 

Hylocomium splendens Sch. 
— triquetrum Sch. 

Jungermannia ventricosa Dicks. 

— Schreberi Nées. 

— qui?iquedentata Thed. 
Ptilidium ciliare Nées. 

Radula complanata Dum. cf. 
Metzgeria pubeseens Raddi. 
Marcha?itia polymorpha L. 
Pressia commutai a Nées. cf. 



Des Brévières (1558) à Ti'gnes (1559). — Nouvelle route. 

Après quelques instants de repos, nous continuons notre 
route vers Tignes, où nous devons nous fixer pour quelques 
jours. 

En sortant des Brévières, nous explorons, sur la gauche de 
la route, une petite prairie marécageuse à peu près inabordable. 
Puis, avant de nous engager dans la gorge de plus en plus 
étroite de l'Isère, nous fouillons les rochers qui bordent au sud 
cette prairie, presque toujours envahie par les eaux du torrent. 
C'est à la base de ces rochers de quartzites, sur l'humus formé 
par les débris des végétaux, que nous avons trouvé le seul 
Sphagmim qui figure dans cette liste, et quelques touffes & An- 
dréas a. 

A cet endroit, la vallée est tellement rétrécie que la nouvelle 
route est taillée en corniche dans la masse de ces rochers qui 
forment la rive droite de l'Isère ; la pente est si abrupte qu'il est 
très difficile de descendre sur les bords du torrent. 

Après un kilomètre d'une montée assez raide, la vallée s'élar- 
git tout à coup et l'on aperçoit au milieu de gras pâturages le 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarentaise. 185 

petit village de Tignes, magnifiquement encadré par de belles 
montagnes qui ferment l'horizon. 

Des Brévières à Tignes nous avons récolté : 

Andreœa petrophila Ehr. v. alpestris cf. — Rochers de la gauche de 

la route, sur le bord de l'ancien lit de l'Isère, et sur quelques rochers 

à mi-côte au fond des gorges rive droite. 
Rhabdoweisiafugax Hedw. — Même localité, cf. 

— — v. subdenticulala Bou\. cf. — Tiges plus courtes 

que dans le type, 4 à 5 m / m ; feuilles dentées au sommet; péristome 

bien développé. 
Cynodontium polycarpum Schp. cf. 
Dicranella Grevilleana Schp. 

— varia Schp. 
Dicranum Starkei W. M. cf. 

— scoparium Hedw. — Plusieurs belles formes. 
Distichium. capillaceum B. E. 

Barbula utiguiculata Hedw- 

— tortuosa W ". M. st. 

— mucronifolia Schw. cf. 

— ruralis Hedw. 
Grimmia apocarpa Hedw. 

— — v. rivularis X. H. 

— funalis Schp. cf. 
Rhacomitrium sudeticum B. E. cf. 

— fasciculare Brid. st. 

Eficalypta rhabdocarpa Schw . 

— ci liât a Hedw. cf. 
Tetraphis pellucida Hedw. cf. 
Webera e Ion gâta Schw. cf. 

— 71 ut an s Hedw. cf. 

— cruda Schp. 

Bryumpallescois Schl. cf. — Très beau sur les rochers un peu avant 

le pont de Tignes. 
Mnium orthorhynchum B. E. cf. 
Bartramia Œderi Schw. cf. 
Timmia austriaca Hedw. cf. 
Atrichum undulatum P. B. 
Pogonatum alpi?ium Rhôl. 
Myurella julacea B. E. 
Leskea nervosa Alyr. 
Pseudoleskea catenulata B. E. 



i85 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Plerigynandrum filiforme Hedw. f. Jîlescens Boul. — Forme attei- 
gnant ioà 12 cent, de longueur. 
Orihothecium intricatum B. E. 
lh-achythecium rivulare B. E. 
Plagiothecium pulchellum B. E. ci. 

— denticulatitm B. E. cf. 
Amblystegium leptophyllum Schp. 
Hypnum inter médium Lindb. 

— uncinaium Hedw. cf. 

— filiçinum L. — et form. supra alpina Mol. 

— rugosum Ehr. v. imbricatum Pfeff. indiqué seulement dans 
le massif du mont Blanc par Payot. 

Hypnum cupressiforme L. forme. 

— palustre L. v. julaceum B. E. 

— giganteum Schp. — Prairie marécageuse en sortant des Bré- 
vières. — Les tiges sont peu ramifiées et les rameaux restent courts, 
mais les oreillettes, très distinctes, sont formées de grande cellules 
hyalines. 

Hylocomium s pi end en s Schp. 

Spkagnum acutifolium Ehrh. st. — Non dans les prairies maréca- 
geuses des Brévières, les eaux sont trop calcaires; mais sur l'humus 
des rochers faisant le coin de la route et de l'ancien lit de l'Isère . 
Forme rabougrie. C'est le seul Spkagnum que nous ayons trouvé 
dans nos belles excursions en ïarentaise. 

Jungermannia minuta Dicks. 

— incisa Schrad. 

— Sckreberi Nées. 
Calypogeia trichomanis Cad. 
Lepidosia replans Lindb. 
Ptilidium ciliare Nées. 
Frullania dilatât a Du m. 

(A suivre.) 



A. Franchet. — Isopyrum et Coptis. 187 

ISOPYRUM ET COPTIS ; 
LEUR DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE 

(Suite.) 
Par A. FRANCHET. 

III. — Tableau synoptique 

ET DESCRIPTION DES « ISOPYRUM » ET DES « COPTIS » 
QUI CROISSENT DANS L'ASIE ORIENTALE (i). 

Isopyrum L. . 

A. Holopetala (Petala perfecte evoluta, sepalis sequilonga et 
lata). 

Flores brève pedunculati, 4-7 racemosi. ... /. vaginatum. 

B. Nectaropetala (Petala minima, spatulata vel cyathiformia, 
sepalis dissimilia). 

I. Perennia ; carpella 1-6. 

a. Folia peltata, orbicularia vel angulata, nullo modo incisa. Caulis 
scapiformis uniflorus /. peltatum. 

p. Folia ternata usque triternatisecta. 

1. Grandiflora, floribus 2-3 cent, diam.; petala absque stipite. 

f Carpella pilosa /. Henryi. 

\\ Carpella glaberrima. 

Folia subbiternatisecta'; semina oblonga , tenuissîme pilosula facie- 
bus striato sulcatis /. grandiflorum. 

Folia subtriternatisecta ; semina oblonga, glabra, faciebus leviter re- 
ticulatis /. microphyllum. 



2. Parviflora, floribus 6-15 mm. diam.; petala gracillime stipi- 

tata. 

f Carpella 3-4 (raro abortu 1-2), ad maturitatem erecta. 

Semina ovata perfecte levia, nigra, lucida. . . /. anemo7ioides. 
Semina oblonga, nigra, tuberculata /. adoxoides. 



1. Pour les Isopyrum qui n'appartiennent pas à la flore de l'Asie orientale 
on peut consulter l'excellente monographie publiée par Maximowicz dans les 
Mél. Mol., XI, p. 623 (1883). 

Pour les Coptis, voir le travail de M. E. Huth in Engler Bot. Jahrb. Bd XVI, 
Heft ?-3. 



188 JOURNAL DE BOTANIQUE 

•f-f Carpella constanter 2, ad maturitatem divergentia. 

* Seraina oblonga striato-costulata. 

Carpella linearia attenuata, sub angulo obtuso • 

divaricata /. Fargesii. 

** Semina sphaerica, muricata vel tuberculata. 

Petalorum limbus stipite sua i-2plo brevior; semina laxe tuber- 
culata 1. trachyspermum. 

Petalorum limbus stipitem suam sequans ; semina dense muri- 
cata I. Fauriei. 

*** Semina sphaerica, levia lucida. 

a. Foliorum superiorum segmentum impar valde obtusum vel 
apice rotundatum. 

Flores diametro 10-15 mm. /. sutchuene?ise. 

Flores diametro 5-8 mm.; foliorum segmenta terminalia incisa 3-4 cent. 

longa, obovato-cuneata /. nipponicum. 

Flores diam. 5-8 mm.; foliorum segmenta terminalia triloba 1 cent, 
longa, suborbicularia 1. auriculatum. 

fi. Foliorum superiorum segmentum impar acutum, obovato- 
rhomboideum. 
Caulis basi stipulis magnis membranaceis vesti- 

tus, aphyllus /. dicarpon. 

Caulis basi nudus, praeter folia floralia subverticillata aphyllus, planta 

gracilis, palmaris . /. stoloiriferum. 

Caulis basi nudus, pro génère robustus, subpedalis, jam infra médium 
foliatus /. Delavayi. 

II. Annua ; carpella S- 15. 
Multicaulis ; semina nigra, transverse muricata. /. fumarioides. 

C. Enemion (Petala nulla). 

Elatum ; folia obscure biternata, lobis segmentorum longe cuneatis ; 
pedunculi quasi umbellati /. Raddeanum, 

1. Isopyrum vag-inatum Maxim., F/or. tang. p. 18, 
tab. 30. 

Rhizoma crassum, ramosum ; caulis crassus, ad tertiam par- 
tem vaginis amplis membranaceis, obtusis laxe vestitus, pauci- 
foliatus ; folia alterna, basi dilatata auriculata amplectantia 
ternatisecta, segmentis breviter petiolulatis, pinnatim divisis, 



A. Franchet. — Isopyrum et Coptis. 189 

lobis ovatis vel oblongis acute dentatis vel incisis; flores 3-6, 
racemosi, crasse et breviter pedicellati ; bracteae minimaeovatae, 
inferiori nunc elongata-lineari, pedicellum aequante ; flores albi; 
sepala 5 pedicellis paulo longiora, ovata vel ovato-obtusa, nunc 
retusa; petala sepalis nunc duplo nunc vix breviora e basi vix 
distincte unguiculata rhombeo-rotundata, superne late truncata, 
denticulata; stamina sepalis breviora; carpella saepius solitaria, 
nunc 2-5, linearia, demum erecto-patentia, multiovulata, stig- 
mate primum incurvo, demum piano, subsessili. — Planta 
20-30 cent., apice tantum tenuissime puberula. 

Hab. — La Chine occidentale, dans l'Amdo et le Kansu, où 
la plante a été découverte par Potanin ; Su-tchuen, dans les 
forets autour de Ta-tsien-lou (R. P. Soulié, n. 688). 

C'est un type très particulier et dont l'évolution est plus parfaite 
que dans toute autre espèce du genre, puisque les pétales ne sont pas 
sensiblement différenciées des sépales, comme dans les autres Isopy- 
rum. Le port et les feuilles de la plante rappellent assez bien Y Adonis 
amurensis . 

2. I. peltatum Franch. Plant. David, pars II, p. 8, pi. 4. 

Interrupte radicans ad nodos foliiferum, rhizomate gracili; 
folia longe petiolata, omnia basilaria, petiolo tenui basi auri- 
culato ; limbus peltatus 1-8 cent, diam., circumcirca obscure 
crenatus, nunc orbiculatus, nunc angulatus ; pedunculus basi- 
laris, abortu uniflorus, nudus praeter bracteolas 1-6 ovatas mi- 
nimas, a flore paulum remotas; flores albi, 8-12 mill. diam.; 
sepala ovata, obtusa vel apice rotundata ; petala minima, ochra- 
cea, sepalis plus duplo breviora, spatuliformia, gracillime stipi- 
tata, limbo crasso obovato, quam stipes 3-4 plo breviore, cum 
foramine centrali nectarifero; capsulae 6-10 dense capitatae, 
ovatas, glabras, apice truncatae, cum stylo recto vix 2 mm. 
longo; semina lutea, anguste ovata parum compressa, faciebus 
reticulato-scrobiculata. 

Hab. — La Chine occidentale; Su-tchuen, principauté de 
Moupin (Arm. David) ; Su-tchuen, dans les bois de Han-ki-zé 
près de Tchen-kéou-tin (R. P. Farges, n. 1148) et sans localité 
spéciale indiquée (Dr Henry) ; province de Koui-tchéou (Perny). 

\J I . peltatum est remarquable par ses feuilles peltées, très variables 
du reste dans leur forme, mais jamais divisées, comme dans les autres 



iqo JOURNAL DE BOTANIQUE 

espèces. C'est dans le Koui-tchéou et le nord du Su-tchuen qu'on trouve 
les formes les plus robustes et celles dont les feuilles ont les angles les 
plus prononcés, rappelant les feuilles de Y Hydrocotyle asiatica : les 
bractéoles qu'on voit vers le sommet du pédoncule montrent bien que 
ces pédoncules ne sont uniflores que par l'avortement des fleurs infé- 
rieures. Les pédoncules, parfois au nombre de sept sur une seule 
plante, dépassent les feuilles ou sont plus courts qu'elles. 

3. I. Henryi Oliver in Hook. fil., Icon. plant, série III, 
vol. VIII, tab. 1745. 

Rhizoma nudum ; folia omnia basilaria, longepetiolata, pe- 
tiolo basi dilatato, limbo trisecto, segmentis brevipetiolatis, 
impari longiore, e basi cuneata obovato-flabellatis, irregulariter 
incisis, lobis obtusis ; caulis folia vix aequans praeter bracteas 
lineares parvas nudus ; flores pauci, longissime (5-9 cent.) pedi- 
cellati, albi vel pallide violascentes, 20-25 mrn « diam. ; sepala 
ovata vel oblongo-ovata, obtusa ; petala sepalis 4-5 plo minora 
vix conspicue unguiculata, obovata, cum sulco nectarifero api- 
cem petali non attingente ; capsulae 5-6, dense capitatae, erectae, 
pubescentes, ovatse, 4-6 mm. longae, obtusae cum stylo capillari 
6-7 mm. longo, stigmate punctiformi ; semina oblongo-pyri- 
formia, fusco-rubra, tenuissime granulata. 

Chine centrale ; Nanto, dans la province de Hupeh (Henry, 
n. 3820). 

Plante très remarquable par ses feuilles glauques à larges segments 
flabelliformes, ses carpelles velus, son long style filiforme, ses pétales 
obovales non stipités plies inférieurement ; ce dernier caractère rap- 
proche VI, Henryi de 1'/. vaginatum dont les pétales sont pourtant 
plus développés, sans pli médian nectarifère. 

{A suivre.) 



Le Gérant : Louis Mokot. 



Paris. — J. Mersch, imp., 4'"', Av, de ChàtiUon. 



n e ANNEE. N° 12. 16 JUIN 1897. 



^^^^^^^^^^Art^^N^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



ISOPYRUM ET COPTIS ; 
LEUR DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE 

(Suite.) 
Par A. FRANCHET. 

4. I. grandiflorum Fisch. in DC, Prod. I, 48; Maxim., 
Mél. biol. XI, p. 627; Royle, Ilhistr., p. 54, tab. 1, fig. 3; 
Hook. fil., FI. of. Brit. Ind. I, p. 23 (Exclus, syn. /. mïcro- 
phyllum Royle) ; Maxim., F/or. Tang., p. 17, tab. VIII, fig\ 10 ; 
Forbes et Hemsley, Index fl. sin. } p. 18. /. grandiflortim, var. 
Songarica Trautv., Enum. Songar., n. 48. 

Planta cespitans ; caudiculi et caulis florens vestigiis siccis 
albiclis foliorum vetustorum densissime vestiti ; folia longe pe- 
tiolata, ternatisecta, segmentis nunc parvis (5-8 mill. diam.) 
subternatisectis, lobis bifidis, 2-3 mm. longis, vix 1 mm. latis, 
nunc majoribus obovatis 10-12 mm. longis, 3-5 mm. latis; 
pedunculus uniflorus folia superans, cum bracteolis duabus oppo- 
sitis, lanceolato-linearibus basi late albo marginatis, a flore non 
remotis ; sepala albida vel violascentia, late ovata, 15-20 mm. 
longa; petala lutea sessilia, obovata, emarginata, basi brevis- 
sime labiata ; stamina petalis duplo longiora ; carpella lanceo- 
lata vel ovata, erecta, 10-12 mm. longa, cum stylo patente vel 
recto, brevi ; semina oblonga papillis luteis simulque pilis 
brevissimis conspersa, nunc certe ! (an semper) sulcata, secus 
raphem ala continua vel interrupta cincta. 

Hab. — La Chine occidentale, province de Su-tchuen, à 
Ta-tsien-lou (R. P. Soulié, n. 834); Thibèt boréal (Przewalski) ; 
Mongolie occidentale, dans les Alpes de Nan-shan (id.). 

Espèce très bien caractérisée par ses graines, comme l'a montré 
Maximowicz, qui en a pourtant donné une description incomplète 
« semina pubescentia teretiuscula » . En réalité les graines mûres, ou 
à peu près, telles que je les vois provenant d'échantillons recueillis 
dans le Kaschmir par Jacquemont, ont des sillons très distincts et ne 
sont pas seulement pubescentes, mais en outre couvertes de papilles 
jaunes assez nombreuses. L'aile qui se développe le long du raphé est 



I9 2 JOURNAL DE BOTANIQUE 

très apparente, tantôt continue, tantôt interrompue, et se prolonge 
jusqu'à la chalaze. Je ne m'explique pas que Maximowicz ne l'ait 
pas vue et attribue une aile seulement aux graines de l'espèce sui- 
vante. 

Quant aux sillons, je crois qu'on ne les voit bien nettement que 
sur les graines mûres ou presque mûres ; du moins je ne les distingue 
pas sur les graines jeunes de 1'/. grandiflorum de l'Alatan (Kar. et Kir. 
n. 1161), qui sont seulement papilleuses et pubérulentes. 

Les feuilles de VI. grandiflorum sont ordinairement un peu plus 
grandes que celles de VI. microphyllum, avec des segments moins 
divisés, dont les lobes sont plus larges et moins profonds. C'est ce qui 
fait dire que les feuilles de VI. grandiflorum sont biternatiséquées, 
alors que celles de 1'/. microphyllum sont triternatiséquées. Mais on 
trouve aussi des /. grandiflorum dont les feuilles sont triternatiséquées 
avec les lobes des segments très petits et très étroits. Il ne semble donc 
pas qu'on puisse se servir de caractères empruntés aux feuilles pour 
différencier ces deux espèces ; les nuances qui les séparent s'expriment 
difficilement et, comme je l'ai dit, se confondent dans certains spé- 
cimens. 

La graine reste donc seule pour caractériser nettement les deux 
espèces, la forme des pétales n'ayant pas plus de valeur que celle des 
feuilles. 

5. I. microphyllum Royle, Illustr. p. 54, tab. 4 (mala) ; 
Maxim. , Mél. biol. XI, p. 626; Emmi. plant. Mong., p. 26; 
Flor. Tang., p. 18, tab. VIII, ûg. 11. I. grandiflorum Turcz., 
Flor. Baie. Dah. I, 67 (non Fisch., nec Reg., PI. Radd. n. 96). 

/. grandifloro Fisch. simillimum, cujus vegetatio et adspec- 
tus ; folia magis divisa, 3-4 ternatisecta, lobis vix 1 mm. latis, 
2-3 mm. longis ; flores lilacini, ad 35 mm. diam. ; petala sessilia, 
late obovata, emarginata, sepalis 4-plo breviora ; capsula ovato- 
lanceolata, ad maturitatem etiam erecta vel vix patens ; semina 
oblonga, parum compressa, glaberrima, faciebus nervis anasto- 
mosantibus percursa, et secus raphem alata. 

Hab. — La Chine occidentale, province d'Yunnan, dans les 
fentes des rochers calcaires du glacier de Likiang (R. P. Dela- 
vay, n. 33). 

La seule distinction précise séparant cette espèce de la précédente 
réside dans la graine; la dimension de la fleur varie beaucoup. 

6. I. anemonoides Kar. et Kir., Euum. PL Soug., n. 55; 
Maxim., Mél. biol. XI, 633; Ennui, pi. Mong., p. 25 ; Flora 



A. Fkanchet. — Isopyrum et Coptis. 193 

Tang. 19, tab. VIII, fig\ 8; Forbes et Hemsley, Index fl. sin., 
p. 18. /. thalictroides Hook. et Thomps., FL Ind. I, 43 (nonL.). 

Rhizoma gracillimum infra folia basilaria longe vaginatum, 
vaginis aridis fuscis sensim in petiolos abeuntibus ; petioli basi 
dilatati, auriculati, elongati flaccidi ; limbus biternatisectus, 
segmentis primariis petiolulatis, secundariis sessilibus obovatis, 
ssepe retusis ; folia floralia diminuta, trisecta ; flores saepius 2, 
démuni elongati, fdiformes ; sepala alba 5-6 mm. longa, obovata 
basi angustata, obtusissima ; petala lutea, lamina orbiculata 
emarginata, stipitem aequante vel illa breviore ; carpella 1-3 
erecta vel vix patentia ovata, obtusa, cum stylo recto vel 
arcuato fere 2 mm. longo ; semina ovoidea nigra, levia, nitida 
(substriata ex Maximowicz). 

Hab. — La Chine occidentale, dans la région alpine du 
Kansu (Przewalski). 

Dïstrib. géogr. — La Songarie ; la Mongolie; Thibet occi- 
dental ; le Kaschmir ; le Pamir. 

Port et feuilles de VI. thalictroides L., mais plus grêle ; fruits briè- 
vement atténués en sommet obtus et non tronqué à angle droit ; mais les 
caractères vraiment différentiels résident dans le rhizome et les "raines. 

Dans VI. thalictroides le rhizome est court et toujours complète- 
ment nu ; des fibres nombreuses, ordinairement un peu renflées, naissent 
presqu'en contact avec les feuilles basilaires ; au-dessous, le rhizome 
grêle et nu s'allonge plus ou moins et donne naissance à de nouveaux 
fascicules de fibres, qui forment ainsi plusieurs verticilles superposés 
et plus ou moins distants. 

Les graines sont un peu comprimées, largement ovales, rétrécies 
brusquement en col au point d'attache, finement granuleuses sur les 
faces, très finement pubescentes. Reichenbach les a bien figurées dans 
les Icônes floraz germanicœ ; Maximowicz les a insuffisamment décrites 
à propos de celles de IV. a/iemo?ioides, mais probablement parce qu'il 
n'a pu voir que des graines très jeunes; il les déclare en effet lisses et 
glabres. Presque aucun autre auteur n'en a parlé . 

L'/. anemonoides a des rhizomes également très grêles, recouverts 
sur une partie notable de leur longueur, immédiatement sous les feuilles 
basilaires, de gaines formées par la base élargie, scarieuse des 
anciennes feuilles ; les fibres radicales sont grêles et éparses. 

Les graines sont ovales-oblongues, d'un noir foncé, luisantes et tout 
à fait lisses; Maximowicz les dits substriées, ce que je n'ai pu voir 
sur les échantillons du Thibet (Falconer), les seuls que j'aie trouvés 
portant des capsules à peu près mûres. 



i 94 JOURNAL DE BOTANIQUE 

7. I. adoxoides DC, Syst., I, p. 324; Franch. et Sav., 
Entmt. pi. Jap., I, p. 11 ; Maxim., Mél. biol. XI, 630; Forbes et 
Hemsl., Ind.fl. sin. I, p. 18. I. japonicum Sieb. et Zucc, FI. 
Jap.fam. nat. n. 331. 

Radix crassa, nigro-fusca, nuda, ad collum fibris destituta, 
perpendicularis ; folia basilaria plura, longe et graciliter petio- 
lata ; lamina trisecta, segmentis petiolulatis e basi intégra 
cuneata flabelliformibus, antice incisis ; folia floralia sessilia vel 
subsessilia ; caulis saepius ramosus, ramis unifloris vel bifloris, 
floribus longe pedunculatis, pedunculis haud raro puberulis ; 
flores albi, parvi; sepala tantum 4-6 mm. longa ; petala bila- 
biata, breviter stipitata, labio superiore (lamina) piano dimidium 
sepalorum nunc aequante, apice truncato basi labiato-tubuloso, 
labio inferiore brevissimo; carpella 1-3, erecta, oblique ovata in 
stylum brevem attenuata ; semina atra, obovata, granulata. 

Hab. — La Chine, collines du Kiang-su près de Fang-wang- 
chan (Forbes) ; environs de Ningpo (Savatier) ; Su-tchuen, à 
Han-ki-se, près de Tchen-kéou, ait. 1200 m. (R. P. Farges, 
n. 1154) ; les champs à Kéou-pa-tasse (Delavay, n. 18). 

Japon : Kiu-siu, autour de Nangasaki (Maximowicz) ; Nip- 
pon : Yokohama et Yokoska (Savatier) ; Yenoshima (Dickins) ; 
plaine de Shidzuoka dans la province d'Aomori (Faurie, 
n. 7716). 

Plante bien caractérisée par sa grosse racine noire, souvent napi- 
forme ; par ses pétales qui sont de même consistance que les sépales, 
très inégalement bilabiés, la lèvre supérieure plane et tronquée seule- 
ment moitié plus courte que les sépales, la lèvre inférieure très courte, 
ce qui rend le pétale tubuleux inférieurement ; le stipe est peu visible ; 
par ses graines noires et muriquées. 

L'/. adoxoides se distingue en outre de 1'/. anemouoides et de 
VI. thalictroides par ses fleurs beaucoup plus petites. 

8. I. Fargesii, sp. nov. 

Radix tenuis, brevis ; caules plures superne ramosi ; folia 
basilaria biternatim secta, segmentis utriusque ordinis pedicel- 
latis, primariis longius secundariis multo brevius, e basi cuneata 
vel truncata saepius transverse latioribus, vix ad médium tripar- 
titis, lobis latis, rhombeis antice breviter incisis ; folia floralia 
basilaribus homomorpha sed sessilia, superiora duplo minora ; 
flores parvi, albi, ramulis saepius trifloris ; sepala obovata, 



E. Pereot. — Sur certaines Gentianées aquatiques. 195 

4-5 mm. longa ; petala lutea sepalis duplo breviora, limbo 
parvo, integro, truncato obverse conico-dilatato, stipite gracili 
quam limbus longiore ; stamina 10; carpella duo, primum 
erecta, demum sub angulo late aperto divaricata, linearia, acuta 
basi haud attenuata conniventia, stylo brevi terminata ; semina 
obovato-oblonga, fuscata, glabra pauci-costata, costis utraque 
facie circiter 5-6. 

Hab. — La Chine occidentale, province de Su-tchuen aux 
environs de Tchen-kéou-tin (Farges) ; province de Hupeh (Dr 
Henry, n. 5558 A). 

L'/. Fargesii pourrait bien être monocarpique et se rapprocher 
sous ce rapport de VI. fumarioides, dont il diffère nettement d'ailleurs 
par ses carpelles géminés, ses graines et la forme de ses feuilles. Il est 
probable qu'il ne fleurit qu'une fois, mais qu'il végète, durant une ou 
plusieurs années, avec ses feuilles. Ses graines striées, ses carpelles 
toujours géminés aigus le distinguent parfaitement de 1'/. adiantifolium 
Hook. et Thomps. 

Le véritable /. adiantifolium de l'Himalaya a les carpelles tronqués 
et les graines rondes et lisses. 

(A suivre.) 

SUR UNE PARTICULARITÉ DE STRUCTURE 

DE L'ÉPIDERME INFÉRIEUR DE LA FEUILLE 

CHEZ CERTAINES GENTIANÉE3 AQUATIQUES 

Par M. E. PERROT. 

La famille des Gentianacées comprend un certain nombre de 
plantes aquatiques ou palustres qui, réunies en cinq genres (1), 
Nephrophyllidium Gilg., Menyanthes Linn., Villarsia Gmel., 
Limnanthemum Gmel., Liparophyllum Hook., constituent la 
sous-famille des Ményanthoïdées . 

Au cours de l'étude anatomique comparative que nous 
poursuivons depuis quelque temps sur les Gentianacées, les 
Ményanthoïdées nous ont présenté quelques particularités de 
structure, fréquentes surtout dans les genres Villarsia et Lim- 
nanthemum } et qu'il nous a paru-intéressant de signaler. 

Le Limnanthemum nymplueoides , espèce qui, seule en 
Europe, avec le Menyanthes trifoliaia, représente ce groupe, 

1. Gilg;, in Eng-ler et Prantl, Die uatiïrlichen Pfanseufamilien, Lieferung-, 
120-121, p. 105. 



10 r, JOURNAL DE BOTANIQUE 

possède des feuilles toutes nageantes, semblables à celles des 
Nymphasa, quoique de moindre dimension. Cette apparence 
avait amené les anciens botanistes à ranger cette plante parmi 
les Nymphéacées, et, plus tard seulement, l'organisation florale 
et l'histologie la firent rattacher à la famille des Gentianacées. 
La feuille nageante du Limnanthemum nymphseoides 
présente une face inférieure de coloration violet-lilas et d'as- 
pect nettement chagriné, même à l'oeil nu. A la loupe, on aper- 




Fig.'i. — Epiderme inférieur de la feuille du Limnanthemum nymplueoides, vu à un faible 
grossissement (70 diamètre»). — P. plages tannifères; />. cellules ordinaires épidermiques. 

çoit à la surface une série de plages discoïdes, brunâtres, 
nettement délimitées et se distinguant facilement du reste de 
l'épiderme. 

Un lambeau de cet épiderme enlevé au rasoir, placé sous le 
microscope, montre ces plages brunes, de dimensions variables, 
disséminées sans ordre (fig. i, P.), formées de cellules à parois 
rectilignes, un peu épaissies, imprégnées d'une matière brune et 
contenant de nombreux grains de chlorophylle. Les sels de 
peroxyde de fer donnent, avec ces cellules, les réactions des 
matières tannoïdes qui remplissent certaines d'entre elles, et 
imprègnent la membrane des autres. 

Les cellules épidermiques situées entre ces plages sont un peu 
onduleuses, à membrane excessivement mince comme dans les 



E. Perrot. — Sur certaines Gentianées aquatiques. 197 

feuilles nageantes des plantes aquatiques, et contiennent un 
pigment violet-lilas. C'est ce pigment qui donne à la face 
inférieure de la feuille l'aspect signalé plus haut, et la plupart 
des physiologistes paraissent s'accorder aujourd'hui à lui recon- 
naître la fonction d'absorber les rayons calorifiques inutilisés par 
la chlorophylle, pour servir ainsi à emmagasiner la chaleur suf- 




Fig. 2. — Portion de l'épiderme inférieur de la feuille du L. nymphœoidcs, vue à un fort 
grossissement (340 diam.). — P. plages tanniières; p. cellules épidermiques normales. 

fisante à la formation des hydrates de carbone nécessaires à la 
plante. 

A un plus fort grossissement (fig. 2), on constate que les 
plages tannifères (P) abritent un mésophylle serré, dont les 
cellules contiennent un grand nombre de plastides chlorophyl- 
liens. 

En coupe transversale (fig. 3), la feuille offre : un épiderme 
supérieur à nombreux stomates, formés de deux petites cellules 
stomatiques à parois peu épaisses, découpées dans les cellules 
épidermiques ; un parenchyme chlorophyllien de trois à quatre 



me 3 



198 JOURNAL DE BOTANIQUE 

assises de cellules allongées, elliptiques, dont les plus internes 
laissent entre elles de nombreux méats ; ce parenchyme occupe 
environ la moitié de l'épaisseur de la feuille ; un mésophylle 
très lacuneux avec, çà et là, de rares sclérites rameux, lisses, 
que Ton considère généralement comme l'élément de défense 
de la plante contre la dessiccation ; enfin un épiderme inférieur 
hétérogène, sans stomates. 

On ne rencontre jamais dans cette feuille, comme dans celles 
de toutes les Ményanthoïdées, ni poils tecteurs, ni cristaux 

d'oxalate de calcium. 
L'épiderme inférieur 
est très intéressant. La 
plupart des cellules é- 
pidermiques normales 
contiennent en solution 
le pigment violacé dont 
il a été question; elles 
sont assez grandes et 
séparées des lacunes 
aquifères par une ou 
deux épaisseurs de cel- 
lules du mésophylle. 
Au niveau des plages 
tannifères, les cellules 

Fig. 3. — Coupe transversale du limbe de la feuille du ' 

L. nymphasoidcs. — e. épiderme supérieur ; st. stoma- éoidermiques SOnt au 
tes ; fc. parenchyme chlorophyllien ; mes. mésophylle 

lacuneux; sel. sclérites; P. plages tannifères; p. cel- Contraire plus petites, 
Iules épidermiques normales. 1 

et les assises sous-ja- 
centes de cellules sont semblables, assez riches en chloroplas- 
tides ; elles paraissent provenir de divisions ultérieures de ces 
mêmes cellules épidermiques. 

Il serait intéressant de connaître la signification biologique 
de ces modifications si particulières de l'épiderme que personne, 
à notre connaissance, n'a encore signalées. 

Aucune relation n'existe entre les terminaisons vasculaires 
des nervures et ces plages tannifères. On est, sans doute, en 
présence d'une adaptation particulière de la plante à la vie 
aquatique. Peut-être ces plages représentent-elles des sortes 
de réflecteurs de la lumière solaire; la présence d'un plus grand 
nombre de chloroplastides à cet endroit, ainsi que la structure 




E. Pbrrot. — Sur certaines Gentianées aquatiques. 199 

particulière des cellules, viendrait à l'appui de cette hypothèse. 
Les plages en question condenseraient pour ainsi dire la 
lumière sur la chlorophylle, et le pigment violet des cellules 
épidermiques qui les entourent, en absorbant les rayons inuti- 
lisés par la chlorophylle, augmenterait la quantité de calorique 
nécessaire à ces sortes de feuilles, qui sont en contact avec un 



jnes 




Fig. 4. — Coupe transversale du limbe foliaire du Limnanthcmum aquaticum. — cf>. épi- 
derme supérieur; pc. parenchyme chlorophyllien ; mes. mésophylle lacuneux; sel. sclérites ; 
P. plages tannifères ; p. cellules épidermiques à pigment. 



milieu liquide, dont la température est toujours inférieure à 
celle de l'air ambiant. 

Ce problème sera peut-être résolu par des recherches ulté- 
rieures. 

Nous avons constaté, de plus, que les Algues inférieures et 
les parasites animaux, larves d'Insectes ou de Mollusques, 
venaient de préférence se fixer sur ces plages épaissies. Un 
échantillon de Limnanthemttm , croissant hors de l'eau dans le 
Jardin botanique du Muséum, possédait aussi ces plages, mais 








V 



2oo JOURNAL DE BOTANIQUE 

leur nombre avait visiblement diminué, et elles avaient beau- 
coup perdu de leurs dimensions et de l'épaississement de leurs 
cellules. Peut-être, en adaptant lentement la plante à ces condi- 
tions nouvelles d'existence, pourrait-on faire disparaître ces 
formations, dont la présence est absolument constante sur tous 
les échantillons normaux des provenances les plus diverses. 

L'épiderme supérieur seul porte des stomates, et le bord du 
limbe montre çà et là de petits renflements blanchâtres, formés 
d'une masse de tissu dans lequel se terminent les vaisseaux 
ligneux de la nervure médiane, ou de quelques autres nervures 
secondaires anastomosées (i). 

Les plages tannifères ne sont pas l'apanage exclusif de la 
face inférieure du limbe foliaire ; on les retrouve assez abon- 
dantes sur le pétiole, les feuilles du calice, la paroi ovarienne, 
en grand nombre sur la gaine, et çà et là sur la tige rhizoma- 
teuse. Elles apparaissent de très bonne heure et sont déjà très 
bien formées dans le bourgeon. 

La plupart des feuilles des genres Limnanthemum et Vil- 
larsia en sont pourvues avec des caractères plus ou moins 
tranchés. 

Le Villarsia pamassifolia F. von Mùller, que nous avons 
pu cultiver dans les serres du Jardin de l'Ecole supérieure de 
Pharmacie (2), ainsi que les Limnanthemum Humboldtianum 
et lacunosum Griseb., en offrent un bon exemple pour l'étude. 
Toutefois nous appellerons seulement l'attention pour le mo- 
ment sur une espèce américaine de la Floride, le Limnanthe- 
mum aquaticum (3), dont nous avons pu nous procurer quel- 
ques fragments à l'Herbier du Muséum. 

La face inférieure de la feuille nageante de cette espèce est 
d'une couleur pourpre violacé, chagrinée à tel point qu'elle 

1. Ces petits organes, dans lesquels aboutissent certaines terminaisons vascu- 
laires, ont une structure particulière déjà signalée par de Bary {épithème)\ ils 
portent généralement sur l'une ou l'autre face des stomates aquifères. Nous nous 
proposons prochainement de revenir sur ces formations, qui ont reçu de M. Ha- 
berlandt le nom à'àydalhodcs, et qui ont été étudiées depuis par M. Nestler. 
Elles sont très communes chez beaucoup de plantes aquatiques, hygrophiles ou 
simplement xerophiles. 

2. Nous devons les échantillons de culture de cette plante à l'obligeance de 
M. le professeur Haberlandt, de Graz. 

3. Cette espèce, dont nous n'avons pu établir encore l'identité, ne présente pas 
les caractères du Villarsia aquatica Gmelin ou Limnanthemum lacunosum 
Griseb. 



E. Perrot. — Sur certaines Gentianées aquatiques. 201 

est devenue rugueuse ; elle paraît offrir l'exagération des pro- 
ductions particulières signalées dans notre Limnanthemum 
indigène. 

Sous Tépiderme supérieur stomatifère (ep., fig. 4) se trouve 
d'abord un parenchyme palissadique comprenant deux assises 
de cellules assez serrées, puis deux autres assises cellulaires de 
forme plus ovoïde, écartées les unes des autres. On remarque 
de nombreux sclérites (se/.) rameux, lisses, et allongés perpen- 
diculairement aux deux épidermes. Le mésophylle est extrê- 
mement lacuneux, et les lacunes sont séparées par des dia- 
phragmes transversaux formés de petites cellules à méats 
quadrangulaires, analogues à celles de beaucoup d'autres 
plantes aquatiques. Mais ce qui distingue et caractérise nette- 
ment cette feuille, c'est la conformation de la face inférieure. 

Elle présente en effet un grand nombre de disques en relief, 
limités par des cellules épidermiques (p.) à parois minces, 
contenant en solution un pigment de couleur pourpre violacé. 

Entre ces disques, les parties déprimées ont au contraire 
un épidémie formé de cellules plus petites, avec quelques 
assises sous-jacentes semblables, imprégnées de matières tan- 
noïdes. Elles nous paraissent être homologues des plages 
tannifères du Limnanthemum nymphseoides. Ces dépressions 
constituent parfois de véritables cryptes dans lesquelles on ren- 
contre une faune et une flore assez variées : des œufs de Mol- 
lusques, des larves d'Insectes aquatiques, des Algues de toutes 
sortes, etc.. Elles deviennent pour ainsi dire les domaties des 
feuilles de ces plantes aquatiques. 

On ne les rencontre ni chez le Mcnyanthes trifoliata, ni 
chez le NepJirophyllidïum crista galli, et quelques espèces de 
Villarsia. De nouvelles recherches nous permettront peut-être 
de déterminer d'une façon plus certaine la signification biolo- 
gique de ces modifications adaptationnelles, présentées par 
l'épiderme inférieur des Ményanthoïdées dont il vient d'être 
question. 



202 JOURNAL DE BOTANIQUE 

NOTE PRÉLIMINAIRE 
SUR LES ALGUES MARINES DU GOLFE DE GASCOGNE 

{Suite.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

Rhodophycées. 

104. Goniolrichum elega/is Zauard. — Rencontré en disséquant diffé- 

rentes Algues. 

105. Bangia fusco-purpurea Lyngb. (B. lulea J. Ag.) — Hiver, 

Biarritz (Villa Belza et près du Phare). 

106. Erytroirichia ceramicola Aresch. — Sur différentes Algues. 

107. Porphyra laciuiala Ag. — Sous sa forme linearis, il tapissait 

en hiver, dans le Port- Vieux, un bloc de rocher que la mer 
ne recouvre pas complètement. Quelques exemplaires, en 
été, à La Goureppe. 

108. Porphyra leucoslicta Thur. — Pas rare au Port-Vieux, en hi- 

ver, en très petites lames, généralement de 2 cent, de lon- 
gueur, attachées à d'autres Algues, particulièrement au Fucus 
plaiycarpus. Il n'avait pas encore été signalé dans le Golfe de 
Gascogne. On sait qu'à Cherbourg (Voy. Le Jolis, p. 100) il 
atteint jusqu'à 20 cent, de diamètre et disparaît avant la fin du 
printemps. 

109. Chantransia Daviesii Thur. 

1 10. Chantransia secundata Thur. 

r 

m. Helminthocladia purpurea]. Ag. — Eté. En 1895, j'en ai trouvé 
seulement quelques exemplaires rejetés; en 1896, il n'était pas 
rare à basse mer, à Guéthary et à Saint-Jean-de-Luz. 

112. Nemalion lubricum Duby. — Eté. 

113. Nemalion multijidum J. Ag. — Eté, Guéthary. 

1 14. Liagora viscida Ag. — Eté. Je ne l'ai pas rencontré en 1S95 ; mais 

en 1896, il n'était pas rare à Guéthary et particulièrement à 
Port-Arotcha. 

115. Scinaia furcellata Biv. — Plus commun en hiver qu'en été. 

116. Caulacanthus usiulatus Kùtz. — Particulièrement abondant au 

Port-Vieux, à mer basse, où il forme des touffes en forme de 
pelottes compactes se laissant facilement détacher du rocher. 
D'après l'Herbier Thuret, Biarritz est sa station la plus septen- 
trionale. 

117. Gelidium atténuation Thur. mscr. — Saint-Jean-de-Luz. 
11S. Gelidium comeum Lamour. 

119. Gelidium c;7>/«/« Laraour. 



C. Sauvageab. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 203 

120. Gelidium latifolium Born. et Thur. 

121 . Gelidium pulchellum Kûtz. — Guéthary. 

122. Gelidium pulvinatum Thur. — Abondant à Biarritz sur les ro- 

chers battus par les vagues et baignés à marée haute, où il 
forme d'épais gazons foncés, pouvant recouvrir la roche sur 
plusieurs décimètres carrés. Fréquent aussi sur les Patelles. 

123. Gelidium sesquipedale Thur. — Particulièrement abondant à 

Guéthary. D'après l'herbier Thuret, Saint-Malo serait la 
station la station la plus septentrionale de cette espèce. 

124. Pterocladia capillacea Born. 

125. Chou drus cris pus Stackh. 

126. Gigartina acicularis Lamour. 

127. Gigartina mamillosa J. Ag. — Eté. 

128. Gigartina pislillata Stackh. 

129. Gigartina Teedii Lamour. 

130. Phyllophora palmeltoides ]. Ag. — Hiver. A très basse mer; 

assez rare; sur les rochers, dans les fentes, mélangé aux Nito- 
phyllum. 

131 . Phyllophora rubens Grev. — Eté. 

132. Ste>iogram7>te itiierrupta Mont. — Un seul exemplaire rejeté à 

Guéthary après la tempête de fin septembre 1896. 

133. Gymnogongr us norvégiens ]. Ag. 

134. Gymnogong rus païens ]. Ag. — Été. 

135. Ahnfeltia plicata Fries. — Rare. 

136. Actinococcus peltœformis Schmitz. — Anciennes Xemathécies 

du Gymn. norvégiens. 

137. Callophyllis laciniata Kûtz. — Eté. 

138. Callymejiia reniformis). Ag. — Recueilli un exemplaire rejeté 

à Guéthary après la tempête de fin septembre 1S96. 

139. Catenella Opunlia Grev. — Guétharv. 

140. Rhodophyllis bifida Kûtz. — Guéthary, été, très rare. 

141 . Sphœrococcus coronopifolius Ag. — Eté. 

142. Gracilaria confervoides Grev. — Biarritz, hiver. 

143. Gracilaria multipartita Harv. — Eté. 

144. Calliblepharis ciliata Kûtz. — A très basse mer; c'est aussi l'une 

des Algues qui a été rejetée en plus grand nombre en 1896. 
Les exemplaires d'été sont âgés; au contraire, ceux d'hiver 
étaient longs de 2 à 3 cent., d'un beau rose, avec des débuts 
de ramifications latérales. 

145. Calliblepharis jubata Kûtz. — Plus fréquent en hiver qu'en été; 

se présente sous deux formes : l'une à frondes larges, l'autre 
à frondes étroites, filiformes, plus ramifiées. 




204 JOURNAL DE BOTANIQUE 

146. Hypnea musciformis Lamour. — Pas vu en hiver, mais très 

abondant en été. 

147. Fauchea... non fructifié, rejeté en été à Guéthary. 

148. Rhodymenia Palmeita Grev. — Eté ; dans les fentes des rochers 

à basse mer. 

149. Chrysymenia ventricosa J. Ag. — Rejeté à Guéthary, en août 

1896. 

150. Lomentaria articulata Lyngb. — Fréquent à basse mer. 

151. Champia parvula Harv. — Guéthary, été, très rare et de petite 

taille. 

152. Chylocladia kaliformis Hook. — Eté. 

153. Chylocladia ovalis Hook. 

154. Chylocladia reflexa Lenorm. — Hiver, La Goureppe, très rare. 

155. Chylocladia sguarrosa Le Jolis. — Eté. 

156. Chylocladia torulosa [Lomentaria Kùtz.). — N'était pas rare en 

hiver à basse mer. Cette plante iridescente sur le vivant, ne se 
distingue pas à l'œil du Chyl. squarrossa Le jolis. Montagne 
la cite à Alger [Flore d'Algérie, p. 96); Thuret l'a récoltée à 
Biarritz, et son herbier renferme des exemplaires de la plante 
iridescente provenant de Cadix et de Tanger. 

157. Plocamium coccineum Lyngb. 

158. Nitophyllum lacérât um Grev. 

159. Nitophyllum punclalu/n Harv. — De plus grande taille et plus 

coloré en hiver qu'en été. 

160. Nitophyllum uncinalum J. Ag. — Eté. 

161 . Delesseria Hypoglossum Lamour. 

162. Delesseria ruscifolia Lamour. — Hiver. 

163. Bonnemaisonia asparagoides Ag. — Je ne l'ai pas vu avant l'été 

de 1896, mais à cette époque il fut rejeté fréquemment à Gué- 
thary. 

164. Laurencia céespitosa Lamour. [L. hybrida Lenorm.) 

165. Laurencia obtusa Lamour. — Eté. 

166. Laurencia pinnatijïda Lamour. — Très abondant, surtout à 

Biarritz. 

167. Halopithys pinastroides Kûtz. — Très abondant. 

168. Chondria cœrulescens Thur. [Chondriopsis J. Ag.). — Je l'ai 

toujours vu dans le fond du Golfe et sur la côte d'Espagne 
de bien plus petite taille qu'en Bretagne et en Normandie. En 
hiver la plante était encore très jeune, très courte, peu ou 
point ramifiée. 

169. Chondria dasyphylla Ag. — Abondant aux rochers de La Gou- 

reppe ; plus rare à Biarritz et à Guéthary. 



C. Sauvagkau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 205 

170. Polysiphonia collabens Kiïtz. — Hiver. A très basse mer, sur les 

rochers. 

171. Polysiphonia fastigiata Grev. — Sur les Ascophyllum rejetés 

après la tempête de mars 1894; je ne l'ai pas revu depuis. 

172. Polysiphonia ferulacea Suhr. — Eté. 

173. Polysiphonia sluposa Zanard. (P '. fœtidissima Cocks). — Eté. 

174. Polysiphonia fruticulosa Spreng. — Très commun. 

175. Polysiphonia macrocarpa Harv. — Port-Yieux de Biarritz, au 

pied de la falaise, en larges gazons qui ont quelque ressem- 
blance avec ceux du Rhodochorton Jloridulicm ; il est d'ail- 
leurs souvent mélangé à cette espèce. Ce nom de P. macro- 
carpa, repris récemment par M. Bornet {Algues de Schousboe, 
p. 306), s'applique au P. pulvinata Harv. (Phycologia britan- 
nica, pi. Cil). Cette espèce a quatre siphons, tandis que le 
véritable P. pulvinala J . Ag. en a plus de quatre. 

176. Polysiphonia opaca Zanard. — Assez abondant sur d'autres Al- 

gues, Corallines, etc. 

177. Polysiphonia polyspora }. Ag. — Plus fréquent en hiver qu'en 

été. 

178. Polysiphonia Schousboei Thur. — Abondant en hiver; je ne l'ai 

pas vu en été. Cette espèce est connue seulement à Biarritz, au 
Maroc et en Algérie. 

179. Lophosiphonia obscura Falek. (Polysiphonia j. Ag.) — Sur les 

pierres; assez rare. 

180. Ophidocladus simpliciuscula Falk. (Polysiphonia Crouan). — Je 

l'ai rencontré seulement sur les gros rochers isolés situés 
près de La Goureppe ; on verra plus loin qu'il est au contraire 
fréquent sur la côte espagnole. 

181. Plerosiphonia parasitica Schmitz (Polysiphonia Grev.). — Très 

rare en été, à Biarritz. 

182. Plerosiphonia complafiata Falk. (Polysiphonia J. Ag.). — Com- 

mun. 

183. Plerosiphonia pennala Schmitz. (Polysiphonia ]. Ag.). A très 

basse mer. 

184. Dasya Arôuscula Ag. — Très rare, été, Guéthary. 

185. Dasya coccinea Ag. — Les exemplaires recueillis en hiverne 

dépassaient pas 4-5 cent. La plante est bien développée en été. 

186. Herposiphonia tenella Falk. (Polysiphonia J. Ag.). — Sur les 

Lithothamnion des flaques supérieures. 

187. Sphondylothamnion mulUfidum Nâg. — En exemplaires de pe- 

tite taille. 

188. Spermoihamnion Turneri Aresch. 



2o6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

189. PHlothamnion micropterum Bornet (Callithamnion Mont.). — 

Sur une souche de Cystoseira rejetée à Guéthary après la 
tempête de fin septembre 1896. Jusqu'ici, on le connaissait 
seulement des Canaries; il a été cité aussi dans l'Adriatique 
par Hauck, mais cette localité reste douteuse. 

190. Griffithsia Schousboei. Mont. — Hiver, très rare. 

191. Halurus equisetifolius Kûtz. — Commun. 

192. Borneiia secundijlora Thur. — Abondant et fructifié en hiver, 

plus rare et stérile en été. On sait que cette plante, fréquente à 
Cherbourg, n'y fructifie jamais. 

193. Monospora pedicellata Solier. — Peu commun. 

194. Pleonosporium Jïexuosum Born. — Plus fréquent en hiver qu'en 

été, à basse mer, sur les rochers. Biarritz paraît être sa limite 
septentrionale. 

195. Pleonosporium Borreri Nâg. — Rare et très jeune en hiver. 

Assez abondant en été à La Goureppe, à l'abri des rochers; 
rare ailleurs. 

196. Callithamnion corymbosum Lyngb. — Rencontré seulement en 

1896, sur Helminihocladia à Guéthary. 

197. Callithamnion granulation Ag. — Hiver. 

198. Callithamnion Hookeri Harv. ? — Saint-Jean-de-Luz. 

199. Callithamnion tetragonum Ag. — Hiver, rare et à l'état jeune. 

200. Callithamnion telricum Ag. — Abondant à mer basse à l'abri 

des rochers. 

201 . Antithamnion crispumThm. — Rejeté en 1896 à Guéthary. 

202. Ceramium ciliatum Ducluz. — On le rencontre surtout à 

Arotcha. 

203. Ceramium echionotumj. Ag. — Commun à Arotcha. 

204. Ceramium fruticulosum Kûtz. — Sur diverses Algues. 

205. Ceramium gracillimum Griff. 

206. Ceramium rubrum Ag. — Particulièrement abondant en hiver, 

mais toujours de petite taille. (A suivre.) 

CHRONIQUE. 

M. le D 1 ' Kd. Russow, professeur émérite de Botanique à l'Université 
de Dorpat, est mort dans cette ville le 11 avril dernier. 

Nous apprenons également la mort de M. le D 1 ' J. Sachs, professeur de 
Botanique et directeur du Jardin botanique à l'Université de Wûrzburg 1 , 
décédé le 28 mai, à l'âge de soixante-cinq ans. 

Le Gérant ; Louis Morot. 



F-vio — .1 '- : ce LTr.r.,4-*-, Av.deCiiàliUon. 



ii 9 ANNEE. N° 13. i" r JUILLET 1897. 



*»^*»»»**N»*^ 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



NOTE PRELIMINAIRE 
SUR LES ALGUES MARINES DU GOLFE DE GASCOGNE 

{Suite.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

207. Spyridia jîlamenlosa llarv. — J'en ai rencontré, en 1896, plu- 

sieurs très larges touffes voisines , l'une de l'autre à Arotcha; 
je ne l'ai pas vu ailleurs. 

208. Microcladia glandulosa Grev. — Rejeté en 1S96. 

209. Rhodochorton Jloridulum Nâg. — Cette plante, qui n'est pas 

représentée dans l'Herbier Thuret entre LeCroisic et les côtes 
du Portugal, forme au pied des falaises du Port- Vieux de 
Biarritz de larges plaques gazonnantes, pelucheuses, d'un 
rouge sombre qui devient presque noir quand elles sont 
mouillées. 

210. Rhodochorton Rothii Nàg. — Sous l'établissement des bains du 

Port- Vieux ; rochers du Casino de Biarritz. 

211. Grateloupia fi 'lie ina Ag. — Très rare et très jeune en hiver; 

assez commun en été. 
210. Cryptonemia Lactuca J. Ag. (forma seminervis). — Stérile. Re- 
jeté à Guéthary, en août 1896 et surtout après la tempête de fin 
septembre. Je ne l'ai jamais vu en place; il croit au contraire 
sur la côte d'Espagne. D'après M. Bornet {Algues de Schousboe, 
p. 341), les noms C. Lactuca et C. seminervis sont probable- 
ment synonymes, car « selon toute apparence, le C. seminervis 
représente la plante de première année et le C. Lactuca celle 
qui a pris tout son développement » . 

212. Schisymenia Dubyi], Ag. — Commun et de grande taille en 

hiver, atteignant 30 et 40 cent. ; rare et de petite taille en été. 

214. Halarachnion ligulalum Kûtz. — Rejeté à Guéthary en 1896. 

215. Peyssonnelia atropurpurea Decaisne. 

216. Peyssonnelia Dubyi Crouan. — Biarritz. 

217. Peyssonnelia Harveyana Crouan. — Sur des Patelles. 

218. Peyssonnelia squamaria Decaisne. — En été, on trouve le 

P. squamaria dans les fentes étroites et sombres d'où il n'est 
pas toujours facile à extraire; il est d'ailleurs assez rare. Peu- 



2o8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

dant l'hiver de 1894, je ne l'ai pas rencontré en place, mais 
j'en ai vu des milliers de fragments dans des conditions assez 
bizarres. En certains points de la côte, particulièrement au 
Port- Vieux, aux Rochers de la Goureppe, à Port-Arotcha, les 
Oursins ( Toxopneusles \Echinus\ lividus) sont d'une abon- 
dance extrême. Certains trous creusés dans le rocher, qui res- 
tent remplis d'eau lorsque la mer se retire, sont tapissés 
d'Oursins dont les loges contiguës sont elles-mêmes revêtues 
par le Lithothamnion incrustans. Celui-ci s'accroît par son 
bord dressé, qui fait saillie tout autour de la case occupée par 
l'animal. Or, presque tous ces Oursins maintiennent à l'aide 
de leurs ambulacres, sur leur dos, au-dessus des plaques 
génitales, un corps étranger qui semble jouer le rôle d'écran ; 
c'est tantôt un caillou généralement plat, tantôt un fragment de 
coquille ou d'Algue, mais le plus souvent un morceau de 
Peyssonnelia. Il est à présumer qu'un certain temps auparavant, 
une tempête rejeta un grand nombre de ces Algues, que leur 
poids retint dans les trous et que peu à peu les Oursins s'en 
emparèrent. Pendant l'été, les Oursins étaient aussi pourvus 
d'écrans, mais les Peyssonnelia en constituaient seulement une 
faible part. 

219. Hematophlœa Croua?ii J. Ag. 

220. Lithophyllum crassum Rosan. — Très abondant. 

221 . Lithophyllum lichenoides Phil. 

222. Lithothamnion incrustans Phil. — Très commun dans les 

flaques supérieures, les trous à Oursins. 

223. Lithothamnion Lenorma?idii Rosan. 
224.. Melobesia farinosa Lamour. 

225 . Melobesia membra7iacea Lamour. 

226. Melobesia pustulata Lamour. 

227. Schmitsiella endophlœa Born. et Batt. — Sur Cladophora pel- 

lucida. 

228. Corallina comiculata L. (Jania). 

229. Corallina lojigifurca Zanard. (Jania.) 

230. Corallina mediterranea Aresch. — Très abondant. 

23 1 . Corallina officinalis L. 

232. Corallina rubeus L. (Jania.) — Très commun sur diverses 

Algues. 

233 . Corallina sauamala Ellis. — Tapisse les rochers à très basse 

mer. 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 209 

II. — RÉGION CANTABRIQUE. 

Les points que j'ai visités sont San Vicente de la Barquera, 
du 5 au 9 septembre 1895, et du 4 au 16 septembre 1896; Gijon, 
du 16 septembre au 5 octobre 1895, et Rivadeo, du 16 au 
21 octobre 1895. Ils appartiennent à une région très pittoresque, 
mais que l'absence d'un chemin de fer parallèle à la côte rend 
difficile à parcourir, presque complètement ig-norée du Guide 
Joanne, et sur laquelle les livres donnent très peu de renseigne- 
ments. 

San Vicente de la Barquera, à 50 kilomètres environ de San- 
tander, est situé au fond d'une ria assez large qui en forme le 
port, au confluent de deux rivières peu importantes par la quan- 
tité d'eau qu'elles débitent, mais qui ont creusé de larges vallées, 
le Havre du Peral à l'ouest, le Havre de Villegas à l'est, dans 
lesquels la mer s'avance profondément à chaque marée. A l'est 
de la Ria, jusqu'au Cap Hoyambre ou Oriambre (1) s'étend 
l'immense plage sablonneuse et déserte de Meron, dont l'uni- 
formité n'est rompue que par les deux blocs appelés Rocher du 
Zapato, parce que, à eux deux, vus de loin, ils ressemblent 
vaguement à un soulier. Il paraît qu'en hiver, après le mauvais 
temps, la plage de Meron est couverte de goémon, mais il n'en 
a pas été de même durant mes deux séjours, car elle est restée 
d'une remarquable propreté; j'y ai cependant trouvé quelques 
fragments de Fucus ceranoïdes ; bien que je n'aie pas vu cette 
plante en place, il me paraît certain qu'elle existe dans les 
Havres. Je n'ai d'ailleurs pas visité le Havre de Villegas qui 
était alors le siège de travaux considérables. La côte Est est plus 
intéressante à visiter pour l'algologue, mais, taillée à pic en 
plusieurs points, elle n'est abordable que par les basses 
mers. 

Dans le Havre du Peral, aux environs du Pont en ruines, on 
trouve des Fucus vesiciilosus bien développés et des F. ser- 
ratus en touffes volumineuses isolées, à frondes très larges, 
charnues, un peu tordues, qui, au lieu de s'affaisser, de se cou- 
cher l'une sur l'autre quand la mer se retire, restent plus indé- 
pendantes et laissent entre elles des espaces vides. Au même 

1. On trouve les deux noms sur les atlas, mais Oriambre est, paraît-il, plus 
correct. 



2lo JOURNAL DE BOTANIQUE 

endroit, mais à quelques décimètres plus haut, sont des Asco- 
phyllum. 

Entre le Pont neuf et la Pointe de Boria est une sorte de 
petit port Sur le fond très vaseux qui nourrit le Zostera nana, 
s'élèvent de petits îlots de Spartina; d'autres petits îlots, 
parfois de quelques mètres carrés d'étendue, sont des gazons 
très denses formés par un Fucus à frondes minces, tordues en 
spirale, à conccptacle pilifères marginaux, qui portent quelques 
rares vésicules et restent dressés à mer basse. La partie de la 
fronde enfoncée dans la vase est rampante, réduite à la nervure 
dénudée, et porte souvent de nombreuses petites folioles qui 
deviendront probablement plus tard autant de frondes dressées. 
La plante doit atteindre son plein développement en une autre 
saison, car je n'ai pas trouvé d'organes reproducteurs; j'ai 
d'ailleurs peu cherché, la profondeur de la vase rendant la cir- 
culation impossible dans cet endroit; cependant, quelques rares 
frondes semblables, trouvées sur la plage de Meron, se termi- 
naient par des réceptacles unisexués, et j'ai attribué cette forme 
à la variété lutarius du F. vesictilostis. On ne la retrouve pas 
du côté de la mer ouverte et elle est cantonnée dans la partie 
vaseuse de la ria. Si une pointe de rocher s'élève çà et là au- 
dessus du fond vaseux, elle est recouverte par X Ascophyllum, 
très bien développé, et qui présente une curieuse particularité : 
certaines frondes, et ce sont les plus nombreuses, ont la cou- 
leur habituelle, vert olive foncé, mais parmi elles sont des bou- 
quets de frondes, identiques aux précédentes par leur forme, 
mais d'un jaune clair uniforme. Le F. serratus, que nous retrou- 
verons plus loin, fait défaut ici. En face, de l'autre côté de la 
ria, la flore est la même. Nous sommes ici à près d'un kilomètre 
de la mer, et cependant à la limite de X AscopJiyllitm, que l'on ne 
voit jamais sur les rochers battus. 

Contre le mur du quai de la Pointe de Boria est une ligne de 
Pelvetia canaliculata au niveau supérieur de la marée, plante 
qui se retrouve à la même hauteur sur tous les rochers faisant 
face à la mer ouverte. Au-dessous, sont des Fucîis d'un aspect 
particulier. Les frondes, dénudées à leur partie inférieure, ont 
au-dessus environ un centimètre de largeur et sont d'un brun 
rougeâtre ; chacune se termine par un petit réceptacle herma- 
phrodite, globuleux, moins large qu'elle, sans la bordure mar- 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 211 

ginale du F. platycarpus. Ces frondes sont tordues, font un ou 
deux tours de spire; elles ne possèdent pas de vésicules, mais 
des boursouflures, irrégulières dans leur forme et leur situation, 
de chaque côté de la nervure, comparables à celles du F. cera- 
noides (1). M. Rosenvinge a bien voulu m'écrire que ce Fucus 
de San Vicente correspond tout à fait au F. platycarpus qui vit 
à la limite supérieure de la mer sur les côtes de Danemarck et 
dont les réceptacles sont tantôt un peu comprimés et marginés, 
tantôt presque sphériques et non marginés. Ce serait l'ancien 
F . spiralis de Linné, que M. Rosenvinge appelle F. platycarpus 
var. spiralis. Thuret fait rentrer le F. spiralis L. dans son 
Fucus platycarpus {Etudes phycologiques , p. 40) ; les figures qui 
ont été données représentent, dit-il, « des échantillons de F. pla- 
tycarpus, à frondes tortillées, dont les réceptacles sont incom- 
plètement développés ». Lloyd a publié dans les Algues de 
l'Ouest de la France, sous le n° 200, un Fucus vesiculosus var. 
spiralis (F. spiralis L.) avec la mention « vit sur les pierres, 
dans les courants en eau peu profonde. Golfe du Morbihan juin 
1849 », qui parait bien correspondre à la plante de San Vicente. 
Cependant, Thuret dit à son sujet : « Le n° 200 de la même col- 
lection est une plante douteuse, à fronde membraneuse, sans 
vésicules, ressemblant parfaitement à la figure du F. spiralis 
de Stackhouse (Nereis Brii., n° 5), mais dont les conceptacles 
trop jeunes ne renferment que des spores trop peu développés. » 
(loc. cit., p. 42J. Ce doute ne pourrait être élevé pour notre 
plante. 

De la chapelle de la Birquera, sur la ria, jusqu'à la 
pointe Linera, et sauf à la pointe du Castillo qui s'avance vers 
l'île du Callo, la côte est une falaise à pic, dont la hauteur dé- 
passe souvent 30 mètres, abordable uniquement par les basses 
mers. Dans les crevasses de la falaise de Los Rosales (2), for- 

1. M. Bornet a ajouté en note à l'article de Thuret sur le Fucus platycar- 
pus : « ... il peut présenter des gonflements ou poches cylindriques remplis de 
gaz qui s'étendent parallèlement des deux côtés de la nervure. Je l'ai rencontré 
assez abondamment dans cet état au Croisic sur les rochers exposés au soleil 
pendant les mois d'avril et de mai. » {Éludes phycologiques, p. 40.) J'ai vu la 
même chose sur quelques-uns des F. platycarpus récoltés en hiver au Port 
Vieux de Biarritz, et cette variété spiralis de San Vicente croit sur un mur 
exposé au midi. 

2. M. Velarde a construit tout récemment à Los Rosales quelques maisons 
qu'il loue pendant la saison des bains, et qui ne sont pas marquées sur la carte 
marine ; l'algologue y trouvera une aimable hospitalité. Le village de San Vicente 



212 JOURNAL DE BOTANIQUE 

mée par des calcaires nummulitiques à Alvéolines, très durs, on 
trouvera quelques espèces que je n'ai pas vues ailleurs, en par- 
ticulier le Plumarïa ScJwîisboei et le Rhodochorton Rothii. En 
face et aussi en divers points du port, le Zoslera marina est 
abondant. A cause de cette configuration de la côte, l'excursion 
très fructueuse à faire du Castillo jusqu'au petit golfe de Li- 
nera (i) devra être menée très rapidement, si l'on ne veut pas 
courir le risque d'être surpris par la mer. Toute cette falaise 
est calcaire ; près du Phare on rencontre de nombreux fossiles 
sénoniens. 

On trouve le Pelvetia au niveau supérieur, et successivement 
les Fucus platycarpus, vesïctilosus {vesïculosus, evesiczilosus , 
axillaris),serratus et le Bifurcaria tuberculata dont les limites 
respectives sont très mal indiquées à cause du peu d'étendue des 
rochers découverts ; les trois derniers en particulier sont sou- 
vent mélangés; les flaques peu profondes creusées dans les 
rochers sur lesquels vit le F. serratus sont presque toujours 
habitées par le Bifurcaria qui descend aussi à un niveau plus 
inférieur. Le F. serratus est en longues lames plates, dentelées, 
de la forme habituelle, et on ne trouve jamais la forme large 
tordue du Peral. 

Le F. vesïculosus est une plante si variable dans sa forme 
qu'il est souvent peu utile de chercher à en décrire les variétés. 
Cependant, je crois bon d'en nommer une crispaUts , car elle me 
paraît nouvelle et bien caractérisée. Elle est très localisée. Je 
l'ai vue, aussi bien en 1895 qu'en 1896, seulement dans le petit 
golfe formé d'un côté par la colline qui aboutit à la pointe 
Linera et de l'autre côté par la colline de Santa Catalina. Elle 
s'y trouve en plus nombreux exemplaires que le vrai vesiculostis , 
mais avec des formes de passage. Certains ont des frondes 
larges, vésiculeuses, largement mais très nettement godronnées. 
Les autres, plus abondants, sont plus différenciés; ils ont des 
frondes très touffues, plus étroites, peu ou plus souvent non 



est d'ailleurs trop éloigné de la mer pour permettre des excursions suivies à celui 
qui s'y logerait. 

1. Le nom de Linera correspond dans cette Note à la partie de la côte située 
entre la Pointe Linera et Santa Catalina. Les rochers de la côte situés à l'ouest 
de la Pointe, fortement battus par les vagues, sont pauvres et difficiles à explo- 
rer, et je n'ai pas vu ceux qui, d'après la carte de la marine, découvriraient au 
nord sur une grande surface. 



C. Sauvage au. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 213 

vésiculeuses, plus finement godronnées sur tout leur pourtour; 
les réceptacles terminaux varient dans leur taille avec la largeur 
des feuilles. 

Les Himanthalia sont extrêmement abondants sur toute la 
côte battue par les vagues, sauf au Cap Oriambre où ils man- 
quent totalement; beaucoup atteignent deux et trois mètres de 
longueur, et en bien des points, ils sont si abondants sur les 
rochers qu'ils rendent impossible la marche debout. Du haut de 
Santa Catalina, on les voit à mi-marée, dans l'échancrure qui 
sépare cette colline de Linera, former des bandes flottantes, 
jaunes, parallèles, sur plus de cent mètres de longueur, qui 
indiquent l'orientation des rochers submergés. Ils sont remar- 
quables par le niveau élevé qu'ils atteignent. Au Castillo, ils 
croissent mélangés au F. serra/us et je me suis rendu compte à 
Lihera qu'ils découvrent même aux marées de morte eau. On 
sait qu'il est loin d'en être ainsi sur les côtes de Bretagne et de 
Normandie. 

Les Lamiiiaria flexicaulis et Cloitstoni sont très fréquents. 
Toutes les fois que j'en ai arraché, leurs haptères étaient cachés 
et recouverts par de très larges lames de Lithophyllum li- 
chenoides qui les dépassaient et s'étendaient davantage sur le 
substratum. Quelques L. Cloustoni de grande taille, rejetés à la 
côte, portaient sur leur stipe les Rhodymema Palmetta et pal- 
mala '/je n';ii pas réussi à recueillir ce dernier en place; il existe 
certainement dans cette région, mais à un niveau inférieur à 
celui de la basse mer. On sait qu'il croît en France de Wime- 
reux jusqu'à l'île de Ré, mais qu'il n'existe pas dans le fond du 
o-olfe de Gascogne. 

Il est à remarquer que Y Halopithys pinastroides , si commun 
sur la côte française du fond du golfe, n'existe pas à San Vicente 
ni dans les localités que j'ai visitées plus à l'ouest; Y Hypuca 
musciformis y devient rare ; il est plus rare encore à Gijon et 
disparaît complètement à Rivadeo. Le Peyssonnelïa squamaria, 
qui recherche habituellement les crevasses obscures, et est lui- 
même de couleur très sombre, abonde à San Vicente où il prend 
des teintes vives variant du rouge au vert ; on le trouve surtout 
dans les crevasses étroites et profondes creusées verticalement 
dans les rochers de Linera qu'elles découpent en compartiments 
irréguliers; il s'étend perpendiculairement à leur paroi, de ma- 



2i 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

nière à recevoir le maximum de lumière, et les tapisse sur une 
hauteur qui dépasse parfois cinquante centimètres. D'ailleurs, 
dans cette même localité, d'autres Floridées, telles que les 
Chondrus , Gymnogongrtis, Gigartiua, virent au vert. AGijon, 
le Peyssonnelia ne se cache pas davantage, mais, bien qu'il soit 
signalé au Maroc, je ne l'ai vu ni à Rivadeo ni à La Corogne. 
Le Gelidium sesqtiipedale est très abondant à mer basse en 
grands exemplaires. Il croît aussi sur les rochers inférieurs for- 
tement battus, si complètements recouverts par le Corallina 
sqiiamata qu'ils paraissent uniformément roses. Au fond des 
petites grottes tapissées par cette Coralline au Cap Oriambre, 
croissent de nombreux Calliblepharis ciliata d'un rouge vif et 

d'un merveilleux effet pittoresque. 

{A suivre.) 
1 » « 

SUR UNE ESPÈCE DU GENRE EUPHORBIA 

Par M. Louis GAUCHER. 

\J Euphorbia Peplus L. et Y ' Euphorbia peploides Gouan ont 
été jusqu'ici considérés comme deux espèces distinctes (i). C'est 
surtout sur les caractères offerts par les graines et par les 
feuilles, ainsi que sur l'époque de la floraison, que les auteurs 
se sont basés pour les différencier. « YÎE. peploides, disent 
Grenier et Godron (/. c.),est extrêmement voisin de YE. Peplus ; 
il s'en distingue, non par sa taille moins élevée, comme 
l'indiquent plusieurs auteurs, mais surtout par ses graines 
trois fois plus petites, munies sur chacune des deux faces 
opposées au raphé de 3 trous et de 2 sur les faces latérales, 
tandis que les graines de YE. Pephis portent respectivement 
sur ces mêmes faces 4 et 3 trous ; il s'en distingue, en outre, par 
ses feuilles inférieures toujours plus arrondies, par l'époque de 
la floraison qui est beaucoup plus précoce. \JE. peploides fleurit 
à Montpellier en mars et avril, et YE. Peplus en juin jusqu'en 
octobre. » 

Or, en se basant sur ces caractères, il est bien difficile, 
lorsqu'on se trouve en présence de l'une de ces deux plantes, 

1. Boissier in De Candolle, Prodr., vol. XV, sectio posterior, fasc. I, 186268. 
Eupkorbix, p. 141. 

Grenier et Godron, Flore de France, vol. III, 1855-56, pp. 93-94. 



L. Gaucher. — Sur une espèce du genre Euphorbia. 215 

de dire à quelle espèce on a affaire, et le meilleur critérium est 
encore l'époque de la récolte. Ce n'est évidemment pas un 
caractère suffisant pour distinguer deux espèces. C'est cepen- 
dant le seul que l'on puisse noter. 

Les spécimens d'hiver paraissent un peu réduits, bien que 
cependant on puisse en trouver de grands dans cette saison. 
La forme des feuilles présente fort peu de différences d'un type 
à l'autre; les graines sont de même dimension et, quant à leurs 
fossettes, on les trouve en nombre fort variable sur un même 
pied. C'est ainsi que j'ai observé, sur une même plante, plusieurs 
des formes représentées par la fig. 1 (1). 

Les caractères morphologiques externes manquant donc 
complètement pour la diagnose, j'ai essayé de recourir aux 
caractères anatomiques. 

Les Euphorbes de nos régions présentent, il est vrai, au 
point de vue anatomique, une homologie assez grande ; mais 
j'ai néanmoins pu me convaincre, par l'étude d'un grand nombre 
d'entre elles, qu'il existe pour toutes des particularités pouvant 
aider, d'une façon très satisfaisante, à la détermination de l'es- 
pèce dans un cas douteux comme celui-ci (2). 

J'ai donc étudié, dans ce but, divers échantillons <ÏE. Pé- 
pins et peploides, les uns récoltés par moi-même dans les 
environs de Montpellier, les autres provenant de l'herbier de 
l'Institut botanique. 

Pour l'examen de ces derniers, j'ai choisi surtout des plantes 
de localités très différentes, telles que Sommières (Gard), Cam- 
polide (Portugal), Coimbra (Portugal), Cerbère (Espagne), 
Dor-Oud-delimi (Maroc), Palerme (Italie), etc. 

Mon étude a porté sur les tiges et les feuilles de tous les 
échantillons que j'ai eus en mains, c'est-à-dire sur les organes 
présentant le plus de fixité dans les caractères anatomiques. 

Chez toutes ces plantes, sauf chez une seule récoltée à Dor- 
Oud-delimi (Maroc), j'ai constaté la présence de caractères 
anatomiques identiques que je résume ainsi : 

Tige (fig. 2 et 3). Efiiderme à cuticule assez épaisse, dé- 

1. M. Daveau a déjà signalé ce même fait. (Euphorbiacées du Portugal, 
P- 2 5-) 

2. Je me propose de décrire, dans un travail ultérieur, les caractères anato- 
miques généraux du genre Enphorbia. 



21 (, JOURNAL DE BOTANIQUE 

pourvu de poils. Sous l'épiderme est une assise de cellules dont 
les parois externes toujours, et les parois latérales quelquefois, 
sont très épaissies. C'est là, comme on le voit, un tissu collen- 
chymateux très réduit. 

Le parenchyme cortical est formé de cellules arrondies ou 
polygonales, laissant entre elles quelques méats. Les parois 
en sont très minces, et les cellules renferment, à côté de grains 
de chlorophylle, des grains d'amidon arrondis et en général en 
petite quantité. 

Dans sa région interne, et vers le liber par conséquent, ce 
parenchyme est interrompu par des îlots d'éléments scléreux 
de nature spéciale. Ce sont de longues fibres, dont les mem- 
branes mitoyennes lignifiées se colorent par les réactifs ordi- 
naires du bois : vert d'iode, fuschine, coralline, etc. Ces 
membranes externes sont tapissées intérieurement par une 
seconde membrane, qui parfois ne demeure pas intimement 
appliquée contre la première et forme des replis vers l'intérieur 
de la cellule. Les réactifs du bois sont sans action sur cette 
seconde membrane, qui présente, par contre, les caractères de 
la cellulose. 

Ces fibres scléreuses sont donc formées de deux membranes 
surajoutées, ou plutôt d'une membrane en voie d'épaississe- 
ment, dont la partie externe est lignifiée, tandis que la région 
interne, de formation évidemment plus récente, renferme de la 
cellulose sans substance d'imprégnation. 

C'est dans la même zone interne du parenchyme cortical que 
se trouvent surtout groupés les laticifères. 

Le liber forme une zone étroite tout autour du bois, disposé 
aussi en un cercle continu, sans rayons médullaires distincts, et 
dont certaines parties font saillie dans la moelle. 

La moelle est formée de grandes cellules à parois minces, 
laissant entre elles des méats. 

Feuille. \J épidémie supérieur est sans stomates. Examiné 
à plat, cet épidémie montre des cellules assez régulières, à 
parois épaisses et ponctuées (fig. 4). 

XJépiderme inférieur est, au contraire, pourvu de stomates 
très petits, et de cellules à contour beaucoup plus sinueux 

(«g- 5)- 



L. Gaucher. — Sur une espèce du genre Kuphorbia. 217 

Entre ces deux épidermes est un parenchyme homogène, 
sans tissu en palissade, formé de petites cellules rondes chargées 
de chlorophylle. Cette structure fort simple s'explique aisément 
par la très faible épaisseur des feuilles. 







Ut.... 

"'"" ~2n_ GdiuA.er.dcl. 

Fig. 1. — Diverses formes de grain, s d' Eupkorbia Peplus L. (G. : 10.) 

Fig. 1. — • Coupe schématique de la tige. — sel. îlots de sclérenchyme. 

Fig. 3. — Coupe de la même tige. (G. : 260.) — ni. moelle; 6. bois; /. liber; la/, laticiières; 

sel. un îlot de sclérenchyme; pc. parenchyme cortical; col. collenchyme; ep. épidémie. 
Fig. 4. — Epiderme supérieur de la feuille. (G. : 260.) 
Fig. 5. — Epiderme inférieur. — st. stomates. (G. : 260.) 

Ces caractères sont constants, je l'ai déjà dit, chez tous les 
spécimens que j'ai étudiés, sauf chez l'un d'eux, provenant de 
Dor-Oud-delimi (Maroc). Ici les éléments scléreux manquent. 
Mais c'est un fait isolé, et qui ne saurait infirmer en rien les 




2iK JOURNAL DE BOTANIQUE 

résultats précédents, d'autant plus que l'identité entre les autres 
types persiste malgré la diversité des habitats. 

Il me paraît donc que ces deux espèces, Y E. Pepius L. et 

Y E. peploides Gouan, doivent être confondues en une seule, 

Y E. Pepius L., la première établie. 

L E. Pepius L. a deux formes, l'une estivale, croissant de 
mai à octobre, l'autre vernale, parfois un peu appauvrie, fleu- 
rissant en mars et avril. 

D'ailleurs, les exemples sont assez nombreux d'espèces 
fleurissant ainsi à deux époques différentes de l'année. Pour 
n'en citer que deux, je nommerai le Bellis sylveslris Cyrillo et 
Y Eragroslis Barrelieri Daveau. 

Le premier fleurit, dans nos pays, en automne et plus rare- 
ment au printemps ; en Portugal, où le climat correspond à peu 
près à notre climat méditerranéen, cette exception devient la 
règle, et le B. sylveslris fleurit au printemps et très rarement à 
l'automne. 

Le second croît dans le midi de la France de juin à octobre ; 
on le retrouve en Algérie et en Espagne, de janvier à mars, 
mais sous une forme très réduite, dont on a fait la variété 
pygmsea, forme qui peut être trois ou quatre fois plus petite 
que la précédente. 

Bien que les formes vernales de YE. Pepius se montrent 
parfois un peu appauvries, la réduction est, en somme, fort peu 
sensible, et il n'y a pas même lieu, ce me semble, d'en faire une 

variété. 

> , < 

ISOPYRUM ET COPTIS; 
LEUR DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE 

(Suite.) 
Par A. FRANCHET. 

9. I. Fauriei, sp. nov. 

Rhizoma brevissimum dense fibrillosum; folia basilariaplura 
caulibus multo breviora, petiolo basi late auriculato-dilatato, 
limbo biternatisecto, segmentis omnibus petiolulatis, lateralibus 
late rhombeis, terminali obovato-flabellato, omnibus 6-10 mm. 
longis antice bi-trilobis, lobis incisis, lobulis parvis, obtusis; 



A. Franchet. — Isopyrum et Coptis. 219 

folia caulina sessilia, basilaribus vix minora et illis confor- 
mia; pedunculi filiformes, solitarii vel gemini, uniflori ; flores 
albi 5-7 mm.; sepala obovato-oblonga, obtusa; petala lutea, 
sepalis paulo plus quam dimidio brevia, limbo obovato-flabel- 
lato, bilabiato, labiis ovatis subacutis aequalibus, stipite limbum 
aequante; carpella duo ad maturitatem horizontaliter divergentia, 
ovato-oblonga, obtusa, stylo 1 mm. longo, recto vel parum 
incurvato; semina globosa, sordide lutea, densissime muricata. 
Hab. — Le Japon; île de Nippon, sur l'Asamayama (Faurie, 
n. 8118). 

A cause de ses graines couvertes de petites pointes, VI. Fauriei 
se rapproche surtout de 1'/. trachyspermuui : il en diffère assez nette- 
ment par ses pétales dont le stipe n'est pas sensiblement plus long que 
le limbe et par ses graines dont les pointes sont très serrées, contiguès. 

10. I. trachyspermum Maxim., Mél. biol., XI, 636; /. di- 
carpon S. L. Aloore., Journ. of Bot. (1878), p. 129 (non Miq.). 

Hab. — Le Japon, province d'Chvari; Alpes de Nikko et 
montagne de Oyama (Bisset). 

Très voisin du précédent, dont il ne diffère guère que par des car- 
pelles plus étroits (anguste oblongi); par l'onglet des pétales filiforme 
beaucoup plus long que le limbe semi-orbiculaire, bilabiée; par ses 
graines de même forme, mais couvertes de tubercules épars et non de 
pointes très rapprochées. (D'après Maximowicz.) 

11. I. sutchuenense Franch. in Morot, /. de Bot., VIII, 
p. 274. 

Rhizoma perpendiculare, squamatum, interrupte fibrillosum, 
nunc tuberiforme; caulis basi plus minus squamatus, squamis 
membranaceis rarissime foliiferis; folia basilaria nulla vel ad 
folium unicum, parvum, adducta; folia caulina saepius 3, praeter 
supremum sessile vel subsessile petiolata, triternatisecta vel 
biternatisecta, lobis lateralibus constanter minoribus, terminali 
in quoque segmento oblongo-obovato, basi cuneata integerrimo, 
antice rotundato vel obtusissimo ; segmenta omnia parte anteriore 
trilobulata vel subincisa, lobulis obtusissimis emarginatis ; pe- 
dunculi uniflori, folia haudexcedentes; flores albi; sepala 5-7 mm. 
longa,ebasi angustata oblongo-obovata; petala minima; limbus 
stipite triplo brevior, obovatus, cucullatus ; carpella duo, primum 



220 JOURNAL DE BOTANIQUE 

erecta, oblongo-lanceolata, obtusa, stylo fere 2 mm. longo, 
erecto ; semina lutea, levia, subrotunda. 

Hab. — La Chine occidentale, province de Su-tchuen aux 
environs de Tchen-kéou-tin (R. P. Farges, n. 794). 

UT. sutchuenense paraît surtout caractérisé par ses feuilles dont le 
lobe terminal dans chaque segment est sensiblement plus grand que 
les latéraux et dune forme plus allongée; dans quelques spécimens, 
ce lobe atteint jusqu'à 25 mm., alors que l'inférieur est trois fois plus 
petit. Les grands individus atteignent jusqu'à 3 décim. et sont très 
florifères; quelques-uns ont les folioles élégamment tachées de 
blanc. 

12. I. nipponicum Franch., Bttll. Soc. bot. de France, 
XXVI, p. 82 ; Maxim., Mél. biol., XI, p. 631. 

Rhizoma horizontale vel perpendiculare squamosum et 
fibrillosum, ad collum squamis membranaceis rotundatis, imbri- 
catis vestitum ; folium basilare solitarium vel rarius 2 inaequa- 
lia; folia caulina breviter petiolata, triternatisecta vel biterna- 
tisecta, tenuiter membranacea, segmentis petiolulatis, lateralibus 
constanter minoribus, lobis praesertim inferioribus nunc minimis ; 
segmentum terminale multo majus, lobo impari 3-5 cent, longo, 
e basi cuneata oblongo, inaequaliter inciso, lobulis obtusis; 
pedunculi filiformes, plus minus elongati, nunc brèves; flores 
albi; sepala perfecte evoluta 4-6 mm. longa, saepius haud rite 
evoluta 2-3 mm. tantum longa, ovata, obtusa; petala sepalis 
duplo breviora, lamina orbiculari, stipite laminam fere duplo 
superante; carpella duo,demumhorizontaliterpatentia,oblonga, 
apice truncata, stylo recto, 1 mm. longo; semina sphaerica, levia, 
lucida, sordide lutea. 

Hab. — Le Japon : Nippon, province d'Etchigo, sur les ro- 
chers humides près de la Cascade de Nitsu (Faurie, n. 619); 
montagne de Kanasava (id., n. 7951); versant ouest du Shimidzu- 
togé, au bord des ruisseaux (id., n. 2585). 

Diffère de l'espèce précédente par la présence de nombreuses 
écailles à la base des tiges; par la forme des folioles plus étroites, plus 
irrégulièrement incisées, non trilobées, par ses fleurs moitié plus pe- 
tites. Les tiges des grands individus atteignent 25 cent. 

13. I. auriculatum, sp. nov. 

Rhizoma brève, squamatum; caulis gracilis 10-20 cent., sse- 



A. Fkanchet. — Isopyrum et Coptis. 221 

pius e basi plures, squamis paucis parvis cincti; folia basilaria 
plura graciliter et longe (caulina breviter) petiolata, biterna- 
tisecta, segmentis omnibus petiolulatis, lobis e basi cuneata 
obovato vel rhombeo-orbiculatis, inferioribus minoribus, termi- 
nali duplo majore, nunc obscure trilobo, lobulis obtusis antice 
subincisis ; pedunculi uniflori filiformes 1-2 cent, longi ; sepala 
alba, 5 mm. longa; petala obovata, stipite laminam circiter 
aequante ; carpella duo demum horizontaliter patentia, e basi 
paulo angustata oblonga, stylo 1 mm. longo ; semina sphaerica, 
levia, lucida, fulva. 

Hab. — La Chine occidentale : province de TYunnan, sur 
les rochers humides dans les bois des montagnes, à Longki 
(R. P. Delavay). 

Plus petit que les deux espèces précédentes et s'en distinguant fa- 
cilement par la forme arrondie des segments ou lobes terminaux des 
feuilles, ainsi que par le nombre des feuilles basilaires. Ces trois 
espèces forment, parmi les Isopyrum à deux carpelles et à graines 
sphériques et lisses, un petit groupe caractérisé surtout par les lobes 
très obtus des feuilles. 

14. I. dicarpon Miq., ProL, p. 195 ; Maxim., Mél. bi'ol., XI, 
635. /. stïpulaceum¥r. etSav., Enum. pi. Jap., II, p. 270. 

Rhizoma brève, fibrillosum, ad collum squamosum, squamis 
maximis (10-12 mm.) late ovatis, nunc in filamentum (petiolum) 
desinentibus, nunc nonnulis perfecte evolutis foliiferiis; limbus 
membranaceus 2-3 ternatisectus, segmentis omnibus petiolulatis, 
plus minus dissectis et plus minus obscure trilobis, terminali in 
quoque folio ambitu late ovato, acuto ; folia superiora basilaribus 
conformia sed minora; pedunculi saepius uniflori, rarius triflori; 
sepala alba 3-5 mm. longa, obovata; petala sepalis duplo bre- 
viora, stipite tenui laminam triplo superante ; lamina in stipite 
réfracta, bilabiata, labiis late ovatis vel subquadratis, inaequa- 
libus; carpella duo demum horizontaliter patentia, oblonga, 
apice truncata, stylo 1 cent, longo; semina globosa, levia, 
lutescentia. 

Hab. — Japon (d'après un exemplaire de l'Herbier de 
Leyde!); Kiu-siu (Savatier) ; Koisiwara, dans les forêts ombra- 
gées et dans les alpes de Kundshosan (Alaximowicz). 

Plante molle, à segments des feuilles pointus au sommet, mais ca- 



222 JOURNAL DE BOTANIQUE 

ractérisée surtout par ses pétales dont le limbe se rétracte sur le stipe 
beaucoup plus long que lui. 

15. I. stoloniferum Maxim., Mél. biol., XI, p. 636. /. di- 
carpon Franch. etSav., Enum., II, p. 271 (non Miquel). 

Rhizoma tenue elongatum, stolones graciles ad collum 
emittens; squamae (vaginae) aphyllae basilares nullae vel paucae 
et tenues; folia basilaria 1 vel 2 basi anguste dilatata vaginan- 
tia, illis speciei praecedentis similia sed paulo magis firma, supe- 
riora sessilia basilaribus homomorpha ; pedunculi saepius uniflori 
elongati (3-4 cent.); flores albi ; sepala 5-8 mm. longi, obovati; 
petala aurantiaca, lamina erecta inaequaliter bilabiata, labiis 
rotundatis; stipes lamina triplo longior, gracilis; carpella duo 
demum horizontaliter divaricata, oblonga, apice truncata ; stylus 
rectus 1 mm. long-us; semina sphaerica levia lutescentia. 

Bab. — Le Japon : Nippon, dans les forêts du Fudsi-yama 
(Savatier). 

Port de VI. dicarpon, mais bien distinct par ses rhizomes très grêles, 
ses stolons menus (qui manquent quelquefois) ; par ses pétales dont le 
limbe est continu avec le stipe et non rabattu sur lui. Les feuilles sont 
aussi plus fermes que celles de 1'/. dicarpon. 

16. I. Delavayi, sp. nov. 

Planta pro génère robusta; rhizoma abbreviatum parce 
squamatum, collo fere nudum; caulis 20-40 cent., haud raro ad 
ramificationes geniculato-flexuosus, nunc e medio vel infra ra- 
mosus vel foliosus, nunc apice tantum foliigerus et floriferus; 
folia basilaria sub anthesi deficientia, nunc 1 vel 2, longe petio- 
lata, ternatisecta, segmentis imparibus segmento parvo auri- 
culiformi subpetiolato auctis, terminali majore, 4-6 cent, longo, 
omnibus inaequaliter et grosse inciso-crenulatis, ovatis, acutatis, 
chartaceis, subtus glaucis; pedunculi saepius plures, elongati 
(3-8 cent.), uniflori, rariuspluriflori, nonnulli sub medio bracteo- 
lati ; flores albi; sepala (rite evoluta) 6-8 mm. obtusa, obovata ; 
petala aurantiaca sepalis paulo breviore, limbo parvo, bilabiato, 
quam stipes gracilis duplo breviora; carpella duo oblonga 
obtusa, 12-14 mm. longa, demum divaricata; stylus 1 mm. 
longus; semina sphaerica, lucida, levia, rufa. 

Hab. — Chine occidentale ; Yunnan septentrional, dans les 
rochers humides le long des ruisseaux à Long-ki (R. P. Delà- 



A. Fbanchet. — Isopyrum et Coptis. 223 

vay, n. 4951); rochers humides à Tchen-fong-chan, près de 
Takouan-tchen (id. n. 20). 

C'est Tune des espèces les plus robustes du genre, bien caracté- 
risée par ses grandes feuilles un peu coriaces, très glauques en des- 
sous, par ses tiges geniculées-arquées à la naissance de chaque 
rameau, caractère qui n'existe dans aucun autre Isopyrum. 

17. I. fumarioides L.,Sp. pi. (éd. i), p. 557; Maxim., Mél. 
bïol., XI, 637. Leptopyrum fîimarioides Rchb., FI. Germ., 
excurs.y p. 747. 

Annuum ; radixgracilis, perpendicularis ; multicaule, caulibus 
saepius ramosis; folia basilaria numerosa, petiolo in vaginam 
dilatato, vagina superne in auriculas subulatas divergentes atte- 
nuata; limbus biternatisectus, segmentis petiolatis, lobis tri- 
fidis, lobulis omnibus oblongo-obtusis, angustis ; folia floralia 
basilaribus conformia, suprema minus composita, sessilia; pedi- 
celli pollice longi, uniflori ; flores albi ; sepala 4-5 mm. longa 
oblonga vel lanceolata, obtusa vel subacuta; petala lutea, mi- 
nima, sepalis4-plo breviora, lamina inaequaliter bilabiata, ovata, 
concava, quam stipes longiore; ovaria 12-20; carpella oblique 
ovata, 8-10 mm. longa, erecta, capitata, apice obtusa vel trun- 
cata; semina ovata vel subglobosa, fusca, transverse striato- 
granulosa. 

Hab. — La Chine occidentale; Kansu, dans la région de 
Tangut (Przewalski). Plus commun dans la région altaïque, la 
Dahurie, le Baical, d'où il pénètre jusqu'à Yakoutzk, dans la 
Mandshurie occidentale et dans la région de l'Amour. 

Espèce distincte de toutes les autres par ses feuilles dont toutes les 
divisions sont étroites, par sa végétation annuelle, ses carpelles nom- 
breux et ses graines fortement ridées en travers, granuleuses. \JI. fu- 
marioides appartient exclusivement à la flore de l'Asie orientale; mais 
c'est une plante qui se naturalise facilement pour quelques années. 
C'est ainsi qu'elle a été signalée en Belgique; je l'ai moi-même observer 
aux environs de Paris, sur des décombres, au Parc des Princes. 

18. I. Raddeanum Maxim., Mél. biol., XI, 639. Enemioii 
Raddeaimm Regel, PI. Radd., n. 94, tab. II, fig. 3, 4, y. etg.; 
Franch. et Sav., Enunt. pi. Jap., II, p. 271, var. japom'citm. 

Planta inferne quam parce pilosula; rhizoma abbreviatum, 
caules plures (saepius 2), levés, 30-40 cent, alti, basi parce 



224 JOURNAL DE BOTANIQUE 

squamati; folia basilaria nulla, vel pauca sub anthcsi persis- 
tentia, longe petiolata bitrisecta, segmenta primaria longe, 
secundaria brevissime petiolulata, e basi longe cuneata obovato- 
rhombea, superne triloba vel inaequaliter incisa, 3-4 cent, longa ; 
folia caulina basilaribus conformia sed paulo minus composita 
et minora, petiolo basi auriculato ; folia suprema sessilia; 
pedunculi pollicares, saepius gemini vel terni, midi, rarius 
adjectis uno alterove infra productis et tune bracteolatis; flores 
albi ; sepala 4-6 mm. longa, anguste obovata, obtusa; petala 
nulla; carpella 3-6, oblique ovata, apice fere rotundata vel 
truncata; stylus leviter incurvus, 2 mm. longus; semina duo, 
tenuiter tranverse striata, granulata. 

Hab. — Le Japon; Nippon, sur le mont Tsitsibu (Tachiro 
Yassada, ex Savatier in Herb. Drake); Hayachine san (Faurie, 
n. 131 34). — Mandshurie orientale, dans la partie supérieure 
de la vallée du fleuve Li-Fudin, et dans le centre du massif 
montagneux de Bureja (Radde) ; bois ombragés avoisinant le 
fleuve Da-dso-shu (Maximowicz). 

C'est le seul représentant, dans l'Ancien Monde, du groupe Etie- 
mion. 

On a pu juger, par ce qui précède, de l'importance des caractères 
fournis par la graine. Maximowicz est le premier qui s'en soit servi, et 
cela de la manière la plus heureuse, puisque certaines espèces ne peu- 
vent se distinguer sûrement par d'autres caractères. Ceux que fournit 
la feuille ne peuvent guère être utilisés qu'à la condition d'avoir sous 
les yeux toute une série d'espèces, parce qu'ils résident surtout dans 
des nuances qui échappent à la description et ne peuvent guère être 
précisées. 

Le rhizome demande à être étudié avec soin ; à l'exception de trois 
ou quatre, tous les Isopyrum en possèdent un présentant souvent, à 
son point d'union avec la tige aérienne, des écailles membraneuses, 
qui ne sont autre chose que des gaines ou des dilatations basilaires de 
pétioles, représentant à elles seules la feuille. La dimension, l'absence 
ou la présence de ces gaines sont d'une grande importance pour la 
constitution de l'espèce; le nombre des carpelles ou follicules fournit 
aussi de bons caractères distinctifs. Dans tout un groupe d'espèces ces 
carpelles ou follicules sont réduits à deux opposés, connés par leur 
base et divergeant ainsi horizontalement. Chez d'autres espèces ils 
sont plus nombreux et alors complètement indépendants à la base ; 



A. Franchet. — Isopyrum et Coptis. 225 

leur forme se prête assez mal à des distinctions nettes. En Europe 
ceux de 1' I. thalitroides sont particulièrement courts, rhomboïdaux; 
une seule espèce d'Asie, /. Raddeanicm, en possède d'une forme ana- 
logue. 



^fc> 



Coptis. 

A. Chrysa (Scapus unitlorus; sepala petalis nectariformibus 
valde dissimilia). 

Foliola ternata, cuneato-obovata, superne subinciso-dentata. 

C. trifolia. 
Foliola digitato-quinata, obovata, obscure trilobo dentato. 

C. qi(i?jq lie folia. 

B. Chrysocoptis (Sepala et petala haud dissimilia, plana). 

a. Folia ambitu late deltoidea, vel latiora quam longa. 

Foliola primi orclinis varie incisa vel nunc basi pinnata, pinnis secundi 
ordinis basi lata vel latiuscula sessilibus, petiolulo indistincto. 

C. an emo ni folia. 
Foliola ut supra, sed foliola secundi ordinis subdistincte petiolu- 

lata C. orientalis. 

Foliola primi ordinis distincte pinnatim bipinnatis vel etiam inferne 
tripinnatis, segmentis tertii etquarti ordinis parvis, 6-iomm. longis. 

C. brachy petala . 

p. Folia ambitu deltoideo-lanceolata, segmento terminali longe 
caudato. 

Segmentum impar paribus multo longius. ... C. Teeta. 

C. Pterophyllum (Sepala et petala dissimilia, petalis anguste 
linearibus, medio paulo inflato nectariferis, in appendicem 
subulatam desinentibus). 

Foliorum segmenta primi ordinis breviter et crasse petiolulata folia 
ambitu deltoidea longe acuminata C. chinensis. 

Foliorum segmenta primi ordinis longiter et tenuiter petiolulata folia 
ambitu deltoidea, ternatisecta, segmentis profunde incisis. 

C. laciniata. 

1. G. trifolia Salisb. in Linn. Soc. Traiisact., VIII (1807), 
p. 305 ; Miq., Prolusio, p. 195 ; Franch. et Sav., Enum.pl.Jap., 
I, p. 10; K. Miyabe, Flor. Kurïles Islands, p. 216; Huth, 
Revis. Rail. Gatt. in Engler, Bot. Jahrb., XVI, p. 302. Helle- 
borus trifolius L. , Amsen.,\o\. H, 355, tab. IV, fig. 18, et Sp. pi., 



226 JOURNAL DE BOTANIQUE 

p. 558 (Ed. I). CJuysa borealis Rafin in New-York, Med. Repos., 

II, V, 350. — So Mokou Zouss., X, fol. 40 ; Phonzo Zoufou, fasc. 

III, pi. 6, verso (vel in altéra editione : vol. VII). 

Rhizoma gracile squamis parvis vestitum; folia omnia 
basilaria, longe petiolata, trifoliolata, foliolis sessilibus subae- 
qualibus, ovato-cuneatis vel rhomboideis praeter basin cuneatam 
integram dentato-crenatis vel obscure trilobis, firmis; scapus 
gracilis, uniflorus, supra médium bracteolatus, bracteola lineari 
vel trifida, minuta; sepala 5-7 mm. longa, alba, oblonga vel 
obovata, obtusa, fusco-lineolata; petala lutea, longe stipitata, 
nectariformia ; lamina stipite triplo brevior orbiculata, bilabiata, 
labio inferiore brevissimo ; stamina indefinita, antheris albidis 
parvis ; carpella 3-6 stylo longe rostrata, ad maturitatem ovata 
subacuta, stipitem aequantia vel illa longiora; semina oblonga, 
obtusa, laxe striata, fulva. 

Hab. — Le Japon; ile de Nippon, province de Senano 
(Tschonoski) et sur TOntake (Rein); province d'Aomori, som- 
met de l'Hakkoda (Faurie, n. 871 et 917) ; hautes montagnes 
de Nambu (id., n. 2235); sommet du Chokkaisan (id. n. 2683); 
plateau de l'Asariyama, entre 1500 et 2000 m., au milieu des 
Bambous (id., n. 2965); au pied de l'Iwozan (id., n. 3706); ile de 
Kunashiri, dans les Kurilles (id., n. 5226). 

Mandshurie, région de l'Amur (Maximowicz). 

La fleur ressemble à celle àeVIsopyrum thalictroides et les pétales 
sont de même forme que dans cette espèce, c'est-à-dire très différents 
de ce qu'on les voit dans les autres Coptis, si l'on excepte le suivant. 
Les graines sont oblongues, obtuses ou arrondies aux deux extrémités, 
très semblables dans toutes les espèces du genre. 

(A suivre.) 



Le Gérant ; Louis Morot. 



— J.I rscfc,imp.,4' ,ta ,Av,deChàtilIon. 



ii 8 ANNEE. N° 14. 16 JUILLET 1897. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



ISOPYRUM ET COPTIS; 
LEUR DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE 

(Fin.) 
Par A. FRANCHET. 

2. G. quinquefolia Miq., Prol. fl. Jap., p. 195 (1865); 
Maxim., Mél. Mol., VI, p. 258 (1867); Franch. et Savat., Enum. 
pi. Jap., I, p. 10; Huth, loc. cit., p. 303. — Sa Mokoti Zottsselz, 
X, fol. 39; Phouzo Zoufou, III (vel VII), fol. 7, recto. 

Foliola petiolulata digitato-quinata; capsulae stylo breviter 
mucronatae, stipitem subaequantes. Pro caeteris C. trifolia? simil- 
lima. 

Hab. — Le Japon, sur les rochers ombragés du Fudsi-yama 
(Buerger); province de Senano (Tschonoski et Rein in Savatier, 
n. 3601) ; province d'Owari (Keiske ex Miquel). 

Un peu plus robuste que le C. tri fol ia, avec des folioles nettement 
et également pétiolulées; la fleur, dans les deux espèces, est absolu- 
ment semblable, sinon que dans la capsule du C. trifolia le style est 
beaucoup plus allongé, égalant la capsule elle-même. Le C. quinque- 
folia a été décrit, indépendamment, sous le même nom par Miquel et 
par Maximowicz; il n'est pas douteux que Miquel n'ait l'antériorité de 
quelques mois. 

3. G. anemonifolia Sieb. et Zucc, Faut. nat. in Abh. 
Bayer. Akad., Bd. IV, 2 Abth., p. 188 ; Franch. et Sav., Enwn. 
pi. Jap., I, p. 10; Huth, loc. cit., p. 303. — Sa Mokou Zotissetz, 
X, fol. 38; Phouzo Zoufou, fasc. III (vel VII), fol. 2, recto, et 
fol. 3, verso et recto. 

Cespitans ; rhizoma nodosum fibrillosum ; folia longe petiolata 
ternata, partitionibus ambitu deltoideis vel suborbiculati's vel 
obovatis, pedicellatis, terminali longius, nunc fere integris, 
nunc varie incisis vel lobatis, segmentis et lobis semper argute 
dentatis, ovatis, obtusis; scapi 1-3, sub anthesi foliis breviores, 
biflori vel triflori, pedicelli bracteati, per anthesin florem sub- 
aequantes vel nunc illo breviores, demum valde elongati; sepala 



228 JOURNAL DE BOTANIQUE 

et petala crassiuscula vix dissimilia, alba, linearia vel anguste 
lineari-lanceolata, acutiuscula, sepalis tamen paulo longioribus 
(6-7 mm.) et paulo brevius stipitatis, petalis oblongis fascia 
nectarifera lutea secus laminam longitudinaliter extensa eximie 
notatis, 4-5 mm. longis ; stamina numerosa petalis vix longiora ; 
scapi fructiferi foliis duplo longiores, 25-30 cent, alti, pedi- 
cellis 5-8 cent, longis; carpella matura oblongo-falcata, 13-15 
mm. longa, stylo brevissime mucronata, stipite paulo longiora. 
Hab. — Le Japon; montagnes de Yamagata (P. Faurie, 
n. 4405); au pied de riboukiyama (id., n. 7807); province 
d'Etchigo, sur les collines de Nitzu. Fréquemment cultivé dans 
les jardins, comme bordures (Faurie); c'est ainsi qu'on le trouve 
à Yédo, à Shonai, etc. 

Plante extrêmement variable dans la forme de ses feuilles qui, nor- 
malement, sontternées, mais qui peuvent aussi êtrebiternatiséquéesou 
bipinnées, les partitions primaires latérales étant souvent bifides ou tri- 
fides à des degrés différents, au point d'être parfois bipartites, mais dans 
ce cas les divisions adhèrent ordinairement au rachis par une large base; 
les exemples d'une base étroite ne sont pourtant pas très rares, ce qui 
rend difficile la distinction du C. orientalis Maxim. 

Je n'ai jamais vu que la lame des pétales fût en capuchon, même 
brièvement, comme le dit M. Huth, « lamina breviter cucullata », et 
comme l'avaient écrit moins clairement Siebold et Zuccarini. Je trouve 
que les pétales du C. anemonifolia sont stipités avec une lame ovale 
ou oblongue, plus courte que leur stipe, plane, à peine aiguë et portant 
au milieu de sa face supérieure une bande jaunâtre nectarifère ; cette 
bande n'existe pas sur les sépales, un peu plus longs, plus étroits, à 
stipe moins distinct, mais très semblables d'ailleurs aux pétales. Ces 
sépales sont normalement au nombre de 5, mais quelquefois au nombre 
de 6-8 par multiplication; les pétales m'ont paru être constamment en 
nombre correspondant à celui des sépales. 

La place du C. anemonifolia n'est donc point à côté du C. occi- 
dental is, comme l'a pensé M. Huth; la forme des pétales éloigne 
absolument ces deux plantes. 

4. G. orientalis Maxim., Mél. biol.,Y\, p. 259; Franch. et 
Savat., Eiiujii. pl.Jap., I, 10; Huth, loc. cit., p. 305. — Phonzo 
Zonfou, fasc. III (vel VII), fol. 2, verso. 

Partitiones primarise, saltem inferiores, ad basin usque par- 
titae, segmentis nunc basi angustata rachin insidentibus, nunc 
segmento altero basi latiuscula adnato, altero distincte petio- 



A. Franchet. — Isopyrum et Coptis. 22g 

lulato, nunc rarius utroque segmento petiolulato. Pro caeteris 
C. anemonifolise simillima. 

Hab. — Japon; île de Nippon, province d'Aomori, dans les 
bois de Nanai (Faune, n. 3632); île de Sado (id., n. 2461), 
cultivé à Yédo (Savatier, Rein). In alpibus insulae Nippon 
meridionalis rara, unde in urbibus Yedo et Osaka culta (Alaxi- 
mowicz). 

Le C. orientalis Maxim, ne diffère en réalité du C. anemonifolia 

que par ses feuilles plus divisées, quelquefois biternatiséquées; mais 
toutes les transitions qu'on peut supposer existent entre ces diverses 
formes ; les spécimens extrêmement nombreux de ces deux plantes qui 
existent dans l'herbier du Muséum et dans celui de AI. Drake en font 
foi. Maximowicz avait bien vu les affinités de sa plante qu'il déclare 
très voisine du C. anemonifolia ; mais il n'avait point connu les fleurs 
de ce dernier et la description qu'en donnaient Siebold et Zuccarini 
l'a égaré. 

Le C. orientalis ne semble guère pouvoir être considéré autre- 
ment que comme une légère forme du C. anemonifolia; mais, avant 
de faire cette réunion, il faudrait voir l'exemplaire type de Maximo- 
wicz. Aussi n'est-ce que provisoirement que cette espèce est ici consi- 
dérée comme distincte. 

5. G. brachypetala Sieb. et Zucc, in Abh. K. Bayer. Akad. 
IV Bd., 2. Abth., p. 180; Miq., Pro/., p. 196; Franch. et Sav., 
Enum. pl.fap., I, 1 1 . — So Mokoti Zotissets, X, fol. 38 ; PJwnzo 
Zoufou, fasc. 3 (vel 7), fol. 2, recto. 

Praecedentibus humilior ; folia triternatisecta, partitionibus 
primariis longe petiolulatis pinnatim iterum ternatisecta, seg- 
mentis bifidis vel trifidis, circiter 1 cent, longis, lobis acute et 
inasqualiter incisis ; scapus sub anthesi foliis multo brevior 
demum illa longe excedens ; flores et fructus ut in C. anemoni- 
folia. 

Hab. — Le Japon ; Nippon, forêts sur les bords du Kitaga- 
migawa (Faurie, n. 6108) ; in provincia Owari (Keiske). Cul- 
tivé à Yédo. 

Les feuilles sont semblables à celles du C. aspleniifolia, ce qui 
permet de distinguer facilement le C. brachypetala du C. anemoni- 
folia et surtout du C. orientalis dont il a les fleurs. Les variétés major 
ç& pygmeea Miq. sont reliées par de nombreuses transitions et ne peu- 
vent être conservées. 



230 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Je dois négliger quelques formes connues seulement par leurs 
feuilles et par leurs fruits. Les feuilles rappellent beaucoup celles du 
C. asple7iiifolia et se distinguent de celles du C. brachypetala surtout 
par leurs lobes qui sont plutôt dentés qu'incisés ; mais en l'absence de 
fleurs il serait imprudent de se prononcer sur une attribution spéci- 
fique. Les spécimens qui font l'objet de cette observation proviennent 
d'Yéso (Savatier) et de Nippon, montagnes de Nambou (Faurie, 
n. 2238). 

L'une de ces formes paraît avoir été figurée (les feuilles seulement) 
dans le Phonzo Zoufou, fasc. III (ou VII), fol. 4, verso. Une autre figure 
de la même plante se trouve au folio 2, recto, d'un recueil d'Icônes, 
dont le titre n'a pas été lu. Les fleurs y sont données ; les sépales sont 
étroits aigus et très ondulés; les pétales et les étamines ne sont pas 
exprimés d'une façon très distincte. Dans son ensemble la plante 
rappelle beaucoup le C. aspleniifolia. 

? 6. G.Teeta Wall, in Trans. Med. and Pliys. Soc. Cale. 
(1837), p. 347 ; Griff., Icon. pi. Asiat., IV, tab. 660; Hook. fil., 
Flor. of Brit. Ind., I, p. 23 ; Forbes et Hemsl., I11d.fl. Sin., I, 
p. 17 ; Huth., loc. cit., p. 304, fig. 18 a, b et c. 

Folia longissime petiolata, limbo trisecto ; partitiones bre- 
viter petiolatae, lateralibus ambitu ovato-rhomboideis, bifidis et 
pinnato-incisis, lobis apice argute dentatis, partitione terminali 
duplo longiore, longe acuminata ïnciso-pinnatifida, lobis oblique 
quadratis, patentibus, superioribus sensim abbreviatis acutis 
setaceo-dentatis ; flores (ex icône Griflithiana) albidi, sepalis et 
petalis planis fere conformibus ; sepala quam petala multo lon- 
giora et paulo magis acutata ; petala subdistincte stipitata, la- 
mina stipitem superante plana, vix acuta. 

Hab. — La Chine ; province de Kwantung, East River, 
Canton (Ford), in herb. Kew. 

L'existence en Chine du C. Teeta Wall, doit être considérée 
comme douteuse. Les auteurs de Y Index florœ sinensis disent bien que 
la plante du Kwantung ressemble à celle de Griffith, mais ils ajoutent 
que cette dernière, dans l'herbier de Kew, est sans fleurs ni fruits; que 
d'autre part Griffith représente sa plante avec des carpelles sessiles, 
alors que celle de M. Ford a les siens pédicellés. 

Il est également possible que le C. Teeta de V Index florœ sinensis 
soit le C. chinensis décrit plus loin et tout à fait différent du C. Teeta 
par sa fleur, alors que les feuilles sont absolument semblables dans 
les deux espèces. 



A. Franchet. — Isopyrura et Coptis. 231 

7. G. chinensis, sp. nov. 

Rhizoma ad collum crassum perpendiculare saepius cespi- 
tans, dense fibrillosum ; folia longe petiolata, limbo ambitu 
triangulari trisecto vel bitrisecto ; partitiones petiolulatae, late- 
ralibus •breviter ambitu oblique ovatis, inaequaliter bifidis, ter- 
minali duplo longiore (10-12 mm.) e basi cuneata ovata, incisa, 
plus minus acuminata, lobis omnibus inaequaliter dentato-serra- 
tis, dentibus mucronatis ; scapus sub anthesi folia vix aequans 
vel illis brevior, 3-4 florus cum bracteis subulatis ; pedicelli 
floribus paulo longiores ; sepala lutescentia (per siccationem 
fuscescentia) lineari subulata, 7-10 mm. longa, patentia, parum 
undulata ; petala sepalis duplo breviora et angustiora, apice 
filiformia, inferne sensim angustata, medio parum distincte 
nectarifera ; stamina plurima, petalis vix longiora, antheris late 
ovatis, albis ; ovaria stipitata, stylo leviter incurvo ; scapus 
fructiferus folia superans , rigidus, pedicellis valde elon- 
gatis, 7-8 cent, longis ; carpella matura stipitem aequantia sub- 
8-sperma, apice incurva, stylo brevi mucronata ; semina oblonga, 
fulva, parum distincte striata. 

Hab. — La Chine, province de Su-tchuen, à Héou-pin près de 
Tchen-kéou, ait. 1400 m., où il est cultivé comme rafraîchissant 
sous le nom de Houang lien (Farges, n. 963) ; N. Wushan 
(D r Henry, n. 6984 A, ex distrib. Kew., sub : C. Teeta Wall.; 
folia tantum). 

Par la forme de ses sépales et celle des pétales, le C. chinensis est 
presque intermédiaire entre les Chrysocoptis et les PterophylUcm; il 
a les pétales planes des Chrysocoptis, mais ils sont étroits, linéaires- 
subulés, de même que les sépales, ainsi qu'on le voit chez les Ptero- 
phyllum; mais les pétales ne sont point renflés au milieu, comme chez 
ces derniers. 

La forme des pétales et des sépales différencie donc bien nette- 
ment le C. chinensis du C. Teeta. Il est à remarquer que les fleurs de 
celui-ci ne sont guère connues; Hooker et Thompson ne semblent pas 
eux-mêmes les avoir vues, puisque dans le Flora of Brit. India, ils les 
décrivent d'après ce qu'en dit Wallich; la figure qu'en a donné 
Griffith s'accorde du reste assez bien avec le texte de Wallich. Plus 
récemment, M. Huth a donné la figure d'un pétale et d'un ovaire; mais 
il ne dit point où il a vu la fleur. Il est très probable que la plante de 
N. Wushan, distribuée par le Musée de Kew, appartient au C. chi- 
nensis, mais l'herbier du Muséum de Paris n'en possède que les feuilles. 



232 JOURNAL DE BOTANIQUE 

8. G. laciniata Asa Gray, Bot. Gaz., XII, p. 297. C. asple- 
m'folia A. Gray, Proceed. Amer. Acad., VII, p. 375 (specim. 
descript. ex coll. Hall) ; Watson, Bot. Calif., II, 427. C. occiden- 
talis $. Howellii Huth., /oc. cit., 303. 

Rhizoma gracillimum, stoloniferum !, stolonibus epigaeis, 
tenuibus, squamis Iaxis appressis fulvis vestitis ; folia longiter 
petiolata, limbo ambitu triangulari, bitrisecto ; partitiones cir- 
citer 1 cent, longae, late deltoideo-ovatae trifidae, petiolulatae, 
impari paulo longiore (8 mm.); segmenta ovata, acute dentata, 
inferiora in quaque partitione biloba, superius trilobatum ; 
scapus foliis brevior, nudus, pauciflorus (biflorusj ; pedicelli 
bracteasubulatafulti, flores subaequantes; sepala 7- 10 mm. longa 
patentia vel inflexa, anguste lineari-subulata ; petala sepalis 
duplo breviora, distincte stipitata, supra stipitem globoso- 
inflata, in acumen subulatum tenuissimum desinentia ; stamina 
pauca petalis aequilonga. (Descriptio ex specimine florifero 
Sahlbergiano.) 

Hab. — L'Asie orientale septentrionale, à Ochotsk (Sahl- 
berg in herb. Drake). 

Cette espèce n'a pas encore été indiquée en Asie ; jusqu'ici on ne 
la connaissait que de la côte américaine avoisinant le Pacifique et l'her- 
bier du Muséum la possède en fleurs et en fruits de l'Orégon, récoltée 
par Howell et par E. Hall, n° 12. La plante d'Ochotsk est tout à fait 
semblable aux spécimens américains. 

C'est une espèce formée par Asa Gray pour les formes à feuilles 
plus découpées du C. occidentalis Nutt. ; M. Huth n'y avait vu, proba- 
blement avec raison, qu'une variété [Hozuellii) du C. occidentalis. 

Il est à remarquer que si l'on connaît bien les fleurs du C. laci- 
niata, ce qui permet de le placer avec certitude dans le groupe des Pie- 
rophylluvi, il n'en est pas de même de celles du C. occidentalis qui ne 
semblent point avoir été revues depuis Nuttall, leur premier descrip- 
teur; c'est du moins ce que je crois pouvoir conclure du texte 
de la plus récente Flore de l'Amérique du Nord que l'on possède, 
Synopl. Flora of north Americ, vol. I, part. I (1896), p. 40 (Aucto- 
ribus A. Gray, Sereno Wattson et Robinson), dans laquelle, à propos 
du C. occidentalis Torr. et Gray {Chrysocoptis occidentalis Nutt.), 
il est dit : a Petals shorterthan sepals, and apparently subulate from a 
subsessile ovate et concave base (but not sufficiently know). » 

M. Huth décrit aussi les fleurs du C. occidentalis, mais d'une façon 
un peu vague et sans indiquer où il les a vues, ce qui eût pourtant été 



Ph. Van Tieghem. — Ovule et graine chez les Hydnoracées. 233 

intéressant, en raison de leur extrême rareté dans les herbiers, où 
pourtant les spécimens fructifères sont assez répandus ; il dit seulement, 
loc. cit., p. 303 : « Sepalis petalisque linearibus subsimilibus, petalis 
planis s ; et comme d'autre part il range le C. occidentalis parmi les 
espèces dont les pétales ne sont pas appendiculés, à côté du C. ane- 
mo?iifolia Sieb. et Zucc, il est difficile de faire concorder son texte 
avec celui des auteurs américains et surtout avec ce que l'on sait du 
C. laciniata considéré par lui-même comme une forme du C. occiden- 
talis. 

Le C. laciniata est voisin par la forme de ses fleurs du C. asplenîi- 
folia Salisb. , de Sitcha et de l'Alaska, dont Hooker a donné une bonne 
figure dans Flor. bor. Amer., I, tab. 11, d'après laquelle les sépales de 
cette espèce sont lancéolés linéaires, réfléchis, d'un tiers plus courts 
que les pétales, ceux-ci longuement stipités, puis renflés au milieu, 
puis terminés en longue pointe subulée. Les pétales du C. laciniata 
ont la même forme, mais ils sont constamment environ moitié plus 
courts que les pétales. 

Les fleurs du C. aspleniifolia sont extrêmement rares dans les 
herbiers; je ne puis en parler ici que d'après la figure donnée par 
Hooker, que les auteurs américains s'accordent à trouver très exacte. 

Quant aux feuilles, celles du C. laciniata sont toujours moins com- 
posées que celles du C. aspleiîiifolia constamment biternées ou tri- 
ternées. 

Le C. occidentalis a été indiqué au Japon par Miquel qui n'en a 
point vu les fleurs; M. Huth, et nous-même, dans Y Enumeratio plan- 
tarum Japonicarum, avons reproduit la mention qu'en avait fait 
Miquel, en citant la figure du PhonzoZoufou et celle des livres Kwawi, 
Heib., fasc. III, fol. I; je suis aujourd'hui convaincu que les figures 
japonaises citées s'appliquent à quelques formes du C. anemonifolia, 
dout les partitions ne sont ni lobées ni incisées, mais seulement 
dentées. 

STRUCTURE DE L'OVULE ET DE LA GRAINE 
CHEZ LES HYDNORACÉES 

Par M. Ph. VAN TIEGHEM. 

Au cours de mes recherches sur les Phanérogames insémi- 
nées de la subdivision des Inovulées (1), j'ai dû me préoccuper 
de la singulière conformation assignée aux ovules du Proso- 

1. Ph. Van Tieghem, Sur les Inséminées sans ovules formant la subdivi- 
sion des Inovulées ou Lorantkinées (Comptes rendus, 29 mars 1897). 



234 JOURNAL DE BOTANIQUE 

panche Burmeisteri par A. de Bary, qui nous a fait connaître 
en 1868 cette remarquable Hydnoracée américaine. Tandis que 
les ovules des Hydnora sont, comme on sait, orthotropes, à nu- 
celle pourvu d'un tégument, ceux du P7 r osopanche seraient, d'a- 
près A. de Bary ( 1 ) , réduits chacun à un sac embryonnaire direc- 
tement plongé dans le parenchyme du placente qui les produit. 
S'il en était réellement ainsi, les Hydnora étant des Séminées de 
la subdivision des Unitegminées, les Prosopanche seraient des 
Inséminées de la subdivision des Inovulées, et ces deux genres 
étant incontestablement, par l'ensemble de leurs caractères, 
deux membres voisins d'une seule et même famille, il y aurait là 
de quoi discréditer grandement la valeur de l'ovule comme base 
de classification. 

Grâce à l'obligeance de M. le comte de Solms, le digne suc- 
cesseur de A. de Bary dans la chaire de botanique de l'Univer- 
sité de Strasbourg, j'ai pu étudier à mon tour les ovules du 
Prosopanche sur une portion d'ovaire conservée dans l'alcool, 
provenant de l'échantillon même qui a servi aux observations 
de A. de Bary, et j'ai pu me convaincre que leur structure est, 
en réalité, à une différence secondaire près, toute pareille à celle 
des Hydnora. 

Le pistil du Prosopanche se compose, comme on sait, de 
trois carpelles ouverts et concrescents bord à bord en un ovaire 
uniloculaire. Sur la face externe, les carpelles sont concrescents 
avec le calice et l'androcée, ce qui rend l'ovaire infère. Sur la 
face interne, chaque carpelle porte un assez grand nombre de 
lames verticales, qui se touchent latéralement et s'avancent vers 
le centre jusqu'à venir rencontrer bord à bord celles des deux 
carpelles voisins, en remplissant complètement la cavité ova- 
rienne. Ces lames sont autant de placentes pariétaux. Elles ren- 
ferment, répartis uniformément dans toute leur étendue, mais 
situés sur un seul plan à une faible distance de la surface, un 
très grand nombre de nodules ovoïdes bruns, à chacun desquels 
correspond au dehors une petite proéminence conique. Une 
coupe transversale ou longitudinale tangentielle d'une de ces 
lames placentaires rencontre ces nodules le plus souvent paral- 
lèlement à leur axe et à divers niveaux, quelquefois suivant 

1. A. de Bary, Prosopanche Burmeisteri (Abhandl. der nat. Gesellschaft zu 
Halle, X, p. 243, 1868). 



Ph. Van Tieghem. — Ovule et graine chez les Hydnoracées. 235 

leur axe même. Parmi toutes ces sections de nodules, il n'y a 
lieu de considérer que ces dernières, c'est-à-dire celles qui pas- 
sent exactement par l'axe de la protubérance conique externe. 

La figure ci-jointe représente une portion de coupe transver- 
sale d'une lame placentaire, comprenant une semblable section 
axile d'un de ces nodules. 

On y voit, au centre, une grande cellule, c, largement 
ovoïde, qui est une cellule mère d'endosperme, ou, comme on 
dit, un sac embryonnaire. 
En haut, c'est-à-dire à son 
extrémité tournée vers la 
surface de la lame, elle 
contient une large oo- 
sphère, avec son gros 
noyau inférieur, situé en 
avant, et deux synergides 
accolées, plus étroites, si- 
tuées en arrière, avec leurs 
noyaux placés plus haut 
et invisibles sur la figure. 
En bas, c'est-à-dire à son 
extrémité tournée vers la 
profondeur de la lame, elle 
renferme trois antipodes, 
larges et surbaissées, dont 
l'antérieure seule montre 
son noyau. Entre les deux 
triades, se trouve com- 
prise la septième cellule, 
plus grande que les autres, avec son gros noyau relié à la 
couche pariétale du protoplasme par un réseau de filaments. 
L'endosperme offre donc ici, avec une grande netteté, la struc- 
ture normale qui lui appartient chez toutes les Stigmatées. 

Il est entouré par une couche continue, 11, de petites cellules 
isodiamétriques contenant chacune un gros noyau sombre et 
un protoplasme granuleux sans amidon. En haut et sur les flancs, 
cette couche se réduit à une seule assise. Plus bas, elle en prend 
d'abord deux, puis trois et jusqu'à quatre au-dessous de l'endo- 
sperme. C'est le nucelle, dont l'épiderme seul recouvre le sommet 




g. 1. — Portion d'une section transversale d'une 
hime placentaire de l'ovaire du Prosopancke Sur- 
meistcri , comprenant la coupe axile d'un ovule. — 
c, cellule mère de l'endosperme, ou sac embryon- 
naire ; n, nucelle, formé de cellules à gros noyaux ; 
l, tégument; m, micropyle; />, parenchyme de la 
lame placentaire recouvrant l'ovule sur ses flancs 
et jusque près de son sommet; e, épiderme du pla- 
cente, laissant une ouverture par où fait saillie le 
tégument t, avec son micropyle m. 



236 JOURNAL DE BOTANIQUE 

de la cellule mère d'endosperme. La grosseur des noyaux et 
l'abondance du protoplasme qu'il renferme témoignent que ce 
nucelle, non seulement est persistant, mais encore est appelé à 
une activité ultérieure. 

En dehors du nucelle et appliquée contre lui, se trouve une 
couche formée latéralement de deux et par endroits de trois 
assises de cellules aplaties tangentiellement, à noyaux plus 
petits, à protoplasme hyalin contenant quelques grains d'ami- 
don; au sommet, elle est plus épaisse, compte trois rangs de 
cellules isodiamétriques, plus hautes et superposées t, et c'est 
elle qui forme ainsi la proéminence conique signalée plus haut. 
Suivant son axe, les cellules ne se touchent pas et laissent entre 
elles un très étroit canal, m. Cette couche, qui se confond à la 
base avec le tissu profond qui porte le nucelle, est un tégument, 
percé au sommet d'un micropyle. 

L'ensemble ainsi constitué est un ovule orthotrope unitegmi- 
né, tout semblable à l'ovule des Hydnora. 

Jusque très près de son sommet micropylaire, les flancs de 
cet ovule sont revêtus par un tissu tout différent, continu d'un 
ovule à l'autre, formé de grandes cellules isodiamétriques à 
angles arrondis et séparés par des méats, à noyau petit et à 
protoplasme hyalin contenant à sa périphérie de gros grains 
d'amidon, identique, en un mot, à celui qui forme la substance^» 
de la lame placentaire au-dessous de la base des ovules. L'assise 
périphérique de ce tissu, qui est l'épiderme du placente e, 
formée de cellules un peu plus petites, s'arrête tout autour des 
téguments ovulaires, de façon que les sommets des ovules et 
leurs micropyles demeurent à nu dans la fente qui sépare les 
lames placentaires voisines et peuvent recevoir par là le contact 
des tubes polliniques. 

Les ovules sont donc ici immergés, mais non pas complète- 
ment, dans la substance de la lame placentaire, et c'est la seule 
différence, après tout très secondaire, entre le Prosopanche et 
les Hydnora. 

Il est probable qu'au début les lames placentaires du Proso- 
panche, moins épaisses et plus écartées l'une de l'autre, por- 
taient librement leurs ovules orthotropes à leur surface même, 
comme chez les Hydnora, et que c'est plus tard seulement que, 
par un épaississement consécutif de l'écorce interposée, les 



Ph. Van Tieghem. — Ovule et graine chez les Hydnoracées. 237 

ovules se sont trouvés nichés dans des alvéoles de plus en plus 
profondes, en même temps que les lames se rapprochaient l'une 
de l'autre jusqu'au contact. C'est ce qu'il y a lieu de vérifier par 
l'étude du développement. 

En attendant, l'opinion de A. de Bary, d'après laquelle la 
cellule mère de l'endosperme du Prosopanche serait purement 
et simplement une cellule du parenchyme placentaire agrandie 
et différenciée (/oc. cit., p. 251), doit être abandonnée. 

A. de Bary n'avait pas pu étudier le fruit du Prosopanche. 
Cette lacune a été comblée un peu plus tard, en 1874, par M. de 
Solms (1), qui a bien voulu me communiquer un fragment du 
fruit même sur lequel ont porté ses observations. J'ai donc pu 
rechercher ce que deviennent dans la graine les diverses parties 
de l'ovule de cette plante, tel qu'on vient de le faire connaître. 

Après la disparition des synergides et des antipodes, l'œuf 
a produit, attaché par un court suspenseur, formé de trois ou 
quatre larges cellules plates, un embryon composé de quatre 
files contiguës, comprenant chacune trois à cinq cellules super- 
posées. 

La grande cellule de l'endosperme a produit un albumen 
corné, formé de grandes cellules à membranes très épaisses et 
homogènes comme du cristal, à corps protoplasmiques volumi- 
neux et sombres. 

Sans changer le nombre et la disposition de ses cellules, le 
nucelle en a tellement épaissi les membranes que les contenus 
primitifs se réduisent à autant de très petites masses étoilées ; 
contrairement à ce qui a lieu pour l'albumen, ces membranes en 
s'épaississant se sont creusées de larges canalicules. L'ensemble 
forme un périsperme corné, mince en haut, épais en bas. 

Le tégument a épaissi et lignifié, sur la face interne et sur 
les faces latérales, les membranes de son assise la plus interne ; 
l'assise externe est restée molle, ainsi que toutes les cellules du 
parenchyme placentaire qui l'enveloppent. Cette lignification 
des cellules de l'assise interne n'a pas lieu sous le nucelle, à la 
chalaze. 

Le tégument de la graine est donc différencié en deux 
couches ; l'interne dure, interrompue à la chalaze, l'externe 

1. H. de Solms, Ueber den Bau der Samen in den Rafjlesiaceen uud Hyd- 
noraceen (Bot. Zeit., 1874, p. 372). 



238 JOURNAL DE BOTANIQUE 

molle; celle-ci se continue avec le tissu du placente, où les 
graines sont et demeurent immergées, comme l'étaient avant 
elles les ovules. 

Le Prosopanche a donc encore ceci de remarquable, que, 
pendant le développement de l'ovule en graine, il n'y a résorp- 
tion, digestion d'aucune des parties constitutives de l'ovule, 
qui se retrouvent toutes, à l'exception bien entendu des syner- 
gides et des antipodes, à leur place primitive, dans la graine 
mûre. 

La graine des Hydnora ayant, comme celle du Prosopanche, 
un albumen et un périsperme, tous les deux cornés, M. de Solms 
s'est fondé, avec raison, sur ce caractère pour retirer ces deux 
genres de la famille des Rafflésiacées et pour constituer avec 
eux une famille autonome, sous le nom de Hydnoracées (i). Il 
me semble que les Rafflésiacées doivent subir encore une autre 
réduction. Telle qu'elle est admise par M. de Solms, cette 
famille comprend, en effet, trois tribus : les Rafflésiées et les 
Cytinées, où l'ovule est orthotrope à un seul tégument, et les 
Apodanthées, où l'ovule est anatrope à deux téguments. La 
présence de deux téguments à l'ovule, jointe à sa forme ana- 
trope et à d'autres caractères, conduit à séparer plus profon- 
dément les Apodanihes et les Pilostyles des autres Rafflésiacées 
et à constituer pour ces deux genres une famille distincte, sous 
le nom de Apodanthacées . 

Aussi réduite aux deux tribus des Rafflésiées et des Cytinées, 
la famille des Rafflésiacées prendra rang, avec celle des Hydno- 
racées, parmi les Séminées de la subdivision des Unitegminées, 
dans le groupe des Apétales inférovariées ; tandis que la famille 
des Apodanthacées sera classée parmi les Séminées de la sub- 
division des Bitegminées, dans le groupe correspondant des 
Apétales inférovariées. 

i. H. de Solms, Loc. cit., p. 387, 1874, et Natïirl. PJIaiiseufaiii., III, 1, 
p. 282, 1889. 



Ed. Bonket. — Sur quelques hybrides. 239 

REMARQUES SUR QUELQUES HYBRIDES 
ET SUR QUELQUES MONSTRUOSITÉS 

Par M. Ed. BONNET. 

Les remarques suivantes, que je publie sans aucune pensée 
de critique malveillante, sont de simples indications bibliogra- 
phiques extraites d'un exemplaire interfolié et annoté des 
Pflanzeii-Mischlinge de Focke ; elles pourront servir au bota- 
niste qui assumera la tâche, aussi utile qu'ardue, de publier un 
supplément au travail de l'auteur allemand. Depuis 1881, date 
de l'apparition des Pflanzen-Mischlinge, le nombre des hybrides 
végétaux observés à l'état spontané en Europe et dans les ré- 
gions avoisinantes du Bassin Méditerranéen s'est accru dans des 
proportions considérables; il est vraisemblable, cependant, que 
beaucoup de ces prétendus hybrides ne supporteraient pas un 
examen minutieux et ne résisteraient pas au contrôle de l'expé- 
rience ; mais, dans la plupart des cas, pareille révision est impos- 
sible, car la majeure partie des hybrides signalés comme nou- 
veaux ne sont connus que par un ou deux exemplaires, 
soigneusement conservés dans l'herbier du botaniste qui les a 
décrits ; à défaut d'échantillons authentiques, il faut donc s'en 
rapporter aux indications tirées de la description, du nom et du 
rôle des parents, des circonstances de la récolte, etc. ; c'est la 
méthode que j'ai suivie toutes les fois que la plante dont j'avais 
à parler manquait dans les grandes collections publiques de 
Paris. 

J'ai négligé volontairement, malgré le droit que m'en don- 
nait le Code parisien de 1867, d'encombrer la science de quel- 
ques ^//^/parfaitement inutiles et je laisse aux botanistes cités 
dans ces remarques le soin de changer, après avoir contrôlé la 
justesse de mes observations, les noms qui ne peuvent être 
conservés. s 

Au sujet de la nomenclature des hybrides, je me permettrai 
une seule observation. Il était depuis longtemps admis, en 
botanique, que, dans la dénomination binominale des hybrides, 
le nom de la plante pollinisante devait être placé le premier et 
avant celui de la plante qui avait fourni l'ovule ; c'est ce que l'on 
appelait la nomenclature de Schiede, bien qu'en réalité cet 



240 JOURNAL DR BOTANIQUK ' 

auteur n'ait fait que généraliser un usage qui remontait, pour la 
zoologie, aux naturalistes grecs et romains (i); les horticulteurs 
et les viticulteurs ont, au contraire, suivi une méthode inverse 
en plaçant, en premier lieu, le nom de la plante ovulifère et, 
bien que ce mode de dénomination ait été formellement con- 
damné par le Congrès de Paris, il a été cependant adopté par 
plusieurs phytographes et tout récemment recommandé par la 
Société botanique de France (2); l'emploi simultané des deux 
systèmes étant devenu une source de confusion et de difficulté, 
il serait nécessaire qu'à l'avenir, les botanistes fissent suivre, 
dans la description des hybrides, le nom des parents des signes 
<f (mâle) et $ (femelle) couramment usités en zoologie et avan- 
tageusement employés par M. Focke dans ses publications sur 
les plantes hybrides. 

Geum rivali-montanum Gillot in Bull. Soc. bot. Fr., 
XXXIII, 550(1886); G. Billieti GillotiniiW/. Soc. franco -helv., 
III, 17, et Rev. scient, du Bourbonnais (1894). — Aux deux 
indications bibliographiques de Kittel et de Heus citées par 
M. le D r Gillot, il faudrait ajouter la mention du G. rivali — 
montanum Hibsch in Œst. bot. Zeitschr., 1876, p. 41, et indi- 
quer en quoi la plante d'Auvergne diffère du G. tirolense (super- 
rivale — montanum) Kerner in Œst. bot. Zeitschr., 1867, 
P- 105. 

A propos du Geum montano — rivale cité (/. ci) par 
M. Gillot et antérieurement identifié par Timbal [Bull. Soc. bot. 
Fr., XVI, p. XII) avec les G. hybridum Jacq. et G. inclinatum 
Schleich., je ne vois pas que Timbal ait fourni aucune preuve 
décisive que le G. hybridum soit bien réellement le résultat 
d'un croisement entre les G. montanum et G. rivale; l'opinion 
de Trattinick, Seringe, Koch, Caruel et de quelques autres 
phytographes, qui considèrent la plante de Jacquin comme une 

1. Les anciens ne connaissaient d'autre obstacle que les dimensions de la 
taille, à l'union des animaux d'espèces voisines ou de genres différents; ils nom- 
maient leo-pardus notre léopard qu'ils croyaient issu de l'accouplement du lion 
(leo) o* avec la panthère (parda) Q> leo-crocotta le produit du lion ç? avec la 
hyène (crocotta) 9, ôtvôêaTOÇ un poisson issu de la fécondation des œufs de la 
raie, [iaTOÇ, par une autre espèce qu'ils appelaient ptvY), etc. (Voir Berger de 
Xivrey, Traditions tératologiques, de l'antiquité et du moyen âge en Occident, 

2. Bulletin, XLIII, 278. 



Ed. Bonnet. — Sur quelques hybrides. 241 

monstruosité du G. rivale, paraît beaucoup plus exacte ; quoi 
qu'il en soit, hybride ou monstruosité, ce Geum avait été figuré 
dès 1586 par Camerarius {De pi. epitome uiïliss., 726) et, deux 
siècles plus tard, Krocker {FI. sileslaca, II, tab. 20) en a donné 
une nouvelle figure sous le nom & Anémone dodecaphylla. 

Epilobium hybridum Arvet-Touv. , Dmgnosùjp. 28(1871). 
— Ce nom ne peut être conservé, car il existe déjà un E. hybri- 
dum Schur {Ennm. pi. Traus., 209, 1866) qui est, suivant 
M. Haussknecht (Monogr., 64), un E. hirsuto-parviflorum ; 
enfin si, comme le suppose M. Arvet-Touvet, sa plante est iden- 
tique avec E. palustri-parviflorum, cet hybride possède un 
et peut-être deux noms simples, l'un, E. rivulare Wahlenb. 
{FI. upsal., 126, 1820), antérieur à celui de M. Arvet-Touvet, 
l'autre postérieur : E. sarmentosum Celak.? in Sitz. ber. Bo/im. 
Ges.y 1878. 

Galium digeneum (elatum-glaucum) Camus et Jeanp. 
in Bull. Soc. franco-helv., III, 20 (1894.) — Ce nom de digeneum 
a été antérieurement employé par M. Kerner pour désigner un 
Galium hybride, produit par le croisement des G. sylvaticum et 
G. verum. 

Valeriana officinalis monstrosa. — M. le D r Gillot a 
décrit (in Bull. Soc. bot. Fr., XLI, 448), sous le nom de fascia- 
tion spiroïde, une déformation fort curieuse et assez rare de la 
tige du Valeriana officinalis et, dans une note additionnelle 
(/. c, 587), il a rappelé que M. Viviand-Morel, Lapierre, Gilibert 
etViviani, ces trois derniers cités sur l'autorité de Moquin-Tan- 
don, avaient déjà observé cette monstruosité ; en ce qui con- 
cerne Gilibert, la citation de Moquin est incomplète et il faut y 
ajouter la mention des Exercitia phytologica, p. 455 (1792), où 
Gilibert décrit pompeusement ce « célèbre monstrum » qu'il 
avait recueilli aux environs de Grodno et qu'il conservait dans 
son herbier; mais, avant Gilibert, cette fasciation était déjà con- 
nue et le premier botaniste qui paraît l'avoir signalée est Reisel 
en 1695 (Miscell. Acad. nat. curios., III, 3, p. 24, fig. 2); enfin, 
postérieurement à la publication de la Tératologie de Moquin, 
Gérard Vrolick a consacré à l'étude de cette même monstruo- 



2- JOURNAL DE BOTANIQUE 

site un Mémoire d'une dizaine de pages accompagné de deux 
bonnes figures (in Tijdschr.v. Wis. en Nat. Wetens., I, 188, 
1 848 . ) (A suivre.) 

VARIÉTÉS. 
Zignœlla calospora Patouillard, n. sp. 

Au cours de ses excursions algologiques sur les côtes d'Espagne, 
M. Sauvageau a rencontré à Gijon, sur des échantillons de Castagnea 
chordariœformis, un Champignon dont il a bien voulu nous confier 
l'examen et dont voici la diagnose. 

Peritheciis solitariis, sparsis, superficialibus vel basi leviter in- 
sculptis, atris, conico-globosis, apice poro pertusis, glabris, 300-350 \u 
diam., contextu coriaceo (noncarbonaceo, laxeparenchymatico, pallide 
brunneo; ascis diffluentibus, longe clavatis, sursum obtuse rotundatis, 
deorsum attenuatis, 8-sporis, indistincte paraphysatis ; sporis distichis, 
cylindraceis, saepe flexuosis, utrinque obtusis, hyalinis, transverse 3-6- 
septatis, protoplasmate nitenti repletis, 90-1 10X10 p., non constrictis. 

Hab. in thallo Castagnete chordariseformis « Gijon, Espagne ». 

Obs. — L'iode ne colore pas les thèques en bleu ; les spores ont 
habituellement 5 ou 6 cloisons, parfois il n'y en a que 3 ou 4, mais alors 
on observe des articles plus grands que les autres et non divisés. 

N. Patouillard. 

Variation du Géranium molle. 

M. Guéranger, naturaliste sarthois, mort il y a deux ans dans sa 
quatre-vingt-quatorzième année, récoltait il y a plus de trente ans aux 
Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire) un Géranium molle qui s'écarte du type 
par l'absence de la tige centrale et par la couleur des fleurs. Les pétales 
de celles-ci sont en effet d'un rosé blanchâtre dans leur moitié supé- 
rieure et d'un rose vif, élégamment veinés de rouge, dans leur partie in- 
férieure. 

Cette forme, plantée dans le jardin de M. Bonhomet où elle croît 
depuis plus de vingt ans, s'est reproduite sans interruption, identique à 
elle-même, et ces caractères n'ont pas changé. Sans la regarder comme 
une variété importante, nous y voyons une forme intéressante plus stable 
et plus sérieuse que le Caltha Guerangeri que l'on trouve sur le même 
pied que le Callha palustris et nous croyons, après l'avoir vue fleurir 
sous nos yeux dans notre jardin, devoir la mentionner et lui donner 
le nom de son inventeur. Aussi l 'appellerons-nous Géranium molle 
L.y. Guerangeri. H. Léveillé. 

Le Gérant : Louis Morot. 



Paris.— 3. Mersch, imp., 4"", Av. de ChâtiUon. 



ii« ANNÉE. N" 15. 1" AOUT 1897. 

JOURNAL DE BOTANIQUE 

REMARQUES SUR QUELQUES HYBRIDES 
ET SUR QUELQUES MONSTRUOSITÉS 

{Fin.) 
Par M. Ed. BONNET. 

Senecio incano-uniflorus Chabert in Bull. Soc. bot. 
Fr., XXX, 13 (1883.). — C'est sans aucun doute la même 
plante, décrite sous le même nom, par M. Buser ap. Gremli, 
Nette Beitràge zur Flora der Schtueïz, p. 45 (1880) ; M. Focke 
{Pflanz. Mischl., p. 201) lui rapporte en outre, comme syno- 
nymes, les S. oligocephalus Naegeli et S. Laggeri Schultz bip. 

Senecio adonidifolio-leucophyllus Jonquet et Loret 
in Btill. Soc. bot. Fr., XXVII, 270 (1880). — Cet hybride, que 
Loret croyait nouveau, avait été décrit dès 1853 par Huet du 
Pavillon [Dcscr. de qq. pi. nouv. des Pyréu., p. 5) qui l'avait 
recueilli au Canigou, localité d'où provenaient également les 
échantillons conservés dans l'herbier du D r Jonquet et sur 
lesquels Loret a rédigé sa description. A la vérité, Huet donne 
à son hybride le nom de leucophyllo-adonidifolius, mais 
comme il dit positivement que la plante se trouvait au milieu du 
S. leucophyllus et que le S. adonidifolius croissait un peu plus 
loin, on ne peut conserver de doutes sur le rôle respectif des 
deux parents ; il suffit du reste de comparer la description de 
Loret avec celle de Huet pour voir qu'elles sont identiques. 

Cirsium aleutrense (montano-spinosissimum) Porta ap. 
Huter, Enum.pl. exsicc, 1886. — Ce nom parait faire double 
emploi avec celui de C. capitatum donné par M. Arvet-Touvet 
{Suppl. monogr. Pilosell., p. 36, 1876) à un hybride attribué 
d'abord au croisement desC. acanthifolium etC. spinosissimum, 
mais reconnu plus tard comme un produit des C. montanum et 
C. spinosissimum (cf. Arv.-Touv., Notes sur qq.pl., p. 25). 



244 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Girsium Sennholzi von Eichenfeld (heterophyllum-mon- 
tanum) teste Magnus in Deutsch. bot. Gesellsch., XII, 57. — 
Vraisemblablement identique au C. bifrons Arvet-Touvet, Mo- 
nogr. Pilosell., p. 53 (1873), C. heterophyllo-montanum Arv.- 
Touv., Notes sur qq. pi., p. 25 (1883). 

Girsium submedium Hy in Bull. Soc. franco-helv . , 
IV, 13 (1895) et in Bull. Soc. Rochel., XVII, 22 (1896). — Si cet 
hybride est bien, comme le dit son auteur, un C. anglico- 
acaule, il y aurait lieu de rechercher en quoi il diffère du 
C. Woodwardii Wats., Cyb. brit., 2, p. 83 (1849). Engl. bot., 
tab.696? auquel M. Rouy attribue (in Bull. Soc. bot. Fr., 
XXXVIII, 107) les mêmes parents ; le croisement en sens inverse 
(acauli-anglicum = C. Grenieri Rouy, /. c.) représenterait, 
suivant M. Rouy, le C. anglico-acaule de la Flore de France 
(II, 225) ; que Godron se soit trompé sur le rôle des parents, 
cela est fort possible, mais en outre, j'ai déjà fait remarquer (in 
Journ. hist. nat. Bordeatix, IV, 36) que l'auteur des Cirsium de 
la Flore de France comprenait, dans son C. anglico-acaule, 
la plante que M. Lange a distinguée plus tard sous le nom de 
C. filipendulum. 

Centaurea Calcitrapo-paniculata, C. Loreti Coste et 
Sennen in Bull. Soc. 60t. Fr., XLI, 577 (1894). — Double em- 
ploi de l'hybride que j'ai décrit sous ce nom, dans le même Bul- 
letin (XXVII, p. IX, 1880), en faisant observer qu'il était peut- 
être identique au C. adulterina Moretti. 

Centaurea peregrina (diffuso-paniculata) Coste et Sen- 
nen m Bull. Soc. bot. Fr., XLI, 574 (1894) et m Bull. Soc. franco- 
helv., IV, 14. — Cet hybride ne peut conserver la qualification 
que lui ont donnée les auteurs, car il existe déjà un C. peregrina 
L., Sp., 918 (1753), accepté par tous les phytographes comme 
espèce légitime. 

Garduus Gentyanus (deflorato-nutans) Gillot in Ann. 
Soc. bot. Lyon, XVI, 118 (1890). — Décrit par M. Gillot sur des 
échantillons provenant desBayards, canton de Neufchàtel, avait 
été observé dès 1853 dans le Jura Bâlois par M. Christ et publié 



Ed. Bonnet. — Sur quelques hybrides. 245 

dans le Bulletin de la Société Ha lier ienne, p. 33, sous le nom de 
C. deflorato-nutans Christ. 

Trag-opogon porrifolio-pratensis Foucaud in Bull. 
Soc. bot. Rochel., XI, 38 (1889); T. mirabilis Rouy in Bull. Soc. 
bot. Fr., XXXVII, p. XVIII. — Dans sa Note sur les Tragopo- 
gon porrifolius et pratensis et sur leurs hybrides, M. Foucaud 
a oublié de mentionner la Disquisitio de sexu plantarum cou- 
ronnée et publiée en 1760 par l'Académie des Sciences de 
Saint-Pétersbourg (reproduite in Amcen. acad., X, 126) dans 
laquelle Linné décrit un T. hybridus qu'il avait obtenu en 
fécondant une fleur de T. pratensis par le pollen du T. porri- 
folius. 

Primula officinali-elatior Muret ap. Reuter, Cat. p2, 
Genève, p. 143 (1861). — Décrit sous le même nom quelques 
années plus tard par Grognot (PI. de Saône-et- Loire in Mém. 
hist. nat. Soc. Eduenne, p. 173, 1865) qui n'avait pas eu con- 
naissance delà publication de Reuter; serait, suivant les bota- 
nistes allemands et danois, le P. unicolor Nolte in Herb. Hans. 
fl. ScJiles. Holst. Lauenb., n° 11 59; M. Franchet a cependant 
fait observer (Fl. de Loir-et-Cher, p. 369) que les échantillons 
de cette plante, envoyés par Nolte lui-même au Muséum de 
Paris, n'étaient que des formes de P. officinalis; toutefois, il 
serait peut-être prématuré de tirer une conclusion définitive de 
deux seuls exemplaires qui peuvent avoir été insuffisamment 
examinés par Nolte ; on sait, en effet, que de semblables con- 
fusions ne sont pas très rares dans les exsiccata ; il y aurait donc 
lieu d'étudier d'autres spécimens et de réserver provisoirement 
toute opinion sur la valeur du P. unicolor; c'est au P. officinali- 
elatior qu'il faut également rapporter, en synonyme, le P. Thom- 
masinii Lge Nom. Fl. Dan., p. 143 (non. G. G.). 

Primula officinal! -vulgaris Loret in Rev . se. nat., 
IV, 40 (1875). — Cet hybride possède une nombreuse syno- 
nymie résultant de ce que les auteurs ont adopté, pour l'un des 
parents, tantôt le nom de grandiflora, tantôt celui d'acaulis ou 
encore celui de vulgaris, en plaçant l'une de ces dénominations 
soit à la fin, soit plus rarement en tête de la combinaison bino- 



246 JOURNAL DE BOTANIQUE 

minale. Comme nom simple il est d'usage, en France, de donner 
la préférence à celui de P. variabilis Goupil in Mém. Soc. Linn. 
Paris, III, 248 (1825) et IV, 289 (1826), bien que ce nom ait 
été employé en 18 12 parBastard (Suppl. fl. de Maiue-et- Loire) 
pour désigner le P. grandiflora; en réalité, la priorité appar- 
tiendrait au P. brevistyla DC. FI. fr., V, 383 (1815 et non 
1805 comme l'a indiqué M. Steininger ap. Kerner Schedse adfl. 
exs. austro-hung., n° 1374) dont l'identité avec le P. variabilis 
Goup. n'est pas douteuse ; de Candolle cite en effet la Primevère 
du Mans qu'il avait reçue de Goupil en y rattachant, il est vrai, 
des variétés horticoles à fleurs colorées qui appartiennent peut- 
être à une forme de P. vulgaris, et Goupil lui-même donne 
en synonyme à son P. variabilis le P. brevistyla DC., en faisant 
remarquer que le nom de la Flore française est basé sur un ca- 
ractère inconstant : la longueur du style; enfin, je ne puis 
omettre, en parlant de cette plante, de citer l'importante disser- 
tation de M. Kerner in Œst. bot. Zeitschr., 1875, p. 77. 

Primula vulg-ari-suaveolens Coste in Bull. Soc. bot. 
Fr., XL, p. CXXIX (1893). — Dix ans avant M. Coste, un 
botaniste italien bien connu, M. Pirotta, avait consacré un Mé- 
moire spécial à ce rare hybride (Di un raro hibrido tra la Pri- 
mula vulgaris e la P. suaveolens in Atti Soc. Nat. Modena, 1883) 
qui est en outre cité dans le 1° supplemento alla flora del Mo- 
denese (Modena 1884) de MM. Gibelli et Pirotta avec le syno- 
nyme de P. ternovania Kerner in Œst. bot. Zeitschr., 1869, 
p. 224, et 1875, p. 77. 

Primula crocata Arvet-Touvet et P. pallens Arvet- 
Touvet, Notes sur qq. pi., p. 26 (1883). — La première de ces 
dénominations fait double emploi avec celle de P. média Peterm., 
Deutschl. fl., p. 460 (1846-49) (1) et la seconde avec celle de 
P. digenea Kerner in Œst. bot. Zeitschi-., 1875, p. 79; c'est 
également le P. digenea que M. l'abbé Coste a décrit et dis- 
tribué (in Soc. Dauph., 2 e sér., Bull., p. 2~j et exsicc, n° 192; 



1. MM. Kerner, Pax et V Index Kewcnsis font à tort suivre le P. média de 
la mention Flora lipsiensis où la plante n'est ni décrite ni même citée, ainsi que 
l'a déjà fait remarquer M. Franchet {Fl. Loir-et-Cher, p. 368) et comme je m'en 
suis moi-même assuré. 



Ed. Bonnet. — Sur quelques hybrides. 24 

1890) sous le nom de P. vùlgari-elatior en attribuant cette 
combinaison binominale à Loret (FI. Montp., 2 e éd., p. 626, 
1886) alors qu'elle avait été employée dès 1869 par Grenier 
dans la Flore Jttrassique (p. 500). 

Gentiana média (luteo-Burseri) Arvet-Touvet, Diagnosis, 
p. 51 (1871). — Je ne cite cet hybride que pour rappeler que, 
dès 1857, Zetterstedt (PI. Pyren., p. 185) et plus tard, en 1864, 
J. E. Planchon et Timbal (in Bull. Soc. bot. Fr., XI, p p. XLYIII 
et 146) avaient déjà signalé, mais sans leur attribuer de nomdis- 
tinctif, des croisements entre les G. lutea et G. Burseri. 

Verbascum Blattaria-Thapsiforme Franchet ; V. thap- 
siformi-Blattaria Godr. et Gr. — Les botanistes français et alle- 
mands ne sont pas d'accord sur le nom simple qu'il convient de 
donner à cet hybride ; les premiers, à l'exemple de M. Franchet 
(Essai, p. 174), lui conservent la dénomination de V. Bastardi 
Rœm. et Schult., Syst., IV, 335 (1819); les seconds, avec 
M. Ruhmer (ap. "E'ichler ,Jaàrb. bot. Gart. Berlin, I, 249), l'ap- 
pellent plus volontiers V. grandiflorum Schrad. (Hort. Gotting, 
p. 19, tab. 13, 1809) et Comm. Gotting, V, 191, 1823), tandis 
que pour M. Franchet (Eludes, p. 61) V. grandiflorum n'est 
probablement qu'un synonyme de V. blattarioides Lam. ; j'ap- 
pelle l'attention des amateurs d'hybrides sur ce point de nomen- 
clature qui présente quelque intérêt, puisque le nom de Schrader 
est antérieur de dix années à celui de Rœmer et Schultes. 

Linaria striato-vulgaris Auct. — Cet hybride se produit 
fréquemment dans les localités où les parents croissent en société, 
mais il s'en faut qu'il soit parfaitement uniforme ; certains indi- 
vidus sont assez exactement intermédiaires entre les deux parents 
tandis que d'autres se rapprochent bien plus du L. vulgaris; à 
en juger par les expériences de Godron, ces derniers sont vrai- 
semblablement des retours au type maternel issus de l'hybride 
fécondé par le L. vulgaris, ou ayant produit, exceptionnelle- 
ment par autofécondation, quelques graines fertiles ; toutefois, 
les échantillons secs sont insuffisants et l'étude de ces différentes 
formes devra être faite sur le vif. 

En raison de sa fréquence, le L. striato-vulgaris a été plusieurs 



248 JOURNAL DE BOTANIQUE 

fois décrit comme une nouveauté par différents auteurs; je con- 
nais, en effet, un L. striato-vulgarisTimbal-Lagrave, Diagnoses 
(1853), teste ipso in 06s. sur l'herb. Chaix, p. 32 (1856); il yen 
a un second de Godronin A1111. se. nat., 4 e sér., XIX, 154(1863), 
un troisième de M. Crépin in Bull. Acad. Belg., 2 e sér., XVI, 
537 (1863, mais probablement publié seulement en 1864), un 
quatrième de Grognot in Ment, hi'st. nat. Soc. Edîienne, I, 188 
(1865) et un cinquième de Lamotte, Prodr. fl. plateau central, 
556 (1881); peut-être en existe-t-il encore d'autres qui me sont 
restés inconnus ; c'est également à ce même hybride qu'il faut 
rapporter les Antirrhinum dubium Vill. (1787), Linaria stricta 
Rchb. (1827) et Auct. germ. an Horn.? (1815) non Guss. (1826), 
L. ochroleuca Brébiss. (1849), L. striata var. grandiflora Godr. 
(1843) et probablement aussi le L. Baxteri Druce in Report oj the 
bot. exchange Club, 1893, p. 421, et Ann. of bot., X, 622, lequel 
serait, d'après son auteur, un L. repens-vulgaris. 

L'hybride produit par le croisement inverse des mêmes pa- 
rents, c'est-à-dire L. vulgari-striata, me paraît avoir été quel- 
quefois confondu avec le précédent ; quoique plus rare que le 
L. striato-vulgaris, il a, comme celui-ci, reçu plusieurs noms : 
L. vulgari-striata Berher in Ann. Soc. e'mul. Vosges, XV, 240 
(1876), L. vulgari-striata Boullu in Feuille Jetine nat., XIII, 9 
(1882), L. vulgari-striata Migout, FI. Allier, 2 e éd. p. 284(1890), 
L. intermedia Babey, FI. Jurass., III, 139 (1845), non Schur. 
(1858), L. ambigua Boullu, loc. «7.,nonHuet du Pavillon, Descr. 
de qq. pi. nouv. des Pyrénées, p. 5 (1853); le L. ambigua Huet 
est une plante mal connue, delà vallée de Campan, que son auteur 
plaçait entre les L. supina Desf. et L. glaucophylla Hoffm. et 
Link; elle n'est peut-être pas distincte du L. pyrenaica DC. 

Pedicularis giroflexa-tuberosa Penzigin Atti délia Soc. 
dei nat. di Modena, ser. 3, 1, tiréà p., p. 9, tab. 2 (1883). — C'est 
très exactement la plante décrite par M. Arvet-Touvet (Anal, 
de qq. pl> à la suite de Monogr. Pilosella., p. 54, 1873) sous le 
nom de P. Verloti et publiée par Moutin dans les Exsiccata de 
la Soc. Dauph., n° 905 (1876) et dans ceux de la Société ' franc 0- 
helv., n° 318 (1894). 

Pedicularis Murithiana (tuberoso-recutita) Arvet-Tou- 



Ed. Bonnet. — Sur quelques hybrides. 249 

vet in Bull. Soc. Dauph., p. 275 (1880). — L'auteur n'a pas 
différencié son nouvel hybride du P. Huteri Kerner in Imisbruck 
Zeïtschr. Ferdinendeum, XV, 263 (1870), qui serait, suivant 
M. Focke {Pflanz. MischL, p. 324), un P. recutita-tuberosa; ne 
connaissant ni la plante du Tyrol, ni le Mémoire dans lequel elle 
a été décrite, je ne puis que supposer des affinités, assez vrai- 
semblables, entre ces deux Pédiculaires. 

Brunella hybrida (alba-grandifiora) Giraudias in Soc. et. 
scient. Angers (1889). — [Il existe un autre P. hybrida Knaf 
(1864) produit par le croisement des B. laciniata et vulgaris; 
c'est, suivant M. J. Briquet (Labiées Alp. mar., p. 197), le B. in- 
termedia Link (1791). 

Stachys sylvatica-palustris. — Sous ce nom, M. Thériot 
a distingué dans les Scrinia de M. Magnier (p. 175, 1890) une 
forme hybride différente du S. ambigua Sm. (S. palustri-sylva- 
tica Schiede et Auct.), mais il me semble que cette distinction 
avait été déjà faite par Schuhzda.ns\e$ A rc/iives de Flore (p. 159, 
239 et 261) et par Grognot dans ses Plantes vasculaires de Saône- 
et-Loire (p. 188). 

Stachys palustri-germanica Malbranche in Bull. Soc. se. 
nat. Rouen, XI, 212 (1876). — La description donnée par 
Malbranche ne permet pas de reconnaître quelles sont les 
affinités qui peuvent exister entre cet hybride et le S. setifera 
Schur (Enum. pi. TranssiL, p. 538, non C. A. Mey.), lequel 
serait également produit par le croisement des S. palustris et 
S. germanica, sans que le rôle de chacune des deux espèces ait 
pu être déterminé. 

Stachys digenea (germanica-alpina) Légué in Bull. Soc. 
bot. Fr., XL, 213 (1893). — Cette plante, signalée comme une 
nouveauté par M. Légué et retrouvée récemment par M. Malin- 
vaud {cî.Journ. de Bot., X., 95), ne serait-elle pas identique à l'un 
des deux hybrides entre S. alpina et S. germanica-, observés par 
Grognot aux environs d'Autun et décrits dans les Plantes vas- 
culaires de Saône-et- Loire, p. 188? 



250 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Quercus pedunculata-sessiliflora. — Sous les noms de 
Q. Allardi et Q. Bossebovii, M. l'abbé Hya décrit (m Bull. Soc. 
bot. Fr., XLII, 558 ; 1896) deux formes de cet hybride, sans in- 
diquer les affinités de chacune avec l'un ou l'autre des parents ; 
il serait intéressant de rechercher par quels caractères ces formes 
se distinguent du Q. hungarica Kit. (in Liiin., XXXIII, 353; 
1863) que M. Ruhmer (ap. Eicliler Jahrb. bot. G art. Berlin, I, 
254; 1881) considère comme étant aussi un Q. pedunculata- 
sessiliflora. 

Serapias intermedia de Forestier ap. Schultz, Archives 
de la flore de Fr. et d'Allem., p. 265, et S. Grenieri Richter, 
Pl.Europ., p. 275; S. linguo-longipetala Gren. etPhil. et S. lon- 
gipetalo-lingua Gren. et Phil. in Ami. Se. nat., 3 e sér., XIX, 
p. 154. — Dans ses Plantœ europese, Richter a certainement fait 
une confusion regrettable en réunissant, sous le nom de S. Gre- 
nieri, les deux formes décrites par Grenier et Philippe; mais je 
ne comprends pas très bien la synonymie proposée par M. Ca- 
mus (Monogr. Orchid., p. 15 et 16), d'après laquelle le S. Gre- 
nieri réunirait le S. linguo-longipetala des Annales et le S. lon- 
gipetalo-lingua de la Flore de France (III, 279), tandis que le 
S. longipetalo-lingua, aussi bien des Annales que de la Flore de 
France, répondrait au S. intermedia de Forestier; cependant les 
descriptions reproduites dans la Flore de France ne diffèrent 
pas sensiblement de celles publiées dans les Annales ; en outre, 
Schultz, dans ses Archives, dit positivement que le nom de 
S. intermedia de Forestier appartient à la plante recueillie par 
Boutigny à l'Escaladieu et distribuée sous le n° 107 1 ; or, l'éti- 
quette qui accompagne ces échantillons, dans l'exsiccata de 
Schultz, porte le nom de S. linguo-longipetala Gren. et la fleur 
de ces spécimens concorde bien avec la figure du S. intermedia 
de Forestier donnée par Reichenbach (le. Orchid., tab. 147, 
fig. 4); je proposerai donc la synonymie : S. intermedia de 
Forestier = S. linguo-longipetala Gren. et Phil., ce que confirme 
du reste une note manuscrite de Grenier (in herb. Mus. Paris), 
et, pour éviter la création d'un nom nouveau, il faudra alors con- 
sidérer S. Grenieri Richter pp. comme désignant le S. longipe- 
talo-lingua Gren. et Phil., S. neglecta de Forestier (non de 
Not.). ' 



Ed. Bonnet. — Sur quelques hybrides. 251 

En dehors de cette question de nomenclature, on peut se 
demander si les deux plantes sont bien réellement, comme le 
croyaient Grenier et Philippe, le produit d'un double croisement 
entre le S. Lingua et le S. longipetala? et, à ce propos, je rap- 
pellerai qu'en 1880, M. Caldesio a émis (in Nuov. Gïom. bot., 
XII, 260) des doutes sur l'origine hybride du S. Grenieri (S. lon- 
gipetalo-Lingua) et que, suivant les observations poursuivies 
pendant quinze ans, aux environs de Saint-Jean-Pied-de-Port, 
par J. A. Richter, l'hybridité du S. intermedia doit être tenue 
pour très suspecte (cf. Jotirn. hist. nat. Bordeaux, IV, 36 ; 1885). 

Serapias Fontanse Rigo et Goiran in Nuov. Giorn. bot., 
XV, 32 (1883). — Ne doit pas être réuni, comme l'a fait Richter 
(PL eîirop., p. 275), au S. purpurea Doumenjou (Orchi-Sera- 
pias purpurea Camus, Monogr. Orchid., p. 1 7) ; ce dernier résulte 
d'uncroisement entre lesOrchislaxifloraet Serapias longipetala, 
tandis que MM. Rigo et Goiran pensent que leur S. Fontanse 
provient plutôt « del connubio délia Serapias long-ipetala con la 
Orchis Morio ». 

Orchisrosea (latifolio-conopea) Arvet-Touvet, Diagnosïs, 
p. 63 (187 1). — Hybride négligé par Richter et par les bota- 
nistes français qui, en ces dernières années, se sont occupés des 
Orchidées; voisin de l'Orchi-Gymnadenia Lebrunii Camus (Mo- 
nogr. OrcJiid., p. 77), résulte du croisement des mêmes espèces 
que ce dernier, mais avec interversion des rôles. 

Orchis Uechtritziana Haussknecht in ]\JitteïL Geogr. 
Gesellsch. Thùringen, II, 225 (1884). — Les citations bibliogra- 
phiques données par Richter, pour cette plante, n'étant pas par- 
faitement exactes, je suppose qu'il n'a pas consulté le Mémoire 
original. De plus, la synonymie O. incarnata-palustris admise 
dans les Plantse airopese (p. 273) me semble contestable; à la 
vérité, le texte de M. Haussknecht est un peu obscur, toutefois, 
je suis d'avis que la phrase : « Zu Ehren meines verehrten 
Freundes des Baron v. Uechtritz beleoe ich dieselbe mit dem 
Namen O. Uechtritziana », doit s'appliquer à la plante dont il a 
été question dans le même alinéa et qui est l'O. laxiflora-incar- 
nata de Focke. 



252 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Orchis haematodes Rchb., FI. excurs., p. 126 (1830) = 
O. Aschersoniana Haussknecht, loc. cit., p. 223, teste Camus, 
Monogr. Orchid., p. 69. — Il me semble bien difficile d'accepter 
la réunion proposée par M. Camus, car, dans le Mémoire sus- 
indiqué, M. Haussknecht sépare nettement son O. Aschersoniana 
de l'O. haematodes Rchb. ; au premier il attribue pour parents 
les O. incarnata et O. latifolia en l'identifiant avec l'O. latifolio- 
incarnata Schultz sine descr. ; quant à l'O. haematodes Rchb., 
M. Haussknecht le considère comme un O. latifolia-Traunsteineri 
ou même, plus vraisemblablement, comme un métis résultant de 
la fécondation de cet hybride (latifolia-Traunsteineri) par l'O. 
Traunsteineri. 

Ophrys Flahaulti A. de la Douze in Bull. Soc. bot. Fr., 
XLII, 230 (1895). — Hybride auquel l'auteur attribue pour 
parents les O. aranifera et O. apifera, sans indiquer exactement 
le rôle des espèces génératrices; ne diffère peut-être pas de 
l'O.pseudo-apiferaCaldesioinA'z/tfz;. Giorn. ôo t., ~XH } 258(1880), 
dont M. Caldesio dit : « la sospetto un ibrido dell' apifera e dell' 
aranifera ». 

Luzula multiflora-campestris Chabert in Bull. Soc. bot. 
Fr., XLIII, 50 (1896). — Tout récemment M. Figert a décrit 
dans le Detitsch. bot. Monatschrift , XV ', 12 (1897), un L. inter- 
media auquel il donne le synonyme de L. campestris-multiflora; 
mais, outre que M. Figert n'a pas indiqué les différences qui 
existent entre cet hybride et celui de M. Chabert, le qualificatif 
intermedia me paraît assez mal choisi, car il a déjà été attribué 
en 1816 par Baumgarten à une forme de son L. nemorosa et par 
Nocca et Balbis à une forme de S. sylvatica, enfin, en 1825, par 
Spenner à une forme de L. multiflora. 



NOTE PRELIMINAIRE 
SUR LES ALGUES MARINES DU GOLFE DE GASCOGNE 

(Suite.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

A vol d'oiseau, 140 kilomètres séparent Gijon de San Vi- 
cente; on les parcourt en diligence jusqu'à Infiesto, tout près de 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe, de Gascogne. 253 

Gijon. Le pays est accidenté, boisé et fertile. La seule observa- 
tion algologique que j'ai pu faire en route fut de constater la 
présence du Fucus ceranoides dans le port de Rivadesella. 
Gijon est construit sur une langue de terre qui aboutit à la col- 
line de Santa Catalina et s'avance dans une rade de plusieurs 
kilomètres de diamètre, largement ouverte, qu'elle divise en 
deux parties inégales. L'une, limitée à l'est par la pointe del 
Cervigon et plus loin par le Cap San Lorenzo, est bordée par la 
plage de San Lorenzo, fréquentée par les baigneurs. L'autre 
baie, plus vaste, est abritée à l'ouest par la falaise qui se con- 
tinue jusqu'au Cap Torres. Elle est actuellement le siège de tra- 
vaux nombreux, commencés depuis longtemps pour agrandir le 
port, devenu très important surtout par l'exportation du minerai 
de fer, et qui diminueront probablement la surface accessible aux 
excursions algologiques. Déjà, il n'est guère possible de s'éta- 
blir à Gijon comme centre d'excursions; le hameau de Jove, à 
l'ouest, est mieux situé sous ce rapport; la mer y découvre sur 
une très large surface, d'accès et de circulation faciles, laissant 
entre les rochers calcaires de nombreuses flaques peu pro- 
fondes; je ne m'en suis guère éloigné, car, bien que j'y sois 
resté pendant trois semaines, je n'ai pu, à la suite d'un accident, 
herboriser que peu de jours. Le temps est resté calme, mais des 
vagues de fond ont, à plusieurs reprises, accumulé sur la plage 
del Arbeyal, entre Jove et la pointe de Corono, d'énormes 
quantités de goémon que les riverains recueillent pour l'utiliser 
comme engrais. Ce goémon est toujours le même; il est formé 
en majeure partie de Lam. Clousto ni 'dont le stipe atteint sou- 
vent un mètre de longueur, de Saccorhiza btdbosa à stipe très 
large, et de Fucus serraùis auxquels s'ajoutent, mais en moindre 
proportion, les autres Fucus, les Cystoseira, en particulier le 
C. fibrosa, le L. flexicaulis, le Gigarlina pistillata et les Rho- 
dymem'a Païmetta et palmaîa de grande taille, adhérents au 
stipe des L. Clousioni, et le Sphœrococcus coronopifolius . Ces 
Algues ne viennent pas de loin, et il est fort probable que 
l'immense rade de Gijon, dont la profondeur n'atteint vingt 
mètres qu'à une assez grande distance, est couverte d'une riche 
végétation. Parmi ce goémon, on trouve aussi quelques rares 
Laminaria saccJiariua; je n'ai pas récolté cette espèce en 
place, soit parce qu'elle ne découvre pas à mer basse, soit parce 



254 JOURNAL DE BOTANIQUE 

qu'elle est très localisée comme le CJiorda Filum par exemple, 
ou le Nemacystus erythrœus , qui n'occupent qu'un espace très 
restreint sur la face ouest de la pointe de Corono. 

Le grand développement du Fucus serratus frappe tout 
d'abord; il couvre une surface considérable, tandis que les 
F. platycarpiis et vesicufosus s'éloignent moins du bord et que 
le Bifurcaria apparaît plus tard. La répartition de ces plantes 
est donc plus classique qu'à San Vicente, ce qui est probablement 
attribuable à la plus grande étendue de la surface découverte. 
Les zones occupées par les Cystoseira discors et ericoides se 
succèdent nettement; ils sont très souvent couverts de Sphace- 
laria cirrosa et le second porte en outre les Ectocarpîis Lebelii 
et Valiaiitei. \J Himanthalia, très abondant, n'apparaît qu'au 
niveau de la basse mer sur les rochers couverts de Stypocaulon 
et de Cladostephus. Les Laminaires de grande taille ne sont pas 
accessibles, mais on recueille facilement des exemplaires de taille 
moyenne des espèces citées précédemment. J'ai récolté à Gijon 
le Phyllaria reniformis, mais il y était très rare. 

Il est à remarquer que, tandis que le Dïciyota dichotoma à 
fronde filiforme, le Padina et le Dictyopteris sont très fréquents, 
je n'ai pas vu un seul Taonia dans la rade, et aussi que le Cas- 
iagnea chordariseformis, extrêmement rare à Guéthary et à 
San Vicente, se trouve ici dans beaucoup de flaques, et en abon- 
dance, au niveau du Fucus platycarpus ; il porte assez souvent 
un champignon dont il sera question plus loin. Les feuilles du 
Zosteî'Ci marina, qui forme çà et là de petites prairies, étaient 
bien rarement recouvertes d'Algues. 

Parmi les Floridées fréquentes, il faut citer aussi le Callible- 
pJiaris ciliata, le Callophyllis laciniata, YHalurtis equisetifolius, 
et particulièrement le Gelidium latifolium au niveau inférieur. 
Parmi celles qui sont très rares, le Gigartina falcata et particu- 
lièrement les Bonnemaisonia asparagoides , Furcellaria fasti- 
giata, Solieria chordalis, Dilsea edulis, et, parmi les Fucoïdées, 
le Liebmannia Leveillei, qui rappellent une végétation plus sep- 
tentrionale. 

Toute la partie de la falaise qui s'étend de la pointe de Orrio 
à l'extrémité du Cap Torres, sur près de trois kilomètres de dé- 
veloppement, n'a pu être explorée, soit à cause des travaux de 
dragage et de maçonnerie en cours d'exécution, soit parce qu'elle 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 255 

est le plus souvent inabordable. L'extrémité du Cap Torres est 
un immense bloc de quartz de plus de trois cents mètres de lon- 
gueur relié à la terre par un isthme étroit, très élevé, dominant 
toute la rade, s'avançant vers la pleine mer, et taillé verticale- 
ment sur tout son pourtour. On peut cependant descendre sur 
la plage sableuse et complètement déserte de la Baie de Pié de 
la Arena, limitée à l'est par la haute paroi verticale quartzeuse 
du Cap Torres. Cette baie est fort belle au point de vue pitto- 
resque, mais il serait inutile d'y venir chercher des Algues à un 
autre moment qu'à très basse mer et par un temps très calme. 
La surface à visiter est d'ailleurs fort restreinte, car, à part 
quelques rochers situés près de la paroi quartzeuse, toute la baie 
est exclusivement sablonneuse. La seule espèce de Fucus qui y 
croît est unF. vesïculosus à réceptacles très allongés, situé sur un 
bloc de quartz isolé, dont les petites cavités remplies d'eau ren- 
ferment d'abondantes mèches de Lyngbya confervoïdes . La vé- 
gétation y est bien différente de celle des rochers calcaires de la 
rade de Gijon; les Corallines, si abondantes dans la rade, y font 
totalement défaut, de même que les Cystoseira, Himanthalia, 
Stypocaulon ; parmi les Laminaires, j'ai vu un seul Saccorhiza à 
portée de la main et trois exemplaires seulement dressaient au 
loin leur fronde au-dessus de la mer; les autres Laminaires font 
défaut. Le Dictyota dichotoma , que j'ai toujours vu dans la rade 
à l'état de frondes filiformes, possède ici des frondes larges ; le 
Cladostephus verticillatus était à l'état dénudé qui caractérise 
les frondes fructifères; le Taom'a, que je n'ai point vu à Gijon, 
y était fréquent, et certains exemplaires portaient des anthé- 
ridies. On y trouve aussi en abondance le Phyllitis ceespïtosa, 
mais les espèces les plus fréquentes sont le Lomeniaria articu- 
lala et le Plocamium coccineum, l'un et l'autre en très petits 
exemplaires couvrant la falaise de quartz, et V Ahnfeltia plicata 
au fond de l'eau, sur le sable (très rare au contraire dans la rade), 
qui porte sur ses frondes V Ectocarpîis granulosus , de petits 
Ulva Lactuca et un épais revêtement de Spermothamnion Tur- 
neri. Il faut citer encore, sur les blocs émergés, ou sur les Patelles 
qui y vivent, le Petrocelis cruenta, en lames brunâtres, unies, 
fortement adhérentes. 

La végétation algologique du Cap Torres présente donc un 
caractère bien particulier. Il paraît assez plausible d'admettre 



2 5 6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

que l'absence des Corallines tient à la nature de la roche, mais 
la même conclusion ne serait pas nécessairement valable pour 
d'autres Algues, X Hiinanlliah'a par exemple. Ainsi cette plante, 
si abondante sur les calcaires de San Yicente, ne se retrouve pas, 
nous l'avons vu, au Cap Hoyambre également calcaire, et d'autre 
part elle croît sur les blocs de grès quartzeux de Villasellan à 
Rivadeo. 

Candas est situé à quelques kilomètres de Gijon dans la 
direction du Cap de Penas ; les rochers sont des calcaires et des 
grès ferrugineux. Je m'y suis rendu à une heure trop avancée, 
un jour de faible marée et par une mer très mauvaise ; aussi n'en 
parlerais-je pas si je n'avais constaté quelques particularités : 
c'est l'absence du F. serrattis, si abondant à Gijon, et au con- 
traire la présence à l'embouchure du Rio Espasas (ou del Peran) 
du F. ceranoides et du Pylaieila fulvescens que je n'ai pas vus à 
Gijon. Les Algues rejetées, en très mauvais état, m'ont paru 
être les mêmes qu'à Gijon, avec le Desmaresiia actdeata en 
plus, et le Laminaria saccharina moins rare. 

On compte 150 kilomètres en ligne droite de Gijon à Rivadeo. 
La voie ferrée qui réunira ces deux villes, en passant par Oviedo, 
n'existe encore qu'à l'état de projet. Actuellement, un chemin 
de fer conduit à Aviles, sur le versant ouest du Cap de Penas, 
et de là, après vingt-trois heures presque ininterrompues de 
diligence, on arrive à Castropol et enfin à Rivadeo. 

Aviles est éloigné de la mer, mais cependant le Fucus cera- 
noides abonde sur les murs des quais ; c'est à l'embouchure de 
la rivière, à la presqu'île de San Juan de Nieva, qu'il faudrait se 
rendre pour une excursion algologique. La diligence s'arrête au 
village de Luarca, situé sur le bord de la mer, au fond d'une 
vallée profondément encaissée ; le goémon doit y être plus rare 
qu'à Gijon, car je vois dans le petit port, resserré entre des mu- 
railles de schistes ardoisiers d'âge silurien, une cinquantaine de 
riverains, hommes, femmes, enfants, entrés dans l'eau jusqu'au 
dessus du genou, qui recueillent à l'aide de longs râteaux des 
Algues flottantes appartenant aux mêmes espèces que celles de 
Gijon. 13e Luarca à Castropol, la route sinueuse traverse un 
pays accidenté, formé de schistes et de grès; d'immenses espa- 
ces sont couverts de Pins, d'Ajoncs de grande taille, de Pou- 



E. Malisvaud. — Questions de nomenclature. 257 

gères et de Bruyères. Castropol est séparé de Rivadeo par le 
rio Eo dont la rive droite appartient aux Asturies et la rive 
gauche à la Galice. [A suivre.) 

QUESTIONS DE NOMENCLATURE 

RECTIFICATIONS 
Par M. Ernest MALINVAUD. 

Le numéro 14 de ce Journal a publié un article intitulé Re- 
marques sur quelques hybrides, etc., dont l'auteur, après avoir 
rappelé les règles établies par Schiede pour la nomenclature des 
hybrides, s'exprime en ces termes (p. 240) : 

...Les horticulteurs et les viticulteurs ont, au contraire, suivi une mé- 
thode inverse en plaçant, en premier lieu, le nom de la plante ovulifère et, 
bien que ce mode de dénomination ait été formellement condamné 
par le Congrès de Paris, il a été cependant adopté par plusieurs phy 
tographes et tout récemment recommandé par la Société bota- 
nique de France (Voy. son Bulletin, XLIII, 278). 

Les deux affirmations que nous avons soulignées motivent les re- 
marques suivantes : 

Dans le projet présenté au Congrès international de 1S67 par 
Alphonse de Candolle, le premier paragraphe de l'article relatif aux 
hybrides était ainsi rédigé : 

Les hybrides d'origine certaine sont désignés par le nom du genre, 
auquel on ajoute une combinaison des noms spécifiques des deux espèces 
dont ils proviennent, le nom de Tespèce-mère étant mis le premier avec la 
terminaison * ou o, et celui de l'espèce qui a fourni le pollen venant ensuite, 
avec un trait d'union entre les deux {Amaryllis vittato-reginas). 

Une longue discussion s'engagea sur ce paragraphe (1). Germain 
de Saint-Pierre et Lestiboudois le défendirent habilement et probable- 
ment auraient eu gain de cause, si l'auteur de cette rédaction ne l'avait 
lui-même abandonnée. 

M. de Candolle, dit le compte rendu officiel, persiste à croire qu'il 
serait plus logique de placer le nom de la plante-mère en premier comme 
le faisait Gaertner fils dans son ouvrage classique sur les hybrides, mais il 
reconnaît que l'usage contraire a prévalu, et il est d'avis que, dans une 
affaire en grande partie de convention, il vaut mieux suivre l'usage. 

Cette concession spontanée aux droits de l'usage mit fin au débat, 
et le Congrès adopta le mode de dénomination des hybrides institué 

1. Voy. Actes du Congrès international de Botanique tenu à Paris en 
août 1867, pp. 194-197. 



258 JOURNAL DE BOTANIQUE 

par Schiede et que suivait, il y a trente ans, la grande majorité des 
phytographes. 

En résumé, comme le montrent les citations précédentes, A. deCan- 
dolle, sans modifier sur le fond son opinion, renonça, pour un motif 
d'opportunité, à la faire prévaloir. De là à présenter le retrait volon- 
taire ainsi expliqué comme une condamnation formelle par le Congrès, 
la nuance est appréciable. 

Si l'auteur dont nous discutons la méthode s'est exposé au reproche 
d'avoir forcé la note juste sur le poirt que nous venons d'examiner, 
l'inexactitude est flagrante et encore moins compréhensible lorsqu'il 
ajoute que le système, suivant lui condamné en 1867, aurait été * tout 
récemment recommandé par la Société bota)iique de France ». 
Nous retrouvons là une confusion plus d'une fois signalée et qu'il im- 
porte toujours de ne pas laisser s'accréditer. On ne saurait trop le 
répéter : la Société botanique de France n'a pas à prendre parti dans 
les discussions scientifiques qui s'élèvent entre ses membres; elle se 
borne à garantir à tous ceux qui y prennent part, en se conformant au 
règlement, une égale et entière liberté de développer leurs opinions 
personnelles sous leur propre responsabilité, mais sans engager celle 
du corps social auquel ils appartiennent. C'est là une distinction de 
droit admise dans toutes les Sociétés savantes, et celle qui est ici en 
cause n'a pas encouru le reproche de s'être écartée sous ce rapport de 
la règle commune. On en jugera par le texte même du procès-verbal 
auquel notre confrère s'est référé. Voici ce qu'on y lit à la suite d'une 
communication de M. Roze sur le Geum rivali-urbanum (1). 

Au sujet des noms doubles des hybrides, M. Malinvaud dit qu'il partage 
l'avis, exprimé naguère par Alphonse de Candolle, qu'il serait préférable de 
placer le nom de la plante-mère le premier; fréquemment, sinon le plus 
souvent, l'hybride ressemble plus à l'espèce qui a fourni l'ovule qu'à 
l'autre parent et, dans les hybridations spontanées, on a plus souvent des 
doutes sur le père que sur la mère. 

Il est manifeste que nous avons parlé en notre nom personnel : 
... Même adsum qui feci... 

et nous entendons supporter seul, d'ailleurs fort allègrement, le poids 
de la responsabilité que de ce chef nous avons assumée. 

Nous nous bornons pour le moment à ces courtes observations, 
nous réservant de revenir plus tard, s'il y a lieu, sur la question de la 
nomenclature des hybrides. 

1. Bull. Soc. Bot. de France, t. XLIII, p. 278, séance da 22 mai 1810. 

Le Gérant : Louis Mokot. 



Paris — J Mersch,irr.p.,4 ;, ",Av.deChàtiIlûn. 



n e ANNÉE. N° 16. 16 AOUT 1897. 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



LE MAOTA DE TAHITI 

(Cyrtosperma Merkusii) 

Par le Docteur J. NADEAUD. 

Dans le numéro du I er avril 1897 du Journal de Boianiqîie, 
page 116, j'ai indiqué à Tahiti une variété gigantesque du 
Cyrtosperma Merkusii 'de Schott. De prime abord, on peut se 
demander si cette plante d'usage alimentaire est bien du pays, 
si elle n'est pas d'importation récente, attendu qu'elle n'est 
mentionnée sous son nom botanique que pour la première fois à 
Tahiti. En effet, elle n'est point indiquée dans mon Ennuiera- 
tion des plantes indigènes de Tahiti, 1873; pas plus que dans 
la Flore de la Polynésie française de M. Drake, 1892, pourtant 
si complète. Elle a été, sous le nom de Maota, confondue avec 
les variétés des Alocasia macrorrhiza (Ape) par les auteurs qui 
ont traité des Taros et des Ape. Cependant elle n'est pas d'im- 
portation récente. 

Dans l'ouvrage de Moerenhout, Voyages aux îles dît Grand 
Océan, 1837, page 16, t. II, l'auteur fait l'énumération des 
plantes alimentaires et, après avoir signalé Y Ape (Artim costa- 
tum), dit : 

« 6° YApeveo (Apeveoa esculentd) dont on mange aussi la 
racine. Ils en possèdent une variété nommée Maota dont la 
racine est beaucoup plus grosse que celle de l'espèce princi- 
pale. » 

Donc, dès 1834, époque du séjour de Moerenhout à Tahiti, 
non seulement le Maota était connu, mais l'auteur avait vu par 
lui-même, et peut-être par le botaniste Bertero, que YApeveo 
n'était pas la même plante que les Ape, et en avait fait un genre 
nouveau qu'il désignait sous le nom & Apeveoa escnlenta. Une 
erreur d'impression dit Apereoa au lieu cYApeveoà, nom tiré 
à'Apeveo sous lequel la plante est encore désignée à Raiatea et 
dans plusieurs îles voisines. 

Dans son ouvrage Tahiti, Rochefort 1860, mon ami regretté 



26o JOURNAL DE BOTANIQUE 

Cuzent parle aussi du Maota, page 166, mais il le croit une 
variété de l'Ape {Arum costatum). 

« Les tiges des espèces Ape et Maota sont très ligneuses et 
l'on éprouve de grandes difficultés pour les faire cuire conve- 
nablement. » 

Enfin, dans le Manuel pratique des cultures tropicales par le 
docteur Sagot et par M. Raoul, pharmacien en chef des Co- 
lonies, 1893, pages 75 et 76, on lit : 

« On trouve dans l'Océanie orientale deux espèces de Colo- 
casia, le C. macrorrhiza, Ape et le C. esculenta, Taro. La 
première espèce comprend deux races, dont la première, 
nommée Haape (hapape) se trouve sur le littoral et dans les 
vallées, et a des pétioles verts, et dont la seconde, nommée 
Maota, ne se rencontre que sur les montagnes, près des ruis- 
seaux, etc., etc. » 

Ainsi donc, voilà une plante alimentaire bien connue dès les 
premiers temps de la découverte ou peu après et qui avait été 
classée, sans examen botanique, avec les variétés du Ape. Est- 
elle réellement indigène? je ne le pense pas. Comme tant 
d'autres plantes alimentaires, elle a suivi le courant d'émigra- 
tion des peuples venus par petites colonies successives parties 
de Sumatra, Java, Bornéo et autres îles, pour venir peupler les 
petites îles d'Océanie, Samoa, puis Raiatea, Tahiti, etc. Il en a 
été de même pour les Taros et les Ape. Aussi, dans la Mono- 
graphie des Aracées, Engler indique-t-il la présence du Cyr- 
tosperma Merkusii Schott à Java, Malacca, aux Fidji. En 
résumé, le Maota est d'importation ancienne; plantée dans les 
vallées marécageuses et même dans les marais du littoral, 
comme à Hitiaa, une de ses variétés, que j'ai désignée sous le 
nom de gigaritea, atteint des proportions colossales; on parle 
de feuilles pouvant avoir 6 à 8 mètres de long; je ne puis que 
mentionner la longueur de 4 m. 15 que j'ai constatée; c'est bien 
suffisant pour une plante aussi ornementale au premier chef et 
destinée à rivaliser dans les jolis jardins de Papeete avec les 
splendides Ape rouges qu'on y admire déjà. 



C. Brunotte. — Contribution à l'étude de la flore de la Lorraine. 261 
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE 

DE LA 

FLORE DE LA LORRAINE 

Par M. Camille BRUNOTTE. 
Une nouvelle station littorale aux environs de Nancy. 

Comme on le sait, la Lorraine possède des dépôts de sel 
gemme, exploités en différents points du département de 
Meurthe-et-Moselle et de la Lorraine annexée. J'ai décrit précé- 
demment (1) les principaux affleurements d'eau salée qui per- 
mettent à une série de plantes marines de s'acclimater dans nos 
régions. On trouvera la liste de ces plantes dans le n° 3 du Jour- 
nal de Botanique, année 1896. 

Il m'a paru intéressant de signaler l'existence d'une nouvelle 
station littorale qui s'est créée depuis quelques années seule- 
ment et dont j'ai pu suivre presque complètement l'évolution. 

En 1892, en explorant les mares et fossés des environs de 
Nancy, dans le but d'y rechercher des Algues et spécialement 
des Diatomées, le docteur Lemaire signalait, dans le voisinage 
de Laneuveville, la présence d'eaux saumâtres (2). 

On récoltera des Diatomées, disait-il, dans un fossé qui 
reçoit les eaux de la saline des Aulnois, établie non loin de la 
gare de Laneuveville, et qui est situé entre cette saline et le 
canal de jonction. L'eau que charrie ce fossé tient en dissolu- 
tion une assez notable proportion de chlorure de sodium. L'ana- 
lyse y a décelé 5 gr. 5 de sel par litre. 

Ce fossé se réunit, un peu en-dessus de la ligne ferrée, à un 
ruisseau qui longe la rive gauche du canal. Le degré de salure 
de l'eau de ce ruisseau est, par suite, augmenté ; c'est ce qui 
explique la présence, en ce point, d'Algues et de Diatomées 
d'eaux saumâtres. 

A quelques minutes du village de Laneuveville, à une petite 
distance de la route qui se dirige vers Nancy, se trouve l'usine 
de Sainte-Valdrée. Entre cet établissement et le canal de la 



1. C. Brunotte, Les marais salés de la vallée de la Seille. Nancy, Berger- 
Levrault, 1896. 

2. A. Lemaire, Les Diatomées des eaux salées de Lorraine. Le Diatomiste, 
1892. 



262 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Marne au Rhin est installé un puits de sonde, près duquel existe 
une flaque peu profonde, dont l'eau renferme en dissolution 
jusqu'à 75 grammes par litre de chlorure de sodium. Ce maré- 
cage est entouré de fossés qui contiennent de l'eau stagnante, 
très riche en sel. De nombreuses espèces de Diatomées et 
d'Algues plus grandes existent là en quantité. 

Malgré la présence d'une telle proportion de sel dans les 
eaux imprégnant le sol, les plantes phanérogames spéciales 
à la flore littorale n'avaient pas paru en ces régions, jusqu'à 
ces derniers temps; dans tous les cas, elles n'y ont jamais été 
signalées. 

Aucun ouvrage de Botanique, intéressant la Lorraine, ne 
cite cette station; le fait ne doit pas étonner, car cette station 
n'existait réellement pas avant 1892, et il nous a été donné 
d'assister à sa formation. 

Dès l'année 1893 apparaissaient, sur les bords du fossé qui 
va de l'usine à la mare salée, quelques touffes chétives à' Aster 
Tripolium. Les rameaux de cette Synanthérée atteignaient à 
peine quinze à vingt centimètres et portaient de très petites 
fleurs. Ce n'est qu'en 1895 que les touffes & Aster devinrent 
plus résistantes; elles sont actuellement très abondantes, for- 
ment des touffes serrées nombreuses, rappelant par leur port 
celles qui se trouvent sur les bords des fossés des vrais marais 
de la Seille. 

Cette plante est actuellement très bien acclimatée et se 
maintiendra sûrement dans cette mare. 

En ce qui concerne la Salicornia, la plante salicole par 
excellence, son apparition à Laneuveville a été plus tardive 
encore. Le fait en lui-même n'a rien d'extraordinaire; en effet 
la Salicorne, ou Passe-pierre, exige un sol plus salé que celui 
qui est nécessaire à Y Aster, et dans les salés de Vie (Lorraine), 
j'ai pu constater la présence de X Aster Tripolium en des 
endroits relativement peu riches en chlorure de sodium, où 
la Salicorne ne pouvait se développer. 

En 1894 seulement, trois pieds de Salicornia s'établirent à 
Laneuveville, sur les bords du fossé, dans la vase. Ces Sali- 
cornes eurent des fleurs et des graines assez abondantes, qui 
dispersèrent la plante. 

En 1895, une vingtaine de pieds assez robustes existaient 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 263 

déjà; actuellement (1897), tout un côté de la mare salée, qui a 
un fond bourbeux et vaseux, est absolument couvert par de 
nombreux pieds très robustes de Salicorm'a herbacea L. 

Cette espèce, comme Y Aster, se maintiendra sûrement en 
ce point, où elle paraît parfaitement adaptée. 

Des observations récentes, faites dans le but de rechercher 
d'autres plantes du littoral, m'ont permis de trouver encore 
cette année, et en assez grande quantité, des échantillons bien 
développés de Atriplex hastaia L. et ses variétés A. salina 
Wallr. et A. heterosperma Godron, ainsi que quelques rares 
pieds de Triglochin maritimum L. 

Il sera intéressant de suivre les phases successives de l'appa- 
rition des diverses plantes phanérogames salicoles dans cette 
station, qui est devenue l'une des plus curieuses des environs 
immédiats de Nancy. 



NOTE PRELIMINAIRE 
SUR LES ALGUES MARINES DU GOLFE DE GASCOGNE 

{Suite.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

A Rivadeo comme à San Vicente, il faut distinguer la végé- 
tation de la ria de celle des rochers battus par la mer. A 
Villavieja, à la hauteur de Castropol sur la rivière, et à Figueras 
en face de Rivadeo, on voit une bordure de Pelvetia au niveau 
supérieur, et au-dessous, des F. platycarpus de petite taille, 
appartenant à la variété limitaneus ; les plus inférieurs de ceux- 
ci sont un peu plus grands et souvent couverts par les longues 
touffes du Pylaiella littoralis et abritent une Littorine que le 
Gomontia et le Tellamia colorent souvent en vert. \J Ascophyl- 
him, qui ne descend pas plus en aval dans la ria, existe en 
touffes isolées et de petite taille avec le Polysiphonia fastïgiaia. 
Je n'ai pas suivi la rivière en amont de Villavieja. 

Les excursions au nord de Rivadeo, sur la ria ou vers la 
mer, sont particulièrement pénibles. La côte, formée de schistes 
cambriens presque verticaux, coupés par de nombreuses veines 
de quartz, est très fréquemment échancrée. On descend 
au rivage soit par d'étroit sentiers, soit le long des pentes 



264 JOURNAL DE BOTANIQUE 

abruptes, creusées çà et là de petites entailles pour poser les 
pieds, pentes que les femmes du pays gravissent cependant 
avec rapidité, portant sur la tète un panier de goémon recueilli 
le plus souvent au râteau. L'espace à visiter est toujours peu 
étendu, car les arêtes schisteuses s'avancent trop pour qu'on 
en puisse faire le tour ; il faut alors remonter la même pente 
pour descendre dans une autre échancrure. 

La flore de la ria, au moulin de Viento, au Castillo, à Las 
Garragas, est la même que sur la rive asturienne, dans l'anse de 
Arnao, dont l'accès est plus facile. Le Pelvetia et les trois espèces 
de Fticus ne sont pas rares mais ils sont toujours plus courts 
qu'à Gijon, particulièrement le Fucus serratus. En plus des 
Laminaires habituelles, je trouve pour la première fois en place 
le L. saccharina, de tous les âges et de toutes les dimensions ; 
il est même abondant à Las Garragas, où il affectionne les 
rigoles dans lesquelles l'eau court à marée basse. Le Cystoseira 
ericoides, le Stypocaulon scoparium sont rares, et je n'ai vu ni 
Taonia ni Padina. Les Zostera marina portent diverses 
Algues, en particulier X Ectocarpus virescens. Parmi les Algues 
rouges, le Laiirencia pinnatijîda est aussi abondant qu'à 
Biarritz, et le Chondrus crispus garnit les rochers qui décou- 
vrent au niveau inférieur, tandis que le Gelidium latifolitim, si 
abondant à Gijon, y est plutôt rare. Je n'ai pas vu en place ces 
grands Rhodymenia palmata que l'on trouve rejetés, fixés au 
stipe des Laminaria Clous toni, mais j'ai vu un nombre très 
considérable d'exemplaires de petite taille, souvent de moins 
d'un décimètre de longueur, attachés surtout au Chondrus, 
mais parfois aussi aux Himanthalia, Fucus serratus, etc. ; les 
uns sont jeunes, mais d'autres sont adultes, et servent de subs- 
tratum à de petites Algues ; ils n'atteignent donc point la taille 
des exemplaires de mer profonde du L. Cloustoni. Ces Rhody- 
menia sont cantonnés dans la ria ; on ne les retrouve pas du 
côté de la mer. Le Ceramium rubrum, que j'avais été surpris 
de ne pas rencontrer jusqu'ici en Espagne, apparaît à Rivadeo 
en trop grand nombre ; on le trouve partout, mais il reste de 
petite taille. Le Ceramium gracillimum est encore plus abon- 
dant ; c'est à peine si l'on trouve un Cladostephus dont les 
rameaux n'en sont pas couverts, et ses touffes envahissent à 
tel point les frondes jaunes du Bijurcaria tubercnlala que, de 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 265 

loin, celles-ci paraissent rouges. Enfin, mentionnons que le 
Callithamm'on tetricum, dont les touffes en mèches pendantes 
garnissaient jusqu'ici les parois abritées des rochers inférieurs, 
est d'une exceptionnelle rareté ; il est remplacé dans les mêmes 
stations par une autre plante qui n'est pas rare en Bretagne, 
mais que nous n'avons pas encore eu l'occasion de citer, le 
Pltimaria elegans {Ptilota Bonnem.). Les Nitophyllum sont 
en plus grand nombre dans l'anse d'Arnao que sur les autres 
joints visités. 

J'ai exploré deux anses rocheuses du côté de la mer ouverte. 
L'une, en Asturies, située entre la Punta Rumeles et la Punta 
de la Cruz, schisteuse, d'abord et d'exploration faciles, est 
moins riche que l'autre, en Galice, dans laquelle se jette le 
rio Villasellan, formée au fond de schistes et de phyllades, et en 
avant de grès quartzeux, dont les gros blocs anguleux, jetés 
pêle-mêle, constituent d'excellents abris pour les Algues, mais 
sont très fatigants à parcourir. De même que dans la ria, le 
F. serratus, très abondant, est de petite taille, et ses bords 
sont peu dentelés. \J Himanthalia se trouve sous ses deux états 
extrêmes ; ou bien il couvre de larges surfaces de petits tuber- 
cules dont l'apparence rappelle le Botrydium, ou bien il est 
en longues lanières dépassant souvent trois mètres de lon- 
gueur, et sur lesquelles croissent Y ' Ectocarpus veliiiïims et 
Y Elachistea scutulata; au même niveau, le Stypocaulon, si rare 
dans la ria, recommence à former un épais tapis; le Padina 
devient également commun, mais le Taonïa reste exceptionnel 
de même que le Lealhesia difformis , dont j'ai vu un unique 
exemplaire. Le Dictyota dichotoma filiforme est très abondant 
et de grande taille ; les individus à fronde large sont fort nom- 
breux à très basse mer, mais sont toujours très jeunes, et pos- 
sèdent seulement une ou deux dichotomies, tandis que tous 
ceux adultes que j'ai vus étaient rejetés. Les Laminaires, et en 
particulier le L. saccharine, sont abondantes dans l'étroit 
chenal qui sépare de la côte l'île Pancha sur laquelle est cons- 
truit le petit phare qui indique l'entrée du port. Parmi les Cys- 
toseira, le C. ericoides n'apparaît qu'à très basse mer ; bien que 
le C.fibrosa entre dans la composition du goémon, je ne l'ai 
pas vu en place ; il croît probablement à un niveau plus bas que 
dans les localités précédentes, et le C. discors, bien que dé- 



2 66 JOURNAL DE BOTANIQUE 

butant au niveau supérieur de la marée, descend beaucoup et, 
dans les flaques de très basse mer, il croit côte à côte avec le 
Bijurcaria tiiberculala. A part le Rhodymenia palmata, les 
Floridées sont les mêmes que dans la ria. Le Petrocelis cruenta 
y atteint une grande taille, forme sur les rochers des plaques 
souvent larges comme la main ; j'en ai même vu de plus de 
trente centimètres de diamètre. Le Laarencia pinnalifida et le 
Chondrus crispus ne sont plus dominants, et sous le rapport 
de l'abondance, ils sont remplacés, le premier par le Gigartina 
mammillosa, le second par le Pterocladia capïllacea et le Gi- 
gartina pisiillata ; ce dernier doit être d'une extrême fréquence 
sur les rochers qui ne découvrent pas, car il forme une notable 
portion du goémon auquel il donne une teinte générale rose 
quand il est mouillé par la pluie, ce qui ne fut pas rare durant 
mon séjour à Rivadeo. On récolte enfin le Dilsea edîilis et le 
Delesseria sanguinea qui ne se laissent que rarement atteindre. 
Enfin, XHypnea musciformis , que nous avons vu précédemment 
devenir de plus en plus rare, manque totalement, de même que 
le Peyssonnelia squamaria. 

Myxophycées. 

i . Dermocarpa Leibleniœ Born. — San Vicente, sur le Pyiaiella 
H tt or a lis. 

2. Hyella caespitosa Born. et Flah. — San Vicente (Peral); Ri- 

vadeo. 

3. Spirulina major Kùtz. — Très abondant dans un petit étang sau- 

màtre où pénètre la mer, derrière la plage del Arbeyal à 
Gijon. 

4. Lytigbya confervoides Ag. ■ — Gijon (Cap Torres); Rivadeo, où 

il est très commun à Villavieja sur les Fucus et sur les pierres 
recouvertes de sable. 

5. Ly?igbya majuscula Harv. — San Vicente; très abondant à 

Gijon. 

6. Lyngbya Meneghiniana Gom. — San Vicente (Cap Oriambre, sur 

un Polysipho?iid) ; Rivadeo (Villasellan, sur le Castagnea 
chordariâsfori/iis). M. Gomont, dans sa Monographie des 
Oscil/ariées, cite cette espèce uniquement dans l'Adriatique. 
La plante dont il s'agit ici, et que M. Gomont a bien voulu 
déterminer, est très voisine du L. Meneghiiiiana, car elle a les 
mêmes dimensions, la même longueur d'articles, la même 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 267 

forme d'extrémité et, autant qu'il est possible de s'en rendre 
compte, la même couleur. Toutefois, les filaments sont plus 
coudés, surtout à la base, et la consistance n'est pas la même, 
car la plante originale de Meneghini est visqueuse ; mais il 
serait difficile, sans autre point de comparaison, de dire si 
cette viscosité résulte d'une mauvaise dessiccation ou si elle est 
due à un état particulier. Enfin, par opposition à la plante 
espagnole, la plante de l'Adriatique a les trichomes légère- 
ment toruleux. 

7. Lyngbya semiptena ]. Ag. — Rivadeo. 

8. Lyngbya sordida Gom. — Gijon. 

9. Symplocaatlantica Gom. — Gijon. 

10. Hydrocoleum lyngbyaceu?u Kûtz. — Rivadeo, mélangé au Lyngb. 

Menegh in iana. 

1 1 . Microchœle grisea Thur. — Sur des Patelles à Rivadeo. 

12. Calolhrix crustacea Thur. — San Vicente; Rivadeo. 

13. Calolhrix confervicola Ag. — Gijon. 

14. Isactis plana Thur. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. Sur les 

Fucus et les Patelles. 

15. Rivularia atra Roth. — Gijon; Rivadeo. 

iC. Rivularia bullata Berk. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 
17 . Mastigocoleus testarum Lagerh. — San Vicente (Peral). 

Chlorophycées. 

iS. Ulva Lactuca Le Jolis. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

19. Ulva rigida Ag. — San Vicente; Rivadeo. 

20. Enleromorpha compressa Grev. — San Vicente; Rivadeo. 

21. Enleromorpha intestinalis Link. — San Vicente; Gijon. 

22. Enteromorpha ramulosa Hook. — San Vicente; Gijon; Ri- 

vadeo. 

23. Chaetotnorpha aerea Kûtz. — En longues touffes dans les excava- 

tions des rochers que l'on rencontre avant d'arriver au cap 
Oriambre. A Gijon et à Rivadeo, il est rare et en filaments 
isolés. 

24. Cladophora Hutchi?isiœ Kûtz. — Rivadeo. 

25. Cladophora Neesiorum Kûtz. — Rivadeo. 

26. Cladophora pellucida Kûtz. — San Vicente; Gijon. 

27. Cladophora proliféra Kûtz. — San Vicente; Gijon. 

28 . Cladophora réfracta Kûtz. (non Clad. albida Kûtz. var. réfracta. ) 

— San Vicente. 

29. Cladophora ulriculosa Kûtz. — Gijon. 

30. Gomontia polyrhiza Born. et Flah. — San Vicente (Peral); Ri- 

vadeo (Villavieja). 



2 68 JOURNAL DE BOTANIQUE 

3 1 . Ostreobium Queckettii Born. et Flah. — San Vicente (Peral). 

32 . Pilinia maritima Rosenv. — San Vicente ; sur des Patelles. ( Voy. 

page 174, n°38.) 

33 . Tellamia intricata Batters. — Rivadeo, sur des Littorines. 

34. Bryopsis plumosa Ag. — Rivadeo. 

35. Codiam difforme Kùtz. - — J'ai rapporté de San Vicente plusieurs 

exemplaires de Codium rampants qui appartenaient à cette 
espèce, et le Cod. adhasrens ne paraît pas y exister. A Gijon, 
les rochers sont souvent couverts par des Codium rampants, 
cérébriformes, mais je n'en ai rapporté qu'un très petit frag- 
ment, dont les cellules possèdent les dimensions propres au 
Cod. difforme. Il en existe aussi à Rivadeo, mais j'ai seule- 
ment noté leur présence, et qu'ils formaient des plaques lisses, 
non cérébriformes; par suite, je ne'' pourrais pas dire s'ils 
appartiennent au Cod. difforme ou au Cod. adhœrens. 

36. Codium tomentosum Kùtz. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

37. Derbesia La mo uro ux ii Solier. —San Vicente, à très basse mer, 

le long; des échancrures verticales des rochers de Lifïera. 

38. Derbesia ten uissima Crouan. — San Vicente, avec le précédent; 

il est plus fréquent à Gijon, sur les parois peu éclairées des 
gros blocs qui découvrent à basse mer. 

Fucoïdées. 

39. Cysioseira discors Ag. — Très abondant à San Vicente; Gijon; 

Rivadeo. 

40. Cystoseira ericoides Ag. — Très abondant à San Vicente ; Gijon ; 

Rivadeo. 

41 . Cystoseira fibrosa Ag. — Très abondant à San Vicente et Gijon. 

Rejeté à Rivadeo. 

42 . Halidrys siliquosa Lyngb. — Rejeté à Rivadeo. 

43. Fucus ceranoidesL. — Rivadesella; Candas ; A viles; Rivadeo 

(Villavieja) ; rejeté à San Vicente (Meron). 

44. Fucus platycarpus Thur. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

45. Fucus platycarpus var. limitaneus. — Rivadeo (Villavieja, Fi- 

gueras). 

46 . Fucus platycarpus var. spiralis. — San Vicente (Boria) ; Gijon 

(Jove). (Voy. précédemment, p. 211.) 

47. Fucus vesiculosus L. — San Vicente; Gijon; Rivadeo (?). 

48. Fucus vesiculosus var. axillaris. — San Vicente; Gijon. 

49. Fucus vesiculosus var. evesiculosus. — San Vicente. 

50. Fucus vesiculosus var \ crispatus. — San Vicente (Lifïera). (Voy. 

précédemment ', p. 213). 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 269 

51. Fucus vesiculosus var. luiarius. — Ria de San Vicente. {Voy. 

précédemment, p. 210.) 

52. Fucus serratus L. — Très abondant et de grande taille à San 

Vicente et à Gijon. On trouve dans le Havre du Peral une 
forme à frondes larges et tordues, en touffes volumineuses. A 
Rivadeo, la plante est plus petite que dans les précédentes 
localités. 

53 . Ascophyllum nodosum Le Jolis. — Ria de San Vicente ; Ria de 

Rivadeo. 

54. Bifurcaria tuberculata Stackh. — San Vicente; Gijon ; Rivadeo. 

55. Pelvetia canaliculata Dec. et Thur. — San Vicente; Gijon; 

Rivadeo. . 

56. Himanthalia Lorea Lyngb. — San Vicente, très aboudant, mais 

manque au cap Oriambre ; Gijon, très abondant, mais manque 
au cap Tories; Rivadeo. 

57. Laminaria Cloustoni Edm. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

58. Laminaria flexicaulis Le Jolis. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

59. Laminaria saccharina Lamour. — Rejeté à Gijon, Candas, 

Luarca. Commun à Rivadeo, particulièrement à Las Garragas 
et dans l'étroit chenal qui sépare l'île Pancha de la côte. 

60. Saccorhisa bulbosa La Pylaie. — Très abondant à San Vicente, 

Gijon et Rivadeo. 

61 . Phyllaria reniformis Rostaf. — Gijon, très rare. 

62. Chorda Filum Lamour. — Gijon (Corono) ; il n'existe pas dans 

le fond du Golfe de Gascogne, et Gijon est jusqu'à présent Ja 
station la plus méridionale. 

63. Phyllitis Ccvspitosa Le Jolis. — Gijon (cap Torres). 

64. Scylosiphon Lomentaria Endl. — Rare à San Vicente et à Gijon; 

plus commun à Rivadeo. 

65. Litosiphon Laminarice Harv. — San Vicente, sur Lam. Clous- 

toni. 

66. Litosiphon pusillus Harv. (?) — Sur Chorda Filum à Gijon. 

67 . Myriotrichia filiformis Harv. — Cette espèce n'était pas rare à 

Gijon sur le Castagnea et le Nemacystus, mais au lieu d'attein- 
dre un pouce, comme le dit Harvey pour la plante anglaise, 
taille que les exemplaires des côtes normandes et bretonnes 
acquièrent aussi fréquemment, elle dépassait rarement deux à 
trois millimètres, et souvent était plus petite encore. Sur le 
Nemacystus les filaments rampants portaient des sporanges uni- 
loculaires globuleux, et l'ensemble correspondait bien au dessin 
donné par Mlle Karsakoff {Quelques remarques sur le genre 
Myriotrichia, Journ. de Bot., 1S92, PI. XIII, fig. 1). Sur le Cas- 
tagnea, bien que les frondes dressées fussent les mêmes, je n'ai 





270 JOURNAL DE BOTANIQUE 

jamais vu ces sporanges inférieurs. Mais sur un exemplaire âgé 
de Castagnea, les Myriotrichia m'ont présenté une disposition 
qui, à ma connaissance, n'a pas encore été signalée. Certaines 
frondes, de petite taille mais cependant bien reconnaissables, 
présentaient en divers points de leur longueur, souvent sur des 
cellules successives, et parfois unilatéralement disposés, des 
sporanges pluriloculaires bien plus longs et plus apparents 
qu'ils ne le sont habituellement (fig. i), plus longs même que 





Fig. i. — Myriotrichia Jîliformis rampant sur le Castagnea de Gijon. Sur les filaments 
rampants, ou à la base des frondes normales s'élèvent des filaments monosiphoniés por- 
tant des sporanges allongés, semblables à ceux des Ectocarpus. On a représenté seule- 
ment la partie inférieure des frondes normales (Gross. 300). 

ceux représentés par M. Foslie pour une variété varians du 
Dichosporaiigium repens {New or critical Norwegicui Algaz, 
1S94, PI. II). Certains filaments rampants portaient même des 
filaments dressés monosiphoniés, étroits, peu réguliers, 
courts, simples ou ramifiés, pourvus à leur sommet ou latéra- 
lement! de sporanges pluriloculaires longs et étroits, mais 
point 'de sporanges uniloculaires; les dessins de la figure i 
permettent de les comparer à la base des frondes normales. 
On dirait de petits Ectocarpus greffés sur le filament rampant. 
Ces formations sont toujours beaucoup plus courtes que les 
vraies frondes, et, comme les filaments rampants du Myriotri- 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 271 

chia s'étendent immédiatement contre l'axe du Castagnea, il 
en résulte qu'elles s'élèvent peu ou point au-dessus des fila- 
ments assimilateurs de celui-ci. Mais je n'ai jamais vu de 
sporanges pluriloculaires sessiles sur ces mêmes filaments 
rampants (Voy. plus loin à propos du Sireblon. sphœricuni). 

Ces formations sont un lien de plus dans la parenté plu- 
sieurs fois signalée entre les Myriolrichia et les Ectocarpus. 
La cause d'erreur suivante peut se présenter dans leur recher- 
che. Les filaments rampants du Myriolrichia sont entourés 
par une mince gelée pectique et, de plus, le sommet des fila- 
ments du Castagnea transformés en sporanges, puis vidés, 
adhère aux frondes dressées du parasite. Aussi, dans les dis- 
sections, on trouve çà et là un filament arraché à la plante 
hospitalière, resté adhérent au Myriolrichia et qui, à pre- 
mière vue, paraît attaché sur un filament rampant. 

Il est à noter aussi que, dans leurs cellules inférieures, les 
frondes dressées émettent parfois des rhizoïdes divariqués, 
souvent même perpendiculaires, qui portent à leur tour des 
frondes dressées, autrement dit se comportent comme les 
filaments rampants. Sur la figure 1, à droite, on voit l'amorce 
d'un de ces rhizoïdes latéraux. Les rhizines, adhérentes à la 
manière de celles des Eciocarpics cortiqués, sont beaucoup 
plus rares; j'en ai vu parfois se produire à la place des spo- 
ranges uniloculaires vidés. 
68. Slreblonema sphœricum Derb. et Sol. — Sur le Nemacystus ery- 
thrasus à Gijon. 

Derbès et Solier ont observé, sur le Liebmannia Leveillei, 
une petite Ectocarpée qu'ils ont nommée Ectocarpus sphœri- 
cus. Les sporanges uniloculaires, sphériques, avaient une 
grande ressemblance avec ceux du Liebman?iia. Ils l'ont vue 
aussi sur le Stilophora et le Nereia et en ont donné plusieurs 
dessins {Mémoire sur quelques points de la physiologie des 
Algues, p. 54 et pi. 22). La diagnose de l'espèce a été publiée, 
en 1S51, dans la brochure de Castagne intitulée « Supplément 
au Catalogue des plantes qui croissent ?iaturelleme)it aux 
environs de Marseille, p. 100 », et Derbès et Solier ont ajouté 
en note : « Les filaments incolores, assez semblables à ceux que 
l'on rencontre chez les Elachistea (Aresch.), semblent éloigner 
cette espèce des autres Ectocarpus ; elle pourrait être regardée 
comme le type d'un genre particulier (Streôlonema). La fronde 
est entrelacée avec les filaments de la périphérie de diverses 
Mesogloiées d'une telle manière qu'on la confondrait avec 
eux. » Le nom de Strebl. sphasricum ne doit donc pas être 



272 JOURNAL DE BOTANIQUE 

attribué à Thuret, comme on le dit dans tous les livres, mais 
à Derbès et Solier. 

Thuret a retrouvé cette plante à Cherbourg sur le Liebman- 
nia (Le Jolis, Liste des Algues marines de Cherbourg, p. 73). 
Hauck la cite dans l'Adriatique sur le Liebmannia et sur le 
Nemalion lubricum ; il attribue aux filaments rampants une 
largeur de 10-15 ;x et aux sporanges uniloculaires un diamètre 
de 40-45 \i.(Die Meeresalgen, p. 323). M. Reinke l'ayant rencon- 
trée à Kieldans le thalle du. Micros/>o?/giuw gelcitinosum [Algen 




Fig. 2. — Slreblonema sphierictim séparé d'un Liebman7iia Levcillei récolté à Amibes. Les 
seuls organes reproducteurs sont des sporanges uniloculaires (Gross. 300). 

flora, p. 41 et Atlas deutscher Meeresalgeji, pi. 18) en a donné 
deux dessins; l'un la représente pourvue de sporanges unilocu- 
laires, l'autre munie de sporanges pluriloculaires, lesquels 
étaient encore inconnus. Les deux sortes de fructification 
sont portées par des individus différents. Mais si l'on examine 
ces deux dessins avec quelque attention, on conviendra que, 
la nature des sporanges mise à part, ils représentent des plan- 
tes trop différentes pour qu'elles appartiennent à une même 
espèce, et celle à sporanges pluriloculaires, avec les filaments 
les uns rampants, les autres dressés, parait être plutôt un jeune 
Eclocarpus. M. Reinke spécifie que les chromatophores sont 
peu nombreux et il en a représenté de i à 4 clans les cellules 
de la plante à sporanges uniloculaires. 

Avant de nommer la plante de Gijon, j'ai étudié un Lieb- 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 273 

mannia récolté par Thuret à Antibes, le 31 mai 1859, et noté 
par lui comme portant le Strebl. sphsericum. Le parasite, 
intimement enchevêtré avec les filaments corticaux de l'hôte, 
s'élève au-dessus seulement par ses poils. On le reconnaît, à 
un faible grossissement, à ses sporanges uniloculaires un peu 
moins volumineux et un peu moins foncés que ceux AxxLiebman- 




F 'g- 3- — Slreblonema spheericum séparé du Nemacystus erythrasns de Gijon. La plante 
porte simultanément des sporanges uniloculaires et pluriloculaires (Gross. 300). 

nia. Une dissection attentive est nécessaire pour l'isoler et ses 
filaments paraissent, en certains cas, être adhérents à ceux de 
l'hôte. Les filaments rampants (fig. 2), irréguliers, ramifiés, ont 
10-14 "• de largeur, la longueur des cellules est 1 1/2 à 4 fois 
leur diamètre. A l'inverse de M. Reinke, j'ai toujours vu la 
plante bien pourvue de chromatophores discoïdes, leur nombre 
variant de 5 à une douzaine, suivant la taille de la cellule 
considérée, et il est possible que la plante de Kiel à sporanges 
uniloculaires n'appartienne pas à la même espèce que celle 



274 JOURNAL DE BOTANIQUE 

de la Méditerranée, ou tout au moins ne corresponde pas 
absolument au type; les dessins de Derbès et Solier indiquent 
aussi d'assez nombreux chromatophores. Les filaments dressés 
font totalement défaut. Les poils, incolores, à accroissement 
basai, sont assez généralement portés par un pédicelle unicel- 
lulaire; à une certaine distance au-dessus de la base, les 
cellules, très longues, mesurent 180-220 \>. sur 10-14 [x. 
Les sporanges uniloculaires, les seuls que possédait la 
plante (1), sont assez régulièrement sphériques avec un dia- 
mètre de 40-60 \l. Les parois des sporanges vidés persistent 
assez longtemps et je n'ai pas observé de sporanges emboîtés. 
Le Nemacystus de Gijon portait, souvent mélangé au My- 
riotrichia filiformis y un Streblonema que j'ai rapporté au 
5". sphâericum. Le parasite se laisse assez facilement séparer 
de la plante hospitalière ; il est plus grêle que celui du Lieb- 
mannia, mais a la plus grande ressemblance avec lui (fig. 3) ; 
les filaments ne dépassent guère 10 [x, les cellules qui suppor- 
tent les sporanges atteignent seules 13-14 ij.; les chromatopho- 
res sont identiques. Les poils ont environ 10 a. Les sporan- 
ges uniloculaires sont tantôt sphériques, à diamètre égal ou 
inférieur à 40 \i (souvent 35 [/.), tantôt allongés, piriformes, de 
35-55 [i- sur 25-35 \i.. Les mêmes filaments portent des spo- 
ranges pluriloculaires parfois très nombreux; isolés, ceux-ci 
mesurent 30-65 [/. sur 12-16 p., mais s'ils naissent à l'extrémité 
d'un filament, et que chaque cellule porte un sporange, ils 
sont alors souvent plus petits, réduits à deux ou trois logettes 
de hauteur, et, dans ce cas aussi, les cellules qui les portent, 
transformées parfois elles-mêmes en logettes, se vident en 
même temps. On trouve aussi, çà et là, mais plus rarement, 
un sporange isolé vidé ainsi que la cellule qui le porte, parta- 
geant ainsi le filament rampant en deux tronçons comme cela 
se voit par exemple chez les Castaguea. Les logettes, fré- 
quemment unisériées, sont parfois dédoublées par une cloison 
plus souvent oblique que longitudinale. Je n'ai pas vu de 
sporanges emboîtés. (A suivre.) 

1. M. Batters a trouvé récemment le Strcbl. sphâericum en Angleterre {New 
or critical British Algas, Grevillea, t. XXI, 1892); il cite les sporanges unilo- 
culaires, sphériques ou ovales de 35-40/1/ de diamètre; il cite aussi les sporanges 
pluriloculaires, mais sans aucun détail et sans dire s'ils se trouvent sur le même 
individu. 

Le Gérant : Louis Mokot. 



Paris. — J. Mersch, imp.,4*", Av. deUiàtillun. 



ii' ANNEE. N° 17. r r SEPTEMBRE 1897. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



NOTE PRELIMINAIRE 
SUR LES ALGUES MARINES DU GOLFE DE GASCOGNE 

{Suite.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

La plante de Gijon diffère donc du 6". sphaericum de la 
Méditerranée, tel qu'il est connu jusqu'ici, par la présence 
des sporanges pluriloculaires, les dimensions un peu plus 
réduites de tous les organes et la forme plus variable des 
sporanges uniloculaires. Je ne crois pas que ces caractères 
soient actuellement suffisants pour la séparer comme espèce. 

Le Myrioirichia filiformis ; enchevêtré avec le Streblonema, 
avait ses nombreux et longs filaments rampants basilaires abon- 
damment pourvus de ces sporanges uniloculaires à cause des- 
quels Hauck créa le genre Dichosporangium (N. Karsakolï, 
Quelques remarques sur le genre M y riotrichia , Journ . de Bot . , 
t. VI, 1S92). La ressemblance est telle entre les deux plantes, 
lorsque les filaments rampants du Myrioirichia ne portent pas 
encore de frondes dressées, et que leurs sporanges sont petits 
ou encore jeunes, que plus d'une 'fois j'ai été embarrassé de sa- 
voir à laquelle des deux espèces rapporter certains filaments 
disséqués. J'ai même soupçonné les deux plantes de n'en être 
qu'une seule. Mais, aussi longs que j'ai réussi à isoler les fila- 
ments rampants, je n'ai jamais trouvé de sporanges plurilocu- 
laires en même temps que des frondes dressées de Myrioiri- 
chia. 

M. Reinke {Algen/lora, p. 41) considère Y Eclocarpus Chor- 
darise Farlow {The marine Algse of New England, p. 69) 
comme synonyme du Strebl. sphaericum. Cette assimilation a 
probablement été faite seulement d'après la remarque de 
M. Farlow, qui indique une ressemblance entre ces deux 
plantes. J'ai étudié VE. Chordariœ sur un échantillon authen- 
tique du C 'hordaria divaricata conservé dans l'Herbier Thuret 
et sur un fragment de la même plante, conservé dans la glycé- 
rine, que je dois à l'obligeance de M. Farlow. Les filaments 
rampants portent des sporanges uniloculaires, toujours allongés, 
souventgroupés, brièvement, mais très généralement pédicellés, 



276 ' JOURNAL DK BOTANIQUE 

et, comme le fait remarquer M. Farlow,à peu près «le la même 
taille que les cellules extrêmes du Chordaria; ils portent en 
outre de vrais filaments dressés qui n'existent pas chez les 
Streblonema. La plupart des filaments dressés étaient tronqués, 
mais un certain nombre d'entre eux, terminés par un poil, por- 
taient immédiatement au-dessous de celui-ci un petit sore de 
sporanges, soit uniloculaires, soit pluriloculaires, de la forme 
caractéristique de ceux des Myriotrichia. \J Ectocarpus Chor- 
darise examiné n'est donc pas un synonyme du Streblonema 
sp/icerïcum, mais probablement un Myriotrichia sous sa forme: 
Dichosporangium . 

Sous ce même nom spécifique Chordaria?, Wollny a décrit 
une plante vivant sur le Chordaria Jlagelliformis, qu'il a 
rapportée au genre Dichosporangium (Algologische Mitthei- 
lungen, Hedwigia , t. XXV, 1886). Je ne la connais que par la 
description et les dessins donnés par l'auteur, et je n'ai pu 
saisir pourquoi cette plante est un Dichosporangium ; autant 
qu'on en peut juger, elle se rapproche plus du Streblonema 
que de tout autre genre. 

Le genre Streblonema a subi de nombreuses vicissitudes. 
Proposé en 185 1 par Derbès et Solier pour VEctoc. sphsericus, 
il fut adopté par Pringsheim [Beitrdge sur Morphologie der 
Meeresalge/i, 1S62, p. 13), qui en donna le premier une 
diagnose, réduite d'ailleurs à ces mots : « Trichosporanges 
siliquiformes et souvent ramifiés. » L'année suivante, Thuret 
montrait que ce caractère, valable pour le Slrebl. fasciculatum 
(— Strebl. volubile Pringsh. non Thur.), étudié par Prings- 
heim, n'avait pas la valeur que cet auteur lui attribuait. En 
même temps, Thuret (loc.cit.) groupe dans ce genre cinq es- 
pèces d'Ectocarpées à fronde filiforme rampante dans le thalle 
d'autres Algues, mais Hauck (loc. cit.) en sépare les Strebl. 
investiens et Strebl. velutinuin pour les faire rentrer parmi les 
Ectocarpus, où ils sont en effet mieux placés. Depuis, .M. de 
Toni [Sylloge Algarum) a rangé, sous le nom de Streblonema, 
la plupart des Ectocarpus parasites, manière de voir qui n'est 
guère soutenable, car plusieurs espèces pourraient faire partie, 
tantôt des Ectocarpus, tantôt des Streblonema, suivant la na- 
ture du substratum sur lequel elles croissent (C. Sauvageau, 
Observations relatives à la sexualité des Phéosporées, Tourn. 
de Bot., 18^7, [>. 76). D'autres auteurs, au contraire (C rouan, 
Farlow, Keinke, Rosenvinge, etc.), refusant l'indépendance au 
Streblonema, en font une section des Ectocarpus. Le genre est 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 277 

en effet artificiel s'il est fondé sur le seul caractère d'un thalle 
inférieur, à filaments lâchement écartés, rampant dans le tissu 
des Algues dont la couche périphérique est formée de filaments 
libres, et si l'on admet aussi, avec M. Kjellman (m Engler et 
Prantl, Pflanzoïfamilien, p. 187), que les filaments dressés 
ou secondaires y perdent de leur importance par rapport aux 
filaments rampants ou primaires, sont en régression, et peuvent 
même disparaître complètement. Il serait préférable d'écarter 
nettement des Streblonema toutes les espèces à filaments dres- 
sés; sinon, les Ectocarpus des Algues spongieuses pourraient 
y rentrer. Si, en effet, on examine les Strebl. sphéericum, fas- 
ciculatum, volubile, qui sont d'ailleurs les premières espèces 
décrites, et que Thuret et Hauck séparent des Ectocarpus, on 
constate qu'il n'y existe pas, à proprement parler, de filaments 
dressés; les filaments, simples ou ramifiés, à la fois fixateurs et 
assimilateurs, indépendants et irrégulièrement écartés les uns 
des autres, s'allongent toujours par leur cellule terminale et non 
par un accroissement intercalaire; les poils incolores, à accrois- 
sement basai, sont, de même que les sporanges, sessiles ou 
portés par un pédicelle unicellulaire, ou d'un petit nombre de 
cellules, lesquelles, au lieu d'être cylindriques ou régulière- 
ment doliiformes, comme celles des filaments dressés d'Eclo- 
carpus, ont le même aspect irrégulier que celles des filaments 
rampants. C'est à des plantes semblablement caractérisées que 
le nom de Streblonema devrait être réservé. 

69. Ectocarpus fasciculatus Harv. — San Yicente; Gijon ; Rivadeo. 

70. Ectocarpus globifer Kûtz. — Rare à Gijon, sur Cystos. ericoides. 

71 . Ectocarpus granulosus Ag. — San Vicente; Gijon (cap Torres); 

Rivadeo. 

72. Ectocarpus Hincksiœ Harv. — San Vicente, sur Lam. Cloustoni. 
73 . Ectocarpus irregularis Kûtz. — San Vicente ; Gijon. 

74. Ectocarpus Lebelii Crouan. — San Vicente; Gijon. 

75 . Ectocarpus pusillus Griff. var. typica. — San Vicente (cap Oriam- 

bre, en très belles mèches sur le Corallina mediterranea. C'est 
sur ces exemplaires que j'ai observé la motilité des spores de 
cette espèce. Voy. Sexualité des Phéosporées, Journ. de 
Botanique, 1897). 

76. Ectocarpus secundus Kûtz. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

Dans cette dernière localité, je l'ai vu non seulement sur le 
Saccor/nsa, son substratum habituel, mais aussi sur YHiman- 
Ihalia. 

77 . Ectocarpus siliculosus Lyngb. — Rivadeo, sur Laurencia obtusa. 



27» JOURNAL DE BOTANIQUE 

78. Ectocarpus solitarius Sauv. — San Vicente,sur le Taonia. 

79. Ectocarpus tomentosus Lyngb. — San Vicentc (Liiïera). 
So. Ectocarpus Valiantei Bom. — San Vicente ; Gijon. 

81 . Ectocarpus velulinus Kûtz. — San Vicente; Gijon ; Rivadco. 

82. Ectocarpus virescens Thur. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

83. Pylaiella fulvescens Born. — N'est pas rare dans les flaques su- 

périeures à San Vicente (Los Rosales, Castillo, Rocher du 
Zapato, Cap Oriambre) ; Candas. 

84. Pylaiella lilloralis KjeWm. — San Vicente (dans la ria, à Los 

Rosales) ; Rivadeo (dans la ria à Villavieja, et vers la mer ou- 
verte entre la Punta Rumeles et la Punta de la Cruz). 

85. Sp/iacelaria cirrosa Ag. — Très commun à San Vicente et à Gi- 

jon sur le Cystoseira ericoides ; moins commun à Rivadeo. 

86. Sphacelaria tribuloides Menegh. — Très rare à San Vicente. 

(Voy. précédemment, p. 177.) 
S7. Cladostephus spongiosus Ag. — San Vicente; Gijon ; Rivadeo. 

88. Cladostephus verticillatus Ag. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

89. Stypocaulon scoparium Kùtz. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

90. Myrionema vulgare Thur. — Très abondant à San Vicente et à 

Gijon; très rare à Rivadeo. 

91 . Ralfsia non encore déterminés. — San Vicente ; Gijon ; Rivadeo. 

92. Giraudya sphacelarioides Derb. et Sol. — Cette plante n'avait 

pas encore été citée dans l'Océan au sud de Brest ; j'en ai 
trouvé quelques rares individus de petite taille en disséquant 
des Phéosporées parasites sur le Cystoseira ericoides et YUlva 
Lactuca de Gijon. 

93. Elachisteaflaccida Aresch. — Abondant à San Vicente (Liiïera) 

sur le Cystoseira fibrosa. 

94. Elachistea fucicola Fries. — Très abondant à San Vicente, Gijon 

et Rivadeo. 

95. Elachistea pulvinata Harv. — San Vicente; Gijon; Rivadeo 

(même remarque que pour la plante du fond du golfe, p. 178). 

96. Elachistea scululala Duby. — Rivadeo (abondant à Villasellan. 

Voy. précédemment, p. 178). 

97. Leathesia difformis Aresch. — Cette plante, aussi abondante à 

San Vicente qu'à Guéthary, fréquente aussi à Gijon, disparaît 
presque entièrement à Rivadeo, où j'en ai vu un seul exem- 
plaire. On sait que le L. difformis, qui n'a été cité ni en Portu- 
gal ni à Cadix, réapparaît au Maroc où, d'après M. Bornet, il 
prend un aspect particulier. 

98. Liebmannia Leveillei], Ag. — Gijon, très basse mer. 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 279 

99 . Castagnea chordariœformis Thur. — Je l'ai trouvé à San Vicente, 
en 1895 et 1896, dans une petite flaque de l'échancrure située 
entre Linera et Santa-Catalina. Il est très abondant à Gijon, 
sur les pierres, dans les flaques, au niveau des Padina et Fucus 
platycarpus. J'en ai récolté aussi quelques rares exemplaires à 
Rivadeo (Villasellan). — (Voy. fig. 4 et 5, et précédemment 
p. 178.) 




4 - Castagnea chordari&formis de Gijon; A, portion d'une coupe transversale d'une 
fronde adulte montrant l'existence d'une large lacune axile; B, portion d'une coupe trans- 
versale dans une partie très jeune de la fronde ; la lacune axile n'est pas encore formée 
(Gross. 



e dans 1 
s. /oo). 



too, 



A Gijon, j'ai souvent vu sur cette plante de petits points 
noirs, isolés, faisant légèrement saillie. Ils étaient dus aux pé- 
rithèces d'un Champignon que M. Patouillard a bien voulu 
étudier, et dont il a fait une espèce nouvelle, décrite dans ce 
Journal (t. XI, p. 242), sous le nom de Zignœlla calospora. 
Nemacyslus erythréeus [Cladosiphon J. Ag.). — Gijon, sur le 
Cysloseira erïcoides, près de la colline de Corono. 

La synonymie des Chordariées est singulièrement embrouil- 




28o JOURNAL DE BOTANIO.UK 

lée, et il est devenu bien difficile de se retrouver parmi les 
genres Castagnea, Cladosiphon, Nemacystus, etc. M. J. Agardh 
{Till Algernes Systematik, IV, Chordariœ) admet cinq espè- 
ces dans le genre Cladosiphon, créé par Kùtzing pour le Clados. 
méditer raneus. Mais Ilauck comprit que la forme et la position 
des sporanges pluriloculaires de cette plante la rapprochaient 
des Castagnea {Die Meeresalgen, Castagnea Jîstulosa, p. 361), 
et récemment, M. Bornet l'y a fait rentrer sous le nom de 
Castag. mediterranea {Algues de Schousboe, p. 236), auquel le 
même auteur réunit, comme synonyme, le Cladosiphon Girau- 
dyi, considéré comme espèce distincte par M.J. Agardh {loc. 
cit., p. 42), et par M. de Toni {Sylloge Algarum, p. 413). 
Nous avons rangé, après Thuret, le Cladosiphon Chordarias- 
formis parmi les Castagnea. La quatrième espèce, Clados. 
Zostericola, de la Nouvelle-Hollande, si ses sporanges pluri- 
loculaires, bien distincts des filaments végétatifs, sont divisés 
suivant la longueur, comme le représentent Kùtzing {Tabules 
phycologicâs, IX, tab. I), et M. J. Agardh {loc. cit., pi. II, 
fig. 3, b), serait peut-être mieux placée dans le voisinage du 
Liebmannia. Enfin, il est fort possible que le Clados. Frappieri , 
ajouté avec doute par M. de Toni à la liste de M. J. Agardh, 
soit tout autre chose qu'une Phéosporée. Reste la cinquième 
espèce, Clados. erythrœus, que nous appellerons Nemacystus 
erythrœus. 

Pour M. de Toni, Nemacystus est synonyme de Cladosi- 
phon, mais on chercherait vainement, dans son Sylloge, de 
même que dans le Mémoire de M. J. Agardh, la mention du 
Nemac. ramulosus, pour lequel Derbès et Solier ont créé le 
genre. Le genre est cependant bien caractérisé par leurs des- 
sins {Organes reproducteurs des Algues, Ann. Se. nat., 3 e sér., 
t. XIV, pi. 2)^,i n g- l A' l l) et P ar l eur diagnose où sont men- 
tionnés les sporanges pluriloculaires « in filis fertilibus unise- 
riata, apice filorum evadentia », ainsi que par les dessins de 
Hauck {Die Meeresalgen, p. 367, fig. 156). 

La structure des Castagnea (fig. 4) et des Nemacystus 
(fig. 6) concorde; l'axe, plein au début, se creuse en avançant 
en âge, mais les sporanges pluriloculaires sont différents. Dans 
les Castagnea (fig. 5), tous les filaments assimilateurs peu- 
vent, à priori, devenir fertiles, par la transformation de leurs 
cellules extrêmes. Chacune de ces cellules s'accroît en un petit 
sporange pluriloculaire latéral, fréquemment dressé sur la fnce 
convexe du filament, ou, plus rarement, cloisonne directement 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 281 

son contenu en zoospores qui s'échappent par un bec latéral ; 
le sommet d'un filament fertile de Castagnea ne se transforme 
que rarement en un sporange pluriloculaire à déhiscence termi- 
nale, mais très généralement en une série de sporanges plurilo- 
culaires. Dans les Nemacystus (fig. 6), il n'en est plus de même. 
Les filaments fertiles, simples ou rameux, sont distincts des 
filaments assimilateurs ; ils naissent à la hase de ceux-ci, ou 




Fig. 5. — Castagnea chordarixjormis de Gijon. Quelques filaraen 3 pour montrer la dispo- 
sition des sporanges (Gross. 300). 



bien, comme eux, directement sur l'axe, et c'est toute leur 
extrémité qui se transforme en un même sporange pluriloculaire 
linéaire, unisérié, à déhiscence terminale. Il nous paraît impos- 
sible de laisser dans le même genre des plantes aussi différen- 
tes, par leurs organes pluril oculaires, que celles représentées 
sur les figures 5 et 6. C'est pourquoi nous reprenons le 
genre Nemacystus, avec le sens qui lui a été donné autrefois 
par Derbès et Solier. Le genre Cladosiphon Kùtz., hétérogène, 
disparaîtrait avantageusement; son nom est, il est vrai, anté- 



282 JOURNAL DE BOTANIQUE 

rieur à celui de Castagnea Derb. et Sol., mais il a été mal 
caractérisé. 

Le genre Nemacystus n'avait pas encore été rencontré dans 
l'Océan Atlantique. La plante que j'ai récoltée à Gijon res- 
semble à première vue au Casl. chordariseformiS) mais elle 
est plus grêle et d'un brun plus foncé. Au lieu de croître sur 
les pierres, on la trouve à mi-marée sur le Cystos. ericoides, 
en touffes d'une douzaine de centimètres de hauteur, à frondes 
enchevêtrées, d'environ un demi-millimètre de largeur, plus 
étroites dans les parties terminales, à rameaux très fortement 
divariqués. L'axe est composé d'un massif de cellules paren- 
chymateuses, devenant creux avec l'âge. De la couche exté- 
rieure naissent des filaments rampants qui émettent des fila- 
ments assimilateurs cloisonnés, à cellules supérieures beaucoup 
plus grosses que les inférieures, bombées sur la face convexe 
du filament, plus rarement sphériques ou elliptiques, et des 
filaments fructifères, ramifiés surtout par bifurcation, formant 
souvent une petite touffe en corymbe. Les sporanges plurilo- 
culaires sont terminaux, allongés, linéaires, à zoospores uni- 
sériés et à déhiscence terminale. Je n'ai pas vu de sporanges 
uniloculaires. 

Je l'ai comparé au Clados. erythrasus de la Mer Rouge 
distribué par Hohenacker dans ses Algœ marinas siccatse 
sous le n° 23, qui porte en synonymie le nom de Mesogloia 
vermicularis $ gracilis Hering ; la plante, épiphyte, croissait 
sur le Sargassum dentifolium. L'exemplaire de l'Herbier 
Thuret est très âgé, en beaucoup de points dénudé et réduit à 
la masse axiale ; les filaments assimilateurs sont plus courts 
que ceux de la plante de Gijon, plus fortement claviformes, et 
à articles supérieurs très généralement arrondis ; sur quelques- 
uns, cependant, on voit, au sommet, des débris de cellules, 
indiquant que les filaments sont tronqués, probablement par 
vétusté. La longueur des filaments correspond beaucoup 
mieux avec une plante de l'Herbier Bory de Saint-Vincent, ré- 
coltée dans la Mer Rouge par Bové. Enfin, l'Herbier Thuret 
renferme un exemplaire d'un Nemacystus provenant de Nou- 
méa (Nouvelle-Calédonie), dont l'aspect extérieur concorde 
absolument avec celui de la plante de Gijon. Celui-ci, en 
outre des sporanges pluriloculaires, montre çà et là un spo- 
range uniloculaire ovale ou subsphérique, à la base des fila- 
ments assimilateurs. Toutes ces plantes ont, d'une manière 
générale, les cellules terminales des filaments assimilateurs plus 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 283 

arrondis que dans la plante de Gijon, caractère qui me semble 
insuffisant pour établir une espèce, mais qui justifierait peut-être 
la distinction d'une variété hispanicus. 




Fi^. 6. — Nemacystiis erythrasus de Gijon A, portion d'une coupe transversale dans le. 
thalle adulte (Gross. 200) ; S, fragment de la couche périphérique montrant la différence 
de forme et de taille entre les filaments assimilateurs et les filaments fertiles (Gross. 300). 

Le Nemacystus erythrcBiis a donc une aire géographique 
très étendue, puisqu'on le trouve dans la Mer Rouge, en Nou- 
velle-Calédonie, au Japon (d'après M. de Toni), et sur la côte 
nord de l'Espagne. 



2S 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Les deux autres espèces du genre seraient le N. ramulosus 

Derb. et Sol. et le N. Posido//iée Hauck ; elles sont décrites 

dans le livre de Hauck, mais on devrait faire abstraction de la 

synonymie qui leur est attribuée. 

loi . Desmarestia aculeata Lamour. — Rejeté à Candas et à Rivadeo. 

102. Desmarestia ligulata Lamour. — En exemplaires rares et âgés à 

Gijon et à Rivadeo. 

103. DictyopterispoIypodioid.es Lamour. — San Vicente; Gijon; Ri- 

vadeo. Abondant à basse mer. 

104. Padina Pavonia Gaill. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

105. Taonia aio maria J. Ag. — Assez rare à San Vicente; Gijon 

(cap Torres, où il était muni d'anthéridies) ; rare à Rivadeo. 

106. Dictyoia dichotonia Lamour. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

107. Dictyota ligulata Kùtz. — Très rare à San Vicente, et je ne l'ai 

pas vu dans les autres localités. 

Rhodophycées. 

108. Goniotrichum elegans Zanard. — Sur différentes Algues. 

109. Erytrotrickia carnea]. Ag. (E. ceramicola Aresch.). — San 

Vicente; Rivadeo. 

110. Erytrotrickia investi ens Born. — San Vicente. 

111. Erytrotrickia reflexa Thur. in herb. — San Vicente. 

112. Porphyra laciniata Ag. — Je l'ai vu seulement sur des points 

très restreints et alors en abondance, à San Vicente, sur des 
rochers près du cap Oriambre, et à Rivadeo, à Las Garragas. 
A Gijon, j'ai recueilli quelques thalles en lame minuscule, 
étendue, fixés sur un Fucus, et qui appartiennent peut-être à 
cette espèce. 

113. Chantransia Daviesii Thur. — Gijon. 

1 14. Heliuinthocladia purpurea], Ag. — San Vicente; Gijon. Rare. 

115. Nemalion lubricum Duby. — San Vicente. 

116. Nemalion multifidum}. Ag. — San Vicente, dans la ria à Los 

Rosales. 

117. Liagora viscida Ag. — Gijon. Très rare. 

118. Scinaia furcellata Biv. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

119. Scinaia furcellata var. subcostata J. Ag. — ■ Rejeté à Rivadeo. 

120. Caulacanthus uslulatus Kùtz. — San Vicente; Rivadeo. Je ne 

l'ai pas rapporté do Gijon, et mes souvenirs ne me permettent 
pas de dire s'il y existe. 

121 . Gelidium attenuatum Thur. mscr. — San Vicente; Gijon. 

122. Gelidium crinale Lamour. — San Vicente; Gijon. 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 285 

123. Gelidium latifolium Bornet. — SanVicente; particulièrement 

abondant à mer basse à Gijon ; Rivadeo. 

124. Gelidium pulchellum Kùtz. — San Vicente ; Rivadeo. 

125. Gelidium pulvinatum Thur. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

126. Gelidium sesquipedale Thur. — SanVicente; Gijon; Rivadeo. 

127. Pterocladia capillacea Born. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

128. Chondrus crispus Stackh. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. A 

San Vicente on trouve tous les passages entre la forme large 
typique et une grêle, presque filiforme, et plus longue. 

129. Gigariina acicularis Lamour. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

130. Gigariina falcata J. Ag. — Très rare à Gijon. 

131. Gigariina mamillosa J. Ag. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

132. Gigariina pistillala Stackh. — SanVicente; Gijon; Rivadeo. 

133. Gigariina Teedii Lamour. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

134. Phyllophora rubens Grev. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

135. Gymnogongrus Griffithsise Martius. — San Vicente; Gijon. 

136. Gymnogongrus norvégiens J. Ag. — San Vicente; Gijon; 

Rivadeo. 

137. Ahnfeltia plicala Fries. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. Il est 

toujours rare sauf au cap Tories. 

138. Aclinococcus peltéeformis Schmitz. — San Vicente; Gijon; 

Rivadeo. 

139. Callophyllis laciniata Kùtz. — SanVicente; Gijon; Rivadeo. 

140. Çallymenia reniformis J. Ag. — Très rare à San Vicente et 

Rivadeo. 

141 . Catenella Opuntia Grev. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

142. Solieria chordalis\. Ag. — Rare à Gijon. N'existe pas dans le 

fond du Golfe. 

143. Sphéerococcus coronopifolius Ag. — San Vicente; Gijon; Ri- 

vadeo. Très basse mer. 

144. Gelidiopsis pannosa Schmitz {Gelidium Grunow) ? — San Vi- 

cente. Rare; on sait que cette espèce, vue d'abord en Océanie, 
a été trouvée au Maroc par Schousboe et à Biarritz par Thuret 
(Bornet, Les Algues de Schousboe). 

145. Gracilaria confervoides Grev. — SanVicente; Gijon; Rivadeo. 

146. Gracilaria multipartita Harv. — San Vicente; Gijon. 

147. Calliblepha ris cil ia la Kiïtz. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

148. Calliblepharis jubata Kùtz. — San Vicente; Rivadeo. 

149. Hypnea mu scij 'or mis Lamour . — San Vicente; Gijon (rare). 

150. Rhodymemia palmata Grev. — San Vicente (rejeté); Gijon (re- 

jeté) ; Rivadeo. ( Voy. précédemment À 

151. Rkodymenia Palmefta Grev. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 




2 86 JOURNAL DE BOTANIQUE 

152. Lomentaria artîculata Lyngb. — San Vicentc; Gijon; Rivaclco. 

Les Laminaria Clousloni âgés, rcjctés à la côte, en portent 
des exemplaires bien plus grands que ceux que la mer dé- 
couvre. 

153. Lome?itaria clavellosa Gaillon. — Gijon; Rivadeo. Toujours 

rare et de petite taille. 

154. Champia parvula Harv. — San Yicente ; Gijon. 

155. Chylocladia ovalis Hook. — Rivadeo. 

156. Plocamium coccineum Lyngb. — San Yicente; Gijon; Rivadeo. 

157. Nitophyllum Gmelini Grev. — Rivadeo; rare. 

15S. Nitophyllum Hillise Grev ■. — Rivadeo; rare (Castillo et Yilla- 
sellan). 

159. Nitophyllum lacer atiim Grev. — San Yicente ; Gijon ; Rivadeo. 

160. Nitophyllum punctatum Harv. — San Yicente; Gijon; Rivadeo. 

161 . Nitophyllum uncinatum J. Ag. — San Yicente; Gijon ; Rivadeo. 

162. Delesseria Hypoglossum Lamour. — San Yicente; Gijon; Ri- 

vadeo. 

163. Delesseria ruscifolia Lamour. — San Yicente; Gijon; Rivadeo. 

164. Delesseria sangui?iea Lamour. — San \ icente (rejeté); Gijon 

(rejeté) ; Rivadeo. 

165. Bonnemaisonia asparagoides Ag. — Rare à Gijon, à très basse 

mer et en exemplaires de petite taille. 

166. Laurencia obtusa Lamour. — San Yicente; Gijon ; Rivadeo. 

167 . Laurencia pinnatifida Lamour. — San Yicente ; Gijon ; Rivadeo. 

J'ai trouvé à Rivadeo des exemplaires rejetés bien plus grands 
que ceux découverts par la marée et qui atteignent 20 cent, 
de longueur. 

168. Chondria cse r ulescens Thur. (J. Ag.). ■ — San Yicente et Riva- 

deo; toujours de petite taille. 

169. Chondria dasyphylla Ag. — Rare à Gijon et Rivadeo. 

170. Chondria tenuissima Ag. — Gijon. 

171 . Polysiphonia alrorubescens Grev. — Gijon ; Rivadeo. 

172. Polysiphonia collabens Kûtz. — Gijon; Rivadeo. 

173. Polysiphonia elongata Harv. — San Yicente; Gijon (rare). 

174. Polysiphonia fastigiata Grev. — San Yicente; Rivadeo, sur 

Y Ascophyllum. 

175. Polysiphonia ferulacea Suhr. — San Yicente; Rivadeo. 

176. Polysiphonia jibiillosa Grev. — Rivadeo, sur Codium tomen- 

tos •uni. 

177. Polysiphonia J'ruticulosa Spreng. — San Yicente ; Gijon; Ri- 

vadeo. 

178. Polysiphonia macrocarpaHarv. — San Yicente; Rivadeo. 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 287 

179. Polysiphonia nigrescens Harv. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

180. Polysiphonia opaca Zanard. — Rivadeo. 

181. Polysiphonia polyspora ]. Ag. — San Vicente; rare. 

182. Polysiphonia thuyoides Harv. — San Vicente ; très rare. Je ne 

l'ai vu ailleurs qu'à La Corogne. 

183. Pterosiphoiïia complanala Falk. ((Polysiphonia [. Ag.). — San 

Vicente; Gijon; Rivadeo. 

184. Pterosiphonia pennala (Polysiphonia ]. Ag.). — San Vicente; 

Gijon. 

185. Bostrychia scorpioides Montag. — San Vicente (Havres du 

Peral et de Villegas) ; Rivadeo (Villavieja). 

186. Herposiphonia tenella Falk. {Polysiphonia J. Ag.). — Rivadeo. 
1S7. Lophosiphonia obscura Falk. (Polysiphonia J. Ag.). — San 

Vicente; Gijon; Rivadeo. 
iSS. Ophidoclados simpliciuscula Falk. (Polysiphonia Crouan). — 
Commun à San Vicente et à Gijon. 

189. Ctenosiphonia hypnoides Falk. (Polysiphonia Welwitsch). — 

Gijon. 

190. Dasya arbuscula Ag. — San Vicente; Rivadeo. 

191 . Dasya coccinea Ag. — N'est pas rare à très basse mer à San Vi- 

cente, Gijon et Rivadeo. 

192. Sphondylolhamnion multifidum Xâg. — San Vicente ; Gijon. 

193. Spermothamnion Turneri Aresch. — San Vicente; Gijon (cap 

Torres, sur Y AhnfeUia). 

194. Ptilothamnion Pluma Thur. — San Vicente, sur les stipes de 

Latninaria Clousloni avec le Melobesia Laminariœ. 11 existe 
probablement aussi à Gijon et à Rivadeo, mais je ne l'y ai pas 
cherché. 

195. Griffithsia setacea Ag. — Gijon; stérile, et, par suite, de déter- 

mination spécifique douteuse. 

196. Ralurus equisetifoliusYLxAz. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

197. Bornetia secundijîora Thur. — San Vicente ; Gijon. M'a paru 

manquer complètement à Rivadeo. 

198. Mcnospora pedicellala Solier. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

199. Pleonosporium Jlexuosum Born. — N'est pas rare à San Vicente ; 

je ne l'ai pas vu à Gijon, et j'ai trouvé seulement un petit 
exemplaire à Rivadeo. 

200. Pleonosporium Borreri Nâg. — Rivadeo. 

201. Callithamnion granulation Ag. — Rare à San Vicente et Ri- 

vadeo. 

202. Callithamnio7i Hookeri Harv.? — San Vicente. 



288 JOURNAL DR BOTANIQUE 

203. Callithamnion roseum Harv. non Crouan. — San Vicente; fré- 

quent sur les Fucus vesiculosus qui croissent contre les parois 
de l'escalier du muellede La Barquera. 

204. Callithamnion tetricum Ag. — Commun à San Vicente et à 

Gijon ; très rare et presque exceptionnel à Rivadeo où il est 
remplacé par l'espèce suivante. 

205. Plumaria elegans Schmitz. — Rivadeo. 

206. Plumaria Schousboei Schmitz. — San Vicente, à la surface des 

anfractuosités sombres de la falaise de Los Rosales. 

207 . Antithamnio)! crispum Thur. — Rivadeo. 

208. Ceramium diaphanum Roth. — Rivadeo. 

209. Ceramium ecAionolumJ. Ag. — San Vicente. 

210. Ceramium fruliculosum Kûtz. — Rivadeo. 

211. Ceramium gracillimum Griff. — San Vicente; Gijon; particu- 

lièrement abondant à Rivadeo. 

212. Ceramium rubrum Ag. — Rivadeo. 

213 . Ceramium strictum Harv. — Rivadeo. 

214. Ceramium lenuissimum J. Ag. — Gijon. 

215. Microcladia glandulosa Grev. — A très basse mer à Gijon et à 

Rivadeo. 

216. Rhodochorton Rothii Nâg. — Dans les anfractuosités peu éclai- 

rées à San Vicente (Los Rosales) et Rivadeo (Las Garragas). 

217. Graieloupia dic/iotomaj. Ag. — San Vicente; Gijon; Rivadeo. 

218. Graieloupia Jîlicina Ag. — Commun à San Vicente et à Gijon. 

219. Cryptonemia Lactuca Ag. (forma seminervis). — San Vicente. Il 

n'est pas rare sur les parois verticales des rochers qui décou- 
vrent à très basse mer au pied de la colline de Santa Catalina 
et est toujours couvert de nombreuses taches de Melobesia. 
C'est bien la même plante que celle rejetée à Guéthary après 

la tempête. Je ne l'ai pas vue ailleurs. 

{A suivre.) 



LE GENRE HERNANDIA AUX ILES DE LA SOCIETE 

Par le Docteur J. NADEAUD. 

Le genre Hernandia, qui ne compte dans le monde entier 
qu'un petit nombre d'espèces (8 à 9), est représenté à Tahiti par 
trois espèces bien distinctes; deux d'entre elles surtout parais- 
sent spéciales à la Polynésie orientale. 

i u H. peltata Meissn. in DC. Prod. — Connu sous le nom 



J. Nadeaud. — Le genre Hernandia aux îles de la Société. 289 

indigène de Tianina, il se rencontre au bord de la mer sur les 
plages des îles de la Société. C'est un arbre aux feuilles peltées, 
très luisantes, qui se distingue parfaitement des deux autres 
espèces. 11 appartient à cette catégorie déplantes qui poussent 
sur toutes les parties basses des terres de la zone tropicale. 

2 H. Moereiihoutiaua Guillemin. — Bien différente comme 
arbre et comme feuilles de la précédente, cette espèce s'en sépare 
surtout par la présence d'une seule glande à la base de chaque 
filet d'étamines. Parfaitement décrite par Guillemin dans son 
Zephiritis Tahitensis , ses fruits seuls restaient inconnus. Voici, 
d'après les échantillons nouveaux, le complément de la descrip- 
tion de cette espèce rare. 

Arbre de 10 à 15 mètres; bois mou dont la section noircit à 
l'air. 

Feuilles : pétiole long de 4 cent. 535 cent. 5, légèrement 
canaliculé en dessus; limbe large, ovale, atténué à la base, 
brièvement acuminé au sommet qui est mousse, 3 à 5 nervures 
à la base, les deux latérales petites, nervures secondaires 4 à 

5 de chaque côté de la nervure médiane. Le contour du limbe 
est un peu irrégulier. A l'état sec, la teinte de la face supérieure 
diffère peu de celle de la face inférieure ; cette dernière paraît 
plus lisse, d'aspect moins tomenteux que dans Y H. Temarii. 
Longueur du limbe 8 cent. 5 à 11 cent. 5, largeur 5 cent, à 

6 cent. 5. Pédoncule long de 3 cent, environ, pédicelle de 8 mm. 

Calicule très gros chez le fruit mûr, plus que celui de 
Y H. Temarii {son volume se rapproche de celui de Y H.peltata), 
de forme campanulée, à bord irrégulier bilabié, à lèvre plus 
longue d'un côté. Longueur prise du pédicelle à la lèvre plus 
longue 3 cent. 5, et 3 cent, seulement à la lèvre plus courte. 

La graine a une forme large, ovoïde, déprimée, apiculée, et 
mesure 8 mm. de large sur 2 cent, de long, en y comprenant la 
pointe du sommet, autrement la hauteur de la graine est d'un 
centimètre et demi. 

L'arbre en fruits a été rencontré dans l'île de Moorea, sur le 
Mont Raairi, vers 600 mètres, en avril 1897, P ar M. Temarii. 

3 H. Temarii, sp. nov. — Cette espèce, très voisine par le 
port et les fleurs de la précédente, a été décrite page 114 du 



2 9 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

Journal de Botanique du i' r avril 1897, mais elle en diffère par 
son calicule régulièrement campanule à bord très régulier, 
beaucoup plus petit et par sa graine allongée ovoïde. 

Ces deux dernières espèces sont bien distinctes de Y H. pel- 
taia par la présence d'une seule glande à la base de chaque 
étamine, pendant que M H. peltaia possède deux glandes. 

Loin de se rencontrer au bord de la mer, elles appartiennent 
à la portion réellement indigène de la flore polynésienne; elles 
habitent les montagnes, où elles sont rares du reste. Néanmoins 
il est curieux de constater la présence de trois représentants 
du genre Hernandia dans une aire aussi restreinte que les îles de 
la Société, alors que le monde entier n'en possède que huit 
espèces. 

LE M AL AXIS PALUDOSA Sw., DANS LE FINISTÈRE 

Par M. Ch. PICQUENARD. 

Le 25 août dernier, j'herborisais dans la tourbière du Yunélez, 
située dans un cirque formé par les Montagnes d'Arrès, le Mont 
Saint-Michel et leurs contreforts. Je venais de faire cueillir à 
mes excellents collègues, MM. P. Bruneau et E. Gadeceau, le 
Lycopodium inundatum L., non signalé dans ce marais, lorsque 
tout à coup mes regards furent attirés par de petits épis de fleurs 
jaunâtres émergeant d'un tapis de Sphagnum. C'était le Ma- 
laxis paludosa Sw. Nous pûmes, en peu de temps, en recueillir 
une certaine quantité d'échantillons. 

Le lendemain 26, M. E. Gadeceau, avec qui j'herborisais à 
Saint-Herbot, me fit cueillir ce même Malaxis dans une tour- 
bière bordant la pittoresque forêt du Rusquec ; la plante parais- 
sait moins abondante qu'au Yunélez, mais était, comme au 
Yunélez, avoisinée par le Lycopodiîim inundatum. 

Le Malaxis n'avait pas encore été trouvé dans le départe- 
ment du Finistère et n'était connu jusqu'ici en Bretagne que 
dans le département de la Loire-Inférieure. 

Le Gérant : Louis Morot. 



Paris. — J. Merscû, unp., V, Av. c!e Chàtillon. 



n e ANNÉE. N° 18. 16 SEPTEMBRE 1807. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



EXCURSIONS BRYOLOGIQUES 
DANS LA HAUTE TARENTAISE (Savoie) 

(Suite.) 
Par MM. J. RÉÇHIN et R. SÉBILLE (Août 1895). 

Des Brévières à Tignes . — Ancienne route. 

Sur la rive gauche de l'Isère, les rochers sont moins redres- 
sés et couverts d'une belle foret de Pins à travers laquelle passe 
l'ancienne route. 

Nous ne pouvions pas négliger ce charmant petit coin, qui 
devait nous procurer une excursion agréable et fructueuse. 

Après avoir traversé l'Isère aux Brévières, nous allons ex- 
plorer une assez jolie cascade formée par le ruisseau de la Sa- 
chette, venant du massif du Mont Pourri. Pendant ce temps l'un 
de nos compagnons fouille les moindres replis des rochers dans 
l'espoir de trouver le rarissime Cortusa Maithz'olih,. ; ses efforts 
furent récompensés. Nous devions le retrouver quelques jours 
plus tard et en abondance dans la vallée au-dessus de Tignes, et 
surtout au Fornet. Heureux de cette récolte, nous nous enga- 
geons dans la forêt, où la route, en quelques endroits, est dan- 
gereuse ; les bords formés de talus et de rochers humides nous 
donnent : 

Gymnosiomum curvirostrum Hedw. cf. 
Anasctangium cot7ipactuiii Schw. cf. 
Dicranoweisia crispula Hedw. cf. 
Rhabdoweisia fugax Hedw. cf. 
Cynodontium gracilescens Schp. cf. 
— polycarpum Schp. cf. 

Dichodontium pellucidum Schp. 
Dicranella Grevilleana Schp. cf. 

— varia Schp. cf. 
Dicranum Starkei W. M. cf. 

— longifolium Hedw. 

— Sauter i B. E. 



292 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Dicranum fuscescens Turn. cf. 

— scoparium Hedw. cf. — Diverses formes. 
Dicranodontium longirostre B. E. — Les oreillettes sont quelquefois 

colorées daus cette espèce, et on pourrait la confondre avec Cam- 
pylopus flexuosus. La nervure de Dicranondontium est plus large, 
composée de trois couches de cellules, celle du milieu à peine dis- 
tincte des deux autres. Les feuilles sont aussi plus longuement 
acuminées, et plus fortement dentées. La plante est généralement 
plus allongée, d'un vert jaunâtre. 

Campylopus flexuosus Brid. 

Blindia acuta B. E. cf. — Les oreillettes dans ces échantillons sont à 
peine colorées. 

Ceratodon pur pur eus Brid. 

Leptotrichum flexicaule Hamp . 

Distichium capillaceum B. E. cf. 

— inclinât um B. E. cf. 
Didymodon rubellus B. E. — Forme rabougrie. 
Barbula tortuosa W. M. 

— rural i/o rmis Besch. cf. 

Grimmia apocarpa Hedw. cf. — Forme à feuilles entièrement vertes, 

sans pointe hyaline. 
Grimmia torquata Grev. st. 

— funalis Schp. — Petite forme. 

— elatior B. E. 

— Donniana Smith. 

— uni col or Grev. st. 
Rhacomitrium patens Huebn. cf. 

— sudeticum B. E. 

— fasciculare Brid. cf. 

— canescens Brid. 
Amphoridiuiii Mougeoti Schp. st. 
Orthotrichum rupestre Schl. cf. 

— — v. vulgare Vent. — Dents du péristome légère- 
ment papilleuses, mais capsule défluente dans le pédicelle, ce qui 
le distingue <X Orthotrichum Sturmii. 

Orthotrichum urnigerum Myr. 
— affine Schr. cf. 

Encalypta apophysata N. II. cf. 
Tetraphis pellucida Hedw. cf. 
// ebera elongaia Schp. cf. 
Bryum ceespititium L. 
— cap il lare L. 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarentaise. 293 

Bryum pallens S\x . cf. — Très belle forme, allongée, robuste. 

— turbinatum Schw. v. latifolium B. E. 
Zieriajulacea Schp. 

Mnium affine Schw. 

— spinosum Schw. cf. 

— punctatum L. 
Amblyodon dealbatus P. B. cf. 
Bartramia ithyphylla Brid. cf. 

— Halleriana Hechv. cf. 

— Œderi Schw. cf. 
Philonotis fontana Brid. 

— cal car ea Sch. 
Timmia megapolitana Hedw. cf. 

— austriaca Hedw. cf. 
Pogonalum alpinum Rôhl. cf. 

Antitrichia curtipendula Brid. — Petite forme à feuilles très étalées, 
surtout vers l'extrémité des rameaux, et à cellules plus courtes. 

— st. 

Pseudoleskea atrovirens B. E. 
— catenulata B. E. 

catenulata B. E. f. Jîlesceiis Boul. 
Heterocladium dimorphum B. E. cf. 
Thuidium decipiens de Not. 

— abielinum B. E. 
Pterigynandrum filiforme Hedw. 

— — ïorm.filescenshoul. 
Lescuraea s trial a B. E. 

— — v. saxicola B. E. — Et une forme plus robuste et plus 
raide que le type, tenant le milieu entre les deux. 

Isothecium myurum Brid. v. robustum B. E. 
Orthothecium rufescens B. E. 
Homalothecium sericeum B. E. — Petite forme. 
Plychodium plicatum Schp. 
Brachytheciiim salebrosum B. E. et. 

— col lin um Schp. 

— veliilinum L. 

Eurhynchium strigosum B. E. v. diversifolium Lindb. 

Rhynchostegium ruse if or me B. E. 

Plagiothecium Mueklenbeckii B. E. cf. — Oreillettes formées de 

grandes cellules ; capsule sillonnée. Cascade des Brévières, 

vers 1.580. 
Amblystegium confervoidesB. E. 



294 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Hypnum polygamum Schp. 

— uncinatum Hedw. cf. 

— — v. plumosum Schp. 

— Jîlicinum L. 

— commutation Hedw. 

— falcatum Brid. cf. 

— irrigatum Zett. 

— sulcatam Schp. 

— cupressiforme L. v. orthophyllum Jur. 

— molluscum Hedw. 

— pahisirc L. cf. 

— polare Lindb. cf. — Nervure très longue, oreillettes bien dé- 
limitées ; et une forme un peu plus robuste que le type. 

Hypnum ochraceum Turn. cf. — Petite forme. 
Hylocomium splendens Schp. 

— triquetrum Schp. 

Plagiochila asplemoides Dum. 
Jungermannia obtusifolia Hook. 

— minuta Dicks. 

— sphasrocarpa Hook. 

— injïata Huds. 

— venir icosa Huds. 

— hycopodioides Wahl. — Le type et une petite forme. 

— Schreberi Nées. 
Flœrkei Most. 

— trichophylla L. 

Lophocolea heterophylla Nées. 

Radula complanata Dum. 

Lejeunia serpyllifolia Lindb. 

Metzgeria furcata Nées. 
— pubescens Kaddi. 

Marchanti a polymorpha L. 



De Tignes (1.659) au lac de Tignes (2.088) et vallon 

du Paquier (2.280). 

Tignes : quartier général, Hôtel des Touristes, qui n'a rien 
de commun avec l'Hôtel Continental, et dont la devise pourrait 
être : savoir se contenter de peu. 

« Les environs de Tignes sont du Trias. On y rencontre des 
calcaires compacts de Muschelkalk, Trias moyen; des quart- 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarentaise. 295 

zites, Trias inférieur, et des cargneules avec gypse qui sont du 
Trias supérieur. Quant aux schistes lustrés qui sont à l'Est de 
Val d'Isère, ils appartiennent au Trias supérieur et au Lias. 
Les assises de cette région sont assez bouleversées, disposées 
en plis serrés et sont déversées vers l'Est » (1). 

Dès le lendemain de notre arrivée, nous allons visiter le lac 
de Tignes. Nous suivons la rive droite du torrent qui est beau- 
coup plus intéressante que la rive gauche. Peu après la sortie 
de la forêt, d'immenses rochers ferment le passage et nous 
obligent à suivre la rive gauche du torrent jusqu'au lac. 

Le lac de Tignes forme un joli petit bassin au pied de la 
Thouvière ; il est alimenté par les glaciers de la Grande Motte 
(3.663 m.) dans le massif de la Vanoise, qui le domine au Sud. 
L'eau du lac s'infiltre en grande partie dans le sol et ressort un 
peu plus bas pour former le torrent du Lac, qui va grossir 
l'Isère à Tignes. 

Il faut visiter avec soin la partie marécageuse qui forme 
l'extrémité Est du lac, car c'est là que se trouve assez abon- 
damment le fameux Hypmim turgescens, puis aussi les prairies 
humides qui le bordent au Nord et au Sud. 

L'un de nous visite les éboulis situés au Nord-Ouest du lac, 
et l'autre remonte le vallon du Paquier au Sud jusqu'à la base 
de la cascade. 

Voici les plantes que nous avons rencontrées dans cette 
excursion facile et peu fatigante : 

Gymnostomum rupestre Schw. 

— curvirostrum Hedw. cf. 
Dicranoiveisia crispula Hedw. cf. 

— cirrhata Hedw. cf. 
Cynodontium virens Schp. cf. 
Dicranella. Grevilleana Schp. cf. 

Dicranum Bergeri Blaud. — Forme à feuilles un peu plus allongées, 
moins ondulées. — Schimp. Syn. les dit quelquefois lisses. 

Dicramim neglectum Jurt. 

— Muehle?ibeckii B. E. — Forme tenant à cette espèce par le 
tissu, se rapprochant de D. neglectum par ses feuilles dressées à 
peine étalées. 

1. M. Révil, président de la Société d'Histoire naturelle de la Savoie, in litt. 



296 [OURNAL DE BOTANIQUE 

Dicranum scoparium Hedw. v. orthophyllum Sch. 

— — v. spadiceum Boul. 

— palustre B. E. — Petite forme n'ayant que 3 ou 4 centi- 
mètres; feuilles peu crispées à l'état sec, mais étalées rappelant 
bien le type. 

Dicranum palustre v. compactum Réch. — Touffes très compactes, 
d'un vert jaunâtre ; tiges de 2 à 3 cent. — Feuilles toujours dres- 
sées, peu crispées, moins longuement et plus largement acuminées; 
acumen légèrement denté dans le 1/3 supérieur; tomentum rou- 
geâtre même au sommet des tiges. 

Seligeria tristicha B. E. — Assez abondant sur les rochers de la rive 
droite vers 1.800 m. 

Leptotrichum flexicaule Hamp. 

Distichium capillaceum B. E. 

— — v. brevi folium Sch. — Lac de Tignes. 

— inclinatum B. E. 

Barbula tortuosa W. M. — Forme voisine de la variété rigida Boul., 
mais distincte de cette dernière en ce que les cellules basilaires 
occupent un espace assez étendu, presque la moitié de la feuille; la 
nervure est aussi très distincte. 

Barbula aciphylla B. E. cf. 

Grimmia conferta Funck. cf. 

— alpestris Schl. cf. 
Rhacomitrium canes cens Brid. 
Orthotrichum pallens Bruch. 
Encalypla commuta ta N. H. cf. 

— rhabdocarpa Schw. 
Dissodon Freelichianus G. A. cf. 
Funaria hygromelrica Hedw. 
Webera polymorpha Schp. cf. 

— nutans Hdw. cf. 

— cruda Schp. 

— pulchella Schp. cf. 
Bryum fallax Milde cf. 

— cirratum H. H. cf. 

— cuspidatum Schp. cf. 

— pallescens Schl. cf. 

— — forma supra al pin a. 

— argentum L. — Petite forme atteignant à peine 1/2 cent. ; 
feuilles brièvement acuminées. Lac de Tignes. 

Bryum elegans Nées cf. 

— pallens Sw. cf. 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarentaise. 297 

Bryum Duvalii Voit. — Lac de Tignes. 

— pseudotriquetrum Schw. — Forme courte, à innovations éga- 
lant presque le pédicelle; feuilles un peu plus longuement acumi" 
nées que dans le type. 

Bryum pseudotriquetrum v. gracilescens Schp. — Feuilles plus 
allongées; cellules plus longues; marge disparaissant vers le som- 
met ; plante complètement brune. 

Bryum pseudotriquetrum Schw. v. compactant Schp. 

— turbinatum Schw. 

— — v. latifolium B. E. cf. 
Mnium afjine Schw. 

— s erratum B. E. cf. 
Amblyodon dealbatus P. B. cf. 

Catoscopium nigritum Brid. cf. — Cette espèce est assez répandue aux 

environs de Tignes. 
Meesea uliginosa Hedw. cf. 

— — v. alpina B. E. cf. 
Aulacomnium palustre Schw. 
Bartramia ithyphylla Brid. cf. 

— Œderi Schw. cf. 
Philonotis marchica Brid. 

— — v. aristata Ren. — Feuilles très serrées, étroite- 
ment imbriquées par la base, ovales, puis brusquement contractées 
en une longue pointe subulée, flexueuse, étalée ou subsquarreuse, 
formée par l'excurrence de la nervure. Tissu de la partie élargie de 
la feuille lâche, hyalin, formé de cellules courtes, non ou à peine 
papilleuses. — Renauld in litt. 

Timmia megapolitana Hedw. cf. 

— auslriaca Hedw. 

— — form. imbricata Boul. 
Pogojiatum urnigerum P. B. cf. 
Leucodon sciuroides Schw. 
Myurella julaceaB. E. 
Pseudoleskea atrovirens B. E. 

— — form. filamentosa Boul. 

— caienulata B. E. 

Thuidium decipiens de Not. — Lac de Tignes. 

— abietinum B. E. 
Lescursea striata B. E. 
Climacium dendroides W. M. 
Orihothecium intricatum B. E. 

— — v. rubellum Husn. 



3Q 8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Orthotheciitmrufescens B. E. 
Camptothecium nitens Schp. 
Piychodium plicatum Schw. 
Ptypnum Halleri L. cf. 

— stellatum Schr. — Dans les prairies marécageuses du lac de 
Tignes on trouve une forme remarquable, plus grêle que le type, et 
dans laquelle les feuilles sont redressées, à peine étalées; les oreil- 
lettes sont formées de grandes cellules rectangulaires, qui, se rac- 
courcissent peu à peu, et deviennent hexagonales de plus en plus 
petites, très nombreuses au-dessus des oreillettes. La nervure est 
plus faible. 

Hypnum revolvens Sw . — form. typica et une forme dont les feuilles, 
ayant un peu plus de 2 mm. sur 1 de large, sont dépourvues d'oreil- 
lettes, fortement bosselées, plissées à l'état sec. 

Hypnum intermedium Lindb. 

— uncinatum Hedw. cf. 

— filicinum L. — Forme alpine. 

— commutaium Hedw. 

— falcatum Brid. 

— sulcatum Schp. 

— fastigiatum Brid., form. compacta Ren. 

— Heufleri Jurt. 

— giganteum Schp. — Les tiges sont encore moins ramifiées que 
dans les échantillons des Brévières. 

Hypnum cuspidaium L. — Forme rabougrie, rare à cette altitude ; lac 
de Tignes (2.088). 

Hypnum turgescens Schp. — Abondant près du déversoir du lac de 
Tignes, principalement sur la rive droite : nouveau pour la France. 
Découvert ici pour la première fois par l'un de nous en 1S93. Pen- 
dant que nous le récoltions de nouveau, Août 1S95, M. Hétier le 
trouvait presque à la même date dans les lacs du Jura. 

Alicularia scalaris Cord. v. major Lindb. 
Plagiochila asplenioides Du m. 
Scapania compacta Lindb. 
Jungermannia sphserocarpa Hook. 

— lycopodioides Walh. 

— trichophylla L. 

(A suivre.) 



P. Genty. — A propos du Carduus Gentyanus Gillot. 299 

A PROPOS DU CARDUUS GENTYANUS GILLOT 

Par M. P. GENTY, 

Mon distingué confrère M. le docteur Ed. Bonnet, ayant 
parlé dernièrement dans ce Journal (n° du i er août 1897, P- 2 44) 
de la synonymie du Carduus Gentyanus Gillot, hybride des 
C. defloratus L. et C. nutans L., que mon excellent ami M. le 
docteur Gillot, en compagnie duquel je le découvris en 1890, 
dans le Jura Neuchâtelois, m'a fait la gracieuseté de me dédier, 
je profiterai de ce qu'il vient d'être question de ce rare hybride, 
pour compléter ce qu'en a dit M. Bonnet, relativement à sa 
synonymie. 

Avec mon savant confrère du Muséum, constatons d'abord 
un fait maintenant bien établi : c'est que l'hybride dont nous 
parlons a été pour la première fois signalé d'une façon certaine 
en 1853, dans le Jura Bâlois, par M. le docteur Christ, réminent 
botaniste suisse, qui l'a publié, à cette époque, dans le Bulletin 
de la Société Hallérienne, sous le nom de Carduus defloralo- 
mttans Christ. Ce nom composé, datant de 1853, a donc la prio- 
rité sur la même dénomination proposée par M. Gillot, en 1890, 
pour l'hybride en question, qu'il croyait inédit. 

Reste à savoir si le nom simple de Carduus Gentyanus , 
créé aussi en 1890 par M. Gillot (in Ann. Soc. bot. Lyon, XYI, 
p. 118) pour le C. deflorato-nutans Christ, a la priorité, comme 
nom simple, et peut être conservé. C'est ce que M. Bonnet a 
négligé d'examiner. 

En 1857, le botaniste allemand Dcell, dans son Flora des 
Grossherzogthzims Baden (p. 946), a également signalé, dans 
le Grand-Duché de Bade, l'hydride des C. defloratus L. et C. 
nutans L., auquel il a imposé le nom simple de C. Brunneri 
Dcell. 

C'est donc ce nom de C. Brunneri Dcell, bien antérieur à 
celui créé par M. Gillot, qui, selon la stricte application de la 
loi de priorité, devrait seul être maintenu, en tant que nom 
simple. 

Toutefois, avant de reléguer définitivement parmi les noms 
proscrits celui créé par M. Gillot, une considération me paraît 
nécessaire ; c'est celle-ci : 

Al. Braun a baptisé jadis du nom spécifique de Brunneri 



3 oo JOURNAL DR BOTANIQUE 

un hybride du genre Cirsnim, résultant du croisement des Cir- 
sium tuberosum Ail. et C. rivulare Link ( = C. tuberoso-rivu- 
lare Schultz Bip. = C. Brunneri Al. Br.), d'où il suit qu'il 
existe actuellement un Carduus Brunneri Dœli et un Cirsium 
Brunneri Al. Br. 

Or, je me demande s'il est bien sage de conserver, dans la 
nomenclature des espèces de deux genres aussi étroitement 
voisins que le sont entre eux les genres Carduus et Cirsium, 
deux noms spécifiques semblables, désignant deux espèces hy- 
brides, appartenant respectivement chacune à l'un de ces genres ? 

On sait effectivement que, dans ces deux genres de com- 
mune origine, et peut-être appelés à être réunis à nouveau, 
la plupart des espèces qui les composent aujourd'hui ont été 
classées tantôt dans l'un, tantôt dans l'autre, par les anciens 
auteurs, d'où il résulte que presque toutes les espèces de ces 
deux genres possèdent, dans leur synonymie, un nom géné- 
rique appartenant au genre autre que celui auquel elles sont 
actuellement rattachées; ainsi : Cirsnim eriophorum Scop. 
a pour synonyme Carduus eriofthortish,., pendant que Carduus 
deflorahisYj. a pour synonyme Cirsium defloralum Scop., pour 
ne citer que ces deux cas, qui, je le répète, se présentent pour 
la majorité des espèces. 

Une préoccupation doit à mon sens dominer tous les droits 
de priorité, si respectables soient-ils : c'est avant tout celle de la 
clarté et de la précision la plus rigoureuse dans la nomencla- 
ture des espèces et des hybrides ; or, en conservant simultané- 
ment dans cette nomenclature un Carduus Brunneri Dœll et 
un Cirsium Brunneri Al. Br., on s'exposerait, je le crains, à 
de fréquentes confusions ou à de regrettables méprises ; par 
exemple, à laisser supposer que le Carduus Brunneri Dœll 
est devenu le Cirsium Brunneri KS.. Br. ou vice-versâ, comme 
c'est le cas pour le plus grand nombre des espèces des deux 
genres en question, ainsi que nous en avons déjà fait la re- 
marque. 

En somme, en présence des faits ci-dessus exposés, et du 
cas exceptionnel dans lequel ils se manifestent, on peut donc 
se demander si, étant donnée l'existence du nom certain de 
Carduus Gentyanus Gillot, il n'y aurait pas avantage à lui 
donner la préférence sur celui de C. Brunneri Dœll, pour 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 301 

désigner, à l'avenir, par un nom simple et précis, l'hybride en 
question ? 

Que l'on tienne compte, oui ou non, de l'objection qui 
précède, et que l'on adopte l'un ou l'autre de ces deux noms, 
il est démontré, en résumé : i° que la connaissance de l'hybride 
des Carduus dejïoratus et nutans L. remonte à 1853; 2 que 
suivant la nomenclature de Schiede, cet hybride doit porter le 
nom de C. deflorato-nutans Christ ; 3 que pour les phytogra- 
phes qui, n'adoptant pas cette nomenclature surannée, sont 
partisans d'une application rigoureuse et inflexible de la loi de 
priorité, le nom de Cardtms Brumierz Dœll. désignera la 
plante qui fait l'objet de cette note. 



NOTE PRELIMINAIRE 
SUR LES ALGUES MARINES DU GOLFE DE GASCOGNE 

(Suite.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

220. Cryptonemia Lomation J. Ag. — Rare à Rivacleo (à très basse 

mer à Villasellan). A ma connaissance, cette plante n'avait pas 
été citée en dehors de la Méditerranée; M. J. Rodriguez a bien 
voulu en vérifier la détermination. 

221 . Dilsea edulis Stackh. — A très basse mer, à Gijon et Rivadeo. 

222. Platoma marginifera Schmitz. — A très basse mer à San Vi- 

cente et Gijon. La plante de Gijon est plus étroite que le type. 

223. Schizynienia Dubyi J. Ag. — San Yicente (cap Oriambre) ; 

Gijon; Rivadeo. L'époque de mes excursions n'est pas celle 
du complet développement de cette plante; elle était en 
exemplaires petits, légèrement coriaces et plus ou moins déco- 
lorés. 

224. Furcellaria fasiigiata Lamour. — Très rare à Gijon. 

225. Petrocelis cruenta], Ag. — Gijon (cap Torres) ; Rivadeo. 

226. Peyssomielia squamaria Decaisne. — Très abondant à San Yi- 

cente (Linera; voy. plus haut, p. 213); Gijon. 

227. Hildbrandtia protolypus Nardo. — San Vicente; Gijon; Ri- 

vadeo. 

228. Lithophyllum crassum Rosan. — Très commun à San Vicente, 

Gijon et Rivadeo. 

229. Lithophyllum lichenoides Phil. — Très commun à San Vicente, 

au pied des Laminaires ; Gijon. 



302 JOURNAL DE BOTANIQUE 

230. Lithothamnionincrusians Phil. — Très commua àSan Yicente, 

Gijon, Rivadeo. D'après M. Foslie qui a bien voulu examiner 
les Lithotamniées que j'ai récoltées, la détermination du 
L. incrustans de Gijon reste douteuse. 

231. Melobesia Corallinœ Crouan. — Rivadeo; sur Corail, méditer- 

ranéen 

232. Melobesia farinosa Lamour. — San Yicente; Gijon; Rivadeo. 

233 . Melobesia Laminariœ Crouan. — San Yicente sur Lam. Clousloni. 

234. Melobesia membranacea Lamour. — San Yicente; Gijon; Ri- 

vadeo. 

235. Melobesia pustulata Lamour. — San Yicente; Gijon; Rivadeo. 

236 . CAoreonema Thuretii Schmitz. — Rivadeo, sur Cor. corniculata. 

237. Corallina corniculata L. — Rivadeo. 

238. Corallina longifurca Zanard. — San Yicente. 

239. Corallina mediterranea Aresch. — Très abondant à San Vi" 

cente; Gijon; Rivadeo. 

240. Corallina officinalis L. — San Yicente; Gijon; Rivadeo. Bien 

moins commun que le précédent. 

241 . Coralli?ia rubens L. — Gijon. 

242 . Corallina sqicamata Ellis. — Couvre les rochers à très basse mer 

à San Yicente, Gijon, Rivadeo. 

III. — La Corogne. 

La liste des Algues que j'ai récoltées à La Corogne, du 
31 Octobre au 6 Novembre 1895, est moins longue, et proba- 
blement aussi moins complète que les deux précédentes, car 
les marées n'étaient pas assez importantes et la saison était 
trop avancée pour permettre des herborisations très fruc- 
tueuses. De plus, les indications données par la carte marine 
sont insuffisantes pour préparer des excursions. La partie 
des côtes espagnoles qui va du Cap Finisterre au Cap Ortegal 
est l'une des plus dangereuses de l'Europe, comme l'attestent 
de trop fréquents naufrages; elle est cependant l'une des moins 
étudiées. Ainsi, le Service hydrographique de la Marine fran- 
çaise a mis en vente, en 1890, pour l'ensemble des ports du 
Ferrol et de La Corogne, une seule carte établie « d'après le 
levé fait par Tofino en 1787 »! et à l'échelle de 1/45450; aussi, 
à part les plages sableuses, est-il impossible de prévoir quels 
sont les points qui découvrent à basse mer, ou quels sont les 
rochers abordables ; il faut les chercher et cela entraîne une 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 303 

perte de temps considérable, car ils sont rares, la côte étant 
presque constamment verticale. 

Il y a là trois immenses baies extrêmement rapprochées 
l'une de l'autre : le port du Ferrol, la Baie d'Ares et de Betanzos 
et la Baie de La Corogne. J'ai choisi La Corog-ne pour la seule 
raison que le chemin de fer y conduit, et l'ensemble des points 
que j'ai visités ne correspond pas à la cinquantième partie de 
la côte qui borde les trois baies. 

Au nord de la ville s'avance un promontoire, le Monte Alto, 
qui domine toute la baie et d'où l'on aperçoit l'entrée du port 
du Ferrol. A son extrémité s'élève la célèbre Tour d'Hercule, qui 
sert de phare et dont le pied est à 100 mètres au-dessus de la 
mer. A droite et à gauche de la Tour se trouvent deux échan- 
crures que j'ai visitées et où les Floridées sont abondantes. 
Cette presqu'île du Monte Alto limite la petite baie del Orsan 
dont j'ai suivi la côte ouest, qui découvre peu par ces faibles 
marées et est uniquement formée par des granités. Dans toute 
cette région, d'ailleurs, les granités dominent; ils sont parfois 
remplacés par des micaschistes ou des gneiss. Je ne crois 
pas que les rochers abrupts de la base du Monte San Pedro, 
qui se terminent à la pointe Penaboa, soient accessibles même à 
très basse mer ; mais, entre la pointe Mixillosa et le pied du 
Monte San Pedro, quelques étroites échancrures sont riches en 
Algues. A l'Ouest, s'étend la ligne des îles San Pedro, séparées 
du continent par un chenal étroit ; naguère elles devaient for- 
mer une bande continue, parallèle à la côte, que la mer a seg- 
mentée ; j'espérais pouvoir les atteindre et explorer leurs 
contours, mais la marée était insuffisante, et le vent qui ridait 
la surface de l'eau dans le chenal m'empêchait de distinguer 
les Algues sur lesquelles je marchais, de sorte que cette excur- 
sion fut presque complètement inutile. Le vent qui, surtout en 
automne et en hiver, souffle constamment et avec violence à La 
Corogne est d'ailleurs un obstacle aux excursions algologiques 
et il me semble, à priori, que le port du Ferrol, très abrité, 
serait plus favorable sous ce rapport. La mer n'a rejeté, durant 
mon séjour, que des quantités très minimes de goémon. 

La distance qui, à vol d'oiseau, sépare La Corogne de Ri- 
vadeo (160 kilomètres), ne dépasse guère celle qui existe entre 
les localités précédemment citées, et la Flore algologique de 







3 04 JOURNAL DE IJOTANl^UE 

La Corogne a naturellement bien des espèces communes avec 
celle de Rivadeo. Il semble toutefois que le massif montagneux 
qui s'avance au nord de La Galice et se termine au Cap Ortegal 
et à la pointe de La Estaca de Vares joue un rôle important 
dans la distribution géographique des Algues sur la côte d'Es- 
pagne, car nous trouvons à La Corogne des Laminaires qui 
jusqu'ici n'étaient connues que dans les régions plus méridio- 
nales. Mais, pour établir une comparaison utile entre La Corogne 
et la région assez bien connue de Cadix, il serait nécessaire que 
quelques excursions fussent faites au Sud du Cap Finisterre,par 
exemple dans la baie de Corcubion ou la baie de Muros et de 
Noya. 

J'ai vu partout, en grande abondance, et à tous les états de 
développement, le Laminaria pallida qui, par son stipe dressé, 
arrondi et lisse, sa fronde étalée et palmée, a une très grande 
ressemblance avec le Lam. flexicaulis , mais qui s'en distingue, 
en particulier, par la présence de canaux mucifères dans le 
stipe. Jusqu'ici, on l'avait signalé seulement au Maroc, aux 
Canaries et au Cap de Bonne-Espérance. J'ai recueilli aussi un 
exemplaire du Phyllaria purpurascens. On sait que cette 
espèce croît à Cadix et au Maroc et qu'elle est parfois jetée sur 
la côte d'Alger. Il est assurément difficile d'attribuer une im- 
portance particulière, pour la caractéristique d'une région, à un 
unique exemplaire rejeté par le flot, mais la quantité d'Algues 
apportées par la mer durant mon séjour étant extrêmement 
minime, on peut supposer que ce Phyllaria, conservé en 
parfait état, ne venait pas d'une grande distance. Je dois men- 
tionner, à cette occasion, que l'Herbier Thuret renferme un 
bel exemplaire & Ecklonia exasperaia J. Ag. [Capea biruii- 
cinata Montag.), provenant de l'Herbier Bory et récolté à La 
Corogne, tandis que les livres indiquent les Canaries et le Nord 
de l'Afrique comme ses limites septentrionales. 11 m'eût proba- 
blement fallu draguer pour rencontrer cette espèce. 

Parmi les autres Laminaires, le Saccorhiza se rencontre à 
La Coroone comme sur toute la côte et le Laminaria saccha- 
rina y est tout aussi abondant qu'à Rivadeo. Je n'ai vu ni 
Lam. flexicaulis ni Lam. Cloustoni en place; ces espèces 
croissent, il est vrai, à un niveau assez bas, mais dans les loca- 
lités précédentes, on en rencontre cependant toujours des exera- 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 305 

plaires qui découvrent aux moyennes marées. Toutefois, j'ai vu 
en différents points des stipes de Lam. Cloustoni apportés par 
le flot, sans fronde, le plus souvent de la grosseur du pouce, 
réduits à un étui peu consistant entourant une moelle pourrie et 
pâteuse ; simplement à l'aide de l'ongle, on détachait facilement 
des lambeaux de la couche périphérique à surface chagrinée, 
qui portait çà et là le Ptilothanniion Phima et le Melobesïa 
Laminarise . Ces tronçons avaient dû flotter pendant longtemps 
et je doute que l'espèce à laquelle ils appartiennent croisse à 
La Corogne. Le Phyllitis cœspitosa que nous avons déjà vu sur 
les blocs de quartz du Cap Torres n'est pas rare sur les rochers 
granitiques de La Corogne. 

Thuret dit dans les Études phycologiques (p. 40) que le 
Fucus platycarpus , quand il est bien développé, se distingue 
toujours du F. vesiculosus , même des formes « que l'absence 
de vésicules peut rendre douteuses au premier coup d'œil ». 
Il occupe, en effet, une station plus élevée, est constamment 
dépourvu de vésicules, possède des réceptacles larges, mar- 
ginés, et Thuret ajoute : « mais le caractère qui m'a paru le 
plus important, celui qui m'a surtout décidé à séparer les 
deux espèces, c'est que l'une est dioïque et l'autre herma- 
phrodite ». « M. J. Agardh, il est vrai, n'admet pas que ce 
caractère puisse servir à distinguer les deux plantes. Car il 
assure avoir vu aussi le F. vesiculosus pourvu de concep- 
tacles hermaphrodites ». Thuret, au contraire, qui a examiné 
des milliers d'exemplaires à l'occasion de ses recherches sur 
la fécondation des Fucacées, n'a jamais vu cette variation 
dans la répartition des organes sexuels et il se demande 
si « le F. vesiculoszis des mers du Nord aurait une faculté de 
variation que celui de nos côtes ne possède pas? Cela ne serait 
pas impossible; car cette variation se présente dans une t espèce 
voisine, le F. ceranoides L. qui est hermaphrodite dans quel- 
ques localités et dioïque dans d'autres ». Si la constante dioi- 
cité du F. vesiculosus a été mise en doute, on n'a pas discuté, 
à ma connaissance, l'hermaphroditisme du F. platycarpus. Or, 
le F. platycarpus était très abondant à La Corogne en exem- 
plaires bien développés, à fronde large ; les réceptacles, à bor- 
dure marginale fort nette, étaient à cette époque à tous les états 
du développement. Mais, si un bon nombre d'individus étaient 



3 o6 JOURNAL DR BOTANIQUE 

hermaphrodites, d'autres, au contraire, étaient uniquement 
mâles ; j'ai examiné un certain nombre de conceptacles pris sur 
divers réceptacles de ces plantes mâles et d'âges divers, sans y 
trouver la moindre trace d'organes femelles. D'autres exem- 
plaires montraient dans un même conceptacle une prédomi- 
nance marquée du nombre des oogones sur celui des anthéri- 
dies, mais je n'en ai pas vu qui fussent exclusivement femel- 
les; peut-être en eussé-je rencontré si j'avais fait cette étude 
sur place. Rien dans l'aspect des plantes ne trahit leur état 
sexuel, mais, quand on les prépare, la couleur des taches que 
les conceptacles laissent sur le papier est une indication de la 
nature de leur contenu. 

Je n'ai pas retrouvé le F. serrattis parmi les plantes que j'ai 
rapportées, et mes notes de voyage de La Corogne sont trop 
incomplètes et mes souvenirs ne sont plus assez précis pour 
affirmer qu'il fait défaut ; on a vu précédemment qu'il était de 
petite taille à Rivadeo, peut-être manque-t-il à La Corogne. 
M. Lazaro le cite cependant dans cette localité, mais il est sur- 
prenant que le même auteur ne l'ait pas vu à Gijon où il couvre 
de très grands espaces. Je ferai la même réserve au sujet du 
F. vesictilosiis dont j'ai rapporté seulement la variété sans vési- 
cules (evesiculostis). Les autres Fucacées, Bifurcaria, Pelvetia 
Himaiithalia, Cystoseira sont aussi communes que dans les 
précédentes localités. 

On trouve à La Corogne les Ulva Lactuca et rigida, et la 
forme remarquable de VU. rigida nommée par Hauck var. 
lacinulata n'y était pas rare. A première vue on la prendrait 
pour une plante rongée par des mollusques; sa fronde, toute 
pareille à celle de VU. rigida pour la couleur, la consistance et 
l'épaisseur, est divisée en lanières perforées et déchiquetées en 
lobes irréguliers, parfois si étroits qu'ils ne dépassent guère un 
millimètre de largeur et présentent quelque ressemblance avec 
Y Ulva Schousboei Bornet (Algues de Schousboe). Toute la 
marge est en outre garnie de dents aiguës simples ou denticu- 
lées semblables aux spinules que Kùtzing a représentées dans 
son Phycoseris laciuulala (Tab. phyc, VI, tab. 21), mais à un 
degré plus marqué. (A suivre.) 

Le Gérant : Louis Morot. 



Paris.— J U : cfi J imp.,4 6, *,Av.deCh&tilIon. 



ii» ANNÉE. N° 19. i" OCTOBRE 1897- 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



NOTE PRELIMINAIRE 
SUR LES ALGUES MARINES DU GOLFE DE GASCOGNE 

{Fin.) 
Par M. Camille SAUVAGEAU. 

Myxophycées. 

1 . Oscillatoria Cor al lin se Gora. 

2. Oscillatoria subuliformis Kûtz. 

3. Ly)igbya ma/uscula Harv '. 

4. Hydrocoleum glutinosum Gora. — Formait un duvet vert brun 

sur les Lithofhamnion incrustans qui garnissent les flaques 
habitées par les Oursins. 

5 . Isactis plana Thur. 

6. Rivularia atra Roth. 

7 . Rivularia bullata Berk. 



Chlorophycées. 

8. Ulva Lactuca Le Jolis. 

9. Ulva rigida Ag. 

10. Ulva rigida var. lacinulata Hauck. (Voy. plus haut.) 

1 1 . Enteromorpha compressa Grev. 

12. Enteromorpha intestinalis Link. — Dans la baie del Orsan, 

dans les flaques élevées. 

13. Enteromorpha ramulosa Hook. 

14. Chaetomorpha aerea Kûtz. — Sur les rochers, au fond de la baie 

del Orsan, en face l'établissement des bains. 

15. Cladophora Bertolonii Kûtz. [Cl. hamosa Kùtz.). 

16. Cladophora Neesiorum Kûtz. 

17. Cladophora réfracta Kùtz. 

18. Gomontia polyrhisa Born. et Flah. 

19. Bryopsis plumosa A g. 

20 . Codium adhéerens Ag. 

21. Codium tomentosum Kùtz. 

Fucoïdées. 

22. Cystoseira discors Ag. 



308 JOURNAL DE BOTANIQUE 

23 . Cystoseira ericoides Ag. 

24 . Cystoseira Jîbrosa Ag . 

25. Halhirys siliquosa Lyngb. — Rejeté. 

26. Fucus platycarpus Thur. — Hermaphrodite et dioïque. ( Voy. 

plus haut.) 

27. Fucus vesiculosus L. var. evesiculosus. 

28. Bifur caria tuberculata Stackh. 

29. Pelvetia canalicitlata Dec. et Thur. 

30. Himanthalia lorea Lyngb. 

31 . Laminaria Cloustoni Edrn. — Rejeté. ( Voy. plus haut.) 

32. Laminaria pallida Grev. — Très abondant. 
^ • Laminaria saccharwa Lamour. 

34. Saccorhiza bulbosa \^2l Pylaie. 

35. Phyllaria purpurascens Rostaf. — Un exemplaire rejeté. (Voy. 

plus haut.) 

36. Phyllitis cœspitosa Le Jolis. — Particulièrement sur la gauche 

de la baie del Orsan. 

37. Scytosiphon Lomentaria Endl. — Assez commun en exem- 

plaires de toutes tailles. 

38 . Ectocarpus fasciculatus Harv. 

39. Ectocarpus granulosus Ag. — Sur des pierres, dans les échan- 

crures situées près de la Tour d'Hercule. 

40. Ectocarpus Hincksiw Harv. — Sur YHimanthalia à San Pedro. 

41 . Ectocarpus LebeliiCvoua.11. — Sur le Cystos. ericoides. 

42 . Ectocarpus pusillus Griff. — Quelques filaments stériles, sur 

les Corallina. 

43. Ectocarpus secuudus Kûtz. — Sur Y Himanthalia, près de la 

Tour d'Hercule. 

44. Ectocarpus Valia/itei Born. — Sur le Cyst. ericoides. 

45 . Ectocarpus viresce?is Thur. — Sur des substratums variés. 

46. Ectocarpus velutinus Kûtz. — Sur YHimanthalia. 

47. Pylaiella fulvescens Bornet. — Dans le fond de la baie del 

Orsan, avec le Chéetomorpha aerea. 

48 . Cladosiephus spongiosus Ag. 

49 . Cladosiephus verticillatus Ag. 

50. Sphacelaria cirrosa Ag. — Abondant sur le Cystos. Jîbrosa. 

51 . Stypocaitlou scoparium Kûtz. 

52 . Ralfsia non encore déterminés. 

53 . Elachistea fiicicola Fries. 

54. Dictyopteris polypodioides Lamour. 

55. Padina Pavonia Gai 11. 

56. Dictyota dichoioma Lamour. 



C. Sauvageau. — Sur les Algues marines du golfe de Gascogne. 309 

Rhodophycées. 

57. Porphyra laciniata Ag. — Dans le fond de la baie del Orsan, 

du côté de la ville. 

58. Scinaia furcellata Biv. 

59. Caulacaulhi/s ustulatus Kûtz. 

60. Gelidium atténuation Thur. mscr. 

61 . Gelidium pu le hélium Kûtz. 

62. Gelidium pu Ivinatu m Thur. 

63 . Gelidium sesquipedale Thur. 

64. Pterocladia capillacea Born. 

65 . Chondrus crispus Stackh. 

66. Gigartina acicularis Lamour. 

67. Gigartina mamillosa J. Ag. 

68. Gigartina pistillata Stackh. 

69. Gigartina Teedii Lamour. 

70. Gymnogougrus Griffithsiœ Mart. 

71. Gymnogongrus norvégiens ]. Ag. 

72. Ahnfeltia plzcata Frles. 

73 . Actinococcus peltœformis Schmitz. 

74. Callophyllis laciniata Kûtz. 

75 . Sphéerococcus coronopifolius Ag. 

76 . Gracilaria confervoides Grev. 
77 . Calliblepharis ciliata Kûtz. 

78. Calliblepharis jubata Kûtz. 

79. Rhodymenia palmata Grev. — Vu seulement rejeté; les marées 

n'étaient pas suffisamment fortes pour permettre de le recueillir 
en place, si toutefois il existe. 

80. Rhodymenia palmetta Grev. 

81 . Lome)itaria articulata Lyngb. 

82 . Champia parvula Harv. 

83 . Chylocladia ovalis Hook. 

84. Chylocladia squarrosa Le Jolis. 

85. Plocamium coccinetim Lyngb. 

86. Nitophyllum Hilliée Grev. 

87 . Nitophyllum lacer atum Grev. 

88 . Nitophyllum punctatum Harv. 

89. Nitophyllum uncinalum]. Ag. 

90. Delesseria Hypoglossum Lamour. 

91 . Delesseria sanguinea Lamour. 

92 . Laurencia obtusa Lamour. 

93 . Laurencia pinnatifida Lamour. 



I 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

94 Chondria cœrulescens Thur. 

95 ! Chondria dasyphylla Ag. - Abondant et de grande taille. 

96 Polysiphonia airorubescens Grev. 

97! Polysiphonia Brodiœi Grev. — Assez fréquent à La Corogne, 
tandis que je ne l'ai pas vu dans les autres localités. 

98 . Polysiphonia collabens Kûtz. 

99. Polysiphonia fruliculosa Spreng. 

100. Polysiphonia thuyoides Harv. — Assez commun. 

101 . Pterosiphonia complanata Falk. {Polysiphonia J. Ag.). 

102. Lophosipho7iia obscura Falk. [Polysiphonia]. Ag.). 

103 . Dasya coccinea Ag. 

104. Ptilothamnion Pluma Thur. - Sur les troncs rejetés de 

L. Clousioni. 
105 Griffithsia setacea Ag. ? - Assez commun dans les deux échan- 
crures situées près de la Tour d'Hercule, mais uniquement 
stérile ; sa détermination reste donc douteuse. 

106. Haluras equisetifolius Kûtz. 

107. Bornetiasecundtjlora Thur.— Uniquement en plantes jeunes. 

108 . Monospora pedicellata Solier. 

109. Pleonosporium Borreri Nâg. 

110. Callithamnion gallicum Nâg. - Individus grêles de deux à 

trois centimètres de longueur, sur le Corallina mediterranea 
et le Plumaria elegans. Cette espèce n'est pas indiquée dans 
les ouvrages de systématique de M. J. Agardh; elle a été 
décrite en 1861 par Nâgeli (Beitràge sur Morphologie und 
Systematik der Ceramiacess, in Sitzungsber. der Kônigl. 
Bayer. Akademie der Wissenschaften zu Mûnchen, p. 370) et, 
d'après cet auteur, a pour type la plante distribuée par Crouan 
dans les Algues marines du Finistère sous le numéro 154, 
comme Callithamnion Brodiœi. 

1 1 1 Callithamnion tetricum Ag. — Très rare. 

! 12 Plumaria elegans Schmitz. - Très abondant. - De même qu'à 
Rivadeo, il remplace le Cal/, tetricum sur la face abritée des 
gros blocs de rochers. 

113. Antithamnion crispum Thur. 

114. Ceramium echiouotum). Ag. 

115. Ceram ium g racillim uni Griff . 

116. Ceramium ru bru m Ag. 

117. Microcladia glandulosa Grev. 

118*. Graleloupia dichoioma J. Ag. — N'était pas rare, mais sous un 

état plus étroit que le type. 
119. Graietoupia filicina Ag. 



A. de Coincy. — Sur un Teucrium méconnu de la flore d'Espagne. 311 

120. Cryptonemia Lactuca Ag. forma seminervis. 

12 1 . Schisymenia Dicbyi J. Ag. 

122. Hildbrandtia potstypus Nardo . 

123. Lithophyllum crassum Rosan. 

124. Lithothamnion incrustans Phil. 

125. Melobesia Corallinœ Crouan. — Sur Corallina mediterranea. 

126. Melobesia Laminariœ Crouan. — Sur les stipes rejetés du 

La m. Cloustoni. 

127. Melobesia membranacea Lamour. 

1 28 . Melobesia picslulata Lamour. 

129. Choreonema Thicretii Schmitz. — Sur Corallina corniculata. 

130. Amphiroa vemtculosa Kiitz. — Je n'avais pas trouvé cette 

plante dans les localités précédentes. 

131. Corallina corniculata\^. 

132. Corallina mediterra?iea Aresch. 

133. Corallina ojflcinalis L. 

134. Corallina rubens L. 

135. Corallina squamata Ellis. — Couvre les rochers à basse mer. 



UN TEUCRIUM MÉCONNU DE LA FLORE D'ESPAGNE 
{TEUCRIUM SAXATILE) 

Par M. Auguste DE COINCY. 

Teucrium saxatile Lam. in herbier Jussieu, n° 5304 (exem- 
plaire authentique) ; non Cavan. 

Petit sous-arbrisseau à souche très rameuse. Rameaux fili- 
formes, ascendants ou pendants, couverts d'une pubescence in- 
cane, extrêmement courte, qui existe aussi sur les feuilles et sur 
les calices. Feuilles assez longuement pétiolées, vert blanchâtre 
en dessus, blanches en dessous, très petites (3 à 4 millim.), for- 
tement crénelées, ordinairement révolutées sur les bords, à ner- 
vures très proéminentes sur la face inférieure, du reste de formes 
très variables. Grappe de fleurs courte, peu fournie, plus ou 
moins dense, à bractées inférieures semblables aux feuilles, les 
supérieures linéaires-spatulées, entières. Fleurs presque sessiles. 
Calice oblong-cylindrique, obliquement inséré, bossu à la base, 
de 5 à 6 millim., à dents courtes, triangulaires-ovales, un peu 
aiguës ; les cinq nervures correspondant aux dents étant seules 
visibles et saillantes. Corolle de couleur pâle, faiblement pubes- 



312 JOURNAL DE BOTANIQUE 

cente-glanduleuse intérieurement et extérieurement, à tube 
inclus; les lobes latéraux très étalés, obovales ; le lobe moyen 
elliptique ; les intermédiaires oblongs-linéaires, de moitié plus 
petits que les latéraux. Etamines et style exserts. Graines 
ovoïdes, alvéolées-réticulées, glabres. 

La place de ce Teucrium me paraît se trouver à côté du 
T. ramosissimum Desf., auquel je l'avais jadis rapporté; il s'en 
distingue par ses feuilles plus souvent révolutées, par son calice 
inséré obliquement, cylindrique, non évasé au sommet et ne 
présentant pas de nervures saillantes entre les nervures princi- 
pales, par la forme de sa corolle et par d'autres caractères de 
moindre importance. 

Il se rapproche du T. buxifolium Schreb. ; mais ce dernier 
a un port toujours plus raide, le calice presque campanule, au 
moins à la maturité, à nervures secondaires très saillantes, les 
feuilles plus grandes, plus révolutées, moins longuement pétio- 
lées, les fleurs plus grandes, disposées en capitules plus fournis 
et plus denses. Toute confusion est impossible, et M. Lange, 
qui avait rapporté une forme de notre plante au T. buxifolium, 
en en faisant une variété ambigtmm, m'écrit qu'il est bien d'avis 
qu'il y a là une espèce distincte. 

Le T. saxatile est du reste très variable, comme les autres 
espèces du groupe, et je puis en distinguer trois formes ou va- 
riétés. Si je les note ici, c'est pour que l'on puisse établir la con- 
cordance avec les exemplaires conservés dans les herbiers ; 
mais les intermédiaires sont fréquents. 

Var. ambigîtum à feuilles triangulaires, brusquement tron- 
quées à la base, à inflorescence un peu compacte. C'est la plante 
que M. Lange (Diagii. III, page 146, 1893) a décrite, et dont il 
a bien voulu partager avec moi l'échantillon qui lui a servi à éta- 
blir sa variété. 

Var. Toumefortii à feuilles ovales très petites, à inflores- 
cence moins compacte; je l'ai récoltée à Carthagène en mai 1886 
et en juin 1895. Cette plante existe dans l'herbier de Tournefort 
conservé au Muséum sous le n° 1476, en parfait état, malheureu- 
sement sans nom. Je serais assez porté à croire que c'est là le 



A. de Coincy. — Sur tin Teucrium méconnu de la flore d'Espagne. 313 

véritable Chamsedrys hispanica minima saxatilis incana de 
Tournefort ; mais la démonstration définitive reste à faire. C'est 
aussi la plante type de Lamarck conservée dans l'herbier de 
Jussieu au Muséum; l'exemplaire est étiqueté de sa main, et 
acquiert un nouveau degré d'authenticité de ce fait qu'il dit dans 
l'Encyclopédie (II, page 699) qu'il a fait son T. saxatile sur un 
exemplaire communiqué par M. de Jussieu. 

Var. Freyuii à feuilles insensiblement atténuées en un long- 
pétiole ; je l'ai trouvée à Aguilas en juin 1895. C'est à cette 
forme que je rapporterai le Teucrmm distribué par MM. Porta 
et Rigo [lier hisp., II, 1892) sous le nom de T. Freymï Rev. 
C'est le même, probablement, que Willkomm a décrit avec un 
point d'interrogation dans le Sup. au Prod. de la Flor. d'Esp. ; 
mais il n'en a pas fait ressortir les caractères distinctifs, ignorant 
sans doute les travaux de M. Lange à cet égard. 

Ces trois variétés, je le répète, rentrent l'une dans l'autre. 
Le prototype original est l'exemplaire de Lamarck, conservé 
dans l'herbier Jussieu sous le n° 5304. 

Dans l'herbier Jussieu, le T. saxatile est nommé une fois 
T. rotundifolium Schreb. Si l'on se reporte au Plant. Verticil. 
de Schreber, on y trouve sous ce nom un Teucrium dont la 
description ne convient pas du tout au nôtre, mais parfaitement 
au contraire à l'exemplaire conservé dans l'herbier de Schreber 
à Munich sous le n° 5338. Il est vrai que cet exemplaire n'est pas 
d'une authenticité parfaite, mais en présence de la description 
discordante et du défaut complet d'authenticité du nom relaté 
dans l'herbier Jussieu, il n'y a pas lieu de tenir compte de ce 
dernier. 

Notre Teucrium est encore étiqueté dans l'herbier Jussieu Po- 
lium hispauicum chamœdryfolium. purptirascente flore Tourn., 
mais c'est précisément la phrase de Tournefort citée par Schreber 
pour son T. rottmdifolium, et nous venons de voir que ce dernier 
nom ne convient pas à notre Teucrùim, d'autant plus que Yicon 
1095 de Barrelier, noté comme bon par Schreber, indique une 
plante tout autre. 

Dans le même herbier, il est nommé aussi T. ramosissimum 
Desf. ; l'examen de l'herbier du Flor. Atl. montre que c'est à tort. 



3 i4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

La cause de la confusion est imputable à Desfontaines lui-même, 
qui, dans son ouvrage, a donné à son Teucriumxm synonyme qui 
ne lui convient pas. Le T. ramosissimum ne croît qu'en Tunisie, 
où il a été retrouvé par MM. Doùmet et Bonnet en 1884. M. Bar- 
ratte, conservateur de l'herbier Cosson, a bien voulu m'en com- 
muniquer un exemplaire provenant de cette récolte. 

Dans l'herbier général du Muséum, autre confusion. Vaillant 
lui donne comme nom Chamsedrys hispanica minima saxatilis 
incana Tourn. Ce nom conduit à une impasse. Schreber a iden- 
tifié le Çhamsedrys hispanica minima saxatilis incana Tourn. 
avec son T. quadrahtlum ; or, l'herbier de Schreber contient ce 
dernier type sous le n° 5341, authentiqué de sa propre main, 
s'appliquant à une plante complètement différente. Quand même 
Vaillant aurait raison et Schreber aurait tort, ce que je suis, du 
reste, disposé à croire, nous ne pourrions trouver là un nom 
binaire disponible. 

On pourrait relever çà et là d'autres synonymes, dont il me 
paraîtrait peu sage de tenir compte. 

Je me suis demandé d'où pouvaient provenir les confusions 
nombreuses auxquelles a donné lieu notre Teticrntm ; d'abord, 
à la légèreté avec laquelle les botanistes ont voulu identifier 
leurs noms binaires avec les phrases et les images des anciens 
auteurs ; en second lieu, aux mauvaises observations, qui l'ont 
fait prendre pour le T. buxifolium Schreb. Cavanilles, en attri- 
buant au T. buxifolium le nom de T. saxatile, y a beaucoup 
contribué (1). C'est M. Lange qui a indiqué le premier (loc. cil.) 
que c'est dans la forme du calice qu'il faut chercher les caractères 
distinctifs de notre espèce ; mais son identification avec le 
T. saxatile de l'herbier Jussieu lui a naturellement échappé. 

Je dois les citations que j'ai faites de l'herbier Schreber à 
l'obligeance de M. le prof. Radlkofer, qui a bien voulu mettre à 

1. Du reste, l'article qu'il consacre au T. saxatile, à la page 19 dn tome II 
(1793) de ses Icônes, porte la trace des tergiversations des botanistes du 
xvm" siècle, y compris Linné, relativement aux Teucrium de cette section. La 
plante qu'il a eue en vue avait antérieurement reçu de Schreber le nom de 
T. buxifolium Schreb., Plant. Vert., page xxxxn (1774). 

Étant donné l'authenticité du T. saxatile de l'herbier Jussieu, je ne puis tenir 
compte des synonymes notés par Lamarck dans l'Encyclopédie II, page 699 
(1786); il a sans doute fait confusion; la figure 1094 de Barrelier, citée par lui, 
paraît convenir à l'échantillon-type, mais la figure 1095 se rapporte au T. rotun- 
difolium Schreb. 



E. Malinvaud. — Propriété scientifique. 315 

ma disposition les types de Schreber. Je lui adresse mes remer- 
ciements, ainsi qu'à M. le docteur Solereder. 

J'ajouterai que le seul T. rotimdifolium conservé dans l'her- 
bier Schreber est dans un état qui se prête mal à une détermina- 
tion rigoureuse ; j'y verrais volontiers une forme du T. grana- 
tense Boiss. 

Il y a dans l'herbier de Tournefort, conservé au Muséum sous 
le n° 1469, un Teucrium étiqueté Chamsedrys cretica saxatilis 
folio exiguo subttts incano tellement identique avec le T. qua- 
dralulum authentique de l'herbier Schreber qu'on dirait les 
deux exemplaires détachés de la même souche : il est donc pro- 
bable qu'il faut rayer le Teucrium quadratulum de la liste des 
plantes espagnoles. 



PROPRIETE SCIENTIFIQUE 

Par M. Ernest MALINVAUD. 

Dans le sixième Bulletin de la Société botanique des Deux- 
Sèvres, p. 52, a été soulevée une question intéressante de prio- 
rité. 

La Flore de France de MM. Rouy et Foucaud (I, 246) si- 
gnale en ces termes le Dentaria bulbifera dans les Deux-Sèvres : 
... « Bois du Fouilloux près la Mothe-Saint-Héray (Deloynes, 
Foucaud) ». M. Souche, président de la Société botanique des 
Deux-Sèvres, crut devoir demander à M. Foucaud si ce n'était 
pas par erreur que les deux noms cités entre parenthèses avaient 
été substitués à ceux de Sauzé et Maillard, qui avaient découvert 
le Dentaria bulbifera, dès 1850, dans le lieu indiqué. M. Souche 
rappelle, en effet, que c'est en sa présence que Maillard condui- 
sit, en 1879, M. Foucaud au Fouilloux, et lui fit recueillir l'espèce 
en question devant M. Beltremieux, Dr. Termonia, etc. De plus, 
la plante fut publiée, de la même localité, par Sauzé et Maillard, 
sous le n° 11 12 de la collection classique des exsiccatas Billot. 
Enfin, ces auteurs avaient consigné le fait dans leur Flore des 
Deux-Sèvres, et il a été reproduit, d'après eux, par M. J. Lloyd, 
dans sa Flore de l'Ouest, à la quatrième édition de laquelle 
M. Foucaud a collaboré. Il est difficile de concevoir une pro- 
priété scientifique mieux constatée. 



3i6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Voici textuellement la réponse faite à la juste requête de 
M. Souche : 

M. Foucaud a répondu que ce n'était pas par erreur que le Dentaria 
figurait sous son nom dans la Flore ; qu'il avait observé cette plante 
au Fouilloux et n'en avait pas vu d'échantillons recueillis par Maillard ; 
qu'ils citaient les botanistes dont ils voyaient ou possédaient les plan- 
tes ; que c'était une garantie de plus et qu'ils ne se préoccupaient pas 
si d'autres les avaient déjà observées ; qu'il serait impossible, le plus 
souvent, d'établir quel est celui qui, le premier, a découvert telles 
plantes ; que si Maillard a vu le Dentaria, d'autres l'ont probablement 
observé avant lui. 

Il aura certainement échappé à M. Foucaud que l'application 
de sa doctrine aboutirait à la négation des droits de la propriété 
scientifique, qui sont aussi respectables que ceux de la propriété 
littéraire. Ce serait la maxime sunm cuique renversée. 

Nous ne serons probablement pas seul à approuver la récla- 
mation de M. Souche. 



EXCURSIONS BRYOLOGIQUES 
DANS LA HAUTE TARENTAISE (Savoie) 

(Suite.) 
Par MM. J. RÉÇHIN et R. SÉBILLE (Août 1895). 

Cascade de Tïgnes, et lac de la Sa s stère (2.491). 

Le torrent de la Sassière forme, à l'Est de Tignes, une ma- 
gnifique cascade que nous visitons avant de gravir le sentier, 
très raide, qui conduit au Villaret de Mial (1.858m .). Le chemin 
devient alors plus facile et ne présente aucun intérêt jusqu'au 
bas des Sales. Nous fouillons avec soin les rochers aux flancs 
desquels sont creusés les lacets serrés qui conduisent aux cha- 
lets, et surtout, un peu avant d'arriver, les rochers qui se trou- 
vent sur le bord du torrent, tombant en cascade dans un préci- 
pice d'une grande profondeur. C'est là que nous avons décou- 
vert le Sauteria alpiiia, en fruits, nouveau pour la France. 

Après les Sales, le sentier traverse des prairies maréca- 
geuses intéressantes et des éboulis remarquables par leur 
richesse au point de vue phanérogamique. 

Nous suivons avec soin les talus formés par le torrent, sans 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarentaise. 317 

oublier les blocs erratiques disséminés çà et là sur les pentes 
humides qui précèdent le lac de la Sassière. 

Le lac de la Sassière est alimenté par le glacier de Rhême, 
dont le col du même nom donne un passage en Italie. Entre le 
lac et le glacier se trouvent des marécages ravinés par les 
neiges fondantes et qui ne doivent pas être négligés. 

De cette excursion nous avons rapporté : 

Gymnostomum curvirostrum Hedw. cf. 
Cynodontium virens Schp. cf. 

— — V. WahlembergiiV>. E. cf. 
Dicranum elcngatum Schp. — Marais de la Sassière (2.500). 

— albicans B. E. 

— neglectum Jurt. 

— Mueklenôeckii'Q.'E.. 

— scoparium Hedw. v. orthophyllum Schp. 
Leptotrichum Jlexicaule Hamp . 

Disiichium capillaceum B. E. cf. 

— inclination B. E. cf. 
Didymodon rubellus B. E. cf. 

Desmatodon latifolius B. E. cf. — La Sassière (2.500). 
Barbula u?iguiculata Hedw. — Tignes. 

— iortuosa W. M. 

— fragilis Wils. st. 

— aciphylla B. E. st. 

Grimmia sphœrica Schp. cf. — Dans cette espèce le tissu des feuilles 
est remarquable : des cellules allongées occupent le 1/3 inférieur 
environ, plus haut elles deviennent petites, carrées ou arrondies, 
mais à parois minces. Vers la base, on trouve trois séries de cellules 
marginales, hyalines, allongées, plus longues que les intérieures et 
formant une bande qui remonte assez haut sur les bords. Le poil est 
large et denté. 

Grimmia alpesiris Schl. 

Ortholrichum arnigerum Myr. 

Encalypta rhabdocarpa Schw. cf. 

Dissodon Fraslichianus G. A. cf. 

Webera milans Hedw. cf. — Petite forme trapue. 

Bryum fallax Mild. cf. 

— cirratum H. H. cf. 

— cuspidatum Schp. cf. 

— pseudotriquetrwn Hedw. cf. — Forme à feuilles faiblement 
marginées, nervure longuement excurrente ; feuilles plus longuement 
acuminées. 



318 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Bryum turbinatum Schw. cf. 

— — v. latifolium B. E. cf. 
Mnium affine Schw. v. elatum B. E. 

— serrât it m 15. E. 

Amblyodon dealbatus P. B. cf. 

Catoscopium nigritum Brid. cf. — Bords du lac et marécages au-dessus 
du lac. 

Meesea uliginosa Hedw. cf. 

Aulacomni uni palustre Schw. cf. 

Bartramia ithyphylla Brid. cf. 
— Œderi Schw. cf. 

Philonotis fontana Brid. cf. 

Timmia austriaca Hedw. 

Pogonatum urnigerum P. B. cf. 

Myurella julacea B. E. 

Leskea nervosa Myr. 

Pseudoleskea atrovirens~B. E. 

Climacium dendroides W. M. 

Orthothecium intricatum B. E. 

Camptothecium nîtens Schp. 

Brachythecium trachypodiuni B. E. cf. — « Me paraît bien cette espèce 
sous une forme à feuilles plus longuement et plus finement acumi- 
nées, plus faiblement clenticulées. Folioles périchétiales les unes 
insensiblement acuminées, les autres brusquement contractées. 
Monoïque ; pédicelle papilleux. Correspond bien à la description 
du Synopsis de Schimper. — La rareté des spécimens d'herbier de 
cette espèce nuit à la connaissance exacte de ses variations. » — 
Renauld in litt. 

Brachythecium cirrosum Sch. — A la base de la cascade de Tignes. 

Rhynchostegium rusciforme B. E. v. laniinatum Boul. 

Plagiothecium pulchellum B. E. cf. 

Amblystegium confervoides B. E. 

Hypnum Sommerfeltii Myr. ? 

— chrysophyllum Brid. 

— filicinum L. f. tenuis Boul. 

— — f. supra alpina Mol. 

f. prolixa de Not. — Bords du torrent. 

— commutation Hedw. 

— falcatum Brid . cf. 
Hylocomium splendens Schp. 

Sarcoscyphus emarginalus Boul. 
Jungermannia Schreberi Nées. 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarentaise. 319 

Mastigobryum deflexum Nées. 

Pressia commutât a Nées cf. 

Sauter ici alpina Nées cf. — Nouveau pour la France. — Sur les ro- 
chers qui se trouvent au bord du torrent de la Sassière, immédiate- 
ment au-dessous des chalets des Sales. 



Tignes ( 1 .659) à Val d'Isère ( 1 .849) . — De Val d'Isère att For- 
net (1.860). — Du Fomet au Prariond (2.272). — Moraines 
et base dît glacier de la Galise (2.700). 

L'ancienne route de Tignes à Val d'Isère passait au fond des 
longues et pittoresques gorges, formées par l'Isère au Sud-Est 
du plateau de Tignes, et se tenait tantôt snr la rive gauche, tan- 
tôt sur la rive droite ; la nouvelle route suit, pour la plus grande 
partie, la rive droite, jusqu'à l'Ile, et ensuite la rive gauche 
jusqu'à Val d'Isère. 

Pour les botanistes, l'ancienne route est préférable, mais 
souvent difficile : c'est dans ces gorges que se trouve abondam- 
ment le Cortusa Matthioli. 

De Tienes à l'Ile, il faut examiner attentivement les 
roches qui bordent la route à gauche, et les blocs des bords de 
l'Isère à droite. Par l'ancienne route tout serait à surveiller. 

De l'Ile à Val d'Isère la route traverse des prairies maréca- 
geuses sans grand intérêt : peut-être aussi le paysage, des plus 
grandioses, captivait-il trop notre attention : de beaux pâtu- 
rages arrosés par l'Isère et le torrent du Charver, vers le milieu 
Val d'Isère, un peu plus loin le village de Laissenant, le tout 
encadré par de magnifiques montagnes, aux formes gigan- 
tesques, couronnées de superbes glaciers, que dominent de 
longues aiguilles. 

Le Val d'Isère serait comme Tignes un bon centre d'excur- 
sion; il y a un bon hôtel. De Val d'Isère au Fornet, la route fa- 
cile traverse des prairies intéressantes pour les phanérogamistes. 
Les rochers qui forment le lit de l'Isère au Fornet sont littéra- 
lement tapissés de Corttisa. 

Du Fornet aux chalets Saint-Charles (2.071 m.), le sentier se 
rétrécit, et, après avoir laissé les prairies, longe de petits maré- 
cages à droite que l'on doit visiter soigneuseihent. 



320 JOURNAL DE BOTANIQUE 

De Saint-Charles au Prariond (2.272 m.), il faut escalader un 
rocher par un sentier pénible avant de s'engager dans les 
gorges de Malpasset; gorges très étroites, très pittoresques, 
qui dominent à pic, à une centaine de mètres, et d'une manière 
effrayante, le torrent de l'Isère. Au sortir de ces gorges on 
pénètre dans le cirque du Prariond, où le Club Alpin a cons- 
truit un refuge. C'est au fond de ce cirque que l'Isère prend sa 
source au glacier de la Galise (3.342 m.), dans le massif du 
Mont Iseran. 

Du refuge, avant d'arriver au glacier, nous traversons des 
éboulis humides qui nous offrent un véritable tapis de Bryum 
turbinalum v. latifolimn , en fruits ; puis nous gravissons la 
moraine formée par le glacier du col de la Vache, le glacier de 
la Galise et le glacier de Montet ; c'est là que nous trouvons 
assez abondamment Dicranoweisia compacta. 

Après avoir examiné cette moraine, nous gagnons la gauche 
du glacier de la Galise, pour fouiller les rochers herbeux, puis 
nous reprenons la route du Val d'Isère, contents de notre butin. 

Gymnostomum curvirostrum Hedw. cf. 

Dicranoweisia compacta Schp. cf. — Nouveau pour la France. 

Moraine entre le glacier de la Galise et le glacier de Montet, vers 

2.600, abondant. 
Dicranoweisia crispula Hedw. cf. — Le Prariond. 
Cynodontium virens Schp. cf. 
Dicranetta Grevilleana Schp. cf. — Le Prariond. 

— heteromalla Schp. v. sericea C. Muel. 
Dicranum longifolium Hedw. 

— Bergeri Bland. — Forme à feuilles plus étroites et moins 
allongées que dans le type. Tissu translucide ; cellules du sommet 
petites, anguleuses, irrégulières; nervure obtuséroent dentée sur 
le dos. 

Dicranum neglectum Jur. — Ces derniers échantillons me semblent 
presque conformes au type ; ceux du lac de Tignes seraient une 
forme plus voisine de neglectum que defuscescens. 

Dicranum scoparium Hedw. 

Leptotrichum glaucescens Hamp. cf. 

Distichium capillaceum B. E. cf. 

— inctinatum B. E. cf. 

Desmatodon latifolius B. E. cf. — Glacier de la Galise, 2.600 m. 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarentaise. 321 

Barbula subulata B. E. cf. 

— aciphylla B. E. 
Grimmia c on fer ta Funck. cf. 

— funalis Schp. 

— alpestris Schl. cf. 

Amphoridium Mougeoti Schp. — Forme allongée, peu dense. 
E?tcalypta commutata N. H. cf. 

— rhabdocarpa Schw. cf. — Marge un peu moins accentuée 
que dans le type ; péristome peu développé. 
Encalypta apophysata N. H. cf. 
Dissodon Fréelichianics G. A. cf. 

Leplobryum piriforme Hedw. — Le Prariond, 2.272 m. 
Webera polymorpha Schp. cf. 

— nu tans Hedw. cf. 

— cruda Schp. cf. 

— pulchella Schp. — Le Prariond. 

— commutata Schp. 
Bryum cirratum H. H. cf. 

— cuspidatum Schp. cf. 

— pallescens Schl. cf. 

— alpinum L. 

— pseudotriquetum Hedw. — Petite forme se rapprochant de la 
variété compacium. 

Bryum neodamense Itzig. — Peu abondant, dans les marécages près de 

Saint-Charles. 
Bryum turbinatum Schw. cf. 

— — v. latifolium cf. 

Catoscopium nigritum Brid. cf. — Gorges de Malpanet, 2.300 m. 
Bartramia ithyphylla Brid. cf. 

— Œderi Schw. cf. 

Philonotis fontana Brid. v. gracilescens Schp. f. minor. 

— calcarea Schp. cf. 

— /■// arc h ica B ri d . 
Timmia megapolitana Hedw. cf. 
Pogonatum alpinum Rôhl. cf. 

Polytrichum sexangulare Flœrk. cf. — Forme différant du type par 
ses feuilles ayant quelques dents à l'extrémité, et exactement imbri- 
quées à l'état sec. 

Polytrichum piliferum Schw. 

— juniperinum Willd. cf. — Forme très développée. 
Pseudoleskea atrovirens B. E. 

— — v. brachyclada B. E. 



3 22 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Pseudoleskea cate?ndata B. E. 
Lescurœa striata B. E. v. saxicola B. E. 
Orlhothecium intricatum B. E. 

— rufescens B. E. 

Brachythecium salebrosum B. E. ? très petite forme. 

— reflexum B. E. 

— glaciale B. E. 
Plagiothecium denticulatum B. E. 
Amblystegium leptophyllum Schp. 
Hyp?ium stellatum Schp. — Très petite forme. 

— aduncum Hedw. 

— uncinatum Hedw. cf. 

— filiciîium L. 

— commutât um Hedw. 

— falcatum Brid. — Ce type est une jolie forme, dont les tiges 
atteignent jusqu'à 20 centim., peu divisée, et à rameaux courts; 
marécages de Saint-Charles. 

Hypnum sulcatum Schp. 

— cupressiforme L. 

— cordifolium Hedw. 
Hylocomium triquetum Schp. 

Jungermannia alfiesiris Sch\. 

— bar bâta Schr. 

— lycopodioides Walh. 

— trichophylla L. 

— inflata Huds. 

{A suivre.) 



Le Gérant : Louis Morot. 



l'aris. — J . Mersch, imp. , 4'", Av. de Chàtillon. 



u e ANNICK. N" 20. 10 OCTOBRE 1807. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



SUR UNE NOUVELLE SORTE DE BASIGAMIE 

Par M. Ph. VAN TIEGHEM. 

A deux reprises, j'ai appela dans ce Recueil l'attention des 
botanistes sur le renversement des pôles de l'endosperme dans 
la formation de l'œuf chez certaines Angiospermes (1). L'en- 
dosperme de ces plantes prend naissance, comme on sait, dans 
une cellule exodermique appartenant au nucelle quand l'ovule 
est nucellé, au lobe ovulaire quand il est inovulé, au placente 
quand il n'y a pas d'ovule, enfin directement au carpelle lui- 
même quand il n'y a ni ovule, ni placente. Cette cellule produit, 
en définitive, un tissu composé de sept cellules filles, savoir : 
trois petites à son extrémité superficielle, trois petites à son 
extrémité profonde et une beaucoup plus grande, séparant les 
deux triades polaires : c'est l'endosperme. 

Le plus souvent, c'est la triade superficielle ou apicale qui 
contient l'oosphère, reçoit l'action du tube pollinique et pro- 
duit l'œuf, la triade profonde ou basilaire demeurant stérile : 
en un mot, il y a acrogamie. 11 en est ainsi, semble-t-il, toutes 
les fois que l'ovule a un nucelle, même lorsque le tube polli- 
nique accède au nucelle par sa base, par la chalaze, comme il 
arrive, d'après M. Treub, chez les Casuarines, et aussi, d'après 
M. Navachine, chez les Bouleaux, les Aulnes, les Coudriers et 
les Noyers. C'est ce mode d'union que l'on tenait pour général 
avant mes recherches sur ce sujet. 

Mais lorsque l'ovule n'a pas de nucelle, ou lorsqu'il n'y a 
pas d'ovule, mais seulement un placente, ou enfin lorsqu'il n'y a 
ni ovule, ni placente, les choses se passent, suivant les plantes, 
de deux manières différentes. Tantôt il y a encore acrogamie, 
comme on le voit par les Santalacées dans le premier cas, par 
les Hélosacées dans le second, par les Viscacées dans le troi- 
sième. Tantôt c'est, au contraire, la triade profonde ou basi- 

1. Ph. Van Tieghem, Acrogamie et Basi garnie (Journal de Botanique, IX, 
p. 465, 1805) et Sur quelques exemples nouveaux de Basigamie et sur un cas 
d'Homœo garnie {Ibid., X, p. 245, 1896). 



;2 4 JOURNAL DE BOTANIQUE 

laire de l'endosperme qui contient l'oosphère, reçoit l'action du 
tube pollinique et produit l'œuf, la triade superficielle demeu- 
rant stérile : en un mot, il y a basi garnie. Il en est ainsi notam- 
ment chez les Sarcophytales (Hachettéacées, Sarcophytacées et 
Lophophytacées) parmi les Innucellées, chez les Nuytsiacées, 
Arceuthobiacées , Ginalloacées, Gaïadendracées, Treubania- 
cées (i) et Elytranthacées parmi les Inovulées. Chez ces der- 
nières, bien qu'appartenant à une famille dont les autres repré- 
sentants sont acrogames, les Balanophores offrent un cas 
intermédiaire très intéressant. L'endosperme y recourbe en U 
sa grande cellule médiane, de manière à ramener sa triade pro- 
fonde à côté de sa triade superficielle presque au même niveau 
sous la base du style, par où descend le tube pollinique ; en 
sorte que l'extrémité de ce tube semble pouvoir agir presque 
indifféremment sur l'une ou sur l'autre pour produire l'œuf : on 
peut dire qu'alors il y a homœogamie. 

Ceci rappelé, voici que les recherches très intéressantes 
d'un botaniste de Chicago, M. Herbert J. Webber, sur le dé- 
veloppement des anthérozoïdes dans le tube pollinique des 
Zamies(2), viennent d'introduire dans la science, incidemment, 
il est vrai, et sans que l'auteur le dise en termes explicites, une 
autre sorte de basigamie. C'est sur elle que je voudrais, dans 
cette petite Note, attirer l'attention des biologistes. 

Le grain de pollen de toutes les Phanérogames se découpe 
d'abord, comme on sait, en deux cellules très inégales : une 
grande ou apicale, qui, à la germination, s'allonge en tube pol- 
linique, et une petite ou basilaire, qui produit directement ou 
indirectement les anthérozoïdes, qui est par conséquent une 
anthéridie, sessile chez les Angiospermes, pédicellée chez les 
Gymnospermes : le tout forme un prothalle mâle. Chez les 
Angiospermes, c'est toujours, semble-t-il, par son sommet que 
le tube pollinique vient à toucher l'oosphère, pour y déverser 
un anthérozoïde et par là produire l'œuf : en un mot, chez ces 



i. M. Pierre ayant donné à un genre nouveau de Sapotacées le nom de Jreu- 
bella, j'ai changé ce même nom, donné par moi peu de temps après à un genre 
nouveau de Loranthacées, en celui de Trcubania. Ce genre est devenu depuis 
le type d'une famille distincte. 

2. Herbert J. Webber, Peculiar structure occurring in the pollen tube oj 
Zamia (Bot. Gazette, XXIII, p. 453 et pi. XL, fig. 6, 1X97) et The devclopment 
of ike antkerozoïds 0/ Zamia (Ibld., XXIV, p. 10, 1807). 




Ph. Van Tieghem. — Sur une nouvelle sorte de Basigamie. 325 

plantes, il y a toujours, du côté mâle, acrogamie. Chez les 
Zamies, quand le grain de pollen germe au sommet du nucelle 
dans la chambre pollinique, la grande cellule apicale s'allonge 
aussi tout d'abord en un tube, qui s'enfonce dans le nucelle. 
Mais bientôt ce tube dévie latéralement et continue de croître 
suivant la tangente dans l'épaisseur des flancs du nucelle, à une 
petite distance de sa surface, sans se rapprocher des arché- 
gones, bien mieux en s'en écartant de plus en plus (fig. 1, i)\ il 
cesse ensuite de s'allonger. Puis, 
l'extrémité basilaire (p) du tube, à 
laquelle adhère encore l'exine du 
grain de pollen primitif (g) et qui ren- 
ferme une anthéridie pédicellée (a), 
se recourbe vers le bas, s'enfonce 
verticalement dans le nucelle et y 
descend jusqu'à une petite distance 
du col de l'archégone, se rompant 
alors pour mettre en liberté ses deux 
anthérozoïdes, dont un pénètre dans 
l'oosphère et produit l'œuf; en un 
mot, il y a ici, du côté mâle, une ba- 
sigamie très nettement exprimée. En 
d'autres termes, il y a renversement 
des pôles dans le prothalle mâle. 

Il est probable qu'il en est de 
même dans les autres Cycadacées. 
Les choses se passent-elles aussi de 
la même manière chez les autres 

Gymnospermes, notamment dans le Ginkgo et les autres Coni- 
fères ? De nouvelles recherches, conduites dans cette direction, 
pourront seules nous l'apprendre. 

Il faut donc, désormais, dans la formation de l'œuf des Pha- 
nérogames, distinguer deux modes d'union du côté mâle, comme 
on en a déjà reconnu deux du côté femelle. Cela donne, en 
somme, quatre modes possibles de formation de l'œuf : i° par 
double acrogamie, le sommet du tube pollinique agissant sur la 
triade apicale de l'endosperme : c'est le cas le plus fréquent, 
admis jusqu'ici comme général ; 2° par acrogamie du côté mâle, 
basigamie du côté femelle, le sommet du tube pollinique agis- 



Fig. 1. — Section longitudinale axile 
de la région supérieure de l'ovule 
du Zamia integrifolia (d'après 
M. Webber): — n, nucelle; c, en- 
dosperme; ar, archégones, avec 
leur cellule de canal et leur rosette 
terminale ; c, chambre polliniqu ■ ; 
t, région terminale du tube polli- 
nique, allongée tangentiellem. nt 
sous la surface du nucelle ; /, ré- 
gion basilaire du tube, dirigée ver- 
ticalement vers le bas, montrant 
en g l'exine du grain de pollen 
primitif, et renfermant l'anthéridie 
pédicellée a; de chaque côté des 
bases des tubes polliniques (la 
ligure en montre trois,), le nucelle 
se trouve résorbé et digéré par la 
croissance de ces bases. 



3 26 JOURNAL DE BOTANIQUE 

sant sur la triade basilaire de l'endosperme : c'est le cas de di- 
verses Angiospermes innucellées (Sarcophytales) ou inovulées 
(Arceuthobiacées, Ginalloacées, Nuytsiacées, Gaïadendracées, 
Treubaniacées et Elytranthacées) ; 3 par basigamie du côté 
mâle, acrogamie du côté femelle, la base du tube pollinique 
agissant sur la triade apicale de l'endosperme, s'il s'agit d'une 
Angiosperme, sur le sommet de l'archégone, s'il s'agit d'une 
Gymnosperme : c'est ce dernier cas qui se trouve réalisé par 
les Zamies et sans doute aussi par les autres Cycadacées ; 
4 enfin, par double basigamie, la base du tube pollinique agis- 
sant sur la triade basilaire de l'endosperme, s'il s'agit d'une 
Angiosperme, sur la base de l'archégone, s'il s'agit d'une 
Gymnosperme : ce quatrième mode est encore à découvrir. 



EXCURSIONS BRYOLOGIQUES 
DANS LA HAUTE TARENTAISE (Savoie) 

{Fin.) 
Par MM. J. RÉCHIN et R. SÉBILLE (Août 1895). 

Rochers humides att Sud-Ouest de Tignes (1.659 à 1.800 m.). 

Le temps qui, jusqu'à ce jour, nous a été favorable, devient 
menaçant et semble vouloir nous forcer à prendre un repos 
auquel nous donnaient droit les labeurs des jours précédents. 
N'osant pas nous aventurer dans la montagne, nous nous déci- 
dons cependant à aller visiter quelques rochers au Sud-Ouest de 
Tignes, pour passer le temps et surtout ne pas rester inactifs. 
Bien nous en prit : car cette petite excursion, qui peut être faite 
en quelques heures, et sans aucune fatigue, fut une des plus 
fructueuses. 

Nous jetons un coup d'œil sur des rochers arrosés par une 
petite cascade, au milieu d'un bois de Mélèzes clair-semés. Les 
nombreuses espèces de Mousses que nous rencontrons, et en bon 
état, nous font rapidement changer notre manière de faire. 

Après avoir consciencieusement épluché ces rochers, nous 
suivons avec non moins d'attention ceux qui se trouvent au 
milieu des prairies et ceux qui bordent le torrent. 

Voici les plantes que nous avons récoltées : 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarent lise. 327 

Andreseaalpestris B. E. cf. 
Dicranoweisia crispula Hechv. cf. 
Cynodontium virens Schp. cf. 

— — v. Wahlembergii B. E. cf. 
Dicratiella varia B. E. cf. 

Dicranum longifolium Hechv. 
Fissidens adiantoides Hedw. fi. mâle. 
Ceratodon purpura us Brid. 
Leptotrichum fiexicaule Hampe cf. 

— — v. densum Schp. cf. 
Distichium capillacetmi B. E. cf. 

— inclinatum B. E. cf. 
Barbula inclinala Schw. cf. 

— tortuosa W. M. 

— aciphylla B. E. 
Grimmia elaliorB. E. cf. 
Rhacomilrium fasciculare Brid. cf. 

Amphoridium Mougeoti Schp. — Feuilles un peu moins longues que 

dans le type, mais surtout très caduques. 
Orthotrichum rupeslre Schl. cf. 

— cupulatum Hoffm. cf. 
Encalypta vulgaris Hedw. cf. 

— rhabdocarpa Schw. cf. 
Webera cruda Schp. cf. 
Bryuni arcticicm B. E. cf. 

— fallax Milde cf. 

— cap il lare L. cf. 

— palle?is Sm. cf. — Cils appendiculés, bien développés, forte- 
ment granuleux; lanières légèrement ouvertes sur la carène. 

Bryum pseudotriquetrum Schw. cf. 

Zieriajulacea Schp. cf. 

Mnium affine Schw. v. elatum B. E. — Avec vieux pédicelles. 

— orthorhynchumV). E. cf. 

— punciatum L. v. elatum Schp. 

Cinclidium stygium Sw. — En magnifique état de fructification : indi- 
qué en France seulement au Lautaret. Rochers sud-ouest de Tignes, 
1.800 m. 

Amblyodon dealbatus P. B. cf. 

Catoscopium nigriium Brid. cf. 

Meesea uliginosa Hedw. v. alpina B. E. cf. 

Bar tr ami a Œderi Schw. cf. 

Neckera crispa Hedw. 



328 JOURNAL DR BOTANIQUE 

P ter ogovium gracile Sw. 
M y ure lia julacea B. E. 
Pseudoleskea atrovirensB. E. 

— cateniilata B. E. 

Thaidium decipiens de Not. — Bords des ruisseaux des prairies de 

Tignes, 1.670 m. 
Thuidium abietinum B. E. 

Pterigynandrum filiforme Hedw. V. heteropterum Schp. cf. 
Lesc arasa striât a B. E. 
Orthofhecium intricatum B. E. 

— rufescens B. E. 

Ptychodium plicatiim Schp. cf. — Très rare en fruits. 
Eurhynchium piliferiim B. E. 

— Stokesii B. E. 
Plagiothecium pulchellumB. E. cf. 

— denticulatumB. E. cf. 
Amblystegiiim SpruceiB. E. cf. — Très rare en fruits. 
Hypiium Halleri L. cf. 

— i?itermedium Lindb. 

— ituciiiatum Hedw. cf. 

— filicinum L. cf. 

— filicinum L. v. crassinervium Ren. — Tiges à rameaux 
allongés et peu nombreux, jaune brun ; feuilles accessoires et radi- 
cules nulles ou très rares; nervure épaisse, dépassant longuement 
le limbe dans la plupart des feuilles, qui sont fortement dentées; 
oreillettes peu marquées, cellules jaunâtres. Ren. in lift. 

Hypnum commutatum Hedw. — Forme voisine de falcatum, distincte 
par ses nombreuses radicules, feuilles moins longues; tiges moins 
régulièrement pennées que dans commutation type, et plus molles, 
cf. et fl. mâles. 

Hypnum sulcatum Schp. 

— fastigiatum Brid. — Forme type. 

— molluscum Hedw . 

— palustre L. cf. 

— polare Lindb. st. — Nervure atteignant le sommet. Ces 
échantillons sont intermédiaires entre ceux de Norwège et ceux 
des Pyrénées, M. G. 592. 

Hylocomium spleudens Schp. 

— triquetum Schp. 

Scapa?ria irrigua Dum. — Petite forme. 
Jutigerma?inia spîuerocarpa Hook. — Avec des périanthes. 



J. Réchin et R. Sébille. — Excursions dans la Haute Tarentaise. 329 

Jtingermannia acula Lindb. 

— ventricosa Dicks. 

— lycopodioides Wahl. 

— quinquedentafaThcô.. 

— Flœrket Mont. — Tous les lobes acuminés, trois sur- 
tout très longuement. 

Ju?igermannia connivens Dicks. 

— Lyonti Tayl. 

— trichophylla L. 
Lophocolea bideniata Nées. 
Radula comp/anala Dura. 
Madotheca rivularis Nées. 
Aneura pinguis Dura. 



Gorges de Ballandaz, entre Bozel et Pralognan 
(800 à 1 .000 m.). 

Nous devions nous rendre à Bozel par le col du Palet 
(2.658 m.), qui fait communiquer le val deTignes avec celui de 
Peisey et qui sépare le massif du Mont Pourri des montagnes de 
la Vanoise, mais la pluie nous força de reprendre la route de 
Sainte-Foy et de Bourg-Saint-Maurice. 

Arrivés à Moutiers, les nuages avaient disparu, et le soleil, 
splendide, nous engageait à ne pas abandonner notre visite à 
cette jolie localité des Gorges de Ballandaz, formées par le 
Doron de Pralognan et situées à 3 kilomètres de Bozel. 

Nous n'avons exploré que les gorges, où nous voulions 
revoir le Geheebia, et les quelques rochers qui bordent la nou- 
velle route de Pralognan. Ce village, aux pieds des magnifiques 
glaciers delà Vanoise, serait un bon centre d'excursion. 

De cette course, qui ne demande que quelques heures, nous 
avons rapporté : 

Hymenostomum micros lomum Hechv. cf. 
Gyuuiostomum rupesfre Schw. cf. 

— curvirostrutn Hedw. cf. 

Dicranella varia Schp. cf. 
Dicranum scoparium HeJw. 
Fissidetis adiantoides Hedw. cf. 
— taxifolius Hedw. 



33 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

Fissideiis viridulus Wahl. cf. — FI. mâles à l'extrémité d'un long 
rameau ; marge élargie à la base des ailes; capsule ovoïde droite, 
col distinct. 

Blindia acitta B. E. cf. 

Leplotrichum flexicau le Hampe. 

Distichium inclinatum B. E. cf. — Et une forme remarquable : fl. mo- 
noïques, anthéridies contenues dans uninvolucre; capsule globu- 
leuse, pédicelles très allongés, tiges courtes. 

Didymodon rubellus B. E. — Forme à feuilles très allongées, étroite- 
ment acuminées, distinctement denticulées au sommet, quelques 
dents de chaque coté; fl. synoïques. 

Barbula vinealis Bnd. cf. — Petite forme. 

— tortuosa W. M. cf. 

— subulata P. B. cf. 

— — v. integrifolia Boul. cf. 

— — v. denlata Boul. cf. 

— ruralis Hedw. cf. 
Geheebia cataractarum Schp. 

Grimmia apocarpa Hedw. v. gracilis N. H. cf. 

— elatior B. E. 

— Donniana Smith. 

— commutât a Huebn. cf. 
Rhacomiiriuin heterostichum Brid. 

— lanugiiiosum Brid. 

Hedwigia ci liât a Ehrh. st. 
Coscinodon pulvinatus Spreng. cf. — Poils très longs, tige courte. 

Abondant sur les rochers schisteux de la route de Pralognan, 

vers 1.000 m. 
Orthotrichum anomalum Hedw. cf. 

— speciosum Nées cf. 

— liocarpiim B. E. cf. 
ICucalypta streplocarpa Hedw. st. 

Fuiiaria hygrometrica Hedw . cf. — Forme à pédicelles très longs, 

55 à 60 "7m ! sur les rochers de la cascade. 
Webera albicans Schp. 
Bryum cirratum II . H . cf. 

— c api II are L. 

— palle?2S Schw. cf. 

Zieriajulacea Schp. st. — Se distingue à l'état stérile de Bryum 
argenleum par la nervure visible jusqu'au sommet, quoique sou- 
vent décolorée; les cellules supérieures sont beaucoup plus longues, 
et les inférieures plus petites et plus régulières. 



J. Réchin et R. Sébili.e. — Excursions dans la Haute Tarcntaise. 331 

M 11 in m cuspidatum Hedw. 

— orthorhynchum B. E. cf. 

— spinosum Schw. cf. — Cils fortement noduleux, presque 
appendiculés. 

Mnium punciatum L. cf. 

Bartramia Halleriana Hedw. st. — Forme à feuilles moins fortement 

dentées, étalées, squarreuses à l'état sec ; feutre radiculaire moins 

développé; touffes d'un vert intense. 
Bartramia Œderi Schw. cf. 
Atrichum undulatum F. B. 
Neckera crispa Hedw. 

— compianata B. E. 
Homalia iriclwmanoides B. E. 
Leucodon sciuroides Schw. 
Leskea nervosa Myr. 
Anomodon atlenuatus Host. 

— vi/iciilosus L. 

Thuidium abietinum L. 

Pterigynandrum filiforme Hedw. v. heteropterum Schp. 

Cylindrothecium concinnum Sch. — Forme remarquable par son déve- 
loppement, dû sans doute à sa station dans un endroit ombragé et 
humide. Je pensais tout d'abord à une belle forme SHypinim eus- 
pidalitm; mais les feuilles ne forment pas une pointe aussi aiguë 
que dans ce dernier, puis les oreillettes sont formées de petites 
cellules carrées, remontant le long des bords; les tiges sont plus 
régulièrement pennées, vertes et non orangées comme dans Hyp. 
cuspidatum et Schreberi ; il s'éloigne de ce dernier par ses oreil- 
lettes formées de cellules plus nombreuses et vertes; elles sont 
colorées dans Schreberi. 

Orthothecium rujescens B. E. 

Brachythecium rutabulum B. E. 

Eurhyiichium piliferum B. E. 

Plagioihecium doiliculatum B. E. et. 

— elegansWook. 

— si les iacum B. E. 
Amblystegium serpeus B. E. 
Hypiium slellalum L. 

— uncinatum 1 Ied w . 

— commutât uni Hedw. cf. — Très belle forme; ramifications de 
la tige étagérs, régulièrement pennées, appliquées sur le support, 
très radiculeuses ; feuilles plus longuement atténuées, nervure dé- 
passant à peine le milieu de la feuille; paraphylles nombreuses. 



332 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Hypnum incurvât um Schr. 

— molluscum Hedw. 

— palustre L. cf. 

— cuspidatum L. 

Plagiochila asplenioides Du m. 

— — V. major Lind. 

— — v. tiiinor. 
Jungermannia alpestris Schl. 

— Schreberi Nées. — Avec périanthes. 

— quinquedentata Thed. 

— trichophylla L. 
Radula complanata Dura. 

— — - v. propagulifera Hook. 
Madotheca plaiyphylla Dum . 

Pellia epiphylla Corda. — Des périanthes. 
Aueura pal mat a Dum. 
Metzgeria pubescens Raddi. 

Pendant ces quelques jours nous avons pu réunir environ 
300 espèces de Mousses, dont plusieurs sont nouvelles, d'autres 
fort peu communes, et un bon nombre en magnifique état de 
fructification. Aussi est-ce à regret que nous quittons la Taren- 
taise, avec ses belles montagnes et sa riche flore bryologique, 
sur laquelle aucune étude, à notre connaissance, n'a encore été 
publiée. Bientôt peut-être il nous sera possible d'entreprendre 
de nouvelles excursions dans cette partie, si peu connue, de nos 
Alpes françaises. 

Mais avant de terminer, nous tenons à remercier MM. Cha- 
bert et Révil pour leurs aimables communications, et surtout 
M. P. Renauld qui a bien voulu revoir et débrouiller plusieurs 
de nos espèces avec la compétence que chacun sait, et la bien- 
veillance qu'il prodigue si largement. 



RÈGLES DE NOMENCLATURE 

POUR LES BOTANISTES ATTACHÉS AU JARDIN BOTANIQUE ET AU 
MUSÉE ROYAL DE BERLIN (i). 

1. Le principe de priorité dans le choix des noms pour les genres 
et les espèces de plantes est maintenu d'une manière générale; le point 

1 Traduites par M. L. Morot. 



Règles de nomenclature. 333 

de départ pour la détermination de la priorité est fixé à 1753-54. 

2. On laissera de côté un nom de genre qui, dans un délai de cin- 
quante ans à dater de sa publication, ne sera pas devenu d'un usage 
général. Pourtant, si ce nom a été employé comme conséquence de 
l'application des « Lois delà nomenclature de 1868 » dans des travaux 
monographiques ou de grands ouvrages floristiques, il conservera sa 
valeur pour nous. 

3. Pour arriver à l'uniformité dans la désignation des groupes du 
règne végétal, nous emploierons les désinences suivantes : les noms des 
séries se termineront en aies, ceux des familles en aceee, ceux dessous- 
familles en oidea?, ceux des tribus en <?<£?, ceux des sous-tribus en i?is?\ 
ces terminaisons sont ajoutées au radical du nom générique formateur; 
exemple : PandanfusJ-a/es; Rumex, Rumic(is)-oideée ; Asclepïas, 
Asclepiad(is)-ece ; Meiastelma, Metastelmat(is)-ince ; Madi(a)-inâe (1). 

4. En ce qui concerne le genre des noms génériques, nous nous 
réglons, pour les désignations classiques, sur l'usage grammatical 
correct ; pour les noms modernes et les barbarismes, on se conforme à 
l'usage adopté dans les « Natûrliche Pflanzenfamilien » ; en règle géné- 
rale, on ne doit pas apporter de changement à la terminaison ou à une 
autre partie du nom. Mais les fautes notoires dans les désignations 
tirées des noms propres doivent être supprimées; par exemple, il faut 
écrire Riïlingia, et non Rulingia comme l'habitude des Anglais s'en 
est importée chez nous. 

5. Quand un nom générique a été rejeté dans la synonymie, il est 
préférable de ne pas le reprendre avec une signification différente pour 
désigner un nouveau genre, ou bien une section, etc. 

6. Le choix des noms spécifiques est déterminé par la priorité, à 
moins que des objections sérieuses contre son application ne soient 
soulevées par les monographes. Quand une espèce est transportée dans 
un autre genre, elle doit encore y conserver son plus ancien nom 
spécifique. 

7. L'auteur qui a le premier nommé une espèce, même dans un 
autre genre, doit toujours rester reconnaissable, et, à cet effet, son nom 
est placé, entre parenthèse, devant celui de l'auteur qui a fait passer 
l'espèce dans un nouveau genre. Ainsi : Pulsatilla pratensis (L.) 
Mill. , de Anémone pralensts L. Quand un auteur a lui-même changé 
son espèce de genre, nous omettons la parenthèse (2). 

8. En ce qui concerne la manière d'écrire les noms spécifiques, 
c'est celle de Linné qui est suivie au Jardin botanique et au Musée, 

1. Quelques exceptions comme Coniferas, Crucifera?, Umbellifei'œ, Palma? 
etc., sont maintenues de droit. 

2. Nous ne regardons pas comme astreints à cette règle les auteurs qui pour- 
suivent la publication d'ouvrages où la parenthèse n'était pas en usage. 



334 JOURNAL DE BOTANIQUE 

et on continuera à s'y tenir désormais. Nous écrivons donc sans 
majuscules tous les noms spécifiques, sauf ceux qui dérivent de noms 
de personnes et ceux qui sont des substantifs (noms de genres souvent 
encore en usage ou du moins anciennement employés) ; par exemple : 
Ficus indica, Circcea lutetiana, Brassica Napus, Solanum Dulcamara, 
Lythrum Hyssopifolia, Isachne Bûtineri, Sabicea Heiuiiiigsiana. 

9. Quand un nom propre est employé à la formation d'un nom de 
genre ou d'espèce, s'il est terminé par une voyelle ou par un r, nous y 
ajoutons simplement a (pour le genre) ou i (pour l'espèce) ; ainsi 
Glazioua (de Glaziou), Bureaua (de Bureau), Schi/tsea (de Schûtze), 
Kernera (deKerner), et Glazioui, Bureaui, Schulzei, Kerneri. Si le 
nom se termine par un «, nous changeons, pour l'euphonie, cette 
voyelle en se ; ainsi Colla nous donne Collœa. Dans tous les autres cas, 
on ajoute au nom la désinence ici ou ù\ comme clans Schûtzia (de 
Schi'ttz), Schûtzii, etc. ; cette dernière règle est applicable même 
pour les noms terminés en us, et on dira Magnusia, Magnusii (et non 
Magni), Hieronymusia, Hieronymusii (et non Hieronymi). Les 
adjectifs tirés des noms propres sont formés de la même manière, 
comme Schiïtzeana, Schûtziana, Magnusiana. Une distinction entre 
l'emploi du génitif et celui de la forme adiective est impraticable à 
l'époque actuelle. 

10. Dans la formation de substantifs ou d'adjectifs composés 
latins ou grecs, la voyelle placée entre les deux racines du mot est une 
voyelle de liaison, i en latin, o en grec; on écrit donc menthifolia et 
non menthsefolia (ce n'est pas le génitif du nom formant la première 
partie du mot composé qui figure dans la construction de celui-ci). 

11. Nous conseillons d'éliminer les combinaisons de noms for- 
mant des tautologies, comme Linaria Lin aria ou Elvasia elvasioides. 
Il est encore permis de s'écarter de la priorité quand il s'agit de noms 
dus évidemment à uue erreur géographique grossière de la part de 
leur auteur, comme c'est le cas pour YAsclepias syriaca L. (origi- 
naire des États-Unis) et le Leptopefalum mexicanum Hook. et Arn. 
(des îles Liu-Kiu). 

12. Pour désigner les hybrides, on relie directement par le signe X 
les noms spécifiques des parents dans leur ordre alphabétique ; par 
exemple, Cirsium palustre X rivulare. Il n'y a pas à établir de diffé- 
rence entre la place du nom du père et celle du nom de la mère. Nous 
ne regardons pas la nomenclature binaire comme convenant aux 
hybrides. 

13. Les noms manuscrits n'ont, en aucun cas, droit au maintien de 
la part des autres auteurs, même quand ils paraissent sur des étiquettes 
imprimées d'exsiccatas. Il en est de même pour les noms horticoles et 



N. Patouillard. — Contributions à la flore niycologique du Tonkin. 335 

les désignations des catalogues de marchands. La reconnaissance de 
l'espèce suppose pour nous une diagnose imprimée, qui, bien entendu, 
peut être portée par une étiquette d'exsiccata. 

14. Un auteur n'a pas le droit de modifier à son gré un nom géné- 
rique ou spéciâque une fois donné, à moins d'y être autorisé par des 
raisons très sérieuses, telles que celles de l'article 1 1 . 

Signé : A. Engler, I. Urban, A. Garcke, K. Schumann, G. Hiero- 
nymus, P. Hennings, M. Gùrke, U. Dammer, J. Lindau, E. Gilg, 
H. Harms, P. Graebner, G. Volkens, L. Diels. 



CONTRIBUTIONS 

A LA 

FLORE MYCOLOGIQUE DU TONKIN 

(3 e série) 
Par M. N. PATOUILLARD. 

Cette troisième série de Champignons du Tonkin (1) ter- 
mine l'étude des collections recueillies par le regretté P. Bon 
au Tonkin et en Annam, dans les provinces de Hà Nôi (HN), 
Thanh Hoà (TH), Ninh Binh (NB) et Nghê An (NA). 

J'ai dû laisser de côté un assez grand nombre d'Agaricinés, 
ainsi que plusieurs Pyrenomycètes, principalement des Xylaria, 
que je n'ai pu caractériser avec une précision suffisante par suite 
de l'absence de renseignements sur la plante vivante, ou parce 
qu'ils n'étaient représentés que par des formes incomplètes 
dépourvues de spores ou seulement conidifères. Enfin, j'ai in- 
tercalé dans cette liste quelques espèces du Yun-Nan, provenant 
des récoltes de l'abbé Delavay. 

Lepiota luteola Pat. Bull. Soc. myc. Fr. (1892), p. 46. — 
Sur la terre ; forêt de Muou Lang à Ninh Thai (HN). Avril. 

Lepiota nigricans Pat. loc. cit. — Forêt de Muou Lang à 
Ninh Thai (HN). Avril. 



1. La première série, publiée daus ce Journal en janvier et février 1890, 
comprend 90 espèces récoltées par Balansa au mont Bavi et dans son voisinage. 
La deuxième série se trouve dans le même recueil, numéros de septembre et 
d'octobre 1891, et contient l'indication de 98 champignons recueillis par le 
R. P. Bon dans les provinces d'Hà Nôi et de Thanh Hoà. 



33 6 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Lepiota albocitrina Pat. loc. cit. — Forêt de Muou Lang 
àNinhThai (HN). Avril. 

Lepiota tonkinensis Pat. loc. cit. — Forêt de Muou Lang 
à NinhThai (HN). Avril (n°47 3 7.) 

Leucoprinus cretaceus Bull. (Agaricus). — Sur le sol. 
KeSo(HN). Juin (^4367). — a. Plante entièrement blanche, 
couverte de mèches coniques, farineuses et s'attachant aux 
doigts. Spores 9-13 X 6-7 p.; — (}. plante plus petite, de couleur 
grise; spores moins allongées, 10 X 6 p.. 

Hiatula Boniana n. sp. — Sur la terre au voisinage des 
habitations à Ke So (HN). Août (n° 4833). 

Chapeau convexe, puis étalé et presque plan, large de 5 centimètres, 
omboné, sec, pulvérulent écailleux, très mince, non fragile. Lames 
nombreuses, entières, libres; spores incolores, ovoïdes ou atténuées au 
sommet, à pore germinatif facilement visible, 8-10 X 5 _ 6 \J- Stipe 
long de 7 centimètres, creux, sec, tenace, pulvérulent, légèrement 
renflé à la base. Anneau nul. Plante entièrement de couleur de soufre, 
avec les écailles et la pruine du chapeau de couleur jaune plus intense. 

Espèce très voisine de la précédente, à laquelle nous l'aurions 
rattachée comme simple variété de couleur, si ce n'eût été l'absence 
complète d'anneau signalée d'une manière précise par le collecteur. 

Le genre Hiatîda semble formé de deux séries bien diffé- 
rentes, Tune dérivant de Mycena et l'autre de Leucoprinus par 
disparition ou réduction de l'anneau. 

Gollybia dryophila Bull. (Agaricus). — Sur la terre hu- 
mide, dans l'herbe. Bao Loc. (HN). Février (n os 4617, 4641). 

Omphalia hirtipes n. sp. — Sur feuilles pourries de Bo- 
rassus. Ke So (HN). Août (n° 4846). 

Entièrement blanc. Chapeau convexe puis plan, peu charnu, mince, 
pellucide, large de 6-8 millim., à peine pruineux; lames peu nom- 
breuses, étroites, entières, aiguës sur la tranche, décurrentes, mélan- 
gées de plus courtes, non réunies par des veines; stipe grêle, filiforme, 
un peu tenace, laineux, haut de 12-15 millim., entouré à la base par 
des flocons tomenteux blancs. 

Espèce voisine de O. amabilis Berk. 

Omphalia ke-soensis n. sp. — Sur la terre ombragée. 
KeSo (HN). Juillet (n° 4473). 



N. Patouillard. — Contributions à la flore mycologique d/t Tonkin. 337 

Entièrement blanc jaunâtre. Chapeau glabre, orbiculaire, large de 
1-2 centira., strié sur les bords, profondément ombiliqué ou en enton- 
noir, peu charnu. Stipe glabre, grêle, épais de 1-2 millim., cylindrique, 
tenace, droit ou flexueux, régulièrement épaissi vers le haut. Lames 
longuement décurrentes, entières, à tranche aiguë, peu serrées, mêlées 
de plus courtes et souvent réunies par des veines. 

Pleurotus anthocephalus Lev. (Agariats). — Sur les 
troncs morts du Bombax malabarictts à Kièn Khè (HN) 
(n os 4492 et 4558), et sur ceux du Pandanus odorat issimus à 
Vo Xa(HN) (n° 4558 a ). Septembre, décembre. 

Pleurotus versiformis Berk. (Agariats). — Au pied des 
arbres à Ninh Thai (HN). Avril (n° 4721). 

Pleurotus applicatus Fr. (Agariats). — Sur le vieux 
bois. Ke So (HN). Octobre (^4890). 

Pleurotus chioneus Pers. (Agariats). — Sur les petits 
rameaux et les feuilles pourries d'un Semecarpits. Vo Xa (HN) 
sur la montagne Ao Câ. Mars (n° 4675). 

Lentinus melanopus Pat. Bttll. Soc. myc. Fr. [1892J, 
p. 47. — Sur le vieux bois. Ke So (HN). Juillet (n° 4815). 

Lentinus concinnus Pat. loc. cit. — Bois mort à Ke So 
(HN). Août (n° 4829). 

Lentinus Bonii Pat. loc. cit., p. 48. — Bois mort à Ke So 
(HN). Août (n°4854). 

Lentinus brunneo-maculatus n. sp. — Sur la terre, 
probablement attaché à des débris de bois. Phuc Nhac (HN). 
(Sans numéro.) 

Chapeau orbiculaire, convexe puis plan, mince, large de4à8 cen- 
tim., blanc, marqué d'écaillés concentriques appliquées, rousses ou 
brunes, très serrées et presque conlluentes au centre, écartées les unes 
des autres près des bords qui sont blanchâtres et striés. Stipe tenace, 
droit ou courbé, cylindrique, épais de 4-6 millim., long de 5-8 centim., 
marqué de squames analogues à celles du chapeau. Lames serrées, 
entières, adnées par une dent. 

Espèce voisine de Lentinus tigrinus Fr. 

Marasmius nigripes n. sp. — Sur brindilles pourries. 
Vo Xa (HN), dans la foret. Octobre (n° 4898). 



338 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Chapeau blanc, subglobuleux puis plan, mince, membraneux, strié, 
large 5-25 millim., terne; lames étroites, blanches, subdécurrentes, 
peu serrées, rriêlées de plus courtes, non réunies par des veines ; spores 
incolores, ovoïdes, lisses, 7 X 5-6 [-»-, contenant une gouttelette bril- 
lante ; stipe grêle, épais de 1 millim., un peu excentrique, tenace, 
long de 5-15 millim., noir sous une pruine blanche. 

Murasmius ramealis Fr. — Groupé sur les brindilles, les 
vieux pieux, les clôtures en Bambou, etc.. Dang- Xa (HN), KeSo 
(HN). Juin, juillet (n os 4409, 4416, 4436, 4452). 

Chapeau convexe, ruguleux, lisse, puis striolé par la des- 
siccation, à la fin un peu déprimé au centre, pruineux, blanc. 
Stipe pruineux, blanc, puis roussâtre. 

Grinipellis stipitarius Fr. {Collybia). — Brindilles pour- 
ries. Kiên Khè(HN). Mars (n° 4654). 

Androsaceus sessilis Pat. Btill. Soc. myc. Fr. [1896], 
p. 133. — Rameaux morts. Ke So (HN). Août (n° 4853). 

Androsaceus griseo-badius Pat. /oc. cit. — Sur l'écorce 
des arbres. Ke So (HN). Août (n° 4845). ' 

Androsaceus subiculosus n. sp. — Brindilles pourries. 
Ke So (HN). Août (n u 4839). 

Chapeau convexe, 3-6 millim. de diamètre, roux, ruguleux, strié 
à la marge, sec, mince; pellicule formée de cellules petites, arrondi"?, 
couvertes de protubérances serrées, courtes et dressées; lames peu 
serrées, entières, inégales, adnées, blanches. Stipe filiforme sec, tenace, 
oris brun avec le sommet blanc, couvert sur toute sa longueur d'une 
pulvérulence blanche; mycélium blanc, membraneux ou floconneux 
entourant le support. 

Androsaceus atro-rubens Berk. (Marasmzus). — 

Feuilles et brindilles à terre, dans la forêt de Muou Lang à 
NinhThai (HN). Avril. 

Psathyra giseo-badia Pat. Bull. Soc. myc. Fr. [1892], 
p. 47. — Sur le bois pourri. Ke So (HN). Août (n" 4828). 

{A suivre.) 

F.c Gérant : Louis Morot. 



Paris. — J. Merscti.imr., t»",Av.deChâtiîlon. 



ii« ANNÉE. N" 21. i" NOVEMBRE 1897. 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



CONTRIBUTIONS 

A LA 

FLORE MYCOLOGIQUE DU TONKIN 

(3 e série) 

(Suite.) 

Par M. N. PATOUILLARD. 

Psathyra gyroflexa Fr. (Agaricus). — En troupe au pied 
des Orangers. Ke So (HN). Décembre (n° 4967). 

Psathyrella disseminata Pers. (Agavicus). — Sur la 
terre près des souches. Bao Lôc (HN). Mars (n° 4640). Ke So 
(HN.) Avril, juillet (n 0B 4456, 4747). 

Panaeolus Bubalorum n. sp. — Vulg. : Nàm eut traû 
(Champignon des crottins de bœufs). Vo Xa (HN). Novembre 
K s 4539. 456i). 

Chapeau charnu, campanule, obtus, lisse, glabre, blanc sale, 1 à 
5 centim. de diamètre. Stipe cylindracé, égal, strié, sans anneau, long 
de 6 à 10 centim., épais de 3 à 5 millim. Lames d'un brun noir, adnées; 
spores noires, ovoïdes-citriformes, 15 X 12 \l. 

Polyporus (Xanthochrous) Euphoriae Pat. Bull. Herb. 
Boiss. [1893], P' 3°°- — Sur les troncs de X Euphovia longana. 
Bai Thon (TH). Juin (n° 5451). 

Polyporus (Fomes) ochroleucus Berk. — Sur les bran- 
ches mortes, dans la forêt de Muou Lang à Ninh Thai. Avril 
(n«*47i 4l 4742). 

D'abord blanc pur, puis jaunâtre. 

Polyporus rugulosusjungh. — Vieux troncs. KeSo(HN). 
Juillet (n° 4816). 

Grande forme à stipe latéral, long de 3-5 centim. et à cha- 
peau large de 8 centim. 

Polyporus (Leucoporus) annularis Fr. (P. anmtlatus 
Jungh.). 



340 JOURNAL I)K BOTANIO.UK 

a. Forme typique sur les petits rameaux morts. Vo Xa (HN). 

p. Forme sessile, à chapeau inséré latéralement ou par le clos. 
Sur les rameaux morts d'un Ficus à Dinh Huong (TH). Dé- 
cembre (n° 5804). 

Polyporus (Spongipellis) mollissimus n. sp. — A la 

base des troncs de V Euphoria longana. Lang Nhôi (TH). Fé- 
vrier (n° 5866). 

Entièrement d'un blanc pur et très mou sur le vivant, devenant 
couleur de bois pâle en séchant. Chapeau sessile, dimidié, plan en 
dessus, non zone, hérissé, tomenteux par des mèches pileuses dressées ; 
marge mince, aiguë; longuement décurrent en arrière et parfois presque 
complètement résupiné. Tissu très mince. Tubes s'étendant jusqu'à la 
marge; longs de 1/2 à 1 centim., obliques, mous, à cloisons minces, 
pores assez grands (1 millim.), arrondis, anguleux, ou labyrinthes en 
arrière, typiquement entiers, mais un peu denticulés dans la partie 
décurrente. Spores incolores, ovoïdes, lisses, mesurant 10 X 6 p., 
munies au centre d'une gouttelette brillante. Cystides nulles. 

Plante de 5-10 centim. de large, épaisse de 15 millim. dans sa 
partie moyenne, remarquable par son extrême mollesse, ses grands 
pores s'étendant jusqu'au bord du chapeau sans laisser de zone stérile 
et par sa trame très réduite. 

Polyporus (Glœoporus) dichrous Fr. — Sur les vieux 
troncs. ThanhHoa (TH). Janvier (n° 581 1). 

Ganoderma amboinense Fr. [Polyporus). — Souches 
d'un Streblus à Dông Kièu (NA). 

Ganoderma lucidum Leyss. {Polyporus). — Au pied de 
différents arbres : Cycas, Etythrophlœîtm, etc. Ninh Thai (HN), 
Tien Thon (TH), Ke So (HN) (n* s 4712, 4773, 4887). 

Les Annamites désignent cette espèce sous le nom de Nàiu 
Lim (Champignon d'arbres). 

Poria VaillantiiFr. [Polyporus). — A la base d'une touffe 
de Xylaria indéterminé. Ke So (HN). Juillet (n° 4819). 

Poria fulvo-badia n. sp. — ThanhHoa (TH) sur du vieux 
bois apporté de Huu-Lè. Avril (n os 5294, 5318). 

Entièrement résupiné, non séparable du support, formant des pla- 
ques longues de 12 centim., bai-roux, mince, à trame brune; marge 
stérile appliquée, ocracée pâle, mince, membraneuse, large de 1 cen- 



N. Patouillard. — Contributions à la flore mycologique du Tonkiii. 341 

tim. environ. Pores visibles seulement à la loupe, anguleux ou 
arrondis, de 70 à 90 u. de diam., séparés par des cloisons peu épaisses 
et entières; tubes courts (150 à 400 \l de longueur). Cystides incolores 
cylindriques, obtuses au sommet, souvent incrustées, mesurant 
20-40 X to-ïS y*. Trame mince, brune, formée d'hyphes colorées, à 
parois épaisses. 

Cette plante a l'aspect de Porta salmo??icolorBevk., mais appartient 
à une série différente. 

Poria hanoiensis n. sp. — Vieux troncs. Hà Nôi (HN). 
(n° 4990). 

Entièrement résupiné, largement étalé, plan, lisse ; marge peu mar- 
quée, appliquée sur le bois. Surface porifère blanchâtre lilacine de- 
venant à la fin brunâtre; pores très petits, à peine visibles à l'œil nu, 
arrondis, à cloisons épaisses et entières. Tubes bruns, plus foncés 
dans les parties profondes, obliques, stratifiés, descendant presque 
jusqu'à la surface du support de telle sorte que la trame est presque 
nulle. 

Espèce dure et compacte, voisine de Poria obliqua Fi\, mais diffé- 
rente par la couleur des pores et par l'absence de cystides. 

Myriadoporus induratus Peck. — Vieux bois à Quan 
Rao (TH). Juin (^5470). 

Lenzites striata Fr. — Sur du bois à demi brûlé. Thanh 
Hoa (TH). Février (n° 518 1). 

Trametes Zolling-eri Lév. var. — Sur rameaux morts de 
Dracsena. Vo Xa (HN). Novembre (n° 4931). 

Diffère de la forme habituelle par son chapeau plus épais, 
plus dur, couvert de poils rigides, dorés, non disposés en 
crêtes et par ses pores à cloisons plus épaisses, plus rigides. 

Trametes grisea n. sp. — Sur les troncs pourris. Dinh 
Huong (TH). Février (n° 5896). 

Chapeau semi-orbiculaire, sessile, dimidié, rigide, plan-convexe, 
sinué sur les bords, longitudinalement plissé et ruguleux en avant, 
tuberculeux en arrière, marqué de 1-3 sillons concentriques, peu pro- 
fonds, pruineux, gris foncé devenant jaunâtre près du point d'insertion, 
mesurant 5-8 centim. de largeur et 1-2 centim. d'épaisseur. Marge 
blanche, obtuse, arrondie, droite, épaisse de 6-8 millim. Trame dure, 
subéreuse, blanchâtre. Tubes courts, à cloisons épaisses et entières ; 



342 JOURNAL DE BOTAN1QUP: 

pores arrondis ou ovales, moyens (1/3-1/4 millim. de diamètre). 
Espèce croissant isolément ou imbriquée, voisine de Tr. gibbosa. 

Hexagona polygramma Mtg. — Rameaux morts. Forêts 
de Ao Câ à Vô Xa (HN). Mars (n° 4666). 

Odontia hirta n. sp. — Bois pourri. Vô Xa (HN). Octobre 
(n° 4896). 

Entièrement résupiné, étalé, céracé-membraneux, mince, peu cre- 
vassé ou continu, blanc, puis ocracé pâle, rarement lisse, normalement 
couvert de petits tubercules serrés, groupés, rigides, dressés, attei- 
gnant 2 millim. de longueur, obtus, simples ou rarement fourchus; 
cystides en forme de bouteilles, aiguës, à parois épaisses, verruqueuses, 
incolores, 40-50 X 7' 10 H-i distribuées sur toute la surface lisse et sur 
les tubercules où elles forment un pinceau à la pointe. 

Odontia badia n. sp. — Vieux troncs de Psidium. Tinh 
Chaû (HN). Décembre (n° 4969). 

Résupiné-étalé, mince, d'abord jaune de chrome puis fauve, tomen- 
teux sur toute la surface; aiguillons fascicules simples ou fourchus, 
aigus, charnus-céracés, ayant à peine 1/2 millim. de long; cystides 
nulles. Trame tomenteuse, lâche. 

Espèce analogue à Grandinia tome?itosa Bk., voisine de Kneiffia 
chromo-plumbea Berk. et Br. Les hyphes qui se terminent à la surface 
ou à la pointe des aiguillons ne prennent pas les caractères de cystides, 
mais s'incrustent à leur extrémité d'une gouttelette arrondie, brune et 
brillante, d'une matière dure, qui se retrouve également sur les hyphes 
de la trame. 

Odontia late-marginata n. sp. — Sur le bois pourri. 
Bai Thon (TH). Juin (n° 5450). 

Largement étalé, résupiné, incrustant, blanc de craie, mince, mem- 
braneux, d'abord lisse et corticioïde, puis couvert de tubercules obtus, 
courts, rigides, épais, très serrés et arrondis à leur sommet, entiers, 
portant ainsi que toute la surface du Champignon des cystides incolores, 
cylindracées, 30 X IO V-, ruguleuses, très abondantes. Marge membra- 
neuse, concolore, large de 1-2 centimètres. 

Thelephora ninh-thaiensis n. sp. — Foret de Muou 
Lang à Ninh Thai. Avril (n° 4743). 

Terrestre, dressé, haut de 1-2 centim., épars. Stipe simple, grêle, 
rigide, épais de 1 millim., blanc puis pâle, ou roussâtre, pruineux- 
villeux, dilaté au sommet eu entonnoir soit régulier et mince, hyméni- 



N. Patouillard. — Contributions à la flore mycologique du Tonkin. 343 

fère en dessous, plus ou moins rayonné, fauve, pâle ou bistré, soit 
diversement convoluté ou divisé en lames épaisses, étalées, plus ou 
moins incisées, aplaties ou cylindracées, obtuses ou aiguës, les plus 
extérieures fertiles seulement sur leur face inférieure, les plus internes 
sur toute leur surface. Cystides nulles ; basides claviformes ; spores 
incolores, lisses, presque globuleuses. 

Gorticium aureum n. sp. — Sur rameaux morts indéter- 
minés à NinhThai (HN). Avril (n° 4740), et sur du Bambou sec à 
NamCông (HN). Novembre (n° 4918). 

Etalé, mince, inséparable du support, jaune d'or sur le vivant, 
roussâtre sur le sec avec la marge jaune d'or pâle ; glabre, ruguleux 
par de petits tubercules arrondis éparsàla surface. Basides claviformes 
(40 \l de hauteur) à 2-4 stérigmates; cystides nulles; spores incolores, 
ovoïdes-arrondies, petites (4X3 y-)- 

Gorticium calceum Fr. — Thanh Hoa (TH) sur du bois 
venant de Huu Le (n° 5296) ; sur de vieux Bambous à Xà Doài 
(NA). Septembre (n° 5669). 

Gorticium caesium Brés. — Thanh Hoa (TH), sur l'écorce 
des rameaux du Ricinus comuiuuis. Février (n° 5889). 

Lopharia mirabilis Berk. {Radulum). — Rameaux morts 
d'une Dilléniacée à Ngoc Au (TH). Janvier (n° 5061). 

Phaeocyphella Hibisci Pat. Bull. Soc. myc. Fr. [1892], 
p. 48. — Vieux troncs & Hibiscus à Ke So (HN). Août (^4836). 

Glavaria tonkinensis Pat. loc. cit., p. 49. — Sur la terre 
à Ke So (HN). (Sans numéro.) 

Physalacria orinocensis Pat. et G. Bull. Soc. myc. Fr. 
[1888], p. 41, pi. XIII, fig. 2. — En troupes sur le bois pourri 
de différents arbres : Diospyros, Bambtisa, etc., à Ke So (HN). 
Avril, août (n os 4694, 4844). 

Identique à l'espèce de l'Orénoque par sa couleur d'un blanc 
pur, la forme globuleuse de son réceptacle et ses cystides. 
Dans la vieillesse, la clavule se fend au sommet en plusieurs 
lobes. 

Lycoperdon hanoiense n. sp. — Sur le sol. Ke So (HN). 
Mai (n° 4360). 

Epars ou cespiteux. Peridium globuleux ou pyriforme, arrondi en 



?4 4 JOURNAL DR BOTANIQUE 

dessus, contracté vers le milieu de la hauteur eu uue base stiptiforme 
plus ou moins plissée, blanc puis grisâtre, et enfin ocracé ; verrues 1res 
petites, granuleuses, jaunâtres, formant un voile pulvérulent ou furfu- 
racé, fugace; ostiole apicale, petite, irrégulière. Base stérile bien mar- 
quée, atteignant parfois 1/3 ou 1/2 de la hauteur totale. Gleba pulvéru- 
lente fauve-grisâtre ; capillitium adhérent à la paroi, formé de filaments 
incolores, cylindracés, très allongés, flexueux, épais de 4 à 8 y., ter- 
minés en pointe courte et sinueuse. Spores ocracées, elliptiques, très 
finement aspérulées, mesurant 4-5X3 H- 

Plante large de 8-15 millim., haute de 10-25 millim., rappelant par 
son port et son voile les L. furfuraceum Schaeff. et L. pusillum Batsch 
et facilement reconnaissable à son capillitium incolore, et ses spores 
ovales, aspérulées. 

Lycoperdon hongkong-enseBerk. et Cur t. Nor th Pacif. 
Explor. n° 119. — Sur les collines sèches à Dông Thô (TH). 
Octobre (n° 5715). 

Petit, globuleux, 1 cent, de diam., gris, puis roux, couvert 
de verrues blanches très petites, formées par la confluence de 
2-3 pointes simples; ostiole irrégulière, apicale; racine courte. 
Gleba citrine, puis roux-ombre, pulvérulente; base stérile 
nulle ; capillitium formé de filaments bruns, très longs, réguliers, 
cylindriques, grêles (2-4 [x d'épaisseur), peu rameux, à peine 
septés, terminés à leur extrémité libre par une pointe longue et 
fine. Spores olivacées-brunes, elliptiques, lisses, 5-6 X 3-4 u 
munies d'un hile flagelliforme ayant de 2 à 4 fois la longueur de 
la spore. 

Galvatia crassa Pat. loc. cit., p. 49 (Lycoperdon) ; (?) Hip- 
poperdon piriforme Lév. Champ, dti Musetim n° 240 et ap. Zol- 
linger Plantas favaniese n° 2076. 

Sur la terre dans la forêt à Ninh Thai (HN). Avril (n° 4706). 

Le Champignon publié en nature par Zollinger, loc. cit., sous 
le nom & Hippoper don piriforme Lév. est bien le même que mon 
Lycoperdon crassum, mais la description originale de Léveillé 
semble faite sur une plante différente. En effet, les spores de 
YHipp. piriforme sont indiquées comme globuleuses et glabres, 
alors que celles de la plante de Bon comme celles du Champi- 
gnon de Zollinger sont nettement elliptiques (5 X 3 «■) et ver- 
ruqueuses. De plus, c'est un véritable Calvatia, qui a le port de 
C. craniiformis Schw., mais dont les spores sont différentes. 



N. Patouillard. — Contributions à la flore mycologique du Tonkin. 345 

Tulostoma Bonianum Pat., loc. cit., p. 49, pi. VII, fig. 4. 
— Sur la terre à Vô Xa (HN) et Kien Khe (HN). 

Gyathus minimus n. sp. — Sur les racines des herbes au 
bord des chemins. Yen Xa (HN). Novembre (n° 4526). 

Peridium blanc roussâtre, en cône renversé, haut de 3-4 millim., 
large de 2-3, coriace papyracé, hérissé, squamuleux; marge entière 
très étroite; intérieur glabre, très lisse, totalement dépouvu de stries, 
roux pâle, contenant 9-15 sporangioles discoïdes, noirs, lisses, 
ayant à peine 1 millim. de diamètre, munis d'un petit funicule blanc; 
spores lisses, hyalines, ovoïdes allongées, mesurant 20-23 X§- 10 l'- 
Espèce voisine de C. vernicosus ; elle en diffère par sa teinte blan- 
châtre, les petites dimensions de son peridium, de ses sporangioles et 
la mesure de ses spores. 

Gyathus Poeppigii Tul. — Sur la terre et les fragments de 
bois. Ke So (HN), Lan Mat (HN). Décembre, mars (n° 4681). 

Guepiniopsis spathularius (Schw.). — Vieux troncs 
arborescents de Dràcwna. Vô Xà (HN). Décembre (n° 4565). 

Tremella fuciformis Berk. — Vieux bois. Ke So (HN). 
Septembre (n° 4868). 

Heterochaete tonkiniana Pat. Bull. Herb. i?^.?. [1893], 
p. 301. — Rameaux cortiqués d'une Dilléniacée. Ngoc Au (TH, 
n° 5062). 

Heterochaete tenuicula (Lév.) Pat. — Sur écorces et 
brindilles. Yen Xa (HN), Thuong Tô (HN). Novembre, décem- 
bre (n os 45i7, 4674,4910). 

Auricularia mesenterica Bull. — Bois mort. Thinh Châu 
(HN),(n°49 73 ), 

Uredo Zizyphi Pat. Bull. Soc. myc. Fr. [1896]. — Feuilles 
vivantes d'un Jujubier. Dinh Hoa (n° 5853). 

Ravenelia sp. — Sur les deux faces des folioles d'un Al- 
bhzia cultivé. Hà Nôi (HN). Décembre (n° 4993). 

Forme incomplète ne présentant que des urédospores. Sores 
ferrugineux; urédospores ovoïdes, aculéolés, 26-30 X 20 [J-. 

Ustilago neglecta Niessl. — Inflorescences d'un Setarïa. 
Dinh Huong (TH). Juin (n" 5389). 



346 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Ustilago Gynodontis P. Henn. — Epis du Cynodon Dac- 
tylon. Vô Xa (HN), Ke So (HN). Octobre, novembre (n 0s 49O3, 
4907). 

Ustilago Arthraxonis n. sp. — Epis d'un Arthraxon, 
Duy Thinh (TH), Thanh Hoa (TH), Janvier, février (n os 5204, 

5 8 44)- 

Sores pulvérulents, noirs, recouverts par les gluraes, traversés au 
centre par un prolongement de l'ovaire atrophié et contenus dans un 
sac mince, blanchâtre, formé par des cellules incolores ovoïdes ou 
globuleuses, lisses, se séparant facilement les unes des autres et mesu- 
rant 8-12 ji de diamètre. Spores olivacées brunes, 11-13 y. de diam., 
ovoïdes ou arrondies, finement aspérulées. 

Graphiola disticha Lév. ; Cfr. Pat. Bull. Herb. Bois s. 
[1893] p. 301. — Feuilles mortes d'un Palmier indéterminé (Cày 
Ke) , à Dông Thuong (TH). Décembre (n° 5789). 

Gystopus Gonvolvulacearum Otth. — A la face infé- 
rieure des feuilles d'un Ipomœa. Vô Xà (HN) Décembre (^4956). 

Humaria oryzaetorurn Pat. Bull. Soc. myc. Fr. [1892] 
p. 50. — Sur la terre humide dans les cultures de Riz. Lan Mat 
(HN). Mars (n° 4680). 

Humaria deformis Krst. — Sur la terre nue. Vô Xa (HN). 
Février. 

Pyronema omphalodes Bull. — Sur les places à charbon 
dans les montagnes de Thinh Châu (HN). Décembre (^4968). 

Erinella albo-sulfurea Pat. loc. cit. — Sur les gaines pour- 
ries des feuilles de Bambou. Ninh Thai(HN). Avril (^4723). 

Dermatea Ficicola n. sp. — Sur l'écorce d'un Fictis. Ke 
So(HN)(n°4627). 

Cupules sortant d'une crevasse de l'épiderme, sessiles, soli- 
taires ou réunies par 2-3 sur un strome peu marqué, orbiculaires 
ou elliptiques, 1/2-1 millim. de diam., subéreuses, dures, à marge 
obtuse, à disque plan ou concave, parfois linéaire, poudrées 
d'une furfuration courte, granuleuse et d'un jaune sale; à la fin 
le disque devient nu et brun. Thèques claviformes, à sommet 
arrondi, à parois épaisses, ne bleuissant pas par l'iode, mesurant 



N. Patouillard. — Contributions à la flore mycologique du Tonkin. 347 

150 X 23-260., contenant 8 spores bisériées et entourées de pa- 
raphyses hyalines, simples ou rameuses, un peu épaissies au 
sommet. Spores ovoïdes, hyalines, lisses mesurant 28-33 X 

I2-I5J/.. 

Rhytisma Pieridis n. sp. (forme stylosporifère). — A la 
face supérieure des feuilles d'un Pz'eris. Les bois de Ta long tan 
près Ta pin tze et les bois de Ki Chan. Yun-nan (Delavay). 

Orbiculaire, épars ou confluent, 5-8 millim. de diam., noir, plus ou 
moins luisant, plau avec le centre déprimé ; marge définie ; surface 
ponctuée-granuleuse surtout dans la partie creuse. Spermaties s'échap- 
pant des granulations centrales et restant accolées en cirres ou en mem- 
brane blanchâtre et mince ; elles sont incolores, droites, simples, atté- 
nuées aux deux extrémités et mesurant 5-6 X l "•• Strome blanc, épais 
dans la portion marginale ; les thèques naissent à la partie supérieure 
du strome et manquent dans la partie centrale. Spores immatures. 

Meliola laevis Berk. et Curt. — Sur les feuilles vivantes 
d'une Célastracée. Phu Dièn (TH) (n° 5191). 

Meliola verrucosa n. sp. — A la face supérieure des feuilles 
d'une Euphorbiacée (Hancea). Dinh Hoa (TH). (n° 5840, 5851). 

Taches épyphylles, noires, serrées, petites (à peine un millim. de 
large). Mycélium fortement adhérent à la feuille, peu abondant, formé 
d'hyphes brunes, épaisses de 6-8 [x, serpentiformes ; hyphopodies capi- 
tées très distantes, ovoïdes, obtuses, stipitées, alternes, 23 Xïou.; 
hyphopodies mucronées étirées en col, plus rares. Périthèces groupés 
par 1-3 au centre des taches, noirs, 150-230u.de diam., globuleux, à 
paroi formée de cellules obtuses, très saillantes, lui donnant un aspect 
verruqueux. Thèques ovoïdes, 50 X 25 u,, bispores. Spores elliptiques, 
droites ou courbées, 43 X 20 u., obtuses, munies de 4 cloisons transver- 
sales. Soies nulles. 

Meliola subdentata n. sp. — Sur l'une et l'autre face des 
feuilles d'un Dracœjia. Vô Xa (HN) (n° 4927). 

Taches éparses, orbiculaires ou ovales, noires, laineuses, adhérant 
fortement à la feuille, 4-8 millim. de diam. Mycélium crustacé, forme 
de filaments bruns, rameux, contournés, septés, de 10 u. d'épaisseur, à 
hyphopodies capitées alternes, stipitées, globuleuses, de 20 u. de diam. 
et à hyphopodies mucronées, opposées, étirées en col. Soies nom- 
breuses, aiguës au sommet qui est simple, incisé ou nettement bidenté. 
Périthèces globuleux, noirs, peu nombreux, 200-250 u. de diam., à paroi 




L I 2 R . 



348 JOURNAL DR BOTANIQUE 

formée de grosses cellules saillantes et arrondies. Thèquesà 2-3 spores; 
spores ovoïdes, 56X23^, brunes, obtuses aux deux extrémités, à 
4 cloisons transversales et légèrement étranglées aux cloisons. 

Proche de M. perexigaa Gaill., mais à spores bien plus grandes. 

Meliola Bambusae Pat. var. Atalantise. — Sur les feuilles 
vivantes de V Atalantia biixifolia. Dong Tac (TH), Làng Nhôi 
(TH), Duy Tinh (TH). Février (n os 5123, 5172, 5206). 

Diffère de la forme type du Bambou par ses soies plus longues 
et plus grêles. 

Meliola Arundinis n. sp. — Feuilles vivantes ÛArundo 
Donax. Ngoc Au (TH). Février (n° 5086.) 

Taches éparses, noires, de 1-2 millim. de large, ovales; mycélium 
crustacé, formé d'hyphes courtes, très serrées les unes contre les autres, 
brunes, à articles courts, à hyphopodies capitées stipitées, droites ou 
courbées, à cellule terminale ovoïde ou arrondie, 30 X 10 a; périthèces 
noirs, affaissés (sur le sec), anguleux, ostiolés, 150-200 \>. de diam. ; 
soies sur le mycélium et surtout à la base des périthèces, dressées, 
hautes d'environ 200 fit, épaisses de 10-12 a, noires avec le sommet roux 
et pellucide, celui-ci se divise en deux branches longues chacune de 
40 a environ, divergeant en angle obtus et qui sont bidentées à chaque 
extrémité; fréquemment l'une des branches reste simple, l'autre étant 
seule fourchue, plus rarement elles sont toutes les deux non divisées; 
enfin on observe quelques soies à 3 ou 4 branches simples ou incisées. 
Spores cylindracées ou ovoïdes, arrondies aux deux extrémités, étran- 
glées aux cloisons, 4-septées, mesurant 40-55 X 20 [i. 

lîspèce voisine de M. furcata Lév. 

Hyaloderma ? horridum Pat. Bull. Soc. myc. Fr. \ 1896] 
p. 136, pi. IX, fîg. 3. — Parasite sur le mycélium d'un Meliola. 
Dinh Hoa (TH). Février (n° 5882). 

Capnodium graminum n. sp. — Sur les inflorescences 
de Cynodon Dactylou déformées par un insecte. Khe Tru (HN), 
(n° 4939 pr. p.). 

Mycélium crustacé, noir, recouvrant toutes les feuilles et les épis, 
formé d'hyphes brunes, feutrées, cloisonnées, cylindriques puis moni- 
liformes, dont les articles (6 X 8 y.) peuvent se séparer; périthèces 
(pyenides) épais ou groupés, dressés, rigides, simples, bruns fuligi- 
neux, presque opaques, 160-230 y, de hauteur, composés d'hyphes acco- 
lées longitudinalement et septées en travers, renflés à la base en une 
partie cylindracée (20-25 X 60 jj-), étirés brusquement en un col allongé 






Vj t X. Gillot. — Sur le Chelidonium majus L. var. laciniatum. 349 

(100-130 a), très grêle (8-10 ;j.) qui se termine par un renflement hyalin, 
ovoïde (30 X 20-23 [/.) à sommet largement ouvert. Spermaties conti- 
nues, ovoïdes, presque incolores (5X2 a.). 

Espèce minuscule, remarquable par le col grêle de ses réceptacles, 
et par le renflement qui le termine. 

HypoxylonmarginatumSchw. — Ninh Thai (HN). Avril 
K4711). 

Hypoxylon fuscum Pers. — Rameaux morts. Ninh Thai 
(HN). Avril (n° 4720). (A suivre.) 



NOTE SUR LE CHELIDONIUM MAJUS L. 

ET SA VARIÉTÉ LACINIATUM 

Par M. le Docteur X. GILLOT. 

Dans une étude très érudite et fortement documentée (Joicr- 
nal de Botanique IX [1895], n os 16, 17 et 18, et extr. 15 p.), 
M. E. Roze, exposant le résultat de ses observations person- 
nelles à propos du Ch. laciniatum Miller, qu'il a cultivé pendant 
plusieurs années, « frappé de la persistance de ce type critique, 
soit au moyen de ses souches pérennantes, soit par le semis 
naturel de ses graines », est arrivé à cette conclusion « qu'il 
peut être accepté comme un type spécifique distinct, ainsi que 
l'avaient proposé notamment Miller, Lamarck, Gmelin et P. de 
Candolle. » Ayant eu l'occasion de rencontrer cette rare Papa- 
véracée à l'état spontané, je me suis également livré à des 
observations suivies, qui, tout en confirmant les faits biolo- 
giques exposés par M. Roze, m'ont imposé une conviction diffé- 
rente de la sienne sur sa valeur spécifique. 

Le Chelidonium majus L. est une plante préférente des ter- 
rains calcaires ; elle ne croît dans les sols exclusivement siliceux 
qu'à l'état de plante adventice indigène, sur les murs, au pied 
des murs, sur les emplacements d'anciennes constructions, ou 
comme faisant partie de ces colonies végétales iiétéi otopiques 
(D r Gillot, Bull. Soc. Bot. France XLI [1894], Sess. extr. en 
Suisse, p. XVI, et F. des j. Nat. 25° ann. [1895] n c 205), dont la 
présence s'explique par la mise en liberté dans le sol d'une cer- 
taine quantité de chaux due à la décomposition des éléments 
minéralogiques. 



35o JOURNAL DE BOTANIQUE 

A Vauchignon, près Nolai (Côte d'Or), en plein calcaire 
jurassique, où le Ch. majîis abonde dans les haies et les terrains 
vagues, j'ai récolté, le 23 juin 1891, sur un mur, au milieu de 
toute une colonie de cette espèce, un >?£/// pied à feuilles pinna- 
tiséquées, à lobes profondément pinnatipartits, à segments 
étroits et aigus, à pétales denticulés, qui représentait la var. p 
crenatum (Lange) R. et F. FI. de Fr. I p. 166 [Ch. quercifolium 
Thuill. et auct. gall.). Les feuilles du sommet de la tige étaient 
remarquables par les divisions plus étroites et plus aiguës des 
segments. J'ai depuis recherché à plusieurs reprises, et dans la 
même localité, cette variété de Chélidoine, sans la rencontrer à 
nouveau. 

Au mois de juillet 1895, j'ai remarqué à Autun même 
(Saône-et-Loire), au pied d'un vieux mur couvert de Ch. majus, 
qui y croît depuis longtemps, dans une cour abandonnée, ser- 
vant de passage, que je traverse presque chaque jour depuis 
plusieurs années, en société avec un grand nombre d'individus 
normaux, un pied également unique de Chelidonium, très sin- 
gulier d'aspect par ses feuilles à segments étroitement et irré- 
gulièrement découpés. Je reconnus de suite le Ch. lacïnîatum 
Mill., et dégageant cet exemplaire des herbes voisines, par une 
véritable sélection, je le mis à même de se développer, de 
fleurir et d'amener à maturité quelques capsules dont les 
graines purent se semer naturellement. Ce pied fut détruit avec 
les autres pendant l'hiver, mais au printemps suivant de 1896, je 
suivis avec beaucoup d'attention l'évolution des jeunes plants 
de Chélidoine qui avaient germé, et je ne tardai pas, à la 
même place qu'occupait le Ch. laciniatum, d'en remarquer 
quatre très différenciés des autres par la seg-mentation de leurs 
feuilles. Je les isolai avec soin, et, grâce aux précautions prises, 
trois d'entre eux se développèrent et me donnèrent en abon- 
dance des rameaux fleuris. Désireux de les conserver, je les 
transplantai soigneusement dans un autre jardin, où ils se main- 
tiennent à l'état pérennant et où j'ai pu les étudier à loisir. 

Mes remarques sont identiques à celles de M. Roze. Les 
premières feuilles n'ont que des segments pinnatiséqués, plus 
ou moins profondéments incisés ; les feuilles suivantes sont de 
plus en plus découpées, et finissent, au sommet des rameaux et 
à l'arrière-saison, par prendre l'aspect de la variété fumarifo- 



D r X. Gillot. — Sur le Chelidonium majus L. var. laciniatum. 351 

Hum (DC.) R. et F. loc. cit., comme j'ai pu le constater non 
seulement par la description des auteurs, mais par la belle 
planche photographique qu'en a publiée M. G. Rouy, d'après 
un spécimen de Sorèze (Tarn), dans ses Illustrationes planta- 
rum Europse ■ rariorum fasc. IV [1895] P^- LXXVIII. Les pétales, 
simplement dentés-incises dans les premières fleurs, deviennent à 
la fin complètement fimbriés. Les plantes sont du reste robustes, 
glaucescentes , très florifères, et les capsules siliquiformes, 
plus grêles que dans le Ch. majus, renferment des graines moins 
nombreuses mais bien conformées et fertiles. 

Sur les pieds transplantés en bonne terre de jardin et sur 
lesquels j'avais prélevé un bon nombre de rameaux comme 
échantillons (1), j'ai observé aux mois de septembre et d'octobre 
la repousse d'un certain nombre de feuilles radicales à pétiole 
épais, canaliculé, et à segments foliaires très découpés et lon- 
guement pétiolulés. Or, à l'aisselle de ces pétiolules, sont appa- 
rus un grand nombre de bourgeons adventices qui se sont déve- 
loppés en rameaux florifères, le pétiole principal se trouvant 
par là même transformé en une vraie tige. Ce phénomène de 
viviparisme foliaire a déjà été signalé du reste par M. T. W. 
Masters sur le Ch. majus {Vegetable teraiology [1869] p 170). 
Ajoutons que les feuilles de ces rameaux adventices sont celles 
qui présentent les laciniures les plus fines et représentent le 
mieux la variation fumarifoltum. Assez souvent cependant, ces 
feuilles portent en même temps des segments élargis et simple- 
ment lobés, comme ceux du Ch. majus ou de la variété crena- 
tum, tendance manifeste du retour au type. 

Ainsi, à deux reprises différentes, d'une façon tout acciden- 
telle et en exemplaire unique, j'ai rencontré dans deux stations 
éloignées une Chélidoine très différente du type Ch, majus par 
l'aspect des feuilles et des pétales. Dans le premier cas, c'était 
la variété crenaium R. et F., avec tendance à passer à la variété 
laciniatum; dans le second cas, c'était la véritable variété laci- 
niatum {Ch. laciniatum Mill.) avec tendance à passer à la 
variété fumarifolium ; et je dis variétés, car elles me semblent 
bien évidemment dériver d'une façon fortuite de Ch. majus type. 
Partout où le Ch. laciniatum a été observé, il a toujours été 

1. Ces échantillons sont destinés à être distribués cette année dans les 
exsiccata de la Société pour l'étude de la flore franco-helvétique. 



352 JOURNAL DE BOTANIQUE 

trouvé en petit nombre et par hasard, et ne s'est conservé le 
plus souvent que par la culture, comme il appert de l'étude 
même de M. Roze. Dans la cour Autunoise, où je passe depuis 
de longues années, et où le Ch. majus abonde, je n'ai jamais 
aperçu qu'en 1895 un seul pied de Ch. laciniatuni, et il a 
immédiatement frappé mes yeux et mis mon attention en éveil. 
Au lieu d'admettre l'hypothèse toute gratuite de l'apport acci- 
dentel d'une graine venue on ne sait d'où, dans une cour presque 
fermée, entourée de murs élevés, et au centre d'une ville, n'est-il 
pas plus simple et rationnel d'admettre l'apparition spontanée, 
au milieu d'un semis d'individus normaux, d'une variation téra- 
tologique? La persistance, par la culture et par le semis, est loin 
d'être un critérium suffisant. Les exemples ne sont pas rares de 
variétés de plantes, même de monstruosités, se reproduisant par 
la culture. Pour mon compte personnel, je puis citer, entre 
autres, le Campanula trachelium L. var. leucantha, à fleurs 
blanches, qui s'est reproduit pendant longtemps dans mon jardin 
avec des fleurs toutes et entièrement blanches, prenant cepen- 
dant à la fin de la floraison et par la dessiccation une légère 
teinte violacée. Le Linaria vtilgaris DC. var. peloria reproduit 
également de graines sa pélorie tératologique ; nul n'en fera 
pour cela une espèce distincte du type. Il en est de même pour 
une curieuse forme tératologique de Viola odorata L. \a.v.aloa 
ecalcarata<\xxç. m'a envoyé M. B. Souche, de Pamproux, prési- 
dent de la Société botanique des Deux Sèvres. Il cultive cette 
Violette sans éperon depuis sept ou huit ans, d'un pied prove- 
nant déjà de semis et donné par M. J. Lloyd. J'en ai moi-même 
obtenu des graines qui ont également reproduit la même variété 
de Violette à fleurs blanches et sans éperon. 

Tout dépend, il est vrai de la façon de considérer l'espèce, 
mais si l'on ne veut pas faire d'un nom spécifique une simple éti- 
quette, et si l'on tient au contraire à rechercher la filiation natu- 
relle des espèces, il me paraît impossible déconsidérer le Ch. la- 
ciniatum Mill., y compris la variété fumarifolium, comme une 
espèce botanique, même comme une sous-espèce. Il ne faut voir 
dans ces plantes que des variétés du Ch. majus L., reliées au 
type par la var. crenahun, et la classification établie par 
MM. Rouy et Foucaud reste donc l'expression de la vérité. 

C'est également d'ailleurs l'opinion unanime des botanistes 



D r X. Gillot. — Sur le Chelidonium majus L. var. laciniatum. 353 

étrangers contemporains. En Belgique, où le Ch. laciniatum est 
très rare et pousse toujours en un sol gras et fertile, sur les 
décombres et au pied des murs, M. Th. Durand, après l'avoir 
d'abord considéré sinon comme espèce, tout au moins comme 
une de ces « races, constituant des espèces de l'avenir, en voie 
de formation » {Notes sur qq. pi. rares ou nouv. de la fl. Lié- 
geoise in Bull. Soc. roy. Bot. Belg. XVI [1877] p. 108), l'a ra- 
baissé plus tard au simple rang de variété (Durand et Pittier, 
Calai, fl. vaud. ibid. XX |i88i] p. 38; une seule localité : Nyon). 
Il en est de même de E. Pàque {Nouv. rech. sur la flore Belge 
ibid. XXII I1883] p. 39), qui l'indique seulement à Louvain. 
Beck von Mannagetta, Fl. von Nied.-Oester. (1892) p. 434, ne 
cite le Ch. laciniatum Mill. que comme une simple variation à 
pétales incisés de Ch. majus. Haliier et Wohlfarth, Koch's 
Synopsis von Deuisch. und Schweis. Flora, 3 e éd. (1895), p. 68, 
l'admettent comme var. 3 laciniatum et enénumèrent cinq locali- 
tés, toujours au voisinage des grandes villes. Mais tous ces auteurs 
n'ont pas distingué les degrés progressifs de la variation, si lo- 
giquement gradués dans la classification de MM. Rouy et Eou- 
c'aud, et dont la var. S fumarifolium , qui en est le dernier terme, 
semble toujours être fort rare. 

Et n'est-il pas vraiment curieux de voir Robert Morison qui, 
d'après les recherches bibliographiques de M. E. Roze, paraît 
avoir, le premier, distingué la var. fumarifolium des autres va- 
riétés du Ch. majus {Ch. majus fol iis tenuissime dissectis 
Fumariœ Myconis instar Moris. Hort. rcg. blés. (1669) et PI. 
his t. univ. (1680), insister dans un autre de ses écrits sur le po- 
lymorphisme foliaire de certaines espèces et mettre les bota- 
nistes en garde contre l'erreur de prendre ces variations pour 
des espèces différentes? Il en prend à témoin le Lierre dont les 
rameaux jeunes, rampant à terre, dans les bois, restent stériles 
et portent des feuilles lobées et anguleuses, tandis qu'en s'éle- 
vant sur les troncs d'arbres et les murs, ils se couvrent de fleurs 
et de feuilles arrondies et presque entières. Est lamen, dit-il, 
hase Hedera una et eadem species pro loco et éctate varians. » 
(R. Morison, Epitre dédicatoire à C. Hatton p. 4, à la suite du 
livre de Boccone : Icônes et descript. rar. pi. Sicil. Melilt. 
Gall. et Italise 1774.) C'est la même conclusion qui s'impose 
aujourd'hui pour les variétés de Chelidonium majus en litige ! 



354 JOURNAL DE BOTANIQUE 

SUR LES CARACTÈRES ANATOMIQUES 
DES EUPHORBIA PEPLUS ET E. PEPL01DES 

Par M. G. CHAUVEAUD. 

En comparant les caractères anatomiques des Euphorbia Peplus et 
E. peploides (i), M. Gaucher dit que « les tubes laticifères sont surtout 
localisés dans la zone interne du parenchyme cortical ». Il donne en 
outre le dessin d'une coupe transversale de tige dans laquelle il repré- 
sente quelques-uns de ces tubes, sans en indiquer un seul dans les autres 
régions. 

Or, j'ai signalé que, dans YE. Peplus (2), il n'y a point de tubes 
laticifères dans la zone interne de l'écorce, et que ces éléments sont 
répartis en deux groupes : les uns centraux, situés dans le péricycle, les 
autres corticaux, plus nombreux, situés sous l'épidémie. 

En présence d'une semblable divergence, je me suis demandé si 
YE. peploides réalisait la disposition indiquée par M. Gaucher, car, 
dans ce cas, il devenait aisé de distinguer l'une de l'autre les deux 
plantes en question. Grâce à l'obligeance de M. Franchet, j'ai pu me 
procurer des échantillons cYE. peploides. Tout d'abord, j'examinai 
l'embryon, car c'est là que l'appareil laticifère est le mieux caractérisé. 
Dans YE. Peplus, vers la région moyenne de la tigelle, les tubes cen- 
traux sont disposés dans le péricycle, au nombre de deux ou trois pour 
chacun des quatre faisceaux; les tubes corticaux, plus nombreux, sont 
au contact de l'épiderme, où ils alternent avec les cellules de l'assise 
sous-épidermique d'une manière remarquablement régulière (3). Parmi 
quelques graines çYE. peploides, récoltées en iSS^aux environs de Lis- 
bonne par M . Daveau, j'ai pu trouver un embryon en bon état et constater 
que la disposition des tubes laticifères y est identique à celle que je 
viens de rappeler. Ensuite, étudiant les diverses parties de la plante 
adulte, j'ai retrouvé partout cette similitude entre les deux plantes. 

Je dois donc confirmer les conclusions de M. Gaucher, tout en 
rectifiant les termes de sa comparaison. 

1. L. Gaucher, Sur une espèce du genre Euphorbia (Journ. de Bot , t. XI, 
1897, p. 214). 

2. G. Chauveaud, Recherches embryogéniques sur l'appareil laticifère des 
Euphorbiacécs, etc. (Ann. des se. nat., Bot., 7 e sér., t. XIV, p. 125). 

3. G. Chauveaud, loc. cit., p. 48. 

Le Gérant : Louis Morot. 



Paris. — J M .:■>•;.- i:nr.,4"-,Av.del.!i;'i:i;iun. 



BOTANIQUE. 



11? ANNEE, PL. IV. 




... i DEL. 



M/KX KLEINSORG IMPR. COPENHAG 



n e ANNÉE. N° 22. 16 NOVEMBRE 1897. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



POTAMOGETON UNDULATUS WOLFGANG 

{P. cris pus X prselongus.) 
Par M. J. BAAGÔE. 

(PI. IV.) 

En été 1895, au cours d une excursion aux lacs et rivières 
jutlandais (voir Bot. Tïdsskrift, Vol. 20, p. 288), nous trouvâ- 
mes dansla rivière Gudenaaun Poiamogetou qui ressemblait fort 
au P. crïspiis , tout en en différant à beaucoup d'égards. L'examen 
montra qu'il correspondait complètement à la description du 
P.undtilatus^NoMg. (1), et cette détermination fut ultérieure- 
ment confirmée par une comparaison avec un échantillon origi- 
nal du Musée de Saint-Pétersbourg - , que voulut bien me com- 
muniquer le directeur d'alors, M. Batalin, et avec un autre 
exemplaire que M. Arthur Bennett a eu la grande amabilité de 
me laisser, spécimens étiquetés tous deux par Wolfgang lui- 
même. 

La plante, grande et robuste, atteignant jusqu'à 1 m. 50 de 
hauteur, est entièrement submergée, d'une couleur vert foncé, 
donnant à l'eau une teinte sombre qui dénote de loin sa pré- 
sence. 

La tigeàe. la plante adulte spicifère est grosse, raide, un peu 
courbée en zigzags, d'un gris brunâtre, simple à la base ou 
pourvue de quelques rameaux seulement, le plus souvent très 
rameuse au sommet, quadrangulaire-aplatie, à faces étroites 
convexes, à faces larges triples des autres et pourvues cha- 
cune d'un sillon bien marqué, de sorte que la section trans- 
versale ressemble un peu au chiffre 8. Ce sillon longitudinal, si 
caractéristique pour le P. crïspus, et qui décèle la paternité de 
cette espèce, est plus fortement développé sur le côté opposé à 
la feuille appartenant à l'entrenœud. Les entrenœuds sont un 
peu épaissis à la base. 

1. Roemer et Schultes, Mantïssa, III, p. 360. 



356 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Lesfem'lles sont sessiles, alternes, sur deux rangs, large- 
ment amplexicaules, longues de 5-6centim., larges de 1-2 (celles 
des jeunes pousses un peu plus courtes), raides, de même lar- 
geur sur toute leur longueur, arquées, souvent en partie pliées, 
plus ou moins ondulées-crispées, à sommet large, arrondi, plat, 
quelquefois recourbé en capuchon. La nervure médiane est d'un 
vert brunâtre ; latéralement se trouvent une ou deux nervures 
plus grandes et, dans chaque intervalle, une ou deux autres 
plus petites. Elles sont toutes réunies par un petit nombre de 
fines nervures transversales ; les aréoles ainsi formées sont plus 
longues que larges, sauf vers le haut, où leur largeur égale 
leur longueur. 

Sur les pousses les plus jeunes, on observe des feuilles lon- 
gues de 10-15 centim., à nervure médiane très large, d'un rouge 
brun. 

Les ligules des pousses âgées sont courtes ; celles des entre- 
nœuds supérieurs atteignent 1 centim. de longueur et 0,6 cen- 
tim. de largeur; elles enserrent étroitement la tige, sont étalées 
en haut, papyracées, à extrémités obtuses; celles des pousses 
jeunes et des pousses d'automne sont grandes, un peu élargies 
au sommet en forme de cloche, entières, plus bas fendues et 
enfin ciliées avant de disparaître complètement. 

Les pédoncules sont longs de 3-4 centim., arrondis et sans 
sillon longitudinal, de la grosseur des entrenœuds supérieurs 
ou un peu plus gros, de même épaisseur dans toute leur lon- 
gueur, le plus souvent courbés. 

Les épis sont dressés, longs de 1,5-2 centim., épais, cylin- 
driques, un peu en pointe, et portent un grand nombre de 
fleurs serrées (20-30). 

'L&s fleurs ne s'ouvrent pas à l'état submergé. Les pétales 
sont un peu plus larges que longs, infléchis au sommet, et 
présentent vers la base un élargissement ou bosse à l'extérieur. 
Il y a 4 étamines à anthères sessiles qui, d'après CASPARY, ne 
produisent que du pollen stérile, et 4 carpelles à styles épais, 
un peu recourbés en dehors, et à stigmates disciformes, 
aplatis. 

Le frtiit mûr n'a pas été observé jusqu'ici. 

Cette plante curieuse paraît n'avoir été rencontrée qu'un 



J. Baagôe. — Potamogeton undulatus Wolfgaug. 357 

petit nombre de fois, et il ne sera pas sans intérêt de voir com- 
ment elle a été comprise dans la littérature. 

La première description se trouve dans la monographie 
des Potamogeton de Wolfgaxg, 
ouvrage manuscrit qui, selon 
Trautvetter (i), appartient à 
la bibliothèque de la Société des 
Naturalistes de Moscou. Une co- 
pie de cette description a été en- 
voyée par BESSER à Roemer et 
Schultes, les rédacteurs de la 
Mantissa. Dans cet ouvrage, on 
lit p. 360, n°2i* (1827) : 

<i Caule compresso , sulco 
« utrinque longitudinali , fluc- 
« tuante, inferne ramoso; foliis 
« omnibus submersis, membra- 
« naceis, integerrimis, alternis, 
« oblongo-ovatis, apice planius 
« amplexicaulibus ; stipulis trun- 
« catis, complanatis, cauli ad- 
« pressis. Wolfgang Mscr. n° 22 
« (BESSER in litt.). 

« Differt a P. crt'spo foliis 
« longioribus, majoribus, inte- 
« gerrimis (nec crispatis, nec ser- 
« rulatis) colore atroviridi et ve- 
« nis non convergentibus , sed 
« transversim reticulato-striatis. 
« Wolfg. ». 

A ces descriptions, ROEMER 
et Schultes ajoutent (l, c.) : 

« In specim. nostro flores de- 
« sunt; folia 4-5 poil., 1/2- 1/3 
« poil, lata, majora quam in crispo, quidquam undulata, 5-7 
« nervia, nervis 3 fortioribus. 

« Maxime sane affinis P. ci'ispo. » 




Fig. 1. — Section transversale de la tige de 

A, Potamogeton praslongus, 

B, P. crispus X praelongus (P. un- 
dulatus), 

C, P. crispus. 

c, cylindre central; Ik, faisceaux con- 
ducteurs de l'écorce; 

Ig, lacunes. (Gross. 15/1.) 



1. Flora? Rossica? fontes (Acta Horti Petropolitani, 1880, p. 329). 



35» JOURNAL DR BOTANIQUE 

Dans le Journal 'of Botany , V "ol. 29, 1891, p. 290, M. A. Fryer 
dit que Roeraer et Schultes comprennent la plante comme une 
sous-espèce ou une variété du P. crispus, et M. Arthur Ben- 
nett émet la même opinion dans le Irish N at lirait s t 1894, 
pp. 124-126. 

Je ne puis me ranger à l'avis de ces botanistes. Les auteurs 
de la Mantissa font de la plante une addition au texte précédent 
et la mentionnent en conséquence sous le n° 2i s . Au sujet de 
ses affinités ils la disent « maxime sane affinis P. crispo », mais 
cependant une bonne espèce. 

La première fois que nous retrouvons ensuite le P. undu- 
laiiis , c'est dans une note de CASPARY publiée dans le Berïcht 
ùbcr die i5. Versammlung des preussischeii bot. Vereins zu 
Kônigsberg (1). Caspary y décrit la plante assez exactement, 
démontre sa nature hybride, et lui attribue comme parents, par 
suite de ses caractères morphologiques et anatomiques, les 
P. crispus et praelongus; mais il ne sait pas que cet hybride est 
le P. tindu lattis. 

ElCHWALD (Natiirhist. Skizze von Lithauen, etc., 1830) 
l'appelle sous-espèce ou variété du P. crispus (d'après M. Beii- 
nett, /. c.J. 

Ledebour (Flora Rossica, vol. IV, p. 29, 1853) fait de 
même. 

Iw. SCHMALHAUSEN, dans sa Flore du Sud-Ouest de la Rus- 
sie (1886), en fait un synonyme du P. decipiens Nolte (d'après 
Nyman). 

Nyman (Conspecius Flora? Enropasx, Suppl. II, 1889-90, 
p. 287) s'appuie sur l'auteur précédent. 

Richter (Plantas Europsese, 1890, p. 14) y voit un syno- 
nyme du P. crispus. 

Daydon -Jackson (Index Kewensis, vol. III, 1894) l'adopte 
comme une bonne espèce. 

M. TISELIUS a étiqueté un spécimen original : « nihil aliud 
quant P. praelongus Wulf. milti videtur. » 

En outre, on trouve dans divers Journaux anglais (2) la men- 

1. Schriften der physikal-ôkonom. Gesellschift zu Kônigsberg, 18. |ahrg-., 1877, 
erste Abth, p. 97. 

2. Journal of Botany, vol. 2- (18S9), vol. 29 (1891), vol. 32 (1894). — Aimais 
of Scott, nat. Hist. (1802), etc. 



J. Baagôe. — Potamog-eton undulatus Wolfgang. 359 

tion de la récolte d'une plante que MM. BENNETT et FRYER ont 
rapportée au P. undulatus Wolfg. Deux formes principales de 
cette plante, décrites sous les noms de var. Cooperi Fryer et 
var. Jacksoni (Lees) , sont regardées par les auteurs cités 
comme hybrides entre le P. crispus et le P '. perfoh'atus . M. Fryer 
dit avoir fait des expériences de fécondation (/. c, 1889, 377) 
qui ont donné de bons résultats et cette assertion doit être 
exacte, je suppose. Mais, par contre, je ne puis me ranger à 
l'avis de ces ardeurs quand ils disent que cette plante est le 
vrai P. undulatus de Wolfgang. 

Dans le lac de Constance, près d'Arbon, M. Oberholzrr a 




Fi; 



;. 2. — Section transversale du cylindre cintrai de 

A, Potamogeton perfoltatus, 
D, P. prselongiis, 
K, P. crispus. 
Les parties blanches représenlent les faisceaux conducteurs, les parties hachées la 
moelle; /g, lacunes dans les faisceaux. (Gross. 45/1.) 



trouvé une espèce de Potamogeton qui y forme une « prairie » 
de 10 mètres de longueur au fond de l'eau. Un échantillon de 
cette plante, conservé dans le Bodensee- Herbariitm à Zurich, a 
été déterminé comme « P. undulatus Wolfg., alias P. cris- 
pus X perfoliaius » (1). Plus tard, j'ai reçu un exemplaire de 
cette localité, venant de M. Oberholzer ; ce n'était que le 
P. perfoliaius. 

Puisque le P. undulatus est toujours manifestement stérile 
— CASPARY (/. c, p. 98) dit qu'il n'a pas trouvé de grains de 
pollen en bon état — et que je regarde comme indubitable que 
chaque espèce, sous-espèce ou variété réelle fructifie d'ordinaire 



1. Cjr. Schroeter : Forlschrifte der schweiser. Ftorîstik (1893-1895). — 
Grâce à la bienveillance de M. C. Schroeter, j'ai pu examiner les échantillons de 
cet herbier. 



3 6o JOURNAL DE BOTANIQUE 

abondamment, je n'hésite pas à affirmer la nature hybride de 
cette plante. Je la regarde comme résultant d'un croisement 
naturel entre les deux espèces P. crispus et P. prtelongus. 
Son affinité avec le P. crispus est démontrée par tout son mode 
de croissance et particulièrement par sa tige sillonnée, caractère 
très spécial pour cette espèce ; mais elle s'en écarte par sa dis- 
position touffue, sa taille robuste, ses tiges plus grosses, ses 
feuilles plus grandes, plus ondulées mais moins crispées, bien 
vertes, entières, et par ses épis plus grands et compacts, mais 
toujours stériles. L'affinité avec le P. prselongus est manifestée 
par la nervation foliaire, par les ligules grandes, persistant 
longtemps sur les jeunes pousses, et par le bord entier des 
feuilles ; mais elle en diffère par les caractères indiqués ci- 
dessus comme lui étant communs avec le P. crispus. 

Cette hypothèse, déjà émise par CASPARY, a reçu une con- 
firmation éclatante grâce aux observations de M. C. Raunkler, 
qui prenait part à mon excursion. Ces observations seront pu- 
bliées dans l'excellent ouvrage de cet auteur « De danske Plan- 
ter s Naturliislorie », qui est à l'impression depuis quelque 
temps ; j'en donne ici la traduction avec la bienveillante per- 
mission de l'auteur (i). 

« Pendant ces années dernières, on a trouvé sur plusieurs 
« points de l'Angleterre une plante qui a été identifiée par les 
« botanistes anglais avec le P. -undulatus Wolfg. et qui est re- 
« gardée par M. Alfred Fryer (Journ. of Bot., vol. 29) comme 
« un P. crispus X perfoliatus . Les échantillons anglais que j'ai 
« eu l'occasion d'examiner diffèrent sensiblement tant du nôtre 
« que de ceux du Musée de Saint-Pétersbourg, et plusieurs faits 
« portent à croire que la plante anglaise est réellement le 
« P. crispus X perfoliatus ; mais, dans ce cas, elle n'est pas 
« identique au P. undulatus Wolfg., car celui-ci concorde 
« exactement avec la plante trouvée chez nous, qui, comme 
« nous le verrons, est, sans aucun doute possible, le P. crispus 
« X praslongus. 

« De la forme de la tige il résulte évidemment que le 
« P. crispus est l'un des parents. Chez le P. undulatus, la tige 
« est aplatie, avec un sillon plus ou moins profond sur chacune 

1. MM. Ascherson et Graebner ont admis le P. undulatus comme P. crispus X 
prselongus dans leur Synopsis der mitteleuropàischen 1-lora I, 5, p. 338, 1897. 



J. Baagôe. — Potamogeton undulatus Wolfgang. 361 

« des deux faces larges (fig. [52 A] 3 A, 1 B) (1). Cette forme 
« caractéristique ne s'observe pas seulement chez le P. undu- 
« latus, mais aussi chez le P. crispus (fig. 1 C), et d'autre part 
« on ne la retrouve chez aucune autre espèce danoise, non plus, 
« que je sache, chez aucune autre espèce de Potamogeton. 

« Une étude comparative de la structure de la tige et des 
« feuilles démontre, en outre, que l'autre parent doit être le 
« P. praslongus et non le P . perfoliattis . Chez le P. undulatus, 
« on trouve de nombreux 
« faisceaux vasculaires 
« dans l'écorce (fig. [52^] 
« 3 A, bk; fig. 1 A et B) ; 
« ces faisceaux manquent 
« complètement chez le 
« P. crispus (fig. 1 C) ; 
« chez le P. perfoliatus 
« on en trouve de grêles, 
« très peu nombreux, ou 
« point, tandis qu'ils exis- 
« tent en grand nombre 
« dans l'écorce du P. prse- 
« longus (fig. 1 A). Relati- 
« vement au cylindre cen- 

« tral, les faits SOnt plus Fig, 3— Potamogeton crispus X prxlongus (P.un- 

« faciles à comprendre si duiatus). 

t A, section transversale de la tige (15/1) ; Ig, 

« l'on compare les figures lacunes; 

bk, faisceaux conducteurs de l'écorce; c, cylin- 
« [l8 K\ 2 K (P. CriSpUS) s dre central ; 

r 7-) j-\\ -p f-\ st> B et C, sections transversales du cylindre 

« [5 2 ^O et C J 3 -^* e L ^ f -t . central (45/1); les parties blanches représentent 

« UndulatUS), [~l8 D\ 2 D les faisceaux conducteurs, les parties hachées la 

' L i moelle; Ig, lacunes dans les faisceaux. 

« (P .prœlougus), et [ 1 8 A] 

« 2 A (P. perfoliatus). Il en résulte que la structure du cylindre 
« central s'écarte de celle du P. crispus et se rapproche de 
« celle du P. prœlougus, à laquelle, parfois, elle ressemble 
« complètement {cfr. fig. [52 C] 3 C et [18 D\ 2 Z?), tandis qu'il 
« n'y a pas la moindre ressemblance avec le P. fierfoliattis. 

« Au point de vue de la nervation des feuilles, le P. undu- 
« latus (fig. [52 B] 4 B) est intermédiaire entre le P. crisptts 




1. Les indications entre [ ] se rapportent à l'ouvrage de M. Raunkiasr. 



? 62 JOURNAL DE BOTANIQUE 

« (fig. [25 A] 4 A) et le P. prœlongus (fig. [ 25 C| 4 C). Enfin 
« nous aurons la forme du bord de la feuille : chez \eP. per- 
« foliatus , il est denté, au moins ordinairement, et chez le 
a P. crispus (fig. [25 A] 4 A), il est toujours fortement denté. 
« Dans un hybride entre ces deux espèces on doit s'attendre à 
« trouver le bord denté ; or, les échantillons danois du P. un- 
is, dulatus (fig. [52 B] 4 B), aussi bien que ceux du Musée de 
« Saint-Pétersbourg, ont des feuilles tout à fait entières, comme 
« celles du P. praelongus (fig. [25 C] 4 C). Non seulement la 
« forme extérieure, mais aussi la structure anatomique, indi- 
ce quent donc que le P. undulatus est le P. crispus X prae- 
« longus. 

« La plante récoltée en Angleterre, que les botanistes an- 
ce glais ont rapportée au P. undulatus, s'éloigne du P. undu- 
« la tus de Wolfgang par ses feuilles dentées. M. Fryer dit, il 
« est vrai, que le P. undulatus a aussi les feuilles dentées ; mais 
« Wolfgang écrit lui-même (R. et Sch., Mantz'ssa, vol. III, 
« p. 360) que les feuilles sont entières, et les échantillons du 
« Musée de Saint-Pétersbourg ont bien les feuilles entières, 
« comme les nôtres. En outre, la plante anglaise n'a pas de 
« faisceaux conducteurs dans l'écorce de la tige, mais en re- 
« vanche elle présente quelques faisceaux mécaniques immédia- 
« tement sousl'épiderme, comme le P. perfoliatus. Enfin, dans 
« la plante anglaise, le cylindre central a parfois un plus grand 
« nombre de faisceaux plus séparés que chez le P. crïspus et le 
« P. prselongus, de sorte qu'elle peut difficilement être regar- 
« dée comme hybride entre ces deux espèces ; par contre, elle 
« se rapproche beaucoup du P. perfoliatus , non seulement 
« par la structure du cylindre central, mais aussi par plusieurs 
« autres caractères, tels que le port, la structure de l'écorce de 
« la tige, etc., et par suite je la regarde, d'accord avec 
« M. Fryer, comme le P. crispus X perfoliatus ; mais dans ce 
« cas elle ne peut être rapportée au P. undulatus Wolfg., qui 
« est, sans aucun doute, le P. crispus X prselongus. 

« Sur plusieurs points de la Prusse orientale et occidentale, 
« au contraire, on a récolté une plante qui se rapporte exacte- 
« ment, non seulement à la description de Wolfgang du 
« P. undulatus, mais aussi aux exemplaires russe et danois 
« de ce dernier, et qui est regardée par Caspary (/. c.) 



J. Baagôe. — Potamogeton undulatus Wolfgang. 363 

« comme le P. crispas X prœlongus. Parmi les exemplaires 
« prussiens que j'ai examinés, il en était pourtant un, prove- 
« nant du lac de Wieps, qui ne se rapportait guère au P. cris- 
« pus X praslongus, car les feuilles, contrairement à celles de 
« tous les autres, avaient un limbe denté, et le cylindre central 
« avait essentiellement la même structure que celui du P. perfo- 
« liatus ; c'était probablement un P. crispus X perfoliatus . » 

Le vrai P. undulalus, dont nous pouvons donc regarder 
comme démontrée l'identité avec le P. crispus X pr as long us , 




mit. 4 — Extrémités des feuilles de 

A, Potamogeton crispus, 

B, P. crispus X praelongu -, 

C, P. prœlongus. 
(Gross. 2/1.) 



n'a été, à ma connaissance, récolté qu'entre le 53 et 56 de lati- 
tude nord, savoir : 

Russie. Dans le fleuve Woha, près de Wilna, d'après la 
Mantissa et l'étiquette de l'exemplaire original de Wolfgang 
du Musée de Saint-Pétersbourg. 

Prusse orientale. (Récoltes toutes faites par Caspary.) 

1. See von Hochwalde (13. 8. 1879). 

2. See von Kutzborn bei Wartenberg (26. 7. 1880). 

3. Grosser Aarsee bei Kirsch (28. 7. 1880), avec la note 
« Spitze des Blattes kapuzenfôrmig » . 

4. Im Flusse Neide bei Niederthal, Kreis Neidenburg (2. 8. 
1862) « mit ungewohnlich breiter, kapuzenfôrmtger Spitze ». 

5. « P. de'cipiens Nolte. — See von Redigkeinen bei Allen- 
stein in dem nordwestlichen torfigen Zipfel, sehr wenig ; bloss 
dies Exemplar mit Blùthe gefunden. P. perfolïatus und P . pras- 



364 JOURNAL DE BOTANIQUE 

longus beide im See (16. 8. 1889). Frucht nicht da. Fârbe blâu- 
lich grùn. L. Caspary leg. et serv. » 

A cette étiquette, le Musée a ajouté la note suivante : « Blât- 
ter kappenfôrmig jedoch nicht so stark als praslongus . Torfbo- 
den. Wurde 16. 8. 1869 von Caspary fur P. decipiens Nolte 
gehalten, spâter als P. crispus X praelongtis erkannt ». 

Prusse occidentale. Récolté dans beaucoup de lacs par 
Caspary, p. e. : 

1. Stresau See, Kreis Berent (18. 8. 1872). 

2. Dlugi See, Kreis Karthaus. De cette localité il a été im- 
planté dans le Jardin botanique de Kônigsberg (18. 4. 1880) où 
il a fleuri (24. 6. 1885). 

La dernière récolte est du Glemboki See (8. 9. 1885) (1). 
Danemark. 

A. JUTLAND. 

1. Rivière de Gudenaa, entre Svostrup et Randers, déjà men- 
tionné (28. 7. 1895). L'atiteur. 

2. Rivière d'Allingaa (28. 7. 1895). L'auteur. 

3. Près de la ville de Randers (9. 1895). M. C. Ostenfeld. 

4. Rivière d'Œsteraa, près delà ville d'Aalborg(io. 8. 1895). 
M. F. Kôlpin Ravn. 

5. Rivière de Kongeaa, entre le pont de Gredsted et Hjort- 
lund (6. 1896). M. C. Raunkiser. 

6. Sur plusieurs points du Foldingbro à Gredsted, surtout 
abondant près du pont de Plougstrup (28. 7. 1896). L'auteur. 

7. Rivière de Nibs Aa, près de la ville de Ribe, entre le lac 
de Varming et Stavnager (25. 8. 1896). M. Clausen. 

8. Lac de Varming (25. 6. 1897). L'auteur. 

9. Rivière Kongeaa, près de Villebœl (28. 6. 97). L'auteur. 
B. Seeland. 

Rivière de Halleby Aa, entre l'embouchure dans le Grand 
Belt et l'auberge Augerup Kro (16. 8. 97). L'auteur. 

Il est probable qu'on pourra le trouver encore en plusieurs 
endroits. 

Le fond de toutes les localités susdites était fprmé de sable 

1. Grâce à la bienveillance de M. le Professeur Luerssen, j'ai pu examiner 
tous les échantillons du Musée de Kônigsberg-, provenant de vingt-quatre loca- 
lités diverses. 



J. Foucaud. — Propriété scientifique. 365 

ou de gravier couvert d'une mince couche de limon. La plante 
se rencontre tant dans l'eau presque stagnante (lac de Varming) 
que dans l'eau courante (rivière de Halleby Aa), même dans des 
courants assez rapides (rivière de Gudenaa, près du pont Kon- 
gens Bro). La profondeur varie deom. 60 à 1 m. 25, mais je 
n'ai trouvé d'exemplaires spicifères que par une profondeur de 
1 mètre à 1 m. 25. 

Le P. undulatus se rencontre rarement isolé, mais réuni par 
petits groupes. Comme le P. cri'spus, il n'a pas de période déli- 
mitée de croissance. Il produit ses épis au mois de juin ; après 
le mois d'août, les pousses spicifères meurent, mais le rhizome 
donne constamment de nouvelles pousses qui, pendant l'hiver, 
restent vertes au fond de l'eau. Aussi les jeunes plantes de 
P. undulatus ressemblent extérieurement à celles du P. crispîts. 
Les pousses jeunes gardent leur belle couleur verte après la 
dessiccation, tandis que les pousses plus âgées et spicifères de- 
viennent ordinairement noires et cassantes. 

Cet été, j'ai visité quelques-unes des localités énumérées ci- 
dessus, et j'ai trouvé notre plante dans certains endroits où le 
niveau de l'eau était plus bas que dans les conditions normales. 
La plante montrait alors à la surface de l'eau des tiges moins 
ramifiées et très abondamment florifères. 

Le dessin de la planche a été fait par Mme Raunkiaer, d'après 
des échantillons de Gudenaa conservés dans l'alcool. Les fîp-ures 
dans le texte ont été dessinées par M. C. Raunkiaer, à qui je 
dois une reconnaissance spéciale pour la correction de cette 
Note. 



PROPRIETE SCIENTIFIQUE 

RÉPONSE A M. ERNEST MALINVAUD 

Par M. J. FOUCAUD. 

Dernièrement, j'ai reçu de M. Malinvaud un numéro du Jour- 
nal de Botanique (i or octobre 1897), contenant un article inti- 
tulé : Propriété scientifique. Cet article, signé par M. Malinvaud, 
m'a appris qu'il a été publié dans le 6 e Bulletin de la Société 



3 66 JOURNAL DE BOTANIQUE 

botanique des Deux-Sèvres, il y a quelques années, un article 
soulevant « une question intéressante de priorité ». Il s'agit 
du Dentaria bulbifera du Fouilloux (Deux-Sèvres) qui, d'après 
M. Souche, aurait dû être cité, dans la Flore de France de 
Rouy et Foucaud, sous les noms de Sauzé et Maillard et non 
sous ceux de De Loynes et Foucaud. 

La priorité dont il s'agit n'est nullement constatée avec cer- 
titude. En effet, dans la Flore de l'Ouest de la France, Lloyd ne 
cite que Sauzé au sujet de cette plante et l'on sait (Cf. FI. Ouest 
Fr. éd. 4, p. III) que « le nom du botaniste cité après une loca- 
lité signifie seulement qu'il » a fait voir à Lloyd « la plante 
décrite ». On sait aussi que Sauzé et Maillard n'ont mentionné, 
dans leur Flore des Deux-Sèvres, aucun des botanistes qui leur 
ont fait part de leurs découvertes dans ce département et que 
le Dentaria du Fouilloux y est également signalé sans aucune 
indication faisant connaître le nom du botaniste qui l'a dé- 
couvert. 

De plus, il est incontestable qu'on peut faire cueillir une 
plante, la distribuer de la même localité, mentionner cette loca- 
lité dans une Flore, la faire citer dans une autre, sans que pour 
cela on ait découvert cette plante. 

Je dois dire aussi que le nom du botaniste cité avec le mien 
indique que ce botaniste a certainement observé le Dentaria 
bulbifera au Fouilloux et que je l'ai vu recueilli par lui ; quant 
au mien, il signifie que j'ai aussi observé cette plante au Fouil- 
loux et que, en conséquence, je certifie que sa localité existe 
encore. 

Il me reste à dire pourquoi nous citons seulement les bota- 
nistes dont nous avons vu ou possédons les plantes, sans nous 
préoccuper si d'autres les ont observées avant eux, et, d'après 
les indications mentionnées dans la Flore de France, on peut 
voir qu'il nous passe sous les yeux des documents très nom- 
breux. 

Nous ne citons que les botanistes dont il s'agit, et pour la 
même plante nous en citons quelquefois plusieurs, parce que-, 
dans la plupart des cas, il serait impossible de découvrir avec 
certitude le nom du botaniste qui, le premier, a fait telle décou- 
verte et que si nous citions les botanistes sans avoir vu et étudié 
leurs plantes, nous nous exposerions assez souvent à citer une 



N. Patouillard. — Contributions a la flore mycologique du Tonkin. 367 

espèce pour une autre, c'est-à-dire à commettre de graves 
erreurs. 

Telles sont les explications qu'il m'a paru utile de fournir à 
M. Malinvaud. 



-««d— — J=38S=5-«- 



CONTRIBUTIONS 

A LA 

FLORE MYCOLOGIQUE DU TONKIN 

(3 série) 

(Suite.) 

Par M. N. PATOUILLARD. 

Hypoxylon rubiginosum Fr. — Sur du vieux bois de 
Bambou. Thanh Hoa (TH), Ke So (HN), Huu Le (TH) (n°4 9 6o, 

4963, 5295. 5 8 34)- 

Xylaria hypoxylon Grév. — Rameaux morts de Seine- 
carpus sp. à Vo Xà (HN), (n° 4665) ; au pied de V Aleuriies mo- 
luccana, Ke So (HN), (n os 462o, 4509); souches de Bambou, Lan 
Mat (Hn), (n° 4682). 

Xylaria aristata Mont. — Sur feuilles tombées d'Apocynée. 
VôXa. (^'3928, 4756). 

Kretzchmaria paradoxa Pat. toc. cit. [1892] p. 50. — 
Ecorce de Mangifera indica (n° 4593), et souches de Légumi- 
neuses (n° 5483,) Ke So (HN). 

Daldinia vernicosa Sacc. — Au pied d'un tronc de Dal- 
bergia. Vô Xa (HN), (^4867). 

Apiospora Montagnei Sacc. — Tiges de Bambou. Thanh 

Hoa (TH),(n° 5833). 

Scortechinia acanthostroma Sacc. et Berl. ; Sphseria 
Mtg. ; Scortechinia ctdcitella Spegg. ; Sphseria Bk. et Rav. — 
Vieux troncs. Ke So (HN), (n° 4924). 

Contrairement à l'opininion de Speggazzini (Fungi Guara- 
nitici Pug. II n° 73), les Sphœria acanthostroma Montagne et 
Sphseria culciiella Berk. et Rav. ont un strome de composition 
absolument identique et appartiennent l'une et l'autre au genre 



368 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Scortechînia Sacc. et Berl. ainsi que j'ai pu m'en convaincre par 
l'étude de spécimens authentiques de la collection Leprieur; je 
pense que les deux plantes ne sont pas spécifiquement séparables, 
et je n'ai vu d'autres différences que dans les spores de celle 
de Montagne qui sont à peine plus petites (8X3 1/2^). 

Diaporthe Bambusse n. sp. — Tiges sèches de Bambou. 
Kiên Khê(HN), K4954). 

Périthèces entièrement plongés dans une partie décolorée du bois, 
mais qui n'est pas entourée d'une ligne noire, solitaires, globuleux ou 
ovales (350 X 250 [/.), atténués peu à peu en un col court, qui fait saillie 
au dehors sous forme d'une papille peu élevée placée au centre d'un 
disque stromatique noir ou brun roussâtre, atteignant à peine 1 millim. 
de diamètre. Thèques cylindracées, obtuses au sommet, à 8 spores 
bisériées, i3oX IO H-; spores elliptiques allongées, souvent aiguës 
aux deux extrémités, i-septées au milieu, non étranglées à la cloison, 
sans gouttelettes, mesurant 23 X 5 h incolores et entourées d'un halo 
hyalin fugace. 

HerpotrichiatonkinianaPat. loc. cit. p. 51, pi. VII, fig. 1. 
— Brindilles pourries. Yen Xa (HN), (n° 4518). 

Melanomma mammiforme n. sp. — Sur écorces. Vô Xa 
(HN). Octobre (n° 4904). 

Périthèces en troupes peu serrées, très saillants, plongés dans l'é- 
corce seulement par la base, atteignant presque 1 millim. de largeur, 
coniques ou mammiformes, avec une ostiole obtuse, noirs, durs ; 
thèques?; spores brunes, droites ou un peu courbées, fusoïdes allon- 
gées, aiguës aux deux extrémités, transversalement triseptées, à peine 
étranglées aux cloisons et mesurant 40-50 X IO_I 3 F- 

Phyllachora Gynodontis Niessl. — Sur les feuilles de Cy- 
nodon Dactylon. Khê Tiû (HN). 

Phyllachora Symploci Pat. Bull. Herb. Boiss. [1893] 
p. 302. — Sous les feuilles d'un Symplocos. Triuh Nga (TH), 

(n°525i). 

Phyllachora graminis Fuck. — Feuilles de Pogonath - 
rtim saccharoideum. Ngoc Au (TH), (n° 5109). 

Phyllachora repens Cda. — Feuilles de Ficus varïolosa et 
Ficus pyriformis. Ke So (HN), Dinh Huông (TH), (n" s 4959, 

5803). 



N. Patouillard. — Contributions à la flore tnycologiqnc du Tonkin. 369 

Microthyrium microscopicum Desm. — Feuilles d'une 
Urticacée. Vô Xa (HN), (n° 4929). 

Polystigma fulvum Pers. — Feuilles de Prunus îimm 'lis. 
Yun-nan (Delavay). 

Hypocrea albidaPat. /oc. cit. p. 52. — Rameaux morts. 
NinhThai (HN), (^4717). 

Hypocrea lanata Pat. /oc. cit. p. 52. — Tiges mortes de 
Bambou. Vô Xa (HN), (^4595). 

Nectria Bonii n. sp. — Sur tiges de Bambou. Vo Xa (HN), 
(n° 4603). 

Périthèces rapprochés par 10-20 en groupes arrondis, rarement épars 
et solitaires, rouge brique, subglobuleux, puis affaissés, larges d'environ 
1/3 de millim., rugueux, ostiolés; paroi formée de cellules anguleuses 
mesurant 15-20 (/.; thëques cylindriques, 180-200 X 12-15 l J -> à 8 spores 
1 -sériées ; paraphyses nulles; spores incolores ou rousses très pâles, 
grandes (30-40 X 10-12 p.), droites ou un peu courbées, obtuses aux 
deux extrémités, divisées au milieu par une cloison, avec ou sans 
étranglement. 

Espèce voisine de N. adelphica Cooke. 

Nectria episphaeria Fr. — Epars sur le mycélium de Stt'l- 
bonectria tonquineiisis . Thanh Hoa (TH). Mars. 

Nectria Musae n. sp. — Souches et racines pourries d'un 
Musa. Dai Khôi (TH), (n° 5871). 

Périthèces petit (230 \l de diam.), rapprochés en groupes denses, 
mais non réunis par un strome, globuleux puis affaissés et cupuliformes, 
rouges (minium), couverts de poils blanchâtres longs de 60 \i environ, 
épars sur toute la surface ou plus souvent accolés en pinceaux dressés 
aigus et squamiformes. Thèques atténuées en stipe, 50-60 X 10-12 u, 
octospores, sans paraphyses. Spores incolores, lisses, ovoïdes uni- 
septées, 13-16X5^- 

Stilbonectria tonquinensis, n. sp. — Thanh Hoa (TH) 
sur de vieilles écorces apportées de Huu Le (n° 5913). 

Périthèces globuleux, 1 10-120 jx de diamètre, un peu déprimés, 
percés d'un pore au sommet, blancs, villeux, épars ou rapprochés sur 
un mycélium superficiel, feutré, blanc, formant des taches orbiculaires 
de 3-4 millim. de largeur. Spores incolores, fusoïdes, droites ou à peine 



370 JOURNAL DE BOTANIQUE 

courbées, atténuées aux extrémités, transversalement triseptées, non 
étranglées aux cloisons et mesurant 17-20 X 3 _ 5 H- 

La forme coniclienne est éparse sur le mycélium ou croît au pied 
des périthèces ; elle est cylindrique, haute de 350 \l environ, élargie en 
tête (150 p. d'épaisseur) à la partie supérieure et porte des conidies 
incolores, ovoïdes, lisses, continues, 6 X3 H- Le stipe conidifère est 
blanc avec la base brunâtre, le capitule est roux. 

Epichloe Myosura, n. sp. — Inflorescences de Graminées 
(Panicum ?). Thuong Tô (HN). Octobre (n° 4895). 

Attaque uniquement l'inflorescence, dont il soude toutes les parties 
entre elles et qui prend l'aspect d'une clavule de Xylaria. Strome for- 
mant une couche continue, charnue, grisâtre, ponctuée de noir par 
les ostioles, ruguleuse et scabre ; périthèces immergés, ovoïdes, 
300-350 X 100-160 p., nombreux, serrés, à ostioles coniques noires et 
saillantes. Thèques cylindriques, très allongées, de 5-6 p. d'épaisseur, 
à 8 spores linéaires, non septées, de la longueur des thèques. Mycélium 
blanchâtre accolant l'épi en un corps charnu. 

Spermogonies immergées dans le strome ou plongées dans le canal 
de l'ostiole des vieux périthèces ; elles sont ovoïdes, 160-200 X 100 a et 
contiennent des spermaties cylindracées, nombreuses, fuligineuses, 
arrondies aux deux extrémités et mesurant 3-4 X 1 H- 

Phoma herbarum West. — Feuilles de Brassica olera- 
cea. Xà Doài (NA), (n° 5671). 

Aschersonia badia, n. sp. — Feuilles vivantes d'une Dil- 
léniacée. Ngoc Au (TH), (n° 5053). 

Stromes hypophylles, épars, 1/2-2 millim. de diamètre, d'abord 
hémisphériques et blancs, puis aplatis en dessus et bruns ou roux, 
devenant à la fin noirâtres, entourés à la base d'une étroite bordure 
fibrilleuse, mince, blanche puis brune, appliquée sur la feuille. Péri- 
thèces arrondis ou ovales, distants ; ostioles sur la face supérieure, à 
peine saillantes. Spores incolores non septées, fusoïdes, aiguës aux 
deux extrémités, mesurant 10-13 X 2-3 [a. 

Pestaliozia Phœnicis Vize. — Feuilles mortes de Phœ- 
nix acaulis. Chân Co (TH), (n° 5235). 

{A suivre?) 

Le Gérant : Louis Morot. 
L\uis. — J.Mersch,imp.,4*",Av.deChàliUon. 



ii- ANNEE. N" 23. 1" DECEMBRE 1897. 

JOURNAL DE BOTANIQUE 



CONTRIBUTIONS 

A LA 

FLORE MYCOLOGIQUE DU TONKIN 

(3" série) 

{Fin.) 

Par M. N. PATOUILLARD. 

Ephelis pallida n. sp. — Inflorescences & Andropogon aci- 
cularis. O Càch (HN), (^4955). 

Strorae blanchâtre puis grisâtre, accolant entre elles les différentes 
parties de l'épi et le déformant à la manière du Dilophospora graminis . 
Cupules superficielles, blanchâtres en dehors, grises ou noirâtres en 
dedans, très petites, éparses, sessiles, orbiculaires ou sinueuses, parfois 
confluentes; basides dressées, linéaires, formant une assise fuligineuse, 
haute de 100 [/. environ. Conidies linéaires, incolores, droites ou cour- 
bées, aiguës aux deux extrémités, mesurant 13-1S X I ['■• 

Patellina pallida n. sp. — Sur vieilles écorces d'arbres 
apportées des montagnes de Trung Hièu, Ke So (HN). 

Réceptacles sessiles, céracés, orbiculaires, aplatis, souvent sinueux 
ou difformes, épais ou confluents, larges de 1/2-2 millim. Face exté- 
rieures blanche, villeuse puis glabre; marge étroite, blanche, étalée ou 
dressée ; disque compact, convexe ou plan et même déprimé, de cou- 
leur rose pâle, carnée rousse, orangée ou blanchâtre. Conidies ellip- 
tiques, 5-6 X 2 V- Sporophores abondants, très longs (100 \l et plus), 
serrés, filiformes, à conidies apicales. 

Stilbum polycephalum n. sp. — Vieilles écorces. Ke So 

(HN), (n°4626). 

Stipes dressés, noirs, glabres, striés dans le sens de la longueur, 
cornés, parfois simples, mais plus habituellement divisés vers le haut 
en 2-3-5 parties divergentes, terminées chacune par une petite tète 
arrondie conidifère. Épars oucespiteux, 1-2 millim. de haut ; capitules 
rosés, souvent confluents. Conidies ovoïdes, incolores, 6X2a, acro- 
gènes sur des sporophores filiformes. 



372 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Isaria arborea Pat. Bull. Herb. Boiss. [1893] p. 303. — 
Sur la terre dans les lieux ombragés. Ninh Thai (HN), (n° 5300) 
et dans la région de Lac Thô. Janvier, avril. 

Isaria acicularis n. sp. — Sur des excréments de canards. 
HàNôi(HN), (n°4 9 8 9 ). 

Entièrement blanc, dressé, simple, linéaire, haut de 5-8 millim., 
épais de 100 à 150 jx, terminé en pointe, formé d'hyphcs grêles, hya- 
lines, septées; conidies blanches, ovoïdes, lisses, 3X2 ;j., formant une 
couche épaisse. Clavules dressées, en troupes, ne sortant ni d'un insecte, 
ni d'un sclérote. 

Melanconium melanoxanthum Berk. et Br. — Sur les 

pétioles et les nervures d'un Caryota. Kièn Khè (HN), (n° 4657). 

Dans cette plante les conidies naissent d'une couche incolore placée 
dans les parties profondes et centrales du strome et qui est constituée 
par des basides linéaires, courtes, hyalines, coalescentes entre elles, 
donnant naissance à leur extrémité à des files de conidies se désarticu- 
lant de bonne heure et dont les plus jeunes sont les plus inférieures. 
Basides et conidies sont contenues dans un sac largement ouvert, 
d'abord entièrement plongé dans le strome, puis plus ou moins émer- 
geant. 

Ces caractères pourraient permettre la création d'un genre spécial 
(Coniocystis) dans lequel viendrait également prendre place Melanco- 
nium œcidiiforme P. et G. qui a la même constitution. 

Gerebella Andropogonis Ces. (= Cerehella Pasfial/Cooke. 
et Mass.). — Inflorescences de Digitaria. Lang Hac (TH), Mat 
Son (TH), ThanhHoa (TH) , (n os 5164, 5382, 5849). 

Tubercules noirs olivacés, subglobuleux ou ovoïdes, plissés en tra- 
vers, attaquant les épillets dont ils empêchent la fructification ; ils sont 
composés de l'axe de l'épillet et des parties atrophiées de la Heur 
entourée d'un strome. Celui-ci est étalé en lames rameuses, convolu- 
tées, séparées par des espaces creux, donnant à l'ensemble un aspect 
cérébriforme ; elles sont incolores et formées d'hyphes cylindriques, 
septées rameuses, qui se redressent sur les deux faces des lames et 
deviennent fructifères à leurs extrémités. La spore apparaît sous forme 
d'un renflement qui s'isole par une cloison transvcsale et se colore en 
brun verdâtre, puis la division se continue par une ou plusieurs cloi- 
sons verticales, enfin une nouvelle cloison horizontale se montre à la 
base et forme une sorte de stipe très court. La coloration brune des 
deux faces des lames est donnée par l'ensemble des spores. 



N. Patouillard. — Contributions à la flore mycologique dze Toukin. 373 

L'examen de spécimens authentiques de C. Andropogo/iis Ces. et 
leur comparaison avec le parasite du Paspalum de différentes localités 
et avec celui du Digitaria du Tonkin ne permettent pas de considère 1 
ces Hyphomycétes comme des esp Jces distinctes. 

Helminthosporium macro carpum Grev. var. caitdafitm 
Berk. — Sur de vieilles écorces à Thanh Hoa (TH), (n° 59 141. 

Macrosporium commune Rabh. — Rameaux pourris de 
1' ' Ettphorbia aiitiquorum à Lang Nhôi (TH) et à Phuong Dinh ; 
feuilles mortes de Plum era à Dinh Huong (n os 5858, 5869, 5894). 

Circinotrichum maculiforme Nées. — Feuilles de Ne- 
plielium Litchi, Ke So (HN) ; feuilles & Artocai-pus integrifo- 
lia, Dièn Hô (TH) , (n" s 4543, 5003). 

Podosporium densum n. sp. — Parasite d'un Meîiola sur 
les feuilles d'un arbrisseau indéterminé ; forêt de Ma Cô à Khang 
Thùong(NB), (n°5ooi). 

Stipes dressés, nombreux, bruns roux, atténués peu à peu au 
sommet qui est cendré. Conidies ovoïdes, en pointe à l'extrémité, tron- 
quées à la base, à 3 cloisons transversales, rousses avec les loges 
extrêmes plus pâles (20-23 X 6 a.) 

Gladosporium herbarum Link. — Vieilles gaines de 
Musa. Tinh Chaû (HN), (n" 4937) ; feuilles de Brassica oleracea, 
XàDoài(NA), (n d 5 6 7 i). 

Cercospora ricinella Sacc. et Berl. — Feuilles de Rici- 
111LS commuais. Lan Mat (HN), (n" 4686). 

Sterig-matocystis nigra V. Tiegh. — Sur l'écorce du 
fruit d'un Garciuia provenant de Thanh Hoa (n° 4809). 

Oidium erysiphoides Fr. — Feuilles et rameaux de La- 
gerstrœmia indica, Ke So (HN), (n° 4575); feuilles de Jujubier, 
Thanh Hoa (TH), (n° 5846) ; feuilles vivantes d'un Ureua , Ngoc 
Au, K5074). 

Goniothyrium Sacchari (Mass.) Prill. et Del. — Sur une 
variété de la Canne à sucre dite « Mià ông tuông à Le Xà (HN), 

( n °4574)- 

TrichotheciumroseumLink. — Feuilles pourries de l\u- 
miera. Diuh Huông (TH), (n" 5894). 



374 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Arcyria punicea Fr. — Racines pourries de Diospyros. Ke 
So (HN), (n« 4905). 

Spumaria alba DC. — Troncs de Dracsena. VôXà (HN), 
(n°49 3 o). 

Glathroptychium rugulosum (Wallr.) R. — Ecorce 
pourrie & Hibiscus. Ke So (HN), (n° 4849). 

Perichœna depressa Lib. — Ecorce à'Elteocarpus. Vo 

Xà(HN). 

Peridium très aplati; spores 8-10 u., aspérulées ; capillitium 
jaune, verruqueux. 



SUR LE TISSU CONDUCTEUR SURNUMERAIRE 

Par M. E. PERROT. 

(PL V.) 

En dehors des formations libériennes et ligneuses normales, 
les plantes possèdent souvent des tubes criblés extralibériens, 
et des vaisseaux extraligneux. Nous voudrions ajouter quel- 
ques faits nouveaux aux nombreuses observations déjà publiées 
sur ce sujet. Un aperçu de la question ne paraît pas inutile, et, 
pour faciliter notre tâche, nous avons disposé, à la suite de cet 
article, un index bibliographique (1). Notre intention n'est pas, 
d'ailleurs, de nous occuper de toutes les formations libériennes 
et ligneuses formées en dehors de la région normale ; nous 
n'avons en vue que le tissu criblé médullaire et intraligneux, 
ainsi que les faisceaux cribro-vasculaires médullaires. 

Ce fut Har/ig (\), en 1855, qui, le premier, observa du liber 
interne dans une Cucurbitacée; après lui, Hugo Molli (2) le 
signale dans cette même famille et chez les Asclépiadacécs; 
Hansteiu (4), dans les Apocynacées, les Solanacées, les Ligu- 
liflores; Schreiber (5), chez les Lythracées, et Russow (13), dans 
un grand nombre de familles diverses. M. Van Tieghem (8), en 
1867, constate la présence du liber interne dans les grosses 



1. Les plus importants des travaux ayant trait aux anomalies libéro-ligneuses 
sont disposés par ordre chronologique et accompagnés d'un numéro spécial. Nous 
nous contenterons, en citant les auteurs, de faire suivre leur nom du numéro 
d'ordre assigné à leur publication dans la notice. 



E. Perrot. — Sur le tissu conducteur surnuméraire. 375 

racines de certaines Aroïdées, puis plus tard chez les Dracsena, 
certains Palmiers et chez les Cucurbitacées. 

En 1875, Vesque (11), dans son remarquable Mémoire sur 
l'Anatomie de l'écorce, montre la formation de liber intérieur 
chez les Solanées, les Borraginées, les Convolvulacées, les Lo- 
ganiacées,lesApocynacées,lesAsclépiadacées,lesGentianacées, 
les Scrophulariacées, les Acanthacées, et il signale de plus, pour 
la première fois, les formations libériennes incluses dans le bois 
des Chirom'a linoides, Hexacentris coccinea, TJiunbergia gran- 
diflora. De Bary (14), en 1877, rencontre des anomalies libérien- 
nes chez les Myrtacées; M. Vôchting (12), chez les Mélastoma- 
cées; plus tard MM. Petersen{\%), Vuilleiuin (21), Lignier (2k), 
Solereder (26) publient de nouvelles observations. En 1885, 
M. Hérail (28), dans une étude très sérieuse comprenant un 
grand nombre de familles qui possèdent des formations conduc- 
trices anormales, consacre une large part de son travail à l'étude 
du liber interne. Il propose de nommer ce dernier liber médul- 
laire, et il démontre que seules les Cucurbitacées ont des fais- 
ceaux bicollatéraux. Dans toutes les autres familles, le liber 
médullaire est généralement de formation primaire, mais diffé- 
rant du liber normal, et dû à un méristème local prenant nais- 
sance aux dépens de quelques cellules médullaires. Ce liber est 
toujours indépendant du faisceau libéro-ligneux normal, sauf 
chez les Cucurbitacées. M. Hérail montre aussi, contrairement 
à l'opinion de Vesqtie, que la formation du liber médullaire n'est 
pas une adaptation des plantes volubiles ou grimpantes (Lianes), 
mais qu'elle échappe en grande partie au mode de vie de la 
plante. 

Après M. Hérail, ces anomalies de structure continuent à 
donner lieu à des publications nouvelles. MM. Costantin et 
Dufour (29), étudient les Lécythidacées; M. Lignier (30), les 
Calycanthacées, les Mélastomacées et les Myrtacées; MM. Scott 
et Brebner (31) reviennent sur le liber intraligneux des Strych- 
nos, et donnent sur le fonctionnement anormal de l'assise 
génératrice une explication un peu différente de celle de M. Hé- 
rail. En 1890, M. Lamounette (34) reprend la question tout 
entière ; il fait observer que les observations de M. Lignier 
permettent de concilier les conclusions discordantes de MM. Pe- 
ter sen et Hérail. 11 étudie l'origine du liber interne dans l'axe 



376 JOURNAL DE BOTANIQUE 

hypocotylé, et conclut en considérant « le liber interne comme 
le résultat d'une évolution ultérieure des cellules du paren- 
chyme central, évolution qui serait morphologiquement ana- 
logue à celle de certaines cellules du parenchyme cortical, qui 
se cloisonnent d'abord, et se différencient ensuite en tissu subé- 
reux ». Cet auteur ajoute que « le liber interne rentrerait dans 
la catégorie des caractères acquis pendant l'évolution des plan- 
tes et transmis par l'hérédité. » D'après les recherches de 
J/. Lamounette , le liber anormal est toujours de formation pos- 
térieure au bois et au liber primaire dont il est indépendant au 
début, même chez les Cucurbitacées. Chez ces dernières, ce n'est 
que par suite du développement rapide du liber médullaire que 
celui-ci vient se mettre sous la dépendance du faisceau normal ; 
au point de vue de l'origine, il n'existe dune pas de faisceaux 
bicollatératix. 

En 1891, M. Van Tieghem (38) publie un travail sur la 
structure des Mémécylées et, reprenant l'étude des anomalies 
déjà signalées chez beaucoup de Mélastomacées, il explique la 
formation du liber intraligneux. Il insiste, d'autre part, sur la 
présence, dans la moelle, à la fois de fascicules criblés et de 
faisceaux libéro-ligneux à liber périphérique et bois central. 
Ce savant propose même de di\ iser les Mélastomacées en 
quatre sections, suivant la disposition de ces faisceaux libéro- 
ligneux surnuméraires (38, p. 75-76). 

Faisceaux lib. -ligneux surnuméraires 
dans l'écorce et la moelle Dermomyélodcsiues . 

Faisceaux lib. -ligneux surnuméraires : 

dans l'écorce Dermodesjues. 

dans la moelle Myélodesmcs. 

Pas de faisceaux lib. -ligneux surnu- 
méraires Adesmcs. 

La même année, M. Van Tieghem (35), dans une Note spé- 
ciale, dit qu'il faut abandonner les expressions impropres de 
liber interne ou liber médullaire, car les mots liber et bois 
s'appliquent surtout à des régions. Il propose de désigner ces 
formations sous le nom de tubes cribles ou fascicules criblés 
extralibériens, en faisant suivre cette appellation d'un qualificatif 
indiquant la région qui les possède. 

Au cours de la même année paraissent quelques Notes non- 



E. Perrot. — Sur le tissu conducteur sitrnumérairc. 377 

velles de MM. Hérail {$%), Scott (37) et Mlle Frémont (39). Ce 
dernier auteur démontre la présence de fascicules criblés mé- 
dullaires dans les racines de certaines Onothéracées et Ly- 
thracées. 

M. Beauvisage (40) étudie la racine de la Belladone, dans le 
parenchyme lig'neux secondaire de laquelle il voit des fasci- 
cules criblés. Il admet pour leur formation l'opinion de de Bary, 
c'est-à-dire le fonctionnement indifférent de l'assise génératrice 
donnant soit du liber, soit du bois, et il nomme ces anomalies 
« fascicules criblés iiitervasculaires » . 

En 1895, nous avons étudié (41), le mode de développement 
des îlots libériens intraligneux des Strychnos , au sujet desquels 
M. Sauvait (42) a proposé ensuite une interprétation un peu 
différente; puis M. Parmentier, dans un Mémoire récent (44), 
s'est attaché à faire connaître les formations criblées anormales 
des Onothéracées et Lythracées. 

Il va sans dire qu'elles ont été remarquées et signalées aussi, 
mais incidemment, par beaucoup d'autres auteurs. Avec M. Van 
Tieghem nous les désignerons désormais sous le nom de fasci- 
atles criblés périmédtt lia ires , médullaires, intraligneux ', péri- 
cycliques ou corticaux , suivant leur distribution. Mais l'expression 
de tubes criblés extralibériens est, à notre avis, insuffisante, 
car ils sont accompagnés de parenchyme, parfois d'éléments de 
soutien, et aussi de tissu sécréteur quand le liber normal en 
possède (Campanulacées, Liguliflores, etc.). S'il vient s'ad- 
joindre des éléments ligneux à ces fascicules criblés, nous 
les appellerons fascz'cttles cribro-vasatlaires iiiédttllaires , péri- 
cycliques ou corticaux. Nous réservons le nom de faisceaux libé- 
roligneux à ceux dont le développement est normal. 

L'ensemble de ces formations anormales constitue donc un 
appareil conducteur surnuméraire plus ou moins complet. 

La racine, la tige et la feuille de la plupart des plantes 
appartenant à la famille des Geu/iaitacées nous offrent d'excel- 
lents exemples de la présence de tissu conducteur surnumé- 
raire. 

Racine. — Les grosses racines de G. lutea possèdent, dans 
leur parenchyme ligneux secondaire, de petits îlots de tubes 
criblés {/ci, flg. I), tout à fait semblables à ceux qu'a décrits 






3?8 JOURNAL DE BOTANIQUE 

M. Becmvisage (40) dans la racine de YAtropa Belladona. Ces 
racines sont constituées par un liber et un bois secondaire en- 




Fi „ , _ Coupe transversale d'une racine âgée .1.- G. luiea. - c, cambium ; fcl, îlots 
criblés du liber ;fci, faisceaux criblés intraligneux; », vaisseaux secondaires. 

tièrement composés de parenchyme; le cambium fonctionne en 
donnant dans les deux directions des cellules parenchymateuses 



E. Perrot. — Sur le tissu conducteur surnuméraire. 



379 



4$ , 










D8s 



go 







analogues. De temps à autre, il produit du côté ligneux quelques 
vaisseaux rayés assez larges. Les tubes criblés prennent nais- 
sance dans le liber, par simple cloisonnement d'une ou plusieurs 
cellules du parenchyme issu de 
l'assise génératrice, et le même 
cloisonnement apparaît dans quel- 
ques-unes des cellules du paren- 
chyme ligneux (fig. 6, pi. V). 
Dans le bois de la Belladone, ces 
cloisonnements se font parfois 
très près du cambium; dans les P C { 
Gentianes, ils sont un peu plus 
tardifs, mais le processus de la 
formation est le même dans les 
deux cas. 

Les mêmes fascicules intra- 
ligneux se retrouvent dans les 
racines de G. purptirea, ptmc- 
tata, Burseri , paimonica, Swer- 
tia Chyrata, Sw. Hookerï, etc. 

Dans beaucoup d'autres espè- 
ces, telles que Chlora perfoliata , 
Erythrsea Centauriiwt, etc., la 
racine terminale est très forte- 
ment lignifiée et le liber se- 
condaire faiblement développé 
(fig. II). Il est facile de remar- 
quer, enclavés profondément 
dans le bois, des îlots parenchy- 
mateux contenant des tubes cri- 
blés {/ci, fig. II). Ces formations 

ressemblent à Celles des Lythra- Fig- H. — Coupe transversale de la racine 

, _ , , , . , , d' ' Erythrasa Centaurinm. — end, endo 

CeeS et OnOtheraceeS, Signalées derme; /, liber; b, bois secondaire;./^ fas- 

dans le travail de Mlle Fré- «cuie criblé mtraiigneux. 

mont (39) ; mais le mode de développement diffère un peu de 

celui qui lui est assigné par cet auteur pour ces dernières 

familles. 

Dans ces racines de Gentianées, en effet, pendant les pre- 
mières phases des formations] secondaires, la lignification 




&ÔgG^Ç> 



D 



#6' 






380 JOURNAL Dit liOTANIQUK 

n'atteint pas toutes les cellules du bois secondaire; des îlots de 
parenchyme restent enclavés dans les fibres ligneuses, et comme 
après un certain temps la lignification est complète sur tout le 
pourtour, ces îlots se trouvent complètement inclus dans le 
bois. 

Le même phénomène peut se renouveler plusieurs fois pen- 
dant la croissance de la racine et donner de nouveaux îlots 
parenchymateux inclus. Les faisceaux ligneux primaires sont 
confluents au centre, et il n'existe pas de moelle; c'est dans les 
cellules des îlots de parenchyme qu'il se développe çà et là, par 
cloisonnement longitudinal, quelques paquets de tubes criblés. 

Les racines terminales de Swertia fteremiis présentent une 
structure différente (fig. 5, pi. V). Le parenchyme cortical 
s'exfolie jusqu'à l'endoderme qui est formé de longues cellules 
à parois épaisses allongées tangentieilement. Ces cellules endo- 
dermiques, pour suivre l'accroissement d'ailleurs peu rapide de 
la racine, se cloisonnent radialement, phénomène fréquent chez 
les Gentianacées ; il n'est pas rare de voir ainsi les cellules endo- 
dermiques primitives munies de 15-20 cloisons secondaires chez 
le G. asclepiadea, par exemple. Lepéricycle assez épais est col- 
lenchymatoïde ; le liber montre quelques amas criblés primaires, 
puis une zone de parenchyme libérien secondaire très déve- 
loppée. Les faisceaux libéro-ligneux sont disjoints, de volume 
très inégal, et séparés par de larges bandes de tissu parenchyma- 
teux. Les faisceaux ont un cambium très net, qui, souvent, les 
entoure complètement. La même coupe montre ainsi des 
faisceaux d'allure normale, puis d'autres dont l'assise généra- 
trice forme un cercle plus ou moins complet. Dans le cas extrême, 
le faisceau s'accroît sur tout le pourtour et se trouve entière- 
ment entouré de liber secondaire, il devient concentrique, et 
les fascicules criblés médullaires qui existent dans cette racine 
paraissent faire partie intégrante du faisceau. 

Dans les G. pneumonanlhe , crucïata, la racine est normale, 
et possède dans sa moelle des fascicules criblés surnuméraires 
(fig. 4) pl- V). 

Tige. — A. Tissu criblé et crîbro-vascnlaire dans la moelle. 
— Toutes les espèces de Gentianacées, que nous avons étudiées 
présentent dans leur moelle des îlots criblés, formés par cloi- 



E. Perrot. — Sur le tissu conducteur surnuméraire. 381 

sonnement des cellules du parenchyme médullaire. Leur diffé- 
renciation se fait presque simultanément avec l'apparition des 
éléments libéro-ligneux normaux. Ces formations de même 
valeur morphologique sont complètement indépendantes, et 
parfois, comme chez les G. fiuetimonanthe , lutea, fiiirpurea, 
Andrewsii ', etc., en même temps que les tubes criblés médul- 
laires et au milieu d'eux, il se développe quelques vaisseaux 
primaires annelés ou spirales. 

Il se constitue ainsi de véritables faisceaux cribro-vascu- 
laires surnuméraires dans la moelle (fig. 2, pi. V). D'autres 
familles possèdent des formations analogues : Vesqite, Weïss, 
Vôchting, Van Tieghem, Hérail les ont étudiées chez les 
Acanthacées, Bignoniacées, Mélastomacées, etc. Ce qui carac- 
térise les faisceaux surnuméraires des Gentianacées, c'est qu'il 
n'apparaît de cambium à aucun moment. Les vaisseaux ligneux 
sont situés indifféremment au contact de la moelle ou au milieu 
de l'îlot criblé. De même que dans les exemples cités par Hérail 
(28), ces faisceaux n'ont rien de commun avec les traces foliaires 
que l'on rencontre dans la moelle de certaines plantes. Les fasci- 
cules ne contenant que des tubes criblés sont surtout nom- 
breux à la périphérie de la moelle; vers le centre, leur nombre 
diminue, mais ils sont remplacés par les faisceaux conducteurs 
complets que nous venons de décrire. Il semble donc que les 
fascicules criblés médullaires doivent être envisagés comme 
des formations incomplètes de tissu conducteur surnuméraire, 
formations qui, sous certaines influences biologiques spéciales, 
peuvent se compléter par l'adjonction de vaisseaux. 

Dans les Mélastomacées, les vaisseaux des fascicules cribro- 
vasculaires de la moelle naissent, d'après Hérail (28, pi. 19, 
fig. 41) par le fonctionnement d'un cambium apparaissant dans 
l'îlot criblé. 

Dans les Campanulacées, on trouve des bandes très étendues 
de tissu criblé médullaire. A l'extérieur de ces bandes, vers le 
bois, il se forme un cambium périphérique qui donne naissance 
à quelques vaisseaux. Ces vaisseaux ne sont plus des trachées, 
mais des vaisseaux réticulés secondaires. Malgré les différences 
de formation, ces tissus surnuméraires sont, sans aucun doute, 
biologiquement équivalents. 

Dans la plupart des Gentianacées, le liber primaire normal 



382 JOURNAL DE BOTANIQUE 

est faiblement développé; souvent il n'apparaît pas de liber 
secondaire, et les formations libériennes se réduisent à quelques 
amas de tubes criblés. Le bois, au contraire, est assez épais et 
très fibreux; les rayons médullaires sont absents ou profondé- 
ment lignifiés. Il n'est donc pas étonnant que ces plantes sup- 
pléent à l'insuffisance de leur tissu conducteur libérien externe 
par des fascicules criblés médullaires. 

La tige de G. ciliata fournit un excellent exemple de cette 
structure particulière; elle est à peu près cylindrique, et une 

coupe au sommet, dans les 

parties très jeunes, présente 

l xc 1 i^^ l'apparence suivante. L'épi- 

Fcl r^^^^â^§^^^^r~^' derme est formé de cellules 

' ( ^^^^^^^-^^H^^S^S-l. à parois externes cutinisées, 

Jts ^^^^^^^^^^SXj^& lisses, le parenchyme cortical 

est peu épais et l'endoderme 
h ^$ÊhPz ^^P^^^^^^K5^ ne montre ni plissements la- 

téraux, ni amidon. 

La région libérienne est 
indiquée par de petits amas 
/ cm Twj^AiTyY de tubes criblés et le bois pri- 
maire est formé de quelques 
trachées situées vers la moelle 
(fig. III). 

Fig- ni. — Tige jeune de G. ciliata. — fcl, amas £) e ^rès bonne heure il 

criblés primaires; b, bois; />s, parenchyme se- 
condaire; /cm, fascicules criblés médullaires, apparaît au COntaCt des Vais- 

seaux primaires une sorte de 
méristème, qui donne en direction centripète des files de 
cellules de parenchyme secondaire (ps, fig. III). Le fonc- 
tionnement de cette sorte de cambium ne dure pas long- 
temps. Dans la tige adulte, quand les cellules ont atteint leur 
volume définitif, tout ce parenchyme secondaire se lignifie 
rapidement, et l'on obtient ainsi un tissu lingnifié secondaire 
{sel, fig. IV) qui vient s'appuyer sur des îlots criblés pri- 
maires. Dans l'intervalle de ces îlots, le contact s'établit 
directement entre le péricycle et ce tissu ligneux. A notre 
connaissance, un développement ligneux aussi spécial n'a pas 
encore été signalé, et ce phénomène, à quelques petites modi- 
fications près, n'est pas rare chez les Gentianacées. Quelquefois 




E. Perrot. — Sur le tissu conducteur surnuméraire. 



383 



il apparaît, plus tard, une assise génératrice normale donnant 
naissance à une petite quantité de liber secondaire. Dans les 
tiges si pauvres en éléments criblés normaux, l'apparition de 
tubes criblés surnuméraires paraît de toute nécessité pour le 
bon fonctionnement de la nutrition de l'individu. 

Les tubes criblés médullaires sont entraînés dans la formation 



■en 



f- 



I 



IC 



/ e 



sel 



/cm 




Fig. IV. — Coupe transversale de la tige adulte de G. ciliata. — ep, épiderme ; pc, paren- 
chyme cortical; fcl, amas criblés normaux; sel, sclérenchyme ligneux; fem, fascicules 
criblés médullaires. (G. : 210.) 

des faisceaux foliaires, et se retrouvent généralement dans le 
péridesme de la feuille, jusqu'à l'extrémité des nervures. 

B. Tissu criblé inlraligneux. — Les deux genres qui com- 
posent la tribu des Chironiées (Orphium, Chironia) contiennent 
une nouvelle anomalie ; c'est l'inclusion de petits îlots criblés 
au milieu du bois de la tige. Ce fait a été signalé par Vesque, 
en 1875, puis par Solereder et enfin Gilg en 1895 (43, p. 53). 
L'écorce et le liber de ces espèces sont très peu développés et 
parenchymateux ; la moelle est peu épaisse et montre des fasci- 



384 JOURNAL DR BOTANIQUE 

culcs criblés, comme chez les autres Gentianacées. Le bois se- 
condaire est surtout formé cle fibres ligneuses, avec quelques 
vaisseaux ; les rayons médullaires, à une seule rangé2 de cel- 
lules, sont épaissis. 

Au milieu des fibres ligneuses, on aperçoit, souvent disposés 
en cercles concentriques assez réguliers, de petits amas paren- 
chymateux (fig. 3, pi. V). Dans les cellules de ce parenchyme, 
on distingue des tubes criblés. Le mode de développement de 
ces îlots criblés est analogue à celui que nous avons décrit 
dans la racine. Le cambium libéro-ligneux ne donne guère que 
du bois, et la lignification apparaît aussitôt la formation de 
la cellule. De temps à autre, généralement au printemps, il se 
produit, en certains endroits, des arrêts de lignification qui 
intéressent une ou plusieurs cellules en largeur (fig. 1, pi. V), 
puis, après quelques nouvelles divisions cambiales, la lignifica- 
tion redevient complète. Grâce à cet arrêt partiel et local de 
lignification, des îlots de parenchyme ligneux secondaire pren- 
nent naissance. Des cloisonnements ultérieurs produisent dans 
ces cellules parenchymateuses des tubes criblés, et souvent 
l'apparition de ces derniers se fait avant l'occlusion complète 
de l'îlot (fig. 1, pi. V). 

Chez les Acanthacées, des productions analogues se ren - 
contrent dans les Tluuibergia. Les vaisseaux du bois secon- 
daire, au lieu de prendre naissance à des endroits indéterminés 
de l'assise génératrice, sont localisés en certains points. Ces 
faisceaux vasculaires s'élargissent en éventail, par suite des 
nouvelles formations dues à l'accroissement de la plante, et le 
bois situé entre ces faisceaux est composé alternativement de 
bandes de parenchyme et de quelques assises de fibres li- 
gneuses. Ces bandes de parenchyme sont décrites par les au- 
teurs comme du liber inclus. Vesque (11) explique la formation 
de cette anomalie par un fonctionnement spécial de l'assise gé- 
nératrice qui donnerait successivement du liber, puis du bois, 
et ainsi de suite. M. Hérail (28) pense au contraire que le cam- 
bium fonctionne irrégulièrement ; il donne, dans l'espace compris 
entre les gros vaisseaux, une quantité très grande de liber, et 
celui-ci se trouve inclus plus tard par la formation d'un cambium 
complémentaire dans l'assise interne du péricyçle. A notre avis, 
le phénomène est plus simple ; tout d'abord remarquons que 






E. Perrot. — Sur le tissu conducteur surnuméraire. 385 

l'assise génératrice ne fournit qu'une très faible quantité de 
liber secondaire. Chaque vaisseau en formation se développe 
immédiatement avec son volume normal, et comme son dia- 
mètre est considérable, le cambium se trouve repoussé brusque- 
ment vers l'extérieur. L'espace occupé par le vaisseau donne 
lieu à une sorte de solution de continuité de l'assise génératrice. 
Il résulte de là que le cambium, ainsi violemment disloqué, 
acquiert une suractivité très grande dans les portions intervas- 
culaircs, et donne naissance avec rapidité à du parenchyme 
ligneux, jusqu'au moment où il retrouve ainsi sa continuité nor- 
male. Le tissu provenant de ce fonctionnement est composé de 
cellules à parois minces. Avant l'accroissement définitif des 
cellules, quelques assises de ce tissu se lignifient fortement, et 
ces fibres ligneuses constituent un élément de soutien effectif, 
reliant les paquets vasculaires voisins. C'est précisément la dif- 
férenciation de ces fibres qui isole les lames de parenchyme 
ligneux secondaire, et des tubes criblés prennent naissance aux 
dépens de ce dernier. Il n'existe donc pas de liber enclavé dans 
le bois, il y a seulement formation de tubes criblés intraligneux. 
Ce phénomène est paifaitement comparable à ce qui se passe 
chez les Chi'ronia, et d'ailleurs le mode d'inclusion de ces tissus 
contenant des tubes criblés n'a guère d'importance et ne pré- 
sente qu'un intérêt purement histologique. 

CONCLUSIONS. — L'étude anatomique des Gentianacées 
montre que le tissu conducteur surnuméraire est complètement 
indépendant des formations libéro-ligneuses normales ; elle 
confirme les opinions admises actuellement. 

Ces productions sont ainsi réparties dans la famille : 
A. — Souvent du tissu criblé médullaire et intraligneux dans 
la racine. 

B. — Toujours du tissu criblé médullaire dans la tige, et 
quelquefois des fascicules criblés intraligneux (Orpliium , Chi'- 
ronia) ou des fascicules cribro-vasculaircs médullaires (G. lutea , 
pneumonanthe, etc.). 

C. — Des fascicules criblés péridesmiques dans les nervures 
des feuilles. 

Le tissu criblé médullaire possède toujours la même origine; 
il est formé de très bonne heure par un cloisonnement de cer- 



3 86 JOURNAL DE BOTANIQUE 

taines cellules de la moelle, et pendant ce cloisonnement il peut 
aussi se différencier des trachées déroulables. 

Les tubes criblés intraligneux prennent naissance aux dépens 
de quelques cellules du parenchyme ligneux secondaire normal; 
et ce fait se produit d'une façon identique dans la racine de Bel- 
ladone, la tige des Thuubergia et probablement aussi dans beau- 
coup d'autres cas. 

Considérations générales. — L'apparition des tubes cri- 
blés en dehors de la région libérienne est très fréquente et le 
développement de ces organes conducteurs n'est pas l'apanage 
exclusif des cellules issues du cambium libéro-ligneux en direc- 
tion centripète. Seuls, les vaisseaux secondaires doivent tou- 
jours leur origine au fonctionnement centrifuge de ce cambium, 
et dans le parenchyme ligneux né des mêmes divisions, des tubes 
criblés peuvent apparaître à leur tour si les conditions biologi- 
ques nécessitent leur présence hors du liber. 

Dans les tiges, il semble que l'apparition du tissu criblé sur- 
numéraire soit la résultante de la conformation anatomique des 
plantes qui nous occupent. L'écorce est peu développée, paren- 
chymateuse avec de larges méats ou des lacunes ; le péricycle 
est mince; le tissu mécanique protecteur manque ; le liber est fai- 
blement développé et réduit parfois à quelques amas de tubes cri- 
blés primaires ; le bois, pauvre en vaisseaux, est surtout constitué 
par du sclérenchyme ou des fibres, sans rayons médullaires. 

Toutes ces particularités nous semblent autant de facteurs 
justifiant la formation de tubes criblés extralibériens, et juste- 
ment, à cause de la perméabilité de l'écorce et de la dureté du 
bois, la moelle devient le seul endroit où ces éléments conduc- 
teurs nécessaires seront le mieux protégés. 

Si la nécessité d'une bonne nutrition oblige la plante à com- 
pléter son système conducteur surnuméraire, des vaisseaux 
s'ajoutent aux tubes criblés. Tantôt ce sont des trachées primai- 
res {Gentianacées, Mclasiomacées), d'autres fois, un cambium se 
forme à la périphérie des îlots criblés périmédullaires, et donne 
quelques vaisseaux secondaires (Campanulace'es , Ligiiliflores , 
etc.). Il est évident qu'au point de vue physiologique, ces for- 
mations surnuméraires sont équivalentes, et appelées à jouer le 
même rôle complémentaire. Chez beaucoup de Gentianacées, 



E. Perrot. — Sur le tissu conducteur surnuméraire. 387 

après la floraison, quand la tige est adulte, la partie centrale de- 
la moelle se résorbe et, avec elle, les faisceaux cribro-vasculai- 
res qu'elle renfermait ; seuls, les fascicules criblés périmédullai- 
res persistent. Dans ce cas, les faisceaux complets surnuméraires 
paraissent des organes supplémentaires nécessaires à la plante 
pendant la période active de la croissance. 

Il est permis de considérer le tissu criblé médullaire comme 
un tissu conducteur incomplet pouvant, sous certaines influences, 
s'adjoindre des éléments vasculaires. Aussi la présence des fais- 
ceaux cribro-vasculaires peut avoir une valeur taxinomique d'es- 
pèce, mais nous pensons qu'elle est insuffisante pour constituer 
un caractère de genre ou de section. 

M.Hérail conclut de ses recherches que la formation des tubes 
criblés médullaires est indépendante du mode de vie de la plante, 
mais il croit à l'influence de conditions extérieures. Nous pensons, 
avec M. Laniouiiette : que le tissu conducteur surnuméraire est 
un caractère acquis dans la suite de l'évolution des êtres ; qu'il 
peut devenir d'une fixité telle qu'il soit héréditaire, même si de 
nouvelles conditions biologiques le rendent inutile. Certaines 
Gentianacées aquatiques (Ményanthoïdées) sont, à notre avis, 
un exemple remarquable de cette hypothèse, si nous admettons 
avec Vesque que le parenchyme sévetix (1) soit le représentant 
des fascicules criblés périmédullaires des espèces terrestres. 

Le tissu conducteur surnuméraire est connu dans un grand 
nombre de familles végétales, mais, chez beaucoup d'entre elles, 
les espèces qui en contiennent sont des exceptions, et les familles 
pour lesquelles il constitue un véritable caractère général sont 
peu nombreuses. La plupart de ces dernières appartiennent au 
groupe des Gamopétales. 

Les plantes de cet Ordre, apparues dans les époques géolo- 
giques récentes, sont considérées, par la plupart des biologis- 
tes, comme les mieux adaptées aux influences extérieures. Il n'est 
donc pas téméraire de penser que les formations qui nous oc- 
cupent, représentent une tendance évolutive vers un perfection- 
nement anatomique, destiné à mettre la plante dans les conditions 
les plus favorables de résistance à des changements biologiques 
possibles. 

1. Vesque donne ce nom au tissu parenchymateux spécial, sans tubes criblés, 
que l'on rencontre à la pointe des faisceaux des Gentianacées aquatiques. 



388 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Dans l'état actuel de la question, on ne peut évidemment 
qu'émettre des hypothèses. De nouveaux travaux histologiques 
sont nécessaires, et les recherches doivent s'étendre non à des 
espèces prises pour ainsi dire au hasard dans le règne végétal, 
mais au plus grand nombre de plantes appartenant à la même 
famille. 

EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE V. 

Fig. i. — Coupe transversale d'une partie de la tige de Chironi.i pe- 
dmcularis, montrant la formation d'un îlot criblé intraligneux. end, endo- 
derme; fc, fascicule criblé. 

Fig-. 2. — Coupe transversale d'une portion de la moelle de G. pneu- 
mouanthe. fan, fascicules criblés médullaires; es, cellule scléreuse de la 
moelle; v, vaisseaux des fascicules cribrovasculaires. 

Fig - . 3. — Portion du bois de la tige à?Orphium frntescens. fc, fasci- 
cule criblé intraligneux. 

Fig. 4. — Fascicule criblé médullaire de Gcut. cruciata. 

Fig- 5. — Coupe transversale de la racine de Swertia perennis. end, en- 
doderme; L,, liber primaire; L s , liber secondaire; c, cambium; Lp/u,U\s- 
cicule criblé médullaire. 

Fig. 6. — Portion du bois secondaire de la racine de G. lutea. fc, fas- 
cicule criblé intraligneux. 

Index bibliographique des principaux Mémoires dans lesquels les auteurs 
se sont occupés des anomalies de formation du système conducteur 
des plantes. 

1 Hartig. — Bot. Zeit., 1S54. Ueber die Querscheîdewânde der 

einseliien Gliedern der Siebrohreu in Cucurbita Pepo. 

2 Huoo Mohl. - — Bot. Zeit., 1855. Einige AndeuiUtigen iiber de/i 

Bau des Bas te s. 

3 Sanio. — Bot. Zeit., 1864. Ueber endogène Gefàssbûndelbil- 

dung. — Notis iiber Verdickung des Holzkôrpers auf der 
Markseiie bei Tecoma radicans. 

4 Hanstein. — Die Milchsaftgefdsse nnd die verwandten Organe 

der Rindc, 1864. 

5 Schreiber. — Bot. Zeit., i S64 . Eniwickelùngsgesckichte der 

Siebrôhren und Verbreitung derse/ben in PJtansenreich. 

6 Sanio. — Bot. Zeit., 1865. Einige Bemerkungen in Betriff 

meinèr iiber Gefàssbundelbitdung geausser/cn Ansich/en. 

7 F. MoLLER. — Bot. Zeit., t866. 

8 Van Tikghkm. — Ann. Se. nul., 5" s., VI, 1867. Recherches sur ta 

structure des Aroïdées. 

9 VanTieghem. — Ann. Se. oat., 5°s., XIII, 1S71. Recherches sur 

la sxiu ''trie de structure des plantes vasculaires. 



urnaJ de Botanique 



11 e année, PI .V. 




Perrot del 



ImpEdBry. Pari s . 
A.TÔMIE DES GeNTIANACÉES 



E- Bona: 



E. Perrot. — Sur le tissu conducteur surnuméraire. 3S9 

10 It. Bureau. — Comptes rendus, LXXV, 1873. Valeur des carac- 

tères tirés de la structure de la tige pour la classification des 
Bignoniacées. 

1 1 J. Yesque. — Ann. Se. nat., 6 e s., II, 1 S 7 5 . Auatomie comparée de 

l'écorce. 

12 Vôchting. — Hanstein's bot. Abhandl., III, Bonn, 1875. Der Bau 

2in d die Eniwickelung der Slamm der Melasto.naceen. 
1 3 Rrssow. — Rot. Tidsskrift, 1875. Betracklungen iiber das Leit- 
bundel und Grundgeivebe. 

14 Dii Bary. — Vergleickende Auatomie. 1S77, Leipzig. 

15 Dutailly. — • Sur quelques phénomènes déterminés par l'appari- 

tion tardive d'èlémetils nouveaux dans les tiges et les racines 
des Dicotylédones. Bordeaux, 187c. 

16 Westermaier. — Monatsber. Kgl. Akad. der Wiss. zu Berlin, 

18S1. Beiirage a ur vergleichenden Auatomie der Ptlanzen. 

17 R. Gérard. — Ann. Se. nat., 9'' s., XI, 1S81. Recherches sur 

le passage de la racine à la lige. 
1S Petersen. — Jahrbûcher fur System. 1SS2. Ueber das Aujtreten 

bicollateraler Gefàssbiindel. 
19 Van Tieghem. — Bull. Soc. bot. Fr., XXIX, 1S82. Sur quelques 

points de l'analomie des Cucurbitacées. 
_m Weiss. — Sitzungsber. d. bot. Ver. Miinehen, 1882. Mura, 1883. 

Bot. Centralb., 1883. 
2i P. Ylillemin. — Mémoire sur la tige des Composées. Paris, Bail- 

lière et fils, 1884. 

22 Van Tieghem et Morot. — Ann. Se. nat., 6° s., XIX, 1884. Aua- 

tomie des Stylidiées. 

23 Courchet. — Ann. Se. nat., e s., XVII, 18S4. Etude anatomique 

sur les Ombellifères et sur les principales anomalies que pré- 
sentent leurs organes végétatifs. 

24 O. Ligxier. — Bull. Soc. bot. Fr., XXXI, 1884. Recherches sur 

les masstfs libéro-ligmux de la tige des Calycanthacées. 

25 -Schulz. — • Flora, II, 1S84. Anatomische Sludieu iiber das anomale 

Dickenwachsthum von Bignonia. 

26 Solereder. — Ueber deu syst. Werth der Holzslructur bei den 

Dicotyledonen. Munich, 1885. 
2j Morot. — Bull. Soc. bot. Fr., XXI, 1885. Analomie dzs Basel- 
lacées. 

28 IIérail. — Ann. Se. nat., 7 s., II, 1885. Recherches sur l'ana- 

lomie comparée de la lige des Dicotylédones. 

29 Costantin et Dufour. — Bull. Soc. bot., 2" s., VII, 1S85. Contri- 

butions ci i'étude de la tige des Lécythidëes. 



39 o JOURNAL DE BOTANIQUE 

30 Lignier. — Arch. bot. Nord Fr., IV, 1886, et Doin, éd., 18S7. Re- 

cherches sur l'anatomie comparée des Calycanlhacées, Mélasto- 
macées et Myrtacées. 

31 Scott et Brebner. — Armais of Botany, n° 2, III, 1889. Sur l'ana- 

tomie et l'histogénie des Strychnos. 

32 Y an Tieghem. — Ann. Se. nat.. 7 e s., VIII, 1889. Sur l'origine 

des membres endogènes. 

33 Lignier. — Bull. se. de la Fr. et de la Belg., 1890. Recherches 

sur les organes végétatifs des Lécylhidacées. 

34 Lamounette. — Ann. Se. nat., 7 e s., XI, 1890. Recherches sur 

le liber interne. 

35 Van Tieghem. — Jour, de Bot., V, 1891. Sur les tubes criblés 

extralibériens et les vaisseaux extraligneux. 

36 Hérail. — Comptes rendus, CXII, 1891. Sur l'existence du liber 

médullaire dans la raci?ie. 

37 Scott. — Annals of Botany, V, 1S91. On internai Phloem in the 

Root and Stem of Dicolyledons. 

38 Van Tieghem. — Ann. Se. nat., 7 e s., XIII, 1S91. Structure et 

affinités des Mémécylées. 

39 Mlle Frémont. — Journ. de Bot., V, 1S91. Sur les tubes criblés 

extra-libériens des Onothéracées. — Sur les tubes criblés extra 
libériens des Lythracées. 

40 Beauvisage. — Journ. de Bot., V, 1891. Sur les fascicules cri- 

blés enclavés dans le bois secondaire de la racine de Bella- 
done. 

41 E. Perrot. — Journ. de Bot., IX, 1895. Sur les îlots libériens 

intraligneux des Strychnos. 

42 Sauvan. — Journ. de Bot., IX, 1895. Sur les îlots libériens intra- 

ligneux des Strychnos. 

43 Gilg. in Engler et Prantl, Die naliirlichen Pfiauzenfam. Gentia- 

naceae. Lief, 1 20-121. 

44 Parmentier. — Ann. Se, nat., 8 ,? s., V, 1897. Recherches taxiuo- 

miques et anatomiques sur les Onothéracées et Haloragées. 



Le Gérant : Louis Morot. 



Faris. — J Merschj i:i. :-.,■'; ' . Av. deChùlillon. 



n e ANNEE. N" 24. 16 DECEMBRE 1897. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 



L'ESPECE VEGETALE EN CLASSIFICATION 

Par M. Paul PARMENTIER. 

Les botanistes sont encore loin de s'entendre sur la défini- 
tion de l'espèce végétale. Leurs divergences tiennent surtout à 
ce que la plupart d'entre eux ne connaissent la plante que par 
ses caractères externes qui, on le sait, sont souvent trompeurs. 
Ils peuvent accuser, en effet, une concordance, une uniformité 
souvent héréditaire dans des milieux différents. C'est ce qu'ont 
démontré les essais culturaux faits sur des Roses par M. Jordan. 
« Toutes mes Roses sauvages, écrivait-il, en 1879, à M. Emile 
Burnat, se reproduisent intactes, avec une invariabilité absolue, 
toujours conformes aux échantillons sur lesquels les graines ont 
été prises, d'après les expériences que j'ai faites sur des formes 
très nombreuses. » Les caractères considérés par M. Jordan 
sont devenus héréditaires, c'est là un fait acquis, que nous ne 
mettrons pas en doute. Mais ces caractères appartenaient- ils à 
des espèces? S'il s'agit de celles de ce savant, le doute com- 
mence à naître, car l'Ecole dont il est le Chef a une idée fausse 
de l'espèce. 

Kerner, de son côté, résout la question taxinomique de l'es- 
pèce en prenant comme base ^uniformité, c'est-à-dire la con- 
cordance de tous les caractères héréditaires. Mon savant et 
sympathique confrère M. le D r John Briquet a, en quelques 
pages magistralement écrites (1), montré tout ce que la défini- 
tion de Kerner avait de défectueux. 

Dumortier (2) croit que ce qui fait l'espèce, c'est Vhabiius. 
« Toute espèce, dit-il, doit se distinguer au premier coup d'œil, 
et il faut y rapporter comme variétés toutes ces formes qui ne 
se distinguent les unes des autres que par des caractères va- 
riables qu'on retrouve dans chacune d'elles. » Cette manière de 

1. John Briquet, Cytises des Alpes Maritimes, p. 50; 1894. 

2. Dumortier, Monographie des Roses de la Jlore belge (Bull. Soc. roy. bot. 
de Belgique, t. VI, p. 34; 1867). 



392 JOURNAL DE BOTANIQUE 

voir a une certaine analogie avec le principe d'uniformité de 
Kerner; elle en diffère cependant par l'importance que Dumor- 
tier attachait à l'influence du milieu quoique vaguement expri- 
mée. Dès lors les caractères distinctifs de l'espèce cessaient 
d'être exclusivement héréditaires. 

« Deux espèces pour être distinctes, dit A. de Candolle (i), 
doivent être nettement caractérisées et n'être pas reliées par des 
formes intermédiaires non hybrides. » Cette conception de l'es- 
pèce répond à la notion que Linné lui-même avait de cette en- 
tité. Nâgeli l'admet aussi (2), et ajoute que les groupes qui 
passent les uns dans les autres doivent être considérés comme 
des sous-espèces ou des variétés. 

M. le D r Briquet (3), sans indiquer explicitement sa préfé- 
rence pour l'une ou l'autre de ces définitions de l'espèce, ac- 
cepte néanmoins celle qui correspond le mieux aux principes 
qui dirigent ses recherches phytographiques, c'est à-dire la dé- 
finition applicable à la forme linnéenne, autrement dit à celle de 
De Candolle et de Nâgeli. 

M. Clavaud (4) admet deux catégories d'espèces : i° les 
stirpes ou espèces primaires ; 2° les espèces proprement dites 
qui ont une valeur secondaire. 

Voici les considérations auxquelles se livre cet auteur pour 
justifier son système : « Au-dessous du genre et de ses subdivi- 
sions, il y a deux sortes de types dont il faut tenir compte pour 
se conformer à la réalité : le stirpe et V espèce. 

« Le stirpe ne peut être confondu avec les subdivisions du 
genre, car il offre un type tin, particulier et distinct (quoique 
souvent décomposable), ce qui n'est pas le cas des sections gé- 
nériques, qui sont établies sur un ou deux caractères seulement. 
Au reste, voici comment je caractérise les deux ordres d'unités 
que je distingue : 

« i° Lorsque entre deux types il n'y a pas de transitions, 
c'est-à-dire lorsqu'il n'existe pas dans la nature, entre les repré- 
sentants purs de l'un et de l'autre, des formes intermédiaires où 

1. A. de Candolle, La Phyto graphie, p. 96; 1880. 

2. Nâgeli, in E. Widmer, Die europàischen Arten der Gattuiig Primula 
(Munich et Leipzig-, p. 1 ; 1891). 

3. J. Briquet, Op. cit., p. 56. 

4. Clavaud, Flore de la Gironde Actes de la Soc. Linnéenne de Bordeaux; 
1882). 



P. Parmentiek. — L'espèce végétale en classification. 393 

s'effacent successivement les caractères clistinctifs et les limites 
réciproques des deux types, je donne à ceux-ci le nom de 
stirpes. Telles sont la plupart des espèces linnéennes. 

« 2 Lorsque deux types, d'ailleurs bien distincts sous leurs 
formes extrêmes, présentent dans la nature des formes de tran- 
sition plus ou moins nombreuses, qui effacent entre eux toute 
limite précise et qui sont la trace encore subsistante d'une ori- 
gine commune entre les deux types considérés, ceux-ci sont 
pour moi des espèces ou des variétés. Ils sont des espèces, lors- 
que les descendants du premier, obtenus par semis successifs 
dans nos cultures, ne reproduisent jamais le second et récipro- 
quement. Ils sont des variétés, lorsque la culture amène tôt ou 
tard l'un des deux types à rentrer dans l'autre (1). 

« Le Fumaria capreolata L. est un stirpe; les F. Bastardi, 
Boraei, etc., sont des espèces contenues dans ce même stirpe. 
Il n'y a pas de transitions insensibles entre les formes du F. ca- 
preolala et les autres stirpes du genre; il y en a, suivant moi, 
une série continue et qu'on peut réunir, entre les espèces déri- 
vées que je viens de citer. Mais, comme les semis successifs des 
graines de F. Bastardi pur, par exemple, n'amènent jamais un 
produit identique au F. Boraei type, ces deux formes ne sont 
pas des variétés d'une même espèce, mais des espèces d'un 
même stirpe, qui est le F. capreolata. 

a Je me résume sous une autre forme en disant : l'espèce a son 
unité dans la filiation actuellement - existante \ le stirpe ne tire la 
sienne que de la ressemblance des éléments qui la composent, 
en tant que cette ressemblance est l'indice d'une origine commu- 
ne , c'est-à-dire d'une filiation quia cessé actuellement d'exister . 

« Un stirpe peut être représenté par une espèce unique : Ex. 
Fumaria densiflora DC. , Ranunculus divaricatus Schrk., ou 
par plusieurs espèces, dont l'ensemble le constitue : Ex. F. ca- 
preolata L., Ranunculus aquatilis L. ; mais, dans ce dernier 
cas, il est presque toujours impossible de dire si l'une de ces 
espèces est la continuation d'un type primitif d'où les autres 
procèdent, ou si, au contraire, ce type primitif a disparu, ne 
laissant après lui que des formes dérivées. 

1. Dans ces conditions, il y a autant d'espèces de Roses que de formes dis- 
tinctes, puisque les semis successifs n'en altèrent point les caractères? Sans le 
vouloir, M. Clavaud devient jordanien ! 



394 JOURNAL DE BOTANIQUE 

« A la vérité, le mot stirpe (souche) est impropre quand il 
s'agit de ces types entiers et indécomposables qui ne sont re- 
présentés que par une espèce unique, et qui, n'ayant pas de dé- 
rivés, n'ont aucun caractère ancestral. Aussi n'est-ce que par 
extension que je les désigne sous ce nom, et parce qu'ils ex- 
priment des unités de même ordre que les stirpes proprement 
dits, en ce sens qu'ils ne sont réunis, ainsi qu'eux, par aucun in- 
termédiaire aux types voisins. 

« Au fond, le stirpe proprement dit n'est, après tout, qu'un 
groupe d'espèces, mais le plus étroit de tous les groupes, et tel 
qu'à travers les différences morphologiques que l'examen cons- 
tate, il offre toujours une unité d'aspect assez grande pour que 
beaucoup de botanistes ne veuillent rien voir au-dessous de lui 
comme unité distincte. 

« L'important avantage de la distinction que j'établis entre 
les stirpes et les espèces dérivées est d'exprimer, quoique sou- 
vent d'une façon très imparfaite, vu l'état actuel de nos connais- 
sances, les relations réciproques et les valeurs très diverses des 
différents types qu'on se contente d'énumérer à la file dans les 
ouvrages descriptifs. » 

De ce long exposé, il est facile de se convaincre que le stirpe 
de M. Clavaud n'est autre chose que l'espèce de Nâgeli et de 
De Candolle, la seule espèce vraie et ptire, celle qui possède 
au moins un caractère qualitatif, soit morphologique soit ana- 
tomique. Quant à X espèce du même auteur, elle n'a pas une au- 
tonomie suffisante pour mériter ce titre, dès lors qu'elle se 
rattache à une autre par des formes intermédiaires. Si M. Cla- 
vaud avait fait entrer en ligne de compte toutes les données de 
la plante, tant internes qu'externes (ce qui est indispensable en 
cette matière), il aurait reconnu que les types qu'il qualifie 
^espèces se ressemblent tous au point de vue anatomique, et 
qu'ils ne diffèrent entre eux que par des données morpholo- 
giques purement quantitatives. Je n'en veux pour preuve que 
les exemples cités par M. Clavaud. Le Fumaria capreolata L. 
est un stirpe, dit-il. « 11 n'y a pas de transitions insensibles entre 
les formes de cette Fumeterre et les autres stirpes du genre. » 
Ayant sérieusement étudié la famille des FuMARIACÉES (i), j'ai 

i. P. Parmentier, Contribution à l'cliidc des Fuma y lacées (Le Monde des 
Plantes, n° 92; Le Mans, 1807). 



P. Parmentier. — L'espèce végétale en classification. 395 

reconnu que le F. capreolaia était une espèce primaire, bien 
caractérisée extérieurement et intérieurement. Quant aux F. 
Bastardi, Boraei, etc., ce ne sont que de simples variétés. Ce 
qui me surprend encore, c'est de voir M. Clavaud prendre le F. 
densiflora DC. pour un stirpe monotype. A mon avis, il ne 
s'agit encore que d'une variété ayant de nombreuses affinités 
avec les F. parviflora Lam. et F. Vaillanti Lois. On voit à 
quelles erreurs peuvent entraîner les données morphologiques 
lorsqu'on n'a recours qu'à elles pour la détermination des types 
spécifiques. 

YJ espèce de M. Clavaud n'aura donc son unité dans la filia- 
tion actuellement existante que lorsqu'elle possédera au moins 
un caractère qui lui soit absolument propre : cette condition est 
inéluctable ! 

M. Clavaud se heurte encore à une difficulté, que d'ailleurs 
il ne résout pas, en disant que « le mot stirpe (souche) est im- 
propre quand il s'agit de ces types entiers et indécomposables 
qui ne sont représentés que par une espèce unique, et qui, 
n'ayant pas de dérivés, n'ont aucun caractère ancestral. » Il au- 
rait dû, il me semble, créer un terme nouveau pour désigner 
« ces types entiers et indécomposables », qu'il place entre le 
stirpe et l'espèce; et, s'il ne l'a pas fait, c'est peut-être parce 
qu'il ignorait la qualité réelle de ces types. Je regrette qu'il n'en 
ait pas donné d'exemples, Je présume néanmoins qu'il ne s'agit 
encore que d'espèces, de ces espèces qui, soumises à des adap- 
tations très spéciales, ont perdu l'habitude de varier et se sont 
insensiblement isolées de leurs congénères. Si le caractère an- 
cestral de ces espèces fixées n'est plus reconnaissable extérieure- 
ment, il se trouve toujoursparfaitement exprimé parl'anatomie. 

Mon regretté et cher Maître, Julien Vesque, a, dans un Mé- 
moire remarquable (1), donné trois définitions de l'espèce con- 
sidérée à trois stades différents. Les voici : 

i° L'espèce est l'ensemble de tous les végétaux appartenant 
à la même division phylétique indivisible, prise au moment où les 
différenciations épharmoniques (2) commencent à s'y introduire. 

1. J. Vesque, L'espèce végétale considérée an point de vue de l'anatomie 
comparée (In Ann. se. nat., 6° série, t. XIII, pp. 5-135; 1882). 

2. Les caractères épharmoniques sont ceux qui résultent de l'adaptation de 
a plante au milieu inerte. 



396 JOURNAL DR BOTANIQUE 

2° L'espèce est l'ensemble des végétaux appartenant à 
la même division phylétique présentant les mêmes organes 
épharmoniques et ne différant entre eux que par le plus ou 
moins grand développement que présentent ces organes. 

3° L'espèce est l'ensemble des végétaux d'une même division 
phylétique présentant les mêmes organes épharmoniques au 
même degré de développement. 

L'espèce végétale répondant à la première définition, qui est 
la plus rationnelle, équivaut à l'espèce animale. Ainsi envisagée, 
elle peut correspondre à des groupes très inégaux en botanique 
(genres, sous-genres, quelquefois aussi à l'espèce impropre- 
ment appelée linnéenné). C'est l'espèce ancestrale. Elle est 
unique dans le genre Rosa, par exemple, et c'est d'elle que dé- 
rivent les représentants de ce genre. 

L'espèce répondant à la seconde définition se rapproche le 
plus du groupe admis par l'immense majorité des botanistes 
modernes. C'est l'espèce telle que l'entendaient Nâgeli, De Can- 
dolle et Vesque ; c'est le stirpe de M. Clavaud. 

Quant à la troisième définition, elle est celle de l'Ecole jor- 
danienne. 

Pour fixer les idées, je vais essayer de représenter par un 
graphique idéal la genèse des diverses entités taxinomiques à 
partir de l'espèce ancestrale, qui est la forme ultime d'un phy- 
lum, jusqu'aux variétés proprement dites. J'en déduirai ensuite 
la définition de l'espèce basée sur tous les caractères de la 
plante. 

Avant toute action épharmonique, les individus se sont sé- 
parés par la filiation pure en une foule de formes ultimes qui 
correspondent à nos genres, sous-genres et assez rarement à 
l'espèce linnéenné des botanistes. Il est difficile de faire la part 
de la filiation pure et celle de l'adaptation dans l'ensemble des 
caractères distinctifs de l'espèce actuelle. Tous les organes de 
la plante doivent, en effet, s'adapter ; ils obéissent à cette loi 
économique dans l'intérêt même de l'individu et de son accrois- 
sement numérique. La lutte pour l'existence contraint la plante 
à s'adapter soit au milieu animé, soit au milieu inerte, et à s'or- 
ganiser, par sélection naturelle, de la façon la plus apte à lui 
permettre de soutenir victorieusement cette lutte. 

Soit une espèce phylétique ou ancestrale E(fig. i), considérée 



P. Parmentier. — L'espèce végétale en classification. 307 

à l'époque de la désarticulation des individus, c'est-à dire avant 
toute influence d'adaptation et encore placée dans sa zone d'ori- 
gine (1). Peuàpeu, sousl'influencedesdiversmodesd'adaptation, 
E revêtira des caractères quantitatifs externes et internes qui 
lui imprimeront un nouveau faciès, faiblement caractérisé au 
début, mais qui pourra le devenir davantage à mesure qu'il 
s'éloignera du centre de désarticulation, en passant successive- 
ment dans les zones végétatives, graduellement différentes, E 2 , 
E 3 , ... E 8 . La loi de désagglomération l'obligera à effectuer ce 
déplacement. Ces adaptations diverses, très peu différentes dans 
leur action immédiate, ont amené E en E 8 dans un état prospère 
et bien organisé pour l'avenir. Il y fait souche de descendants 
nombreux rayonnant dans cette vaste zone qui est l'extrême 
limite de l'espèce E toujours identique à elle-même. Un ou plu- 
sieurs de ces descendants franchissent la zone E . On voudra 




bien remarquer que les conditions naturelles de cette zone li- 
mite sont relativement peu différentes des nouvelles existant 
immédiatement en dehors d'elle. Mais, soit variations plus ou 
moins rapides de température, soit été plus sec ou hiver plus 
rigoureux, etc., E, se trouvant accidentellement soumis à ce 
nouveau régime, résistera ou périra. Dans la première hypo- 
thèse, il aura dû revêtir des caractères propres à lui donner cette 
résistance. Il aura cessé, dès lors, d'être identique à lui-même, 
et sera devenu E'. J'ai réalisé l'espèce de De Candolle, de Nâ- 
geli, de Vesque, etc., c'est-à-dire celle qui répond à la seconde 
définition de ce dernier botaniste. Ce type nouveau diffère de 
l'espèce ancestrale au moins par un caractère qualitatif. 

1. Ce graphique a été développé dans une Note présentée à l'Académie des 
sciences, le 6 décembre 1897. 



398 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Après un temps plus ou moins long-, ce caractère sera de- 
venu héréditaire dans toute l'aire végétative I de E'. Par le 
même processus et sous des influences d'une identité relative à 
celles de E, notre nouvelle espèce rayonnera à son tour dans 
toutes les directions ; elle prospérera dans la zone I qui est celle 
de ses conditions moyennes de végétation. La zone II qui l'en- 
veloppe (i) et qui peut en différer par des reliefs ou des dépres- 
sions du sol, le voisinage de forêts, de cours d'eau, etc., com- 
porte de nouvelles influences météorologiques qui amèneront 
des modifications surtout morphologiques chez les descendants 
de E', soit en augmentant leur revêtement pileux, leurs aiguil- 
lons ou acicules s'ils en portent ordinairement, soit en restrei- 
gnant la surface de la feuille, en diminuant ou en augmentant 
la hauteur de la tige, etc. Dès lors E', arrivé en II, deviendra 
E", différant ainsi de son ancêtre immédiat uniquement par des 
caractères morphologiques quantitatifs. J'ai réalisé l'espèce se- 
condaire, appelée par moi morphologique, si commune dans le 
genre Rosa. On reconnaîtra sans peine la variabilité de ces 
caractères externes, leur degré de développement exprimé par 
un pins ou un moins, et conséquemment l'existence possible de 
moyens termes, c'est-à-dire de formes intermédiaires entre deux 
de ces espèces morphologiques. E" peut varier dans une certaine 
limite sous l'influence de causes locales moins accentuées, de la 
lumière, d'une insolation plus forte, de l'ombre, de l'humidité, 
de périodes végétatives plus rapides, etc. Les caractères anato- 
miques recevront, de ces divers agents, des modifications quan- 
titatives ; les assises palissadiques du mésophylle pourront 
devenir plus ou moins nombreuses ; les cuticules et les parois des 
tissus mécaniques, plus ou moins épaisses; les stomates s'allon- 
geront ou se raccourciront, s'enfonceront au-dessous du niveau 
épidermique, etc. Autant de caractères qui se maintiennent assez 
bien dans le même milieu, mais qui disparaissent totalement ou 
partiellement dans un autre. E" pourra donc posséder des 
races (R) et des variétés (V) ; lesquelles, à leur tour, à la suite 
de nouveaux et faibles changements morphologiques, pourront 

i. Ces zones n'impliquent pas, dans mon esprit, l'idée d'une surface plane et 
régulièrement circulaire. Elles doivent être comparées à une portion de surface 
terrestre, avec tous ses reliefs et dépressions. Il est facile de concevoir que ces 
divers accidents naturels doivent contribuer puissamment à détruire, par leur 
action respective sur la plante, la régularité périphérique desdites zones. 



P. Parmentier. — L'espèce végéta/e en classification. 399 

donner naissance à de nouvelles variétés, voire même à des va- 
riations (V). 

Une hypothèse vient naturellement à l'esprit au sujet du 
retour que E' pourrait faire dans l'aire de végétation deE. Dans 
le cas où cette éventualité se produirait, ce qui me paraît très 
possible, le ou les caractères qualitatifs distinctifs de E' se main- 
tiendraient-ils ? Je n'hésite pas à répondre affirmativement ! Ce ou 
ces caractères sont devenus héréditaires, grâce à l'adaptation 
spéciale de E', adaptation qu'il a dû s'imposer sous peine de dis- 
paraître. Il n'aura d'ailleurs à subir aucune modification qualita- 
tive; il aura tout ce qui lui est nécessaire pour vivre dans cette 
aire végétative, puisqu'elle est le berceau de ses ancêtres. 

Entre E et E', de même qu'entre toute autre espèce équiva- 
lente à E', mais d'une épharmonie différente, il ne saurait y 
avoir de formes transitoires, puisqu'il est admis sans discussion 
qu'// ne doit pas y avoir d'intermédiaires entre la présence et 
l'absence d'un organe. Cette notion de l'espèce répond pleine- 
ment à tous les desiderata de la systématique actuelle, et je 
l'adopte sans restriction. 

Les espèces de même ordre que E', ayant entre elles de nom- 
breuses affinités, peuvent engendrer des hybrides, lorsqu'elles 
se trouvent suffisamment rapprochées par l'adaptation. Les es- 
pèces morphologiques E" peuvent aussi bien s'hybrider entre 
elles qu'avec les espèces proprement dites E'. Les formes d'or- 
dre inférieur auxquelles elles donnent en outre naissance servi- 
ront à les réunir et à établir leurs affinités réciproques. Ces 
espèces morphologiques ont une valeur taxinomique très va- 
riable. C'est ainsi que Christ, voulant évaluer leur degré d'éner- 
gie et leur autonomie, prétendait qu'en attribuant à tel Rosa, 
par exemple, la valeur 10, un autre serait représenté par 5, un 
troisième par 2, etc. (1). Il va sans dire que les moyens de dé- 
termination de ces espèces sont directement proportionnels à 
leur coefficient. Je m'explique très bien ces inégalités taxino- 
miques. Il est fort probable, en effet, qu'une espèce, ayant pour 
coefficient 10, est plus ancienne qu'une autre à coefficient plus 
faible. Son antériorité d'existence lui a permis d'évoluer plus 
longtemps, de sélectionner en quelque sorte ses caractères, 

1. Christ, Le genre Rosa, p. 13. (Trad. E. Burnat.) 




4 oo JOURNAL DE BOTANIQUE 

pour donner un relief plus saisissant à ceux qui la diagnosti- 
quent. Nul doute que, dans l'avenir, si des représentants de E" 
sont soumis à des adaptations spéciales, ils ne deviennent des 
espèces nouvelles équivalentes àE'. 

En résumé, X espèce, telle qu'on doit l'interpréter en botanique 
systématique, est l'ensemble des végétaux d'un même phyluiu, 
qtti possèdent les mêmes caractères morphologiques et auato- 
miques exprimés à des degrés différents 

Elle n'admet pas de formes intermédiaires, autres que des 
hybrides, la rattachant à une autre espèce de même degré. Elle 
constitue une entité taxinomique absolument irréductible, enfin 
elle est le terme d'évolution de l'individu. Le règne végétal est 
beaucoup moins riche en espèces qu'on ne pense ! C'est là une 
vérité trop souvent méconnue. 

L'espèce morphologique ou secondaire n'est pas une espèce 
fixée; sa valeur intrinsèque est très inégale; elle comporte des 
formes intermédiaires qui la mettent en relation avec une autre 
espèce. L'anatomie et la morphologie ne la diagnostiquent que 
par des caractères quantitatifs. 



PROPRIETE SCIENTIFIQUE 

RÉPLIQUE ET CONCLUSIONS 
Par M. Ernest MA.LINVAUD. 

Un témoignage précis. 

La thèse que nous soutenons en faveur du respect des droits 
de la propriété scientifique nous a valu nombre de lettres appro- 
batives de la part de confrères. Nous sommes autorisé à publier 
les lignes suivantes que nous a adressées M. Mussat, le distin- 
gué professeur de l'Ecole de Grignon, dont le témoignage pré- 
cis, basé sur des souvenirs personnels, ne laisse subsister aucun 
doute sur la question de fait. 

Cher Monsieur, 

« Je viens de lire dans le Journal de Botanique la Note que vous y 
avez insérée (1S97, n° 19) au sujet de la découverte du Dentaria bul- 
bifera L. dans le département des Deux-Sèvres. 



E. Ma lin va ud. — Propi'iété scientifijue. 401 

a Je partage d'autant plus fermement l'opinion que vous défendez, 
que j'ai été l'élève, puis l'ami du D r Sauzé, et que je me trouve à 
même de vous fournir sur cette question de priorité des renseignements 
personnels très précis. 

« Il m'a été donné, dans ma jeunesse, de participer cà un grand nom- 
bre des excursions botaniques faites par les autenrs de la Flore des 
Deux-Sèvres, ouvrage auquel j'ai eu plus tard l'honneur de colla- 
borer (1). 

« Je crois pouvoir affirmer que le Dentaria bulbifera a bien été 
signalé pour la première fois au bois du Fouilloux par MM. Sauzé et 
Maillard. Le Calendrier de Flore des environs de Niort, publié par 
Guillemeau jeune en l'an IX (et qui est sans doute le premier ouvrage 
systématique qui ait paru sur la flore de cette partie de la France), 
ne fait pas mention du Dentaria, bien que les espèces énumérées s'y 
élèvent au nombre de douze cents environ. 

« La plante a été publiéedans les centuries de C. Billot, comme le 
fait justement observer M. Souche, et les échantillons y portent la date 
de 1853. Mais l'espèce était certainement connue avant cette époque 
par les botanistes dont le nom est en cause. En effet, à défaut de sou- 
venirs bien certains, j'en possède dans mon herbier des échantillons 
récoltés en compagnie de M. Sauzé, au cours de l'année 1851, dans la 
localité jusqu'alors unique pour la région. 

La date précise de la découverte serait d'ailleurs assez facile à éta- 
blir au besoin, car l'herbier typique qui a servi à la rédaction de la Flore 
des Deux-Sèvres doit se trouver actuellement à Niort, entre les mains 
de la Société de Statistique à laquelle il a été légué par M. Sauzé, et 
où il est, je pense, toujours possible de le consulter. 

Le Dentaria bulbifera est une espèce assez rare en France, même de 
nos jours, pour qu'il soit juste de laisser l'honneur de sa découverte à 
ceux qui ont su la reconnaître ; je pense, comme vous, que la façon 
d'envisager les questions de ce genre que semble préconiser M . Foucaud 
est absolument inadmissible. Elle pourrait, si elle était adoptée, con- 
duire aux conséquences les plus inattendues. 

Je vous prie, cher Monsieur et collègue, etc. 

Nous ajouterons à cette lettre de courtes observations, provo- 
quées par quelques passages de la réponse de M. Foucaud in- 
sérée dans le précédent numéro de ce journal. 

Une citation incomplète. 
Nouvel exemple du péril que peut faire courir à la vérité une 
citation trop courte. 

1. Voir l' Avant-propos. 



402 JOURNAL DE BOTANIQUE 

Lloyd déclare au commencement de son Introduction, comme 
le rappelle M. Foucaud, que « le nom dit botaniste cité après une 
localité signifie seulement qu'il lui a fait voir la plante dé- 
crite{i)», mais il avait dit auparavant : « ... Il m'a été IMPOSSI- 
BLE, DANS LA PLUPART DES CAS, D'ÉTABLIR UN ORDRE DR PRIO- 
RITÉ DANS LES DÉCOUVERTES. » C'est une allusion aux témoi- 
gnages parfois confus et contradictoires, dont est souvent 
obligé de se contenter, en l'absence de documents précis, l'au- 
teur qui dresse pour la première fois l'inventaire méthodique 
d'une flore locale. Les réserves sagement formulées dans ces 
conditions, loin d'offrir des affinités avec le système incriminé, 
procédaient, au contraire, d'un extrêmesouci de l'exactitude (2). 
L'esprit scrupuleux et la probité scientifique de James Lloyd 
n'ont jamais été contestés; toutes les attributions, dans cet or- 
dre de faits, qu'il a consignées dans sa Flore de l'Ouest étaient 
soigneusement contrôlées et irréprochables. 

M. Foucaud allègue ensuite, et non moins à tort, « que Sauzé 
et Maillard n'ont mentionné, dans leur Flore des Deux-Sèvres, 
aucun des botanistes qui leur avaient fait part de leurs décou- 
vertes dans ce département. » Tout au contraire, leurs collabora- 
teurs et correspondants sont nommés et remerciés chaleureuse- 
ment vers la fin de la préface de leur ouvrage, à la date du 
30 janvier 1878 (3). Si leurs noms ne sont pas répétés plus loin 
à l'occasion des cas particuliers, cette prétention réserve les 
droits de chacun et personne ne s'y méprend, tandis que la subs- 
titution au nom qui doit être cité de celui qui n'y a pas droit 
constitue, dans le domaine intellectuel, une expropriation d'une 
injustice flagrante. C'est l'application à la propriété scientifique 



1. Ensuivant cette règle, M. Foucaud aurait dû citer M. Maillard qui l'avait 
conduit à la localité du Fouilloux. 

2. Nous savons d'ailleurs de bonne part que J. Lloyd, à propos même du 
Dentaria des Deux-Sèvres, appréciait très sévèrement le nouveau mode de no- 
tation qu'il qualifiait de démarquage, en créant un néologisme pour la circons- 
tance. 

3. Après avoir remercié M. Emile Mussat de sa collaboration spéciale, les 
auteurs ajoutent : « Nous devons enfin signaler ici le nom des botanistes qui ont 
bien voulu répondre à notre appel, nous gratifier de leurs recherches et s'inté- 
resser à notre travail en nous envoyant, des diverses régions du département, des 
espèces que nous n'aurions eu ni le temps ni le moyen d'atteindre. Ce sont 
MM. — (Suivent 22 noms, parmi Lesquels celui de J/. Foucaud). — Que tous 
ceux qui nous sont venus en aide reçoivent ici l'expression publique et vivement 
sentie de notre profonde gratitude. » 



E. Malinvaud. — Propriété scientifique. 403 

des doctrines collectivistes; c'est l'anarchie, ce sont les caprices 
de l'arbitraire remplaçant l'ordre normal et abolissant le respect 
des droits acquis. 

Nous considérons comme un devoir de nous opposer, autant 
qu'il dépend de nous, à la pénétration de ces mœurs nouvelles 
dans la littérature scientifique (1). 

La publicité critérium suffisant. 

Le Dentaria du Fouilloux, nous dit encore M. Foucaud, est 
signalé dans la Flore des Detix-Sèvres « sans aucune indication 
faisant connaître le nom du botaniste qui l'a découvert ». Cette 
indication était-elle nécessaire ? Le fait de la premier e publicité ', 
qui n'est suivie d'aucune réclamation, n'est-il pas suffisant ? 

Une découverte, tant qu'elle est ignorée, n'existe pas dans 
la science; c'est à celui qui le premier la publie et s'en porte ga- 
rant qu'on est redevable de ses effets utiles et de ce qu'elle ajoute 
à nos connaissances ; il est donc équitable de lui en reporter le 
mérite et de respecter son droit d'auteur. En admettant que 
d'autres botanistes, restés inconnus, supposition d'ailleurs pure- 
ment gratuite, aient récolté le Dentaria du Fouilloux avant 1 850, 
M. Foucaud reconnaît qu'il n'était pas un de ces précurseurs. 
S'il croyait opportun de se mentionner à propos de cette localité, 
il devait en bonne justice inscrire avant son nom, sinon ceux des 
deux botanistes qui avaient trouvé et signalé la plante vingt- 

1. Fort heureusement diverses publications récentes offrent à cet égard un 
symptôme rassurant, et l'on est réconforté en voyant des Aoristes distingués, 
tels que M. Le Grand pour le Berry, M. Magnin pour la région lyonnaise, etc., se 
livrer à des recherches minutieuses pour retrouver les traces des anciens bota- 
nistes et extraire des obscurités du passé, en compulsant des documents épars 
et frustes, le peu que l'on sait sur la vie et les œuvres de beaucoup de ces 
devanciers, afin d'apprécier la part de chacun dans les progrès de la botanique 
locale. Des tendances analogues se manifestent à l'étranger. Un confrère anglais, 
M. Will. A. Clarke a inséré dans les dernières années du Journal of Botany une 
série d'articles des plus intéressants au point de vue historique, sous le titre de : 
« First records of british flowering plants. » C'est une curieuse compilation 
remontant aux Pères de la botanique dont les phrases qui leur servaient de noms 
spécifiques sont traduites en formules de la nomenclature binaire. On y voit, par 
exemple, que, sur cinq Utriculaires, la première signalée dans les Iles Britanni- 
ques a été U. vulgaris dès 1641 («Millefolium palustre galericulatum >> Johnson 
Mercurii botanici pars altéra), puis successivement U. minor en 1677, U. in- 
termedia (1812), U. neglecta (1807), M. Bremii (1876), etc.; généralement les 
espèces les plus répandues sont les premières connues. 11 est probable que tôt ou 
tard une semblable chronologie sera établie pour la flore de chaque pays, et la 
valeur historique de ces livres d'or dépendra en grande partie de celle des ou- 
vrages floristiques qui auront été consultés. 



40+ JOURNAL DE BOTANIQUE 

quatre ans auparavant, tout au moins celui de Maillard par lequel 
il avait été conduit au bois du Fouilloux. 

Un avertissement désirable. 

Notre honorable confrère de Rochetort, comme dernière rai- 
son, affirme n'avoir voulu désigner, dans les citations en cause, 
que les personnes dont il a vu les échantillons ou qui lui ont pro- 
curé ceux qu'il possède en herbier. Sans chercher à relever sur 
ce point d'évidentes contradictions dans le même ouvrage et 
sans méconnaître l'ingéniosité de la prime ainsi offerte, au moins 
en apparence, pour stimuler les communications et les envois 
de plantes au dispensateur de la notoriété, nous nous bornerons 
à faire remarquer qu'il eût été opportun de donner là-dessus au 
lecteur un avertissement que nous avons vainement cherché dans 
les volumes publiés et qui, nous le reconnaissons, n'aurait 
qu'imparfaitement rempli son but. Quand on consulte un ou- 
vrage de cette nature, on ne prend pas toujours soin délire in 
extenso l'introduction et l'on prête à priori aux citations dont 
il s'agit leur valeur historique conventionnelle. 

Ultima verba. 

Il nous paraît superflu de prolonger cette discussion en exa- 
minant d'autres cas analogues. L'exemple que nous avons choisi 
est suffisamment typique et topique pour la démonstration que 
nous nous étions proposée. 

Notre confrère ne saurait se méprendre sur le caractère ami- 
cal de nos observations. Quand on possède en propre un fonds 
aussi riche que le sien en travaux et découvertes floristiques, on 
n'est pas soupçonné de vouloir ajouter indûment à son bien légi- 
time des parcelles de celui du voisin ; toutefois, quand les inten- 
tions sont irréprochables, on doit d'autant plus les garantir 
contre les interprétations équivoques que pourraient autoriser 
des procédés défectueux. Notre honorable confrère comprendra, 
nous l'espérons, qu'il est le premier intéressé, en restituant dé- 
sormais aux citations dont il s'agit leur forme et leur significa- 
tion normales, à prévenir les nouvelles réclamations, peut-être 
même plus pressantes, que la persévérance dans un système 
qui dénature les faits, qu'on le veuille ou non, ne manquerait 

pas de lui attirer. 

Le Gérant : Louis Morot. 



Paris.— J Mersd»,imp.,4 M »,Av.deChâtiUon. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

11 e année. — Supplément n° i. — 16 Janvier i8< 7. 



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BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 



COMPTES RENDUS 



C.Correns. — Zur Physiologie von Drosera rotundifolia (Bot. Zeitung, 
1896). 

D'après Darwin, l'action d'une température comprise entre 48°8 et 
5i°6 provoque une courbure rapide des lobes glandulaires de la feuille 
du Rossolis, tandis qu'une température de 54°, ou plus élevée encore, 
les frappe de rigidité. Cette proposition, vraie dans les termes géné- 
raux où elle est présentée, demande toutefois à être précisée, et c'est ce 
correctif que viennent lui donner les observations consignées dans le 
présent article. 

L'auteur montre d'abord que les tentacules restent inexcitables sous 
l'influence de variations de température, brusques ou lentes, tant qu'ils 
sont exposés simplement à l'air; il emploie, dans ses divers essais, des 
plantules cultivées dans l'eau sur liège. Si l'on immerge au contraire 
les feuilles dans l'eau distillée maintenue à l'étuve, à une température 
comprise entre la température ambiante et 50 , les tentacules se recour- 
bent fortement, surtout aux températures les plus élevées ; à la tempé- 
rature ambiante ordinaire, le mouvement est faible. Il résulte de là que 
l'eau pure exerce une action excitatrice, et que les différences thermi- 
ques n'interviennent que pour l'accroître ou la diminuer, et par suite 
pour donner au mouvement sa plus ou moins grande amplitude ou ra- 
pidité. 

Si l'on opère maintenant avec de l'eau de fontaine, on n'observe 
aucune réaction, même en élevant la température ; mais il suffit de 
faire préalablement bouillir l'eau, — ce qui occasionne, par la décom- 
position du bicarbonate de calcium, un dégagement d'anhydride car- 
bonique et un dépôt de carbonate de calcium, — pour qu'une excitation 
assez forte se produise. On peut constater directement, du reste, que 
l'eau distillée, additionnée d'une petite proportion de bicarbonate cal- 
cique, reste de même sans effet, tandis que l'anhydride carbonique 
seul n'empêche pas l'action. 

Le phosphate et le nitrate de calcium entraînent la rigidité des tenta- 
cules, comme le bicarbonate ; il suffit par exemple de 0,1 % de nitrate 



— II — 



pour supprimer toute courbure, même si l'on fait intervenir la chaleur; 
avec 0,02 % seulement de ce dernier sel, elle se produit encore. 

Il résulte de là que les sels de calcium provoquent l'inhibition des 
tentacules du Drosera et les laissent inexcitables, comme en présence 
de l'éther. On remarquera à ce propos que la plante ne prospère que 
dans les terrains marécageux pauvres en calcaire, mais siliceux; d'au- 
tre part, il est impossible d'en obtenir des cultures dans les eaux dures. 

Si les sels calciques sont inhibants, d'autres au contraire, et notam- 
ment le phosphate d'ammonium, exercent une action excitatrice inverse. 
C'est ainsi qu'en présence de ce dernier sel, une feuille fraîche isolée 
de Drosera effectue encore ses mouvements dans une eau inhibante 
pourvue de nitrate de calcium, à condition toutefois que les propor- 
tions des deux sels soient convenables. Au contraire, comme l'avait 
nettement constaté Darwin, une solution d'acétate ou de nitrate de 
calcium, qui renferme 1/437 de ces sels, laisse les tentacules, après 
vingt-quatre heures, dans un tel état de rigidité, qu'une addition de 
phosphate d'ammonium, l'excitant le plus puissant, demeure impuis- 
sante à les remettre en mouvement. 

Ce dernier sel joue le même rôle, pour les lobes sensibles du Ros- 
solis, que l'acide malique (d'après Pfeffer) pour les anthérozoïdes des 
Fougères et des Sélaginelles, le sucre de canne pour les anthérozoïdes 
des Mousses, l'extrait de viande pour les zoospores des Saprolègnes. 
Ce sont là autant d'excitants spécifiques, antagonistes des inhibants; 
ces derniers se trouvent être les sels calciques pour le Rossolis. 

E. Belzung. 

F. Czapek. — Zur Lehre der Wiirzelausscheidungeîi (Jahrbùcher 
fur wiss. Botanik, 1896). 

S'il est acquis depuis longtemps que les racines sont le siège 
d'exosmoses fluides, la nature des principes exsorbés n'a pas encore 
été jusqu'ici établie. 

Pour résoudre cette question, l'auteur a eu recours à des plantules de 
germination, développées les unes dans une petite quantité d'eau, d'autres 
simplement dans l'air saturé d'humidité, — auquel cas les liquides à 
analyser transsudent à l'état de gouttelettes sur les poils absorbants, — 
d'autres enfin sur du papier à filtrer analytique (dépourvu de cendres), 
maintenu convenablement humide. Voici les principaux résultats aux- 
quels les analyses ont conduit l'auteur. 

Les produits d'exosmose radiculaire sont les uns minéraux, les au- 
tres organiques. 

Parmi les premiers, tous de nature saline, les plus répandus, que 
l'auteur a obtenus de toutes les plantes soumises à l'étude, sont les sels 



— III — 



de potassium, et notamment le phosphate acide, que donnent abondam- 
ment les Graminées, les Légumineuses, Picea excelsa, Rumex ace- 
tosa, etc. ; en petite proportion, la magnésie n'est pas très rare, contrai- 
rement à la chaux, qui ne se rencontre qu'exceptionnellement {Liipinns 
angustifolius), de même que l'acide sulfurique. 

Parmi les principes organiques ne figurent ni l'acide acétique, ni 
l'acide lactique. Par contre, le formiate de calcium exsude nettement 
de la racine du Lepidium sativum et de quelques autres espèces ; l'oxa- 
late acide de potassium n'a été obtenu qu'avec YHyacinthus orieiitalis. 
L'acide formique existe, non à l'état libre, mais toujours sous la forme 
de formiates ; car si l'on porte à l'ébullition la liqueur renfermant les 
substances exsorbées, on obtient, après comme avant, par addition de 
bichlorure de mercure, un précipité de calomel (sous forme de cubes 
insolubles dans l'acide chlorhydrique) ; ce qui ne devrait pas avoir lieu 
après ébullition prolongée, si l'acide formique, acide volatil, était 
isolé dans la liqueur. 

Le seul acide libre exosmosé est l'acide carbonique, éliminé non 
sous forme gazeuse, mais sous forme de dissolution ; et la coloration 
rouge que prend le tournesol bleu au contact de la dissolution est due 
essentiellement à son action, accessoirement à celle des sels acides, en 
particulier le phosphate et l'oxalate acides de potassium. 

La réaction suivante prouve que l'acide carbonique est seul exos- 
mosé comme tel par les racines. On ajoute une petite quantité de phé- 
nolphtaléine à l'eau pure où l'on va mettre en végétation les racines; 
après virjgt-quatre heures, la coloration rouge de l'indicateur a déjà 
disparu. Or, elle reparaît dès que l'on chauffe le liquide de culture. 
L'expérience directe, faite dans les mêmes conditions avec des solu- 
tions très étendues d'acide formique, acétique, sulfurique, chlorhydri- 
que, permet au contraire de constater que la décoloration est perma- 
nente, même après ébullition, ces acides n'étant pas ou peu volatils. 

Selon l'auteur, les corrosions du marbre, du phosphate de cal- 
cium, etc., sont avant tout l'œuvre de la dissolution d'acide carbonique 
excrétée par la racine ; les sels acides n'interviennent que secondaire- 
ment. En sorte que les corps qui résistent à l'action dissolvante de 
l'acide carbonique ne sauraient être incorporés à la plante en quantité 
appréciable. 

Ajoutons que, contrairement aux affirmations de certains auteurs, 
aucune diastase n'a été trouvée parmi les produits exosmosés. 

E. Belzung. 

#? 



— IV — 



PUBLICATIONS NOUVELLES 



Tableau des abréviations servant à désigner les principaux Recueils d'où 
sont tirés les travaux mentionnés au Bulletin bibliographique. 

Annuario del R. Istituto botanico di Roma. 

Annales du Jardin botanique de Buitenzorg. 

Annals of Botany. 

The Annals of scottish natural History. 

Annales des sciences naturelles. Botanique. 

Beitrâge zur Biologie der Pflanzen. 

Botanisches Centralblatt. 

Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft. 

The botanical Gazette. 

Bulletin de l'Herbier Boissier. 

Botanische Jahrbûcher fur Systematik, Pflanzengeschichte 

und Pflanzengrographie. 
Bulletin du Muséum d'Histoire naturelle. 
Botaniska Notiser. 
Boletim da Sociedade Broteriana. 

Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique. 
Bulletin de la Société botanique de France. 
Bulletino délia Società botanica italiana. 
B. S. m. Fr. Bulletin de la Société nrycologique de France. 
Bulletin of the Torrey botanical Club. 
Botanische Zeitung. 
Le Botaniste. 

Comptes rendus des séances'de l'Académie des sciences. 
Deutsche botanische Monatsschrift. 
Flora. 
Hedwigia. 

The Journal of Botany. 
Jahrbûcher fur wissenschaftliche Botanik. 
Missouri botanical Garden. 
Minnesota botanical Studies. 
Le Monde des Plantes. 
Malpighia. 

Nuovo Giornale botanico italiano. 
La nuova Notarisia. 
Oesterreichische botanische[Zeitschrift. 
Revue de Botanique. 
Revue bryologique. 
Revue générale de Botanique. 
Revue mycologique. 
Contributions from the U. S. [national Herbarium. 



A. 


7. R. 


A. 


J.B. 


A. 


of B. 


A. 


S. 11, H. 


A. 


Se. n. 


B. 


B. 


B. 


C. 


B. 


d. b. G. 


B. 


G. 


B. 


H. B. 


B. 


J. 


B. 


M. 


B. 


N. 


B. 


S. Br. 


B. 


S. B. B. 


B. 


S. b. Fr 


B. 


S. b. i. 


B. 


S. m. F. 


B. 


T. C. 


B. 


Z. 


Bt 




C. 


R, 


D. 


b. M. 


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Hdw. 


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of B. 


J. 


w. B. 


M. 


b. G. 


M. 


b. S. 


M. 


d. P. 


Mlp. 


N. 


G. 


N. 


N. 


Oe 


. Z. 


R. 


B. 


R. 


br. 


R. 


g-B. 


R. 


m. 


U. 


S. H. 



— V — 



Biographie, Bibliographie. 

i Chevalier (Aug.) : Le D r Perrier et la flore de la Mayenne (M. d. P., 
5 e ann., n« 85 et 86, pp. 31-32 et [52-53). 

2 Chodat (R.) : Johann Muller {B. d. b. G., t. XIV, pp. (55M65)). 

3 Jack (Jos. B.) : Ernst Stizenberger {B. d. b. G., t. XIV, pp. (37)-(49), 
avec i portrait). 

4 Orth (Albert) : Herraann Hellriegel {B. d. b. G., t. XIV, pp. (25H37) ). 

5 Reinhardt (M. 0.) : Heinrich Gustav Krabbe (B. d. b. G., t. XIV, 
PP- (49>(55))- 

6 Rendle (A. B.) : Bibliographical Notes. XIV. Schwartz's « Prodromus 
descriptionum vegetabilium s (/. ofB., Vol. XXXV, n° 409, pp. 20-21) 

7 Reynier (Alfred) : J. B. Barla {Revue horticole des Bouches-du- Rhône, 
42 e ann., n° 509, pp. 205-206). 

8 Van Tieghem (Ph.) : Notice sur Ferdinand Muller (B. M., 1896, n° 7, 
PP- 3°4-3°5)- 

9 Wettstein (R. von) : Heinrich Moriz Willkomm {B. d. b. G., t. XIV, 
pp. (13H35)). 

Biologie, morphologie et physiologie générales. 

10 Farmer (J. Bretlandi : The cell and some of its constituent structures 
{Science Progress, nouv. sér., Vol. 1, n" 2, pp. 140- 161 

11 Hansteen (Barthold) : Beitrâge zur Kenntniss der Eiweissbildung und 
der Bedingungen der Realisirung dièses Processus irn phanerogamen 
Pflanzenkorper {B. d. b. G., t. XIV, n° 9, pp. 362-372 . 

12 Johannsen (W.) : Aether- und Chloroform-Narkose und deren Nachwir- 
kung {B. C, t. LXVIII, n<> n, pp. 337-33Î 

13 Kny (L.) : Ueber den Einfluss von Zu^ und Druk auf die Richtung der 
Scheidewânde in sich theilenden Pflanzenzellen {B. d. b. G., t. XIV, 
n ° 9i PP- 37-^-391 1 2 hg- dans le texte). 

14 Leclerc du Sablon : Sur la formation des réserves non azotées de la 
noix et de l'amande {C. R., t. CXXII, n° 24, pp. 1084-1086). 

15 Macloskie (George) : Internai antidromy {B. T. C., Vol. 23, n° 12, 
PP- 53 6 "537J- 

16 Millier (N. J. C.) : Kommen die Rôntgenstrahlen im Sonnenstrahl fur 
die Pflanze zur Wirkung? {B. d. b. G., t. XIV, pp. (66H72), 1 pi.). 

17 Tittmann (H.) : Beobachtung-en ûber Bildung- und Régénération des 
Periderms, der Epidermis, des Wachsiïberzuges und der Cuticula eini- 
ger Gewâchse (/. zu. B., t. XXX, fasc. 1, pp. 1 16-154). 



— VI 



Biologie, morphologie et physiologie spéciales. 

Phanérogames. 

18 Balland : Observations générales sur les blés (C. R., t. CXXIII, n° 26, 

PP- *y>3- l 3°& 

19 Briquet (John) : Recherches anatomiques sur l'appareil végétatif des 
Phrymacées, Stilboïdées, Chloanthoïdées et Myoporacées (in-4 , 
155 pages, 29 fig. dans le texte. — Extrait des Mémoires de la Société 
de Physique et d'Histoire naturelle de Genève, t. XXXII, 2 e part., n° 8). 

20 Dusén (P.) : Den eldslânska ogruppens végétation (B. N., 1896, fasc. 6, 
pp. 253-278). 

21 Fink (Bruce) : Pollination and reproduction of Lycopersicum esculen- 
tum {M. b. S., Bull. n° 9, IX, pp. 636-643). 

22 Futterer (Wilhelm) : Beitrâge zur Anatomie und Entwicklungsges- 
chichte der Zingiberaceae [suite] (B. C, t. LXVIII, n os 11, 12, 13, 
PP- 346-356, 393-4°°» 4 I 7-43 I » *• LXIX, n° 1, pp. 3-10 [à suivre], 1 pi.). 

23 Heckel (Edouard) : Sur le Solanum Ohrondi Carr. et sur sa fructifica- 
tion au Jardin botanique de Marseille (Rev. hortic. des Bouches-du- 
Rhône, 42 e ann., ^509, pp. 196-197). 

24 Hildebrand (Friedrich) : Einige biologische Beobachtungen (B. d. b. G., 
t. XIV, n° 9, pp. 324-331). 

1. Ueber Selbststerilitât bei einigen Cruciferen. — 2. Ueber einige Ve- 
rànderungen an Pflanzenstocken : a) Dahlia variabilis ; b) Pétunia hy- 
brida. ; c) Cyclamen neapolilanum ; d) Ruse us aculeatus monoecisch. 

25 Ikeno (S.) : Vorlâufige Mittheilung ûber die Spermatozoiden bei Cycas 
revoluta (B. C., t. LXIX, n° 1, pp. 1-3). 

26 Meyer (G.) : Beitrâge zur Kenntniss des Topinamburs {B. d. b. G., 
t. XIV, n° 9, pp. 347-362, 1 pi.). 

27 Piper (C. V.) : Another « compass » plant (B. G., Vol. XXII, n° 6, 
pp. 491-492). 

28 Bamaley (Francis) : On the stem anatomy of certain Onagraceae 
{M. b. S., Bull. n° 9, IX, pp. 674-690, 3 pi.). 

29 Beiche (Karl) : Zur Kenntniss der Lebensthâtigkeit einiger chilenischen 
Holzgewâchse (/. w. B., t. XXX, fasc. 1, pp. Si-115). 

30 Beinke (J.) : Untersuchungen iiber die Assimilationsorganeder Legu- 
minosen (/. zv. B., t. XXX, fasc. 1, pp. 1-70, 47 fig. dans le texte). 

31 Bothdauscher (H.) : Ueber die anatomischen Verhultnisse von Blatt 
und Axe der Phyllantheen (mit Ausschluss der Euphyllanthcen) [fin] 
{B. C, t. LXVIII, n os 11 et 12, pp. 338-346 et 385-393). 

32 Slavicek (Fr. Jos.) : Morphologische Aphorismen ûber einige Coni- 
feren-Zapfen [fin] (Oe. Z., XLVII ann., n° 1, pp. 18-29). 

33 Van Tieghem (Ph.) : Sur l'existence de feuilles sans méristèles dans la 
fleur de certaines Phanérogames {R. g. B., t. VIII, n° 96, pp. 481-490). 



VII — 



34 Williams (J. Lloyd) : Intoxication of humble-bees on certain capitulatae 
flower (/. of B., Vol. XXXV, n° 409, pp. 8-1 1). 

Algues. 

35 Lauterborn (Robert) : Untersuchungen ûber Bau, Kernteilung und 
Bewegung der Diatomeen (Libr io W. Engelmann, Leipzig-, 1896, in-4 , 
165 pag - ., 1 fig. dans le texte et 10 pi.). 

36 Meyer (Artbur) : Die Plasmaverbindungen und die Membranen von 
Volvox globator, aureus und tertius, mit Rûcksicht aufdie thierischen 

Zellen {B. Z. y 54 e ann., I re part., fasc. XI et XII, pp. 187-217, 7 fig-. 
dans le texte et 1 pi.). 

^j Tilden (Joséphine E.) : A contribution to the life history of Pilinia 
diluta Wood and Stigeoclonium flagelliferum Kg. {M. b. S., Bull, n" 9, 
IX, pp. 601-635, 5 P 1 -)- 

Champignons. 

38 Bertrand (Gabriel) : Sur la séparation de la laccase et de la tyrosinase 
contenues dans le suc de certains Champignons {B. M. 1896, n° 7, 

PP- 35 8 -3 6 °)- 

39 Matruchot (L.) : Sur la structure du protoplasma fondamental dans 
une espèce de Mortierella (C. R., t. CXXIII, n° 26, pp. 1321-1322). 

40 Ravaz (L.) et G. Gouirand : Action de quelques substances sur la ger- 
mination des spores du Black-Rot (C. R., t. CXXIII, n° 24, pp. 1086- 
1088). 

Systématique, géographie, botanique. 

Phanérogames. 

41 Bazot (L.) : Études de géographie botanique à propos des plantes de 
la Côte-d'Or [fin] (R.g.B., t. VIII, n° 96, pp. 506-513). 

42 Bicknel (Eugène P.) : Geum canadense flavum (Porter) Britton, a valid 
species {B. T. C.,Vol. 23, n° 12, pp. 523-525). 

43 Bicknell (Eugène P.) : The North American species of Agrimonia 
{B. T. C, Vol. 23, n° 12, pp. 508-523, 2 pi.). 

Espèce nouvelle décrite : Agrimonia Brittoniana. 

44 Derganc (Leodegar) : Ueber zwei vielverkannte Crocus-Artcn der 
Krainer Flora {Oe. Z., XLVII e ann., n° 1, pp. 16-18). 

45 Dunn(S. T.) : Hypochœris glabrct, var. (/. of B., Vol. XXXV, n° 409, 
p. 22). 

45 bis Dusén (P.). — Voir n° 20. 

46 Franchet (A.) : Note sur une collection de plantes rapportées du Pa- 
mir en 1894 par M. E. de Poncins {B.M., 1896, n° 7, pp. 342-347). 

Espèces nouvelles décrites : Parrya ramosissima, Oxytropis Ponciusii, 
Astragalus pamirensis, A. taldicensis, A. djigensis, A. chadjanensis , 
Hedisarum Poncinsii, Aster Ponciusii, Chrysantkemiim djilgense, Ne- 
peta pamirensis , N. oxicola. 



— VIII — 



47 Fritsch (Karl) : Lathyrus Boissieri (f. of B., Vol. XXXV, n° 409, p. 22). 

48 Fritsch (Karl) : Saponaria Wiemanni hybrvnow [ceespîtosa'X. luied] 
{Oe. Z., XL VII e ann., n° 1, pp. 2-4). 

49 Hiern (W. P.) : Isle of Man plants (/. of B., Vol. XXXV, n° 409, 
pp. 11-15). 

50 Jackson (A. B.) : Varieties of Hyfiochœris glabra L. (f. of B., 
Vol. XXXV, n° 409, p. 22). 

51 Léveillé (H.) : Les Ouothéracées japonaises [suite] (M. d. P., 5 e ann., 

n" 86, pp. 51-52 [à suivre]). 

Espèces nouvelles décrites : fussieua Parmentieri, japonica, Fauriei, 

Philippiana. 

52 Linton (Edward F.) : New Dorset station for Erica ciliaris L. (f. of B., 
Vol. XXXV, n° 409, p. 22). 

53 Lipsky (W.) : Euphorbia- Soongarica Boiss. auf der Balkanhalbinsel 
{Oe. Z., XLVII e ann,, n° 1, pp. 1-2). 

54 Neuman (L. M.) : Studierôfver Skânes och Hallands flora. III. (B. iV., 
1896, fasc. 6, pp. 279-291): 

55 Pierre : Sur le genre Lirayeade la tribu des Mendonciées de la famille 
des Acanthacées (B. M., 1896, n° 7, pp. 340-342). 

Espèce nouvelle décrite : Lirayea floribunda, gen. nov. sp. unica. 

56 Piper (C.V.): New or noteworthy Washington plants {B. G., Vol. XXII, 

n° 6, pp. 488-491). 

Espèces nouvelles décrites : Cardamine callosicrenata, Astragalus Pa- 
louseusis, Valeriana Columbiana, Pentstemon Whiiedii. 

57 Rimbach (A.) : Zur Kenntniss von Stenome&son aurantiacum Herb. 

(B. d. b. G., t. XIV, n° 9, pp. 372-374). 

58 Songeon (A), et A. Chabert : Herborisations aux environs de Cham- 
béry (in-8, 52 pages [à suivre], Chambéry, 1896). 

59 Van Tieghem (Pli.) : Sur trois Loranthus de l'herbier de Desvaux 
{B. M., 1896, n° 7, pp. 337-34°)- 

60 Waisbecker (Anton) : Beitnig-e zur Flora des Eisenburger Comitates 
(Oe. Z, XLVII e ann., n° 1, pp. 4-9). 

Espèces nouvelles décrites \Rubus Rôlensis, R. Borbasiellus, Poteutilla 

lancifolia. 

61 Bromus întcrruptus Druce (/. of B., Vol. XXXV, n° 409, pp. 18-20). 

Cryptogames vasculaires. 

61 bis Neuman (L. M.). — Voir n° 54. 

62 Somerville (A.) : Hymenophyllum iunbridgense Sm. in the South Ebu- 
des (/. of B., Vol. XXXV, n° 409, p. 21). 



IX 



MUSCINÉES. 

63 Britton (Elizabeth G.) : An enumeration of the plants collected by 
H. H. Rusby, in Bolivia, 1885-1886, II. Musci {B. T. C.,Vol. 23, n° 12, 
pp. 471-499)- 

Espèces nouvelles décrites : Leptodontium gracile C. Millier, L. grim- 
mioidcs C. M., Holomitrium bolivianum C. M., Dicranella nanocarpa 
C. M., Campylopus trivialis C. M., Grimmia nano-globosa C. M., Grim- 
mia diniorpha C. M., Leucobryum strictum C. M., Barbula austro-revo- 
luta Be^cherelle, Tortilla bipedicellala Besch., Alacromitrium Rusby anum 
E. G. Britton, Scklottheimia Rusbyana C. M., Eutosthodon papillosum 
E. G. Britt., Fuuaria incurvifolia C. M., Philonotis aspcrruna C. M., 
Ph. pagionifolia C. M., Bartramia scorpioides C. M., B. auricola C. M., 
Bryum Rusbyanum C. M., B. humillimum C. M., B. coloratum C. M., 
Polytrichadelphus grossidens C. M., P. integrifoliics C. M., Polytrichum 
aiignsticaule C. .M., Hookeria Bakeri E. G. Britt., H. pui-pureophylla 
C. M., Braunia subplicata E. G. Britt., Aleteoriicm Cladoniella C. M., 
M. lonchotrichum C. .M., M. perinjlatnm C. M., il/, reflecto-mucronatum 
C. M., Porotrichum bolivianum C. M., Fabrouia siugulidens C. M., //>^- 
««/;/ entodonticarptfm C. M., Leskea boliviana C. M. 

64 Dixon (H. N.) : Thuidium Pliiliberii Limpr., a new british Moss 
(/. of B., Vol. XXXV, n° 409, pp. 16-17), 

65 Holzinger (J. M.) : A new Hypnum (II. cyclopàyllotum n. sp.) of the 
section Caliergon (M. b. S., Bull. n°9, IX, pp. 691-692, 1 pi.). 

66 Limpricht iK. Gustav) : Die Laubmoose [suite] (Rabenhorst's Kryplo- 
gameu-Flora, t. IV, 5 e part., livrais. 29 et 30). 

67 RenauldiF.) und J. Cardot : Erg-iinzende Bemerkung-en iiber die von 
Herrn Dr Julius Roll in Nord-Amerika im Jahre 1888 gesammelten 
pleurocarpen Moose (Hdw., t. XXXV, fasc. 6, pp. 306-311). 

Algues. 

68 Allen (T. F.) : A new species of Nitella [M. laxd] y belonging- to the 
N.flexilis séries, whith a review of the allied species (B. T. C, Vol. 23, 

n° !2,p- 533» 1 P 1 -)- 

69 Allen (T. F.) : New species of Nitella belong-ing to the monoecious acu- 
minalas group, with a review of the allied species (B. T. C., Vol. 23, 
n ° 12, pp. 534-53M P 1 -)- 

70 Enlger (A. und K. Prantl : Die natûrlichen Pflanzenfamilien (I e part., 
1 a, pp. 1-150, 282 fig\ dans le texte [à suivre]). — F. Schùtt : Gym- 
nodiniaceae ; Protocentraceas ; Peridiniacea;', Bacillariaceae [à suivre]. 

71 Gutwinski i Roman) : Algae in lacu Switez a claris. Prof. D 1 ' B. Dy- 
bowski collectae (M. N., VIII e sér., janv. 1897, pp. 2-7). 

72 Lemmermann (E.) : Zur Algenflora des Riesengebirges (Forschungs- 
berichte aus der biologisçhen Station su Pion, IV e part., 3, 1896, pp. 88- 
133, 25 lig. dans le texte). 



73 Lemmermann (E.) : Zweiter Beitrag zur Algenflora des Plôner Seen- 
gebietes {lbid. t 4, pp. 134-188, 12 fig\ dans le texte). 

Espèces nouvelles décrites : Protocentrum ovoideum, Cosmarium emar- 
ginato constrictum, Tolypothrix polymorpha, Anab/ena cylindrica. 

74 Salmon (E. G. and C. E.) : E. Suffolk Charas (/. of B., Vol. XXXV, 
n" 409, p. 21). 

75 West (W.) and G. S. West : Wehvitsch's African freshwater Alga; (/. of 
B., Vol. XXXV, n° 400, pp. 1-7 [à suivre], 5 pi.). 

Espèces nouvelles décrites : Batrachospermum angolense, B. nigres- 
cens, B. gracillimum, B. huillense, Œdogonium huiltense, Œ. hormospo- 
rum, Œ. Welwitschii, Œ. angustissimum. 

76 Zukal (Hugo) : Ueber den Bau der Cyanophyceen und Bactérien mit 
besonderer Beziehungauf den StandpunktButschli's (B.d. b. G., t. XIV, 

n° 9> pp. SS 1 " 8 ^). 

Lichens. 

77 Fink (Bruce) : Contributions to a knowledg-e of the Lichens of Min- 
nesota. I. Lichens of the Lake of the Woods {M. b. S., Bull. n°Q, IX, 
pp. 693-701). 

Champignons. 

78 Bubak (Franzj : Ein Beitrag- zur Pilz-Flora der Umgeg-end von Hohen- 
stadt in Mâhren (Oe. Z., XLVII e ann.,n° 1, pp. 11-15J. 

79 Fischer (Ed.) : Ueber den Parallelismus der Tuberaceen und Gastro- 
myceten (B. d.b. G., t. XIV, n° 9, pp. 301-31 1). 

80 Kernstock (E.) : Ueber Zopf's Uebersicht der auf Flechten schmarot- 
zenden Pilze {Oe. Z., XLVIPann., n° i,pp. 9-11). 

81 Magnus (P.) : Berichtigung' zur Cintractia Seymouriana P. Magnus 
{B. d. b. G., t. XIV, n° 9, pp. 39I-39 2 )- 

82 Magnus (P.) : Parallelformen unseres Uromyces scutellaius Lev. in 
weit entfernten Lânder(£. d. b. G., t. XIV, n° 9, pp. 374-377). 

83 Pound (Roscoe) and Fred. E. Cléments : A re-arrangement of the 
North American Hyphomycetes {M. b. S., Bull. n° 9, IX, pp. 644-673 
[à suivre] ). 

84 Saccardo (P. A.) : I prevedibili Funghi futuri secondo la legge d'analo- 
gia {Atti del R. Istituto Vcneto di science, lettere ed arti, t. VIII, 
sér. VII, pp. 45-51, XII tableaux). 

85 Scherffel (A.) : Bemerkungen ûber Geaster-Arten {B. d. b. G., t. XIV, 
n°9, pp. 3 I2 "3 2 3, « PL). 

86 Smith (Annie Lorrain) : Microscopic Fungi new to, or rare in, Britain 
(/. of B., Vol XXXV, n° 409, pp. 7-8). 

87 Zopf (W.) : Uebersicht der auf Flechten schmarotzenden Pilze {Hdw., 
t. XXXV, fasc. 6, pp. 312-366). 



XI 



88 Zukal (Hugo) : Myxobotrys variabilis Zuk., als Reprâsentant einer 

neucn Myxomyceten-Ordnung- (B. d. b. G., t. XIV, n° 9, pp. 340-347, 

1 pi.). 

Nomenclature. 

89 Bailey L. H.)- The philosophy of species-making {B. G., Vol. XXII, 
n° 6, pp. 454-462). 

90 Underwood (Lucien M.) : Terminology among the orders of Thallo- 
phytes (B. T. C, Vol. 23, n° 12, pp. 526-532). 

Paléontologie. 

91 Fliche (P.) : Études sur la flore fossile de fArgonne [Albien-Cénoma- 
nien] (Extr. du Bullet. de la Soc. des scienc. de Nancy, 166 pag., 
XVII pi.), 

92 Seward (A. C.) : The Glossopteris flora ; an extinct flora of a southern 
hémisphère continent {Science Progress, nouv. sér., Vol. I, n° 2, 
pp. 178-201). 

Pathologie et tératologie végétales. 

93 Fockeu (Henri) : Recherches sur quelques cécidies foliaires (R. g. B., 
t. VIII, n°9ô, pp. 491-499, 12 pi.). 

94 Galloway (Beverly T.) : A rust and leaf casting of Pine leaves {B. G., 
Vol. XXII, n ù 6, pp. 433-453, 2 P 1 -)- 

95 Geisenheyner (L.) : Eine eigenartige Monstrositât von Polypodium vul- 
gare L. {B. d. b. G., t. XIV, pp. (72H75), 1 fig. dans le texte). 

96 Roze (E.) : Observations sur le Rhizoctone de la Pomme de terre (C. R., 
t. CXXI1I, n° 23, pp. 1017-1019). 

97 Roze (E.) : Un nouveau Microcoque de la Pomme de terre et les para- 
sites de ses grains de fécule {C. R., t. CXXIII, n° 26, pp. 1323-1324). 

Technique. 

98 Arthur (J. C.) : Laboratory apparatus in vegetable Physiology (B. G., 
Vol. XXII, n° 6, pp. 463-472, 6 fig. dans le texte et 2 pi.). 

Sujets divers. 

99 Bergen (FannieD.) : Popular american plant-names. IV (B. G.,Vol.XXII, 

n° 6, pp. 472-437)- 

100 Daniel (Luc.) : La greffe depuis l'antiquité jusqu'à nos jours {suite] 
(M. d. P., 5° ann., n° 86, pp. 41-51 [à suivre], fig. 7-14). 

101 Davenport (Geo. E.) : On the use of the term « frond » as applied to 
Feras (B. G., Vol. XXII, n° 6, pp. 497-498). 

102'^Davin (V.) : Revue de quelques plantes exotiques, comestibles, indus- 
trielles, médicales et curieuses, cultivées dans les serres du Jardin bota- 
nique de la ville de Marseille (Rev. hortic* des Bouches-du-Rhône, 
42 e ann., n° 509, pp. 198-203 à [suivre]). 



XII — 



AVIS M3MPOKTAAT 

L'auteur bien connu de la Flore de l'Ouest de la France, James Lloyd, 
décédé à Nantes, le 10 mai 1896, a légué à la ville d'Angers sa fortune et 
ses collections scientifiques, en stipulant pour celles-ci de's clauses rédigées 
dans les termes suivants : 

« L'herbier sera conservé dans sa disposition actuelle et déposé dans 
une salle spéciale et, si Ton y met d'autres herbiers, j'exige que ceux-ci 
soient enfermés dans des boîtes (non dans des cartons) et empoisonnés au 
sublimé, comme le mien. Il formera une collection spéciale qui ne pourra 
en aucun cas être aliénée en faveur d'autres collections. 

« La bibliothèque formera également une bibliothèque spéciale placée 
dans le bâtiment de l'herbier et ne pourra pas être confondue avec une 
autre bibliothèque. 

« Le maire de la ville d'Angers, sur la présentation de trois candidats 
proposés par la Société botanique de France, nommera un conservateur 
chargé de l'entretien de l'herbier, de la bibliothèque, et qui recevra un 
traitement d'au moins 3000 francs sur les revenus que je laisse. 

« Je désire que ce poste soit confié, en dehors de toute considération de 
grades universitaires, à un botaniste humble, ami de la nature, voué au 
progrès delà science que j'ai aimée et cultivée. Si ce legs est fait à la ville 
d'Angers, c'est en souvenir et honneur de Bastard, Desvaux et surtout de 
Boreau, qui ont illustré la botanique dans l'ouest de la France. Les reve- 
nus que je laisse seront intégralement consacrés, après le prélèvement du 
traitement du conservateur, à l'entretien et à l'augmentation de l'herbier et 
de la bibliothèque ci-dessus désignés, au perfectionnement de la Flore de 
l'Ouest de la France, que j'ai commencée. Une somme de 2000 francs ser- 
vira annuellement à cet entretien et aux différents achats qui pourraient 
être faits, et le surplus, s'il y en a, sera ajouté au traitement du conserva- 
teur. » 

M. le maire d'Angers, par lettre adressée au Président de la Société 
botanique, en date du 27 décembre dernier, et à laquelle était jointe une 
copie du testament de J. Lloyd, demande qu'on lui envoie la liste des trois 
candidats, parmi lesquels il devra choisir le conservateur à nommer. 

La Société a décidé, dans la séance du 8 janvier dernier, qu'elle accep- 
tait la mission qu'on la sollicite de remplir; mais, avant de faire la présen- 
tation demandée, et afin de permettre à un plus grand nombre de candida- 
tures de se manifester, elle a jugé utile de répandre le plus possible la 
nouvelle de l'emploi créé par le testament du botaniste nantais et de la faire 
communiquer à toutes les personnes susceptibles de s'y intéresser. 

Les candidats devront adresser leur demande, accompagnée d'une 
indication succincte de leurs titres, avant le tj mars prochain, à M. le Pré- 
sident de la Société botanique de France, rue de Grenelle, 84, à Paris. 



p ar j s , _j.Mcrsch,imp.,4 ! "', Av. deCliàtillon. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

11 e année. — Supplément n° 2. — 16 Février 1897. 



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BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 



COMPTES RENDUS 



Witold von Lazniewski. — Beitràge sur Biologie der Alpenpflan- 
aen~. (Dissert, inaug. Munich 1896, et Flora 82. Bd., Heft. III.) 

Ce travail est une étude anatomique des organes végétatifs et sur- 
tout de la feuille de diverses plantes alpines. L'auteur s'est proposé de 
rechercher les rapports qui existent entre la structure de ces plantes et 
le climat alpin. 

Toutes les plantes étudiées sont spontanées et presque toutes ré- 
coltées à une très haute altitude. Elles proviennent des Alpes, du Cau- 
case, de l'Himalaya, des Andes et de la Nouvelle-Zélande. La plupart 
sont saxicoles. Dans un certain nombre de cas on a comparé à la 
plante spontanée des échantillons cultivés dans la plaine, soit en pleine 
terre, soit sous une cloche humide. 

L'auteur divise les plantes alpines en cinq groupes : 

1 . Les plantes cespiteuses ; 

2. Les plantes à feuilles enroulées ; 

3. Les plantes à sécrétions muqueuses ; 

4. Les plantes velues ; 

5. Les arbustes nains. 

Chez les plantes cespiteuses, les feuilles très petites et très serrées 
se recouvrent mutuellement et ne laissent de libre que leur partie su- 
périeure, qui possède en général une structure bien différenciée (méso- 
phylle hétérogène et palissades bien nettes), tandis que la partie cachée 
a un mésophylle lâche, lacuneux, ordinairement dépourvu de palissa- 
des. La transition est ordinairement insensible entre les deux régions. 
La position et l'orientation des palissades dépendent avant tout de 
l'orientation de la feuille dans la rosette, et le principe qui domine tout 
l'agencement est de permettre la pénétration de la lumière dans la 
profondeur de la feuille ; ce but est atteint par l'inclinaison des palis- 
sades : elles sont obliques à la surface de la feuille, et cela d'autant 
plus qu'on considère une portion de limbe plus rapprochée de la base ; 
vers le sommet de la feuille elles se redressent, deviennent plus hautes 
et plus denses ; assez souvent la multiplication de la surface de ce som- 



— xiv — 



met est obtenue soit par sa dilatation en un coussinet (Saxifraga oppo- 
silifolia, S. refusa), soit par la formation de lobes ou de tubercules 
[Ffaastia pulvinaris). Ce sont les coupes longitudinales qui sont les 
plus propres à mettre en évidence la disposition des palissades. 

Cultivées sous cloche, sous l'influence de l'humidité et sans doute 
aussi d'un éclairement plus faible, les plantes cespiteuses subissent des 
changements qui rappellent tout à fait ceux qu'a obtenus M. Bonnier 
dans ses cultures expérimentales à différentes altitudes. C'est ainsi que 
l'auteur figure un Silène acau/is, plante gazonnante par excellence, qui 
a pris le port élancé de beaucoup de nos Caryophyllées de plaine. 
L'épaisseur du mésophylle augmente, les parois cellulaires restent 
minces, et, ce qui est surtout intéressant, les palissades sont moins 
développées, se redressent et envahissent toute la surface du limbe. 

L'auteur n'a pas étudié les formes à feuilles enroulées. 

Il a examiné, parmi les plantes à mucus, les Primevères et les 
Gentianes ; leur mucilage forme une éponge qui emmagasine beaucoup 
d'eau et ne la laisse que difficilement évaporer. 

Pour ce quiestdes plantes velues, il décrit avec détail deux Composées 
de la Nouvelle-Zélande : Y Haastia pulvinaris et Y Osothamnus Selago ; 
une des faces de la feuille est protégée par un feutrage de poils, l'autre 
par une épaisse cuticule ; les stomates sont localisés sur la face velue 
et proéminent au-dessus du niveau de l'épiderme ; ce fait a déjà été 
signalé chez les plantes désertiques (Volkens). 

L'auteur termine par l'étude des petits Saules alpins et les compare 
aux mêmes espèces cultivées dans la plaine. Il montre le peu d'épais- 
seur des couches annuelles sur les exemplaires de haute altitude ; cette 
réduction est due non à la diminution du nombre des vaisseaux, mais 
à celle des éléments non conducteurs (parenchyme ligneux). 

L'auteur conclut que l'on retrouve dans l'organisation végétale 
l'empreinte des deux facteurs principaux du climat alpin : d'une part 
l'intensité de la radiation solaire, point sur lequel tout le monde est 
d'accord, d'autre part l'extrême variabilité de l'état hygrométrique. 

Il résulte en effet de divers tableaux météorologiques donnés par 
l'auteur que, dans la haute montagne, l'air est en moyenne plus humide 
que dans la plaine, mais qu'il se produit pendant l'été de brusques et 
grandes variations dans l'état hygrométrique, de sorte qu'on observe 
parfois une sécheresse atmosphérique comme il ne s'en produit jamais 
aux faibles altitudes. Ces variations sont, à n'en pas douter, un danger 
auquel les plantes alpines échappent grâce aux adaptations protectrices 
que le présent travail a mises en évidence. 

Ces résultats concordent, en somme, avec ceux auxquels sont déjà 
arrivés M. Bonnier et M. Wagner. « Si Leist et Wagner, dit l'auteur, 



n'ont pas trouvé chez les plantes alpines des moyens de défense bien 
manifestes contre la transpiration, c'est parce que, à mon avis, ils ont 
trop généralisé alors qu'ils n'avaient étudié qu'un très petit nombre de 
plantes saxicoles, et qu'ils se sont efforcés de découvrir des points de 
vue généraux s'appliquant à la végétation alpine sans tenir compte de 
la différence de station. » L. Vidal. 



PUBLICATIONS NOUVELLES 



Biographie, Bibliographie. 

103 Boudier : Notice sur Jean-Baptiste Barla (B. S. m., t. XIII, I er fasc, 
pp. 61-63. — B - S. b. Fr., 3 e sér., t. III, n° 8, pp. 541-542). 

Biologie, morphologie et physiologie générales. 

104 Hansgirg (Anton) : Zut- Biologie des Pollens (Oe. Z., XLVII ann., 
n° 2, pp. 48-52). 

105 Tolomei Giulio) : Azione dell' ellettricità sulla germinazione (Mlp., 
Vol. X, fasc. XI XII, pp. 493-511). 

Biologie, morphologie et physiologie spéciales. 
Phanérogames. 

106 Balland : Sur la diminution de la matière azotée dans les Blés du dé- 
partement du Nord (C. R., t. CXXIV, n° 3, pp. 158-159). 

107 Balland : Sur les principaux Blés consommés en France (C. A'., 
t. CXXIV, n° 1, pp. 40-42). 

ic8 Cornu (Maxime) : Note sur le Quassia af ricana H. Bn. {B. S. b. Fr., 
3 e sér., t. III, n° 8, pp. 523-539). 

108 bis Futterer (Wilhelm) : Beitrâge zur Anatomie und Entwicklungsge- 
schichte der Zingiberaceae [fin] (B. C, t. LXIX, n° 2-3, pp. 35-46, 1 pi.). 
— Voir n° 22. 

109 Hirase (S.) : Untersuchungen iiber das Verhalten des Pollens von 
Ginkgo biloba {B. C, t. LXIX, n° 2-3, pp. 33-35). 

no Hochreutiner (Georges) : Notice sur la répartition des Phanérogames 
dans le Rhône et dans le port de Genève {B. H. B., t. V, fl° 1, pp. 1- 
14, 1 pi.). 

ni Kuester (E.) : Die anatomischen Charaktere der Chrysobalaneen, ins- 
besondere ilire Kieselablagerungen {B. C, t. LXIX, n os 2-3, 4, 5, 
pp. 46-54, 97-106, 130-139 [à suivre], 1 pi.). 

112 Leclerc du Sablon : Sur la germination des Amandes {R. g. B , t. IX, 

n °97, PP- 5" 16 )- 



— XVI 



H3 Murr (J.) : Strahllose BliJten bei heimischen Kompositen (D. b. M., 
XIV e ann., n° 12, pp. 161-164). 

114 Murr (J.) : Ueber gefùllte Bluten in der heimischen Flora {D. b. M., 
XIV e ann., n° 10-11, pp. 133-136). 

115 Neger (F. W.) : Zur Biologie der Holzgewâchse im siidlichen Chile 
(B.J., t. XXIII, fasc. 3, pp. 369-381, 1 pi.). 

116 Planchon (Louis) : Observations et expériences sur l'ouverture des 
fleurs de YŒnotkera Lamarckiana Ser. (B. S. b. Fr., 3 e sér., t. III, 
n° 8, pp. 455-476, 10 fig. dans le texte). 

117 Van Tieghem (Ph.) : Sur les Phanérogames à ovules sans nucelle, for- 
mant le groupe des Innucellées ou Santalinées (B. S. b. Fr,, 3 e sér., 
t. III, n° 8, pp. 5+3-577). 

Algues. 

117 bis Vuillemin (Paul). — Voim os 123 et 124. 

Lichens. 

118 Ferry. (R.) : Les recherches du Professeur Fûnfstûck sur la production 
des corps gras chez les Lichens calcicoles (R. m., 19 e ann., n° y^^ 

PP- ï-3)- 

Champignons. 

119 Chodat (R.) : Expériences relatives à l'action des basses températures 
sur Mucor Mucedo (B. H. B., t. IV, n° 12, pp. 890-897). 

120 Gérard (E.) : Sur les cholestérines des Champignons (B. S. m., t. XIII, 
i or fasc, pp. 19-23). 

121 Gerber (C.) : Influence de la température et de l'aliment sur le quotient 
respiratoire des moisissures (C. R., t. CXXIV, n° 3, pp. 162-164). 

122 Ray (Julien) : Sur le développement d'un Champignon dans un liquide 
agité renfermant un obstacle fixe {B. S. m., t. XIII, I er fasc, p. 55). 

123 Vuillemin (Paul) : Association du Chastophoma oleacina et du Bacillus 
Olese [B. S. m., t. XIII, 1 e1 ' fasc, pp. 44-46). 

124 Vuillemin (Paul) : Association et dissociation parasitaires chez les 
Agarics [mycose et myco-bactériose] (B. S. m., t. XIII, i er fasc, 

PP- 46-54). 

Systématique, géographie botanique. 

Phanérogames. 

125 Alboff (Nicolas) : Contributions à la flore de la Terre de Feu. I. Ob- 
servations sur la végétation du canal de Beagle (Extrait de la Revista 
del Museo de la Plata, t. VII, 1896, 32 pag., 4 pi.). 

126 Alboff (N.) et Fr. Kurtz : Contributions à la flore de la Terre de Feu. 
II. Enumération des plantes du canal de Beagle et de quelques autres 
endroits de la Terre de Feu {Ibid., 48 p., 8 pi.). 

Espèces nouvelles décrites : Cerastium fuegianum N. Alb., Acaena 



— XVII — 



tenera N. Alb., A. nudicaulis N. Alb., Saxifraga Albowiana F. Kurtz, 
Nassauvia heterophylla N. Alb., Leuceria lanata N. Alb., L. gracilis 
N. Alb., Macracksenium foliosum N. Alb., Hieracizim Philippii N. Alb., 
Sctiecio Kurtzii N. Alb., S. auriculatus N. Alb., Armeria bella N. Alb., 
Elymus Atbozvianus F. Kurtz. 

127 Baker (Edmund G.) : Notes on Tkespesia (/. <?/#., Vol. XXXV, n°4io, 

PP- 5°-54)- 

Nouvelle espèce décrite : Tkespesia trilobata. 

128 Battandier (A.) : Notes sur quelques plantes d'Algérie (B. S. b. Fr., 
3 e sér., t. III, n° 8, pp. 477"4^3)- 

129 Braun (H.) und A. Topitz : Ueber einig-e neue Formen der Gattung 
Mentha. IV (D. b. M., XIV e ann., n° io-ii, pp. 140-145). 

130 Briquet (John) : Fragmenta Monographiae Labiatarum.Labiatae ameri- 
canae Kuntzeanae [fin] {B. H. B., t. IV, n° 12, pp. 847-878, 1 fig. dans 
le texte). 

Espèces nouvelles décrites : Sphacele heteromorpha, Sph. inflata, Sa/via 
rypara, S. tiraquensis, S. erytkradena, S. sophrona, S. minarum, S. re- 
tinervia, S. gasterantha, S. Kuntzeana, S. chariantha, S. melanocalyx, 
S. amplifrons, S. oxyphora, S. avictdaris, S. pseudo-avicularis , Stachys 
petiolosa, St. Lorentsii, St. Galanderi, St. boliviana, St. tucumanensis, 
St. dubia, Satureia Kwitzecina, Ceratominthe (gen. nov.) achalensis, 
C. Kuntzeana, spp. nn. 

131 Camus (G.) : Les Aconits à fleurs jaunes de la flore de France {B. S. 
b. Fr., 3 e sér., t. III, n° 8, pp. 516-518). 

132 Carr (J. W.) : Hypericum linarifolium in Carnarvonshire (J. 0/ B., 
Vol. XXXV, n°4io, p. 58). 

133 Chabert (Alfred) : Sur le Tetragonolobus Reqtcieni Fischer et Mey 
d'Algérie {B. S. b. Fr., 3 e sér., t. III, n° 8, pp. 603-605). 

134 Chodat (R.) : Polygalaceaî novae vel parum cognitae. VI {B. H. B., 
n° 12, pp. 898-912). 

Espèces nouvelles décrites : Polygala tristis, P. Edmundi. 

135 Clos (D.) : Observations afférentes aux Erodium cicutarium et prsecox 
et à YEcballium Elaterium (B. S. b. Fr., 3 e sér., t. III, n° 8, pp. 605- 
611). 

136 Conti (Pascal) : Classification et distribution des espèces européennes 
du genre Matthiola (B. H. B., t. V, n° 1, pp. 31-59, 1 carte). 

137 Coste (abbé H.) : Cinq plantes nouvelles découvertes dans PAveyron 
(B. S. b. Fr., 3 e sér., t. III, n° 8, pp. 505-512). 

Nouveautés décrites : Rosa amiliavensis (R. Pouzini X glauca), Thymus 
camaresiensis, Salix basaltica (S. pentandra X aurita), 6". altobracetisis 
(S. pentandra X cinerea), Piptatherum arisitense. 

138 Degen (A. von) : Bemerkungen iiber einige orientalische Pflanzenarten. 
XXVIII (Oe. Z., XLVII e ann., n» 2, pp. 52-53). 



XVIII 



139 Engler (A.) : Beitrag-e zur Flora von Afrika. XIII {B. J., t. XXIII, 
fasc. 3, pp. 412-448 [à suivre]). 

K. Schumann : Rubiaceae africanae. 

Espèces nouvelles décrites : Oldenlandia angolensis, O. cuspidata, 
O. gregaria, O. juncoides, O. microcalyx, O. papillosa, O. rosulata, 
O. sipancoides, O. spermacocina, O. slaelioides, O. subverticillata, Pentas 
cleistostoma, P. Mechozviana, P. volubilis, Virecta heteromera, Olomeria 
inicrantka, Argostema africanum, Hymenodictyon bractealum, Cory- 
nanthe macroceras, Urophyllum divaricatum, Sabicea Dincklagei, S. flo- 
ribunda, S. speciosa, Ecpoma (nov. gen.) apocynaceum, Leptaclinia euclr 
nioides, L. formosa, L. latifolia, L. lanceolata, Ckomelia Mechowiana, 
Ch. oligoiieura, Randia annulata, R. Engleriana, R. hispida, R. micrau- 
tha, R. ochroleuca, R. psychotrioides, R. rhacodosepala, R. sireplocaulon, 
R. sulphurea, G-irdenia imperialis, G. lateriflora, Telrastigma magnifi- 
cum, Tricalysia glabm, T. griseiflora, T. Mechowiana, T. oligoneura, 
T. Soyauxii. 

140 Finet (E.-Ach.) : Sur le genre Yoania Maximowicz (B. S. b. Fr., 
3 e sér., t. III, n° 8, pp. 601-603, 1 pi.). 

141 Finet (E.-Ach.) : Sur un Omithochilus nouveau de la Chine [O. Dela- 
vayi] (B. S. b. Fr., 3 e sér., t. III, n° 8, pp. 495-497, 1 pi.). 

142 Fiori (Adriano) : Sopra alcuni Amaranti naturalizzati in Italia e sulla 
presenzadi Azolla caroliniana in frutto presso Chiog-gia (Mlp., Vol. X, 
fasc. XI-XII, pp. 551-555). 

143 Franchet (A.) : Gentiana nouveaux de la Chine occidentale [B. S. b. 
Fr., 3 e sér., t. III, n° 8, pp. 483"495)- 

Espèces nouvelles décrites : Gentiana samolifolia, bellidifolia, »iyrio- 
clada, maeulchanensis, napulifera, praticola, tatsienensis, tongolensis, 
iricholoba, Souliei, gentilis, Kusnesowii, Phob, tizuensis. 

144 Fritsch (Karl) : Ueber eine neue Cardamine \C.Fialse\ aus der Herce- 
govina {Oe. Z., XLVII e ann., n° 2, pp. 44-46). 

145 Gagnepain (F.) : Espèces ou localités nouvelles pour la Nièvre [1896] 
{B. S. b. Fr., 3 R sér., t. III, n° 8, pp. 449-454)- 

146 Groves (H. and J.) : Euphrasia Salisburgensis Funk, in Galway (/. of 
B., Vol. XXXV, n° 410, p. 58). 

147 Halâcsy (E. v.) : Florula Sporadum [Oe. ^.,XLVII e ann., n° 2, pp. 60- 
62 [à suivre]). 

147 bis Hochreutiner (Georges). — Voir n° 110. 

148 Hoeck (F.) : Pflanzen dcr Schwarzerlenbestânde Norddeutschlands. 
Eine pflanzeng-eographische Untersuchung- {B. J., t. XXII, fasc. III, 
PP- 55Ï-57 6 [à suivre]). 

149 Holuby (J. L.) : Die Nessel \Uriica dioica L.] bei den Slovaken des 
Trentschiner Komitates (D. b. M., XIV e ann., n° 10-n, pp. 138-140). 

150 Issler (E.) : Iîeitrage zur Flora von Colmar und Umg-ebung- im Elsass. 
IV {D. b. M., XIV e ann., n° 10-11, pp. 146-156). 



XIX 



151 Langeron (Maurice) : Note sur la découverte du Goodyera repens dans 
la Côte-d'Or (Extrait du Bullet. de la Soc. d'Horticult. et de Viticult. 
de la Côte-d'Or, 1896, 7 pag.). 

152 Macvicar (Symers M.) : Plants of Tirée and Coll (/. ofB., Vol. XXXV, 
n° 4io, PP- 54-57)- 

153 Magnin (Ant.) : Essai d'une revision des Potamots de France, notam- 
ment de ceux de l'Est [Jura, Lyonnais, Dauphiné] {B. S. b. Fr., 3 e sér., 
t. III, n° 8, pp. 434-449)- 

154 Neger (F. W.) : Die Vegetationsverhàltnisse im nôrdlichen Araucanien 
[Flussgebiet des Rio Biobo] {B. J., t. XXIII, fasc. 3, pp. 382-41 0. 

155 Nicotra (L.) : Addenda ad floram italicam (Mlp., Vol. X, fasc. XI-XII, 
pp. 561-566). 

156 Rogers (Rev. W. Moyle) : On some scottish Rubi (/. of B., Vol. XXXV, 
n° 410, pp. 42-50). 

157 Rottenbach (H.) : Zur Flora des Inselsberges (B. b. M., XIV e ann., 
n° 12, pp. 164-165). 

158 Rouy (G.) : Revision du genre Onopordon {B. S. b. Fr., 3 e sér., t. III, 
n° 8, pp. 577-599). 

159 Schinz (H.) : Beitrâge zur Kenntniss der Afrikanischen Flora {B. H. B., 
t. IV, n° 12, pp. 809-846). 

Gkamine^e [E. Hackel] : Tetrapo gon Jlabellatus, Willkommia Newtonii, 
spp. nn. 

Amaryllidacées [H. Schinz | : Hessea Bachmanniana, sp. n. 

Nvctaginace.e [A. Heirmerl] : Boerhavia squarrosa, sp. n. 

Crassulace.e [H. Schinz] : Kalanchoe Kelleriana, sp. n. 

Leguminosje [H. Schinzj : Baphia obovata, sp. n. 

Apocynace.e [H. Schinz] : Baissea Wulfhorstii, sp. n. 

Verbenace/e [Max Gûrke] : Vitex Rehmanni, sp. n. 

Labiat.e [Max Giirke] : Pycnostaçhys congensis, Aeolantkus Rehmanni, 
Ae. Stormsii, spp. nn. 

Cucurbitace.e [A. Cogniaux] : Momordica sessilifolia, Cocciniahirtella, 
C. ecirrhosa, Oreosyce Kellerii, spp. nn. 

Composit.e [F. W Klatt] : Vemonia centauroîdes, V. collina, V. Dupui- 
sti, V. eriocephala, V. Eritreana, V. Galpinii, V. Hensii, V. sphacelata, 
V. ligna, Aster Woodii, A. xylophyllus, Felicia lingulata, Triplocepka- 
lum glabrifolium, Amphidoxa glandulosa, Helichrysum agrostophilum, 
H. araneosum, H. calocephalum, H. confertifolium, H. floccosum, 
H. opacztm, H. oreophilum, H. polycladum, H. prascinctum, Wedelia 
trilcrnata, Lidbeckia iniegrifolia, Senecio Barbertonicus, S. Hœpfne- 
rianus, S. prostratns, S. irifurcatus, Euryops fransvaalensis, Dicojna 
ramosissima, Gerbera Galpinii, G. tuberosa, spp. nn. 

160 Timm (C. T.) : Vier Wochen in Steigerthal am Harz. Eine botanische 
Ruckerinnerung (Z>. b. M., XIV e ann., n° 12, pp. 165-173). 

161 Tonduz (Ad.) : Herborisations au Costa-Rica. IV {B. H. B., t. V, n° 1, 
pp. 15-30 [à suivre]). 



— XX — 



i62 Uline (Edwin B.) : Dioscoreae mexicanae et centrali -americanae (B. /., 
t. XXII, fasc. III, pp. 421-432). 

Espèces nouvelles décrites : Dioscorea violacea, albicaulis, Isevis, urceo- 
lala, reversijîora, lobata, Liebmannii, esurientium, Lehmanni, atrostigma, 
matagalpensis. 

163 Vaccari (Antonio) : Supplemento alla Flora dell 1 Arcipelago di Madda- 
lena [Sardegna] (Mlp., Vol. X, fasc. XI-XII, pp. 521-534). 

164 Winter (Paul) : Zur Flora Carniolica. IV (Z>. b. M., XIV e ann., n° 10- 
11, PP- i57-i6o). 

165 Zschacke (Hermann) : Zur Flora von Hecklingen und Sandersleben. 
IV (D. b. M., XIV e ann., n° 10-11, pp. 136-138). 

Cryptogames vasculaires. 
165 bis Alboff (N.) et Fr. Kurtz. — Voir n° 126. 

165 ter Fiori (Adriano). — Voir n° 142. 

166 Hieronymus (G.) : Beitrâge zur Kenntnis der Pteridophyten-Flora der 
Argentina und einig-er angrenzender Teile von Uruguay, Paraguay 
und Bolivien [fin] {B.J., t. XXII, fasc. III, pp. 369-420). 

Espèces nouvelles décrites : Aspidium Galanderi, Arechavaletœ, acha- 
lense, siambonense, pseudomoutanum ; Asplenium Lorentzii, achalense, 
tucumanense ; Pellaza Lorentsii ; Adiantum Lorenizii, pseudotinctum ; 
Gymnogr anime Lorentzii, Polypodium tucumanense, Lorentsii ; Acrosti- 
chum Lorentsii, crassipes ; Selaginella Niederleinii, Lorentsii, tucuma- 
nensis. 

166 bis Hoeck (F.) — Voir n° 148. 

166 ter Neger (F. W.). — Voir n° 154. 

167 Reinecke (F.) : Die Flora der Samoa-Insein [suite] (B. J., t. XXIII, 
fasc. 3, pp. 305-368). 

Christ : Pteridophyten. 

Espèces nouvelles décrites : Davallia longicauda, D. (Prosaptia) Rei- 
neckei, Hypolepis aspidioides, Selaginella scoparia. 

167 bis Tonduz (Ad.). — Voir n° 161. 

Muscinées. 

168 Bomansson (J. 0.) : Bryu-m lutescens sp. nov. et B. maritimum sp. n. 
(R. br., 24 e ann., n° 1, pp. 1-2). 

169 Brunnthaler (Josef) : Pogonatum nanum X aloides (Oe. Z. t XLVII e ann., 
n° 2, pp. 46-48). 

170 Bureau (Emile) et Fernand Camus : Les Sphaignes de Bretagne [suite] 
(Bullet. de la Soc. des scienc. natur. de l'Ouest de la France, t. VI, 
n° 4, pp. 247-305 [a suivre]). 

171 Bureau (Emile) et Fernand Camus : Quatre Sphagnum nouveaux pour 
la flore française, et liste des espèces françaises du genre Sphagnum 
{B. S. b. Fr., 3 e sér., t. III, n° 8, pp. 518-523). 



XXI 



172 Massalongo (C.) : Novità délia flora briologica del Veronese (B. S.b. i, 
1896, n° 8, pp. 209-211). 

173 Mueller (C.) : Musci nonnulli novi Guianae Anglicae prope Georgetown 
ad cataractas « Marshall fais » fluvii Mazaruni a cl. J. Quelch collecti 
{Mlp., Vol. X, fasc. XI-XII, pp. 512-520). 

Espèces nouvelles décrites : Octoblepharum purpureo-brunneum, Leu- 
cobryum (Ulobryum) oobasis, Leucophanes (Tropinotus) calymperaceuni, 
Syrrhopodon {Eusyrrhopodon) scaberrimus, Macromitrium (Eumacro- 
initrium) pentagonum, Scklotheimia (Ligularia) macromitrioides , Me- 
teorium (Squarridium) viridissitnum, Crossomitrium raduUeforme, 
C. ramulicolum, Leucomium Guiauense, Plagiothecium radicisetum, 
P. unilatérale, Aptychus concinnus, A. grammicarpus, A. (Potamium) 
leucodontaceus, A. micropyxis, Sigmatella (Papillidium) Guiana?, 
S. ( Trickosteleum) impellucida, S. (Limnobiella) Quelchii, Thuidiiim 
verrucipes. — Hepatica nova : Lopholejeunea Quelchii Stephani. 

174 Mueller (C.) : Prodromus Bryologias bolivianae (iV. G., nouv. sér., 
Vol. IV, pp. 5-50 [à suivre] ). 

Espèces nouvelles décrites : Fissidens oligophyllus / Disiickium stric- 
tifolium ; Leucobryum macro-falcatum, strie tum, calycinum ; Spha- 
gnum gracilum ; Funaria inflata, incurvifolia, boliviana * ; Entltostho- 
don subtilis, apiculatus *, cartilagi/ieus *, verrucosus, glabripes ; 
Tayloria Cochabambœ, Mandoni ; Mniuiu ligulatum ; Catharinca asqui- 
nociialis * , pygmaza, grossidens, integrifolia; Polytrichum Geriuainii, 
polycarpum *, secundulum, cuspidigerum, cuspidiroslrum * , p.\teiis, 
tenellum ; Bryum nanopliyllum, ni gro-purpureum, genucaule, micro- 
comosum, caulifolium, Rusbyanuni, schisticolum, barbuloides, verru- 
cosum, brachypodium, lonchotrachylon, longifolium *, Mandoni , apo- 
physatum, capillipes , obtusatissimum, humillimum , cymbifolium; 
Alielichoferia longipes, lonchocarpa, sericea *, cygnicolla *, minuiifolia, 
minutissinia, niodesta, aurifolia, boliviana *, decurrens ; Dicranum 
bolivianum, Germainii, speclabile *, leucognoodes, densicoma, perre- 
duncum, spurio-concolor, perexile, multicapsulare *, triviale, nano-fili- 
folium ; Pilopogon liliputanus ; Holomitrium macrocarpum, bolivianum; 
Angstrômia nanocarpa, macros toma ' ; Globulina boliviana; Symble- 
pharis boliviana ; Bartramia secunda *, fragilifolia, thrausta *, per- 
pusilla, auricola, filiramea , breviseta *, Guyabayana *, minutissima, 
asperrima, pugionifolia, pinnulata, didymocarpa *, tnacrocarpa *, 
mniocarpa *, secundifolia, scorpioides, brachyphylla ; Couostomum 
éequinoctiale* ; Syrrhopodon serpen/inus, brachystelioides ; Encalypta 
vernicosa ; Streptopogon Boliavanus. 

Les espèces marquées d'un astérisque sont des espèces de la collection 
Mandon, déterminées autrefois par Schimper, mais qui n'avaient pas été 
décrites. 

175 Philibert (H.) : Nouvelles observations sur les Philonotis de la section 
capillaris (R. br., 24 e ann., n° 1, pp. 2-15). 

175 bis Reinecke (F.) : Die Flora der Samoa-Inseln. — Voir n° 167. 
F. Stephani : Hepaticae (fin). 

Espèces nouvelles décrites : Plagiochila bicornuta, P. innovans, P. Rei- 
neckeana, Scapanïa cuneifolia, Cololejeunea Reineckeana, Brachiolejeu- 



— XXII — • 

nea flavo-virens, Acrolejeunca selacea, Lopholejeunca Rcineckeana, P/y- 
cholejeunea samoana, Frullania immersa, Anthoceros appcndiculattcs- 

C. Mueller : Musci. 

Espèces nouvelles décrites : Trematodon Reineckci, Angs/rômia (Dicra- 
nella) samoana, Saulonta capillare, Sigmatella glabriseta, Vesicularia 
subiujiectens. 

176 Schiffner (Victor) : Bryologische Mittheilungen aus Mittelbohmen 
[suite] {Oe. Z., XLVII e ann., n° 2, pp. 54-59 [à suivre]). 

177 Solms-Laubach (H. zu) : Ueber Exormotheca Mitten, eine wenig be- 
kannte Marchantiaceengattung {B. Z., 55 e ann., i e part., fasc. I, pp. 1- 
16, 1 pi.). 

177 bis Tonduz (Ad.). — Voir n° 161. 

Algues. 

178 Chodat (Robert) : Sur la flore des neiges du Col des Ecandies [massif 
du Mont-Blanc] (B. H. B., t. IV, n° 12, pp. 879-889, 1 pi.). 

178 bis Macvicar (Symers M.). — Voir n° 152. 

179 Preda (A.) : Di un Alga rara, nuova per la ficologia labronica {Constan- 
tinea reniformis Post. et Rupr.] (B. S. b. i., 1896, n° 9, pp. 312-314). 

180 Schmidle (W.) : Gongrosira trentepohliopsis n. sp. {Oe. Z., XLVII 6 ann., 
n° 2, pp. 42-44, 1 fig. dans le texte). 

180 bis West (W.) and G. S. West : Welwitsch's african freshwater Algas 
[suite] (/. of B., Vol. XXXV, n° 410, pp. 33-42 \à suivre], 5 pi.). — 
Voir n° 75. 

Espèces nouvelles décrites : Psephotaxus (gen. n.) lamellosiis, Trenle- 
pohlia pkyllophila, Rhizoclonium crassipellitum , Pithophora radians, 
Pemnogametum (gen. n.) heterosporum, Mougeotia uberosperma, M. ii-rc- 
gularis, M. angolensis, Gonatonema tropicum, Pyxispora (gen. n.) mira- 
bilis, Spirogyra, Wehvitschii, S. cylindrospora. 

181 Toni (G. B. de) : Pugillo di Algha australiane raccolte ail' isola di Flin- 
ders (B. S. b. i., 1896, n° 8, pp. 224-231). 

Lichens. 

181 bis Tonduz (Ad.). — Voir n° 161. 

Champignons. 

182 Boudier : Nouvelles espèces ou variétés de Champignons de France 
{B. S. m., t. XIII, I er fasc, pp. 11-18, 3 pi.). 

Nouveautés décrites : Pieuroius ostreatus var. nudipcs, Ilygrophorus 
turundus var. lepidus, Psathyra Typha? var. Iridis, Ramaria Rieli, 
Aleuria olivacea, Ascophanus (Cubonia) dentatus, HelotiU)>i fiilvum, 
II. Cuniculi. 

183 Boulanger (Ém.) : Sur une forme conidieune nouvelle dans le genre 
Chtvtomium (R. g. B., t. IX, n° 97, pp. 17-26, 3 pi.). 

Espèce nouvelle décrite : Cfcvtomium Zopfii. 



XXIII — 



i8+ Chatin (Ad.) : Truffes (Terfaz) de Grèce (B. S. b. Fr., 3 e sér., t. III, 
n° 8, pp. 611-617, 1 fig". dans le texte). 

185 Costantin (J.) : Sur une Entomophthorée nouvelle [Boudierella coro- 
iiata gen. n. sp. n.] (B. S. m., t. XIII, I er fasc., pp. 38-43, 2 pi.). 

186 Fautrey (F.) : Macrosporium Solani Rav. (R. m., 17 e ann., n° 73, p. g). 

187 Ferry (R.) : Un Hyménomycète d'abord gymnocarpe, puis angiocarpe 
[Hemigaster candidus Juel] (R, m., 19 e ann., n° 73, pp. 3-6, 1 pi.). 

188 Gillot (X.) : Note sur le Polysaccum crassipes DC. (R. m., 19 e ann., 
u ° 73, PP- 9-i 0- 

189 Godfrin (Julien) : Espèces critiques d'Agaricinées. — Lepiota cepœsti- 
pes et L. lutea [B. S. m., t. XIII, I er fasc, pp. 33-37). 

190 Massalongo (C.) : Di una nuova specie di Peronospora per la llora ita- 
lica {B. S. b. t., 1896, n° 8, p. 298). 

191 Massalongo (G.) : Sulla scoperta in Italia délia Tecaphora affinis 
Schneid. (B. S. b. t., 1896, n° 8, pp. 211-212). 

192 Perrot : Rapport sur les excursions faites par la Société mycologique 
de France, du 25 au 30 septembre 1896, aux environs de la ville d'Eu 
[Seine-Inférieure] (B. S. m., t. XIII, i e * fasc, pp. I-XI). 

193 Vuillemin (Paul) : Le Cladochytrium pu/posum parasite, des Betteraves 
(B, S. b. Fr., 3« sér., t. III, n" 8, pp. 497"5°5)- 

Nomenclature. 

194 Briquet (John) : A propos de l'article 57 des lois de la nomenclature 
(B. H. B., t. V, n° 1, pp. 6668). 

195 Garke (A.) : Einige nomenclatorische Bermerkungen {B. J., t. XXII, 
fasc. III, Suppl., n° 55, pp. 1-10). 

196 Rouy (G.) : Sur l'application rigoureuse de la règle d'antériorité de la 
dénomination binaire dans la nomenclature (B. H. B., t. V, n° 1, 
pp. 60-65). 

Paléontologie. 

197 Scott (D. H.) : On Cheirostrobus (C/i. Pettycurensis), a new type of 
fossil cône from the calciferous Sandstone (Communication faite à 
la Société royale de Londres le 21 janv. 1897). 

Pathologie et tératologie végétales. 

198 Arcangeli (G.) : Sul Rossore délia Vite {B. S. b. t., 1896, n° 8, pp. 240- 

245)- 

199 Lutz (L.) : Étude de la gommose chez YAralia spinosa {B. S. b. Fr., 
3 e sér., t. IH, n°8, pp. 5i3"5 l6 )- 

200 Massalongo (C.) : Sui fiori mostruosi di Jasminum grandiflorum L. a 
corolla non clecidua (B. S. b. t., 1896, n° 8, pp. 297-298). 

201 Peglion (Vittorio) : Una nuova mallatia délia Canapa [Bacteriosi dello 
stelo] (Mlp., Vol. X, fasc. XI-XII, pp. 556-560). 



XXIV — 



202 Preda (A.) : Di alcune casi teratologïci osservati su tiori délia Primula 
suaveolens Bert. (B. S. b. t., 1896, n°9, pp. 305-306). 

203 Pim (Grennwood) : New fung-al disease of Râpe (/. of B., Vol. XXXV, 
n° 4!o. PP- 57-58). 

Espèce nouvelle décrite : Ramularia Rapse. 

204 Prillieux (Edouard) : Altération vitreuse de la Pomme (B. S. b. Fr., 
3 e sér., t. III, n° 8, p. 600). 

205 Roze (E.) : La maladie de la Gale de la Pomme de terre et ses rapports 
avec le Rhizoctonia Solani Kûhn {B. S. ;/z., t. XIII, I er fasc, pp. 23-28). 

206 Roze (E.) : Nouvelles observations sur les Bactériacées de la Pomme de 
terre {B. S. m., t. XIII, i er fasc., pp. 29-32). 

207 Solla (R.) : Enumerazione di casi patologici osservati nella toresta di 
Vallombrosa {B. S. b. t., 1896, n° 8, pp. 269-278). 

208 Solla (R.) : Alcunisag-giteratologici délia flora diVallombrosa(i?. S.b. ?'., 
1896, n° 8, pp. 261-269). 

209 Viala (P.) : Sur le développement du Rot blanc de la Vig-ne \Charrinia 
diplodiella\ (C. R., t. CXXIV, n° 2, pp. 105-106). 

Sujets divers. 

210 Andersson (Gunnar) : Die Geschichte der Veg-etation Schwendens 
(B. /., t. XXII, fasc. III, pp. 432-550, 13 fig\ dans le texte et 2 pi.). 

211 Bouchet (L.) : Note sur un empoisonnement par les Champignons (B. 
S. m., t. XIII, I er fasc, pp. 59-60). 

212 Dupain (V.) : Note sur un nouveau cas d'empoisonnement par VAma 
nita pantherina {B. S. m., t. XIII, I er fasc, pp. 56-58). 

213 Feroci (A.) : Discorso letto in Pisa nella solenne inaugurazione di una 
lapide per ricordare la fondazione dell 1 Ortobotanico pisano(Z?. S. b.i., 
1896, n° 8, pp. 281-290). 

214 Galloway (B. T.) : The Buitenzorg Gardens {B. G., Vol. XXII, n° 6, 
pp. 496-497)- 

215 Giltay (E.) : Pasteur und die alkoholische Gâhrung (/. w. B., t. XXX, 
fasc. 1, pp. 71-80). 

216 Lajos (Richter; : Ueber Herbare (B. b. M., XIV e ann., n° 12, pp. 174- 
176). 

217 MacDougal (D. T.) : A tropical laboratory (3. G., Vol. XXII, n° 6, 
p. 496). 

218 MacDougal (D. T.) : Duplication of contributions (B. G., Vol. XXII, 
n° 6, pp. 498-499)- 

219 MacMillan (Conway) : On the formation ofcircular Muskeag in Tama- 
rach Swamps (B. T. C, Vol. 23, n° 12, pp. 500-507, 3 pi.). 



Paris. — J.Mersch,imp.,4 4,s , Av. deClmtillon. 



JOURNAL DE BOTANIQUE 

11 e année. — Supplément n° 3. — 16 Mars 1897. 

n n l - L .L -.-.- i .q- i - 1 - - 1 -i -1 -~r 1 i i~ - — ■ — i — ■ — i — — i ----■---■ — ---—■—["--■■--- ----------- - -- --._.- - r . — 

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 



COMPTES RENDUS 



Hirase (S.). — Untersuchimgen ûber das Verhalten des Pollens von 
Ginkgo biloba. Vorlàufige Mittheilung. (Botanisches Centralblatt, 
Bd. LXIX, n° 2-3, 1897, pp. 33-35.) 

Ikeno (S.). — Vorlàufige Mittheilung ùber Spermatozoiden bel 
Cycas revoluta. (Ibid., n° 1, pp. 1-3.) 

Ces deux Notes préliminaires ont pour objet de signaler une dé- 
couverte de la plus haute importance, celle de la production d'anthé- 
rozoïdes dans le tube pollinique du Ginkgo biloba et dans celui du 
Cycas revoluta. 

On sait que le grain de pollen mûr du Ginkgo comprend deux 
petites celluks aplaties, et une grande qui se développe en un tube 
pollinique d'une forme spéciale. La cellule intermédiaire se dédouble 
en deux autres, dont l'une, celle qui est à l'opposé du tube pollinique, 
se résorbe ensuite, tandis que l'autre grandit un certain temps; elle 
prend ainsi une forme elliptique et une sphère attractive se montre à 
chaque extrémité de son grand axe. Puis cette cellule se partage à son 
tour en deux cellules-filles qui, au lieu d'aller se fusionner telles 
quelles avec l'oosphère, se transforment d'abord chacune en un anthé- 
rozoïde. 

Ces anthérozoïdes sont ovales et mesurent 82 [/. en longueur et 
49 \l en largeur; le noyau est central, complètement entouré par du 
protoplasme. La tète comprend trois tours de spire adhérents, munis de 
nombreux cils, et se termine par un appendice en pointe. A leur sortie 
du tube pollinique, les anthérozoïdes se meuvent en tournant très 
rapidement dans un liquide que présente à ce moment le nucelle. 

Les anthérozoïdes découverts par Ai. Ikeno chez le Cycas revoluta 
se développent de la même manière et ont une structure analogue ; 
seulement les observations de ce botaniste n'ayant porté que sur des 
matériaux fixés par différents réactifs, il n'a pu s'assurer de la motilité 
de ces anthérozoïdes. 

On peut regretter que les auteurs n'aient pas donné quelques figures 
représentant les phases successives des phénomènes si intéressants 



— XXVI — 



qu'ils décrivent dans les deux Notes en question d'une façon très som- 
maire. M. Hirase a bien exposé un peu plus longuement ses observa- 
tions dans le numéro d'octobre dernier de i The Bota?iical Maga- 
sine » (i), l'organe de la Société botanique deTokio ; malheureusement, 
comme c'est le cas pour beaucoup de mémoires publiés dans ce Re- 
cueil, le titre seul de l'article est en anglais, tandis que l'article lui- 
même est écrit en japonais, c'est-à-dire dans une langue qui n'est pas 
encore d'un usage courant en Europe. L. Morot. 



PUBLICATIONS NOUVELLES 



Biographie, Bibliographie. 

220 Britten (James) : John Whitehead (/. of B., Vol. XXXV, n° 411, 
pp. 89-92, 1 portrait). 

221 Grilli (C.) : Intorno ail' opéra « Les Lichens des environs de Paris » 
par W. Nylander e cenno di altri lavori di Lichenografia (B. S. b. i., 
1896, n° 9, pp. 308-311). 

222 Nicotra (Leopoldo) : Dai miei studii sulla litteratura dell' antobiologia 
(B. S. b. i., 1896, n°8, pp. 299-304). 

223 Pasquale (F.) : Prima aggiunta alla bibliografia délia flora vascolare 
délie provincie meridionali d'Italia {B, S. b. i., 1897, n° 1, pp. 19-22). 

Biologie, morphologie et physiologie générales. 

224 Nilsson (Herman) : Iakttagelser ôfver de môrka vârmestralarnas i 
solljuset inflytande pâ vâxternas organisation {B. N., 1897, n ° ' > 
PP- 33-44)- 

225 Potonié (H.) : Die Herkunft des Blattes (D. b. M., XV e ann., n° 1, 
PP- o-n). 

226 Rivière (Gustave) et G. Bailhache : Contribution à la physiologie de 
la greffe. Influence du porte-greffe sur le greffon (C. K., t. CXXIV, 
n° 9, pp. 477-480). 

227 Tognigni (Filippo) : Anatomia végétale {Collection des Manuels Hœpli, 
in-16, XV-274 pages, 141 fig. dans le texte, Milan, 1897). 

Biologie, morphologie et physiologie spéciales. 

228 Arcangeli (G.) : La comunicazione preliminare sopra la cellula del 
canale nclla Cycas revolulaàel Professore S. Ikeno di Tokio (B. S. b. i., 
1896, n° 9, pp. 306-307). 

1. S. Hirase, On the spermatosoid of Ginkgo biloba {The Botanical 
Magasine, Tokio, X, l'art I, p. 325-328). 



— XXVII — 



22Q Arcangeli (G.) : Sulla struttura e sulla disseminazione dei semi del 
Pancratiunt maritimnm L. (B. S. b. i., 1896, n° 8, pp. 278-280). 

230 Burkill (J. H.) : Fertilization of spring flovers on the Yorkshire coast 
(/. of B., Vol. XXXV, n° 411, pp. 92-99 [à suivre']). 

231 Coulter (John M.) : Notes on the fertilization and embryogeny of 
Conifers (B. G., Vol. XXIII. n° 1, pp. 40-43, 1 fig. dans le texte et 1 pi.). 

232 Gillot (F. X.) : Cas de floraison précoce {M. d. P., 6 e ann., n° 88, 
p. 81). 

233 Heckel (Edouard) : Sur la sphérisation de l'Igname de Chine {Revue 
horticole des Bouches-du Rhône, 43 e ann., n° 510, pp. 20-22). 

233 Jost (Ludwig) : Ueber die periodischen Bevvegungen der Blàtter von 
Mimosa pudica im dunkeln Raume {B. Z., 55 e ann., i ie part., fasc. II, 
pp. 17-48). 

234 bis Kuester (E.) : Die anatomischen Characktere der Chrysobalaneen, 
insbesondere ihre Kieselablagerungen [suite] {B. C, t. LXIX, n°* 6, 
7, 8, pp. 161-169, 193-202, 225-234, 1 pi.). — Voir n° m. 

235 Macchiati < Luigi) : Sulla presenza dell' albume nei semi délia 
Veccia di Narbona {B. S. b. i., 1897, n° 1, pp. 37-39). 

236 Ule (E.) : Ueber Blûthenverschluss bei Bromeliaceen mit Beriicksichti- 
gung der Blûthenrinrichtungen der ganzen Familie {B. d. b. G., 
t. XIV, fasc. 10, pp. 407-422, 1 pi.). 

Muscinées. 

237 Steinbrinck (C.) : Der Zahnbesatz der Laubmooskapsel als Prufstein 
fur fjûtschli's Schrumpfungtheorie {B. d. b. G., t. XIV, fasc. 10, 
pp. 401-407). 

Algues. 

238 Kolkwitz (R.) : Ueber die Krûmmungen bei den Oscillariaceen 
{B. d. b. G., t. XIV, fasc. 10, pp. 422-431, 1 pi.). 

239 Schmidle (W.) : Zur Entwickelung von Sphserozyga oscillarioides 
(Bory) Kûtz. {B. d. b. G., t. XIV, fasc. 10, pp. 393-401, 1 pi.). 

Lichens. 

240 Jatta (A.) : Le nuove dottrine biologiche del Prof. A. Minks e la 
simbiosi algo-micelica nei Licheui (B. S. b. i., 1896, n° 8, pp. 255-260 ; 
n ° 9» PP- VS-i^ ; 1897, n° 1, pp. 12-18). 

Champignons. 

241 Eriksson (J.) : Vie latente et plasmatique de certaines Urédinées 
(C. R., t. CXXIV, n û 9 , pp. 475-477)- 

242 Gérard (E.) : Sur une lipase végétale extraite du Pénicillium glaucum 
(C. R., t. CXXIV, n° 7, pp. 370-37I)- 



XXVIII — 



243 Lendner (Alfred) : Des influences combinées de la lumière et du 
substratum sur le développement des Champignons (A. se. n., 8 e sér., 
t. III, n° i, pp. 1-64, 7 fig. dans le texte). 

244 Prunet (A.) : Les formes du parasite du black rot, de l'automne au 
printemps (C. R., t. CXXIV, n° 5, pp. 250-252). 

Systématique, géographie botanique. 

Phanérogames. 

245 Arcangeli (G.) : Ancora sull 1 Arum italicum (B. S. b. i„ 1897, n° 1, 

pp. 46-48). 

246 Arcangeli (G.) : Sull 1 Arum italicum Mill. (B. S. b. t., 1896, n° 9, 
PP. 3 2I "3 2 4)- 

247 Baenitz (C.) : Ueber Oryza clandestina Al. Br. forma inclusa und 
forma patens Wiesb. (D. b. M., XV e ann., n° 1, pp. 19-21). 

248 Beguinot (A.) : Di alcuue piante nuove o rare per la flora romana 
{B. S. b. i., 1897, n° i, pp. 30-37). 

249 Bennett (Arthur) : Isle of Man plants (J. of B., Vol. XXXV, n°4ii, 
PP- 75-76). 

250 Chodat (R.) : Sur un nouveau Carpolobia [C. macrostachya] {B. H. B., 
t. V, n° 2, pp. 117-118). 

251 Clarke (C. B.) : Distribution of three Sedges (/. of B., Vol. XXXV, 
n°4ii, pp. 71-73). 

252 Crépin (François) : Les Roses recueillies en Thessalie par M. Paul 
Sintenis en 1896 {B. H. B., t. V, n° 2, pp. 112-116). 

253 Donnell Smith (John) : Undescribed plants from Guatemala and other 
central American Republics. XVII {B. G., Vol. XXIII, n° 1, pp. 1-14, 
1 pi.). 

Espèces nouvelles décrites : Guatteria oliviformis, G. dolichopoda, 
Asimina costaricensis, Capparisfdipcs, Trigonia thyrsifera, Walihcria 
rhombifoiia, Zauthoxylum procerum, Colubriua spinosa, Mauria 
glauca, Rourea suerrensis, Cassia guatemalensis, Alchemilla oercata, 
Loasa bipinnata, L. speciosa, Diploslephiiiiu coryntbosum, D. panicula- 
tum, Calea guatemalensis, Buddleia megalocepkala, Touriiefortia Nel- 
soni, Ipomœa leucotricha, Cestrum dasyantlmni, Merintkopodiuui (nov. 
gen. Solanacearum) neuraiiilium, Dicliplera sciadepkora, Salvia phzeno- 
slemma, S. monochila, Urera Tuerkheimii. 

254 Engler (A.) und K. Prantl : Die natiirlichen Pflanzenfamilien (livrais. 
146 et 147) : J. Brisquet, Labiatae {fin), 

25^ Figert (E.) : Lusula campestris DC. )< multijlora Lej. n. hybr. = 
L. intermedia m. (D. b. M., XV e ann., n" 1, pp. 12-14). 

256 Foerster (F.) : Une nouvelle espèce de Bellevalia [B. Freynii] 
(B. H. B., t. V., n" 2, pp. 69-73). 



XXIX — 



257 Goiran (A.) : Addenda et emendanda in flora veronensi (B. S. b. t.-, 
1896, n° 8, pp. 246-250). 

258 Goiran (A.) : Najacace